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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Gaston Lagaffe, le jeune de soixante ans

Gaston Lagaffe, le jeune de soixante ans

« Pourquoi fait-on des dessins affreux ? Je crois que c’est surtout pour le plaisir simple et bête de faire des grimaces… En cherchant un peu plus loin, on trouverait peut-être que c’est pour transformer en gag la crainte du vieillissement, de la maladie, du cercueil ! S’il n’est pas ce remède, le dessin d’horreur est un dévergondage, ce qui n’est pas une raison pour que je m’en abstienne. » (André Franquin).



Dans le numéro 985 du "Journal de Spirou" sorti le 28 février 1957, un curieux personnage a fait son apparition pour la première fois. Il y a soixante ans exactement. Un jeune probablement pas très diplômé mais débrouillard, plein de tendresse et d’astuces, aussi un peu paresseux sur les bords, est devenu, au fil des bandes et des semaines, un héros. Ou plutôt, un anti-héros. Mort il y a un peu plus de vingt ans (le 5 janvier 1997 à 73 ans et 2 jours), André Franquin, futur auteur des "Idées noires", a créé Gaston Lagaffe. Son premier gag a été publié dans le "Journal de Spirou" numéro 1000, le 13 juin 1957.

À une époque des super-héros des "comics" américains, de Superman à Batman, l’arrivée d’un anti-héros à la vie plus que banale pouvait choquer. Aux côtés de Spirou et Fantasio, reporters aux aventures aussi exotiques que passionnantes, l’auteur a fait recruter un employé de bureau terne et sans aspérité. Et surtout, sans emploi précis.

La bande dessinée a "pris" tout de suite, car elle "parlait" à de nombreux lecteurs. La vie insipide de bureau, avec son chef de service hystérique (Prunelle ici), sa collègue au sourire rose en dents de scie (mademoiselle Jeanne), au comptable toujours rabat-joie (Boulier), etc. permettait une rapide identification.

Dans les premières années, le supérieur hiérarchique de Gaston était Fantasio, mais lorsque, en 1969, Franquin a laissé Jean-Claude Fournier reprendre les personnages de Spirou et Fantasio pour mieux se consacrer à Gaston Lagaffe, il a préféré choisir un nouveau personnage pour ne pas créer une double image de Fantasio : « Il ne pouvait y avoir deux Fantasio différents dans le même journal. Je connais la logique des lecteurs et les lecteurs n’auraient pas accepté ça ! » (Franquin). Ce fut Prunelle, en tant que rédacteur en chef du journal, qui remplaça Fantasio. Fantasio a fait sa dernière apparition auprès de Gaston Lagaffe le 8 avril 1971.

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Le ressort comique, c’était que justement, malgré cette vie terne et sans aventure, on pouvait y mettre de l’humour, de la poésie, de la créativité, même des rêves (sur une île déserte), avec quelques éléments récurrents qui se déclinaient de mille manières, comme le fameux courrier en retard.

Car si l’on comprend bien, Gaston Lagaffe était avant tout affecté aux réponses aux courriers des lecteurs. En fait, c’était son rôle a posteriori qui est survenu lors de son licenciement le 15 décembre 1960 (après avoir installé une vache dans la rédaction), mais heureusement, les lecteurs ont envoyé par milliers tellement de demandes pour qu’il fût réembauché par Dupuis que ce fut le cas le 19 janvier 1961. Pour se faire pardonner, Gaston Lagaffe a alors promis le 2 février 1961 qu’il répondrait personnellement aux milliers de lecteurs qui l’avaient soutenu.

Franquin ne s’était pas gêné pour prendre comme contexte la propre vie d’une maison d’édition de bandes dessinées, les éditions Dupuis, avec un patron, monsieur Dupuis, qui n’apparaît jamais dans les histoires mais avec cette réflexion répétée sans arrêt : mais pour quel travail Dupuis paie-t-il donc l’employé Gaston ?!

Autant dire qu’en 1958, on était en plein dans les Trente Glorieuses. La génération du baby-boom était adolescente, la France était en pleine crise algérienne et institutionnelle et De Gaulle allait revenir au pouvoir, établir des institutions stables dont la classe politique de 2017 bénéficie encore, et lancer un programme d’industrie et d’innovation qui a encouragé le progrès technologique et économique de la France (raffineries de pétrole, nucléaire, aéronautique, spatial, etc.).

Cela signifiait que si la situation morale et politique était assez incertaine, la situation économique n’avait rien de comparable à notre époque, et le chômage était quasi-inexistant. Beaucoup de postes, dans les années 1960, furent pourvus sans forcément tous les diplômes nécessaires, faute de main-d’œuvre suffisante.

