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Accueil du site > Actualités > Technologies > Le monde vu depuis la gravité quantique par Carlo Rovelli

Le monde vu depuis la gravité quantique par Carlo Rovelli

Les physiciens ne sont pas forcément des techniciens de laboratoire ou des cerveaux manipulant en virtuose les mathématiques. Ils s’interrogent parfois sur ce que la physique nous apprend sur les choses de la Nature. Dans son dernier ouvrage traduit chez Odile Jacob, Carlo Rovelli nous invite à partager sa vision du monde telle qu’elle découle des travaux les plus pointus qu’ils soient, sur la gravité quantique, dont il est l’un des initiateurs. C’est bien de « Sa » vision du monde dont il s’agit et non de « La » vision du monde au sens où celle-ci serait définitive. Il le reconnaît d’ailleurs avec une docte humilité à la fin de son ouvrage. Et c’est par les dernières pages de ce livre que je souhaite commencer cette recension.

« La conscience des limites de notre connaissance est conscience aussi du fait que ce que nous savons, ou croyons savoir, peut aussi se révéler imprécis ou erroné (…) La science naît de cette attitude d’humilité : ne pas se fier aveuglément à ses intuitions. Ne pas se fier à ce que tout le monde dit. Ne pas se fier à la connaissance accumulée par nos pères et par nos aïeux » (p. 242). Ces quelques lignes traduisent le sentiment de Rovelli qui à la fin de son essai, lorsqu’il se livre à des considérations aventureuses, sait pertinemment qu’il faut se démarquer des anciens pour comprendre l’univers mais que le parcours est incertain et que les intuitions peuvent être trompeuses. La compréhension scientifique du monde est à la frontière entre les savoirs ancestraux et l’audace imprévisible de l’avenir. La physique ne progresse pas forcément avec des données nouvelles. Copernic, Newton, Einstein et beaucoup d’autres ont bâti des synthèses à partir de théories déjà existantes en synthétisant les connaissances empiriques et formelles de vastes champs de la nature tout en essayant de les combiner et les repenser mieux (p. 195). « L’objectif de la recherche scientifique n’est pas de faire des précisions : il est de comprendre comment fonctionne le monde (…) Avant d’être technique, la science est visionnaire » (p. 194).

Rovelli est parfaitement clair dans sa démarche qui relève de la philosophie de la Nature, mais pas comme au temps de Démocrite ou Aristote puisque cette philosophie est construite à partir des théories physiques disponibles qui, comme le précise l’auteur, ne sont pas des théories vraies ou définitives mais les meilleures théories disponibles en ce moment pour décrire l’univers et donc l’interpréter. Et comme il n’y a pas qu’une seule théorie, alors il existe plusieurs accès au monde naturel. De plus, une théorie se livre à de multiples interprétations, au choix de celui qui cherche à comprendre la nature à travers les notions scientifiques, les observations et les formules mathématiques. Et donc, il faut prendre chaque vision d’un physicien comme une peinture maniériste qui n’atteint pas la vérité ultime mais qui traduit le coup de pinceau intellectuel du savant qui se prête au jeu de l’interprétation. On ne compte plus les livres importants publiés par les physiciens depuis 1930. Heisenberg, Schrödinger, Bohm, puis Stapp, Susskind, Penrose, Hawking, Barrow, Davies, Weinberg, Vedral, Smolin, pour ne citer que quelques figures importantes ayant œuvré dans la « lecture » du monde physique. Rovelli s’inscrit dans cette liste avec son dernier ouvrage consacré à la gravité quantique.

