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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Jeune, jolie et prostituée : le tiercé gagnant pour les critiques français (...)

Jeune, jolie et prostituée : le tiercé gagnant pour les critiques français ?

Sous des dehors de simple phénomène cannois, Jeune et Jolie a une fois de plus libéré la parole sexiste. Désormais célèbres, les propos tenus par le réalisateur François Ozon à une journaliste du Hollywood Reporter ont été relayés par la presse française et ont suscité leur lot de réactions. Aujourd’hui, on parle de polémique. Mais avant ces débordements, un certain nombre de journalistes avaient déjà franchi quelques limites dans les critiques du film.

Jeune et Jolie, c’est donc l’histoire d’Isabelle, une jeune fille de 17 ans issue de la bourgeoisie, et qui choisit de se prostituer. Pas vraiment de quoi grimper au rideau – du moins pas pour la gent féminine. Mais après tout, quelque soit le sujet d’un film, si racoleur soit-il, la liberté d’expression artistique est une valeur qui nous est chère à tous. Il suffisait pourtant de lire certaines critiques presse pour comprendre que quelque chose ne tournait déjà pas rond avant les déclarations de M. Ozon sur la prostitution en tant que fantasme féminin. Trop occupés à s’émouvoir devant le physique de l’actrice Marine Vacth, nos critiques de cinéma auraient-ils perdu leur esprit critique ?


Un film parait-il dérangeant

Afin de lever toute ambigüité, je précise que je n’ai pas vu le film. Pas encore. Car non, je ne suis pas à Cannes. Le propos de cet article n’est donc pas de juger le film lui-même mais de faire ressortir un certain imaginaire qui se dégage des échos de la presse.

S’il est un mot que l’on a beaucoup lu ces derniers jours à propos de Jeune et Jolie, c’est bien le terme dérangeant, souvent doublé de ses variantes que sont perturbant ou choquant. C’est ainsi qu’Evène nous parle de «  film mystérieux et dérangeant  » et de « dérangeante inspiration », Lacroix.fr de « sujet dérangeant » et Rue89 de « parcours initiatique mystérieux et dérangeant ». De son côté, Europe1.fr désigne un film « qui pourrait choquer », cependant que Puretrend.fr n’y va pas avec le dos de la cuiller avec une expression galvaudée de nos jours : « film coup de poing ».

En lisant les premières critiques, je m’attendais donc à des réactions contrastées : déjà un scandale à Cannes ? J’avais tort, du moins jusqu’aux propos navrants de François Ozon face à la journaliste Rhonda Richford du Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/news/cannes-francois-ozon-says-a-525566). Auparavant, on ne peut pas dire que Jeune et Jolie ait su s’entourer d’un parfum de scandale. Nous avons plutôt eu droit à un discours unique, souvent dithyrambique. Le sujet latent – la prostitution choisie – est passé comme une lettre à la poste.

Or si l’on s’intéresse au seul sujet de la prostitution chez les jeunes et notamment les étudiants, il faut tout de même remettre les choses en place. Depuis quelques années, plusieurs universités tirent la sonnette d’alarme sur le phénomène certes pas nouveau mais croissant de la prostitution estudiantine. Précarité grandissante, coût de la vie, crise du logement, marché de l’emploi sinistré y compris pour les petits jobs d’appoint ou l’intérim, les causes sont nombreuses. Selon l’UNEF, la précarité concernerait plus de 10% des étudiants, ce qui représente 230 000 jeunes. A l’Université de Rennes, un sondage révélait récemment que sur 1 500 étudiants ayant répondu, 150 avait déjà songé à la prostitution et 30 l’avaient déjà fait (Ouest France, article du 9 avril 2013 : http://www.ouest-france.fr/actu/societe_detail_-La-prostitution-gagne-les-bancs-de-l-universite-_3636-2181525_actu.Htm). A Poitiers, on s’affole également suite au témoignage courageux d’une ancienne étudiante et prostituée. La campagne « Osons en parler » a d’ailleurs été lancée il y a quelques mois par l’Afep, avec le soutien de la Médecine Préventive Universitaire, de l’Université de Poitiers, de la Mairie de Poitiers ou encore du Crous. « Ils seraient 40 000 étudiants à se prostituer pendant le temps de leurs études, dont une écrasante majorité de jeunes femmes », nous apprenait encore récemment le site de France 3 Poitou-Charentes.

Si un cinéaste demeure libre de son propos, les critiques, eux, se doivent de remettre celui-ci en perspective par rapport à son contexte social. Le relier au phénomène de la prostitution estudiantine eut été une piste de réflexion valable, bien que non-exclusive, afin de juger de sa pertinence. La journaliste et professeure Karin Badt le fait très bien dans sa critique publiée sur le Huffington Post version anglaise (http://www.huffingtonpost.com/karin-badt/prostitution-as-a-teenage_b_3297896.html). Si l’on en croit cet article, l’enseignante ne serait d’ailleurs pas la seule à avoir émis quelques doutes, au sein de la presse étrangère, quant à la « légèreté » avec laquelle la prostitution est envisagée par le réalisateur François Ozon.

Où sont passés ces questionnements dans la presse française ? Si les émotions suscitées par un film ne se discutent pas, le contenu se doit d’être débattu dès lors qu’il s’attaque à un sujet aussi sensible, dès l’instant où il présente comme un choix une activité aussi destructrice. A quelques exceptions près, les échos de Jeune et Jolie démontrent une chose : les enjeux liés aux représentations des femmes et de leur sexualité n’intéressent que mollement les détenteurs de la parole.


