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L’ADN d’Internet est-il modifiable de l’intérieur ?

Internet EpigénéTICs

 ADN : Aujourd’hui passées dans le langage courant, ces trois lettres ne désignent plus seulement le programme héréditaire des organismes vivants. On parle de l’ADN d’une entreprise, d’un organisme public, ou même de l’ADN d’un Etat, pour décrire le patrimoine accumulé, la culture, les programmes nécessaires pour faire fonctionner une organisation, le réservoir de mutations favorisant l’innovation et le développement. Dans cette logique, il est naturel d’imaginer que l’écosystème informationnel que représente Internet, possède également son ADN dont la forme s’est complexifiée par suite des interventions individuelles et massives des internautes. On peut se représenter un ADN constitué de bits et d’octets, mais aussi de liens et de sites web, de routeurs et de hubs.

 L’analogie entre le « cerveau planétaire » d’Internet et le cerveau humain, dans son évolution, sa structuration, son fonctionnement a été faite par plusieurs auteurs au cours des 30 dernières années1, mais c’est la première fois qu’un Institut de recherche, le Global Brain Institute, consacre l’ensemble de ses missions et de ses programmes à des recherches internationales sur l’intelligence répartie émergeant d’un réseau planétaire de personnes et de machines. C’est à l’occasion d’un séminaire rassemblant le 7 décembre à Bruxelles des chercheurs de plusieurs pays - informaticiens, sociologiques, neurobiologistes -, que je proposerai la thèse d’une « épigénétique d’Internet ».

 

L’épigénétique appliquée à l’ADN d’Internet

 L’objet de cet article est de tenter de répondre à cette question : l’ADN d’Internet est-il modifiable de l’intérieur ? Ou existe-t-il une épigénétique d’Internet ? En d’autres termes, est-il possible que les internautes ou les entreprises (séparément ou ensemble) réussissent à imposer une multi gouvernance d’Internet ? On pourrait ainsi parler d'épigénétique par inhibition de certains comportements et désinhibition d'autres, ou encore de changements d'organisation pour mettre en valeur certaines caractéristiques au dépend d'autres. Il y a aussi les phénomènes de flux renforçant certaines voies, ce que Freud appelait « frayage » et qu'il comparait à un fleuve creusant son lit, mais qu'on peut mettre sur le compte d'une habituation. Faut-il voir, par exemple, dans l’émergence de cette force nouvelle, baptisée GAFA (Google/Apple/Facebook/Amazon) la montée en puissance de nouveaux maîtres du réseau mondial ? L’influence de ces entreprises sur Internet paraît illimitée et, de ce fait, pose problème. Mais, en réalité, quel est l’impact réel de GAFA sur l’ADN d’Internet ? Ces grandes firmes en situation de monopole sont-elles la preuve de la mise en pratique d’une forme de « manipulation génétique » globale susceptible de modifier le génome d’Internet à des fins mercantiles ou d’exercice non partagé du pouvoir ? 2

 Le processus de mutation génétique et de sélection naturelle, tel que défini par Darwin et accepté par la grande majorité des généticiens et des biologistes du monde entier, est-il transposable à Internet ? Dans ce contexte, l’ADN, par suite de mutations et de sélections, ne peut se modifier structurellement que sur de très longues durées, même si dans une espèce, des mutations peuvent intervenir de manière rapide et successive. Mais il existe une autre forme de modification du rôle de l’ADN : la modulation de l’expression des gènes par l’épigénétique. Qu’est-ce que l’épigénétique ? Imaginons, pour l’illustrer, que l’ADN soit comparable à une portée de notes de musique. À partir de ces notes il est possible d’interpréter une harmonieuse symphonie. Sa qualité et son succès dépendront du talent du chef d’orchestre et des musiciens. Les effets de l’épigénétique sont analogues à cette symphonie, jouée à partir d’une succession de notes et de signes musicaux. Cette importante découverte, présentée dans des livres récents3, s’appuie principalement sur l’observation suivante : le comportement humain (et animal en général) peut moduler l’expression des gènes. En effet, ce comportement (alimentation, exercice, management du stress, relations sociales, réseaux social et familial, plaisir…), conduit à la production dans les cellules d’un certain nombre d’activateurs ou d’inhibiteurs, jouant le rôle d’interrupteurs chimiques qui vont éteindre, allumer, augmenter ou diminuer l’expression de certains gènes. Un processus fondamental dans la prévention de maladies, le maintien d’une bonne santé, le ralentissement du vieillissement. L’épigénétique va jouer un rôle d’importance croissante dans le management de la santé, et l’industrie pharmaceutique, qui ne s’y est pas trompée, s’y intéresse de plus en plus.

 

Internet, un cerveau planétaire fluide

 Le cerveau humain est un des éléments de l’épigénétique : l’expression des gènes peut être modifiée par notre état psychologique, notre façon de réagir face à la maladie, notre relation aux autres, l’utilisation de placebo ou de nocebo, de pratiques millénaires telles que la méditation ou le yoga… La neuro-psycho-immunologie, montre à quel point le système hormonal, le système nerveux et le système immunitaire sont interconnectés en permanence, permettant de contrôler et de réguler la consommation d’énergie, l’humeur, la motivation, l’instinct sexuel, la volonté d’agir ou de ne pas agir.

 Internet « cerveau planétaire » est connecté à un grand corps social, à un écosystème lui-même pourvu de son métabolisme propre et susceptible d’influencer Internet en retour, par coévolution. Ce cerveau planétaire pourrait-il conduire à la modification de l’ADN d’Internet en affectant les aspects scientifique, technique, culturel, politique et économique de cet immense écosystème informationnel ? Si oui, qui agit, comment, et avec quels moyens d’amplification ?

