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Commentaire de Onecinikiou

sur Pourquoi la crise économique continue et pourquoi nous ne la comprenons pas ?


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Onecinikiou 18 décembre 2012 09:21

Manifestement certains ne comprennent pas que la perversion néolibérale est aussi dans le fait que le libre-échange mondiale, qui depuis le début des années 80 jetta en concurrence directe des sphères économiques totalement hétérogènes au plus grand bénéfice des multinationales et de leurs actionnaires (soit le capital apatride), libre-échange qui est lui-même issu très directement de cette doctrine conceptualisée en amont par d’éminents théoriciens, a participé de manière objective et indiscutable à la contraction de la masse salariale occidentale, en générant au passage une insuffisance structurelle de la demande qui n’a pu être compensée que par le développement massif de l’accès au crédit, afin de sauver la consommation DONC la croissance. 

Je crois pouvoir dire que là est une analyse assez fidèle de la situation, nonobstant la financiarisation folle dont il faut à raison rappeler l’importance démesurée qu’elle a prise au cours des vingt dernières années - et l’influence surtout - comparativement à l’économie réelle. 

Malgré tout je crois que sans le phénomène de contraction évoqué ci-dessus par l’instauration consciente et délibérée, par nos élites défaillantes ou corrompues, d’un capitalisme à basse pression salariale, jamais la finance n’aurait été en mesure de prendre une telle importance et déjà pour la raison fondamentale qu’elle n’aurait pu disposer des fonds considérables, issus du crédit, pour se développer de cette ampleur. Il suffit pour s’en rendre compte de rappeler les statistiques d’endettement des agents économiques, ménages et entreprises, aux Etats-Unis (mais aussi en Espagne ou au RU par exemple), sur la dernière période, et qui ont enfoncé les références pré-crise de 1929 !


Quant au financement des déficits commerciaux, ces déficits n’auraient justement pas eu lieu (à tout le moins dans ces proportions) si le libre-échange n’avait introduit l’idée - plus sûrement la contrainte rationnelle - selon laquelle il fallut délocaliser tout ou partie de la production dans des pays au coût de main d’oeuvre 20 à 30 fois inférieur à celui pratiqué en occident, annulant totalement les différentiels de productivité fussent-ils largement en faveur de ce dernier (les français ont une productivité horaire l’une des meilleurs au monde).

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