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Accueil du site > Actualités > Technologies > Comment un logiciel peut-il être « libre » ?

Comment un logiciel peut-il être « libre » ?

La société de la connaissance n'est pas née avec les ordinateurs, mais ceux-ci ont impulsé de grands changements dans notre rapport au savoir, notamment grâce au faible coût de la copie numérique et au réseau.

JPEG - 63.8 ko
Le premier programme commercial de Bill Gates, le BASIC pour Altaïr 8800
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9a/Altair_BASIC_Paper_Tape.jpg

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un logiciel ? Wikipedia nous le décrit comme « un ensemble d’informations relatives à des traitements effectués automatiquement par un appareil informatique. »

C’est exactement comme les cartes perforées de l’orgue de Barbarie. Des informations diverses relatives à la tâche à effectuer sont écrites par un opérateur humain (pour l’instant). Des trous dans la carte perforées, des instructions, des scripts, du code en informatique. Wikipedia nous informe en outre que « le logiciel est un élément indispensable à l’utilisation de tout appareil informatique. » Votre orgue de Barbarie ne produira aucun son si vous n’« écrivez » pas une carte perforée. Pour les ordinateurs, c’est pareil. Votre feuille Excel ne fera pas de calculs si vous ne lui dites pas ce qu’elle doit calculer, de quelle manière, etc.

Les premiers logiciels ont donc été conçus par les créateurs des ordinateurs, qui venaient de concevoir une machine capable de calculer n fois plus vite que n’importe quel être humain, et qui voulaient se servir de cette capacité de calcul. Les universitaires, les militaires, les sociétés à l’origine de ces machines écrivaient eux-mêmes leur code. Puis est venu le moment où deux personnes ont eu le même ordinateur, ou au moins deux machines susceptibles de comprendre le même langage. Le premier a écrit un logiciel qui permettait, par exemple, de faire des additions. Le deuxième, plus porté sur les multiplications avait écrit un programme destiné à calculer des produits.

Pourquoi le premier codeur aurait-il dû réécrire le programme de multiplication, alors que son collègue d’à côté l’avait déjà fait ? Pourquoi « réinventer la roue » ? Car une autre caractéristique des ordinateurs, c’est qu’une fois que l’information a été écrite, elle est reproductible à l’infini, sans perte, et pour un surcoût infinitésimal. Ces deux programmeurs ont naturellement échangé leur travail. Le logiciel est né, « libre » d’être étudié, partagé, modifié.

Puis le réseau a fait son apparition. Deux machines parlant le même langage pouvaient communiquer, échanger de l’information via les lignes téléphoniques, à n’importe quelle distance. Et nous avons changé de paradigme. C’était il y a plus de cinquante ans.

Références : voir l’histoire de l’informatique et ARPANET


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41 réactions à cet article    


  • fb 13 octobre 2012 09:04

    Je persiste à ne pas apprécier un format aussi court pour un article sur un sujet aussi complexe et riche.

    Vous écrivez : « Les premiers logiciels ont donc été conçus par les créateurs des ordinateurs... ».

    C’est un raccourci rapide. Le premier vrai programmeur de l’histoire est probablement Lady Ada de Lovelace associée dans l’aventure de la machine analytique de Charles Babbage ; à ma connaissance elle n’a pas participé à l’élaboration de la machine (hardware) mais s’est concentrée sur les possibilités d’utilisation (software) en inventant au passage le concept de pile pour pouvoir faire des fonctions, chapeau !
    De même Turing, qui a réalisé un travail théorique fondamental en informatique n’était pas versé dans le matériel.
    Le matériel et le logiciel sont deux niveaux d’abstraction très différents. Dans les faits un bon électronicien est souvent un piètre programmeur, la réciproque est généralement vraie.

    C’est dommage à ce stade de l’article de ne pas citer les propos « visionnaires » à l’époque, du directeur d’IBM : « Je pense qu’il y a un marché mondial, pour quelque chose, comme cinq ordinateurs. » (Thomas Watson, 1943).