Quelques grammes de poésie dans un monde de machos

On comprend aisément pourquoi nos journalistes ont pour beaucoup oublié de questionner le propos du film : ils étaient tous hypnotisés par le physique de Marine Vacth (c’est donc encore la faute d’une femme, en fin de compte !). Soulignons à ce titre que les critiques de Jeune et Jolie portent les signatures d’une écrasante majorité d’hommes.

Face à cette vacuité idéologique, il faut voir les envolées lyriques de nos chers journalistes devant le physique de l’actrice : de vraies midinettes !

On commence doucement avec LeFigaro.fr qui nous parle de « Marine Vacth, nouvelle déesse d’Ozon ». Sur L’Humanité, on se lèche les babines : « Nous sommes en été et le soleil brûle la peau appétissante de son corps idéalement bronzé ». Toujours dans le registre culinaire et parfumé, Libération nous explique l’on fait fausse route si l’on prend la belle pour un « bonbon » : « Car si la demoiselle de 23 ans est d’une plastique rare, une bouche perlée et un petit corps de lolita timide, son charme esquive toute niaiserie, lorgne vers le vénéneux, le toxique. Boulette d’opium plus que mignardise ». Dans le journal Le Monde, édition du vendredi 17 mai, on s’y perd entre l’actrice et le rôle qu’elle interprète : « la jeune fille, beauté fascinante, offerte ici et là sur les mâts-affiches d’une Croisette battue par des rafales de pluie ». Offerte à qui ? Peut-on dire que le physique avantageux de Ryan Gosling nous est « offert » sur l’affiche de Only God Forgives ?

De son côté, Slate.fr théorise sur les forces du film, dont la première tiendrait à : « la beauté de Marine Vacth qui joue Isabelle, beauté d’autant plus troublante d’être de manière aussi instable entre adolescente et femme, enfant éperdue et allumeuse, force érotique et être mélancolique ». Oui mais attention, le journaliste tient à lever une ambigüité : il s’agit bien de la beauté, et non du talent, de Marine Vacth. Le véritable talent, lui, appartient à l’artiste génial (et donc forcément homme) qui a su la sublimer : « La jeune actrice est assurément très charmante, mais pour faire percevoir, et faire vivre dans la durée cette complexité, il faut en outre une mise en scène inhabituellement subtile ».

La mise en scène n’est cependant pas du goût de tous. Certains déplorent l’absence de scènes explicites, comme le souligne l’article de LeFigaro.fr consacré aux réactions sur Twitter : « Au-delà du sex-appeal de Marine Vacth ? Certains tweets regrettent un film hermétique et une mise en scène finalement assez chaste. Trop pudique, la caméra Ozon ? ».

Une chose est sûre, à la sortie en 2005 du superbe film Mysterious Skin de Gregg Araki, aucun de ces journalistes ne s’était compromis dans de telles envolées poétiques sur la silhouette élancée de Joseph Gordon-Levitt, qui interprétait alors lui aussi un adolescent se prostituant volontairement. Un film qui pour le coup apportait un véritable éclairage sur ce comportement autodestructeur.


Un film de plus traitant de prostitution « choisie »

Jeune et Jolie parle donc d’une adolescente qui se prostitue volontairement. L’année dernière, nous avons déjà eu le sordide Elles, de Malgorzata Szumowska. L’histoire d’une journaliste (interprétée par Juliette Binoche) qui enquête sur des étudiantes qui se prostituent. Outre ses scènes de sexe trash, le propos en avait laissé plus d’un(e) perplexe : mais que voulait donc nous dire la réalisatrice ? Le film s’attardait sur deux étudiantes-prostituées – l’une avait besoin d’argent, l’autre non – et laissait notamment planer le mystère sur les motivations du personnage d’Anaïs Démoustier (belle interprétation, cela dit en passant), dont on entrevoyait tout juste un dîner de famille en guise de contexte familial. Pouvoir de la suggestion, paresse d’écriture ou dilution du sujet dans un trip narcissique personnifié par le protagoniste de la journaliste ? Libre à chacun de juger, même si pour notre part, nous pencherons pour la troisième option – les étudiantes étaient littéralement laissées en plan durant une bonne partie du film.

Justement, dans Jeune et Jolie, il s’agit apparemment d’un personnage similaire à celui d’Anaïs Démoustier dans Elles. Sauf que non. Car à l’inverse de Szumowska qui tentait maladroitement de saisir quelque chose de la psyché des étudiantes-prostituées, Ozon, lui, vend son film d’une manière tout autre : « Qu'est-ce que c'est d'avoir 17 ans et de sentir son corps se transformer ?, s’interroge le cinéaste, oubliant au passage que la puberté s’arrête vers 16 ans chez les filles. Dans tous les films français et autres, j’ai l’impression que l’adolescence est idéalisée, sublimée alors que moi je garde un souvenir douloureux de ma propre adolescence ». M. Ozon pourrait-il avoir l’extrême gentillesse de m’indiquer les films français récents idéalisant l’adolescence ou la jeunesse ? La dernière fois que j’en ai vu un, il s’agissait de deux étudiantes qui se prostituaient et d’une journaliste qui en était tout émoustillée. « L’idée était de faire un portrait d’une jeune fille d’aujourd’hui ancrée dans une certaine réalité mais ne pas donner toutes les réponses, partager le mystère (d’Isabelle) avec les spectateurs ».