En étudiant « Par-delà le visible », on comprend que le monde physique réel, profond, dynamique et substantiel pour ainsi dire, ne se conçoit pas en transposant une image commune vers les théories physiques mais en forçant l’interprétation de ces théories vers une vision qui échappe au sens commun. Le geste du physicien consiste à regarder vers l’inconnu. Et pour progresser, la physique n’a pas forcément besoin de données nouvelles comme le précise Rovelli (p. 195) dans la dernière partie de son livre où l’information fait l’objet d’un chapitre car cette notion si importante et pourtant assez confuse est parvenue au centre des conjectures physiques du 21ème siècle. Dans ce chapitre, Rovelli fait preuve d’une grande honnêteté en confiant que les idées qui s’y dessinent paraîtront confuse au lecteur et si tel est le cas, c’est parce que l’auteur lui-même a des idées confuses mais qui sont exposées car c’est l’essence même de la science que de présenter des hypothèses, même si elles ne sont pas claires. Parfois, il se trouvera un scientifique pour les prendre au vol et les recomposer dans un ensemble cohérent ou alors pour les analyser et prendre conscience que la voie n’est pas la bonne. Pour ma part, j’ai relevé l’interprétation de la formule de Boltzmann sur l’information manquante. Cette interprétation ne fait pas consensus et traduit les limites de l’auteur qui s’offre une incursion dans la thermodynamique avec une tentative d’élaboration d’un temps thermique ainsi que l’idée d’un temps qui agit comme une moyenne réalisée à partir des états microscopiques et qui traduirait le défaut d’information, autrement dit notre ignorance.

Le temps est la notion sur laquelle butent tous les physiciens depuis Galilée jusqu’à Prigogine, Smolin, Rovelli et les autres. Parfois, la conception du temps dévoile quelle est la signature du physicien qui pense la nature. Je crois avoir deviné que Rovelli reste ancré dans une conception moderniste (l’univers-bloc notamment) mais élargie à des options offertes par la mécanique quantique. L’allusion à la formule de Boltzmann n’est pas fortuite. Elle conclut en quelque sorte le patronage antique de cette réflexion qui est l’atomisme de Démocrite. L’auteur n’accorde pas une grande importance au principe holographique (patronage d’Anaxagore ou Hermès) et aussi un élément de la signature puisque ce principe intervient surtout dans le domaine de la théorie des cordes qui n’est pas l’option choisie car Rovelli n’est pas un cordiste mais un boucliste.

Un boucliste est un physicien qui développe ses théories en suivant comme cadre les principes de la gravitation à boucle. L’objectif étant de donner une description de la gravité qui soit compatible avec la physique quantique. La gravité ne se réduisant pas à une force newtonienne mais à une théorie de l’espace-temps formalisé par les équations de la relativité générale. La gravité quantique consiste à prendre la géométrie spatiotemporelle d’Einstein qui est fait est un champ continu pour ensuite le rendre discontinu (granulaire) conformément à l’un des trois postulats de la physique quantique qui impose de considérer les choses comme discrétisées. Cette aventure théorique est présentée dans les chapitres 5 et 6. Le grand schisme de la physique du 20ème c’est que le champ gravitationnel n’est pas quantifié et que de l’autre côté la mécanique quantique est formulée sans tenir compte de la « déformation de l’espace-temps ». Le chapitre 7 présente en quelque sorte le noyau central de la vision proposée par l’auteur, celle d’un monde fait d’un seul genre d’entité, les champs quantiques covariants qui sont l’aboutissement du mollusque d’Einstein devenu une mousse de spin. Les grains d’espace-temps forment une toile, un réseau de relations et d’interactions. Et au final, le temps disparaît ou plus exactement le schéma newtonien du temps ne s’applique plus dès lors que l’on prend les choses au niveau granulaire. Voilà l’une des conclusions importante de Rovelli qui sur ce point, livre une conception opposée à celle que suggère son confrère Lee Smolin pour lequel le temps devrait être retrouvé.

Ces étranges conclusions ne peuvent être comprises que dans le cadre d’une vision historique permettant de voir la succession des idées sur la nature et la genèse des avancées théoriques successive, depuis Kepler, Galilée et Newton jusqu’à la mécanique quantique et le modèle standard achevé dans les années 1970. Et au centre de cette histoire, une grande figure, celle d’Einstein dont est retracé l’aventure scientifique et les étapes de la pensée l’ayant poussé vers ce que Rovelli considère comme le chef d’œuvre de la physique contemporaine, la relativité générale. Le parcours est retracé avec en ligne de mire l’espace-temps newtonien revisité comme champ de gravitation avec la description audacieuse et fascinante utilisant les tenseurs et un Einstein en concurrence avec Hilbert pour parvenir le premier à la bonne formule. Le champ, champ de gravitation, transposé à l’espace-temps, avec comme étape Faraday et Maxwell, puis le mollusque d’Einstein, l’espace-temps pris comme objet structuré, déformé et dynamique. Le couronnement de la science moderne, pourrait-on dire, raconté par l’auteur dans des lignes assez faciles à lire. Le champ et la nature comme univers de relations et d’influences.