    • mozee mozee 13 octobre 2012 12:25

      Lady Lovelace a conçu pour la machine de Babbage le premier algorithme. C’est en effet le premier acte de programmation complexe de l’histoire, et, vous avez encore tout à fait raison sur ce point, elle n’a pas participé à l’élaboration de la machine. Le point intéressant que vous soulevez, c’est qu’il a fallu la collaboration de (au moins) deux personnes pour atteindre ce niveau de complexité, ce qui n’aurait pu être si la machine de Babbage avait été sous licence restrictive ;)

      Mes pensées se tournaient plutôt vers les années 1970 aux Etats-Unis, où les programmeurs civils étaient majoritairement des ingénieurs en entreprise ou des universitaires. Pour ces derniers, le partage était une chose naturelle. Mais dans le privé, cette pratique n’était, c’est le moins qu’on puisse dire, pas bien perçue.
      Nous parlerons dans le prochain article de la « Lettre ouverte aux amateurs » de 1976 ;)


    • amiaplacidus amiaplacidus 13 octobre 2012 14:11

      « ...Mes pensées se tournaient plutôt vers les années 1970 aux Etats-Unis, où les programmeurs civils étaient majoritairement des ingénieurs en entreprise ou des universitaires. »

      1970, cela faisait plus de 25 ans que les ordinateurs existaient. Et plus de 6 ans que, jeune ingénieur, je programmais. J’avais appris la programmation en Fortran à l’école d’ingénieurs.

      J’ai effectivement commencé par programmer pour faire mon boulot d’ingénieur, mais, petit à petit, je n’ai fait plus que cela pour devenir, insensiblement, informaticien.


    • mozee mozee 13 octobre 2012 14:20

      Vous avez vécu une époque très intéressante pour le sujet. Votre témoignage est précieux. Le code que vous produisiez ne devait pas, j’imagine, être destiné à être partagé sur le mode du logiciel libre, ou peut-être seulement en interne. Comment voyiez-vous ces développements à l’époque ? Et maintenant ? Aviez-vous des relations avec des amateurs, ou des universitaires ? Avez-vous vous-même programmé en amateur ?
      Si vous préférez répondre à ces quelques questions (et peut-être d’autres) en privé, vous pouvez me contacter depuis mon Wordpress : http://4k4sh3d0.wordpress.com/


    • amiaplacidus amiaplacidus 13 octobre 2012 14:43

      En ce qui me concerne, je préparais une thèse et ma production était, de facto, dans le domaine public.
      Mais, plus globalement, la question libre ou pas ne se posait pas. Le logiciel de base, compilateur essentiellement, les systèmes d’exploitation n’existant pas vraiment, était livré d’office avec la machine et, pour autant que je le sache, il n’y avait pas de copyright dessus. Les gens qui développaient des applications le faisaient pour l’entreprise pour laquelle ils travaillaient et ces applications n’avaient pas vraiment de sens en dehors de cette entreprise.

      J’étais, bien évidemment, en relation avec des universitaires (j’étais des leurs). En revanche, à cette époque, il n’y avait pas d’amateurs.
      Une fois ma thèse terminée, je n’ai fait plus que de programmer et développer du logiciel en matière d’informatique industrielle, pour finir ma carrière en enseignant la dite programmation temps réel dans l’école d’ingénieur qui m’avait accueilli comme étudiant.

      Je vous rejoins totalement dans la défense du logiciel libre. Pour faire simple et rapide, j’estime que c’est totalement aberrant de breveter une contribution intellectuelle.
      Je vais illustrer cette aberration. Je suis un descendant de Pythagore (si, si, je peux le prouver, LOL), en tant que tel, je suis en droit de réclamer des royalties à tous les utilisateurs du théorème découvert par mon illustre ancêtre.

      Ai-je programmé en amateur ? Amateur est un terme que je récuse, je suis un professionnel qui travaille, entre autres, dans le domaine du logiciel libre. Comme défenseur du logiciel libre, je participe activement au développement d’une partie de Linux, c’est ma grande fierté d’avoir mon nom listé comme contributeur et cela me paye largement des efforts que je fais (en fait d’efforts, c’est plutôt un plaisir).


    • mozee mozee 13 octobre 2012 16:34

      Merci de votre contribution ici, et en tant qu’utilisateur de Linux, merci de votre engagement dans ce projet :)

      Nous reparlerons de la recherche en informatique, dans le domaine des systèmes critiques notamment. N’hésitez pas à intervenir si je fais des erreurs, personnellement je ne suis pas informaticien, j’essaie plutôt d’étudier l’aspect éthique et philosophique de la chose.

