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Livre, écrivain, papier : des notions has-been

Les lecteurs d’Ebooks sont plus volatiles : ils préfèrent des romans chapitrés à hauteur de 5/6 pages, le temps de lire durant 5 stations de métro, ils préfèrent également des séries de romans faisant chacun une soixantaine de pages, ceci afin de satisfaire leur curiosité, leur envie de picorer les écrits à droite et à gauche, leur désir de changer d’histoire presque tous les soirs. 

Préambule

Je ne crois plus au métier d’écrivain tel qu’on l’entend aujourd’hui. Des "hommes de lettres", c’est-à-dire des gens vivant de leur plume en publiant leurs romans par le biais d’une maison d’édition, certes il en existe encore, mais plus pour longtemps. Pourquoi ? Et pour quoi ? On va tenter rapidement d’aborder la question.

1/ Le papier : une matière totalement has-been

Le papier est une matière finie. Nous vivons à l’ère du Cloud Computing, c’est-à-dire une époque à laquelle vos documents, vos photos, votre vie, sont enregistrés sur des serveurs appartenant à de grandes compagnies un peu floues, un peu big brother, mais entre les mains desquelles toutes vos données privées reposeront tôt ou tard.

Suivez mon regard Google, suivez mon regard Flickr.com, suivez mon regard Microsoft, et caetera et caetera. Même les Etats envisagent de proposer leurs propres serveurs.

L’Ebook est une révolution qui n’a pas fait un assez grand buzz eu égard aux bouleversements que cette invention va entraîner dans notre avenir. Posséder une bibliothèque personnelle revenait cher, tout le monde n’avait pas les moyens de s’acheter des livres et tout le monde n’avait pas la place de les entreposer. Sans compter les inconvénients divers que le livre "papier" entraînait :

  1. impossibilité d’emporter une vingtaine de romans sous le bras dans les transports en commun,
  2. impossibilité de changer de roman en cours de lecture à moins d’avoir le courage de quitter son lit, changer de pièce et aller piocher dans sa bibliothèque, ou à moins d’aller à la bibliothèque du quartier mais là encore en pleine nuit c’était délicat :D,
  3. dégradation du papier au fil du temps,
  4. feuilles déchirées,
  5. jaunissement,
  6. poussières,
  7. obligation de jeter 2/3 cartons de livres à chaque déménagement...

c libraryman

Oubliez tout cela aujourd’hui. Personnellement j’envisage sérieusement de jeter à la poubelle tous mes classiques et de ne plus garder que leur version numérique. Car en effet, aujourd’hui, il vous suffit de télécharger un livre au format numérique (ebook) : un fichier au format .epub, .pdf, .ce-que-vous-voulez-et-ce-que-reconnaît-votre-liseuse-numérique.

Comme l’indique le lien ci-dessus, de nombreux sites permettent ce téléchargement. Certains sites proposent des ebooks gratuits (70 ans après la mort de l’auteur en France), d’autres sites proposent des ebooks payants car récents.

Il ne vous reste qu’à brancher votre liseuse numérique à la prise USB de votre ordinateur et de les enregistrer. En général les liseuses sont dotées de multiples emplacements (cartes micro-SD, etc.), une carte de 16 GO permet de caser 13 000 romans en version numérique !

2/ Ecrivain : un métier également has-been

Les maisons d’édition ont tué le métier. En sélectionnant ceux auxquels elles daignent accorder une chance de s’exprimer, en refusant de nombreux jeunes artistes (dont moi), elle a obligé toute une génération désireuse de prendre la parole à chercher d’autres modes d’expression.

Le blog, par exemple, parfois rémunérateur, est un bon moyen pour eux de publier leurs écrits. Certains sites également. L’ebook, enfin, en est un autre.

L’écrivain dont on connaît l’image d’épinal, tirant ses revenus d’une maison d’édition à hauteur de 7 %, 8 % ou avec un peu de chance 9 % du prix de la vente d’un livre, s’efface au profit d’un auteur publiant directement ses écrits sur internet. Plus besoin d’intermédiaire : il n’y a qu’à soumettre son roman et attendre qu’un lecteur télécharge le fichier après s’être acquitté de la somme demandée.

Prédiction : la forme-même du roman va évoluer

Lorsque les moeurs auront changé dans le sens précité, la façon d’écrire des romans va automatiquement suivre la mode : plus de gros pavé non découpé en plusieurs petits chapitres, plus de roman à rallonge composé d’un millier de pages. 

c goXunuReviews via www.flickr.com

Les lecteurs d’Ebooks seront plus volatiles : ils préfèreront des romans chapitrés à hauteur de 5/6 pages, le temps de lire durant 5 stations de métro, ils préfèreront également des séries de romans faisant chacun une soixantaine de pages, ceci afin de satisfaire leur curiosité, leur envie de picorer les écrits à droite et à gauche, leur désir de changer d’histoire presque tous les soirs.