 Pour être en mesure répondre à cette interrogation, il convient de revenir à la notion du « cerveau fluide ». Le neuropsychologue canadien Donald Hebb et le biologiste et philosophe français d’origine chilienne Francisco Varela, notamment, ont démontré que le cerveau ne correspondait pas au modèle traditionnel proposé par les neurobiologistes et qu’il n’était pas non plus comparable à un ordinateur numérique fonctionnant en langage binaire (avec des bits de zéro et de un). Il se reconfigure en permanence en fonction de sa communication avec le monde extérieur et avec son propre écosystème interne : réseaux, organes, tissus et cellules. Le corps humain pourrait, lui aussi, être considéré comme « fluide » puisqu’il peut s’adapter, se mobiliser grâce aux effets de l’épigénétique. Le cerveau est une machine chimique intégrée au corps et ne joue pas seulement un rôle hiérarchique qui commanderait le corps. Par exemple, des neurones possèdent des récepteurs d’hormones gastriques, tout comme l’intestin comporte cent millions de neurones. Un « cerveau abdominal » (ou entérique) qui influence notre comportement et notre santé. Tous les réseaux du corps sont en intercommunication étroite. Il en va de même pour les multiples réseaux d’Internet.

 En juillet 2001, dans un article présenté au Global Brain Group4, je décrivais la stabilisation de certaines propriétés d’Internet résultant du fonctionnement global du système et des actions des internautes. Par exemple, un nouveau programme lancé et testé par des bêtatesteurs verra son utilisation amplifiée ou, au contraire, réduite selon l’intérêt et l’efficacité que lui attribuent les internautes. On pourrait parler de stabilisation sélective des synapses d’Internet, comme dans le processus décrit en 1973 pour l’évolution du cerveau par le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux et les biologistes Philippe Courrège et Antoine Danchin5.

 Si on évoque l’isomorphisme entre le cerveau et Internet, il ne faut pas oublier de citer les deux formes de communication se déroulant à l’intérieur du cerveau et dans le système nerveux : La communication de neurone à neurone, comparable à un système câblé de télécommunications passant par exemple par la fibre optique. Et la communication d’astrocytes en astrocytes (les cellules gliales du système nerveux) qui ressemble plutôt au téléphone cellulaire GSM. L’information, au lieu de se propager le long de fils ou de câbles, saute en quelque sorte de hub en hub. Serait-ce la base de l’intuition qui, en parallèle, explore plusieurs solutions ou mémorisations pour trouver une voie vers la solution de problèmes ? Ce type de processus pourrait-il être à l’œuvre dans l’écosystème Internet ? On considère en effet un web intuitif, tel que proposé par Tim Berner Lee, l’inventeur du Web6, et qu’il considère comme la prochaine étape de l’évolution d’Internet.

 

GAFA, nouveaux maîtres du monde ?

 N’oublions pas qu’Internet est connecté à des réseaux de communication globaux et ramifiés, qui constituent le « corps » de la société (usines, réseaux d’échanges énergétiques ou financier, produits manufacturés, services immatériels...). Au sein de ce corps vivant, il existe un anabolisme de construction et un catabolisme de destruction ou de recyclage. En d’autres termes, l’organisme ou l’organisation sont soumis à certaines réactions qui peuvent avoir des effets sur le métabolisme du corps humain ou (du corps) de la société ou de l’organisation. Nos sociétés se montrent de plus en plus soucieuses de réguler ce métabolisme de l’énergie pour limiter les déchets et les rejets de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, accusés de contribuer au réchauffement climatique. On peut ainsi déployer une sorte « d’Internet de l’énergie », une Smart Grid ou grille intelligente de distribution de l’électricité. Il s’agit de mixer les énergies, en particulier renouvelables, afin qu’elles puissent être distribuées ou stockées de manière décentralisée par la Smart Grid. On se dirige ainsi vers une forme d’énergie en peer-to-peer (P2P), ouvrant la voie à une véritable démocratie énergétique. Le métabolisme sociétal et écosystémique est régulé par les êtres humains, mais aussi -et surtout- par des ordinateurs reliés à Internet dans un nuage ubiquitaire : le Cloud. Force est de constater l’influence grandissante de l’écosystème Internet dans le métabolisme du corps vivant, constitué par l’ensemble des populations et des structures qui l’ont construit pour survivre et se développer, en particulier les villes.

 Mais un réel danger menace l’avenir d’Internet et, à travers lui, des citoyens de la civilisation du numérique. Les forces en présence (entreprises, grands lobbies,- tels que industries financière, pharmaceutique, agroalimentaire, de l’armement, des drogues, de l’énergie- méga-organisations, États…) tentent d’accaparer les ressources et le pouvoir au sein de cet écosystème et cherchent à détourner ses propriétés pour désinformer, agir sur l’information elle-même, manipuler les cours de la bourse et le monde financier ou encore mettre en difficulté des entreprises concurrentes ou identifiées comme « politiquement incorrectes », voire en mobilisant des hackers pour pénétrer et espionner des cibles stratégiques.

 GAFA exerce un contrôle invisible, mais bien réel et de plus en plus oppressant et inquiétant, sur les actions de la vie quotidienne, privée ou professionnelle des internautes. Le monde politique participe, lui aussi, à ce jeu parfois inconscient de la modification des gènes d’Internet. Qu’il s’agisse de contrôler le modèle traditionnel des droits d’auteur et l’échange de musique, de vidéo ou de texte sur Internet ou d’entretenir des relations incestueuses avec des lobbies qui garantissent un soutien intéressé, Est-il donc possible de modifier profondément l’ADN d’Internet, d’exercer un contrôle multifonctionnel et multidimensionnel, bref, de prendre le pouvoir ? Comme pour l’organisme vivant, une épigénétique d’Internet pourrait-elle assurer un co-contrôle, une co-régulation par les « utilisateurs neurones » d’Internet ? Et ces modifications épigénétiques, découlant du comportement des internautes, pourraient-elles avoir des effets positifs pour la démocratie, les libertés humaines et l’avenir de l’humanité ?

 La co-révolution de la société fluide et du partage, que je décris dans mon dernier essai7 montre que le partage et la coordination peuvent conduire à des mouvements massifs sur Internet. Les actions précédées par “crowd” en anglais (crowd sourcing, crowd financing…) sont la preuve que l’intelligence intuitive d’Internet peut résoudre des problèmes complexes, que la capacité de financement collective peut favoriser le lancement de nouvelles entreprises, que les tableaux de bord de santé personnalisés, grâce aux smartphones et donc à Internet, peuvent bouleverser des industries bien établies comme l’industrie pharmaceutique ou agroalimentaire. On voit apparaitre des prosumer (mot anglais formé à partir de producer et consumer : producteur et de consommateur) qui sont en train de « désintermédier » les organisations pyramidales qui contrôlent aujourd’hui notre vie, c’est-à-dire celles de l’énergie, mais aussi de la banque, de l’assurance, du tourisme, de l’éducation...

