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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Comité invisible : l’insurrection qui revient ?

Comité invisible : l’insurrection qui revient ?

Il y a quelques jours sortait en librairie le nouveau livre signé par le Comité Invisible. « Gouverner par le Chaos », aux éditions Max Milo, fait donc suite au désormais célèbre « L’insurrection qui vient » (Ed° La Fabrique) sorti en 2008 et considéré par les libraires comme un véritable succès d’édition. On prend les mêmes et on recommence ? Pas si sûr.

D’abord, un petit point d’histoire : le Comité Invisible, c’est quoi ? Et bien c’est avant tout un mystère pour le moins nébuleux. Mais il y a des indices. Lorsque l’on parle du Comité, un nom revient : celui de Julien Coupat, un idéaliste forcené. Pourtant, lorsque à l’automne 2008 la police anti-terroriste fait une descente dans le petit village de Tarnac, c’est pour aller chercher Coupat et ses amis qui se sont installés en communauté dans une ferme. Ces jeunes gens sympathiques qui ont repris la petite épicerie du village, ces gauchistes échevelés qui disent bonjour aux vieilles dames, sont accusés d’avoir perpétré des sabotages visant les caténaires des lignes SNCF dans plusieurs régions. Mis en examen avec huit autres camarades, Coupat et ses supposés acolytes du Comité Invisible sont finalement remis en liberté, faute de preuves. Mais malgré un dossier d’instruction vide, Coupat restera sept mois en détention, démontrant l’étendue de l’immense paranoïa à laquelle le gouvernement de l’époque, Michelle Alliot-Marie en tête, succombe lorsqu’il évoque les mouvances d’extrême-gauche anti-Sarkozy. Au fond, ce ne sont pas les sabotages qui sont véritablement en cause : le cœur du problème est ailleurs. Il tient dans un petit livre vert publié en 2007 aux éditions de la Fabrique (une maison d’édition très engagée à gauche et menée de main de maître par Eric Hazan, dont le domicile sera d’ailleurs perquisitionné dans le cadre de l’enquête, créant la stupeur dans le monde des médias et de l’édition). Un véritable manuel pratique de révolution. C’est « L’insurrection qui vient », futur succès de librairie qui reste en tête des ventes d’essais des semaines durant, bénéficiant de la publicité véhiculée par l’affaire. 

Le livre, pourtant gentiment insurrectionnel, semble être à l’époque vécu comme une menace par les élites. Il prône la déconstruction des structures existantes, un repli sur les communautés et une organisation à taille humaine pour un monde meilleur. Afin d’y parvenir, un seul moyen selon eux : la désobéissance ou, comme le prônait Foucault, la technique de la table rase. Il faut tout repenser. Le Comité Invisible, entité indéfinie et anonyme, propose une voie possible. S’il n’y avait cet appel, coincé entre deux chapitres, à en venir à la destruction des biens communs en cas d’urgence civique, le livre serait sans doute passé inaperçu. Mais voilà, pris dans la tourmente médiatique et judiciaire, « L’insurrection… » et ses idées se multiplient comme des petits pains. On rêve un instant au bouleversement des esprits. Mais le temps passe, la crise économique ratiboise les envies de bouger et instaure le marasme. Les esprits échauffés se tiédissent, avant de se refroidir totalement. En somme, le moment est venu de remettre un coup de pied dans la fourmilière.

Aujourd’hui donc, avec la sortie du second livre du Comité, il est temps de faire un point sur l’avancée du combat de l’organisation. Très actif sur le net (leurs textes sont en téléchargement libre un peu partout sur la toile), le Comité se fait rare dans les médias traditionnels. D’abord pour une bonne et simple raison : l’anonymat derrière lequel le collectif d’auteurs voile son identité, et dont on peut légitimement s’interroger sur l’utilité. Il y a trois ans, et avec tout le ramdam judiciaire, on pouvait le comprendre. Mais aujourd’hui ? S’agit-il d’un véritable impératif ou d’une simple question de pose, ou pire, de marketing ?

