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Serge Galam : « La peur est le plus mauvais moteur d’enseignement qui soit »

Serge Galam*, directeur de recherche au CNRS, est physicien, théoricien du désordre et inventeur de la sociophysique. Il travaille sur la propagation démocratique d’opinions minoritaires, le phénomène des rumeurs, les effets du mensonge et de l’opposition systématique dans la formation de l’opinion publique, le soutien passif au terrorisme, les dictatures démocratiques, la formation des coalitions et la nature millénariste du réchauffement climatique.

Véronique Anger : Vous êtes l’inventeur de la sociophysique, en langage simple, de quoi s’agit-il exactement ?

Serge Galam : La sociophysique repose sur ce postulat provocateur : dans certaines conditions, les humains se comportent comme des atomes sans qu’ils soient pour autant réductibles à des atomes. Il n’est pas question ici de déterminisme, d’ordre parfait, de systèmes purs et homogènes, mais bien d’aléatoire, de probabilités, de chaos, de désordre[1], de défauts, d’impuretés, d’hétérogénéités,… en d’autres termes, tout ce que l’on voit dans nos sociétés actuelles. La sociophysique a étendu aux domaines social et politique le concept d’universalité des comportements collectifs dans la matière. Elle y utilise ainsi, en les adaptant, les techniques et les concepts issus de la physique statistique. Elle permet, par exemple, d’identifier certains aspects surprenants des dynamiques d’opinion dans la formation des peurs collectives.

VA : La sociophysique est-elle fiable, et dans quelle situation concrète l’avez-vous « testée » ?

SG : J’ai prédit un certain nombre d’événements politiques comme la victoire du « Non » au référendum sur la constitution européenne (cf. « Quelques prédictions » en fin d’article). La sociophysique aspire à construire des modèles ouvertement simplifiés de la réalité afin d’en faire émerger des mécaniques paradoxales ainsi que des dynamiques contre-intuitives qui, masquées par la multitude de mécanismes complexes et contradictoires à l’œuvre dans la réalité sociale, ne sont pas directement perceptibles ou intelligibles. J’entends par là : tout ce qui résulte de comportements ou d’organisations faisant intervenir des interactions entre individus en groupe, cela dans un contexte politique, social, financier,… Bien que ces modèles produisent des nombres, il ne faut pas prendre leurs conclusions au pied « du nombre », si j’ose dire, mais de façon qualitative avec la mise en lumière de tendances.

Il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit que de modèles, et ne pas verser dans ce que j’appellerai le « péché climatologue » qui consiste, pour un chercheur ou une communauté de chercheurs à prendre « ses modèles » pour la réalité… Cette discipline en est à ses balbutiements. Elle ne prétend pas se substituer aux sciences politiques, à la sociologie ou à la psychosociologie ; elle se situe en complément « franc tireur ». Cependant, une telle démarche pose et soulève de nombreuses questions éthiques et morales, qu’il faut aborder sans faux-semblants. Ce sera un grand chantier épistémologique et philosophique.

VA : Vos travaux sont-ils reconnus par la communauté scientifique aujourd’hui ?

SG : J’ai publié les premiers résultats de mes travaux dans ce domaine dans des revues de sciences sociales internationales à la fin des années 1970, grande époque de la physique de la matière condensée avec ce que l’on appelle les phénomènes critiques et les transitions de phase. Mes confrères considéraient alors les sciences « molles » (par opposition aux sciences « dures », telles que la physique) indignes de leur intérêt. Etudier la société, donc un domaine de la sociologie, revenait à retirer à la physique ses lettres de noblesse…

Tout en poursuivant une carrière de physicien classique, je me suis battu pour faire reconnaître et développer cette discipline en tant que telle et ce ne fut pas une sinécure[2] ! Idée inconcevable il y a seulement dix ans, la sociophysique est devenue aujourd’hui une discipline reconnue par la communauté institutionnelle des physiciens au niveau national et international. C’est aussi mon domaine de recherches à temps plein au CNRS (à l’École Polytechnique).

VA : Dans votre livre, Les scientifiques ont perdu le nord (Plon), vous traitez longuement de l’alarmisme climatique. Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à ce débat ?