Elémentaire, mon cher Watson ! Jeune et Jolie ne parle pas du tout de prostitution mais de sexualité féminine. A moins que l’idée ne soit d’instrumentaliser un problème de société, celui de la prostitution chez les jeunes, pour livrer une vision très personnelle de l’éveil sexuel chez une jeune fille…


L’interprétation des critiques de cinéma

Et si les jeunes prostituées faisaient cela par plaisir et pas du tout par besoin d’argent ? Ce n’est pas du tout ce que nous disent les études réalisées sur le sujet. Ce n’est pas non plus ce que disait récemment Amélie, cette ancienne étudiante de Poitiers qui a courageusement livré son témoignage dans le cadre de la campagne « Osons en parler » (évidemment, l’expression prend à présent un caractère ironique). Pour les personnes confrontées à cette réalité, le pitch de Jeune et Jolie ne risque-t-il pas de ressembler aux caprices d’un bourgeois en mal d’inspiration.

Mais qu’importent ces témoignages. Pour certains critiques, il ne s’agit surtout pas de porter un regard moralisateur. Ce serait trop facile.
Or jusqu’ici, le cinéma français brille surtout pour son incapacité à apporter un quelconque éclairage sur le problème. Sur Slate.fr, on parle de « déjouer les explications prévisibles du comportement de l’héroïne ». Sur Le Monde, on évalue que « Le prix du film tient à la manière dont François Ozon préserve le mystère, et le scandale de son personnage, en prenant garde d'évacuer les unes après les autres toutes les pistes, sociales ou psychologiques, qui pourraient expliquer un tel comportement  ». Sur Rue89, on est parfaitement d’accord et on emploie même des mots savants : « un film qui court-circuite les explications rassurantes (sociologiques comme psychologiques), dynamite les clichés et, « en passant », radiographie l’obsession mercantile de l’époque ». C’est vrai que la sociologie et la psychologique sont de vraies pertes de temps ! Ici, les résultats du travail d’enquête réalisé par ceux qui se sont vraiment penché sur la question, à savoir la récurrence des cas de violences et d’abus sexuels dans le passé des jeunes gens, sont réduits à l’état de « clichés » tout juste bons à être « dynamités ». D’autre part, nous sommes ici face à un cas de parfaite intégration de l’une des idées reçues les plus pernicieuses sur la prostitution : les personnes qui vendent leur corps seraient gouvernées par le consumérisme. De quoi balayer d’un revers de main le témoignage de la fameuse Amélie qui disait justement il y a quelques semaines : « La prostitution étudiante, ce n’est pas une petite merdeuse qui s’offre un bel homme de 40 ans, fait son affaire et qui va s’acheter un sac de marque ».

Sur Evène.fr, on valide les idées des confrères : « Pourquoi ce passage à l’acte chez cette jeune fille en aucun cas dans le besoin financier et, a priori, en tout point « normale » ? Ozon se garde d’apporter de réconfortantes réponses à la question et suit à la trace son héroïne  ». De réconfortantes réponses ? Et si le réconfort venait précisément de cette absence de réponse ? Imaginer que ces jeunes filles font cela non pas par besoin ou par aliénation mais par plaisir n’est-il pas une manière, pour le commun des mortels, de s’arranger avec sa conscience ? Le journaliste d’Evène poursuit : « … adolescente qui jouit (en apparence) de son propre mystère, de son secret essentiel et qui, sans même s’en apercevoir, applique à son échelle la loi libérale de l’offre et de la demande ». Tout va bien, nous sommes dans le domaine du « mystère féminin », insondable et porteur d’un « secret essentiel ». Il est vrai qu’il est tellement plus simple d’expliquer les fléaux de la société par des notions telles que le « mystère féminin ». On pourrait faire de même avec les adolescents qui se scarifient, à classer dans la catégorie des « mystères de l’adolescence »…


L'identité féminine en question

Outre la légèreté avec laquelle est traité le fléau, nous avons eu droit à une belle brochette de considérations mettant sur un même plan la prostitution et la construction de la sexualité voire de l’identité féminine…

Allociné  : «  La révélation Martine Vacth incarne une jeune fille qui découvre la sexualité », « Le film dresse le portrait sans fard d'une adolescente en émois et en quête de soi. Avec subtilité  ».

Rue89 : « Un parcours initiatique mystérieux et dérangeant, celui d’une fille de son temps ».

Métrofrance : « Quand le regard se charge de désir, l'ado se transforme en femme, avec toutes les ambiguïtés liées à ce passage délicat entre les deux ».

L’Humanité : titre de l’article : « Quand la chrysalide devint papillon ». « Avec Jeune et jolie, François Ozon dresse le portrait d’une adolescente d’aujourd’hui à la découverte de sa sexualité ».

Evène : « … l’aventure d’une fille qui, au-delà du bien et du mal, éprouve son pouvoir (sur les hommes, ses parents, ceux de son âge) et accomplit un parcours initiatique qui ne l’entrainera pas nécessairement à mieux se connaître ».

