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Quand Luc Montagnier fait remonter la « mémoire de l’eau » à la surface...

Luc Montagnier, prix Nobel 2008 de médecine, a estimé qu’un vaccin thérapeutique du sida pourrait voir le jour dans "quatre ou cinq ans". Une petite phrase et la presse s’emballe. Pourtant, en 2007, il avait annoncé quelques découvertes surprenantes qui confirmaient la théorie de la "mémoire de l’eau". Mais la presse n’avait pas alors jugé utile de s’emballer. Un trou de... mémoire, peut-être ?

Deux chercheurs aux destinées uniques

Le professeur français Luc Montagnier, à l’origine de la découverte du rétrovirus du sida il y a 25 ans, a reçu cette année la récompense ultime du prix Nobel de médecine, partagé avec Françoise Barré-Sinoussi. Une fierté nationale saluée comme telle. On utilise même son nom, aujourd’hui, pour justifier de la retraite à 70 ans. Respect. De l’autre côté de la force, Jacques Benveniste, biologiste et chercheur régulièrement cité dans les classements des plus grandes... arnaques scientifiques de l’histoire, au titre de sa découverte controversée de la "mémoire de l’eau".

Quand la "mémoire de l’eau" refait surface

Quand le premier, porté aux nues, déclare qu’un vaccin thérapeutique du sida pourrait voir le jour dans "quatre ou cinq ans", la presse ne se prive pas de saturer les ondes pour diffuser la bonne nouvelle, tant il est vrai qu’il s’agit d’une annonce majeure. Mais pour faire bonne mesure, il faudrait aussi signaler une conférence au cours de laquelle ce même génie de la science avait rendu un hommage posthume très appuyé à son collègue banni et discrédité, en octobre 2007. Cet hommage, s’il n’a aucune valeur scientifique, prend une autre saveur lorsqu’on étudie le contenu de la conférence, particulièrement épicée en révélations : Luc Montagnier a en effet remis la "mémoire de l’eau" au goût du jour... Pas moins.

Cette conférence se tenait à Lugano (Suisse), le 27 octobre 2007. Et la première phrase de l’allocution de Montagnier est sans ambiguïté : "Cette conférence est un hommage à Jacques Benveniste, qui était un de mes collègues. Au début, je ne l’ai pas suivi dans ses percées tout à fait nouvelles mais il se trouve que mes travaux sur le virus du SIDA ont conduit à me rapprocher de ses idées". Par la suite, il présente les résultats de ses travaux sur le virus du SIDA.

Des organismes à génération spontanée

Montagnier déclare (entre autres) qu’il a constaté que lorsque du sang infecté était filtré de telle façon que plus aucune bactérie ni virus ne pouvait subsister dans la solution, certaines structures vivantes réapparaissaient spontanément après une vingtaine de jours. Autre découverte aussi surprenante : ces bactéries et virus qui émettent des signaux électromagnétiques dans le milieu... alors qu’ils en ont été extraits ! Etonnantes, ces découvertes détaillées par la prix Nobel (voir les vidéos), qui lui font dire que "l’information génétique peut-être transmise de l’ADN à quelque chose qui est dans l’eau". "Ceci est un pas de plus dans la science fiction. Je crois que Jacques Benveniste avait beaucoup d’idées très audacieuses. Moi, je suis un peu son tracé" a-t-il conclu.

Une science, deux chercheurs, trois possibilités

Il est curieux que les résultats de ces travaux n’aient jamais été relayés par la presse, pas plus que par la communauté scientifique. Peut-être attend-on de voir à quoi aboutiront finalement les recherches du professeur Montagnier. Mais si c’est le cas, pourquoi ne pas avoir fait preuve d’autant de prudence dans le cas Benveniste ? Un mystère sur lequel la science se penchera peut-être un jour...

Extraits de l’interview de Luc Montagnier le 27 octobre 2007 à Lugano (Suisse), s’exprimant sur les expériences de Jacques Benveniste, et de sa théorie de la "mémoire de l’eau".



Montagnier rend hommage à Benveniste - La mémoire de l’eau

Montagnier SIDA - Vidéo Vidéo de l’exposé de Luc Montagnier lors de la conférence "nano-elements from pathogenic microorganisms" de Lugano, le 27 octobre 2007. Il décrit ses expériences, ses résultats et tente de les expliquer.

SIDA Montagnier - Vidéo Vidéo originale et complète de l’interview


Source des vidéos : colombre.it

Addendum : Voici une déclaration récente de Luc Montagnier au sujet de son dernier ouvrage Les combats de la vie, JC Lattès, février 2008.

" Le modèle de l’industrie pharmaceutique est de moins en moins pérenne. Il faut […] revoir tout notre système de santé.