SG : Le battage médiatique impressionnant, qui a suivi la publication du rapport du GIEC à l’UNESCO à Paris en 2007, a attiré mon attention sur le débat à propos du réchauffement climatique. J’ai commencé par une analyse épistémologique de la climatologie, sur ce qu’est une science, un modèle, une preuve scientifique, une simulation sur ordinateur, une hypothèse, une prédiction. J’ai alors réaffirmé que la science n’est pas démocratique, qu’elle ne se décrète pas et qu’elle ne se décide pas non plus ; ni par consensus, ni à la majorité. Les chercheurs partagent des croyances qui, si elles sont nécessaires à l’orientation de leurs recherches, ne doivent en aucun cas -il faut raison garder- être confondues avec l’établissement de la preuve scientifique de leurs convictions[3]. Contrairement aux évidences, la climatologie n’est pas (encore) une science « dure » capable de prédictions fiables bien qu’elle utilise des techniques scientifiques. Ses échelles de temps caractéristiques étant au minimum d’une cinquantaine d’années, il lui faudra plusieurs siècles pour faire ses preuves.

En parallèle, j’ai également réfléchi aux notions anthropologiques de sacrifice, de culpabilité, de rédemption, et aux failles du système « sauver la planète », ainsi qu’à l’automanipulation qui en découle naturellement et spontanément. Mes modèles de dynamique d’opinion permettent d’expliquer pourquoi et comment le débat sur le réchauffement a abouti, jusqu’il y a un an, à une identification aux thèses alarmistes de la majorité du public, des scientifiques, et des politiques alors que les faits avérés sont insuffisants pour un diagnostic définitif. J’explique dans un article récent, « Public debates driven by incomplete scientific data : The cases of evolution theory, global warming and H1N1 pandemic influenza »[4], comment une minorité extrêmement faible, mais convaincue d’une réalité qu’elle défend comme « la » vérité (même si elle est fausse), face à une majorité d’individus qui n’y croit pas au départ, mais ne se bat pas pour défendre une autre « vérité », finit petit à petit par faire accepter « sa » vérité auprès de presque tous comme « la » vérité. Ce renversement massif d’opinions étant intervenu simplement par le biais d’un débat ouvert et démocratique fondé sur la raison, ce qui est d’autant plus absurde et déroutant du point de vue de la rationalité classique.

La conclusion de mon article est particulièrement dérangeante : lors d’un débat public sur des questions liées à la science, mais avec seulement des résultats partiels non conclusifs d’un point de vue global, la personne qui défend une position honnête s’en tenant donc strictement aux faits établis (en d’autres termes, celle qui ne remplace pas les incertitudes par des certitudes) est certaine de perdre le débat public face à la toute petite minorité d’individus prétendant être certaine d’avoir « la » solution[5]. 

VA : Si l’on suit ce raisonnement, il faudrait donc mentir pour se donner toutes les chances de gagner ?

SG : Ce qui est paradoxal, et effrayant, c’est qu’il est impossible d’empêcher la propagation du mensonge autrement qu’en mentant soi-même… Ainsi, si le fondement de la lutte contre cette dynamique du mensonge est d’exiger de ne parler que de « certitudes » lorsqu’une théorie n’est pas scientifiquement prouvée et si, dans le même temps, il est impossible d’apporter la preuve inverse pour s’opposer à une « certitude » non prouvée, on est certain de perdre un débat public, démocratique, honnête. La seule façon de le gagner serait d’user des mêmes armes, donc du mensonge, alors que c’est justement cette malhonnêteté-là qui est refusée et condamnée.

Je précise qu’il ne faut pas prendre le terme de « malhonnêteté » au sens littéral, car la majorité des personnes qui défendent une certitude confondent souvent croyance et vérité scientifique et sont de bonne foi. Leur croyance personnelle les pousse à négliger le fait que les données disponibles pour trancher le débat sont incomplètes. Ainsi, dans le débat sur le réchauffement climatique, les 90% de certitude du GIEC ne relèvent pas de la preuve scientifique, mais de l’intime conviction et de l’intuition de ses membres ayant participé au vote de confiance sur cette question. Cela n’a rien à voir avec une statistique de prédiction fondée sur l’observation répétée de confrontations avec la réalité qui, elle, permettrait de construire un degré de certitude solide, comme c’est le cas en météorologie. Ce fameux « consensus » équivaut à 0% de preuve scientifique. Il est clair que si cette preuve existait, la question serait réglée depuis longtemps.

VA : Voulez-vous dire que tout le monde peut se tromper en même temps, si je puis dire ?