Car en effet, et même si à ce sujet les opinions divergent (j’entends déjà les commentaires), la France est loin d’être une dictature policière. Malgré la montée en flèche des chiffres de gardes à vue - les policiers sont sans nul doute beaucoup plus chatouilleux depuis l’accession de Sarkozy à la présidence - nous vivons encore dans un pays où la liberté d’expression est un des fers de lance de la République. Une notion fourre-tout, certes, mais au combien utile lorsqu’il s’agit d’écrire un livre ou une chronique (Stéphane Guillon pourrait en témoigner). Chacun peut, en théorie sans crainte de voir débarquer chez lui une meute enragée de gardiens de l’ordre, signer un ouvrage en son nom propre, quoi qu’il contienne. Evidemment, cela n’empêchera pas les procès… On pourra toujours attaquer pour diffamation, pour négationnisme, pour appel au meurtre : ces délits sont régis par la loi. Mais dans le cas du présent ouvrage, qui n’est ni pousse-au-crime, ni vaguement brûlant, la question se pose.

Car une véritable signature aurait eu un double effet : dissuader les tentatives d’enquêtes judiciaires anti-terroristes d’abord, et créer une publicité sans précédent à l’ouvrage. L’anonymat, quelle que soit l’opinion de chacun à son sujet, demeure suspect dans l’esprit des foules. Bien sûr, en période de crise intense, il va sans dire que l’anonymat est de rigueur : en 1941, mieux valait agir pour les résistants sous le couvert de l’anonymat. Mais dans la France de 2010, la menace semble légèrement surévaluée, donnant un pouvoir supplémentaire, un pouvoir d’influence, un ascendant psychologique à l’ennemi tant redouté par le Comité. Vichy est pourtant loin derrière nous. D’autant que le contenu de l’ouvrage n’est pas aussi brûlant que voudrait bien nous faire croire une couverture grotesque à la typographie cartoonesque. On a du mal à retrouver la verve incendiaire qui avait fait trembler le ministère de l’Intérieur il y a deux ans.


 « Gouverner par le Chaos » se veut comme un simple prolongement de la pensée développée dans le précédent opuscule. On s’enfonce dans la paranoïa, quelquefois justifiée, du citoyen contrôlé, du citoyen réduit à sa simple capacité de machine non pensante et productrice de biens ou de services monnayables. Si « L’insurrection qui vient », parcourait sept cercles de réflexion théoriques, philosophiques et novateurs - référence au mythique Enfer de Dante - « Gouverner par le chaos » ressemble davantage à une liste exhaustive et plutôt linéaire des différentes façons de manipuler les masses : un étalage psycho-sociologique développé mille fois par d’autres auteurs, comme Gustave Le Bon et Christian Salmon (cités dans le texte) et sans doute sous des angles plus intéressants. Bien entendu, les rares personnes à n’avoir pas encore entendu parler de psychologie des foules et de storytelling y trouveront leur compte, tant le livre se veut être une introduction en la matière.

Mais c’est bien là que le bât blesse : pour une suite, on attendait davantage qu’une simple introduction aux techniques modernes de manipulation. On espérait un développement du frisson que nous avait procuré le dernier chapitre de « L’insurrection… », dans lequel le Comité laissait libre cours à son imagination politique. Ah, la remise à zéro des compteurs… Même naïve, la vision était rafraichissante, voire novatrice. Que l’on soit pour ou contre la méthode, il y avait alors matière à réflexion. Mais l’anonymat n’est pas une solution à long terme. Tôt ou tard, les masques doivent tomber. Les combattants doivent se dévoiler, non pas pour plier sous les coups de la justice des hommes, mais pour entrer dans l’immortalité et focaliser les attentions.

Car nous vivons une époque de médias. Et cette époque a besoin de héros auxquels s’identifier. Ce n’est pas une nouveauté. C’est même l’une des bases du storytelling, technique d’adhésion des masses décrite dans « Gouverner par le Chaos ». Le Comité Invisible fait pourtant clairement comprendre qu’il faut utiliser les méthodes de l’ennemi pour les retourner ensuite contre lui. Mais la pusillanimité véhiculée par l’anonymat (puisqu’on ne peut définitivement pas parler de danger à publier ce livre) dessert gravement le propos. Comme s’il existait chez les auteurs du livre une volonté de ne pas s’impliquer totalement. De se garder une porte de sortie, un échappatoire. Ce n’est pas comme cela qu’on organise un sursaut. Les lecteurs ont besoin de héros. De héros visibles, connus de tous, médiatisés et facilement joignables. Les super-héros masqués ne changent le monde que dans les bandes dessinées. 