La biologie moléculaire […] a atteint des limites et elle n’explique pas tout. Certains phénomènes, comme l’homéopathie, restent mystérieux. Je fais allusion à certaines idées de Jacques Benveniste (le scientifique qui a inventé la « mémoire de l’eau ») car j’ai récemment rencontré des phénomènes que seules ses théories semblent pouvoir expliquer. Je pars d’observations, pas de croyances. Certaines choses nous échappent encore, mais je suis convaincu qu’on saura les expliquer de la manière la plus rigoureuse. Encore faut-il pouvoir mener des recherches à ce sujet ! Si l’on commence par nier l’existence de ces phénomènes, il ne se passera rien. J’ai la chance d’avoir pu faire mes preuves dans la « grande science » en particulier dans l’identification du virus du sida. Je me sens libre d’explorer de nouveaux domaines et d’en dériver des concepts originaux, même s’ils prêtent à controverse."




par Napakatbra (son site) jeudi 11 décembre 2008 - 84 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Philou017 (---.---.---.123) 11 décembre 2008 20:00
    Philou017

    L’histoire de Bienveniste est un pur scandale. D’autres onrefait son experience. Mais il a été marginalisé par la communauté scientifque parce qu’il dérangeait trop.

    De nouvelles experience sposent des questions :
    www.transfert.net/Memoire-de-l-eau-un-chimiste
    www.chirosystem.com/FPDF/memoireeau.pdf


    Le milieu scientifique est dogmatique, fermé, sectaire, affabulateur :

    La lecture du livre posthume de Jacques Benvéniste est édifiante et nous permet de découvrir avec effarement l’attitude perverse de personnages bien pensants.

    « Dans un système où la parole médiatisable pèse infiniment plus que l’obscure action quotidienne » vous apprendrez qu’un lauréat Nobel (de physique en particulier) « peut impudemment et impunément affirmer n’importe quoi dans n’importe quel domaine situé aux antipodes de sa spécialité » (1) et donner « un point de vue sur des résultats scientifiques sans avoir examiné les conditions matérielles de l’expérimentation » (1)
    docteurjo.canalblog.com/archives/jacques_benveniste_et_la___memoire_de _l_eau__/index.html

    Eh bien moi, je ne sais pas pourquoi l’eau est liquide à la température ordinaire, et cela ne m’empêche pas de dormir ! dit un scientifique de renom. Mais ca ne l’empêche pas de camper sur ses certitudes.
    www.jp-petit.org/science/gal_port/Benveniste.htm


    Dans cette tempête, les physiciens sont restés très discrets, sans doute parce qu’ils étaient familiarisés avec les problèmes de “ mémoire ” de la matière grâce aux alliages de métaux " à mémoire de formes ” qui reprennent leurs formes primitives sous l’action d’un courant électrique ou de la chaleur ; ces métaux ont gardé “ en mémoire ” la structure cristalline de leurs atomes. Les biologistes se sont également tenus à l’écart car la “ haute dilution ” ne leur paraît pas si fumeuse lorsqu’ils admettent que les ondes émises par les papillons sont perçues par les mâles à plusieurs kilomètres à la ronde et les font accourir.

    “ Quand le fait qu’on rencontre ne s’accorde pas avec une théorie régnante, il faut accepter le fait et abandonner la théorie ”.

    Telle est la citation de Claude Bernard qui a été mise en exergue du communiqué de presse annonçant le décès de Jacques Benveniste. Cette phrase résume bien dans le monde scientifique, et dans le monde tout court, la difficulté à sortir des normes, des modèles, des schémas et des représentations sans courir le risque d’être ostracisé.
    www.b-harmony.com/savoir/eau/benveniste.htm

    Une hypothese sur ce phenomene étrange tres etrange :

    Une conclusion générale, selon lui, s’impose à la lecture des faits, une conclusion que s’était refusé de tirer Jacques Benveniste : « Tout se passe comme si le résultat réellement observé au cours de l’expérience dépend de ce qui est attendu par l’expérimentateur. » Ou, en d’autres termes, « il existe une corrélation entre l’état mental et les a priori de l’expérimentateur et les résultats fournis par le système expérimental ».
    .....
    Pourtant, dans un deuxième ouvrage récemment paru, Francis Beauvais expose et développe cette vision des choses. Benveniste ayant été un scientifique de talent, ses manipulations sur la paillasse ne peuvent être traitées par le mépris ou tout simplement ignorées, comme c’est le cas aujourd’hui. Elles méritent une explication. Mais pas forcément selon la grille de lecture de leur concepteur initial.
    ......
    D’où l’aspect très « perturbant » et « frustrant » des découvertes de Benveniste : la très grande difficulté à « prouver » (qui implique une relation de cause à effet) : « L’observateur se réjouit de constater que ses idées sont confirmées par ce qu’il perçoit ; ce qu’il perçoit n’est toutefois que le reflet de ses propres idées dans le “miroir de l’eau”. Lorsqu’il cherche à en convaincre d’autres observateurs, c’est l’échec si ces derniers cherchent à vérifier en restant “extérieurs” au système car les corrélations non-locales n’autorisent pas la transmission des informations qui permettraient d’établir l’existence d’une relation causale. […] Faire émerger des corrélations non-locales nécessite des observations minutieuses et empathie avec l’objet “observé”. Le « je » conscient n’est alors plus séparable de ce qu’il observe. Il faut être bien conscient que ces considérations sapent d’une certaine façon le caractère supposé universel de la démarche expérimentale classique qui postule l’indépendance entre l’observateur et son sujet d’étude ».