SG : Oui, 100% des gens peuvent se tromper, et la sociophysique peut illustrer dans un cadre cohérent ce phénomène contraire à la rationalité classique. L’Homme est coupable de pollution, de gaspillage, d’inégalités sociales, de destructions et j’en passe. Est-il, pour autant, coupable de tous les maux ? Ce n’est pas parce que tous les indices lui sont défavorables aujourd’hui, qu’il est responsable du réchauffement climatique, phénomène qui nous inquiète tant depuis une décennie.

La climatologie est un système d’une grande complexité que les scientifiques sont loin de comprendre et de maîtriser aux plans théorique et expérimental. L’idée qu’un seul facteur (le CO2 par exemple) puisse provoquer un réchauffement ou un refroidissement global est simpliste et totalement aberrante. Seulement voilà, une opinion publique doit pour exister être simpliste, c’est pourquoi il faut aussi remettre en cause son rôle dans les prises de décisions à propos de questions scientifiques liées à des données incomplètes.

De plus, il n’appartient pas aux scientifiques de prendre les décisions, fussent-ils de gentils citoyens responsables… Il relève de la responsabilité des politiques de prendre des décisions, de les assumer, et d’en rendre éventuellement compte, malgré les incertitudes et les risques de commettre des erreurs.

VA : Dans le débat sur le climat, la charge de la preuve est inversée dites-vous… Qu’entendez-vous par là ?

SG : Il est plutôt surprenant que celui qui affirme détenir « la » vérité voit ses paroles prises pour argent comptant quand celui qui réclame une preuve de cette affirmation non démontrée scientifiquement doit, pour être écouté, apporter la preuve que la vérité défendue sans preuve est fausse. Les techniques, la méthodologie, toute notre approche expérimentale et nos constructions théoriques ont été inventées pour prouver l’existence de ce qui existe. En revanche, il est impossible de prouver l’inexistence de ce qui n’existe pas… La preuve ne peut porter que sur quelque chose d’existant.

Dans le débat sur le climat, j’insiste sur le fait que je parle bien d’absence de preuve, et non de doute, à propos de la responsabilité humaine en matière de réchauffement. De même, à propos de la question de savoir si nous sommes dans une phase longue de réchauffement ou de refroidissement. Le doute implique une croyance. Or en termes scientifiques soit j’ai la preuve, soit je ne l’ai pas. Il n’y a pas de place pour la subjectivité dans la validité d’un résultat scientifique. Il est urgent de savoir dire : « scientifiquement, on ne sait pas ». Aujourd’hui je ne dis pas que je doute de la responsabilité humaine, je dis qu’il n’y a pas de preuve de cette responsabilité. C’est un fait, pas une opinion.

VA : Certains « sceptiques » voient un effet bénéfique à l’alarmisme climatique : à force d’effrayer les foules, les climato-alarmistes auraient réussi à faire prendre conscience aux citoyens de l’importance de l’écologie. Serait-ce finalement un mal pour un bien ?

SG : Je ne suis pas convaincu de l’affirmation qui voudrait rendre responsable l’alarmisme climatique de la prise de conscience écologique des citoyens dans leur vie quotidienne. Je dirais que c’est le contraire : c’est parce qu’ils ont pris conscience du rapport à leur environnement et de leurs abus, que les individus sont devenus plus perméables à l’idéologie alarmiste. Je pense qu’il a pris sur ce terreau fertile, mais je doute que l’alarmisme ait provoqué la prise de conscience écologique.

Même en imaginant que l’alarmisme climatique ait permis de sensibiliser les foules, je maintiens que les méthodes employées sont inacceptables. L’humanité progressera dans une gestion raisonnée de son environnement et de son quotidien par la rationalité, la connaissance et la compréhension ; certainement pas par la peur, et surtout pas pour sauver une entité « supérieure »…

VA : Craignez-vous un risque de dérive totalitaire ?

SG : Au plus fort du débat sur le réchauffement climatique, on a pu observer des signes avant-coureurs d’un « réchauffement » social qui aurait pu évoluer vers une dérive totalitaire, un « totalitarisme climatique » imposé par une minorité en mal d’expiation sacrificielle. La crise financière combinée aux hivers froids nous en a sans doute sauvés. Quand les citoyens acceptent d’agir parce qu’ils ont peur et qu’on leur a désigné « le » coupable, ils sont prêts à commettre les pires actes au nom du « bien ». L’Histoire de l’humanité a maintes fois démontré que le mensonge et la manipulation -même pour servir une cause juste- n’ont pas de conséquences positives à long ni même à moyen termes. La peur est le plus mauvais moteur d’enseignement de comportement qui soit. Et elle s’avère d’autant plus destructrice qu’elle devient collective.