Aujourd’hui, des Gaston Lagaffe, il ne peut plus y en avoir. Ils auraient été virés depuis longtemps. C’est dommage, car cette bande dessinée démontre que justement, aussi improductif se montre-t-il, Gaston Lagaffe est sans doute un élément moteur dans la cohésion sociale de son entreprise, polarisant haine ou passion autour de lui, créant du lien social, sollicitant l’entraide solidaire, la coopération, l’empathie au point de partager au nouvel an un bon rhume avec tous ses collègues !

Car le personnage est évidemment attachant, plein de ressources, un peu le débrouillard face aux règles, règlements, obligations, etc., le "Français résistant", qui contourne les règles, et en même temps, la bonne humeur, l’optimiste, le souriant, le généreux, le cœur sur la main (il n’y a aucune arrogance dans ce personnage, par exemple). Je parle de Français mais l’auteur est belge et Gaston est probablement un Belge.

Gaston Lagaffe est comme Spirou, Lucky Luke, Astérix ou même les Schtroumpfs, il est habillé toujours de la même manière. Des espadrilles bleues savate, des chaussettes rouges, un jeans noir, un pull à col roulé vert. Son nombril est à découvert, préfigurant la mode des années 2000 aux pantalons taille basse. Comble du politiquement incorrect d’aujourd’hui, Gaston Lagaffe, au début, fume des cigarettes (comme Lucky Luke du reste à la même époque).

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Comme c’est un doux rêveur, c’est un écologiste avant l’heure, aimant la nature, les animaux, la forêt, les champs. Le père Gustave est l’un de ses amis paysans. Il a apprivoisé un chat et une mouette rieuse qui a mauvais caractère. Tous les deux de vils animaux prêts à entrer dans le jeu des gaffes. Vu comment est dessiné le chat, j’imagine que Franquin a dû partager son existence avec quelques chats très joueurs. Gaston sauve de nombreux animaux de la mort certaine, comme un homard à qui il évite le bain bouillant au restaurant et qui devient combiné téléphonique pour le pauvre Fantasio (le téléphone homard fut une sculpture en plastique et métal de Salvador Dali créée en 1938 et qui pouvait être visible à Paris en 2013).

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L’interlocuteur numéro un de Gaston est Prunelle, barbu à lunettes et fumeur de pipe (il est apparu pour la première fois le 19 juillet 1962). C’est son chef mais aussi son compagnon de gaffe, souvent sa victime. Il est souvent en colère contre Gaston mais parfois, il apprend avec lui, ou il est associé à diverses inventions. Son cri le plus connu est : "RROGNTUDJÛ", dont la traduction (littéralement "nom de Dieu") est peu éloignée du "M’enfin !" de Gaston, le "M" désignant bien sûr le mot de Cambronne en éclipse. À noter que Prunelle voussoie Gaston alors que Gaston tutoie Prunelle. Généralement, ce serait plutôt l’inverse, le chef de service tutoierait le jeune collaborateur.

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En revanche, ses collègues le tutoient, comme Lebrac, le dessinateur stressé (car son dessin était à livrer pour hier). Et Gaston Lagaffe n’est jamais pour rien dans le stress du dessinateur, comme la fois où il a eu l’idée de lui accrocher sa gomme au moyen d’un élastique pour qu’il ne la perde plus, mais cela l’énerve car elle ne fait qu’osciller. Gaston lui dit alors : « Le chat réagit mieux que toi. Il a vu tout de suite le côté amusant. ». Lebrac est probablement l’autocaricature de Franquin lui-même.

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Préposée aux archives, mademoiselle Jeanne, à la grande queue de cheval rousse, est l’amoureuse timide et fascinée, admiratrice de toutes les idées les plus loufoques de Gaston Lagaffe. Elle est apparue pour la première fois le 15 novembre 1962. L’amour ne reste cependant que platonique et ils se voussoient. Gaston l’amènera en week-end champêtre, lui fera écouter de la belle musique avec son fameux gaffophone (apparu le 9 mars 1967), qui dépouille les sapins de leurs épines, lui montrera ses dernières inventions (le canapé de type crotte de mammouth composé… des courriers en retard), etc. et elle sera même l’héroïne des songes langoureux sur une île déserte, cascade d’eau, plage paradisiaque, hamac entre deux palmiers, requins dans la mer que Gaston-Tarzan saura éventrer au bon moment, etc.

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Comme il a une vie en dehors du boulot, Gaston fréquente aussi d’autres personnages que ceux des éditions Dupuis : son ami Jules-de-chez-Smith-en-face est l’alter ego du gaffeur dans le bâtiment en face, leur association permet évidemment plus de gags et plus d’astuces pour ne pas travailler. Il y a aussi Bertrand Labévue, ami dépressif prêt à passer sa vie dans une poubelle.

