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Accueil du site > Actualités > Technologies > Ciel mes neurones font de la mécanique quantique !

Ciel mes neurones font de la mécanique quantique !

LE PRINCIPE D’INCERTITUDE VA JUSQUE DANS NOTRE CERVEAU...

Rappelons d’abord le fameux principe d’incertitude d’Heisenberg : je ne peux pas connaître à la fois précisément la vitesse et la position d’une particule élémentaire. Mieux je connaitrai sa position, moins je connaitrai sa vitesse. Et réciproquement. Donc si je sais où elle est, je ne sais pas où elle va. Si je sais dans quelle direction elle se dirige, je ne sais pas où elle se trouve.

Pour faire comprendre ce principe, il y a un exemple simple : si vous voulez savoir très précisément où se trouve la particule, vous allez devoir l’éclairer fortement pour la localiser. La quantité de lumière sera telle qu’elle viendra modifier le niveau d’énergie de la particule, et donc vous ne pourrez pas connaître quelle était sa vitesse.

Une des conséquences amusantes de ce principe est que, si vous cherchez à confiner les particules dans des boites très petites, elles vont se déchainer : elles ne supportent pas que l’on sache où elles sont !

Autre conséquence plus troublante de la mécanique quantique : il y aurait comme une sorte de communication instantanée à distance entre les particules. Ce paradoxe, dit paradoxe EPR, viendrait contredire la sacrosainte loi de la vitesse de la lumière comme vitesse limite. Il est mis en évidence suite à la séparation de deux particules initialement en interaction : toute modification constatée sur l’une se transmet instantanément à l’autre, comme si l’information voyageait instantanément. Rappelez-vous les deux images de poisson : tout changement observé sur un poisson était immédiatement et simultanément constaté sur l’autre, et pour cause, puisque c’était le même poisson. Sommes-nous devant le même type de réalité arrière cachée ?

Tout ceci me rappelle ces tours de magie, au cours desquels on est émerveillé par ce qui se passe et qui contredit les lois de la nature : un chapeau ne peut pas contenir à la fois une dizaine de lapins, trois couples de colombes, la moitié du rayon de foulards d’un magasin de quartier. Il y a un truc, forcément. Où est le truc, cette fois ?

Mais comme cela ne concerne que des particules extrêmement petites, nous n’avons pas de raison de nous faire des nœuds au cerveau. Dans la vie quotidienne, rien de tout cela ne s’applique : je n’ai à me préoccuper que des faisceaux de particules, pas d’une particule en particulier. Mes neurones peuvent se reposer tranquillement.

Mais au fait, mes neurones justement, comment communiquent-ils entre eux ? 

Le point de contact est appelé synapse et la transmission est de nature chimique : un neurone émet au niveau de la synapse des molécules, des neurotransmetteurs. Ceux-ci sont réceptionnés par l’autre neurone et ils provoquent telle ou telle réaction en fonction du neurotransmetteur émis. C’est grâce à ce mécanisme que circule l’information entre neurones. Tout le fonctionnement de notre cerveau repose là-dessus : activité consciente et inconsciente, mémoire, interprétation, émotion, sentiment, décision. Sans neurotransmetteurs, rien. Cette émission de neurotransmetteurs s’appelle une exocytose. Joli nom, non ? Cette exocytose suppose l’ouverture de petites vésicules qui contiennent les molécules à émettre. Jusque là, rien de bien troublant. Oui, mais ces vésicules sont tellement petites, les quantités émises tellement faibles, que l’on se trouve dans les ordres de grandeur où il faut appliquer la mécanique quantique : dès que l’on analyse la transmission synaptique, on doit passer à une approche probabiliste. 

Ainsi derrière chacune de nos émotions, chacun de nos réflexes, chacune de nos pensées, il y a un peu du principe d’incertitude. 

A partir de cette information, on peut jouer au jeu du « cerveau quantique » :

- Nos pensées sont partout et nulle part à la fois : il est impossible de les localiser et de savoir où elles vont. Si je sais à quoi je pense, je ne sais pas où cela va me conduire. Si je sais où cela va me conduire, je ne sais pas pourquoi. 

- Chacune de nos pensées est intraçable : on ne peut connaître que le flux global des pensées et non pas les suivre, une par une.

- Tout confinement conduit à l’agitation : toute tentative d’enfermer un raisonnement dans un cadre étroit provoquera un bouillonnement de la pensée qui permettra au sujet de s’échapper,

- …

Quelle pagaille en perspective…


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30 réactions à cet article    


  • Halman Halman 1er janvier 2010 10:39

    C’est pas nouveau.