* Serge Galam est membre du CREA (Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée) de l’École Polytechnique. Il a publié plus d’une centaine d’articles scientifiques originaux dans les meilleures revues internationales avec comité de lecture. Vulgarisateur scientifique, il a donné plus de 200 conférences et séminaires dans le monde entier et a signé de nombreux articles grand public sur ses recherches dans de grands journaux (Le Monde, Libération, Pour la Science, La Recherche, Science & Vie,…) et est l’auteur du livre Les scientifiques ont perdu le Nord. Réflexions sur le réchauffement climatique (Plon, 2008). Ses travaux actuels portent sur le pouvoir de conviction des minorités, le phénomène des rumeurs, la dynamique de formation d’opinion, la formation de coalitions ainsi que sur l’effet des supporters passifs dans l’action terroriste.

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Quelques prédictions :

Victoire du Non au référendum sur la constitution européenne : Serge Galam a pu faire la première prédiction vérifiée d’un événement hautement improbable à partir de ses modèles de dynamique d’opinion : la prédiction de la victoire du « Non » au référendum sur la constitution européenne plusieurs mois avant le vote. Il avait mis en garde dès 2002 sur les risques de l’utilisation du référendum pour la construction européenne même si les sondages lui étaient toujours très favorables.

Scénario Le Pen au second tour des présidentielles : À partir de ses modèles de votes en 1997, Serge Galam a également prévu comment le Front national pourrait arriver par surprise démocratiquement au pouvoir. Ce type de scénario s'est produit en partie avec un second tour Jacques Chirac/Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle de 2000.

Votes à 50/50 : Dès 2004, Serge Galam a prévu que les élections à 50/50 se produiraient fréquemment dans les démocraties occidentales. Elles se sont répétées entre autres, en 2005 en Allemagne, en 2006 en Italie et en 2006 au Mexique et en Tchéquie.

Toutes ces « prédictions » ne prouvent pas que la sociophysique est une science exacte, mais valident le bien-fondé de son approche et justifient la continuation et l’intensification des recherches dans ce domaine très prometteur.

Source : http://www.crea.polytechnique.fr/LeCREA/fiches/Galam.htm

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Pour aller plus loin :

Serge Galam : parcours international et interdisciplinaire. Plus d’infos sur la sociophysique.

- « Mais où est donc passé le réchauffement ?  ». Constructif, juillet 2009.



[1] Serge Galam précise (et on ne le sait pas assez) que la physique du désordre a produit des découvertes considérables et extrêmement puissantes depuis une cinquantaine d’années.

[2] « Sociophysics : a personal testimony ». Physica A336 (2004) 49-55.

[3] « Climat : culpabilité et tentation sacrificielle ». Revue 2050, 5 (2007) 83-90.

[4] « Public debates driven by incomplete scientific data : The cases of evolution theory, global warming and H1N1 pandemic influenza ». Physica A 389 (2010) 3619-3631.

[5] « Quand la science hésite, la communication décide ». Constructif (Novembre 2010) 37-39.


Moyenne des avis sur cet article :  3.56/5   (25 votes)




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27 réactions à cet article    


  • JL JL 8 février 2011 11:27

    Encore un, ... comment dire ? Casuiste, c’est ça ?

    Il dit : « comment une minorité extrêmement faible, mais convaincue d’une réalité qu’elle défend comme « la » vérité (même si elle est fausse), face à une majorité d’individus qui n’y croit pas au départ, mais ne se bat pas pour défendre une autre « vérité », finit petit à petit par faire accepter « sa » vérité auprès de presque tous comme « la » vérité. Ce renversement massif d’opinions étant intervenu simplement par le biais d’un débat ouvert et démocratique fondé sur la raison, ce qui est d’autant plus absurde et déroutant du point de vue de la rationalité classique. »

    Que répond ce monsieurs quand on lui rétorque qu’il est possible de tromper tout le monde un moment, un petit nombre tout le temps, mais qu’il n’est pas possible de tromper tout le monde tout le temps ?

