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Accueil du site > Actualités > Technologies > Les sites purement communautaires ont-ils un avenir ?

Les sites purement communautaires ont-ils un avenir ?

Que faut-il au web 2.0 pour qu’il ait un cycle de vie durable ? La réponse est simple : de l’argent. Pas seulement de l’argent jeté par les RIB. Non, plutôt de l’argent gagné via une intégration pertinente de ses nouveaux services.

L’inévitable monétisation du web 2.0

Tous les jours de nouveaux services apparaissent. Idées novatrices, mises à niveau de concepts existants, duplicité de services innovants : peu importe la façon de faire du 2.0, le fait est que les services n’arrêtent pas de se multiplier.

Cependant il est temps de penser à la rentabilité des affaires, notamment lorsqu’un service rencontre du succès.
S’il peut être suffisant de placer quelques liens commerciaux sur vos pages au début, le coût devient important dès qu’il est nécessaire d’investir auprès de sous-traitants de qualité (coût homme nécessaire pour vraiment finir un produit / achat de serveurs tenant la charge) afin de satisfaire vos visiteurs.
Actuellement peu de services 2.0 peuvent se prévaloir d’être rentable. Et les plus gros ne semblent pas les mieux placés, à la lecture des interrogations autour de myspace, de youtube ou de netvibes, trois des héros du 2.0.

La non viabilité des services « sociaux »

L’un des volets qui caractérise le plus le web 2.0 est son aspect social : l’internaute veut pouvoir écrire, donner son avis, noter, voter, créer et retrouver une communauté d’intérêt sur le net. Si le principe est sympathique, quelles sont les chances de monétiser les sites qui fonctionnent sur ce principe ?

Effectuons un petit retour sur les années précédentes. Quels sont les services web qui n’ont jamais créé de valeur financière par leur activité ces dix dernières années ? Tous les services communautaires. Et ce malgré des succès d’audience clairement identifiés. Tous, vraiment tous, ont disparu ou ont été rachetés par des sites dont les revenus étaient issus d’une activité non communautaire.

Cela veut-il dire que tous les services communautaires du 2.0 sont voués à la disparition ? Pas nécessairement. Cependant il est intéressant de noter que les premiers services de ce type se sont déjà fait racheter (myspace, flickr, del.icio.us), et que les nouveaux (wat en France) sont directement issus de sociétés existantes, dont les revenus proviennent d’une autre activité.
Nous pouvons donc dire qu’il est communément admis qu’il est impossible d’avoir un service communautaire grand public viable.

L’intégration des services sociaux dans des sites existants

Finalement que devrait-on voir dans les prochains mois ? Evidemment les sites rentables sont sensibles à cette nouvelle utilisation du net par les internautes. Ils vont donc digérer l’apparition de ce volet social afin de l’intégrer dans leurs services.

Yahoo, ebay, netscape ont déjà commencé, et tout le monde s’accorde à dire que c’est inévitable. Restent à trouver les bons services en fonction de vos contraintes, de vos concurrents, de vos cibles et de vos besoins.

Les services rentables : ceux qui s’adressent aux entreprises

L’autre aspect du web 2.0 est son aspect technique. Outre les nouvelles interfaces qui facilitent la navigation, certains technologies profondes du 2.0 permettent la réalisation d’un vieux rêve, celui de s’affranchir de son disque dur.
De nombreux services dématérialisent vos outils informatiques de production afin de vous les proposer via internet. Microsoft y songe depuis longtemps, mais il semble que certains entrepreneurs aient pris une belle avance, tel 37signals dont les outils de gestion de projet révolutionnent la façon de travailler en mode collaboratif.

Quels sont les avantages de ces outils ? L’accès à vos documents et à vos applications (word, excel, outils de dessins...) via n’importe quel point d’accès à internet. Ces nouveaux services profitent pleinement de l’explosion mondiale du haut-débit. Et encore, leur portabilité sur les mobiles et PDA n’est pas encore réalisée, mais elle ne saurait tarder.

