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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > D’où venaient les Peuples de la Mer ?

D’où venaient les Peuples de la Mer ?

Les antiquités égyptiennes contiennent des informations précises sur l’invasion de la Méditerranée par les Peuples de la Mer à l’époque de Ramsès III ; elles concordent parfaitement avec les données archéologiques. Tout porte à croire que les Peuples de la Mer venaient d’Europe du Nord.

Les murs du temple de Medinet Habou (Haute Egypte) portent des inscriptions qui racontent avec un luxe de détails comment Ramsès III a fait face à deux invasions et remporté deux grandes victoires, l’une sur terre, l’autre sur mer. En 1190, une armée de 6.000 hommes venant du désert de Libye a traversé la frontière et menacé la ville de Memphis. Elle a été écrasée par l’armée du Pharaon. Cinq tas de mains et de sexes coupés ont été utilisés pour compter les morts. Trois ans plus tard, en 1187, une puissante flotte de combat a ravagé la côte, puis pénétré dans les bras du Nil, débouchant sur les arrières égyptiens. Une splendide gravure du temple montre cinq navires assaillants attaqués par quatre navires égyptiens. Les combattants des deux camps, leurs navires et leurs armes sont dessinés avec minutie. Les navires des Peuples de la Mer ne se déplaçaient qu’à la voile. Leur arrivée par le delta du Nil était une opération très risquée car leurs navires étaient difficiles à manœuvrer tandis que les navires égyptiens pouvaient se déplacer à volonté grâce à des équipes de rameurs. Sur l’eau, des soldats égyptiens attaquent l’ennemi depuis le pont de leur navire. Les navires ennemis sont repoussés vers les rives où les attendent des archers qui font pleuvoir sur eux des flèches. La victoire est éclatante.

L’attaque de l’Egypte sous Ramsès III est la dernière vague d’un déferlement qui avait ravagé l’Asie Mineure et la Syrie trente ans auparavant. En 1220, les Peuples de la Mer avaient vaincu le roi hittite, allié du Pharaon, et établi des bases à Chypre et à Ougarit.

Les spécialistes s’accordent sur le déroulement et l’ampleur de ces événements du Proche-Orient, mais l’origine des assaillants continue de faire l’objet de controverses passionnées. La plupart des auteurs attribuent l’effondrement des empires hittite et mycénien à des causes intérieures : rivalités, faiblesse des rois, désordre social. Encouragés par ce désordre, les habitants des îles orientales du Bassin Méditerranéen seraient partis sur leurs navires pour piller toutes les régions riveraines. Ce schéma ne tient pas, car on sait que l’Egypte a subi l’attaque de tribus organisées et encadrées. Une telle coordination ne peut pas être l’effet du hasard. Un regard sur la carte impose l’idée qu’une opération combinée de cette envergure n’a pu être montée qu’en Europe. Tout conduit à l’hypothèse que les assaillants sont venus de Sicile et de Sardaigne. C’est ce que le spécialiste Jean Deruelle a voulu vérifier. (1)


L’archéologie montre que les relations de la Sicile avec la Grèce ont été interrompues aux environs de 1200. D’autre part, Thucydide rapporte que des envahisseurs venus d’Italie ont refoulé les autochtones à l’intérieur de l’île. Ceux-ci étaient donc bien placés pour assaillir la Méditerranée orientale en faisant alliance avec les Sardes. Les Egyptiens connaissaient les Sardes depuis longtemps. On les trouve à la bataille de Kadesh, en 1286. Les archives égyptiennes les présentent comme des pirates redoutables, dotés de navires de haute mer. Ramsès II se vante de les avoir mis à son service. Ils constituaient une division étrangère qui lui a permis de vaincre les Hittites au cours de cette bataille. Les Sardes ont dit aux Egyptiens qu’ils venaient d’îles au nord, de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Cette origine est confirmée par des statues qui se trouvent au sud de la Corse. Certaines sont suffisamment nettes pour que les spécialistes y reconnaissent l’armement des Sardes d’Egypte. La datation au carbone 14 montre que ces guerriers étaient déjà dans la région avant 1250, donc qu’ils ne pouvaient pas venir de l’est de la Méditerranée.

Les bonnes relations entre les Sardes, venus par le détroit de Gibraltar, et les Siciliens, venus d’Italie, et sans doute d’Europe centrale, ont conduit Jean Deruelle à émettre une hypothèse audacieuse. L’Europe du Nord aurait été le siège d’une grande puissance maritime ayant fait le projet, il y a près de quatre mille ans, de conquérir la Méditerranée. L’offensive aurait été menée conjointement à l’Ouest, en suivant les rives de l’Océan Atlantique, et à l’Est, en suivant la vallée du Danube. Cette grande puissance ne serait autre que l’Atlantide, décrite par Platon dans le Critias et le Timée. Pourquoi pas ?