L’Express : « Ici, c'est Isabelle, une jeune fille sans histoire qui, l'année de ses 17 ans, commence à se prostituer. Ne comptez pas sur Ozon pour en faire une victime ou vous livrer clés en main les motivations précises de la conduite de la jeune fille. (…) son film quitte rapidement ce terrain pour s'en tenir au portrait passionnant d'une jeune fille d'aujourd'hui. »

On distingue plusieurs idées maîtresses dans ces extraits, des idées tristement banales dans le cinéma français comme dans les médias. Des idées jetées en pâture au grand public, au contraire du film qui, pour le moment, ne demeure visible que pour une élite :

  • Une banalité. Le film met en scène une jeune fille qui se prostitue. Soit. Il s’agit d’un personnage identifié. Pourtant, à lire certaines critiques, il faut y voir un portrait générationnel de l’adolescence d’aujourd’hui (et plus particulièrement des filles, cela va sans dire). C’est le reflet de notre époque, point barre.
  • Un parcours initiatique. Le terme aurait-il été employé si le personnage avait été masculin ? Nous n’en sommes pas convaincues. Rue89 et Evène font plus que banaliser la prostitution : celle-ci devient pour la jeune fille un moyen de se définir, de devenir adulte.
  • Un épanouissement au féminin ? C’est ce que suggère L’Humanité avec sa chrysalide qui devient papillon ( !). On s’interroge sur ce que veut dire Métrofrance à propos des « ambigüités » liées au passage entre l’ado et la femme : la prostitution procéderait-elle d’une mécanique intrinsèquement connectée au développement de l’identité féminine ? Evène y voit presque une marque de « pouvoir » de la femme sur l’homme.

Vous l’aurez deviné, au vu des premières critiques françaises, il n’y avait pas vraiment de quoi parler de polémique puisqu’une grande majorité de critiques abondait dans le sens de M. Ozon. Jeune et Jolie, un classique instantané sur l’adolescence ? Tempérons tout de même un peu les choses : quelques rebelles émettaient déjà des doutes, tels que le journaliste de RFI, qui déplorait justement le manque de sérieux dans le traitement d’un sujet aussi tragique : « Ozon ose à mettre des images jolies sur une réalité crue », « L’histoire est grave, le ton reste léger ».

Il fallait se tourner vers des sites féministes, tels que Tess Magazine, pour trouver une approche idéologique : « Ozon essentialise une problématique qui mériterait un regard neuf ». Ici, on a bien compris les dangers d’un tel sujet dépourvu de véritable traitement, et de son amalgame avec la sexualité des filles.


Un parfum de scandale… enfin !

Ce que la presse française n’avait pas prévu, c’est que le cinéaste déraperait dans la presse étrangère. François Ozon voulait-il absolument son scandale cannois ? Nul ne le sait. Mais c’est ce que suggèrent ces propos balancés à la figure de la journaliste du Hollywood reporter (http://www.hollywoodreporter.com/news/cannes-francois-ozon-says-a-525566) : « Je pense que les femmes peuvent vraiment se reconnaître dans cette jeune fille parce que se prostituer est un fantasme chez beaucoup de femmes. Cela ne veut pas dire qu’elles le feront, mais le fait est qu’être payée pour coucher est quelque chose d’évident dans la sexualité féminine ». Incrédule, la journaliste lui tend une perche pour se rattraper. Mais Ozon persiste : « C’est la réalité. Il suffit de parler avec plusieurs femmes, ou avec des psys, tout le monde sait ça. Bon, peut-être pas les Américains  ». Et si vous doutiez encore, Mesdames, de l’impensable confusion du réalisateur entre vos éventuels fantasmes de dominées et la situation de soumission perverse induite par la prostitution, M. Ozon vous explique que c’est exactement pareil : « Je pense que vouloir être un objet sexuel, être désiré, être utilisé, est quelque chose de très courant. C'est le genre de passivité que les femmes recherchent ».

Si les critiques cannois, dont le planning est très certainement chargé, sont déjà passés à autre chose, un vent de révolte commence à se faire ressentir sur le Web français. Outre les tweets incendiaires de Laurence Rossignol, porte-parole du PS, et des Fémen, la parole se diversifie un peu dans la presse française. Une journaliste de Pure Ciné réagit même assez vivement : « Il aurait pu s'agir d'une forme de maladresse, mais c'est finalement quand Ozon explique son propos qu'il prouve combien il a les idées courtes  ». Ozon dont elle déplore un peu plus loin le « manque de subtilité ».

Ces réactions contredisent légèrement les propos des critiques précédents, qui vantaient justement l’extrême « subtilité » de Jeune et Jolie… Il faudra découvrir le film pour déterminer s’il est plus fin que son auteur.


Et la liberté sexuelle des femmes ?

On entend d’ici les voix s’élever, accusant les personnes qui réagissent de « puritaines ». Car si les pouvoirs publics parlent aujourd’hui d’abolir la prostitution – ce qui au passage représente un assouplissement par rapport à la politique de prohibition en vigueur précédemment –, les mythes sur la prostitution comme signe de liberté sexuelle ont la vie dure.

Mais qui sont les puritains, dans cette histoire ?

S’il est une chose qui dérange visiblement, dans le monde d’aujourd’hui, c’est bel et bien l’idée d’une sexualité féminine débridée, libérée de toute contrainte. Tant que l’adolescente, la jeune fille ou la femme qui enchaîne les amants est estampillée « prostituée », tout va bien. Certains se découvrent alors des velléités de défenseurs du droit des femmes à disposer de leur corps. Au contraire, si une femme enchaîne les amants pour son seul plaisir, sans transaction d’aucune nature, on prend peur. Nous le savons dès le lycée, où les premières à tenter l’expérience sont des « putes » aux yeux de leurs camarades. Nous l’avons tous déjà entendu dans le monde du travail, où telle collègue, secrétaire, graphiste, commerciale ou directrice, affichant un esprit un tableau de chasse un peu trop fourni devient elle aussi une « pute », au contraire de son homologue masculin qui est un « tombeur ».