 On pourrait donc, de l’intérieur, modifier ou faire modifier des règles et des lois. Changer ce que le biologiste britannique Richard Dawkins appelle, non pas les gènes sociaux, mais les memes ou ADN sociétal8. En tout cas, ce qui change "l'épigénétique" sociétale, ce sont bien des dispositifs matériels, des circuits de distribution, l'infrastructure (dont Internet fait partie), déterminant la superstructure. Internet produit des monopoles naturels, dont on ne peut guère se passer mais, on ne peut espérer remplacer les systèmes hiérarchiques par des co-productions en P2P ou des co-régulations. Ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est l'un et l'autre. Je ne pense pas qu'on puisse en faire une alternative complète aux GAFA comme à toute centralisation, mais plutôt un complément ou la contrepartie, faisant une part grandissante à la gratuité coopérative et à la désintermédiation dans une économie plurielle.

 

Des rapports de force aux rapports de flux

 Comment modifier de l’intérieur l’ADN d’Internet ? La question est, en effet, fondamentale pour l’avenir de notre société et de l’humanité. Les réseaux sociaux, animés par les générations nées avec Internet, pèsent déjà de tout leur poids et font sentir leur pouvoir lorsqu’ils remettent en cause les régimes des pays totalitaires ou les modèle économiques et sociaux des pays démocratiques. Les mouvements les Indignés, Occupy Wall Street, le Printemps arabe et le Printemps érable ont prouvé leur efficacité et affiché leur détermination. Une utilisation intelligente des réseaux sociaux et de la télévision alliée aux cyberactivistes et manifestants de rue, aura contribué à faire plier les régimes les moins permissifs. Et que dire des actions subversives de WikiLeaks, du collectif Anonymous, des Pirates ou encore du mouvement anti Poutine des Pussy Riot, indiquant une pression du bas vers le haut : l’expression populaire massive catalysée par Internet ?

 La question demeure : ces mouvements conduisent-ils à modifier de manière épigénétique l’ADN d’Internet ? La réponse est vraisemblablement oui, car des millions d’internautes vont modifier leurs actions, leurs créations, leurs liens, leurs enregistrements, leurs contacts, leurs amis ou leur blog… selon leur appréciation personnelle de ces différents mouvements. Comme pour l’ADN d’une entreprise ou celui d’un Etat. Un important travail de recherche doit être entrepris pour confirmer ou infirmer la modification épigénétique de l’ADN d’Internet. Ou plus généralement sur ce que j’appelle la « diginétique » ou l’épigénéTICs (par référence aux TICs). C’est d’ailleurs l’un des objectifs du Global Brain Institute que de tirer des enseignements de l’étude de l’isomorphisme entre cerveau humain et cerveau planétaire. Mais Internet peut aussi échapper à ces scientifiques…Le nombre de « maladies » d’Internet s’accroît : schizophrénie, paranoïa, mégalomanie ou dépression. Pour traiter ces maladies psycho-technico sociétales, voire guérir Internet de l’intérieur, il existe des remèdes planétaires. Mais qui décidera de leur administration et de la posologie ? Peut-il exister un management global du cerveau planétaire, une gouvernance mondiale ? Pour ma part, je crois davantage à une co-régulation citoyenne par des femmes et des hommes informés, qui agiraient par feed-back citoyen en renvoyant l’information vers des centres décisionnels exerçant une forme de pouvoir transversal. C’est le cas dans la société fluide, modèle que je propose et décrit dans Surfer la vie.

 Il est clair que la technologie ne suffira pas pour modifier l’ADN d’Internet de l’intérieur, ni pour guérir ses maladies. Pour assurer la bonne santé d’Internet, il faudra partager des valeurs qui engendrent la solidarité, l’échange, le partage, le respect mutuel dans la construction du monde de demain. Un monde, souhaitons-le, plus empathique et moins compétitif. Passons des rapports de force aux rapports de flux, des valeurs guerrières aux valeurs solidaires. A l’exercice solitaire du pouvoir électif, préférons la pratique solidaire de l’intelligence collective.

 

Crédit photo : 13h37.me - http://www.13h37.me/adn-usb/

 

1- Joël de Rosnay, l’Homme symbiotique, (1995), et Le Macroscope, (1975) Editions du Seuil.

2- (Voir à ce sujet l’excellent livre de Phil Simon : « The Age of the Platform » Motion Publishing, 2011)

3- Et l’Homme créa la vie. (éd. Les Liens qui Libèrent, LLL, 2010) ou Une vie en plus. (avec Jean-Louis Servan-Schreiber, François de Closets et Dominique Simonnet. Seuil, 2005),

4- Joël de Rosnay, “Increase of complexity of Internet interfaces and the Darwinian process of selective stabilization of Internet nodes”. Summary of presentation, Global Brain Workshop, Brussels (July 4, 2001).

5- Jean-Pierre Changeux, Philippe Courrège, and Antoine Danchin, “A Theory of the Epigenesis of Neuronal Networks by Selective Stabilization of Synapses”. Proc. Nat. Acad. Sci. USA, Vol. 70, No. 10, pp. 2974-2978, (October 1973).

6- Tim Berners-Lee, “The World Wide Web - Past, Present and Future, Journal of Digital Information”. Vol 1, No 1 (1997).

7- Joël de Rosnay : « Surfer la vie. Comment sur-vivre dans la société fluide ? » (éd. Les Liens qui Libèrent, LLL, 2012)

8- Richard Dawkins,“The Selfish Gene”. New York City : Oxford University Press, (1976).

 


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116 réactions à cet article    


  • Jason Jason 3 novembre 2012 17:40

    Parler de l’ADN d’Internet reviendrait à dire aussi que le cosmos aurait un ADN. Internet est plutôt une nébuleuse, et non un esemble aussi structuré que l’acide en question.

    Je crois que vous vous égarez avec vos visions farfelues.


    • Romain Desbois 4 novembre 2012 10:18

      Même si la métaphore est très crédible, je crois que l’on fait du biomorphisme.

