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Découverte d’un gisement de reptiles marins dans l’archipel du Svalbard.

L’archipel de Svalbard, plus connu sous son nom français de Spitzberg, est un ensemble d’îles appartenant à la Norvège et situées au-delà du cercle polaire arctique.

Haut lieu de la pêche baleinière par le passé, il est à présent celui de la découverte d’un important gisement de fossiles des équivalents jurassiques des baleines : les ichtyosaures et plésiosaures. Ces reptiles géants hantaient les mers de l’ère secondaire. Les seconds ne disparurent qu’à la fin du crétacé, en même temps que les dinosaures auxquels ils ne sont pas apparentés -même si, dans l’imagerie populaire, tous les gros reptiles du secondaires sont des "dinosaures".

Le gisement nouvellement découvert comporte les squelettes de 7 ichtyosaures et 21 plésiosaures, une mine d’informations sur certains des animaux les plus étonnants du Mésozoïque, ou ère secondaire. Leur plan d’organisation était bien différent de celui des célèbres dinosaures, et leur disparition sans descendants (contrairement aux dinosaures, qui survivent sous la forme des oiseaux) est une perte pour la faune actuelle.

Ainsi, les ichtyosaures représentaient une énième variation de la nature sur le mode du gros organisme nageur se nourrissant d’autres poissons. Comme les requins, tarpons, thons, espadons, coryphènes, dauphins et baleines, les ichtyosaures se caractérisaient par leur taille élevée (pouvant dépasser 15 m), leur corps profilé et hydrodynamique propulsé par une nageoire caudale. A l’instar des poissons et des requins, cette nageoire caudale était verticale, alors qu’elle est horizontale chez les cétacés. A cette différence près, les ichtyosaures étaient en bien des points semblables aux dauphins, dont ils occupaient la niche écologique. Le plus grand d’entre eux, d’une vingtaine de mètres, était Shonisaurus de la fin du Trias.

Mais ce plan d’organisation, qui est un cas d’école classique pour l’illustration du phénomène de "convergence évolutive", cher aux évolutionnistes et taxinomistes, est encore surpassé en étrangeté par celui des plésiosaures, précisément parce que ces derniers sont restés uniques en leur genre. Contrairement aux ichtyosaures, et à la plupart des vertébrés nageurs, qui se propulsent par les mouvements de leur colonne vertébrale prolongée en une queue puissante, les plésiosaures utilisaient leurs nageoires comme ailerons, en un "vol aquatique" semblable à celui des tortues marines actuelles, ou encore des manchots, ou même de certains oiseaux aquatiques tels que les pingouins. Mais contrairement aux tortues ou aux manchots, dont les membres postérieurs sont peu développés et ne remplissent qu’une fonction de gouvernail, les plésiosaures possédaient des pattes arrière développées en ailerons presque aussi gros que les antérieurs. Tout porte à croire que ces ailerons participaient activement à la propulsion, selon un schéma de "vol aquatique" à quatre membres, dont nous ne possédons pas de modèle actuel. Même celui des otaries et des morses, avec leurs quatre ailerons, ne leur correspond pas vraiment, car il constitue une sorte d’amalgame du modèle tortue et du modèle phoque.

Les plus grands plésiosaures étaient Kronosaurus, d’environ 10-13 mètres de long et dont le crâne était plus imposant que celui d’un tyrannosaure, et Liopleurodon, qui aurait allègrement dépassé les 20 mètres. Tous deux étaient les équivalents mésozoïques des prédateurs actuels que sont les épaulards et les cachalots, se nourrissant de proies de grande taille -poissons, reptiles marins, céphalopodes. Kronosaurus et Liopleurodon étaient les représentants les plus spectaculaires du groupe des pliosaures, dont le cou tendait à se raccourcir à l’instar de celui des cétacés. Une autre branche, celle des élasmosaures, se caractérisait au contraire par un coup "de cygne" extrêmement long et terminé par une tête proportionnellement minuscule.

C’est dire si toute nouvelle découverte de ces étranges créatures est importante pour la connaissance de nos faunes passées. Les squelettes mis au jour au Svalbard fourniront de précieuses indications sur la biologie des ces êtres disparus, que la magie des images de synthèse, telles celles des documentaires de la BBC anglaise, permet de faire revivre avec un réalisme toujours accru.