    Tout le monde sait que bien évidemment chaque particule que ce soit celles des cellules du coeur, du cerveau, du béton, fonctionnent au niveau quantique.

    Mais c’est leur niveau mécanique de fonctionnement de base, l’organisation de la pensée est à une autre échelle et n’est pas comparable.


    • M.Junior Junior M 1er janvier 2010 18:49

      Halman

      Vos évidences ne sont pas forcément celles des autres comme vos vérités.
      Quand au site que vous proposez, il serait judicieux afin que le contenu se transmette aux autres de changer les couleurs, c’est illisible.


    • Halman Halman 1er janvier 2010 10:41

      Des articles scientifiques excellents sur :

      http://www.automatesintelligents.com


        • clostra 1er janvier 2010 12:16

          Non mais ça va pas la tête !


          • geo63 1er janvier 2010 12:16

            Chassez l’X et il revient au galop. Je rigole.
            Cet article est agréable à lire.
            Une simple remarque : tous ces phénomènes de transmission de message via une molécule ou des ions se situent dans un milieu qui va interagir avec le messager, par exemple des molécules d’eau vont se fixer transitoirement (solvatation), tout ceci se passe à l’échelle de la milliseconde ou moins (?). Donc l’approche probabiliste c’est bien mais...très théorique, il faudrait connaître avant toutes les interactions moléculaires en jeu. Et là on n’est pas sorti de l’auberge, il faudra bien quelques décennies mais à coup de modélisation qui sait ?
            Amicalement.


            • clostra 1er janvier 2010 12:29

              Votre article est probablement trop court ce qui fait des raccourcis étonnants. Comment pouvez-vous passer du fonctionnement (une partie) des neurones au flux (si possible) continu de la pensée ?
              La pensée qui est negenthropie (informe) dans le fatras que vous décrivez. Ce fatras serait-il l’inconscient ? nenni ! serait-il syncytial ? sauf qu’il y a la substance blanche - pas si blanche qu’on ne le croit mais un bon isolant cependant -
              J’ai beau chercher, je ne vois pas d’où vous partez et où vous voulez en venir...Même en fouillant dans les archétypes de Jung (communs à tous les hommes) on ne trouve pas l’incertitude dont vous parlez.


              • Robert Branche Robert Branche 1er janvier 2010 13:40

                Oui c’est sûr que c’est un peu court ! C’est plus un clin d’oeil qu’autre chose. 

                En fait c’et un tout petit extrait de mon nouveau livre que je suis en train de terminer. Sa publication est prévue pour avril. 
                Il comprend deux parties :
                - la 1ère, à partir d’un panorama incluant les neurosciences, la mécanique quantique, les mathématiques du chaos et la biologie, montre que le moteur de notre monde est non seulement l’incertitude, mais son accroissement.
                - La 2ème, expose comment on peut diriger une grande entreprise sans nier l’incertitude et en prenant appui sur elle (quelle attitude individuelle avoir, comment construire une stratégie dans le flou et comment l’articuler aux actions immédiates, comment manager, comment évaluer.

                Voilà donc la réponse à vos interrogations sera dans ces 300 pages (environ !)

                • clostra 1er janvier 2010 14:14

                  Alors il va falloir que je le lise...
                  et commencer par me replonger par ce qu’on entend par « incertitude » (augmentation du nombre de « paramètres » ?) et me reprendre le chou !
                  Bonne Année 2010 !


                • Robert Branche Robert Branche 1er janvier 2010 14:25

                  en l’attendant vous pouvez aller lire mon blog : la plupart des articles tournent autour de ce sujet (www.neuromonde.fr)


                • clostra 1er janvier 2010 18:05

                  Je l’ai - préventivement - mis dans mes favoris comme une « affaire à suivre », tout en me demandant pourquoi j’avais enregistré « management par l’incertitude » alors que j’aurais du lire « management dans l’incertitude »...


                • Robert Branche Robert Branche 1er janvier 2010 18:17
                  Oui l’expression « management dans l’incertitude » est la bonne : il s’agit l’incertitude est une donnée à laquelle le management doit s’adapter. C’est aussi une opportunité, car c’est l’occasion de pouvoir créer et inventer.
                  Autrement, le titre de mon livre a évolué. Le titre sera probablement « les mers et l’incertitude ». Je vais prochainement changer le titre de mon blog (probablement le 11 janvier) et j’expliquerai le sens de ce titre alors...