Si l’on rajoute à cela l’absence de propositions, de souffle épique et d’idéalisme (un luxe portant facilement abordable à celui qui signe anonymement), on se retrouve avec un produit final aux antipodes du précédent opus. Une simple liste, édifiante certes, mais une liste tout de même. Dorénavant publié chez Max Milo (une maison engagée socialement à gauche mais distribuée/diffusée par l’un des plus grands groupes d’édition international, à savoir Editis ), on se demande pourquoi le Comité Invisible n’a pas souhaité poursuivre sa collaboration avec Eric Hazan et ses éditions de la Fabrique qui, pour le coup, donnent dans l’alternatif. Citées en exemple par André Schiffrin (« L’édition sans éditeur »), les éditions de la Fabrique se sont bâties au fil des mois une réputation brillante d’engagement intelligent et responsable, marquée à gauche et à peu près dégagée des contraintes de rentabilité imposées par les grands groupes d’édition. Autant dire qu’il n’y avait pas de meilleur candidat. Mais peut-être que le Comité Invisible s’est tout simplement ramolli ? Au point de franchir le fossé qui sépare la volonté d’étendre son message, de le porter aux nues et de le diffuser au maximum de lecteurs, du marketing publicitaire ?

 Il n’y a plus guère que le public du 13 heures de TF1 que ce livre fera trembler. En attendant, on peut toujours relire « L’insurrection qui vient ». En attendant quoi ? Qu’elle revienne pour de bon !


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34 réactions à cet article    


  • Rounga le mythique Roungalashinga 6 mai 2010 10:50

    J’avais déjà été déçu par L’Insurrection qui vient. J’attendais beaucoup de ce livre qui faisait trembler les néo-cons américains. Mais une grande partie de l’ouvrage se borne au constat, toujours juste, mais qui se borne au particulier sans rentrer dans le général. Les solutions « politiques » proposées à la fin sont quant à elles affligeantes de naïveté. J’ai donc l’impression que ce Comité Invisible fait surtout preuve d’un sens politique extrêmement réduit, ce qui est un trait marquant des personnes trop soucieuses de conserver une certaine « pureté » (ou plutôt une certaine idée de la pureté), et qui se privent par là des leviers politiques réels et accessibles autrement que par un harasement total du système, qui n’arrivera jamais.


    • Rounga le mythique Roungalashinga 6 mai 2010 11:46

      correction : arasement


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 mai 2010 00:34

      Une idée me préoccupe. Qu’est-ce qui empêche n’importe quel quidam de publier n’importe quoi sius le pseudo de « Comité invisible » si ce pseudo n’est pas la propriété de quelqu’un ? Parce que le seul lien crédible serait l’éditeur..... 



      Pierre JC Allard

    • frugeky 6 mai 2010 11:00

      ouais en France, la liberté d’expression...faut pas trop crier quand même (« sarkozy je te vois »)
      ah bon ? on n’est pas dans un Etat policier ? ah, pas encore...
      Quant au comité invisible, y’a pas de droit dessus, pas de copyright. S’en réclame et peut signer qui veut. Surtout que l’ancien éditeur ne pourra pas dire que ce deuxième opus n’a pas été présenté par les mêmes personnes...


      • Peretz Peretz 6 mai 2010 17:51

        @ Mythique. Tu as raison, j’ai lu le petit bouquin, par curiosité à cause essentiellement du titre. Pas grand chose de concret à glaner à l’intérieur. De l’incantation. Je crois que l’anomymat serait plutôt une forme de marketing qu’Hazan a du accepter pour accentuer la provocation du titre. D’autre part le ou les auteurs n’ayant pas pignon sur rue au niveau politique, c’est un bon coup.


      • morice morice 6 mai 2010 13:07

        c’est du Debord en nettement moins bien surtout... 


        • jacques jacques 6 mai 2010 14:50

          Je ne comprends pas l’auteur de cet article et son insistance sur l’anonymat .
          J’ai compris cet anonymat comme étant non un moyen de se protéger de la police mais plutôt pour ne pas mettre en avant un des coauteurs et marquer le fait que l’existance de cet ouvrage est un mélange indéfini de toute ces pensées et de celles dont elles sont tirées.


          • Traroth Traroth 6 mai 2010 16:33

            Si vous voulez du « frisson », vous n’avez qu’à lire le prochain Dan Brown !

            Un livre peut avoir d’autres buts que d’exciter vos instincts !


            • Traroth Traroth 6 mai 2010 16:34

              Comme l’affaire Coupat l’a clairement démontrée, la France est un pays où on peut aller 7 mois en prison simplement pour avoir déplu au pouvoir, sans procès, sans accusation vraiment précise. Alors dire que la France n’est pas un état policier, JE ME GAUSSE !