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10 réactions à cet article    


  • jamesdu75 jamesdu75 10 octobre 2006 18:38

    [Mode troll / on]

    Si ça parlé de Sarko ou de Mahomet c’est certain que le nombre de reponse aurait explosé. Mais les vraies fondement de la vie jamais.

    [Mode troll / off]

    Sinon ca prouve qu’une chose, la théorie selon laquel les dinos se sont changés en zozio est vraie.

    Aussi chose interressante, à l’epoque être surfeur ne devait pas franchement être une activité interressante pour peu qu’on est pas envie de terminer en suhsis.


    • Thucydide (---.---.140.48) 10 octobre 2006 23:04

      [quote] Si ça parlé de Sarko ou de Mahomet c’est certain que le nombre de reponse aurait explosé. Mais les vraies fondement de la vie jamais. [/quote]

      C’est sûr, avec les plésiosaures, il n’y a pas vraiment de quoi exploser l’audimat. Mais au moins, on est au calme.

      [quote] Sinon ca prouve qu’une chose, la théorie selon laquel les dinos se sont changés en zozio est vraie. [/quote]

      Heu... Ce n’est pas parce que je le dis que c’est totalement prouvé. Il existe encore des spécialistes qui ne sont pas d’accord avec cette filiation des oiseaux. Mais ils sont de plus en plus minoritaires. Parmi les autres théories pour l’origine des oiseaux, il y a celle d’une branche indépendante cousine des dinosaures, et celle d’une filiation à partir des crocodiles (qui sont eux-mêmes des cousins des dinosaures). D’ailleurs, les premiers crocodiles étaient des animaux agiles, les formes aquatiques sont apparues par la suite.

      [quote] Aussi chose interressante, à l’epoque être surfeur ne devait pas franchement être une activité interressante pour peu qu’on est pas envie de terminer en suhsis. [/quote]

      Pas tout à fait. On a un peu trop tendance à s’imaginer que l’ère secondaire était effroyable de férocité pour les humains à cause de la taille de certains « dinosaures » emblématiques. En réalité, ce n’était pas pire qu’au pléistocène (« ère quaternaire »), du temps des premiers hommes.


      • ohlala (---.---.124.230) 11 octobre 2006 00:00

        @ Thucydide,

        bon, certes, mais la taille des bestiaux en général (« taille d’un bus, dents comme des concombres ») frappe massivement l’imagination. Comment de tels monstres ont-ils pu arriver (évoluer jusqu’) à ce gigantisme ? Toujours plus grands, plus forts, etc.. ? Que d’erreurs ;=))


      • Thucydide (---.---.140.83) 11 octobre 2006 08:26

        C’est exactement ça. La densité de population de ces prédateurs était très faible, ce qui se retrouve dans leurs fossiles. Et contrairement aux grands félins du pléistocène (dont le tigre est un survivant), ils ne devaient pas passer inaperçus, pour un groupe d’humains cherchant à les éviter.

        Par ailleurs, on se représente trop tous ces animaux géants (depuis le XIXème siècle) comme vivant tous en même temps. Les reconstitutions (très naïves et anachroniques) les montrent toujours en train de s’entre-dévorer. C’est comme si, de nos jours, on représentait la faune africaine par deux éléphants en train de se percer le flanc de leurs défenses tout en étant déchiquetés par une troupe de lions, eux-mêmes assaillis par des lycaons, des impalas aux cornes acérées, le tout harcelé par des vautours impitoyables, tournoyant telles de féroces harpies. smiley

        A titre d’exemple, pour reprendre le kronosaure (celui-là même qui est en photo en tête d’article, avec le reflet d’un enfant de 10 ans qui donne l’échelle) : cet animal était certes impressionnant, mais guère plus qu’une orque (ou épaulard). Celle-ci atteint également 10 m, est pourvue d’une mâchoire redoutable, et est de plus sociable. Enfin, son intelligence est certainement plus redoutable que celle d’un kronosaure, qui devait être comparable à un crocodile sur ce plan-là (ce qui est beaucoup par rapport aux autres reptiles actuels, mais peu par rapport aux mammifères, oiseaux et sans doute les dinosaures qui étaient apparentés à ces derniers, parmi lesquels les fameux Velociraptor). Or, quel est le risque pour un surfeur de se faire tuer par une orque ? Zéro. Non seulement les rencontres sont exceptionnelles, mais surtout, heureusement pour nous, l’épaulard ne nous considère pas comme des proies (autrement, le requin blanc ferait figure de pâle croquemitaine, à côté).