      Par contre , je crois que l’informatique et internet est en train de changer notre cerveau. Car nous ne faisons plus fonctionner les mêmes zones. Par exemple notre mémoire ne s’encombre plus de tas de choses qu’internet nous livre à la demande.

      C’est le propre de la machine de nous seconder. Déjà le savoir faire manuel ne se transmet plus, l’on ne sait plus compter de tête déjà pour beaucoup d’entre nous. L’écriture manuscrite va rejoindre l’art de la calligraphie. Qui se souvient des machines à écrire, ces objets magnifiques.

      La photographie, l’écrit, nous vivons une révolution extraordinaire ! Peut-être la plus importante de l’histoire de l’humanité.

      Les aveugles verront, les paraplégiques remarcheront. Ce n’est plus de la science-fiction 2000 ans plus tard.

      Certes il y a des côtés plus inquiétant à ces changements.
      Celui qui me préoccupe le plus, c’est la conservation des choses. La dématérialisation fait déjà des dégâts (j’évoquais la photographie par exemple).
      Si nous n’arrivons pas à pérenniser nos archives, nos œuvres d’art, nous allons aller vers une société sans mémoire , sans souvenir ; vers une société de l’instantané.

      L’expérience d’Agoravox démontre bien le rythme que cela impose, un article ne vit que 24 h (et encore ça dépend du jour et de l’heure où il parait).

      A ce propos on gagnerait beaucoup de temps si l’on pouvait marqué les commentaires comme lus (le nombre de fois que je relis et rerelis les commentaires lorsque je veux savoir si il y en a des nouveaux à lire !!!!!)

      Nous voyons aussi que le net peut-être aussi le lieu d’abus de pouvoir (la liberté n’existe pas , seule existe la longueur de la chaine).
      Preuve que le net est aussi le reflet de la société et surtout que l’on n’est pas près pour l’anarchie (qui suppose que l’on est capable de s’auto-gérer, que la peur du gendarme n’est plus nécéssaire).


    • julius 1ER 3 novembre 2012 17:58

      internet est et sera le reflet de ce que veulent les citoyens internautes s’engager plus dans les luttes pour un monde plus solidaire, ou bien un simple outil de travail et de loisirs, il peut élever les consciences mais aussi figer les gens dans leurs dogmes et leurs certitudes, ce pourrait-être un instrument de lutte formidable mais pour l’instant à mon avis il n’a pas passé le cap de la maladie infantile, mais il ne faut pas desespérer avant d’arriver à l’age adulte il y aura des pas en avant mais aussi de nombreux pas en arrière, c’est la genèse de l’apprentisssage !


      • Romain Desbois 4 novembre 2012 10:24

        Ave Julius

        Vous avez raison
        heu pardon je voulais écrire « je suis d’accord avec vous ».

        Internet est un outil formidable qui mis entre les mains d’être malveillants peut se révéler « diabolique ».

        Comme tous les outils d’ailleurs, c’est l’utilisateur qui est responsable de son usage.

        Lapalissade ? oui mais utile de le rappeler dans ce monde où le poujadisme s’accroit.


      • jean-marc R jean-marc R 5 novembre 2012 14:36

        Et que pensez vous de « luciferien » plutôt que "diabolique comme adjectif ?


      • jacques jacques 3 novembre 2012 18:12

        L’Iran l’a montré ,l ’internet mondialisé disparaitra en petit internet autonome avec des passerelles relevables à volonté et filtrable.Quand les premières crises via internet se montreront chaque pays se protégera en coupant les liaisons.Déjà et c’est accepté de tous les grandes entreprises ont un intranet plus ou moins étanches à internet et ça marche.


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 3 novembre 2012 19:14

          Internet est un genre d’ auberge espagnole mondiale , on y lit ce qu’ on y écrit . 


          • Antoine Diederick 4 novembre 2012 19:38

            oui, nous y lisons ce que nous y écrivons....c’est exact....

            il y a un truc réflexif sur Internet...

            ce que nous devrions nous demander :« Qu’est-ce qu’Internet m’a apporté ? »


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 novembre 2012 19:55

            Salut Antoine , 


            Internet apporte beaucoup , ne serait-ce que la formulation par écrit de 
            ce qu’ on pense , la connaissance des autres formes de pensées que 
             les siennes , la surprenante lecture de certaines réactions etc ...

          • Antoine Diederick 4 novembre 2012 21:02

            Bonsoir Rocla,

            Internet apporte bcp, je suis bien d’accord . En choisissant bien , cette bibliothèque à ciel ouvert, c’est Alexandrie reconstituée....et les internautes doivent en prendre soin....


          • Surya Surya 3 novembre 2012 21:28

            Toutes ces notions sont nouvelles pour moi et donc il me faudra les assimiler, les digérer.

            Juste un point de détail qui m’éloigne totalement du sujet de votre article, mais qui m’a interpelée :

            "le comportement humain (et animal en général) peut moduler l’expression des gènes. En effet, ce comportement (alimentation, exercice, management du stress, relations sociales, réseaux social et familial, plaisir…), conduit à la production dans les cellules d’un certain nombre d’activateurs ou d’inhibiteurs, jouant le rôle d’interrupteurs chimiques qui vont éteindre, allumer, augmenter ou diminuer l’expression de certains gènes. Un processus fondamental dans la prévention de maladies, le maintien d’une bonne santé, le ralentissement du vieillissement.« 

            Avoir connaissance de ces facteurs est indispensable, et il est en effet très important que nous adoptions une hygiène de vie plus »healthy« . Cependant, ne risquons nous pas, à l’avenir, et sans même nous en rendre compte, de devenir encore plus tournés vers nous même, encore plus égocentriques, encore plus égoïstes en ceci que, partant du principe que les six facteurs que vous avez énoncés influent de façon directe sur notre métabolisme si nous les »manageons" de façon positive, cela aura pour conséquence que le moindre de nos choix de vie, toute notre attitude vis à vis de la société et de nos relations sociales, tous nos comportements, n’auront un jour plus d’autre but que produire un effet positif sur notre propre organisme ? Car il est impossible dans ces conditions d’ajouter l’altruisme comme septième facteur de modulation de l’expression des gènes, car ce serait lui ôter alors tout son sens. Je ne sais pas si je suis arrivée à me faire comprendre, c’était pas facile à exprimer. 