              • Chabinpolitain 6 mai 2010 17:48

                Je ne peux parler que de « l’insurrection qui vient », mais il me semble que ce qui en sort quand au fait d’écrire un ouvrage politique engagé vers une authentique idée de changement, c’est qu’il n’est pas envisageable de porter aux nues un auteur prétendument génial qui se poserait en « grand penseur sauveur de l’humanité » alors qu’il est fortement question de réviser la question des pouvoirs et de penser une autre société qui saurait bien se passer de dirigeants et de chefs.
                Donc, je crois que l’on peut à priori éliminer la question « marketing ».
                Et je m’étonne que l’auteur évoque le besoin de héros de notre chère humanité alors qu’il est question d’être tous des héros de nos propres vies et de nos destins communs et respectifs.
                Il est question d’un « réapprentissage » d’une autre vie en sociétés, une véritable déconstruction ( comme on l’entend au sens psycho-sociologique ) de nos façons d’être à nous mêmes et aux autres.
                Et les obsèques en grandes pompes des questions de pouvoirs !
                En effet, comme le dit Morice, on peut y voir transparaître Bourdieu parfois.
                Mais c’est une preuve que sa pensée est vivante car non ! Ce n’est pas du Bourdieu, ce n’en est que le fruit, de lui ou d’autres, car en la matière, la littérature ne manque pas pour qui se tient au courant.
                Ce livre ne fait que poser des questions pertinentes, certes pour des gens déjà positionnés qui peuvent paraitre élémentaires ( ce dont je doute tout de même ) mais qui créent de la pensée !
                Et ça, c’est déjà un sacré boulot, même si ça a fait un carton chez les bobos étasuniens...
                « L’insurrection.... qui vient... »
                Laissons le temps au temps et multiplions les comités invisibles qui doivent le rester !


                • la_gata la_gata 6 mai 2010 17:58

                  tu es marrant toi .. « Vichy est pourtant loin derrière nous »
                  quand tu vois que le gars seulement ’ soupçonné d’etre l’auteur a pris pour 7 mois sans preuve de quoi que se soit .. je le crois surtout prudent. de ne pas signer le livre a son nom , sauf si déménage avant hors de la CE .. on ne sait jamais ..


                  • Le péripate Le péripate 6 mai 2010 18:38

                    Il me semble que quand vous écrivez : l’anonymat est suspect aux yeux des foules, vous êtes passé juste à côté de la véritable raison de ce choix.
                    Ce secret, et non pas d’un individu, mais d’un « comité » supposé, a tout d’une secte, d’une publicité pour une secte. Et les sectes n’aiment pas avoir trop de monde à la fois, question de contrôle.

                    Donc une secte recrute par voix de « littérature ».


                    • Le péripate Le péripate 6 mai 2010 19:54

                       smiley
                      Je ne connais pas ce Deborde. À moins que vous ne vouliez évoquer Guy Debord...
                      Quand à Marx... il se trouve que je suis marxiste, mais du vrai Marx, Groucho.

                       smiley


                    • Traroth Traroth 7 mai 2010 10:52

                      « Ce secret, et non pas d’un individu, mais d’un »comité" supposé, a tout d’une secte" : Et voila le Péripate qui invente n’importe quoi. L’interdiction de l’anonymat, c’est encore au nom de la liberté, j’imagine ???

                      Donc dans l’optique du Peripate, chantre autoproclamé de la liberté, la liberté ne peut exister qu’en pleine lumière, sans possibilité d’anonymat. Du moins devant l’ETAT ! smiley

                      Vous ne défendez le gros méchant nétat que quand il est policier, quoi ! C’est à dire une forme d’oppression qui touche surtout les pauvres. C’est marrant, l’oppression étatique, vous passez pourtant tout votre temps à la dénoncer. La seule forme d’oppression, pour vous, c’est l’impôt, en fait. C’est à dire un truc qui a surtout des chances de toucher les riches.

                      vous ne pouvez pas ouvrir la bouche sans vous contredire et montrer que vous n’êtes qu’un conservateur qui n’a pas le courage de ses putains d’opinions !

                      Je me marre, Péripate, JE ME MARRE !!! smiley


                    • Julien Simon Julien Simon 6 mai 2010 19:17

                      Pour préciser ma pensée, je disais simplement que mettre un terme à l’anonymat permettait aux auteurs de justement se mettre à l’abri de retombées judiciaires abusives. Se présenter en pleine lumière, c’est aux yeux de l’opinion se disculper moralement. Il va sans dire que Sarkozy n’aurait sans doute pas osé incarcérer Coupat si longtemps si l’ouvrage avait été signé. Car l’opinion publique (morale comme politique) se range toujours du côté de l’opprimé, en tout cas en France (symptôme national). Avec l’opinion publique de son côté, Coupat aurait bénéficié d’une immunité au nom de la liberté d’expression. Sarkozy a exploité cette faille de notre morale pour mettre ses plans à éxecution. Et nous sommes d’accord, cette détention était abusive et anti-républicaine. J’avais d’ailleurs adoré l’insurrection qui vient. Je reproche juste à ce nouveau livre de tomber dans la facilité. Lisez-le, si vous avez le temps.