Platon, vers 350, explique que son oncle Critias, qu’il met en scène avec Socrate dans ses Dialogues, avait entendu le récit de la bouche de son grand-père, Critias l’Ancien, qui le tenait lui-même de son ami Solon, fameux législateur d’Athènes. Celui-ci l’avait reçu de prêtres égyptiens au cours de son séjour de dix ans en Egypte, au temps du Pharaon Amosis, qui a régné de 568 à 525. Cette filière est donc tout à fait plausible.

Voici, dans le Timée, ce que disent les prêtres égyptiens. « Il est question dans nos écrits de l’énorme puissance que votre Cité (Athènes) arrêta jadis dans sa marche insolente, qui envahissait à la fois toute l’Europe et l’Asie, se ruant hors de ses bases situées dans la Mer atlantique. Une île s’y trouvait, devant le détroit que vous nommez les Colonnes d’Hercule. C’était l’Ile Atlantide. Il s’y était formé une grande et merveilleuse puissance de rois qui dominait l’île entière, ainsi que beaucoup d’autres îles et de parties du continent. Et de ce côté-ci du détroit, ils régnaient sur la Libye jusque vers l’Egypte, sur l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Mais voilà que rassemblant toutes ses forces, cette puissance, se jetant à la fois sur votre pays, sur le nôtre et sur tout l’espace compris en deçà du détroit, d’un seul coup entreprit de les asservir. C’est alors, Solon, que votre Cité révéla sa puissance, et fit aux yeux de tous les hommes éclater sa vaillance et son énergie. D’abord à la tête des Grecs, puis seule par nécessité, elle en vint aux extrêmes périls, mais elle l’emporta finalement sur ses agresseurs. Ceux qui n’étaient pas encore asservis, elle les préserva de la servitude, et à tous ceux qui habitent en deçà des Colonnes d’hercule, elle fit remise de la liberté. Mais dans la période de temps qui suivit, il se fit de violents tremblements de terre et des cataclysmes. En l’espace d’un jour et d’une nuit funestes, le peuple entier de vos combattants fut enfoui sous la terre, et pareillement l’Ile Atlantide s’enfonça sous la mer et disparut. De là vient que, de nos jours encore, là-bas la mer est impraticable et inexplorable, encombrée par les bas-fonds de vase que l’île a déposés en s’abîmant.  »

Critias décrit l’Ile Atlantide en une dizaine de pages. Sa description correspond parfaitement à la géographie du sud-est de l’Angleterre et à la topographie des fonds marins du Dogger Bank, au large de la Hollande. À chacun de se faire une opinion.

(1) Jean-Deruelle, De la préhistoire à l’Atlantide des Mégalithes, Editions France-Empire, 1990
 

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90 réactions à cet article


  • ObjectifObjectif 18 août 2009 11:22

    Bonjour,

    Vous citez « Une île s’y trouvait, devant le détroit que vous nommez les Colonnes d’Hercule »

    Et juste devant les colonnes d’hercule, certains ont trouvé cela : c’est juste devant le détroit de Gibraltar, c’est maintenant sous l’eau et cela a été une ile à la bonne période.

    Évidemment, c’est un peu militairement stratégique pour le trafic naval, mais le coté positif c’est qu’il doit exister des relevés très précis smiley

    Dogger Bank, c’est bien de l’autre coté des colonnes d’Hercule, mais ce n’est pas « devant », encore moins à la voile ou à la rame... ou bien vous ramez vite smiley


    • Céphale Céphale 18 août 2009 12:16

      Devant, par définition, c’est du côté où l’on regarde, sinon c’est derrière. Donc pour un Egyptien qui regarde vers l’ouest, ce qui est devant les Colonnes d’Hercule est dans l’Océan Atlantique, pas en Méditerranée.


    • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 18 août 2009 15:22

      Euh... non ! c’est le contraire !
      Devant la porte c’est le palier, derrière c’est le couloir.
      Donc en regardant les colonnes d’Hercule depuis l’Est, devant est en Méditerrannée, derrière en Atlantique...


    • Céphale Céphale 18 août 2009 20:45

      Dernière information pour mettre fin à cette polémique.