      Quand nous arriverons au brevetage de la contribution intellectuelle (là encore, la sémantique est intéressante), j’aurai, je l’imagine, à ferrailler dur dans les commentaires. Votre exemple avec Pythagore sera certainement utile ;)


    • Abou Antoun Abou Antoun 13 octobre 2012 23:11

      Bonjour à tous,
      Sujet intéressant quoique traité effectivement de façon très superficielle.
      Le fond du débat se concentre à mon avis autour du thème suivant :
      L’informatique est-elle une science ou bien une simple technologie ?
      Et la réponse à cette simple question n’est pas claire.
      Si on place l’informatique au rang des sciences, par exemple comme les mathématiques où il n’est pas concevable de faire breveter le théorème de Pythagore et de taxer ses utilisations, il ne peut être d’informatique que libre.
      Mais si on considère l’informatique comme une simple technologie on peut aussi bien faire breveter un système d’exploitation pour un type de machine qu’un système de transmission mécanique par cardan, car il faut bien que l’entreprise qui a investi dans les quelques dizaines de milliers de lignes de code qui font fonctionner la machine puisse au moins récupérer sa mise sinon faire quelque profits et payer ses programmeurs.
      D’entrée les deux points de vue sont également légitimes.
      En tant qu’utilisateur je souhaite avoir un contrôle aussi absolu que possible sur mon système. Je souhaite comprendre pourquoi il fonctionne et pourquoi il ne fonctionne pas, je souhaite savoir si je peux m’en servir pour telle utilisation ou telle autre. Les systèmes propriétaires ne répondent pas à mon attente, ils sont livrés comme des ’boites noires’ dont on ne connaît jamais finalement les possibilités.
      Aujourd’hui les automobiles sont de plus en plus complexes mais rien ne vous empêche si vous en avez le goût, le temps et les compétences de soulever le capot et de faire un dépannage, certains ne s’en privent pas. Êtes-vous prêt à acheter un véhicule avec un capot scellé et l’impossibilité matérielle de l’ouvrir, sauf à passer par un agent agréé qui seul possède la clé ?
      C’est bien en ces termes que se pose le problème du libre. Et dans mon esprit il est inconcevable d’utiliser un système sur lequel je n’ai même pas un droit de regard.
      Bien sûr ce droit est théorique, je peux disposer du code si je veux du code intégral de mon OS en langage C mais que vais-je en faire dans la pratique, pas grand-chose. C’est seulement un confort moral.
      Quoiqu’il en soit j’ai opté depuis des années pour le logiciel libre, en partie pour des raisons idéologiques et en partie pour des raisons économiques car j’utilise beaucoup de logiciels qui se vendent au prix fort qu’il s’agisse de bureautique ou d’environnements de développement.
      Une des raisons de ma fidélité au libre est l’excellence et la fiabilité des produits que j’ai assemblés avec l’aide des différentes communautés. Mon système ’libre’ est plus rapide, plus fiable, plus ouvert que tous les systèmes propriétaires connus de moi aujourd’hui. Mais il y a un prix à payer, des problèmes à résoudre en permanence, des pilotes à trouver et à installer, des bibliothèques dont il faut vérifier la compatibilité, etc.. Tout cela prend du temps et je comprends que quelqu’un moins enclin à utiliser ou à gaspiller son temps du point de vue où on se place préfère payer pour ne pas mettre les mains dans le cambouis.
      C’est le dilemme qui se pose aux entreprises quelles que soient leur tailles, et les décideurs optent souvent pour la seconde alternative. ils préfèrent payer pour avoir l’assurance d’avoir des mises à jour, une compatibilité ascendante. Ils sont parfois abusés.


    • mozee mozee 14 octobre 2012 02:38

      Je suis d’accord avec ce que vous dites de l’informatique comme science et technologie. Mais le fond de la question dans mon esprit reste le modèle de contribution et de partage des logiciels libres, et comment il est utilisé ailleurs, dans les domaines divers de la production intellectuelle.

      La question au final est de savoir si cette évolution est pertinente, si elle est souhaitable, et jusqu’où elle peut aller.