                      Quant à la notion de héros de tous les jours, je pense qu’il est faux et biaisé de penser que nous puissions chacun être les héros d’une dramaturgie personnelle et épique. C’est une invention du storytelling, justement. Une invention très répandue, dans beaucoup d’idéologies et de médias, notamment avec l’invention des nouvelles réalités. Une invention destiné à créer frustration, confusion et contradiction dans les esprits. Pour mieux les manipuler ensuite.

                      Mais c’est un simple avis. Toute discussion est et demeure constructive. ^^


                      • Le péripate Le péripate 6 mai 2010 19:57

                        Bien sûr bien sûr....

                        Puisque vous avez l’air de connaître le droit français, expliquez-moi par quelle procédure Sarkozy ( le Président j’imagine et non son frère du Medef) peut mettre quelqu’un en prison.

                        Par une lettre de cachet ?


                      • boris boris 7 mai 2010 09:29

                        A mon avis le péripate tu regardes trop la télé. Si, si.


                      • Chabinpolitain 6 mai 2010 19:44

                        Le malentendu doit résider dans la notion même du héros.
                        Il n’est pas question de héros moderne de série télévisée ni de mythe participant à la grande manipulation des foules. Dans cette vision sociétale, le héros est l’être humain qui s’accomplit, simplement, en assurant son bonheur et celui de ceux qui l’entourent et réciproquement...
                        Il ne s’agit donc pas de dramaturgie, bien au contraire !
                        Accepter qu’être un « bon » parent est un acte profondément humain et nettement plus respectable que gagner au loto ( par exemple ), quoique les deux au sens actuel, moderne, puissent assurer le bonheur de l’entourage !
                        Tout dépend de la notion de durabilité.
                        Comme en matière écologique, cette notion est extrêmement élastique selon que l’on se positionne pour ou contre une société d’accumulation des richesses.
                        Dans cette vision, le héros peut être aussi l’humain qui rendra la terre plus fertile pour ses enfants.
                        Nulle présence de conte de fées.
                        « L’affaire Coupat », quelle que soit son hypothétique participation au comité invisible, aura été une formidable campagne de dénonciation de la réalité d’un risque de dérive vers une société terriblement policée.
                        Donc l’immunité aurait desservi la cause, on n’aurait jamais entendu parler de Julien et l’ouvrage aurait fait un passage fantomatique sur la toile. Les gens les moins extrémistes ont été touchés par l’injustice absolue de son incarcération.
                        C’est une victoire de la pensée sur l’obscurantisme obtenue sans désir, juste par les faits.
                        Je prendrai le temps de lire cet ouvrage, je n’en attends aucune révélation, je désire plus que tout que beaucoup d’entre nous se trouvent une vocation à réfléchir à un nouveau monde et participer à la Grande Discussion.


                        • E-fred E-fred 6 mai 2010 19:49

                          bonjour aux anciens (coucou morice ! .. Traroth, Péripate...), salut aux nouveaux ...

                          Cher Julien

                          Vous avez oublié les principaux diffuseurs, càd nos deux compères représentants, vendeurs de frousses es terroristes, les commis-épiciers Bauer Alain et Raufer Xavier.

                          « à l’abri de retombées judiciaires abusives »

                          Comme les inculpés de Vincennes absolument pas reconnu dans les heures visionnages des bandes de caméras de surveillance ?

                          « Avec l’opinion publique de son côté, Coupat aurait bénéficié d’une immunité au nom de la liberté d’expression »

                          La liberté d’expression n’immunise de rien, on en a l’exemple tout les jours sur agoravox et ailleurs... et cela m’étonnerait que jc cherche à tirer un bénéfice ou une quelconque immunité...

                          La seule chose que nous montre cette affaire, c’est que TOUS les politiques d’un bord à l’autre ont la trouille de se mouiller dans ce débat, de peur de se faire voler la VRAIE parole politique par les gens « de base » ...


                          • fred 6 mai 2010 23:10

                            @ l’auteur : c’est quoi une paranoïa parfois justifiée ????