Les relations, on le retrouve aussi dans la présentation de la mécanique quantique (chapitre 4) qui reste sobre et va à l’essentiel, du moins ce que pense être essentiel Rovelli. Avec trois constats. L’information est finie (patronage de Démocrite), la dynamique est probabiliste, la réalité est relations. La mécanique quantique se joue des physiciens et comme Feynman, Rovelli de déroge pas à la règle en gravitant autour de cette énigmatique physique en se demandant si un morceau de l’histoire ne nous échappe pas lorsque l’on suppose qu’une réalité qui n’interagit pas puisse être indescriptible. A moins que la réalité ne soit qu’interaction (p. 127). C’est cette option qui est choisie et qui conforte mon opinion sur la manière de penser de Rovelli qui reste très moderne, ancrée dans les particules, les champs et les objets. D’autres philosophes de la physique (non évoqués dans le livre) interprètent concluent à l’inverse que ni les particules ni les champs ne sont déductibles de la physique quantique. Mais l’auteur en est parfaitement conscient, soulignant que la théorie des quanta échappe encore à la compréhension des exégètes de la physique quantique.

Il faut lire l’essai de Rovelli qui indique un cheminement de la physique moderne conduisant peut-être vers une solution conciliant le cosmos et le quantum, à moins que ce chemin ne soit une impasse. Ce qui justifie la lecture de ce livre fort instructif car on apprend autant des avancées que des impasses lorsqu’on sait comment fonctionne la connaissance des choses de l’univers. La gravitation à boucle risque de progresser ou de s’enliser, s’inscrivant dans une crise de la physique qui a su offrir des détails inouïs sur la Nature. L’enseignement qu’on tire de ce livre est que la tension entre le quantique et le cosmos reste irrésolue et que l’alternative réside dans une conjecture architectonique où une théorie prend l’ascendant et soumet l’autre. C’est ce que j’ai cru comprendre dans le propos de Rovelli sur la gravité quantique avec un ascendant d’Einstein et de la relativité sur le monde quantique. On peut imaginer une autre option, sans oublier la dynamique des formes très en forme ces temps-ci. J’ai une réponse mais elle n’a pas sa place dans cette recension d’ouvrage.


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30 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 12 février 2015 09:12

    heu...citez moi une découverte scientifique sans défauts... ?


    • fred.foyn Le p’tit Charles 12 février 2015 15:42

      Personne ne trouve une découverte scientifique sans défauts...Pourtant c’est un site d’experts il me semble.. ?


    • fred.foyn Le p’tit Charles 12 février 2015 16:28

      Aux imbéciles qui moinssent...ça prouve votre ignorance a ne pas pouvoir répondre simplement...


    • flesh flesh 13 février 2015 03:49

      voilà, j’ai moinssé moi aussi


    • fred.foyn Le p’tit Charles 13 février 2015 07:22

      et démontrer votre ignorance...pas de quoi être fier.. ?
      C’est l’histoire d’un imbécile qui regarde son doigt en montrant la lune... !


    • fred.foyn Le p’tit Charles 13 février 2015 10:44

      J’aime bien les incompétent qui se prennent au sérieux mais qui sont incapable de répondre à une question de CM2...Pitoyable...


    • bourrico6 13 février 2015 11:04

      Ouais enfin en même temps ta question ne veut rien dire.

      C’est quoi un « défaut » sur une découverte ?

      Ca marche pas ? Dans ce cas c’est pas une découverte.
      Ca marche pas bien ? Dans ce cas c’est pas tout à fait une découverte non plus.

      Ou peut être qu’il s’agit des application qui en sont faites ?

      Non franchement tu poses une question qui n’a pas de sens et tu viens te plaindre que les gens répondent pas.

      Après c’est sur, un type dont les com’ dépassent pas une ligne ne peut pas expliciter le sens de sa question.