    • Abou Antoun Abou Antoun 14 octobre 2012 19:47

      La question au final est de savoir si cette évolution est pertinente, si elle est souhaitable, et jusqu’où elle peut aller.
      Elle est à mon avis pertinente et souhaitable. Jusqu’où peut elle aller, est la vraie question.
      Actuellement le libre, au niveau des OS et malgré des initiatives remarquables impliquant des moyens, ne dépasse pas 10% du marché (si on peut parler de marché dans un domaine essentiellement non commercial).
      Il est difficile de se couper totalement des logiciels propriétaires soit qu’il s’agisse de pilotes pour des périphériques (cartes graphiques, imprimantes) soit qu’ils s’agissent d’extensions (plugins) de logiciels populaires ’libres’.
      Je vais prendre quelques exemples :
      Le constructeur nvidia commercialise depuis longtemps des cartes graphiques de qualité qui sont en quelque sorte devenus des standards. jusqu’à présent ce constructeur fournit gratuitement des pilotes pour ses produits pour l’interfaçage avec des OS libres, par exemple fondé sur les noyaux Linux. Je suppose que ce développement est à la charge du constructeur, il estime simplement se payer par cette action publicitaire.
      C’est une démarche que font également les constructeurs d’imprimantes HP et EPSON, mais que ne fait pas le constructeur CANON tout aussi célbre que les deux précédents.
      Si vous optez pour le libre au niveau de l’OS il existe une possibilité de ne pas pouvoir adapter un certain type d’imprimante, sauf à trouver sur le net à titre payant ou gratuit un programme développé par un particulier ne travaillant pas pour le fabricant.
      Là est le réel problème. Si le libre tombe en dessous d’une certaine part de marché certains constructeurs risquent de faire l’impasse sur les pilotes et cela peut signifier la mort du libre.
      Je vais prendre un autre exemple, la maison ADOBE a créé FLASH PLAYER qui est une technologie pour jouer des vidéos sur PC. La plupart des navigateurs utilisent des extensions (plugins) pour jouer des vidéos présentées sur des pages web (youtube, dailymotion). ADOBE vient de faire savoir qu’il ne développera plus d’extension pour Firefox. c’est un choix politique mais qui peut faire réfléchir.
      Je ne sais pas aujourd’hui si le libre aurait les moyens de survivre face à une décision collective des auteurs privés de matériels et de logiciels de lui ’couper les vivres’.


    • mozee mozee 14 octobre 2012 20:52

      Vous avez tout à fait raison, Abou Antoun, et je vous remercie de cette contribution constructive. En ce qui concerne les drivers, l’histoire de GNU naît d’un problème de driver, comme, j’en suis sûr, vous le savez déjà. Nous le verrons dans le prochain article, qui s’intitule « Bill et Richard ».

      Par ailleurs, je suis en recherche d’un maximum de sources critiques afin d’alimenter un chapitre sur les problèmes inhérent au modèle économique et politique du libre. Vous prenez en exemple Flash, et c’est un très bon exemple. Certaines solutions ont été apportées, mais elles ne sont pas à la hauteur de l’original, ou trop avancées pour être mises en œuvre à l’heure actuelle.

      La deuxième vocation de cette série est aussi de tenter de mettre en avant les solutions à ce type de problème.

      Au plaisir de vous lire.


    • fb 15 octobre 2012 08:20

      Sur la problématique du matériel un élément intéressant que l’on a oublié (ou pas connu). Dans les années 80 en France tout matériel électronique disposait d’une notice en français - rien d’extraordinaire - mais on trouvait également le schéma complet ainsi que la liste des composants. C’était semble-t-il une obligation réglementaire.
      Il était donc possible de bidouiller n’importe quel équipement, bien évidemment ce n’était pas du matériel « libre », on parlera plutôt de matériel « open source ». La compétition n’était pas absente, il y a avait tout un écosystème non délocalisable (en particulier des réparateurs de matériel électronique qui étaient souvent très bons, des vrais hackers).

      Maintenant on cultive le mythe du secret en cachant les références des circuits intégrés au marqueur, il est impossible de réparer un circuit ; une « réparation » consiste à remplacer un sous-système complet avec tout le gaspillage que cela implique. Pour avoir le moindre détail sur tel ou tel élément outre un NDA (non disclosure agreement) il faudra prévoir des mois de tractations.