    Ceci dit, j’invite les lecteurs à s’interroger sur cette phrase que je souligne une deuxièlme fois : « .. renversement massif d’opinions (..) intervenu simplement par le biais d’un débat ouvert et démocratique fondé sur la raison, ce qui est d’autant plus absurde et déroutant du point de vue de la rationalité classique. »

    Qui ne voit pas là le bout du nez de l’aporie qui, dans un raisonnement aussi sophistiqué qu’erroné se dissimule toujours quelque part ?


    • Nanar M Nanar M 8 février 2011 12:53

      Et qu’est-ce qu’il prédit pour 2012 le monsieur ?


      • Cocasse cocasse 8 février 2011 14:07

        Surement qu’il fera chaud l’été, et froid l’hiver  ! smiley


      • Daniel Roux Daniel Roux 8 février 2011 12:55

        Article intéressant qui éclaire la différence entre la connaissance et la croyance.

        Concernant le réchauffement climatique et les manipulations :

        http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/quotas-et-taxe-carbone-pour-le-67035

        Pour le reste, les religions et les idéologies politiques illustrent parfaitement les propos tenus par le scientifique. Une petite secte, un petit groupe, virulents et organisés, peuvent tout à fait convaincre des millions de personnes qu’ils détiennent la vérité. Après la persuasion ou la contrainte par la peur, ils finissent toujours par désigner ceux qui résistent à leur vérité comme des ennemis à abattre.


        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 8 février 2011 13:12

          « La conclusion de mon article est particulièrement dérangeante : lors d’un débat public sur des questions liées à la science, mais avec seulement des résultats partiels non conclusifs d’un point de vue global, la personne qui défend une position honnête s’en tenant donc strictement aux faits établis (en d’autres termes, celle qui ne remplace pas les incertitudes par des certitudes) est certaine de perdre le débat public face à la toute petite minorité d’individus prétendant être certaine d’avoir « la » solution. »


          Ceci est très intéressant et facilement vérifiable, malheureusement, dans la plupart des débats. Les gens sont généralement prêts à croire n’importe quoi plutôt que de « ne rien croire » et de suspendre leur jugement pour prendre le temps d’examiner les faits avec attention.

          • gimo 8 février 2011 13:14

             la /sa peur c’est le NON ACHEVEMENT DU / de son CERVEAU HUMAIN
            .Donc reste en en animal en trac
             c’est pas la peine d’être grand clerc
             c’est le moteur de touts les mensonge de la rapine du sans honneur du sans respect
            de sans dignité        bréf pire que un animal dû à sa deuxième peur c’est de croire
            que son intelligence est un plus Mais n’a pas pas de pilote ’(exmple) une voiture qui roule sans conducteur
            le fosse n’est pas loin


            • foufouille foufouille 8 février 2011 13:19

              la trilogie fondation
              ca ressemble a de la psychohistoire


              • chria chria 9 février 2011 11:14

                C’est ce que j’ai pensé tout de suite.
                Et ce moment plusieurs climato-sceptiques attaquent le RCA suivant l’angle social et management de groupe.
                On attend impatiemment la suite, quand les gens auront compris que c’est du grand n’importe quoi.


              • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 8 février 2011 13:49

                Ayant lu le livre de Galam « les scientifiques ont perdu le Nord » en 2009 et publié un petit compte-rendu, je mets ce lien pour ceux / celles qui veulent comprendre un peu mieux le concept de la sociophysique, avec quelques chiffres à l’appui : http://rhubarbe.net/blog/2009/08/03/sociophysique-ultra-breve-introduction/



                • Cocasse cocasse 8 février 2011 14:17

                  Tout cela me fait penser aux notions d’inconscient collectif, ou au bouquin de weber sur les fourmis, qui agissent selon des règles collectives plus complexe que ce que leurs cerveaux individuel ne permet.

                  Une notion essentielle qui à mon avis forge l’opinion est cependant un peu oubliée : c’est la notion d’information.
                  L’opinion dépend majoritairement de la source d’information.
                  Pourquoi, et comment choisit-on une source d’information ?

                  Pour la plupart, il n’y a guère de choix, ce sera les médias de masse, dont la fonction est le mensonge, l’omission, et la fabrication de la pseudo-réalité de surface.
                  Il me semble que ce qui motive le choix d’une autre source d’information est :
                  - la vérité, ou du moins une parcelle de vérité.
                  - l’écho à des valeurs humaines que l’on croit juste.
                  - la curiosité, le désir de compréhension du monde dans sa profondeur.
                  - et autres facteurs, comme le désir d’avoir réponses à un sentiment d’injustice.