                            in « On s’enfonce dans la paranoïa, quelquefois justifiée, du citoyen contrôlé, du citoyen réduit à sa simple capacité de machine non pensante et productrice de biens ou de services monnayables. »

                            • Tonton Joseph Tonton Joseph 7 mai 2010 01:09

                              L’auteur de ce papier devrait surtout craindre l’anonymat de la masse populaire qui risquerait bien de se mettre en colère toute seule.


                              • dom y loulou dom 7 mai 2010 01:41


                                monsieur julien simon il aurait aussi fait dire à la gestapo que la résistance était indigne de couvrir les identités de ses membres pendant la guerre... (! !)
                                 

                                 il nous faudrait donc lui rappeler que tous les jours des dizaines de personnes sont emmenées dans des camps de détention afin d’y être torturées ?


                                monsieur Jacques Henri a tous les boulons en place... il appelle les héros à sortir du bois pour pouvoir les acclamer !! ben voyons... lol

                                une bonne blague en somme

                                mais d’après Marcel Edouard Vichy c’est derrière nous et sous Vichy la populasse acclamait ses héros au grand jour, c’est bien connu, étaient pas de lopettes ce gens-là !!


                                on navigue en pleine ignominie


                                vicieux votre texte monsieur

                                ça vous fait plaisir que je vous dise ça avouez

                                 

                                charogne...

                                vraiment trop bien écrit pour prétendre être aussi idiot




                                • Humaniste 9 mai 2010 13:45

                                  Veuillez réfléchir avant de penser dom... et encore plus avant d’insulter.
                                  Je ne suis pas d’accord avec le point de vue de l’auteur en général, mais les critiques que vous faites sont complètement infondées.
                                   
                                  Quels camps de détention ? Précisez le lieu et adaptez le temps de vos verbes quand vous parlez...
                                  Bien sûr qu’on est loin de Vichy. L’auteur précise bien que sous Vichy, l’anonymat s’imposait, mais que maintenant non, vérifiez que vous avez bien compris ce qu’il a dit avant de vous moquer de lui...

                                  Si vous étiez énervé par autre chose lorsque vous avez écrit ce message, ou bourré, veuillez vous excuser envers l’auteur et on oublie. A moins que vous ne parveniez à justifier vos insultes, ce dont je doute. S’il vous plaît essayez de répondre de manière rationnelle cette fois.


                                • Julien Simon Julien Simon 7 mai 2010 08:56

                                  Je profite que nous ayons atteint le point Godwin de la conversation pour réapparaître. ^^

                                  Relisez, Dom, le passage où je dis qu’en cas de besoin, et notamment en cas de véritable danger physique, de menace de mort, l’anonymat demeure la meilleure solution de résistance. Donc non, je ne suis pas en train d’enfumer le bois pour en faire sortir les résistants. Non, je ne suis pas en train de lancer un appel à la dénonciation (notre gouvernement s’en charge). Je dis juste que dans la France de 2010, on ne peut pas dire que ce second livre soit un danger pour ses auteurs, et qu’il mérite une publication anonyme. Je parle du second, pas du premier.

                                  Quant aux camps de détention, j’ai dû loupé un épisode. On parle bien du même pays, là, la France ? Il est évident qu’en Chine ou en Iran, l’anonymat des libres penseurs doit être entretenu et respecté.

                                  Quant à répondre finalement sur l’anonymat, je signe en mon nom propre (désolé, j’ai deux prénoms en guise de nom, tout le monde ne peut pas avoir un « vrai » nom de famille, en tout cas j’ai l’impression que ça a distrait Dom pendant au moins deux bonnes minutes). Je voudrais préciser que l’anonymat n’est pas qu’héroïque. Il est surtout, et en première ligne, dénonciateur, accusateur et répressif. Vous pourrez cette semaine lire le livre de Cassandre sur DSK, un torchon aux sources plus que lointaines, un livre rempli de rumeurs à peine masquées en vérité et bien sûr, rigoureusement anonyme. L’anonymat permet également d’employer le mot charogne. Etonnant, non ? ;)


                                  • sven 7 mai 2010 11:43

                                    On parle beaucoup de Julien Coupat. Cependant il a eu de la chance dans son malheur : appartenir à un groupe solidaire. D’autres sont toujours en prison depuis de mois, comme Adlène Hicheur, avec un dossier probablement aussi vide. Suspicion d’avoir écrit avoir eu l’intention de suggérer une action contre les militaires français partant tuer des afghans en Afghanistan. Ca suffit pour faire 6 mois !