      Le texte grec dit « pros », ce que Léon Robin a traduit par « devant » (Editions de La Pléiade). Or le dictionnaire Bailly donne comme sens premier « venant de ». C’est donc bien au delà des Colonnes d’Hercule que Platon situe cet empire.


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 18 août 2009 11:46

      Bonjour,

      Théorie intéressante et qui nous ramènerait plutôt vers le grand nord, nous mettant face à une hypothétique invasion « proto-viking » si je puis me permettre.

      Qu’est-ce qui aurait pu motiver un tel déplacement de forces armées ? Un bouleversement climatique ? Une surpopulation ? Une guerre civile ?

      L’Atlantide est un vieux mythe, seulement comme nombre de vieux mythes il doit y avoir un fond de vérité (après tout Troie n’était qu’affabulation avant que Schliemann n’en découvre le site). Et on ne trouvera ce que l’on cherche qu’en explorant toute les hypothèses.

      Cordialement


      • Gasty Gasty 18 août 2009 11:55

        Je m’étonne de voir les similitudes qu’il peut y avoir parfois. Barnenez et son CAIRN est a -4900 , bien avant les pyramides.


      • Céphale Céphale 18 août 2009 12:04

        @Yannick Harrel

        Jean Deruelle explique dans son livre que la migration des « Atlantes » vers le sud a été provoqué par un changement climatique dont les effets les plus importants ont été ressentis au sud-est de l’Angleterre vers 3000 AC. Théorie étayée par de nombreuses découvertes archéologiques tout au long du Rhin et du Danube.


        • Yannick Harrel Yannick Harrel 18 août 2009 12:23

          Bonjour,

          Ce qui est étrange c’est que l’on se rapprocherait plus du mythe de l’Hyperborée que de l’Atlantide dans ce cas de figure...

          Cependant quelque chose a dû se produire pour qu’un peuple entre en phase de migration avec armes et bagages. L’explication climatique aurait de ce point de vue le mérite d’être plausible.

          Cordialement


        • GéraldCursoux AnnO’Nyme 18 août 2009 12:25

          N’y aurait-il pas quelque chose de commun avec les sculptures de Filitosa en Corse du Sud ? Les « peuples de la mer » ne seraient-ils pas passés par là ? Simple hypothèse d’un béotien qui a lu Braudel.


          • Céphale Céphale 18 août 2009 12:42

            @AnnO’Nyme

            Exact. Sur quelques-unes des statues-menhirs de Filitosa, on distingue l’armement caractéristique des mercenaires qui ont aidé Ramsès II à remporter la victoire de Kadesh en 1286 AC.


          • GéraldCursoux AnnO’Nyme 18 août 2009 16:50

            Je n’ai jamais formulé d’hypothèse aussi hasardeuse. Je suis donc ravi par votre réponse. C’est la photo qui accompagne l’article qui m’a amené à penser aux sculptures de Filitosa. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que les Corses sont ce « peuple de la mer » qui a fait tomber des empires. Pour l’Atlandide je n’ai aucune intuition... c’est un peu comme le Graal... quand je vois le mot je passe à autre chose.
            Merci pour cet article qui nous repose de l’épuisant journalisme citoyen.


          • Philou017 Philou017 18 août 2009 12:32

            Je ne crois pas du tout à l’Atlantide pres de l’angleterre. Une telle présence aurait laissé des traces et des écrits sur le vieux continent.
            Pourquoi ne pas prendre le texte de Platon à la lettre : L’Atlantide était une ile situé au large des colonnes d’Hercules, cad du détroit de Gibraltar. Probablement aux alentour de la mer des Sargasses, qui présente des caractéristiques spéciales. Mais il pouvait y avoir plusieurs iles importantes.

            D’autre part, je pense que la disparition de l’atlantide est plus ancienne que 4000 ans.

            De nouelles découvertes ont été faites :
            Is this Atlantis ?

            Des découvertes qu’on cherche évidemmment aussitôt à décridibiliser :
            http://www.futura-sciences.com/fr/news/


              • Philou017 Philou017 18 août 2009 13:33

                Damned, le dernier lien fait des siennes :
                http://www.thinesclaude.com/le-triangle-des-bermudes.php


              • Pyrathome pyralene 18 août 2009 13:09

                Article fort intéresant,on aurait aimé qu’il fût plus long...peut-être une suite ? Et on retombe sur le mystére de l’Atlantide qui est,malgré toutes les découvertes embarassantes ces derniers temps( merci à Philou pour ces liens) est encore officiellement un mythe,mais en sera t-il toujours ainsi ?
                 Des archéologues se penchent sérieusement sur cette hypothèse
                 


                • Philou017 Philou017 18 août 2009 13:20

                  Yonaguni est une vraie découverte, que nos médias snobent. Pourtant, ca a de la gueule :

                  http://whoyoucallingaskeptic.wordpress.com/2009/06/13/yonaguni-monument/

                  http://zosopercy.wordpress.com/2009/02/20/yonaguni/

                  Mais puisque les experts disent que c’est naturel, faut les croire, c’est des experts.

