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Comment un logiciel peut-il être « libre » ?

La société de la connaissance n'est pas née avec les ordinateurs, mais ceux-ci ont impulsé de grands changements dans notre rapport au savoir, notamment grâce au faible coût de la copie numérique et au réseau.

JPEG - 63.8 ko
Le premier programme commercial de Bill Gates, le BASIC pour Altaïr 8800
http://upload.wikimedia.org/wikiped...

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un logiciel ? Wikipedia nous le décrit comme « un ensemble d’informations relatives à des traitements effectués automatiquement par un appareil informatique. »

C’est exactement comme les cartes perforées de l’orgue de Barbarie. Des informations diverses relatives à la tâche à effectuer sont écrites par un opérateur humain (pour l’instant). Des trous dans la carte perforées, des instructions, des scripts, du code en informatique. Wikipedia nous informe en outre que « le logiciel est un élément indispensable à l’utilisation de tout appareil informatique. » Votre orgue de Barbarie ne produira aucun son si vous n’« écrivez » pas une carte perforée. Pour les ordinateurs, c’est pareil. Votre feuille Excel ne fera pas de calculs si vous ne lui dites pas ce qu’elle doit calculer, de quelle manière, etc.

Les premiers logiciels ont donc été conçus par les créateurs des ordinateurs, qui venaient de concevoir une machine capable de calculer n fois plus vite que n’importe quel être humain, et qui voulaient se servir de cette capacité de calcul. Les universitaires, les militaires, les sociétés à l’origine de ces machines écrivaient eux-mêmes leur code. Puis est venu le moment où deux personnes ont eu le même ordinateur, ou au moins deux machines susceptibles de comprendre le même langage. Le premier a écrit un logiciel qui permettait, par exemple, de faire des additions. Le deuxième, plus porté sur les multiplications avait écrit un programme destiné à calculer des produits.

Pourquoi le premier codeur aurait-il dû réécrire le programme de multiplication, alors que son collègue d’à côté l’avait déjà fait ? Pourquoi « réinventer la roue » ? Car une autre caractéristique des ordinateurs, c’est qu’une fois que l’information a été écrite, elle est reproductible à l’infini, sans perte, et pour un surcoût infinitésimal. Ces deux programmeurs ont naturellement échangé leur travail. Le logiciel est né, « libre » d’être étudié, partagé, modifié.

Puis le réseau a fait son apparition. Deux machines parlant le même langage pouvaient communiquer, échanger de l’information via les lignes téléphoniques, à n’importe quelle distance. Et nous avons changé de paradigme. C’était il y a plus de cinquante ans.

Références : voir l’histoire de l’informatique et ARPANET




par mozee (son site) samedi 13 octobre 2012 - 41 réactions
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  • Par fb (---.---.---.197) 13 octobre 2012 09:04

    Je persiste à ne pas apprécier un format aussi court pour un article sur un sujet aussi complexe et riche.

    Vous écrivez : « Les premiers logiciels ont donc été conçus par les créateurs des ordinateurs... ».

    C’est un raccourci rapide. Le premier vrai programmeur de l’histoire est probablement Lady Ada de Lovelace associée dans l’aventure de la machine analytique de Charles Babbage ; à ma connaissance elle n’a pas participé à l’élaboration de la machine (hardware) mais s’est concentrée sur les possibilités d’utilisation (software) en inventant au passage le concept de pile pour pouvoir faire des fonctions, chapeau !
    De même Turing, qui a réalisé un travail théorique fondamental en informatique n’était pas versé dans le matériel.
    Le matériel et le logiciel sont deux niveaux d’abstraction très différents. Dans les faits un bon électronicien est souvent un piètre programmeur, la réciproque est généralement vraie.

    C’est dommage à ce stade de l’article de ne pas citer les propos « visionnaires » à l’époque, du directeur d’IBM : « Je pense qu’il y a un marché mondial, pour quelque chose, comme cinq ordinateurs. » (Thomas Watson, 1943).

  • Par amiaplacidus (---.---.---.68) 13 octobre 2012 14:43
    amiaplacidus

    En ce qui me concerne, je préparais une thèse et ma production était, de facto, dans le domaine public.
    Mais, plus globalement, la question libre ou pas ne se posait pas. Le logiciel de base, compilateur essentiellement, les systèmes d’exploitation n’existant pas vraiment, était livré d’office avec la machine et, pour autant que je le sache, il n’y avait pas de copyright dessus. Les gens qui développaient des applications le faisaient pour l’entreprise pour laquelle ils travaillaient et ces applications n’avaient pas vraiment de sens en dehors de cette entreprise.