      Curieusement, il est possible de faire un parallèle entre l’électronique et le logiciel, d’abord « open source » puis fermé quasiment en même temps, puis un mouvement d’indignation qui tend à restaurer la façon naturelle de bien faire les choses : le libre smiley


    • mozee mozee 15 octobre 2012 09:47

      Merci fb pour ce petit rappel. On ajoutera peut-être seulement qu’émergent depuis quelques années, des matériels expressément désignés comme libres, je pense notamment aux circuits Arduino ou au Raspberri Pi. Dans ce dernier, si je ne me trompe pas, seuls les drivers liés à la puce d’affichage ne sont pas libres.


    • Aldous Aldous 13 octobre 2012 11:21

      Ha le bon vieu temps des bandes perforée...


      mais ? qui c’est qui a pissé sur le rouleau sacré contenant le Basic de Billou ? smiley


      • mozee mozee 13 octobre 2012 12:29

        Oui, en 1975, le seul moyen de transporter une information numérique était la bande perforée. Cela m’a moi-même un peu étourdi, c’est pour ça que je l’ai choisie.
        L’image a le mérite de nous rappeler très physiquement que les ordinateurs organisent des séries de 0 et de 1.


      • amiaplacidus amiaplacidus 13 octobre 2012 14:20

        « ...le seul moyen de transporter une information numérique était la bande perforée. ... »

        Totalement faux !

        Le ruban perforé n’était pas vraiment utilisé, sauf chez les « pauvres », par exemple les instituts de recherche.
        Dans la vie courante, c’était les cartes perforées qui tenaient le haut du pavé. Sans oublier les bandes magnétiques, largement répandues (par exemple, dans les années 1960, l’IBM 1410 était indissociable d’au minimum 3 dérouleurs de BM (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rie_IBM_1400).

        J’ai travaillé, dès 1967, sur une IBM 1620 (que de bons souvenirs, http://fr.wikipedia.org/wiki/IBM_1620, c’est un modèle basique qui apparait sur la photo de l’article), avec des disques magnétiques.


      • mozee mozee 13 octobre 2012 14:24

        Merci pour ces précisions. On peut en déduire que Bill Gates était « pauvre » à l’époque ^^


      • Aldous Aldous 13 octobre 2012 16:38

        Au lycée, dans les années 80 on avait hérité d’un mini ordinateur Electromécanique (c’est la marque)avec terminal à boule et lecteur/imprimeur de bande peforée.


        Il y avait aussi un disque dur grand comme une boite à Pizza, mais seuls les profs pouvaient y stocker leurs données, et puis aussi un terminal graphique avec moniteur vectoriel.

        Les élèves eux n’avaient droit qu’au lecteur de bande perforee, incroyablement lent, même pour l’epoque...

        Et puis, plan informatique pour tous, tous ça a ete bazardé...

      • mozee mozee 13 octobre 2012 16:44

        Pour ma part, à l’école primaire j’ai hérité du plan « Informatique pour tous » qui est venu juste après. Vers 1987 on nous avait appris à dessiner un carré en BASIC sur des MO5 à clavier gomme. Une machine Bull si je me souviens bien, commandait le parc de 8 machines en réseau.


      • jef88 jef88 13 octobre 2012 12:37

        en l’occurrence « free » ne signifie pas libre, mais gratuit !

        en 1975 la bande perforée avait vécu !
        j’ai vu un lecteur de disquettes (format 33 tours et sans emballage)
        le lecteur avait hauteur 0.80 m largeur 1.40m longueur 1.60m avec deux opératrices qui entraient des données, sans écran, comme au bon vieux temps des cartes perforées !


        • mozee mozee 13 octobre 2012 12:43

          Je vais devoir m’inscrire en faux ici : certains logiciels gratuits ne sont pas libres, comme par exemple les pilotes de votre carte graphique.
          Stallman, dont nous parlerons bientôt, a résumé le principe du libre sous la formule « Free as in free speech, not as in free beer », soit « Libre comme dans liberté d’expression, pas comme dans bière gratuite ».
          Par contre votre lecteur de disques m’intéresse, vous auriez plus d’infos ?