Pourquoi ces services sont-ils rentables ? Il faut d’abord souligner que tous les outils de productivité ne sont pas rentables. Ce serait trop beau. Cependant force est de reconnaître qu’en répondant à un besoin professionnel, ils visent une clientèle prête à dépenser quelques euros / dollars par mois pour un service améliorant la productivité.

De fait, il s’avère que seuls les outils destinés aux entreprises sont intrinsèquement créateurs de valeur. Par exemple les sites d’emplois nouvelle génération, comme jobmeeters ou moovement, proposent un service de qualité à leurs clients, par ailleurs submergés de candidatures. Ils peuvent donc vendre a priori, et non a posteriori comme essaient de le faire les sites communautaires.


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11 réactions à cet article    


  • Sran (---.---.145.39) 21 août 2006 12:05

    Alors qui finance Agoravox ?


    • Carlo Revelli Carlo Revelli 21 août 2006 12:17

      Au lieu de poser votre question dans pleins d’articles différents, vous pourriez peut-être lire la très détaillée rubrique « QUI SOMMES NOUS ? » et entre autres le volet « les fondateurs ». Extrait :

      « AgoraVox a été lancé à l’initiative de la société Cybion. Cybion est une société anonyme indépendante créée par Carlo Revelli et Joël de Rosnay, dont le capital appartient majoritairement aux fondateurs et qui n’est liée à aucun grand groupe industriel ou financier. »

      Désolé de vous décevoir, contrairement à ce que vous avez posté ailleurs, nous ne sommes pas financés par un « grand parti de droite ». Et par aucun parti tout court.


    • Sran (---.---.145.39) 21 août 2006 13:03

      enfin !

      Nan je suis allé sur le site de cybion : société de strategie internet (pour faire simple, consultant et service) et qui travallerait sur des agents intelligents de recherche ( il me semble l’avoir lu sur le site mais je sais plus où, et j’ai vu le site agentland, vous passerez le bonjour à cybelle ;))

      J’en ai déduis (peut être à tord) que Cybion ces services à qui ? (gestion de contenus, mise en page etc...) Il y à t il un vrai staff derrière Agora Vox ? et qui les paye ? Cybion elle même ? en tant qu’entreprise retrouve t elle ses billes ? Et si elle le fait gratuitement dans quel but ?

      de là trois hypothèses sont née dans mon petit cerveau : vous êtes financé par une organisation (quelconque) dans un but (quelconque aussi), vous bossez sur des agents intelligents qui écrivent des articles où pose des commentaires (si c’est vrai, en tant que fan de robotique et d’ia j’aimerais bien voir comment ça marche :p),enfin, vous faites ça dans un but purement humaniste (bravo sinon, comme je l’ai souligné c’est quelque chose de super)

      Bref je veux savoir car il y a un art sur le site à poser des articles qui attire les trolls de tous bords.


    • Florence (---.---.93.18) 21 août 2006 13:14

      Les sites communautaires attirent aussi les commerçants. Le marketing s’y immisce gentiment. Ce sujet devrait être débatut au Marketing Show en avant-première, le 31 août prochain à Genève. Un avant-goût sur http://www.benoli.typepad.com/


      • egobaxx (---.---.34.167) 21 août 2006 13:30

        Votre article est tres interressant et comme vous je pense que le Web 2.0 est voué economiquement a l’echec. Marc Simoncini disait d’ailleurs, attention a la bulle speculative sur le web 2.0 car génerer de l’audience , c’est bien, mais generer de la valeur c’est mieux. De plus, ces services avec contributeurs vont bientot être obligés de payer leurs contributeurs pour les fideliser et stabiliser l’audience face aux concurrents sans qu’il y ait des revenus derriere. Je pense que Agoravox, se retrouvera dans ce même cas bientot.