L’un des personnages souvent en colère, c’est Longtarin, l’agent de police, celui préposé à la circulation (autant dire qu’il n’y en a plus de nos jours, les feux rouges sont maintenant munis de caméras de surveillance), et avec Gaston, il joue au chat et à la souris (la souris étant Lagaffe). Il faut dire aussi que le vieux tacot (une Fiat 509) a toutes les caractéristiques pour rendre dubitatif devant les éventuelles infractions au code de la route (précisons que le contrôle technique n’était pas encore obligatoire, ce qui permet ainsi l’utilisation de charbon de bois, par exemple, pour faire tourner le moteur !). Inutile de préciser que cette bande dessinée ne donne pas une image très flatteuse des forces de l’ordre, l’auteur étant lui-même antimilitariste.

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Franquin s’est montré presque visionnaire en présentant Gaston Lagaffe comme l’inventeur de l’airbag (pas encore tout à fait au point car il étouffe le conducteur ; comme dira Prunelle, dans un accident, ça fait plus propre !), ou encore le moteur électrique (d’une manière très naïve, avec une pile électrique géante).

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Les gags avec la voiture de Lagaffe font aussi penser au film "Trafic" de Jacques Tati, avec le barbecue intégré à l’habitacle. Longtarin ne cesse de vouloir verbaliser Gaston qui lui invente beaucoup de bricoles, la sucette géante en guise de panneau de sens interdit, la grue dans un arbre pour stationner en hauteur, la tirelire en forme de parcmètre, etc.

Au-delà de toutes les inventions technologiques plus ou moins farfelues, Gaston Lagaffe est connu aussi pour sa passion de la chimie. Il fait de nombreuses expériences de chimie amusante, et aussi de gastronomie, mais c’est la même discipline pour cet employé de bureau. Ce type d’activité a certainement suscité de réelles vocations, chez des enfants fascinés, à devenir chimistes… même si les expériences de Gaston finissent toujours mal, avec une explosion, un incendie ou une catastrophe de même envergure !

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La culture n’est pas négligée puisqu’on peut par exemple voir la description d’une voûte romane en guise de rangement de la bibliothèque. Différents équipements sportifs sont également présentés, comme la boule de bowling qui est évidemment rangée en haut d’une armoire, ou un jokari avec une super-balle reliée à un élastique très long, faisant le bonheur du matou.

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Gaston Lagaffe joue aussi un rôle essentiel, volontairement ou involontairement, pour empêcher toute signature des contrats très importants avec le terrible homme d’affaires "gros plein de soupe" De Mesmaeker, qui est apparu pour la première fois le 17 mars 1960 ("Journal de Spirou" numéro 1144). Il ressemble au père de Jidéhem, dont le vrai nom est Jean De Maesmaker ("coutelier" en flamand, mais avec le jeu de mot bienvenu "mess maker", faiseur de pagaille, en anglais) : « Jidéhem est arrivé un jour en riant et disant : il ressemble à mon père. (…) Si vous me donnez votre permission, je l’appelle De Mesmaeker ! Il était d’accord et on l’a fait. » (Franquin).

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Jidéhem était le dessinateur de décors des bandes dessinées de Franquin et s’occupait aussi de leur encrage, et son père, lui, était un vrai responsable commercial et avec la notoriété de Gaston Lagaffe, il a eu beaucoup de mal à être pris au sérieux pour faire signer ses contrats commerciaux ! Au départ, d’ailleurs, Jidéhem aurait dû récupérer la série de Gaston Lagaffe, mais Franquin trouvait qu’il dessinait avec le trait trop raide pour le mou Gaston : « Gaston, finalement, je ne le sens pas : il est trop souple pour moi ! » (Jidéhem).

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Ce fut dans le numéro 2776 du "Journal de Spirou" le 25 juin 1991 que fut publiée la dernière planche de Gaston Lagaffe. Le dernier album de Gaston Lagaffe, seizième à l’origine mais dix-neuvième en comptant les rééditions (à cause de différents formats, il y a eu un véritable désordre dans la numérotation des albums dès les années 1970 !), est paru à titre posthume le 7 décembre 1999 aux éditions Marsu Productions, titré depuis 2009 "Faites gaffe à Lagaffe".

Cela fait une vingtaine d’années de Gaston Lagaffe est à la retraite (normal, quand on s’appelle Gaston Lagaffe, de prendre sa retraite à 40 ans !), et c’est une immense désolation qu’il ne reprenne pas un peu d’activité pour satisfaire ses nombreux adorateurs dont je fais partie. Précurseur, Gaston Lagaffe, bien avant l’heure, est peut-être finalement le bon prototype du jeune de la "génération Y" !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 février 2017)
http://www.rakotoarison.eu

(Toutes les illustrations sont des dessins réalisés par André Franquin pour les éd. Dupuis, sauf indication contraire).