    • fred.foyn Le p’tit Charles 13 février 2015 11:24

      Pourtant la question est ultra simple... ?..mais justement..comme elle est fastoche personne ne ou ne veut y répondre..
      Pour le mot « défaut »...allez voir la définition...également très simple..et qui veut bien dire en quoi elle est simple..mais c’est le problème aujourd’hui des gens qui sont incapables de donner une réponse simple à une question simple...Même vous vous tournez autour du pot en vous défaussant sur sur le mot « défaut »...
      Mes commentaires (en général) vont à l’essentiel en peu de mots parfois..mais des gens qui se prennent au sérieux avec des coms à rallonges se retrouve le bec dans l’eau à une question simple qu’un enfant de 8 ans peut résoudre..Alors la prochaine fois avant de faire le mariole...instruisez vous.. !.


    • bourrico6 13 février 2015 11:28

      Je constate simplement que n’es pas en mesure d’expliquer ce que tu entends par une « découverte sans défaut »

      Je t’ai donné des pistes, mais monsieur préfère jouer les coqs.

      Ben restes dans ta connerie mon gros.


    • bourrico6 13 février 2015 11:31

      En fait ça montre aussi une chose, c’est que tu n’es pas en mesure de saisir la moindre complexité.

      Ta question te parait simple, parce que tu es limité tout simplement, et c’est pour la même raison que tes commentaires ne dépassent pas une ligne..

      Trop de choses t’échappent.


    • fred.foyn Le p’tit Charles 13 février 2015 11:43

      Comme d’habitude...l’injure

      Pauvre type... !


    • howahkan howahkan Hotah 12 février 2015 09:38

      A moins que la réalité ne soit qu’interaction (p. 127)

      j’ajouterais aussi : « interdépendance ».......je ne sais rien de ces sujets, sauf visions dont la validité m’échappe,dans un sens comme dans l’autre ! ...et experiences...de connexion directe avec ??? ,c’est à dire en clair c’est soi de la foutaise, soit tres juste ...

       là ou la question du sens et même toute quête n’a plus sa place..si j’étais le seul, mon cas navrant et désespéré serait traité j’en suis sur avec grande sympathie médicale par ceux qui savent bien sur, mais je ne suis pas le seul ,loin de là...il faudra alors un grand bâtiment !!

       Bernard me semble appartenir à cette catégorie rejetée par le troupeau bêlant !!  !!
      Je trouve qu’il a raison de fouiner,questionner etc etc...

      quelqu’un devenu depuis proche, a lui eu cette vision imposante pour lui, quasi impossible a mettre en mots, ce fut la vision qu’il n’y a pas d’espace , dans le sens ou TOUT est relié, et bien sur il n’y a pas de temps , mais un présent modifié de manière X, non connue, en permanence..

      sans le tout, il n’y a pas de particulier, le fait du tout unitaire précède la particulier,il est au dessus du particulier qui ne peut exister QUE dans le TOUT...qui est bien sur au delà de la matière, au delà du particulier........c’est le « Créateur »...........L’Origine....qui ne peut QUE être là, ici,partout............en tout..

      Il y a une capsule temporelle en dehors du présent, c’est pour nous humains notre pensée...qui conceptuellement est en retrait du présent, ceci est bien sur une nécessité pour une connaissance cumulative afin de survivre physiquement.

      Nous avons choisit de ne plus être lié au présent dont avec le TOUT...et c’est la capsule temporelle qui cherche L’Origine,sans savoir que elle ne peut trouver QUE ce qu’elle cherche...

      on retrouve ceci aussi dans la société des humains qui elle aussi s’est coupée du présent..et qui aussi nie la primauté du TOUT, pour glorifier le particulier, ce qui est une aberration, une erreur, un mensonge volontaire pour voler le TOUT en tant que société, ce TOUT humain sans qui je meurs des la naissance........

      la capsule temporelle( moi je) qui ignore trop de choses,dont le fait de ne pas pouvoir vivre le fait absolu de sa propre fin en tant que capsule, ne peut pas vivre.....mais survivre, en guerre ,violence, et toutes les saloperies humaines, car on a perdu le lien avec le tout....

      reste alors le coté capsule temporelle( moi je) ....c’est une non vie !

      Le Tout peut toucher la capsule temporelle, la capsule temporelle n’a pas accès au TOUT..en tant qu’Origine, sens...

      il y a une valve de protection dans un sens...moi je et ses désirs et motivations n’a pas accès à L’Origine..

      cela crée une souffrance d’être, que nous fuyons....alors que c’est là pour aider,en tant que catalyseur...

