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Deux magnifiques épouvantails dans un « théâtre magique réservé aux insensés »

Hermann Hesse aurait pu s’en inspirer pour entraîner le loup des steppes dans le Cirque des Mirages. Le théâtre du Trianon, au pied de Montmartre, a accueilli jeudi soir ce formidable cabaret qui a plongé une salle comble « dans les arcanes du temps » (nom de son nouveau spectacle). Nul n’en sort indemne, le public est émerveillé.

La magie de Yanowski réside dans son immense talent à nous inviter dans un univers intense et poétique, révélant une atmosphère mystérieuse et des ombres inquiétantes qui flirtent avec délices avec les détours de l’âme humaine. Sur une scène sans artifice, le piano de Fred Parker fait battre le cœur des chansons et nous berce dans leur monde onirique. Un spectacle tout en élégance, en jubilation et en protestation subtile. Le Cirque des Mirages nous dévoile les secrets des rues de Londres et de New York de la fin du XIXe siècle, les montreurs de monstres et les savants fous. Un poète endetté reçoit la visite d’un huissier de justice quelque part en Russie. Le diable apparaît tout à coup devant nous, avec son chat, et un romantique endetté vend son âme au démon du jeu. Ils sont gangsters ou apôtres du Christ alcoolique. Nous sommes émus devant le "terrible enfant à gueule de chien" et hilares à suivre un touriste allemand dans son voyage en France. Égarez-vous dans le Cirque des Mirages, faites ce détour, rien que pour voir le sourire magnifique de Yanowski quand il chante l’amour. Rejoignez la marche de ces deux "épouvantails", ce titre a clos le spectacle au théâtre du Trianon. Parker et Yanowski nous ont alors raconté :

"Je les ai vus qui tournaient dans le vent
Et leurs têtes éclaboussaient les étoiles de paille
Je les ai vus dans le feu du couchant
Les mains dévorant l’infini les cheveux en bataille
Au soir parfois les poètes ressemblent à ces épouvantails..."
Et nous les avons vus et nous les avons crus et nous sommes partis, nous aussi, changés...

Le Cirque des Mirages a sorti deux disques : en 2004, treize premières chansons En public et douze autres, en 2005, avec Fumée d’opium. Le prochain est attendu avec impatience. En attendant, vous le verrez parfois jouer à Paris dans le sous-sol de L’Ogre à plumes et dans la salle du Limonaire, là où il fait bon être.

Le Cirque des Mirages, ce serait Boulgakov qui aurait demandé à Edgar A. Poe d’écrire pour un concert de jazz. Le Cirque des Mirages, c’est surtout un spectacle unique et inclassable.

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