                  N’y a t-il pas plus contaminant que la vérité ?
                  Là où un mensonge doit être répété 100 fois pour prendre racine, il suffit qu’une vérité soit annoncée une fois pour prendre sens.


                  • Castel Castel 8 février 2011 16:15

                    Il me semble que ce qui motive le choix d’une autre source d’information est :
                    - la vérité, ou du moins une parcelle de vérité.
                    - l’écho à des valeurs humaines que l’on croit juste.
                    - la curiosité, le désir de compréhension du monde dans sa profondeur.
                    - et autres facteurs, comme le désir d’avoir réponses à un sentiment d’injustice.

                    C’est donc multifactoriel. Cela obéirait à des lois de probabilité proche du fonctionnement de l’atome.

                    Dans tous les cas, il faudrait s’interroger sur la notion de réalité. La réalité existe-t’elle indépendamment de la description qu’on en a ? La réalité est-elle une conceptualisation individuelle ou collective ? Si tout le monde pense de la même manière, la réalité n’est-elle pas créé d’un seul bloc ?.... Si la plupart croit au réchauffement climatique d’origine anthropique, ne devient-elle pas véridique comme certain miracle notamment ?


                  • L’Ankou 9 février 2011 11:01

                    Oui, si elle est simple. Sinon, le mensonge passe mieux. Il devient convaincant. Et comme dit Nietzsche : Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges.




                  • plancherDesVaches 8 février 2011 14:43

                    Tout ça pour en conclure que la peur est le plus mauvais moteur de l’humain, les Grecs Anciens l’avaient déjà découvert.
                    Et, se servir de certains pans de la théorie du chaos pour essayer de coller aux techniques de manipulation de foule, là, le gars fait dans la facilité. La théorie du chaos peut AUSSI justement servir à expliquer les mouvements de mentalité de foule tout comme celui des particules. Mais de là à considérer qu’une particule a un cerveau...

                    Sinon, la « prédiction » est en effet un marché qui a toujours été porteur : il s’appuie sur LA PEUR de l’avenir.

                    L’anneau de Moëbius est battu à plate couture par ce monsieur... smiley


                    • JL JL 8 février 2011 15:32

                      Vous avez aimé la génétique néolibérale  ? Vous adorerez la sociophysique !


                       smiley

                      Ce que dit Serge Galam peut s’interpréter selon que l’on se place du point de vue dominant ou du point de vue dominé, du point de vue de l’oligarchie comme du point de vue de la multitude.

                      C’est ce qui explique que son discours soit soit bien accueilli ici, à la fois par ceux qui regrettent que les VO soient contestées dans l’opinion, et par ceux d’en face qui se voient imposer les OGM contre leur gré : chaun se revendiquant appartenir à la majorité bafouée !

                      Ce discours satisfait les uns ou les autres : il permet notamment au pouvoir qui a accompli une réforme « à la hussarde » de dire a posteriori, que plus de 77% des gens y étaient favorables ! Et à l’inverse, quand il a échoué, de rejeter l’échec sur les 25 % de mauvais éléments !

                      Un discours haïssable, donc !


                      • ekarine 8 février 2011 16:20

                        Serge Galam ne fait qu’expliquer aux dominés ce que les dominants savaient déjà.
                        Quant à une poignée d’illuminés qui convainquent des foules... ça se voit déjà depuis plusieurs milliers d’années. Le premier best seller est basé là dessus quand même.


                      • chria chria 9 février 2011 11:16

                        Vous avez raison, galam devrait se faire embaucher par le giec, il est plus fort que madame soleil !


                      • Redford 8 février 2011 22:15

                        Ce qui me rend fou là dedans c’est qu’on a souvent des gens des deux bords parlant bien, mais qu’il y a un désaccord de fond sur un point : la preuve. Les uns disent : comment expliquez vous le refroidissement des dix dernières années ; les autres disent que les dix dernières années correspondent à un réchauffement net. Quelqu’un peut il trancher ce point ici ?