            • Joël de Rosnay 5 novembre 2012 11:13

              Surya, vous posez une question très intéressante : celle de l’égoïsme face à la gestion de sa santé. Tout concentrer sur soi sans penser aux autres. En réalité, appliquer une hygiène de vie qui préserve la santé et ralentit le vieillissement, a un impact sur les autres : sa famille, son entourage professionnel, le monde, car une vie plus frugale, préserve les ressources alimentaires et favorise leur partage.

              Dieta en Grec, d’où vient diététique, veut dire « art de vivre ». Changer son mode de vie nécessite des valeurs « altruistes », telles que le respect de l’autre, de la diversité, de la responsabilité individuelle et collective, l’empathie... Et puis manger « positivement » c’est aussi voter tous les jours pour la protection de l’environnement. Si chacun recherche un effet positif sur sa propre santé, tous en bénéficieront à terme, ne serait-ce que sur la réduction des déficits de la sécurité sociale. La prévention n’est pas la privation !


            • Antoine Diederick 5 novembre 2012 22:12

              a Surya

              perso, je nomme cela « écologie de l’esprit » ....

              l’écologie pourrait réifier la Nature, l’industrie le fait déjà, c’est un travers , un danger....

              Donc, il va falloir repenser notre rapport à la Nature ....

              Pour faire le petit curé : l’Eglise parle plus d’écologie de l’Homme, sans doute anticipe-t-elle les grands changements à venir.

              Bon, je crois qu’il faut aller lire les liens que l’auteur a mis en référence....je très vite parcouru , c’est intéressant vraiment....( je sais, je suis un frotte manche....un cireur de pompe etc smiley )


            • eau-du-robinet eau-du-robinet 3 novembre 2012 22:50

              Bonjour Joël,

              Introduction :
              D’abord un homage à vous et votre frère Arnaud de Rosnay pour avoir participé activement à l’introduction de la planche à roulette (Skateboard) en France, dès 1963. Vous avait fait la promotion du « roll surf » dans la presse et organisé les 1ers Championnats de France à Hossegor avec vos amis surfeurs en 1965. Puis en 1966 vous et votre frère avait organisé la compétition au Trocadero à Paris dont votre frère devient le premier champion français. smiley

              Parlons de l’ADN de l’internet :

              Début de citation
              En d’autres termes, est-il possible que les internautes ou les entreprises (séparément ou ensemble) réussissent à imposer une multi gouvernance d’Internet ?
              Fin de citation

              Nous sommes à des années de lumières d’un internet démocratique.

              Avant la création du World Wide Web internet été un réseau militaire américain crée pendant la période de la guerre froide qui avait pour fonction en cas d’attaque Russe, d’assurer acheminement des informations même si l’un ou plusieurs sites et lignes de connexion venait à être détruit, .... les messages parviendraient à leur destinataire par des itinéraires alternatifs.

              C’est le départ de la dominance américaine sur les autoroutes d’informations, le réseau mondial Internet.

              OUI (Google/Apple/Facebook/Amazon) exercent un pouvoir énorme sur le monde.

              Mémé si le World Wide Web est une « invention » Européenne ceci na rien change sur l’avance des américains voire le contrôle sur les inventions importantes.

              Les États Unis poursuivent une politique impérialiste et ceci est aussi valable sur la dominance technologique. Et si les américains n’ont pas d’avance comme celle de l’invention de la carte à puce inventé par le français Roland Moreno... les américains emploient tous les moyens (même pas très catholique) pour obtenir (acquérir) ses technologies.

              GEMPLUS une société Française, fleuron de la technologie de la sécurité des cartes à puces (par exemples les cartes bancaires) est passé sous contrôle américaine via l’intervention des agents de la CIA .... Affaire Gemplus

              Quand on regarde ce qui est passé avec GEMPLUS il me semble très improbable de modifier l’ADN d’Internet avec l’épigénétique.

              Mais il y aussi les noms de domaines qui sont sous contrôle américaine. Un pouvoir non négligeable !

              AU NIVEAU MONDIAL
              Les structures les plus fondamentales d’Internet sont sous le contrôle de l’Icann, l’Internet corporation for assigned names and numbers. Cet organisme a un statut particulier, puisqu’il s’agit d’une société à but non lucratif, soumise au droit californien. Composé de nombreuses commissions, qui gèrent des problématiques structurelles, l’Icann encadre notamment les noms de domaine ou le fonctionnement des adresses IP (Internet Protocol, les « adresses » de machines et de sites sur le réseau).

              La gouvernance de cet organisme stratégique fait l’objet de nombreux débats : plusieurs pays lui reprochent notamment la sur-représentation des Américains dans les différentes commissions. L’Europe et la Chine, notamment, demandent depuis plusieurs années une plus grande ouverture dans la gestion de la fonction Iana, la « racine » d’Internet, qui gère par exemple les noms de domaine en .com. Le pouvoir de l’Icann est fondamental, puisque l’organisation peut suspendre des noms de domaines entiers, comme elle l’avait fait pour le .iq irakien ou pour le domaine afghan.

              Bien cordialement ...


              • Joël de Rosnay 4 novembre 2012 16:43

                Merci d’abord pour cet hommage à mon travail et à mon frère Arnaud, disparu en mer de Chine en 1984. D’accord pour les risques que vous citez. J’en suis bien conscient. Une vraie démocratie sur Internet prendra du temps car nous sommes déjà « sous contrôle » et vous en donnez des exemples pertinents. J’espère que ce type d’article et la prise de conscience collective des « pronétaires » (ceux qui sont pour et sur le Net) fera évoluer l’épigénétique d’Internet ! « Pronétaires de tous les pays : unissez vous » ! smiley 


              • Leo Le Sage 5 novembre 2012 23:43

                @Par eau-du-robinet (xxx.xxx.xxx.98) 3 novembre 22:50
                Vous dites : "GEMPLUS une société Française, fleuron de la technologie de la sécurité des cartes à puces (par exemples les cartes bancaires) est passé sous contrôle américaine via l’intervention des agents de la CIA ...." [...]

                Pas du tout.