    J’étais, bien évidemment, en relation avec des universitaires (j’étais des leurs). En revanche, à cette époque, il n’y avait pas d’amateurs.
    Une fois ma thèse terminée, je n’ai fait plus que de programmer et développer du logiciel en matière d’informatique industrielle, pour finir ma carrière en enseignant la dite programmation temps réel dans l’école d’ingénieur qui m’avait accueilli comme étudiant.

    Je vous rejoins totalement dans la défense du logiciel libre. Pour faire simple et rapide, j’estime que c’est totalement aberrant de breveter une contribution intellectuelle.
    Je vais illustrer cette aberration. Je suis un descendant de Pythagore (si, si, je peux le prouver, LOL), en tant que tel, je suis en droit de réclamer des royalties à tous les utilisateurs du théorème découvert par mon illustre ancêtre.

    Ai-je programmé en amateur ? Amateur est un terme que je récuse, je suis un professionnel qui travaille, entre autres, dans le domaine du logiciel libre. Comme défenseur du logiciel libre, je participe activement au développement d’une partie de Linux, c’est ma grande fierté d’avoir mon nom listé comme contributeur et cela me paye largement des efforts que je fais (en fait d’efforts, c’est plutôt un plaisir).

  • Par mozee (---.---.---.91) 13 octobre 2012 12:43
    mozee

    Je vais devoir m’inscrire en faux ici : certains logiciels gratuits ne sont pas libres, comme par exemple les pilotes de votre carte graphique.
    Stallman, dont nous parlerons bientôt, a résumé le principe du libre sous la formule « Free as in free speech, not as in free beer », soit « Libre comme dans liberté d’expression, pas comme dans bière gratuite ».
    Par contre votre lecteur de disques m’intéresse, vous auriez plus d’infos ?

  • Par amiaplacidus (---.---.---.68) 13 octobre 2012 19:11
    amiaplacidus

    « ...en l’occurrence  »free«  ne signifie pas libre, mais gratuit !... »

    Absolument pas, un logiciel libre peut fort bien être payant (heureusement pour moi, sinon j’aurais quelquefois mangé de la soupe à la grimace).

    Un logiciel libre, ce n’est pas n’importe quoi sur le plan juridique, il est soumis à une licence (http://www.gnu.org/philosophy/free-...).
    Ce qui caractérise le logiciel libre ce sont les quatre libertés fondamentales suivantes, l’aspect financier en est totalement absent :

    1) La liberté d’utiliser le logiciel
    Cela me parait la moindre des choses. Si l’on a acquis un logiciel que l’on puisse l’utiliser sans contrainte.

    2) La liberté de copier le logiciel
    Une fois que l’on a payé le logiciel et que son concepteur a été correctement rétribué, il n’y a aucune raison de payer pour faire des copies.
    Pour illustrer le vice fondamental des logiciels propriétaires, je vais prendre un exemple trivial. Imaginez un architecte qui a été payé correctement pour concevoir et construire un bâtiment. Maintenant, imaginez que cet architecte veuille pratiquer comme les éditeurs de logiciels propriétaire, il va alors demandez à chacune des personnes qui viennent dans le bâtiment une participation financière.

    3) La liberté d’étudier le logiciel
    C’est important, imaginez que le concepteur d’un logiciel important pour vous décide de l’abandonner et de ne plus poursuivre son développement. Vous avez construit une partie de votre entreprise autour de ce logiciel et maintenant, plus personne, plus rien.
    Si vous avez la possibilité de voir comment le logiciel fonctionne, vous pouvez en reprendre la maintenance, ou, si vous n’avez pas les compétences nécessaires pour le faire, vous pouvez confier cette tâche à une personne qualifiée.
    Pour se faire, il est important de disposer du code source (le langage « humain » du logiciel). Un logiciel gratuit dont on n’a pas le source n’est pas un logiciel libre.

    4) La liberté de modifier le logiciel et de redistribuer les versions modifiées
    Vous avez adapté le logiciel, vous l’avez perfectionné (parce que le logiciel respecte la liberté 3), vous pensez que cette modification peut rendre service à d’autres, alors, vous avez le droit de distribuer la version modifiée. C’est ainsi que la science, dans tous les domaines, progresse.
    Attention, la licence GNU, le copyleft vous interdit de « fermer » vos modifications. Du moment qu’elles modifient un logiciel sous licence GNU, elles reprennent automatiquement et obligatoirement cette licence.

    Comme vous le voyez, la gratuité n’est absolument pas un constitutif des logiciels libres. Il est parfaitement possible d’être rétribué pour développer du logiciel libre,

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