                        • chria chria 9 février 2011 11:20

                          C’est simple, il n’y a pas de refroidissement depuis 10 ans. Si on prend 1998, l’une des trois années les plus chaudes, ça stagne. Avec les autres, ça monte quand même.
                          http://www.woodfortrees.org/plot/wti/plot/wti/from:1997/to:2010/trend/plot/wti/from:1998/to:2010/trend/plot/wti/from:1996/to:2010/trend/plot/wti/from:1999/to:2010/trend

                          Maintenant faire un trend sur 10 ans ça n’a pas d’intérêt d’un point de vue climatique. Il faut au moins 30 ans.


                        • ddacoudre ddacoudre 9 février 2011 00:43

                          bonjour véronique

                          merci pour cet article rare. ce n’est pas rare que les lois de la physique deviennent un instrument de mesure de nous même, il y a même corrélation, car ce n’est que notre esprit à partir de ce qu’il peut comprendre qui les rédige, donc si l’on réuni suffisamment d’élément, l’on peut être prédictif.
                          c’est l’éternel problème du seuil invisible à partir duquel les opinions basculent.
                          la comparaison avec les atomes ou mêmes particules n’est pas fausse nous avons comme eux tous une valeur et des attirances ou rejets qui permettent d’imaginer les assemblages, ce n’est que le moyen cumuler les informations qui pose problème, il faudrait un appareil informatique comme pour les prévisions météorologiques.
                          ddacoudre.over-blog.com .
                          cordialement.


                          • JL JL 9 février 2011 10:06

                            Bonjour dd,

                            ce monsieur confond manifestement physique et métaphysique.

                            C’est un escoc de la pensée, et je le défie de venir ici en discuter.


                          • chria chria 9 février 2011 11:21

                            JL, on est pour une fois d’accord.


                          • ddacoudre ddacoudre 10 février 2011 09:03

                            bonjour JL
                             je n’ai pas lu son ouvrage, j’ai seulement réagit à la relation des mécanismes de l’ensemble qui ne sont dissociés par nous pour comprendre un de leur élément, le seul fait de faire cela conduit inévitablement à des interprétations incertaines, mais nous n’avons pas les moyens de les analyser dans leur ensemble sans erreurs. ce phénomène et la mesure de notre limite, nous pourrions même dire par là que nous nous tromperons toujours, et si nous abordions nos recherches par cette assurance certaine d’erreurs nous découvririons un peu plus de chose.
                            toutes les études comparatives sur des populations d’animaux, démontrent que le résultat observé et toujours différent de l’approche singulière ou holistiques, nous ne serons jamais des dieux, mais l’on se démerde tout de même pas mal. smiley

                            cordialement.


                          • JL JL 10 février 2011 09:37

                            Bonjour dd,

                            la question posée ici est : que valent ces recherches dont celles de ce monsieur Galam ?

                            Ce ne sont clairement des recherches appliquées qui visent à fournir une boîte à outils au service du pouvoir totalitaire, rien de plus que des recettes permettant de valider le principe que le chef a toujours raison, à l’instar de ce que disait GW Bush devant sa « base » (les milliardaires) : nous n’avons pas à nous préoccuper de la réalité, c’est nous qui faisons la réalité. C’est pourquoi j’ai évoqué la casuistique.

                            Si Serge Galam ou Anger de Friberg (merci de choisir des pseudos faciles à mémoriser et réécrire), ne répondent pas à nos interpellations, nous pourrons considérer ce texte comme un malheureux étron posé là !

                            Mais n’oublions pas ce nom et cet « outil » à ajouter à la panoplie des voyants : la sociophysique ! Le CNRS est capable du meilleur comme du pire !

                             smiley


                          • pavillon noir 9 février 2011 05:54

                             Reportage très intéressant dans mondialisation.ca concernant « l’arnaque du réchauffement climatique ». (« message apocalyptique dont le côté totalitaire ne supporte aucune critique,de quoi réfléchir pour ne pas tomber dans l’hystérie collective »).

                             Le pire de toute cette histoire, c’est d’inverser les causes et les conséquences (concernant le CO2). Fausses courbes,faux discours,fausses preuves..

                             « Faut-il craindre une dérive totalitaire ? »
                             C’est une blague ? Ma question est « depuis quand est-on en dérive totalitaire ? »
                             Certains me répondent « Depuis deux-mille ans » (! !!)