                Moreno n’était pas un visionaire, il ne pouvait pas comprendre que cela susciterait des convoitises et il n’est pas un homme d’affaires avisé.
                Avec ces seuls défauts, il ne pouvait que perdre son entreprise.

                NB : comme il y a quelques idiots utiles sur agoravox, je rappelle qu’on peut être un excellent inventeur et ne pas être un visionnaire.

                Vous dites : « Mais il y aussi les noms de domaines qui sont sous contrôle américaine. Un pouvoir non négligeable ! » [...]

                Pas du tout.
                Les noms de domaines sont sous le contrôle d’organismes habilités comme l’ICANN pour les USA, l’internic pour le monde.
                Comme tout premier arrivant qui se respecte, ils prennent ce qui est sous leur yeux.
                Ce qui est vrai et que vous ne dites pas c’est que l’essentiel d’internet passe par le japon et les USA et de ce fait ils peuvent donc bloquer ce qu’ils veulent.
                Enfin, si les USA ont les serveurs racines sous leur contrôle c’est normal dans le sens où comme je l’ai dit plus haut, ils étaient les premiers.
                Comme le font les enfants, je vous dirais : « Ben il fallait être là avant moi... »

                Vous dites : « l’Icann encadre notamment [...] le fonctionnement des adresses IP »
                C’est quoi ce délire ?
                Ce que fait l’ICAAN c’est éviter les vols d’adresse IP comme tout organisme qui se respecte.
                On sait que tel plage d’adresse appartient à tel organisme et c’est tout. C’est normal.
                Malgré l’arrivée de l’IPV6 cet encadrement, pour reprendre votre expression, est utile.
                C’est le contraire qui aurait été inquiétant.

                 
                Cordialement

                Leo Le Sage
                (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


              • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 4 novembre 2012 01:33

                Article assez brillant mais significatif du syndrome de « l’intellectuel français » consistant à proposer une métaphore (ici présenter l’Internet comme si c’était un organisme biologique), à broder un joli motif sur cette trouvaille, puis à oublier... que ce n’est qu’une métaphore. Ce qui conduit tout de même un peu à confondre science et littérature, ou pour le dire autrement à faire de la « patascience ». 


                • Romain Desbois 4 novembre 2012 10:30

                  Gaspard

                  Je suis assez d’accord et puis en fait je me dis que l’on a trop tendance à penser que nous ne sommes pas que des machines « qui pensent ». La biologie , c’est de la chimie, de la mécanique.

                  Ca heurte beaucoup de gens et particulièrement les croyants mais moi je pense que nous ne sommes que des machines ultra perfectionnées que la nature adapte encore et encore de manière empirique et pragmatique.

                  En cela je suis un darwiniste invétéré .


                • L'enfoiré L’enfoiré 6 novembre 2012 09:47

                  Absolument. Jouer avec les mots comme aime le faire les Français, n’apporte que des appréciations qui s’écartent très vite des réalités de terrain.

                  Quand j’ai vu les titres de chapitres de ce billet, j’ai ressenti très fort cette perversion qui survolent les sujets en manquant de terre-à-terre.
                  Un américain utilise des phrases courtes sans décoration mais qui font rêver l’auditoire.
                  Le français ajoute le décorum. 

                • ddacoudre ddacoudre 4 novembre 2012 01:59

                  bonjour joël

                  L’objet de cet article est de tenter de répondre à cette question : l’ADN d’Internet est-il modifiable de l’intérieur ? Ou existe-t-il une épigénétique d’Internet ?

                  je crois que la neuroscience à répondu d’une certaine manière a cette question. des études ont démontré que les neurone avaient la possibilité de déplacer leur ADN et donc d’avoir un génome flexible et également d’en produire de nouveau qui dopent l’apprentissage et de leurs activités sortent des décisions avant que nous les prenions, ce qui limite de fait notre libre arbitre, et un tel agencement d’internet conduirait à engendrer des décisions qui ne seraient pas celles de notre libre arbitre, mais celles d’une organisation complexe semblable à celle neuronale dont elle ne peut qu’être le produit.
                  cordialement.ddacoudre.over-blog.com.


                  • L’immigré 4 novembre 2012 05:19

                    Avouons-le : bien qu’il me paraît intéressant, je n’ai pas vraiment lu l’article (je l’ai survolé)...

                    Chacun sait que l’ADN est une structure moléculaire. Si on devait transposer cela à Internet, cela signifierait qu’Internet est une structure physique.
                    De mon point de vue, Internet n’est pas qu’infrastructure (au sens physique de ce mot), mais, aussi une structure logique (logiciels et données). De plus, il est en perpétuelle mutation contrairement, il me semble, à l’ADN qui mute lentement dans des conditions normales.

                    On peut aussi dire qu’Internet est une sorte de cerveau, comparativement au cerveau humain, les neurones étant chaque ordinateur et même chaque smartphone utilisant Internet est un neurone. Les échanges biochimiques montrant, entre autres, l’activité neuronale sont la donnée, sous forme de bits, dans Internet. Les synapses seraient, transposés à Internet, les câbles réseaux. L’intelligence d’Internet semble être l’infrastructure logique (système et applications). Et, l’âme d’Internet ? Les utilisateurs ? Why not ?

                    Le cerveau humain est, je pense, un centre de décision. Internet l’est-il ? Bonne question. Si quelqu’un veut bien se donner la peine de répondre, voire même de soulever le débat.
                    Le cerveau humain est formaté par son environnement (psychologie, sociologie, économie, technologie, etc.) qui, en quelque sorte, le détermine dans son système de pensée. Que dire d’Internet ? Jusqu’à quel point son environnement le détermine-t-il ? Ici aussi, que quelqu’un veuille bien se donner la peine de soulever le débat.

                    Peut-être suis-je (un peu) hors-sujet... J’en suis navré si c’est le cas.


                    • Romain Desbois 4 novembre 2012 10:38

                      Le net est peut-être le premier pas vers la possibilité de créer du vivant autrement que ce que nous pouvons déjà faire aujourd’hui (et on progresse très vite dans les découvertes).

                      Peut-être qu’un jour nous vivrons la « controverse de Valladolid » sur le thème : « les machines ont-elles une âme » ?

                      Pour cela il faudrait savoir vraiment ce qu’est une âme, une conscience.
                      Chose que l’on dénie encore aux autres animaux.