                  Le Dr Koremasa Tsuji de l’ Université de Guam pense que le responsable de ces formes est le mouvement tectonique des plaques dans la région.

                  MDR


                • Forest Ent Forest Ent 18 août 2009 13:22

                  Article fort intéressant.


                  • Hieronymus Hieronymus 18 août 2009 14:00

                    bonjour
                    interessant cette question des peuples de la mer
                    je constate toujours qu’au dela du 6eme siecle av.J.C. (en gros le debut de la Grece classique) les datations sont incertaines et les informations historiques deviennent tres floues
                    vous parlez au debut du desert de Lybie, j’ai lu qq part que ds l’antiquite la cote lybienne (la Cyrenaique) n’etait pas desertique comme aujourd’hui mais au contraire une region relativement fertile, je crois que c’est la qu’Ulysse echoue en premier en quittant Troie, victime de la colere de Poseidon ..
                    pour parler de l’Atlantide, j’ai ete un tantinet agace il y a qq mois par un article d’AV voulant voir ds la Crete minoceenne (bien avant les Grecs) l’ile de l’Atlantide, j’ai bien ecrit (sans reaction de l’auteur) que l’Atlantide, combien de fois il faut le dire, etait situee ds l’ocean du meme nom, le texte de Platon est pourtant clair : au dela des colonnes d’Hercule cad du detroit de Gibraltar, n’empeche cela deplait car juge par trop fantastique (un continent ou tout au moins une grande ile qui aurait ete englouti il y a seulement 10 a 15000 ans ?) donc on continue a professer contre les textes anciens en allant faire ’coller’ les recits au credo scientifique en vigueur qui place autoritairement les modifications des continents sur des echelles de temps infiniment longues et exit l’Atlantide !

                     


                    • Maindo00 18 juillet 2011 21:03

                      Je pense que si les égyptiens on pu transmette cette histoire a Solon, c’est parce qu’ils en furent plus ou moins témoins et que les conséquence d’une t’elle catastrophe (éruption de santorin et tsunami géant) ont dut ce faire sentir jusque en égypte et que certains crétois avec qui ils commerçaient on dut leurs faire le récit plus en détaille de ce qui c’était passé en mer Égée leurs apprenant par la meme la, disparition de l’ile des « atlantes » . Les égyptiens ne relatent pas des évènement qui ce sont produit dans le lointains (et surement mal connue) océan Atlantique, mais surement dans une mer plus proche . pour ce qui est du nom Atlante en rapport avec atlas , de la localisation du « continent » au dela des colonnes d’ercule je pense que cela résulte d’une liberté par rapport au récit d’origine prise par l’auteur de critias, pour rattacher ce recit a la cosmogonie greque et aussi peut etre a cause d’un manque d’information, après tout le récit de Solon est bien antérieur aux écrit de platon (2 siècle les sépares), en deux siècles de récits orales, beaucoup de détailles durent etre perdu ou modifier , grosis...


                    • jacknico 18 août 2009 14:10

                      voici plus d’infos sur Filitosa et sur les Toréens « Shardannes » :

                      Le site de Filitosa (" lieu planté de fougères "),situé sur une butte près de la plaine fertile du fleuve Taravo, a connu une très longue occupation, de -6000 à la romanisation de l’île (au II siècle av. J.C). Les tribus de chasseurs du Néolithique vécurent sous les abris rocheux, les cultivateurs et bergers sédentarisés de l’Age du Bronze y bâtirent des cabanes de pierre, un castellu ,village fortifié , puis des monuments circulaires, les torre (ressemblant aux nuraghi sardes).

                      Au fil des millénaires, la statuaire, témoignage de la croyance mégalithique, s’y développa, pour atteindre son apogée vers 1800 av.J.C.

                      Les premiers mégalithes accompagnent une sépulture ou des dolmens enterrés.

                      Puis, de simple pierre brute, le menhir s’affine et devient progressivement anthropomorphe  : la tête et les épaules sont ébauchées , jusqu’à l’apogée de l’art statuaire de Filitosa ,les statues-menhirs où sont représentés avec un souci de réalisme les traits du visage, nez, yeux, bouche, menton. Le sculpteur immortalise ainsi l’importance et la force d’un personnage défunt de la tribu, chef civil, militaire, religieux.