      • (---.---.150.188) 10 octobre 2006 23:22

        « Pas tout à fait. On a un peu trop tendance à s’imaginer que l’ère secondaire était effroyable de férocité pour les humains à cause de la taille de certains »dinosaures« emblématiques. En réalité, ce n’était pas pire qu’au pléistocène ( »ère quaternaire« ), du temps des premiers hommes. » J’ajouterais que les dinosaures géants carnivores ne devaient probablement pulluler ; un tigre de quelques centaines de kilos a besoin de plusieurs dizaines de kilomètres carrés de territoire ; imaginez un prédateur dix, vingt fois plus lourd !


        • Mardraum (---.---.156.241) 6 novembre 2006 08:38

          « J’ajouterais que les dinosaures géants carnivores ne devaient probablement pulluler ; un tigre de quelques centaines de kilos a besoin de plusieurs dizaines de kilomètres carrés de territoire ; imaginez un prédateur dix, vingt fois plus lourd ! »

          Boarfff....n’importe quoi lui !!! Dans King Kong on voit une dizaine de Tyranosaure qui vivent tout pret les uns des autres... et qui en plus se font massacrer par le grand singe cte bande de lopette !!!! MDR  smiley smiley


        • Thucydide (---.---.140.83) 11 octobre 2006 08:27

          C’est exactement ça. La densité de population de ces prédateurs était très faible, ce qui se retrouve dans leurs fossiles. Et contrairement aux grands félins du pléistocène (dont le tigre est un survivant), ils ne devaient pas passer inaperçus, pour un groupe d’humains cherchant à les éviter.

          Par ailleurs, on se représente trop tous ces animaux géants (depuis le XIXème siècle) comme vivant tous en même temps. Les reconstitutions (très naïves et anachroniques) les montrent toujours en train de s’entre-dévorer. C’est comme si, de nos jours, on représentait la faune africaine par deux éléphants en train de se percer le flanc de leurs défenses tout en étant déchiquetés par une troupe de lions, eux-mêmes assaillis par des lycaons, des impalas aux cornes acérées, le tout harcelé par des vautours impitoyables, tournoyant telles de féroces harpies. smiley

          A titre d’exemple, pour reprendre le kronosaure (celui-là même qui est en photo en tête d’article, avec le reflet d’un enfant de 10 ans qui donne l’échelle) : cet animal était certes impressionnant, mais guère plus qu’une orque (ou épaulard). Celle-ci atteint également 10 m, est pourvue d’une mâchoire redoutable, et est de plus sociable. Enfin, son intelligence est certainement plus redoutable que celle d’un kronosaure, qui devait être comparable à un crocodile sur ce plan-là (ce qui est beaucoup par rapport aux autres reptiles actuels, mais peu par rapport aux mammifères, oiseaux et sans doute les dinosaures qui étaient apparentés à ces derniers, parmi lesquels les fameux Velociraptor). Or, quel est le risque pour un surfeur de se faire tuer par une orque ? Zéro. Non seulement les rencontres sont exceptionnelles, mais surtout, heureusement pour nous, l’épaulard ne nous considère pas comme des proies (autrement, le requin blanc ferait figure de pâle croquemitaine, à côté).


          • Dominique (---.---.30.27) 11 octobre 2006 13:58

            C’est vrai que c’est reposant de faire une pause chez vous ; reposant, intéressant, évocateur (on les imagine bien vos bestiaux). Et commentaires qui donnent le sourire pour finir, merci smiley


            • Thucydide (---.---.140.96) 11 octobre 2006 22:06

              Merci à vous pour votre commentaire. Si je réussis à donner envie de connaître ces animaux autrement que comme « dinozors » dans les paquets de biscuits pour enfants, je suis comblé.


              • (---.---.52.177) 17 octobre 2006 21:26

                ça permet au moins de relativiser l’homme dans le grand cycle de l’histoire, et sa place dans l’univers...et dire qu’on gaspille notre intelligence à créer des bombes atomiques pour emmerder le voisin, alors qu’il est bien plus passionnant d’étudier les traces précieuses et fragiles du passé...au moins, dans ce cas, avec les progès infromatiques et les capacités des calculateurs, on pourra modéliser les modes de propulsions de ces animaux disparus, et peut être s’en inspirer pour de nouveaux engins.

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