C’est peut-être ça, le puritanisme. Cette incapacité à envisager la liberté sexuelle des femmes, cette déformation du concept même de liberté.

Aussi, le jour où le cinéma français sera capable de dresser le portrait d’une jeune fille qui multiplie les amants sans se faire payer, qui prend goût au sexe pour le sexe, nous pourrons nous détendre face à des sujets tels que celui de Jeune et Jolie et face à la passivité des critiques.


Elodie Leroy

www.stellarsisters.com


Moyenne des avis sur cet article :  3.97/5   (39 votes)




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40 réactions à cet article    


  • In Bruges In Bruges 24 mai 2013 09:38
    « Jeune, jolie et prostituée : le tiercé gagnant pour les critiques français ? »
    Et pourquoi pas ?
    Vous préfèreriez vieille, moche et caissière et nous refaire Zola, Germinal et Cosette ?

    • appoline appoline 24 mai 2013 18:44

      Je vous rassure, ça existe aussi


    • Fergus Fergus 24 mai 2013 09:50

      Bonjour, Elodie.

      Votre article est intéressant, et je comprends l’indignation sous-jacente que vous ressentez. Cependant prendre ce film comme support de votre propos est quelque peu « dérangeant », si vous me permettez de reprendre ce terme. Pour une bonne et simple raison : un film est un parti pris d’un réalisateur, libre de mettre en image ses fantasmes ou ses combats. Or, manifstement, Ozon n’est pas ici dans le combat : il raconte une histoire, tout simplement. Une histoire qui n’a aucune valeur sociologique.


      • Ariane Walter Ariane Walter 24 mai 2013 11:08

        Pauvre Elodie,

         

        Décidément, il n’y a que les femmes qui, semble-t-il, peuvent comprendre ce que tu veux dire. Oui , cette approche est scandaleuse et cet Ozon est un connard. je sais que tout est possible en ce bas monde ; il y a même des hommes qui aiment se faire battre, mais des femmes qui prennent plaisir à ce faire percer par des inconnus quelles ne désirent pas, même en se faisant payer, jamais.

        Pas plus qu’on n’aimerait quand on n’a pas faim se gaver d’un plat écoeurant .

        Fergus, ah ! elle est belle ta conception de la liberté de l’Art ! Toi qui es si à gauche, dis-tu , comment tenir des propos pareils ? Tu ne vois pas que le libéralisme veut banaliser la prostitution pour que les pauvres se vendent quand ils ne trouvent pas de boulot ?

         

        Elodie, super travail. Je t’admire car , quand j’écris un article, relever des liens , les comparer est très fastidieux et tu l’as fait remarquablement.

        Entièrement d’accord avec toi. 

        je boycotte ce film et je le signale sur fb et tweeter.


      • Fergus Fergus 24 mai 2013 11:45

        Bonjour, Ariane.

        Comme toi, je n’irai pas voir ce film, précisément parce que je partage beaucoup du point de vue exprimé par l’auteure. Et cela bien que j’aie beaucoup apprécié le précédent film de ce metteur en scène : « Dans la maison », ou la troublante histoire d’une relation perverse entre un professeur de lettres et l’un de ses èlèves (rien de sexuel !).

        Cela dit, désolé de te le dire, mais tu as décidément tendance à tout politiser, y compris ce qui n’a aucune raison de l’être, en l’occurrence faire de Ozon un porte-étendard du libéralisme. Sauf erreur de ma part, rien dans la filmographie de Ozon ne permet d’affirmer cela.

        Cool, Ariane, prends un peu de recul avec la politique et la vie te semblera plus douce !


      • Ariane Walter Ariane Walter 24 mai 2013 15:33

        Tout est politique Fergus, même le choix d’un camembert .

        Quelle est l’histoire qui n’a aucune valeur soiologique ?

        je suis étonnée que ce soit toi qui me dises ça ,surtout sur un tel sujet.

        Surtout quand on sait que la prostitution , actuellement en Allemagne est le fait de n’importe quelle femme qui met une lanterne rouge devant sa porte. Tu es au courant ?

        Ou de ces étudiantes évidemment qui n’ont d’autre moyens pour obtenir leurs diplômes.

        Penses-tu que lorsqu’on entre dans une salle de cinéma, on cesse de penser aux réalités ? C’est ça être cool ?

        Ensuite un homme qui dit que le fantasme des femmes est de se prostituer est un imbécile.


      • lulupipistrelle 24 mai 2013 16:34

        Ozon est un agent de la nouvelle morale... les filles toutes des putes potentielles, et les mecs ? tous assez complaisants pour lui faire une pipe ? 


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 mai 2013 17:27

        @ AW


        Ben oui, le type fait un film pour faire du fric. ... Je ne suis pas étonné. Ben oui,. des gens mettent à profit leur corps pour en tirer un peu de blé, en se mariant, en faisant la passe ou un peu des deux... ce n’est pas une nouvelle.  S’il n’y a pas contrainte - ce qui est un crime et dont on parle donc ailleurs - je ne vois pourquoi la société s’en mêlerait. entre adultes consentants.