                       

                       

                      Les statues-menhirs plus tardives sont armées. On y distingue des casques pourvus de couvre-nuques et munis d’emplacements pour des cornes,des bourrelets de protection des omoplates, de longues épées pendues à des baudriers et des poignards accrochés à la ceinture d’un pagne.

                       Or ces statues ont été retrouvées brisées en tronçons et réutilisées dans la construction des torre , lieux de culte mégalithiques, de Filitosa,. Que représentaient-elles et pourquoi ont-elle été détruites ? Leur signification et leur destination restent aujourd’hui encore obscures bien que différentes hypothèses aient été émises :

                      • Ces statues représentent les chefs ennemis tués au combat, les " Torréens ", peuple guerrier qui débarqua en Corse vers 1600 av J.C . et supplanta la civilisation agro-pastorale de Filitosa. Lorsque les Torréens s’emparent de Filitosa ils détruisent systématiquement ces statues destinées à « emprisonner » leur image et les utilisent dans la construction de leurs propres temples, les torre. Ces Torréens pourraient être les Shardanes, "peuple de la mer" qui s’attaqua à l’Egypte de Ramsès III. La représentation de guerriers shardanes sur les bas-reliefs du temple de Médinet-Habou évoque l’armement des statues de Filitosa : casques arrondis à cornes, larges épées portées sur la poitrine...
                      • Les statues perpétuent l’image des Paladini, chevaliers, chefs-guerriers, protégeant le peuple des pillards,. Les armes ne témoignent pas d’un conflit mais du développement de techniques métallurgiques à Filitosa.

                       

                      • Les pratiques religieuses des populations mégalithiques ont changé et se manifestent par l’édification de temples circulaires dédiés au feu, les torre. Les statues-menhirs sont détruites car elles témoignent des anciennes croyances d’une culture plus pastorale (étaient-elles des symboles phalliques destinés à fertiliser la terre ?). Il reste à savoir pourquoi la plus impressionnante des statues armées, Filitosa VI, a été épargnée ?
                       

                      • kitamissa kitamissa 18 août 2009 14:30

                        votre rétroviseur doit être mal réglé ....vous écrivez je cite : en 1190 une armée... etc etc ,et 3 ans plus tard en 1187 !


                        • Hieronymus Hieronymus 18 août 2009 14:39

                          le temps est a rebours
                          c’est d’abord 1190 avant Jesus Christ
                          puis 3 ans plus tard 1187 av. J.C.


                        • Antenor Antenor 18 août 2009 15:04

                          @ Cephale

                          J’ai plutôt l’impression que les choses se sont passées en sens inverse.

                          Avez-vous remarqué que l’apparition de la culture proto-villanovienne vers -1200 en Italie coïncide chronologiquement avec la date supposée de l’arrivée des Troyens d’Enée et des Etrusques ?

                          Cette culture proto-villanovienne ressemble beaucoup aux dires des archéologues à la culture des champs d’urnes apparue entre le centre de la France et la Bohème au 14ème siècle. Et qui voit-on arriver en Gaule d’après la mythologie grecque à cette époque : Hérakles après sa prise de Troie... Troie où l’incinération des morts était très pratiquée à cette époque.


                          • Antenor Antenor 18 août 2009 15:23

                            Représentation de « Peuples de la Mer » sur un temple égyptien :

                            http://ancientartresourcecentre.files.wordpress.com/2009/05/scan0096.jpg


                            Guerriers sur un vase mycénien :

                            http://bama.ua.edu/ ksummers/cl222/mycenae/mycenaen_vase_warriors_large.jpg


                          • Céphale Céphale 18 août 2009 15:05

                            @jacknico

                            Merci pour ces informations très utiles. Je n’ai fait que reproduire ici l’essentiel du livre de Jean Deruelle, plus savant que moi en la matière. Il parle en effet des « Shardanes », nom donné à des assaillants par les Egyptiens sur les inscriptions du temple de Medinet Habou. De là vient naturellement le mot « Sardaigne ».

                            Les Shardanes n’étaient pas les seuls assaillants. L’inscription cite aussi les « Peleset » (qui donneront plus tard leur nom à la Palestine), et quatre autres peuplades. En bas du magnifique dessin en bas-relief de la bataille navale figure la cohorte des prisonniers. Chaque peuplade est représentée avec ses armes et son habillement.