        • amiaplacidus amiaplacidus 13 octobre 2012 19:11

          « ...en l’occurrence  »free«  ne signifie pas libre, mais gratuit !... »

          Absolument pas, un logiciel libre peut fort bien être payant (heureusement pour moi, sinon j’aurais quelquefois mangé de la soupe à la grimace).

          Un logiciel libre, ce n’est pas n’importe quoi sur le plan juridique, il est soumis à une licence (http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.fr.html).
          Ce qui caractérise le logiciel libre ce sont les quatre libertés fondamentales suivantes, l’aspect financier en est totalement absent :

          1) La liberté d’utiliser le logiciel
          Cela me parait la moindre des choses. Si l’on a acquis un logiciel que l’on puisse l’utiliser sans contrainte.

          2) La liberté de copier le logiciel
          Une fois que l’on a payé le logiciel et que son concepteur a été correctement rétribué, il n’y a aucune raison de payer pour faire des copies.
          Pour illustrer le vice fondamental des logiciels propriétaires, je vais prendre un exemple trivial. Imaginez un architecte qui a été payé correctement pour concevoir et construire un bâtiment. Maintenant, imaginez que cet architecte veuille pratiquer comme les éditeurs de logiciels propriétaire, il va alors demandez à chacune des personnes qui viennent dans le bâtiment une participation financière.

          3) La liberté d’étudier le logiciel
          C’est important, imaginez que le concepteur d’un logiciel important pour vous décide de l’abandonner et de ne plus poursuivre son développement. Vous avez construit une partie de votre entreprise autour de ce logiciel et maintenant, plus personne, plus rien.
          Si vous avez la possibilité de voir comment le logiciel fonctionne, vous pouvez en reprendre la maintenance, ou, si vous n’avez pas les compétences nécessaires pour le faire, vous pouvez confier cette tâche à une personne qualifiée.
          Pour se faire, il est important de disposer du code source (le langage « humain » du logiciel). Un logiciel gratuit dont on n’a pas le source n’est pas un logiciel libre.

          4) La liberté de modifier le logiciel et de redistribuer les versions modifiées
          Vous avez adapté le logiciel, vous l’avez perfectionné (parce que le logiciel respecte la liberté 3), vous pensez que cette modification peut rendre service à d’autres, alors, vous avez le droit de distribuer la version modifiée. C’est ainsi que la science, dans tous les domaines, progresse.
          Attention, la licence GNU, le copyleft vous interdit de « fermer » vos modifications. Du moment qu’elles modifient un logiciel sous licence GNU, elles reprennent automatiquement et obligatoirement cette licence.

          Comme vous le voyez, la gratuité n’est absolument pas un constitutif des logiciels libres. Il est parfaitement possible d’être rétribué pour développer du logiciel libre,


        • jef88 jef88 14 octobre 2012 12:26

          @mozee
          Je n’ai malheureusement pas de photos !
          c’était du matériel IBM
          les 2 opératrices se faisaient face comme sur un bureau et disposaient chacune d’un clavier.
          la disquette environ 30 cm de diamètre était au milieu de la table sur un « tourne disque »
          elle était souple et sans protection !
          l’opérateur de l’ordi possédait lui aussi un tourne disque et déplaçait religieusement la disquette d’un poste à l’autre.
          l’ordi possédait une mémoire à bandes magnétiques
          le tout se situait dans une salle climatisée à faux plancher ......


        • HELIOS HELIOS 13 octobre 2012 12:38

          ... votre exemple ... sur l’orgue de Barbarie est interressant...

          --- L’orgue de barbarie joue une musique grace a ses cartes perforées.

          --- le logiciel « joue » ses fonctionnalités grace a son code....

          Ceux qui veulent breveter le logiciel ne veulent pas se contenter de breveter que le code, ils veulent breveter les fonctionnalités comme si le fabriquant de carte perforées de l’orgue voulait aussi breveter la musique...

          ... et le logiciel, c’est quoi au fait. ce n’est en fait qu’un message composé de phrases appartenant a un langage. Ce message decrit des concepts qui ne peuvent pas etre privé, pas plus que la langue du langage.

          Il y a quelquefois qu’une seule maniere de dire les choses avec un langage. On ne peut donc pas breveter le message non plus puisqu’il est unique pour decrire une realité.

          On ne peut pas breveter les fonctionnalités, on ne peut pas breveter la description des fonctionnalités, on ne peut donc pas breveter le logiciel !