      Notre science qui est dans la capsule temporelle n’aura jamais accès au TOUT...mais a seulement du partiel ..et encore,tant de choses fausses peuvent s’y glisser.

      Personne ne découvre rien..ca marche dans l’autre sens...c’est le TOUT qui éventuellement s’exprime à travers un « conduit » X..qui st sensé partager pour tous et non en faire un moyen d’être riche,connu,puissant,admiré, honoré de Balzac...ce qui est une horreur...Tout ceci comporte bien des zones d’ombres bien sur...

      La certitude est : la connexion des humains avec le TOUT ne marche plus...elle est potentiellement là.....pour tous.....

      la souffrance mentale en est LE catalyseur...incontournable....

      Mais je divague..

      merci Bernard !


      • bourrico6 12 février 2015 11:34

        Mais je divague..

        Un instant de lucidité ?


      • Laulau Laulau 12 février 2015 10:51

        Toujours aussi verbeux !


        • philippe913 12 février 2015 11:07

          Toujours aussi pourri


          • JL JL 12 février 2015 11:26

            Bonjour,

            Vous écrivez : ’’... cette philosophie est construite à partir des théories physiques disponibles qui, comme le précise l’auteur, ne sont pas des théories vraies ou définitives mais les meilleures théories disponibles en ce moment pour décrire l’univers et donc l’interpréter’’

            Pourriez vous me dire ce que vous appelleriez, avec Carlo Rovelli, des théories vraies ?


            • JL JL 13 février 2015 09:10

              Mais répondez, Dugué ! Nous voulons savoir !!!

              Mais je suis bête : vous n’avez pas la réponse. Et pour cacher que certains ici vous posent des colles, vous faites le hautain en ne répondant plus jamais à personne.

              Que fait un individu qui vient poser son petit pensum sur un site dont l’intérêt principal est l’échange de points de vue ? Je ne vous le demande pas, je sais bien que je n’aurais pas de réponse.


            • bourrico6 12 février 2015 11:32

              Y a progrès, il n’est déjà pas question de révolution, et je ne crois pas avoir vu la novlangue inventée par Dugué.
              Il y a pas mal de phrase destinée à le protéger aussi, il précise que ce sont des théories (avec une définition qui semble correcte de ce qu’est une théorie), et qu’il s’agit de la vision d’un seul type.
              S’il prenait les même précautions avec ses histoires de faillite et de révolution, il passerait moins pour charlot en quête de la Vérité.

              Mais y a trop de choses à reprendre la dedans.... un exemple :

              La physique ne progresse pas forcément avec des données nouvelles. Copernic, Newton, Einstein et beaucoup d’autres ont bâti des synthèses à partir de théories déjà existantes en synthétisant les connaissances empiriques et formelles de vastes champs de la nature tout en essayant de les combiner et les repenser mieux (p. 195).

              C’est faux, s’ils ont du aller plus loin, c’est bien qu’il y avait des données qu’il n’arrivaient pas à expliquer.
              Si, comme il était de bon ton de le penser à l’époque, il n’ y avait plus de données à expliquer, la science se serait arrêtée la.
              Chaque expérience amène de nouvelle donnée, chaque réponse à une question amène de nouvelles question, et c’est ainsi que ça avance, et non suite aux divagation d’un scientifico-philosophe aux propos indigestes.


              • Alren Alren 12 février 2015 18:48

                « La physique ne progresse pas forcément avec des données nouvelles. Copernic, Newton, Einstein et beaucoup d’autres ont bâti des synthèses à partir de théories déjà existantes en synthétisant les connaissances empiriques et formelles de vastes champs de la nature tout en essayant de les combiner et les repenser mieux. »


                bourrico6 a raison : Les théories de Copernic et Newton se sont appuyées sur les progrès du matériel d’observation et de mesures astronomiques, dont la lunette popularisée par Galilée tout autant que sur les progrès des mathématiques de leur temps.

                Faute de ces instruments et de ces mathématiques, un Aristote ne pouvait pas établir de telles théories.