Pour aller plus loin :
Gaston Lagaffe.
Inconsolable.
Les mondes de Gotlib.
René Goscinny.
Tabary.
Hergé.
Comment sauver une jeune femme de façon très particulière ?
Pour ou contre la peine de mort ?

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10 réactions à cet article    


  • Algunet 28 février 11:15

    Merci pour cet article qui me rappelle de si bons souvenirs !

     smiley

    • LE CHAT LE CHAT 28 février 12:11

       Gaston est l’une des BD préférée des français , merci pour cet article nous divertissant du monde

      des politiciens sur lesquels il y aurait beaucoup d « idées noires » à dessiner ! smiley


      • Rincevent Rincevent 28 février 14:40

        Tiens, moi qui croyais tout savoir sur Gaston j’en ai encore appris une. De Mesmaeker a vraiment existé ! Ça a dû être effectivement dur pour lui, au bureau… En tant que vieil enfant, j’avais fait le déplacement à Paris pour l’exposition Franquin, à la Cité des Sciences en 2005. Pas déçu du voyage : outre la Fiat, la Turbotraction de Spirou (réalisée par le carrossier Sbarro, s’il vous plait) : https://www.autogespot.com/sbarro-turbot-rhino-i/2011/10/27 la forêt de Palombie du Marsu, le fauteuil-main, etc. Bref, tout l’univers connu de Franquin, plus un beaucoup plus sombre, les idées noires : https://fr.wikipedia.org/wiki/Id%C3%A9es_noires_(bande_dessin%C3%A9e)

        C’était un autre monde. Aujourd’hui, Gaston serait dans la longue file qui conduit à Mr Paul Emploi et personne n’aurait envie d’en faire un BD…


        • juluch juluch 28 février 15:38

          Waou ! j’adore Gaston Lagaffe, j’ai tous les albums, un personnage atypique....


          J’ai connu les premiers album dans la salle d’attente d’un toubib je devais avoir 8 ans !!

          super d’avoir fait un article sur lui merci à vous pour le partage !!
           smiley

          • Pseudonyme Pseudonyme 28 février 16:39

            Une gauchiasse ce Lagaffe.... fainéant comme un intermittent !  smiley Je comprends que certains, ici, s’y reconnaissent . Voir tous les intervenants ....

            .

            bon ben c’est pas tout ca faut que j’aille ranger mes outils au grenier, c’est que ca rouille vite ces trucs là .... m’enfin !!


            • Pseudonyme Pseudonyme 28 février 16:40

              Même son chat est con ... faut quand même le faire !!! 


            • juluch juluch 28 février 18:48

              @Pseudonyme
              La mouette est pas mal aussi.....


            • Le421 Le421 1er mars 09:48

              @Pseudonyme
              Désolé.
              Dans vote cas, y’a pas de médicaments pour vous soigner.

              Mais l’avantage, c’est que l’on comprends mieux la relation entre les gens d’extrême droite et la culture, l’art... En ce sens, votre réaction est intéressante.


            • Aristoto Aristoto 28 février 19:06

              On voit bien dans ton jeu Rekoto avec tes articles hommage pour Camus ou sur la BD...te donner une image correcte et intellectuellement honnete pour a coté nous reflier sans vergogne tes salades habituelle ! Va te pendre wé !


              • velosolex velosolex 1er mars 09:45
                « Aujourd’hui, nous dit l’auteur, des Gaston Lagaffe, il ne peut plus y en avoir. Ils auraient été virés depuis longtemps... »

                Ouai...Tu peux croire...Surement au niveau du pékin normal. Au niveau parlementaire, c’est autre chose. Rekoto est bien placé pour le savoir, lui qui fait l’éloge de son maitre à penser à longueur d’articles.

                Quel est le point commun entre les deux héros de l’auteur, Fillon et Lagaffe ? Plusieurs, en fait :
                -Les deux n’en branlent pas une, mais ont toujours pleins d’idées pour les autres ;
                - Malgré toutes les casseroles que l’un a accroché derrière sa torpédo, et l’autre à ses basques, ils sont toujours à leurs postes, les conneries qu’ils font semblent être oubliées sur l’heure

                Les différences.
                -Mademoiselle Jeanne, l’attaché parlementaire de Gaston, fait un vrai travail. 
                -Gaston installe les vaches dans son bureau, alors que Fillon nous prend pour des boeufs. 

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