                            • Céphale Céphale 18 août 2009 16:44

                              On a trouvé en 1961 à Tartaria, en Roumanie, trois plaquettes d’argile cuite de quelques centimètres. Elles portaient des signes apparentés à l’écriture pré-sumérienne, que Wolfang Helck spécialiste du Proche-Orient, a pu déchiffrer. En 1968, un rapport concluait que les tablettes pourraient avoir été « importées » de Sumer.

                              Coup de théatre en 1975 : des datations au carbone 14 effectuées en Russie et en Italie montrent qu’elles ont été écrites en 5000 AC, soit plus de mille ans avant les tables de Sumer.

                              D’où cette hypothèse de Colin Renfrew, chercheur à l’Université de Cambridge : la civilisation sumérienne serait issue de la civilisation danubienne, et non l’inverse. (Problems in European Prehistory, Edinburgh University Press, 1979)

                              De l’Atlantide au Danube, pour Jean Deruelle, il n’y a qu’un pas.


                              • Philou017 Philou017 18 août 2009 19:11

                                Je dirais que dans votre exemple, toute la bêtise de l’historiographie s’étale.

                                Cette obstination folle à vouloir dater l’écriture à Sumer en -3300 et de s’y tenir relève du dogmatisme le plus forcené.

                                Un grand ponte a dit un jour que c’était -3300 et depuis c’est devenu LA vérité. Pourtant, il y a bien des exemples d’écritures antérieures, notamment en Roumanie.
                                 Mes excuses pour l’aparté.


                              • jacknico 18 août 2009 18:47

                                il faut noter , que les Toréens ainsi que les proto Corse , sont tous Dolichocéphale .

                                ceux qui émettent l’hypothèse que les celtes seraient les ancetres des Shardanes ainsi que des Corses est a mon avis une fausse piste .

                                j’ai la certitude que nous sommes issus des étrusques qui comme nous sont Dolichocéphales, a l’instar des Celtes majoritairement Brachycéphale .

                                une hypothèse nous ferait venir d’une migration « vers - 10000 ou 15000 avant JC » du nord Caucase .
                                il existe une etude qui prouve notre cousinage « sanguin »avec les basques qui serait finalement ceux qui apres cette longue migration et arretés par l’ocean, auraient poursuivis leurs colonisation vers le nord et le nord est, creent ainsi de nouveau peuples « irelande, suede, norvege » apres la fin de l’ere glaciere en europe, les celtes ne seront present et ce melangerons a eux que vers le - 5000 ans avant J.C !


                                • Emile Mourey Emile Mourey 18 août 2009 18:48

                                  En ce qui concerne les noms et descriptions de ces Peuples de la mer qui nous sont donnés par le temple de Medinet Habou et le papyrus Harris, certains historiens ont très justement fait des rapprochements linguistiques avec des noms de peuples ou tribus installés en Palestine. Les Peleset seraient les Philistins ; les Danua seraient les hommes de la tribu de Dan ; les Shekelesh seraient les hommes de la tribu d’Issacar ; les Weshesh seraient les hommes de la tribu d’Aser ; les Tjekker seraient les hommes de la tribu de Manassé (cf. Wikipedia).

                                  Tout cela contredit la thèse d’une impressionnante onde migratoire ou grande expédition guerrière qui aurait déferlé par la mer et par voie terrestre, sur l’Asie mineure, le Proche-Orient et l’Egypte depuis le monde grec ou même, d’après d’autres, depuis le centre de l’Europe ou l’Europe du Nord http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=30567

                                  Après la conquête de la Palestine par Josué, le livre des Juges, qui couvre les années 1200, nous relate en détail, pendant de très nombreuses années, la longue et difficile main-mise d’Israël sur la Palestine, sans oublier les retours de fortune et les inévitables conflits de frontières, notamment avec les pays voisins du sud, alliés probables de l’Egypte, d’où l’intervention du pharaon.

                                  Victoire du pharaon sur mer mais aussi victoire du pharaon sur terre comme le prouve l’inscription de la stèle de Mineptah, vers 1200, où il est écrit que le pharaon a rétabli la paix, en Hatti (l’Anatolie), en Canaan, à Ascalon, à Geser, c’est-à-dire dans toute la Palestine, et où il conclut (un peu vite) qu’Israël est détruit et que sa semence n’est plus.

                                  Conflit tout ce qu’il y a de plus classique et habituel entre la Palestine et l’Egypte. Et pas de peuples de la mer venus d’ailleurs.