                                    • Humaniste 9 mai 2010 13:29

                                      Si tu pouvais te renseigner sur le sujet alors, ça a l’air intéressant. Les limites nécessaires à la liberté d’expression (oui, nécessaire, quand on pense au racisme, etc.) posent une question fondamentale, difficile et passionnante. Et que doit faire la justice quand elle manque de preuves ? A priori quand même, il y a présomption d’innocence en France, et la durée d’une garde à vue est limitée.
                                      Cela dit, à mon avis, s’il est en prison depuis six mois, c’est que des preuves existent. Il me semble bien que la France est un pays où le contraire serait impossible.
                                      C’est pourquoi il serait intéressant que tu te renseignes. Avant de t’indigner sur une scandale dont tu n’es pas sûr : tu dis « probablement ».


                                    • Humaniste 9 mai 2010 13:31

                                      Un état policier, la France ?
                                      Réflechissez un peu !
                                      L’auteur a raison, dans un état policier personne n’oserait dire qu’on est dans un état policier, insulter le président sur internet ou même en face de lui, fumer du shit devant des policiers ou aller papoter avec eux quand on est bourré. Et si on le faisait, ce serait réprimé.


                                      • Internaute Internaute 9 mai 2010 17:22

                                        « Vichy est pourtant loin derrière nous. » C’est étonnant cette référence permanente à Vichy pour agiter un hochet de croquemitaine. On la trouve dans l’article, on la retrouve dans les commentaires. Ceux qui utilisent cette métaphore font l’oubli historique de l’occupation allemande. Peut-être que l’auteur voulait écrire « Otto von Stüpnagel est pourtant loin derrirère nous » mais que personne ne lui a appris l’histoire.

                                        http://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_von_St%C3%BClpnagel

                                        Je suis né aprés la guerre et franchement je ne me sens pas concerné. Pour moi Vichy évoque l’eau pétillante et les délicieuses pastilles. Je n’aime pas la répétition permanente de mensonges. Ce n’est pas parceque la télé profère en boucle des énormités qu’on est obligé d’y souscrire. Quelque lobby lance une formule en l’air pour discréditer des français et pendant des années tout le monde se croit obligé de la replacer à n’importe qu’elle occasion.


                                        • moebius 9 mai 2010 21:02

                                           Robin des bois revient aussi avec Zorro, le Che, Bad man, Spider man, Bernadette Soubirou , Jeanne d’arc, Strauss Khan et Jésus


                                          • moebius 9 mai 2010 21:06

                                             Pour moi Vichy évoque la collaboration , le FN, le général Boulanger, la haine de la république et la honte d’étre français


                                            • oj 10 mai 2010 03:06

                                              il me semble que vu l’etat du monde et ses tremblements actuels, l’etat de la France et la lente désagrégation de sa Nation, le sujet n’est pas vraiment le Marketing et la critique littéraire.

                                              il serait plus utile de prendre des positions tranchées et opter pour des orientations politiques claires plutot que de voter pour un gouvernement de droite et des regions a gauche qui donne au final l’illusion du choix politique et surtout perpetue l’appareil.


                                              • rouzelalouze 12 mai 2010 11:08

                                                Malheureusement, et sans doute sans le vouloir, vous vous êtes planté. Ce livre, écrit par un collectif anonyme n’est pas le fait du comité invisible, y’a qu’à voir le style des auteurs... Mais, c’est quand même amusant de se dire que le nom circule maintenant, ou qu’un éditeur un peu naïf s’est fait avoir.


                                                • narvic narvic 28 décembre 2010 09:32

                                                  Je vois que Google mène assez directement vers cet article sur une recherche portant sur le titre de l’ouvrage « Gouverner par le chaos ». Quelques précisions me semblent s’imposer, pour des lecteurs qui se seraient égarés comme moi.

                                                  Cet ouvrage, comme celui auquel il se réfère, « L’insurrection qui vient », étant tous deux anonymes, il est très abusif, comme vous semblez le faire, de présumer qu’ils puissent avoir le même auteur.

                                                  D’autant qu’ils n’ont pas le même éditeur, et que l’éditeur de « L’insurrection qui vient », Eric Hazan, le nie clairement et parle même d’un « faux ».

                                                  « Gouverner par le chaos » n’est d’ailleurs pas explicitement « signé » du Comité invisible, et se borne à se placer dans son « prolongement ».