          • mozee mozee 13 octobre 2012 12:50

            Tout à fait, la programmation est un langage, une manière de décrire le monde, comme le dessin, la langue ou les mathématiques.
            Par contre on peut breveter (si si, demandez à Bill ^^) une manière de décrire la réalité ou pour mieux le dire, de résoudre certains problèmes qu’elle pose. Mais tôt ou tard, quelqu’un d’autre trouvera comment résoudre ces mêmes problèmes différemment. Le souci, c’est qu’il faut tout recommencer à chaque fois.
            C’est cette perte de temps et d’énergie que le modèle libre combat.
            Aujourd’hui les logiciels libres font (pour certains) mieux que les logiciels « fermés », et cette tendance devrait s’étendre, parce qu’un programmeur n’a pas à tout réécrire pour améliorer une fonctionnalité.


          • fb 13 octobre 2012 13:09

            En Europe - pour le moment - le logiciel est une œuvre de l’esprit couverte par le droit d’auteur et n’est pas une « propriété industrielle ». C’est l’expression d’une idée (la forme) qui est protégée et non pas la concrétisation d’une idée (procédé / brevet).

            Toutefois, il est évident que l’idée de breveter du logiciel, et en particulier les briques élémentaires, fait saliver quelques « financiers » tant il est possible de bloquer toute innovation sous la contrainte d’un éventuel procès aux États-Unis et au Texas tant qu’à faire les choses bien.

            Je n’ai plus les sources mais il y a eu une « guerre » entre les français et les anglais lors du développement du textile, l’un des camps encourageait le dépôt de brevet, l’autre le partage de la connaissance pour faire progresser le secteur (on pourrait presque écrire communauté smiley ).

            Qui a gagné selon vous ?


          • mozee mozee 13 octobre 2012 13:23

            Oui, en parlant de « briques élémentaires » on se souvient de Myriad Genetics, qui a réussi à faire breveter le gène responsable du développement du cancer du sein ( http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Dossiers/brevetage/3a.html#gene ), réduisant ainsi toute possibilité de recherche sur celui-ci, et faisant de nous tous, en partie, « propriété intellectuelle » de cette entreprise.


          • Abou Antoun Abou Antoun 14 octobre 2012 14:20

            Tout à fait, la programmation est un langage,
            Non, c’est un ’art’ au sens le plus général du terme qui utilise des langages pour s’exprimer.


          • mozee mozee 14 octobre 2012 16:32

            Un art martial alors :)


          • plancherDesVaches 13 octobre 2012 19:34

            Clair que pour programmer un PC à base de Z80, en 8 bits, c’était l’enfance de l’art. Maintenant, par contre, j’ai abandonné.

            Je voyais bande perforée.
            Les bandes perforées ont longtemps été utilisées pour les programmation des machines outils, les gars et meufs. Car seul support insensible aux champs magnétiques des ateliers.

            Un truc Aloteur : vous auriez judicieusement pu nous placer un lien vers des explications sur les différentes licences plus ou moins libres. Car c’est devenu l’anarchie, le truc...


            • mozee mozee 13 octobre 2012 19:50

              On avance tranquillement, ce n’est que le deuxième article ;)


            • mozee mozee 13 octobre 2012 20:35

              Il y a déjà ce résumé, mais le question nécessiterait en effet un article http://aful.org/ressources/licences-libres


            • Peretz1 Peretz1 14 octobre 2012 16:31

              Je vous rappelle qu’un ordinateur est une calculatrice (computer) et que c’est Blaise Pascal qui en a été le premier constructeur. L’ordinateur va simplement quelques milliards de fois plus vite que sa machine grâce à l’électron.


              • mozee mozee 14 octobre 2012 16:35

                Tout à fait, mais on ne peut pas changer le logiciel d’une calculatrice aussi simplement que, par exemple, la carte perforée d’une orgue de Barbarie, ou d’un métier à tisser Jacquard.