                             Il serait urgent que les journalistes s’intéressent de plus près aux questions de la précarité ,du système social et de ses rouages ...
                             D’aller voir les nombreux témoignages prouvant,par leur nombre grandissant, que le 
                            système que l’on croit social l’est de moins en moins...
                              La violence va grandissante envers les gens aux minimas sociaux ..
                             Ils deviennent de véritables sous-hommes,des « profiteurs »,et bien sûr n’ont pas la parole..En viendra-t-on aux camps de « rééducation par le travail » (gratuit),ce qui est déjà latent avec les contrats aidés et autres stages bidons ?
                             ( De rapprocher ce problème car là aussi ,fausses courbes,faux discours...)
                             (Voir articles patdu49 sur le chômage ,agoravox)
                             
                             D’écouter des scientifiques comme Claude et Lydia Bourguignon ,qui nous ouvrent 
                             les yeux sur l’état de la planète..
                              « Le sol abrite 80% de la biomasse vivante,on en a tué 90%,on est en train de tuer tout ce qui est à la source de la vie » CQFD. On continue ?

                              Maintenant à la loi LOPPSI 2 de pouvoir condamner,par exemple des gens vivant en yourte et de cultures bio,à devenir SDF ... NO LIMITS !!!(à la dérive sécuritaire inversée)

                             Une petite page publicitaire : « pourquoi sont-ils aussi méchants ? ...parce-que !!!! »

                             Devinette pour les scientifiques :
                             Ceux qui apportent la lumière ont autant de poids qu’un photon ?que vont-ils devenir ?
                             Ils seront dévorés par un électron . (hi,hi)(hum..)

                             A quand la théorie du chat de schrödinger appliquée à une partie de la population ?
                             C’est déjà fait avec les chômeurs !!! On continue ?
                             
                             QUAND ARRETERA-T-ON CE DELIRE ?
                             
                             QUAND LAISSERA-T-ON LES SAGES DONNER LA BONNE DIRECTION ?

                             QUAND TOUT LE MONDE MANGERA-T-IL A SA FAIM SUR CETTE PLANETE ?
                             


                            • chria chria 9 février 2011 11:29

                              "Il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit que de modèles, et ne pas verser dans ce que j’appellerai le « péché climatologue » qui consiste, pour un chercheur ou une communauté de chercheurs à prendre « ses modèles » pour la réalité"
                              Enorme mensonge, les scientifiques savent très bien qu’ils travaillent sur des systèmes complexes.
                              Galam est tant qu’épistémologue devrait le savoir. Il se contredit lui-même.
                              En fait son approche est basée sur les aspects médiatiques et populaire du changement climatique et non sur les aspects scientifiques. Il manipule sec le lecteur et sans vaseline.


                              • chria chria 9 février 2011 11:40

                                "Dans le débat sur le climat, j’insiste sur le fait que je parle bien d’absence de preuve, et non de doute, à propos de la responsabilité humaine en matière de réchauffement. De même, à propos de la question de savoir si nous sommes dans une phase longue de réchauffement ou de refroidissement. Le doute implique une croyance. Or en termes scientifiques soit j’ai la preuve, soit je ne l’ai pas. Il n’y a pas de place pour la subjectivité dans la validité d’un résultat scientifique. Il est urgent de savoir dire : « scientifiquement, on ne sait pas ». Aujourd’hui je ne dis pas que je doute de la responsabilité humaine, je dis qu’il n’y a pas de preuve de cette responsabilité. C’est un fait, pas une opinion."
                                Galam se fout ouvertement de la gueule du monde.
                                Entre autre, le Giec explique qu’il y a de fortes probabilités que les émissions anthropiques entrainent un réchauffement de l’atmosphère.
                                Donc pour Galam, tant qu’on est pas à 100% de probabilité, on est à 0%.
                                Raisonnement bizarre pour un sociophysicien.


                                • Cocasse cocasse 14 février 2011 09:54

                                   « Faut-il craindre une dérive totalitaire ? »

                                  Si vous remarquez, les médias alignés font souvent usage de ce genre de formule, en première page.
                                  Par exemple : « les riches sont-ils trop riches ? ».

                                  Ce type de procédé est un méthode de propagande qui consiste à faire croire, grâce au mode interrogatif, que l’évènement ne serait pas encore certain, alors qu’en réalité, il est déjà entériné.

                                  Par exemple, avec « les riches sont-ils trop riches ? », en fait la question ne se pose plus depuis très longtemps, car bien sur qu’ils sont trop riches.

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