                      Personnellement je penche pour la version : âme/conscience = clé USB.

                      Une alliance géniale de chimie et d’électricité.

                      Bon , je retourne sur mon bûcher ... smiley


                    • L'enfoiré L’enfoiré 4 novembre 2012 10:49

                      « (un peu) hors-sujet »


                      Non, nous y sommes en plein. Un peu (trop) général, peut-être.
                      Que dire de votre commentaire.
                      Internet est une structure tout à fait physique. C’est du matériel qui se parle et communique.
                      L’ADN se modifie peut-être plus vite que vous le pensez.
                      L’homme que nous sommes, mute en permanence dans une vie.
                      Par son éducation, ses obligations, par son entourage.
                      En fin de vie, il n’aura pas les mêmes structures physiques, ni morales, ni parfois idéologiques.
                      Sa structure visible de extérieure ne sera pas la même non plus.
                      Si ses gênes ont été transmis dans sa succession, ils ont été modifiés.
                      Oui, Internet devient de fait un centre de décision par son influence.
                      Liszt ne connaissait pas Internet, bien sûr. Mais en fin de vie, de pianiste, il s’est transformé en religieux, parce qu’il y trouvait son intérêt financier, et parce qu’il était, comme beaucoup, à l’apogée de son succès dans le public. D’où sa reconversion.
                      Internet est tout autant restructuré par son environnement.
                      Le problème, c’est qu’il s’est souvent transformé en une foule de minitel et que l’extension vers la terre entière a été arrêté par la méconnaissance d’un langage commun.
                      Donc, l’influence est devenue locale.
                      Combien de rédacteurs sur cette antenne ont sorti des articles sur des endroits de la terre où ils n’ont jamais mis les pieds pour vérifier les dires d’autres personnes ?
                       


                    • Romain Desbois 4 novembre 2012 12:16

                      L’enfoiré

                      Très intéressant votre commentaire.

                      En tant que militant de l’espéranto depuis 30 ans je ne peux que vous suivre dans votre réflexion.

                      Mais je pense que les choses se mettent en place. Remarquez içi même sur Agoravox, les aveugles peuvent déjà entendre les articles.

                      J’ai entendu récemment que les Japonais avaient diffusé une application sur téléphone portable qui permet d’entendre en Japonais une conversation en anglais.

                      Je crois que c’est la mort de l’espéranto mais c’est une invention géniale que j’attends depuis longtemps.

                      Et j’ai hâte vraiment que l’on réussisse à faire la même chose avec le langage des autres animaux. Cela changerait nos rapports avec eux.
                      Mon rêve d’être un docteur Doolitle serait enfin réalisé.


                    • L'enfoiré L’enfoiré 4 novembre 2012 13:23

                      Salut Romain,

                      « Très intéressant votre commentaire. »

                      Merci, l’intérêt est toujours proportionnel aux moinssages sur cette antenne, si vous n’avez pas remarqué. Normal. Quand on ne sait que dire, qu’on ne comprend pas, il vaut mieux moinsser. smiley

                      « En tant que militant de l’espéranto depuis 30 ans je ne peux que vous suivre dans votre réflexion. »

                      J’ai appris les bases de l’esperanto. Cela ne veut pas dire que je suis devenu esperantiste. Pour deux raisons que j’ai déjà exposé quand Krokodilo publiait un article. J’aime la construction des mots comme des poupées riusses ou le lego. Mais,l’esperanto n’est pas allé assez loin jusqu’au niveau du phonème. Ce qui a obligé à augmenter le nombre de lettre plutôt que les diminuer.

                      « sur Agoravox, les aveugles peuvent déjà entendre les articles. »

                      Exact. Mais cela ne se fait pas encore après traduction.

                      « ...une application sur téléphone portable qui permet d’entendre en Japonais une conversation en anglais. »

                      Là, cela commence à m’intéresser.

                      « Mon rêve d’être un docteur Doolitle serait enfin réalisé »

                      Avant (ou en même temps), il faudrait déjà que les hommes se comprennent entre eux, pas uniquement avec des mots, mais entre idéologie.

                      Dernière phrase pour remettre notre discussion en liaison avec le billet de l’auteur. smiley


                    • Romain Desbois 4 novembre 2012 16:09

                      ave l’enfoiré

                      Oui même en parlant la même langue , on a des fois du mal à se comprendre.

                      Et dans comprendre il y a prendre smiley


                    • L'enfoiré L’enfoiré 4 novembre 2012 16:39

                      Je conseille d’aller voir cette vidéo avec comme invité l’auteur.
                      Je prépare ma réponse et mon commentaire que je n’apporterai pas ici.


                    • Joël de Rosnay 4 novembre 2012 17:16

                      Vous êtes en plein dans le sujet ! L’épigénétique en biologie ne conduit pas à des mutations de l’ADN, mais à une modulation de l’expression des gènes. Certains sont activés, d’autres inhibés, en fonction, notamment, de notre comportement (exercice, nutrition, management du stress, plaisir, réseau social et familial).

                      Le but de mon article est d’ouvrir la voie vers des réflexions sur une possible « épigénétique d’Internet ». Comment les actions des internautes, des sollicitations extérieures, des mouvements psycho-sociologiques de masse, peuvent modifier les programmes globaux de fonctionnement de cet écosystème informationnel.

                      Le cerveau n’est pas un centre hiérarchique de décisions. Il est « fluide ». Intégré au corps. Il répond, par exemple, à des hormones gastriques et il existe 100 millions de neurones dans l’intestin. Il n’y a pas de « centre hiérarchique » de décision dans Internet. ce réseau est « fluide » comme le cerveau et s’adapte en permanence par reconfiguration de ses « synapses ». Voyez dans mon article, la référence de ma conférence donnée en 2001 au Global Brain Group.

                      Enfin, quand à la question de savoir si Internet, à partir d’un niveau de complexité très élevé peut devenir « conscient de lui même », je vous renvoie à deux de mes livres dans lesquels j’aborde ce thème : « L’homme symbiotique » (1995) et « Et l’homme créa la vie » (2010), en espérant que vous trouverez des réponses à vos questions.