              • Abou Antoun Abou Antoun 14 octobre 2012 18:56

                Dans un article consacré au libre on aurait bien aimé voir figurer dans l’article au moins une fois le nom de Richard Stallman . et du projet GNU. L’homme et l’œuvre symbolisent l’esprit du libre.
                amiaplacidus répare en partie cet oubli en parlant de la licence GNU.
                Il revient à l’auteur le mérite de soulever cet important problème, mais mozee, il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées, faut bosser un peu.
                Vous voulez, je crois, poursuivre sur ce thème et je ne peux que vous y encourager mais structurez un peu plus ; les bons articles font les bons débats.
                On voit des réactions intéressantes mais partiellement ou totalement hors sujet, exception faite encore une fois d’amiaplacidus.
                Cordialement.


                • mozee mozee 14 octobre 2012 19:26

                  Oui, cet cet article n’est que le deuxième d’une longue série. Je préfère avancer avec mesure. Le temps de l’informatique est trop marqué par l’immédiateté, le temps de la réflexion mérite le temps que l’on décide d’y consacrer. Et j’ai le cerveau lent.
                  Par ailleurs, je considère que tous les commentaires sont intéressants, ne serait-ce que pour savoir si je me suis bien exprimé. Prenez ça comme une déformation professionnelle :)


                • titi 14 octobre 2012 23:43

                  « Pourquoi le premier codeur aurait-il dû réécrire le programme de multiplication, alors que son collègue d’à côté l’avait déjà fait ? Pourquoi « réinventer la roue » »

                  Bonne remarque.
                  Mais alors pourquoi le libre se contente-t-il de « recopier la roue » ?
                  Recopier Unix, recopier Windows ?
                  Recopier Excel, recopier Word, recopier Photoshop ?

                  Au lieu d’ajouter un étage à la fusée, on remplace celui qui existe.

                  Que d’énergie perdue à récrire ce que d’autres ont déjà écrit depuis 30 ans.


                  • mozee mozee 15 octobre 2012 09:18

                    Les développeurs libres n’ont pas commencé par recopier l’existant. Ils ont commencé par créer les outils dont ils avaient besoin, des outils le plus souvent sans interface graphique, c’est à dire, sans bouton où cliquer, juste un écran noir et un point d’insertion clignotant : la ligne de commande, le terminal, peu importe comment on l’appelle.

                    C’est pour répondre à ce besoin d’ouverture qu’ils ont commencé à écrire des interfaces graphiques. Alors bien sûr, au début, elles ressemblaient à Windows, à Office, à Photoshop. Mais aujourd’hui les recherches en termes d’ergonomie du bureau par exemple, sont légion dans le libre. Et Gnome 3, que j’utilise tous les jours, est nettement en avance en termes d’ergonomie sur, par exemple, Windows 7, alors qu’ils sont sortis en même temps - j’y ai longtemps été allergique, mais ça a même réussi à bluffer mon ultrageek de petit frère de 15 ans.

                    Si on n’aime pas Gnome 3, on peut tester Unity, Cinnamon pour rester dans les systèmes novateurs, Maté ou XFCE si on est plus conservateur. Et si vous privilégiez la vitesse de votre PC à son aspect visuel, vous utiliser Fluxbox ou Openbox, ou pas de gestionnaire de bureau du tout ;)

                    Enfin, il a fallu réinventer la roue pour ne pas se retrouver au tribunal. Maintenant la roue libre existe, et on peut commencer à construire la voiture (ou le vélo) qui va avec.


                  • titi 15 octobre 2012 23:14

                    En fait le problème du libre, c’est qu’il n’interesse que les informaticiens.

                    Le quidam de base il a besoin de solutions simples pour gérer ses comptes en banque, sa compta, ses photos, etc... et l’informaticien répond OS.

                    Or le truc dont tout le monde se fout c’est l’OS.
                    Les linux, ubuntu, etc... ca n’interesse que les geeks. Un peu comme des collectionneurs de boomerangs, ou les mecs qui font des tour eiffel en alumettes...


                  • mozee mozee 15 octobre 2012 10:05

                    Avis aux amateurs de libre philosophie, Calimaq s’insurge (à juste titre) contre le domaine public payant ( http://scinfolex.wordpress.com/2012/10/13/la-vieille-et-obscene-idee-du-domaine-public-payant-est-de-retour/ ).

                    Pour ma part, le prochain article est à la modération, il est d’ores et déjà disponible ici : http://wp.me/p1GD7Y-2R


                    • Ruut Ruut 15 octobre 2012 17:28

                      Maintenant nous payons a chaque utilisation....

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