                                  • Antenor Antenor 18 août 2009 19:10

                                    @ Emile

                                    Dans le Livre des Juges, il n’est mentionné nulle part que les Hébreux ont attaqué en masse le Delta du Nil. Les Hébreux sont cantonnés sur les hauteurs à l’intérieur des terres, ce sont essentiellement les Philistins qui tiennent la côte. Mon sentiment est que le sud de Canaan est resté relativement à l’écart de cette vague de destructions qui a touché essentiellement la Grèce et l’Anatolie. L’écroulement de Mycène et Hattousha auquel la guerre de Troie n’est sûrement pas étrangère a dû provoquer une « onde de choc » dans toute la région.

                                    D’après mon encyclopédie, l’archéologie montre qu’à cette époque la côte philistine n’a pas subi de destructions ce qui invalide l’hypothèse d’une invasion de Philistins venus de Crête. Les auteurs de la Bible eux-même qui n’ont aucune raison de faire de fleurs à leurs belliqueux adversaires admettent que la présence des Philistins remonte à avant Abraham. Par contre, l’intérieur du pays est en ruine, ce qui correspond bien au Livre des Juges où on voit les Hébreux subir la colère de Dieu (du Pharaon ?) et se faire étriller par leurs voisins chaque fois qu’il s’écartent du droit chemin. A cette période, les Hébreux sont globalement en position de faiblesse, je les vois mal tenter des expéditions de ce genre.


                                  • Antenor Antenor 18 août 2009 19:15

                                    « il est écrit que le pharaon a rétabli la paix, en Hatti »

                                    Je me demande comment il faut comprendre cela. Paix = destruction de l’empire hittite ?


                                  • Antenor Antenor 18 août 2009 19:31

                                    Pour le règne de Mérenptah, je veux bien admettre que cela puisse être un conflit cananéo-égyptien mais sous Ramses III, les textes égyptiens parlent de villes qui tombent depuis le Hatti et même l’Arzawa (royaume ouest-anatolien), jusqu’à l’Amourou, sans oublier Ougarit détruite dans la foulée. Achéens ( commandités par les Egyptiens ?) et Hittites ont dû se saigner à mort entraînant toute la région dans la tourmente.


                                  • Emile Mourey Emile Mourey 18 août 2009 20:57

                                    @ Antenor

                                    Que le pays intérieur de la Palestine soit en ruines, cela s’explique par le fait que les différentes tribus des Hébreux ont poursuivi l’opération de conquête initiée par Josué mais cela prouve aussi que les différentes tribus maintenaient sous les armes des contingents militaires relativement importants, sinon elles n’auraient pas pu se maintenir face aux populations spoliées. Que le livre des Juges se lamente sur la division du peuple élu, fustige les tribus qui se compromettent avec les autochtones et appelle à l’unité, cela prouve bien que le pays est toujours en état de guerre. La division des tribus est la conséquence de la politique de conquête décentralisée qu’a voulu Josué pour être plus efficace, mais il apparait aussi qu’elles étaient capables de se rassembler face au danger commun. Et quand, après une grande bataille, le livre dit que le pays fut tranquille pendant quarante ans (Jug 5, 31), cela signifie que les Hébreux ont imposé au pays l’ordre hébreu, même sur des ruines, et confirme la puissance militaire du peuple dit de Dieu.

                                    Vous dites que dans le Livre des Juges, il n’est mentionné nulle part que les Hébreux ont attaqué en masse le Delta du Nil, c’est exact mais la stèle de Minepta prouve qu’il y a bien eu affrontement. Cela devrait correspondre à la période où Israël se dit opprimé par ses voisins soutenus par l’Egypte, avant que Jephté la libère (Jug 10, 6-18). D’autre part, il faut relativiser, la propagande et l’exagération étant de tout temps et surtout au temps des pharaons. L’inscription de la stèle de Minepta le prouve en ce qui concerne la victoire pharaonique terrestre puisque la semence d’israël n’a pas été détruite. Quant à la victoire remportée sur mer, ce fut plutôt une réaction de défense contre une flotte hébraïque agissant dans le cadre du conflit. Et Dan, pourquoi séjourne-t-il sur des vaisseaux ? Aser reste sur le littoral de la mer et dans ses ports il demeure  (Jug 5, 17).