                C’est encore des données nouvelles , l’expérience aux résultats ahurissants pour l’époque de Michelson et Morley qui ont permis à Lorenz, aidé et corrigé par Henri Poincaré que la théorie de la relativité a vu le jour. Einstein qui lisait le français, a piraté ces travaux pour s’en attribuer la paternité. 
                Après la mort prématurée de Poincaré, Einstein a su voir dans l’anomalie de l’orbite de Mercure, qui avait pu être relevée, donnée nouvelle, par de nouveaux progrès dans les mesures astronomiques une confirmation de la théorie restreinte de la relativité. 
                (Quant à la théorie géométrique de déformation de l’espace-temps, de la relativité générale, elle est incomplète dans son ambition d’être la théorie ultime). 

              • SamAgora95 SamAgora95 12 février 2015 21:25

                Effectivement du progrès, pas de trace du mot : ontologie



              • Céphale Céphale 12 février 2015 14:43

                La question posée par Carlo Rovelli est traitée par le philosophe Whitehead, qui fut au programme de l’agrégation de philosophie il y a quelques années. Une partie de son oeuvre se trouve dans « Le concept de nature », introduit, traduit et annoté par Jean Douchement, publié par la librairie Vrin place de la Sorbonne.


                • soi même 12 février 2015 14:55

                  Au faites Bernard dans ton juke-box tu as combien de disque de ce tonneau ?
                  surtout , tu lances à la volée plein de réflexion de certitude, d’affirmation péremptoire et tu te fends d’aucun commentaire, je m’inquiète pour ta santé aurais tu un début d’Alzheimer ?

                  A quel stade tu te situes ? :


                  Car t’es tellement pointue dans ton châteaux d’Espagne, il serait bon de te rappeler que tu n’es pas l’infant du Royaume  !

                  • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 2015 19:48

                    Tiens ? Un article non idiot ! Il est vrai qu’il ne contient pas une idée de Dugué, c’est juste une note de lecture, sur un auteur plutôt bon.


                    • lsga lsga 13 février 2015 01:29

                      et oui, Carlo Rovelli est un philosophe des sciences, un vrai. Prenez en de la graine sieur Dugué, il ne prétend pas révolutionner la physique quantique avec une théorie philosophique. Non, il s’appuie sur son expérience physique pour construire une interprétation de la physique quantique. Il va dans le bon sens. 

                       
                      Pour rappel, vous, vous prétendez révolutionner toute la physique à l’aide d’une théorie métaphysique. Un peu comme Descartes qui prétendait refonder toutes les sciences sur la base de son « Cogito Ergo Sum », première vérité indubitable. Il prétendait que la refondation de la médecine sur la base du Cogito lui permettrait de vivre plus de 100 ans, un peu comme vous avec les prétendus débouchés médicaux de votre CosmoMédiocrologie. Enfin... Descartes c’était au 15ème siècle, et à défaut d’être un grand physicien, il aura révolutionné les mathématiques (pas grâce à son cogito, mais grâce à la représentation « cartésienne »), et la philosophie.
                       
                      Bref monsieur Dugué : soit vous décidez de devenir un philosophe des sciences, et vous abandonnez les termes pompeux et mal défini type « cosmonadologie » en même temps que toute prétention à révolutionner la physique. En tant que philosophe, vous exprimerez extrêmement clairement (car c’est ça le job d’un philosophe) une certaine interprétation de la physique quantique (comme l’a fait, par exemple, Michel Bitbol). Soit, vous prétendez révolutionner la physique, et à ce moment là, vous devez non seulement des concepts extrêmement clairs, mais en plus, FORMALISABLES MATHÉMATIQUEMENT, capable de prédire et d’expliquer des phénomènes que l’ancienne théorie n’arrivait pas à faire.
                       
                      Pour l’instant, vous n’êtes pas un philosophe : vous êtes beaucoup trop brouillon, pas assez clair, vous ne connaissez pas suffisamment bien votre propre position philosophique sur la physique quantique par rapport aux autres positions possibles. Vous ne connaissez pas suffisamment bien les arguments de vos adversaires pour vous prétendre philosophes. Michel Bitbol, lui, commence dans « l’aveuglante proximité du réel » par résumer EXTRÊMEMENT CLAIREMENT TOUTES (TOUTES !) les positions philosophiques possibles vis à vis de la physique quantique. Que l’on soit d’accord ou pas avec les Bitbol et ses interprétation, il est incontestablement un GRAND philosophe. Commencez par là : la philosophie, ce n’est pas croire qu’on a raison tout seul sans étudier ce que disent les autres.
                      Pour l’instant, vous n’êtes pas un physicien : en tout cas, votre cosmonadologie N’EST PAS UNE PHYSIQUE. Elle n’est pas formalisée, mathématisée, axiomatisée. Elle ne permet pas de prévoir de nouveaux phénomènes, elle ne permet pas d’expliquer des phénomènes que le paradigme précédent n’arrivait pas à expliquer (expliquer === DÉRIVER DES AXIOMES). 
                       