    On comprend pourquoi les expériences de Benveniste restent très mal reçues dans la communauté scientifique mécaniste. Etudiées honnêtement, elles obligent à sortir des schémas classiques véhiculés, y compris en biologie, depuis des décennies. Ce qui est difficile, même à une tête scientifique…
    www.agoravox.fr/article.php3

    Une belle epithaphe :
    C’est pour cette raison que j’admire particulièrement Jacques Benveniste. Il a eu un caractère fort et une volonté de fer. Il regardait avec mépris les opinions communément admises et il a continué à persévérer, en dépit de toutes les difficultés et les obstacles. Un jour, il m’a demandé ce que je pensais de cette persévérance apparemment folle. J’ai lui ai dit en plaisantant qu’être un prophète c’est excellent, combattre pour la recherche c’est courageux et héroïque, mais il y avait le risque d’être un jour brûlé vif sur la place publique. Il m’a répondu « j’ai une maîtresse très exigeante et je suis hanté par elle. Mon être entier est complètement rempli de son image, son profil, son visage séduisant et pourtant évasif, le sourire intermittent de cette femme qui s’appelle : La Science. Je ne peux m’empêcher de faire ce que je fais ». Voici la réponse d’un vrai scientifique.
    jacques.benveniste.org/inmemoriam.html

    Quoiqu’on puisse penser des travaux de Benveniste, il n’aurait jamais du être ostracisé comme il l’a été.

  • Par mélanie (---.---.---.94) 11 décembre 2008 17:46

    Vous dites : "tout le contraire de la science", mais c’est votre propre raisonnement qui est non scientifique.

    Vous parlez en dogmatique alors que ce qui fonde la science, c’est justement qu’elle peut (et doit) être remise en cause pour progresser.

    Ainsi, concernant le problème de la reproductibilité des résultats de Benveniste, au lieu de dire "c’est nul puisque non reproductible", il s’agirait plutôt de s’interroger sur le pourquoi de cette non reproductibilité...

    Je renvoie ceux que ça intéresse à l’excellent article de Jean-Pierre Petit (scientifique lui-même et ami de Benveniste) : http://www.jp-petit.org/science/gal...

    Lisez-le et ensuite vous pourrez juger.

  • Par Bernard Dugué (---.---.---.219) 11 décembre 2008 18:41
    Bernard Dugué

    Ce billet est fort intéressant. Juste deux remarques

    Quand on veut prouver quelque chose en science, on s’en donne les moyens. A propos de la mémoire de l’eau, la communauté scientifique a joué l’obstruction. C’est comme faire des croc en jambe à un gamin qui essaie de marcher. Les scientifiques sont composés en majorité d’ânes obéissants pour recevoir leur paye et leur promotion, des déficients intellectuels inaptes à saisir ce que leurs oeillères universitaires ont décidé de cacher.

    Quant à la presse, l’état du journalisme scientifique est déplorable. Les grands journaux n’ont pas de grands journalistes scientifiques et deviennent des agences au service des groupes d’intérêt. Bref, nous sommes dans un pays d’abrutis et de cons. Et rien d’innovant ne peut pousser.

  • Par Richard Baudinier (---.---.---.119) 11 décembre 2008 17:36
    Richard Baudinier

    Ce n’est pas aussi simple. Reprenon par exemple ce que dit la Wikipedia au sujet des différents tests qui ont été faits sur la reproductibilité de la mémoire de l’eau de Benveniste (c’est moi qui met en gras) : 

    La reproductibilité de ces expériences nécessite donc un respect strict du protocole expérimental, ce qui est le préalable incontournable à la critique positive ou négative de ce travail. En 1993, une équipe utilise le même protocole expérimental et ne parvient pas à reproduire les résultats[2]. La difficulté à reproduire systématiquement les expériences constitue le principal reproche adressé à cette étude par la communauté scientifique. Pour cette raison, les expériences sur la mémoire de l’eau sont classées par de nombreux observateurs dans la catégorie des pseudo-sciences.

    L’utilisation d’une méthode de comptage donnant moins de faux positifs et éliminant l’influence de l’expérimentateur — cytométrie en flux — a permis au groupe de scientifiques dirigés par le Dr Madeleine Ennis de publier un article en 2001 dans lequel les résultats sont conformes à ceux obtenus par Jacques Benveniste[3],[4], alors que Madeleine Ennis s’était déclarée « très sceptique quant au travail de Jacques Benveniste ». Madeleine Ennis déclara le 15 mars 2001 dans The Guardian : « Les résultats m’obligent à remettre en question mon incrédulité et à chercher une explication logique à ce que nous avons trouvé. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_de_l%27eau#Un_protocole_exp.C3.A9rimental_controvers.C3.A9

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