        Les pauvres putassent plus que les autres ? Oui. En exacte proportion de leur besoin de fric. C’est aussi pour du fric qu’ils vont travailler plus souvent.. Je trouve ca injuste, mais c’est une vaste question qu’on ne réglera pas à Cannes

        Non, je n’irai pas voir le film. Je ne vois que les prétendus chef -d’oeuvres et encore, seulement quand ils ont vieilli au moins 5 ans. Autrement on perd trop de temps. Je ne bois pas de beaujolais non plus. 

        Je suis snob ? Seulement quand je suis un peu agacé...  Mais si peu. Je songerai une autre fois à e y voir une angoisse existentielle et à en faire un bouquin. 42.

        PJCA

                            

      • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 24 mai 2013 18:29

        Comme de nombreux autres ici je n’irai pas voir ce film qu’on aura probablement oublié sous peu.
        Par contre j’apprends ici que 2% (30 sur 1500 qui ont répondu) des étudiantes déclarent s’être déjà prostituées.
        Ben merde.
        Il faut donc croire, comme le soutiennent les habitués des putes et nombre d’entre elles-mêmes, que la prostitution est un simple choix de vie, et que donc, les périodes de crise favorisent le libertinage.
         smiley


      • appoline appoline 24 mai 2013 18:52

        C’est ainsi et cela le restera, car les hommes fonctionnent en partie ou grâce à leur cerveau du bas, la vie n’est ni simple ni facile ; tous les parents ne peuvent mener leurs enfants jusqu’à l’agrégation, donc certaines et certains sont obligés de prendre des biais différents.


      • Corinne Colas Corinne Colas 24 mai 2013 19:25

        Le commentaire a été fait à ma place par Ariane...

        je rajoute juste pour le fun : Ozon est un naze !

        Bonne continuation Elodie !!!!

      • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 24 mai 2013 22:05

        Rhoooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo !

        Arianne Walter est en train d’essayer de nous faire croire qu’elle n’a JAMAIS participé à une partouze ou à une séance d’échangisme ... en décrétant qu’AUCUNE femme n’accepte de se faire pénétrer par un inconnu ... gratuitement ou pour du pognon.

        A d’autres hein !




      • T.REX T.REX 26 mai 2013 12:44

        Osons en parler puisque OZON n’en a pas parlé finalement !

        Si j’en crois le sondage cité : sur 1500 étudiants 150 y ont pensé et 30 l’ont fait, cela fait 2 %...ce qui heureusement reste marginal ! ouf

        Du coup le sondage de Poitiers n’est pas clair : 40 000 étudiants sont passés à l’acte (pas passer par les armes, mais ça y ressemble !) 40 000 sur combien ?

        Rassurez nous, nos jolies têtes blondes ou brunes ne sont pas toutes des putes, tout de même ?? Les étudiants dans la misère touchent d’autres bourses en principe ! 


      • S.antonio 24 mai 2013 09:56

        bravo, votre article met le doigt sur l’air du temps.Vous étes une vraie et lucide avocate de la condition féminine. 


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 24 mai 2013 12:01

          Encore un énième film qui ne sert qu’à enrichir son réalisateur en racolant le chaland de la manière la plus instinctive possible en jouant sur le voyeurisme et la nudité féminine.

          Un film attrappe beaufs post adolescents.


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 24 mai 2013 12:07

            Ceci étant dit, vu que ce sont justement les post ados plutôt beaufs qui vont justement remplir les cinoches, il va se faire un max de thunes en en ayant dépensé vachement moins qu’un blockbuster américain.

            Zauront le choix entre le film catastrophe avec le super héros qui sauve le monde de la vile emprise des super méchants ou un film avec une fille qui se fout à poil à tout bout de champ.

            Finalement, ça va faire travailler leurs cerveaux ramollis qui devront effectuer un choix cornélien.


          • appoline appoline 24 mai 2013 18:54

            Vu le nombre de navets qui sortent ces dernières années, je ne suis pas étonnée. En plus, à Cannes, on peut légitimement se demander sur quels critères ils sélectionnent leurs navets, il faut au moins des belles robes et des bijoux volés pour retenir l’attention du spectateur


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 24 mai 2013 22:09

            A Cannes, ils ont forcément un quota de navets français à respecter vu que c’est financé avec notre pognon et il n’est pas impossible que ce soit également élargi aux navets financés par les autres pays européens pour qu’il n’y ait pas que des navets nord américains.

            Cannes c’est du foutage de gueule comme toutes ces cérémonies de grand prix du cinéma où ils s’autogratifient.


          • julius 1ER 24 mai 2013 12:10

            que de films, que de livres sur ce sujet et le sujet est loin d’être épuisé, jusqu’à Najat Vaut Belkacem notre ministre qui partait il y a peu en guerre contre ce fléau qu’elle voulait éradiquer, mais quelle prétention et quelle vanité, car enfin on dit de la prostitution que c’est le plus vieux métier du monde, il n’y a pas de classement jamais réalisé mais on peu croire que depuis que le monde existe, la prostitution existe et peut revêtir des formes différentes propre à chaque époque mais la faire disparaître sans que la misère et le chômage soient eux-mêmes en voie de disparition me semble plus relever du voeu pieux dans le meilleur des cas, et plutôt de l’hypocrisie dans le pire des cas..........

            car entre la prostitution voulue et choisie et l’autre plus sordide qui est celle de la nécessité pour survivre, il n’y a pas de frontière claire si ce n’est que finalement pour leur vie et leur santé propre, il est nécessaire que ces femmes puissent exercer leur « métier » dans les meilleures conditions possibles d’hygiène de sécurité et de contrôle, plutôt qu’être considérées comme des parias et être rejetées dans l’univers sordide de la clandestinité .. ;; 

            • Traroth Traroth 24 mai 2013 12:13

              Ce que je trouve dérangeant, dans ce film, c’est cette fiction qui voudrait que les prostituées font ça pour s’amuser. Tout existe, mais regarder la prostitution en tant que phénomène social sous cet angle au mieux ultra-minoritaire, c’est vraiment une escroquerie intellectuelle !


              • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 24 mai 2013 12:39

                C’est surtout un prétexte pour montrer un jeune femme nue pendant tout un film sans que le film soit classé x.

                Le plus amusant dans cette affaire c’est qu’il y a toujours des actrices vaniteuses pour se prèter à cet exercice.

                Parce que l’actrice, finalement, elle n’était pas obligée d’accepter le rôle.


              • Traroth Traroth 24 mai 2013 13:36

                Oui, mais est-ce que le cas d’espèce de l’actrice est vraiment un sujet intéressant ?


              • bakerstreet bakerstreet 24 mai 2013 13:02

                Bravo pour votre article, excellent.
                Ozons le pire, comme qui dirait. ....La beauf attitude se décline en positions sexuelles avantageuses. A quand un remake des deux orphelines sautant au paf de leurs bienfaiteurs !...

                Il ne faut pas défendre « film qui dérange », et « film qui démange », tout de même..
                On est très loin des films qui dérangeaient, politiquement, dans les années 60 et 70, et faits par des metteurs en scène autrement inspirés que par ces vieilles ficelles, ressembant plutot à des portes jaretelles
                Seuls les imbéciles et les obsédés voulant se faire prendre pour des affranchis voudront bien avaler cette supercherie sémantique..
                Tous les prétextes sont bons pour attirer les spectateurs dans les salles obscures, et la sexualité classique ne faisant plus recette auprès des vieux libidineux fatigués, il faut inclure une dose de phantasmes inédites tournant autour de la chair fraiche. ....
                Qui peut croire une seconde sans piquer une grosse colère à ce scénario digne des pires films pornos
                On connait les phantasmes de ceux ci autour de Blanche neige dans la maison des sept nains.....Ce genre de choses était vendu comme une grosse blague paillarde jusqu’àlors. ....Ozons nous le propose comme un sujet de questionnement......

                La réalité est un peu plus triviale, et moins avantageuse pour le vieux messieurs....il en faudra de la misère pour que les femmes vendent leurs corps, et un peu de leur âme, malgré leur volonté de cliver l’acte d’elles mêmes, pour se faire prostituée.
                Combien de pauvres filles issues des pays de l’est ou d’Afrique font elles vivre leur famille ainsi.
                Tout cela Ozons ne le dit pas.
                Et bien sûr je n’irais pas voir ce navet de la pire espèce, encensé, ensensé ? par les copains, les autres boutiquiers proxénètes.


                • bakerstreet bakerstreet 24 mai 2013 15:09

                  Le pire est dans le titre « Jeune et jolie »

                  Un cache sexe, ou plutot un cache bétise pour qualifier un film qui devait avoir au moins l’honneté de sa classe : Une cochonaille !
                  Un film X
                  Au moins ceux ci n’essaient pas de tromper le chaland, et avoue leur turpitude dans leur titre.

                  « Bonne à baiser », serait donc plus adapté.

                  Assembler ces deux mots, jeune et jolie, pour en tenir un tel propos nous en dit sur l’entreprise nauséeuse de cette production.
                  On peut toujours acheter le corps de quelqu’un, une jeune fille en l’occurrence.
                  Le fâcheux, c’est qu’elle ne vous vend que son corps. Malgré son discours et même ses faux gémissements, on sait que c’est que du faux, du toc, une tristesse infinie.....

                  Mais voilà que ce scénario vous propose non seulement le corps, mais aussi l’âme de l’ingénue, une jeune bourgeoise qui n’attend pas après, et qui soi disant prendrait son pied.
                  Au royaume des phantasme, on en a jamais assez, voilà ce que cette histoire cousue de gros fil blanc nous dit.

                  Le film X a au moins une honnêteté, c’est de vendre de la chair au kilo, sans vous tromper sur l’étiquette.
                  Vous serez jugé au poids des gros billets que vous sortez....
                  Déplaisant, n’est ce pas, pour ces vieux messieurs tristes et fétides qui tentent de se prendre pour des pygmalions.


                • agent orange agent orange 24 mai 2013 13:18

                  Bof, Ozon ne mérite pas une telle pub. Son film est certainement une resucée de « Mes chères études » qui abordait déjà le sujet avec un certain réalisme, à mon avis.

                  « Banalisation » de la prostitution ? Oui le plus vieux métier du monde (avec l’espionnage) tend à se répandre en ces temps de crise (économique et morale), mais n’est pas un phénomène récent, au contraire de la pornographie.
                  Ce papier aurait été plus intéressant s’il fut écrit par une « prostituée » que par une « militante ». 
                  Les principales intéressées n’ont pas besoin de porte-paroles pour témoigner des horreurs (ou des bienfaits ?) de la prostitution et de leurs motivations. Si le témoignage « d’’Amélie » semble indiquer des raisons financières (si j’ai bien lu entre les lignes ?), je suis perplexe quant aux motivations des actrices pornographiques..., car après tout cet article est une diatribe contre le statut de la « femme objet » et de leur image dans la société actuelle.