                      Bref, honnêtement, je ne pense pas que vous soyez capable de devenir un philosophe.
                      En revanche, je pense, sincèrement, franchement, que vous êtes capable de formaliser au moins en partie vos théories qui pour l’instant sont une bouillie de mot. Allez : au boulot, ou vous finirez aux oubliettes de l’Histoire de la physique. (pour rappel, en physique, la manière la plus simple de formaliser est encore de décrire une expérience)
                       


                      • JL JL 13 février 2015 09:28

                        @ Isga,

                        c’est intéressant, ce que vous dites là, je résume ce qui fait sens pour mon propos : ’’soit vous décidez de devenir un philosophe des sciences, et vous abandonnez (...) toute prétention à révolutionner la physique. En tant que philosophe, vous exprimerez extrêmement clairement une certaine interprétation de la physique quantique. Soit, vous prétendez révolutionner la physique, et à ce moment là, vous devez (vous retrousser les manches).’’ (c’est moi qui surligne en gras)

                        Mon propos, le voici : cette mise en garde d’Isga entre lumineusement en résonance avec cette citation que BD nous a livrée, mais dont il semble n’avoir manifestement pas comprise, ou pour le moins tenu compte : ’’ Carlo Rovelli nous invite à partager sa vision du monde telle qu’elle découle des travaux les plus pointus qu’ils soient, sur la gravité quantique, dont il est l’un des initiateurs. C’est bien de « Sa » vision du monde dont il s’agit et non de « La » vision du monde au sens où celle-ci serait définitive. Il le reconnaît d’ailleurs avec une docte humilité à la fin de son ouvrage.’’ (ici encore, c’est moi qui surligne).

                        En somme, BD nous dit bien que Carlo Rovelle fait preuve d’une docte humilité, mais que lui-même, Bernard Dugué peut s’en exempter.

                        J’aimerai mettre ici opportunément, je crois, cette citation empruntée à Jean Giraudoux) : « La caractéristique de l’inventeur, c’est qu’il est modeste. L’orgueil a été inventé par les non-inventeurs. »

                        Bonne journée, Bernard.


                      • Jean Keim Jean Keim 13 février 2015 10:00
                        Merci Bernard Dugué pour vos articles, vous êtes dans une démarche de recherche et c’est infiniment respectable, continuez. 
                        On a le droit de dire d’un texte qu’on ne le comprend pas ou qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il dit, voire même qu’il est erroné mais proposer un article à la communauté d’AV est un don et un partage et il doit être traité et respecté dans ce sens.


                        • Jean Keim Jean Keim 13 février 2015 10:04

                          Néanmoins je pense que vous devriez répondre aux remarques et aux questions sérieuses qui vous sont posées smiley


                          • bourrico6 13 février 2015 11:15

                            Dugué n’a pas la volonté d’expliquer quoi que ce soit, à aucun moment, jamais.
                            Ce serait contre productif pour lui, le flou est son arme pour embrouiller les gens et lui permettre de jouer les savants.

                            Partant du constat que sa démarche est celle du XIXème début XXème, autant dire qu’il ne va nulle part, et qu’il ne révolutionnera jamais rien.
                            La preuve, son article le moins débile est celui ou il parle d’un autre.


                          • Hervé Hum Hervé Hum 13 février 2015 12:01


                            C’est l’histoire de la légende hindou où Brahma, pour cacher le secret de la vie aux humains, décide de le cacher là où ils ne penseront pas chercher, au plus profond d’eux même. Et qu’est ce qui est ancré au plus profond d’un scientifique ?

                            Les tautologies !

                            La réponse nécessite donc de revoir une tautologie en particulier, mais laquelle ? La plus évidente et utilisé !


                            • Phillipe Dumont Phillipe Dumont 10 juin 2015 22:12

                              Bernard Dugué suscite pas mal de jalousies

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