                    • Romain Desbois 4 novembre 2012 22:29

                      Joel

                      Merci pour vos conseils de lecture smiley
                      Je m’y replongerai volontiers.

                      Je crois que le débat ne doit pas s’orienter sur « la poule ou l’oeuf », car il s’agit certainement d’inter-action qui j’en suis convaincu parviendra à une symbiose entre le biologique et la machine.

                      Nous ouvrons seulement la porte actuelement et vous avez excellemment contribué à cela.


                    • Denzo75018 4 novembre 2012 08:12

                      L’ADN de l’auteur de cet Article n’a-t-il pas été un peu trop modifié !????


                      • L'enfoiré L’enfoiré 4 novembre 2012 09:58
                        1. Comparons Internet au réseau de neurones. Y a-t-il tellement de différences dans l’organisation ?
                        Quand certains neurones commencent à fatiguer, que ce passe-t-il ? D’autres arrivent à la rescousse. 
                        Sur Internet, il y a la propagande en plus. Les idéologies qui se retrouvent dans les fonctionnalités particulières des neurones. Les mutations sont plus rapides, parois plus raisonnées, moins darwiniennes. Mais à part cela ? L’épigénétique par associations proches peut accélérer tout autant l’évolution. 
                        Tout dépend comme il est dit de la portée des notes de la partition et du chef d’orchestre qui devra pour faire passer son message être charismatique et avoir une dose de psychologie.
                        La nature teste tout et n’importe quoi pour trouver le bon chemin de son progrès.
                        Elle a des échecs et donc laisse des chaînons manquants.


                        • L'enfoiré L’enfoiré 4 novembre 2012 10:04

                          2. Internet, un cerveau planétaire fluide


                           Ce cerveau planétaire pourrait-il conduire à la modification de l’ADN d’Internet en affectant les aspects scientifique, technique, culturel, politique et économique de cet immense écosystème informationnel ? Si oui, qui agit, comment, et avec quels moyens d’amplification ?

                          Réponse : par tous, la propagande, le mensonge, la prise d’informations partielles, la malversation et heureusement parfois, par la volonté de bien faire.

                        • L'enfoiré L’enfoiré 4 novembre 2012 10:14

                          3. GAFA, nouveaux maîtres du monde ?


                          YES. Absolutely.
                          Le Cloud est l’arme absolue.
                          Il y avait les processus qui étaient à l’origine dans les mains considérées comme privilégiées.
                          Avec le Cloud ce sont les données qui le deviennent, transmisent dans les nuages qui bougent avec le vent.
                          Par facilité (pas besoin de les sauver), l’utilisateur est devenu l’esclave d’un maître dont il ne connait pas les buts. Il confie ces données, son know how à une force occulte qui en fera ce qu’elle voudra ou qu’elle laissera faire par sa propre incapacité de se prémunir.
                          Les forums ne sont d’ailleurs pas mieux. L’antenne sur laquelle on se trouve, reliée à Cybion, si cela ne vous dit rien, je peux expliquer.
                           

                        • L'enfoiré L’enfoiré 4 novembre 2012 10:21

                          4. Des rapports de force aux rapports de flux


                          « Les mouvements les Indignés, Occupy Wall Street, le Printemps arabe et le Printemps érable… ont prouvé leur efficacité et affiché leur détermination. »

                          Ah, bon. En êtes-vous si sûr. Nous sommes passé d’un paradigme à un autre et nous avons un peu trop peu de recul pour nous rendre compte de ses aspects secondaires, qui comme sur toutes posologies, sont écrits en petit. 
                          Wikileaks et le populisme. Tout un programme de réflexions. Les corbeaux modernes.
                          Comment résister ?
                          Cela me rappelle un de mes billets « Etes-vous auto-immune ou polythéistes ? »

                        • Antoine Diederick 4 novembre 2012 20:58

                          à Enfoiré,

                          euh oui....

                          il y a le bon maître invisible et le mauvais maître de passage....( ici pas d’allusion particulière ) sinon qu’il faut considérer qu’il y a de cela.

                          Le cloud est une image poétique pour un usage très trivial....or le propre de la poésie est de nous faire accéder aux continents perdus de nos imaginaires....


                        • crazycaze 4 novembre 2012 11:40

                          Dans une conception probabiliste de l’épigénèse, il faut s’attendre aussi à ce que des modifications soient la conséquence de nouvelles opportunités ou contraintes offertes par l’environnement, mais aussi, conformément à la théorie générale des systèmes dynamiques, àl’existence de points de rupture, à de sauts qualitatifs. Quelles en seraient les formes ? L’existence de nouveaux systèmes, de nouveaux réseaux, parallèles et concurrents à ceux du GAFA mais animés par une éthique différente, avec la possibilité pour chacun de ses membres de contrôler l’utilisation qui est faite de leurs informations personnelles, de pouvoir s’assurer de l’identité de ceux qui visitent leurs pages/sites et leur usage des informations auxquelles ils accèdent, ou une révolution informatique qui rendrait internet obsolète... 


                          • Joël de Rosnay 5 novembre 2012 11:43

                            Crazycaze, vous avez raison de faire appel à la dynamique des systèmes complexes. Il peut y avoir des ruptures, des sauts quantitatifs et qualitatifs, émergence de propriétés nouvelles dans l’évolution d’un système complexe. Internet n’y échappe pas. GAFA contient les germes de sa propre modification épigénétique par les usagers. Ou de sa propre destruction ! Avec un remplacement (ou plutôt une complémentarité) par, ou avec, de nouveaux réseaux co-régulés par les utilisateurs eux-mêmes. Pour le moment cette évolution paraît encore bien utopique...


                          • Antoine Diederick 6 novembre 2012 19:55

                            bien possible qu’apparaissent des réseaux privés / fermés-ouverts / co-régulés....


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 novembre 2012 11:42

                            Faut bien que l’ épigénèse de passe ... smiley


                            • herbe herbe 4 novembre 2012 13:17

                              Merci pour cette réflexion.


                              Un article de wikipédia comme porte d’entrée au concept de Cerveau global peut-être utile par sa synthèse :
                              On vous y retrouve cher auteur cité ainsi que Howard Bloom que j’aime bien aussi.

                              En tout cas merci à vous de pondérer une certaine vision « optimistico béate » en exposant des risques bien réels hélas...

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