                • clostra 1er janvier 2010 20:10

                  C’est donc bien du management par l’incertitude. L’incertitude étant le moteur de la créativité dans l’entreprise.


                • Robert Branche Robert Branche 1er janvier 2010 20:21

                  c’est un peu les 2 : l’incertitude est à la fois une contrainte et une opportunité


                • curieux curieux 2 janvier 2010 00:33

                  Bien, votre article
                  J’ai quelques remarques a y apporter :
                  « sans nier l’incertitiude, strategie du flou »
                  Il fallait interroger Sarkozy et la mère Bachelot : il ont une stratégie du flou et n’ont aucune incertitude. Donc leur cerveau n’est pas quantique sauf.., sauf si ils n’ont pas de cerveau
                  Veuillez excuser ma digression.


                • Mohammed MADJOUR Mohammed 1er janvier 2010 13:44

                  Mais d’abord, est-ce que vous pensez quand VOUS le voulez, assurément non !

                  Le fonctionnement du cerveau est tellement compliqué qu’il se passe de toute incertitude, laissez tomber ce mot fétiche des physiciens qui ne veut rien dire quand il s’agit d’aborder la Nature humaine !

                  L’image liée à votre article donnerait la double-nausée à JP. Sartre !

                  Mohammed.


                  • Robert Branche Robert Branche 1er janvier 2010 14:00

                    Désolé de vous avoir donné cette impression car je pense tout à fait comme vous : cet article est juste une plaisanterie et n’est évidemment pas à prendre au sens premier.

                    comme je viens de l’indiquer dans mon commentaire précédent (voir ci-dessus) ce n’est qu’un mini extrait de mon prochain livre : dans mon livre notamment j’expose tout à fait en quoi le fonctionnement du cerveau est hyper complexe et quel est la problématique de l’émergence du sens et de la pensée (voir là-dessus plusieurs articles parus sur mon blog :

                  • Robert Branche Robert Branche 1er janvier 2010 14:01

                    oui voir ma réponse ci-dessus et les liens vers des articles renvoyant à mon blog


                  • Lartiste Lartiste 1er janvier 2010 20:54

                    @ Philippe  : « les comportements des molécules n’obéissent pas à la mécanique quantique. »

                    Si.


                  • JL JL 1er janvier 2010 14:43

                    Bonjour Razzara, très juste. Le parallèle est à faire avec la relativité générale : les lois qui sont vraies dans notre environnement quotidien ne le sont plus dans le cadre de la relativité générale, mais les lois de la relativité générales restent vraies dans notre référentiel humain, puisque les unes ne sont qu’un cas particulier des autres.


                    • Robert Branche Robert Branche 1er janvier 2010 16:14

                      merci pour cette liste de lecture qui va compléter la mienne ! smiley

                      A mon tour de vous donner qq « conseils »complémentaires :
                      - philosophe ou « assimilé » : Wittgenstein, Bergson, Descombes, Deleuze, Morin, Serres
                      - neurosciences : Varela, Naccache, Damasio, Ledoux
                      - biologie : Edelman, Atlan
                      - Maths/ physique : Poincaré


                    • JL JL 1er janvier 2010 20:00

                      @ Razzara, oui, c’est ce que voulais dire. Désolé d’avoir été imprécis.


                    • Monica Monica 1er janvier 2010 17:05

                      Cher Robert Branche,

                      J’adhère à certaines de vos phrases :

                      - "Ainsi derrière chacune de nos émotions, chacun de nos réflexes, chacune de nos pensées, il y a un peu du principe d’incertitude« .

                      Que serions-nous, que ferions-nous, si nous vivions sans le doute ?
                      De purs robots sans doute. Totalement formatés. Pas vivants.
                      Mais le doute est toujours relatif, ou en tous les cas transitoire (Ce que suggère votre »un peu"). Sans cela, il n’y aurait pas de décision, mais une course vers l’infini.

                      - "Nos pensées sont partout et nulle part à la fois : il est impossible de les localiser et de savoir où elles vont« .

                      La pensée n’est en effet pas localisable, le cerveau étant un organe hautement interconnecté.

                      En revanche, ma pensée non localisée smiley émet un doute lorsque vous dites :

                       »Si je sais à quoi je pense, je ne sais pas où cela va me conduire. Si je sais où cela va me conduire, je ne sais pas pourquoi".

                      Il y a quand même l’état de conscience, qui permet de savoir à quoi l’on pense, même si une grande part nous échappe. Comment pourrais-je vous écrire, sans cela ?