                                                  La lecture des deux textes ne laisse en réalité aucun doute : ils n’ont manifestement pas le même auteur. Le style tout d’abord ! Autant celui de « L’insurrection qui vient » est flamboyant et subtile, porté, comme vous le notez d’ailleurs, par un véritable souffle, autant celui de « Gouverner par le chaos » est aussi plat que lourdement didactique. En un mot : scolaire.

                                                  Lourd, « Gouverner par le chaos » l’est autant par la typographie de son titre de couverture, que par son contenu ! A aucun moment « L’insurrection qui vient » ne sombre dans le conspirationnisme à la petite semaine dans lequel se vautre « Gouverner par le chaos ». Ça manque vraiment de subtilité, et surtout d’un peu d’intelligence... des situations. smiley

                                                  Non, il n’est pas nécessaire d’imaginer une sorte d’autre Comité invisible à la tête d’une vaste conspiration internationale destinée à décerveler les populations, comme « Gouverner par le chaos » en stigmatise l’existence à peu près à chaque ligne, pour se croire dans le « prolongement » de « L’insurrection qui vient ». D’ailleurs, désigner plus ou moins grossièrement du doigt des Alain Minc ou des Jacques Attali à la vindicte, comme agents putatifs de cet autre Comité invisible, serait risible, si ça ne marquait pas une réelle faute de goût.

                                                  Enfin, vous le relevez d’ailleurs aussi, nous avons à faire, avec « Gouverner par le chaos », à « une simple introduction aux techniques modernes de manipulation », que l’on peut - éventuellement - lire comme une dénonciation. Mais rien de plus.

                                                  Relisez « L’insurrection qui vient » :

                                                  « Le désert ne peut plus croître : il est partout.
                                                  Mais il peut encore s’approfondir.

                                                  Devant l’évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent.

                                                  Le comité invisible est du côté de ceux qui s’organisent. »


                                                  • Rashalak 19 novembre 2014 04:14

                                                    Incroyable !
                                                    Je sais, cet article a ete poste il y a longtemps. Je ne suis meme pas sur qu’il soit utile de reagir. Mais l’auteur n’a ou pas lu L’insurrection qui vient, ou pas lu Gouverner par le chaos. En tout cas s’il les a lus, il y en a au moins un des deux qui n’a pas ete compris. Je me rappelle que lorsque j’ai lu le second, il m’est apparu de toute evidence que le pretendu « Comite invisible » qui se cachait derriere n’avait utilise ce nom que pour sa campagne mediatique, et qu’il n’avait rien a voir avec le collectif d’auteurs qui a ecrit le premier ouvrage. Un tel manque de sens critique et de mesure de la pensee est affligeant. Il n’y a meme pas besoin de savoir lire entre les lignes pour determiner en quelques paragraphes les visees essentiellement reactionnaires de Gouverner par le chaos, aux antipodes des positions defendues dans L’insurrection qui vient. Ne serait-ce que par le style d’ecriture, on comprend deja le fosse qui les separe.
                                                    Quant aux piaillements citoyennistes sur l’anonymat, encore une fois, il faut ne pas avoir lu ou ne pas avoir compris (ce n’est pas une honte) les objectifs poursuivis. Appeler a la levee du voile au nom meme de ce pour quoi le voile a ete pose est une absurdite consternante. Il faut etre dans une condition bien miserable pour en appeler a « l’air du temps » et s’y plier avec toute « l’evidence » de la raison, quand cet air du temps est a ce point vicie. Appeler a la consecration de heros aujourd’hui, c’est defendre une vision de l’Histoire que meme les historiens ont abandonne, c’est s’attacher au modele d’une societe autoritaire dont on connait l’etendue de la monstruosite, c’est appeler Staline, en realite.
                                                    Et pour ce qui est de la « dictature policiere », du « Vichy est loin derriere nous » et autres betises du meme acabit, j’ose esperer que, quatre ans plus tard, l’auteur a su revoir ses positions. Meme venant d’un gauchiste citoyen, de tels propos sont parfaitement etonnants, et plus particulierement quand ils sont mis en lumiere par la sanction historique qu’apporte les evenements recents sur ce que n’importe qui d’a peu pres sensible pouvait deja suspecter en 2010.

                                                    P.S : Pour finir de nous convaincre de l’inanite de sa critique, l’auteur a bien pris soin de nous parler des « super-heros masques » qui « changent le monde ». Ah oui, vraiment ? Et quels sont-ils, ces super-heros qui, contrairement a tous les autres, n’ont pas tout simplement vocation a « retablir l’ordre » ?

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