        Mais les sites communautaires specialisés ont de l’avenir par contre, c’est a dire ceux qui offrent une identité éditoriale avant d’offrir une audience a tout prix. Exemple, notre site www.sobika.com est un site communautaire spécialisé sur les malgaches en france et nous sommes plus que rentables ! Notre audience ne pourra jamais faire des millions vu que nous ne sommes pas nombreux en france, par contre nous sommes une cible de choix pour de nombreux annonceurs spécialisés ( Western Union, Tourisme, compagnie aerienne ect...) et donc on s’y retrouve largement. Pour autant, nous ne sommes pas en Web 2.0 mais nous offrons beaucoup de services simples de temoignages sans avoir besoin de se mettre a l’Ajax ! La technologie est un moyen et non une fin en soi. Ce qui compte, c’est l’interet du site a generer de la valeur. or avec le Web 2.0 on a tendance a croire que cela suffit a creer de la valeur, ce qui est tres loin d’être le cas.


        • paslyon (---.---.35.27) 21 août 2006 13:55

          je viens de me rendre sur votre site et c’est clair que la pub ne manque pas !!!! Néanmoins le contenu a l’air de tenir la route (je n’ai pas pris le temps de tout lire) conclusion : si vos lecteurs ne sont pas dérangés par toute cette pub et qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt alors je pense que vous avez trouvé la bonne formule !!! C’est évident que le web 2.0 peut générer de nouveaux emplois mais pour cela il faut générer de l’argent.


        • Cedric (chouingmedia) (---.---.202.122) 21 août 2006 14:47

          Bonjour à tous, merci pour vos commentaires.

          A Sran et Carlo : agoravox est en soi un excellent site, et l’identité de ses financiers n’est pas le sujet de cet article. La question serait plus de déterminer la viabilité de projet communautaire d’une aussi importante envergure. Je n’ai strictement aucune connaissance des comptes d’agoravox, et je les espère suffisament bons auprès de ses financiers pour qu’ils continuent à lui permettre de vivre.

          A Florence : vous avez raison, les commerçants s’immiscent doucement dans ces outils. Ceci dit, dès qu’il y a conflit d’intérêt entre des lecteurs / participants qui souhaitent de l’information et des commerçants qui souhaitent vendre des produits, cela nécessite une gestion plus fine du contenu, afin de ne pas décevoir les lecteurs.

          A egobaxx et paslyon : effectivement des sites communautaires spécialisés peuvent largement s’y retrouver. Cependant je pense qu’il y a quiproquo sur la définition de sites communautaires concernant cet article. Par site communautaire j’entends site dont le contenu est fabriqué par les lecteurs, et non site s’adressant à une communauté définie. Je suis désolé de ne pas avoir appuyé sur ce point, essentiel pour la compréhension de l’article. sobika rentre dans la seconde définition, mais pas forcément dans la première, dans la mesure où une bonne partie de votre contenu provient de partenaires (avec RTA pour les photos de pazzapa par exemple). En tout cas bravo pour la rentabilité de votre site ;o)


          • egobaxx (---.---.250.126) 21 août 2006 21:22

            Effectivement par site communautaire, il faut distinguer les sites dont le contenu est généré par « la communauté » des visiteurs et les sites qui s’adressent à une communauté

            Pour revenir sur la monétisation des sites communautaires web2.0 comme agoravox, je pense que l’erreur de tous ces sites ( you tube, netvibes, agoravox ) et de ne pas avoir intégré dés la création du site les espaces publicitaires visibles comme les pavés ou les grandes bannières. Je ne crois pas que les internautes soient génés par la publicité dés lors qu’elle s’inscrit graphiquement dans le site. Mais maintenant c’est trop tard car ils ont trop voulu opposer « participation contre pas de publicité ». Ils auraient du le faire dés la création du site. Quand tout est gratuit, les internautes comprennent que la publicité finance la gratuité sauf peut être les geeks affirmés ! Enfin, si moi j’avais crée ces sites, j’aurai offert gratuitement mes espaces pub pendant 3-4 mois aux agences de pub pour qu’elles testent ces espaces et surtout qu’elle s’y habituent. Si de toutes facons, on a prévu de ne pas gagner d’argent pendant un certain temps, autant que ce temps serve a fideliser les annonceurs futurs.