                                    Le problème se trouve dans les datations très floues que l’on propose. D’après celle que je propose, cela devrait coller, mais je reconnais que l’affaire était peut-être plus complexe qu’on ne pense. David qui se réfugia chez les Philistins montre bien que des alliances provisoires étaient possibles entre le peuple hébreu et ses ennemis héréditaires et votre lien sur votre vase mycénien montre des guerriers portant casque à cornes, ce qui est à rapprocher de Premier-né du Taureau, à lui la splendeur !
                                    Cornes de buffle, ses cornes !
                                    Avec elles, il heurtera les peuples tous ensemble jusqu’aux confins de la terre. (Deut 33, 17)


                                  • Emile Mourey Emile Mourey 18 août 2009 21:29

                                    @ Antenor

                                    Vous dites : Pour le règne de Mérenptah, je veux bien admettre que cela puisse être un conflit cananéo-égyptien mais sous Ramses III, les textes égyptiens parlent de villes qui tombent.

                                    Oui, rien de contradictoire, à mon sens, avec la différence toutefois que les villes qui tombent me semblent plutôt aller dans l’intérêt et dans le prolongement de l’opération de conquête des Hébreux, notamment la chute de l’empire hittite, un dangereux rival. Cela suppose un changement de politique. D’ailleurs, la fin du règne de Ramsès semble avoir laissé les Hébreux tranquilles jusqu’à l’avènement d’un Salomon marié à la fille du pharaon.


                                  • Emile Mourey Emile Mourey 18 août 2009 21:33

                                    Ramsès III


                                  • Antenor Antenor 19 août 2009 00:08

                                    La réponse se cache peut-être derrière cette phrase étrange de la stèle de Mérenptah : le Hatti est en paix. Je ne sais pas trop comment l’interprèter. L’Egypte a peut-être réuni une vaste coalition cananéo-syrienne qui lui a permis de vaincre les Hittites. Les armées égyptiennes n’y ayant pas directement participé cela expliquerait pourquoi le pharaon ne s’en vante pas plus que cela. Cette coalition après avoir pris Hattusha se serait ensuite retournée contre l’Egypte.


                                  • Antenor Antenor 19 août 2009 00:13

                                    A rajouter éventuellement à la coalition : les Egéens attaquant par l’Ouest.


                                  • Antenor Antenor 19 août 2009 00:28

                                    Un peu de politique-fiction :

                                    Mérenptah qui annonce que le Hatti est paisible appartient à la 19ème dynastie basée à Pi-Ramses en Basse-Egypte. Ramses III qui a dû affronter l’assaut principal des « Peuples de la Mer » quelques années plus tard appartient à la 20ème dynastie de Thèbes en Haute-Egypte. Le passage de la 19ème à la 20ème dynastie s’est effectué dans des conditions pas très claires. Qui sait si parmi les assaillants à l’époque de Ramses III il n’y avait pas des membres de la dynastie déchue ? Ces derniers se battaient peut-être sous les murs d’Hattousha lorsque les Thèbains les ont poignardé dans le dos, ils ont dû modérément apprécier.


                                  • Emile Mourey Emile Mourey 19 août 2009 09:34

                                    @ Antenor

                                    Vous dites : A rajouter éventuellement à la coalition : les Egéens attaquant par l’Ouest.

                                    Je serais assez favorable à votre hypothèse. Menacé sur terre par la pression des Hébreux, l’empire hittite se trouvait en position de faiblesse. Sur le plan de la stratégie militaire, c’était une bonne occasion pour les Egéens de régler les vieilles et récentes querelles qu’ils avaient avec leur ancienne colonie de Troie.

                                  • CASS. CASS. 15 août 2013 07:18

                                    mr Emile Mouray vous avez entendu parler des khazars (envahisseurs, avec les huns les attila ... ...) vous savez ces khazars, (dont les rothschilds par ex) convertis à un certain pharisaÏSME ( dit judaîsme d’un juda qui aurait vécu donc à la même époque qu’un certain jésus le judéen car habitant en judée.le judaîsme donc n’ayant pas pu existé avant.
                                     donc très très longtemps après que ces terres de canaan, baaliste, philistine etc ne furent rebaptisée par miracle judée samarie etc, . et tonnes de plagiats, inventions et cie mainte et mainte fois remaniées.Bref le judAÏSME mais PHARISAÏSME en fait par un certain flavius joseph) très très prosélyte ma foi. à partir du 8éme siécle de notre ére. ce qui a généré progressivement un certain talmud et donc les jew modernes qui n’ont absolument rien à voir de toutes façons avec l’ Egypte et son histoire, avec canaan la falestine etc ni avec la tho ra (en deux mots) qui fut écrite par un scribe perse , entre autre et donc des milliers d’années avant ce talmud des jew modernes qui n’a donc rien à voir avec la Tho ra initiale. D’après vos com. Je présume que vous préférez que l’on n’en parle pas.de ce pharisaÏsme dit judaÏsme prosélyte à souhait.ni de ce talmud n’est - ce pas.

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