                      Bien cordialement et bon courage pour la suite !


                      • Lartiste Lartiste 1er janvier 2010 21:25

                        "si vous voulez savoir très précisément où se trouve la particule, vous allez devoir l’éclairer fortement pour la localiser. La quantité de lumière sera telle qu’elle viendra modifier le niveau d’énergie de la particule, et donc vous ne pourrez pas connaître quelle était sa vitesse.« 

                        Sauf que, à partir du moment où vous cherchez une particule, vous la connaissez déjà _ sa nature ne vous est pas étrangère, et les lois qui régissent son comportement non plus. Bref vous savez où vous avez le plus de probabilités de la trouver. Donc quand bien même vous l’éclairez fortement pour la localiser et que vous ignorez de ce fait sa direction, vous avez pleinement conscience qu’elle est soumise à des contraintes. Simplement la particule suit un »courant" or si l’on peut mesurer la vitesse d’un courant (mécanique des fluides.. fluidité, viscosité) on ne lui associe pas la notion de position, mais celle de forme...


                        • khayyam 1er khayyam 1er 2 janvier 2010 01:01

                          Cette etude est completement erronné. Je refuse d’assimiler nos pensé a des molecules chimique. Seul la psychologie et la psychanalyse peuvent percér les mysteres de la pensée.

                          Je crois plutôt que les changements moléculaires ne sont que les traces de notre pensée. je suis heureux donc je produit de la méthionine et non que je suis heureux parce que je produit de la méthionine. La pensée est immatériel et la réduire a des molécules chimique relève de l’arrogance des neurologues et des psychiatres qui ne voient que la conséquence de ma pensée et nous fabrique toutes sortes de produit chimique sensée produire des émotions.
                          Ils ont crée un marché d’émotion dans laquelle beaucoup de gens sombrent. tu veut être heureux prend de la méthionine, tu veut être un homme confiant en soi prend de la « confiancenine » vous voulez un soldat alors annihiler la molécule de la peur, et bientôt nous aurons à tout ceux qui veulent ne pas divorcer malgré la perte de l’amour des produits pour aimer à l’images des gris gris et des talissmans à moins que ce ne soit votre femme qui vous la mélange à votre café. Tiens je me demande en fait savez vous les molecules chimique que produisent les idées fachistes ou celles des communistes et une fois repéré nous allons les administrer au peuple via les produits evian. Et si le pentagone y avait deja lancée des recherches ? oh my god !
                          On est tous tourné vers la génétique alors que le véritable problème éthique est celle crée par les sciences cognitives et ses adeptes sont plus dangereux que le cartel de la drogue. Je clame le droit de parler sans connaitre la notion dont on parle. Tout le monde ne peut pas être des neurologues et bac+10 mais ces derniers se doivent de rendre des comptes à monsieur Tout Le Monde. Surtout que la France est un des premiers consommateurs de ces genres de produits pharmaceutique.


                          • amipb amipb 2 janvier 2010 04:06

                            La réalité est plus complexe, à mon humble avis. Si l’on vous injecte de la méthionine, vous vous sentirez, de toutes manières, heureux. La mélatonine, elle, vous apaisera si vous êtes agité.

                            Les interactions vont dans les 2 sens : la pensée n’est pas totalement déconnectée du corps, ou alors à de rares exceptions.

                            http://www.pnas.org/content/101/46/16369.full


                          • Robert Branche Robert Branche 2 janvier 2010 08:29

                            oui bien sûr ! Cet article est une sorte de clin d’oeil. Pour voir ce que je « pense » de comment on pense, jetez un coup d’oeil à qq articles sur mon blog :


                          • geo63 2 janvier 2010 09:37

                            Je suis très surpris dans tous ces débats, intéressants, de ne pas voir apparaître J.P. Changeux. S’il y a bien un chercheur qui a tenté de réunir les niveaux : moléculaire, cellulaire et cognitif dans le fonctionnement neuronal c’est bien lui.
                            Vouloir englober tout cela dans des considérations de mécanique quantique (il semblerait que ce terme fascine certains intervenants d’A.V.) me paraît un peu ambitieux (utopique ?), par rapport au problème considéré.


                            • beuhrète 2 3 janvier 2010 13:53

                              Utopique ?

                              Fantastique invention technologique !!! Maintenant google est aussi capable de vous localiser par votre numero de portable ou de fixe et ce quel que soit l’endroit ou vous vous trouver dans le monde. Maps earth faites le test vous serez…

                              http://life-in-the-dead.over-blog.com/article-amours-37735088.html

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