            Enfin pour finir, je dirais que dans la vie, on a toujours besoin de « référents ». On nous dit que le Web 2.0 va nous permettre de personnaliser notre page d’accueil ( netvibes ) de choisir ce qu’on veut lire, ecouter, bref qu’on va être acteur de notre internet. Ce discours existait deja avant la bulle internet ! Ce que ces gens ne comprennent pas, c’est que dans la vie, on n’a pas forcement envie d’etre acteur mais spectateur. C’est pour ca qu’on achete un journal, qu’on regarde tf1 ou qu’on ecoute skyrock ! On n’a pas forcement envie de fabriquer nos nouvelles, notre télé ou notre radio et cela concerne 80% des gens en général. Bref, je suis tres sceptique sur ces sites a survivre en tant que tel car ce ne sont rien d’autres que des services en plus, mais pas indispensables dans la vie d’un internaute lambda.


          • chouingmedia chouingmedia 21 août 2006 21:37

            Re smiley

            Entièrement d’accord avec vous : tout le monde n’a pas envie d’être un acteur permanent. Au boulot et en famille j’ai déjà beaucoup « d’actions » à faire, alors si sur le web je peux rester paisible à lire des articles ou regarder des vidéos, c’est top !

            A ce sujet je me suis posé la question d’agoravox et des autres sites de ce type. En fait une bonne part des intervenants sont des professionnels de la... communication smiley Journaliste, attaché de presse, directeur d’agence de com, webmaster : pas étonnant que cette population souhaite s’exprimer.

            C’est l’une des grandes leçons du « journalisme citoyen » : il est plus journaliste que citoyen... Pour plus de d’infos allez faire un tour sur http://www.chouingmedia.com/index.php?2006/08/20/35-user-generated-content-limites

            et dites moi ce que vous en pensez smiley


          • castoralex (---.---.99.14) 21 août 2006 17:17

            Article très intéressant en effet.Cependant, je pense que les conclusions tirées sont un peu hâtives.

            Une des difficultés du web 2.0 est qu’il représente plus une nouvelle approche du web qu’un nouveau produit. A ce titre, il est difficilement commercialisable en tant que tel.

            Cependant, si on le pense plus comme un outil, je pense qu’il offre des possibilités de commercialisations prodigieuses. D’une part sur le volume créé (la rémunération de la publicité répond directement au volume généré), mais surtout sur la qualification de l’utilisateur du site web.

            La clé de voûte des futurs modèles économiques des sites du web 2.0 réside en effet dans la possibilité de cibler au plus précis les attentes et les besoins des internautes, et de leur proposer par conséquent des produits adéquats.

            Une base de donnée ainsi qualifiée - sur les goûts, les habitudes de consommation, les affinités -, peut se révéler très profitable d’un point de vue commercial. Les annonceurs s’intéressent de très près à ces nouvelles fonctionnalités.

            Toujours est il qu’on est encore loin d’avoir trouvé la clé d’un modèle économique viable pour les sites dits communautaires ou participatif. Et je suis bien placé pour en parler, puisque je m’occupe de cafebabel.com, le premier journal participatif européen, traduit en 7 langues. (www.cafebabel.com)

            En tous cas, discussion très intéressante...

            Cependant, tout cela est plus facile à dire qu’à faire, car pour pouvoir générer un contenu de grande qualité


            • chouingmedia Cedric (chouingmedia) 21 août 2006 17:45

              bonjour castoralex a propos du « web 2.0 en tant que nouvelle approche », je suis entièrement d’accord. D’ailleurs je me suis amusé à en faire ma petite définition, histoire de préciser mes pensées jusqu’ici floues [ http://www.chouingmedia.com/index.php?2006/08/14/34-web-20-definition ]

              Effectivement les bases de données qualifiées sont un très bon produit commercial. Restent à les construire et à les vendre intelligemment ;o)

              En tout cas l’approche de cafebabel est intéressante car elle mêle participation des internautes et qualification du contenu, au même titre qu’agoravox me semble-t-il. Avec beaucoup de choses en plus, comme les éditions locales, et d’autres en moins, comme la diversité des articles. Ah ! c’est difficile de tout avoir !

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