                  PS : Récemment j’ai découvert Marine Vatch dans « Ce que le jour doit à la nuit ».
                  Une histoire d’amour émouvante, déchirant et bouleversant comme le fut la fin de l’Algérie française. M’a donné envie de relire Camus...





                  • voxpopuli voxpopuli 24 mai 2013 13:45

                    @ l’auteur , globalement d’accord avec votre article , surtout pour ce qu’il s’agit de l’analyse faite par les critiques qui ont pu voir le film et qui pour la plupart comme des moutons abondent dans le sens voulu par Ozon à savoir jouer sur le fantasme ( masculin ) de la jeune fille sublime qui se prostitue , on prend une belle actrice pour le rôle et voilà on a fait un film génial , je n’ai pas vu le film mais si ce « jeune et jolie » se limite à ce qui est décrit par les critiques , c’est une vraie calamité .  


                    • jymb 24 mai 2013 13:49

                      J’ai pour ma part quelques soucis à définir ce qu’est la prostitution, terme vraiment trop vague et mis à toutes les sauces
                      Est ce la malheureuse qui, sous la pluie, saucissonée de bourrelets dans une robe de skai rouge attend le cammionneur et se fera frapper si la nuit n’est pas rentable ? 
                      Est ce la fille de bonne famille qui ne se « donne » qu’après WE en Lambo, resto étoilé et nuit Relais et Chateaux ?
                      Est ce le gars ou la fille qui, lassé (es) de plonger les frites puantes d’un fast food dans l’huile ( ou de se faire engeuler par un chef de rayon acariatre) préfère choisir quelques partenaires courtois pour des relations définis ?
                      Bref je ne suis pas capable de discourir sur ce film ( sans l’avoir vu qui plus est !) , et le sujet est trop vaste, multiforme et complexe pour asséner des pseudo vérités.


                      • kitamissa kitamissa 24 mai 2013 13:55

                        Ah allons pas de quoi fouetter un chat , on a bien plus belle la vie sur FR3 !!


                        • Traroth Traroth 24 mai 2013 14:32

                          Oui, l’important, c’est le divertissement, pas vrai ?


                        • Ruut Ruut 24 mai 2013 14:45

                          Si proche de la réalité.

                          Avant travailler faisait réver, maintenant que le travail est délocalisé, il ne reste que ....
                          C’est beau le futur que nous offrent nos élites.


                          • JL JL 24 mai 2013 15:43

                            Une seule solution : le partage du travail.


                          • Merlin 24 mai 2013 15:26

                            Les réactions de la presse sont très parlants quand à l’esprit critique de notre époque que ce soit sur ce sujet ou beaucoup d’autres...
                            Ce qui compte c’est de laisser les riches jouir en paix et sans avoir le mauvais gout d’y porter un moralisateur.
                            Merci pour votre article Elodie.


                            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 mai 2013 15:54

                              « Et si les jeunes prostituées faisaient cela par plaisir et pas du tout par besoin d’argent ? » se demande innocemment la jeune Élodie...
                              Évidemment qu’une jeune fille en pleine mutation peut décider de faire la chose pour les deux raisons indistinctes. Mais une jeune fille qui fait cette expérience ne devient pas mûre, mais blette...
                              Quant à l’argent, ce sont les mêmes qui spéculent sur le prix du m² en centre ville où même dans les îles lointaines, et profitent des faveurs intimes de ces jeunes innocentes. La prostitution est donc au programme des spéculateurs sur les matières premières et le sexe frais et moulu des jeunes étudiantes est du premier choix pour ces prédateurs féroces.
                              Mais, « la femme, le plus grand mystère après l’univers » selon le Doc de retour vers le futur, la femme, à qui le monde obéit et que son ventre domine, a à cet age a un comportement digne d’un papillon en face d’une bougie allumée...


                              • L'enfoiré L’enfoiré 24 mai 2013 18:30

                                Je n’ai vu que la bande de lancement. Donc, aucune appréciation.

                                Cela me rappelle beaucoup de film dans ce Festival. Rien de nouveau sous le soleil.

                                • Aldous Aldous 24 mai 2013 19:28

                                  Son prochain film portera sur une fille qui loue son utérus et qui trouve ça génial. 


                                  Ce qui permettra de lui faire jouer des scènes inédites et osées de sexe enceinte jusqu’aux yeux.

                                  La critique sera unanimement dythirambique. 

                                  Faut vivre avec son temps !

                                   smiley


                                  • volt volt 24 mai 2013 20:21

                                    belle analyse ..

                                    ce trou dans la couche d’ozon révèle tant de cloisons.

                                    • yvesduc 24 mai 2013 21:20

                                      En effet ce film semble tenir du racolage et se situer à mille lieues des réalités de la prostitution.


                                      • mortelune mortelune 25 mai 2013 07:20

                                        Mariage gay, les FEMENs, femmes prostituées volontairement voilà des images fortes qui sont entrain de changer la société en profondeur. Le hic ! c’est que ce ne sont pas les mentalités qui changent ce sont les idées que véhiculent une minorité de personnes qui travaillent dans le même sens qui induisent le changement. Pourquoi ? Pour qui ? je ne sais pas mais le fait est là...

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