Les écrivains devront changer leurs habitudes. A mon avis c’est inévitable, nécessaire, et bénéfique pour tout le monde.

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Les réactions les plus appréciées

  • Par Le Promeneur (xxx.xxx.xxx.100) 15 mai 2010 16:45
    Le Promeneur


    @ l’auteur
    Bonjour,

    Je suis ce qu’on appelle un gros lecteur depuis l’âge de 8 ans. Aujourd’hui dans la cinquantaine, quelques milliers de volumes me sont passés dans les mains.
    Je surfe sur le Net depuis 1995.
    Ceci pour vous dire que malgré ma forte tendance au "geekisme", je n’ai pas du tout le même rapport aux livres que vous.

    Il me semble que vous évacuez un peu vite un élément à mes yeux essentiel, à savoir l’aspect sensuel de l’objet livre. Car un livre, ce n’est pas qu’un contenu.
    Certes ils jaunissent, s’écornent, se tâchent, accumulent poussières et odeurs, vieillissent, s’égarent pour un jour réapparaître. Bref, ils vivent.
    Mais aussi, on les annote, on les relit là où on les avait cornés, on les prête, on les donne, on les conserve précieusement pour les donner à ses enfants.
    Quand au confort d’utilisation, il est imbattable. Il peut être lu dans tous les lieux, dans toutes les positions, ne nécessite aucune source d’énergie autre que de la lumière, il est très solide et ne tombe jamais en panne.
    Il y a quantité de livre que je conserve près de moi ( non loin de mes trois PC !). J’en ai grand besoin, car ils m’ont construit, ils font partie de moi. M’en séparer reviendrait à me couper le bras droit (je suis droitier).
    Quand un ami se vois envieux de lire le livre dont je viens de lui parler, je préfère lui en offrir un neuf que de lui prêter mon vieil exemplaire, car celui-là, c’est le mien. Il est vrai que je pratique l’innocente manie d’utiliser pour marque-page tickets de ciné, lettres,cartes postales, petits mots qu’on m’a passé, articles de journaux, billets de train ou d’avions, entrées de musées, d’exposition etc... Fragments du passé chargés de nostalgie.
    Le Net ne permet rien de tout cela, mais possède ses propres atouts, en particulier pour tout ce que j’appellerais la documentation qui venait autrefois encombrer nos étagères (la cuisine chinoise, installez votre aquarium, soignez votre bonsaï, entretenir sa moto, ouvrages professionnels, de droit, de fiscalité, guide des vins etc...). Formidable le Net, sans compter la possibilité qu’il offre de lire des extraits de romans avant de partir en chasse dans sa librairie préférée, ou celle de retrouver d’occasion des oeuvres rares, pilonnées ou depuis longtemps épuisées.
    Mais ce qui me choque, c’est que vous avouez qu’il vous arrive de jeter des livres. Impensable pour moi.
    Bien sûr, l’encombrement est un réel problème.
    Alors on pourrait les vendre. Cette idée me répugne. Les donner à qui ils peuvent faire plaisir est la meilleure solution, il y a ensuite les organismes caritatifs, les nombreux sites de don.
    Ma préférence actuelle va au Book Crossing (si vous ne connaissez pas, Google est votre ami) en version sauvage.
    J’ai pris l’habitude d’abandonner les livres que je ne souhaite pas conserver, simplement dotés d’un pot-it portant la mention "cadeau, prenez-moi", dans des lieux fréquentés, tels que gares stations de métro ou de bus, bistrots, restaurants, présentoirs des boutiques, boites aux lettres, rebords de fenêtres, quand je ne les donne pas directement dans la rue, de la main à la main. C’est très amusant de savoir que ce livre continuera à vivre et procurera du plaisir à d’autres lecteurs.

    Cependant, je suis tout à fait d’accord avec vous pour dire que le Net est une opportunité formidable pour les jeunes auteurs qui peuvent se faire connaître, diffuser leurs oeuvres et s’auto-éditer. Mais je pense que rien ne surpassera jamais l’édition papier, car aucune loi, aucun lobby, aucun pouvoir, aucune HADOPI n’est parvenu et ne parviendra jamais à manipuler, à faire taire ou à faire disparaître les livres, ce qui sera bien plus facile sur le Net. (relire au besoin 1984, Farenheit 451, ou simplement se souvenir de l’histoire des religions, du nazisme ou des dictatures communistes ou fascistes)

    N’oubliez jamais que l’un des tout premiers actes de toutes les dictatures est d’interdire, de réécrire ou de brûler des livres.

  • Par norbert gabriel (xxx.xxx.xxx.121) 15 mai 2010 15:35
    norbert gabriel

    des notions has been ? voire.. être tributaire d’un système dont on ne maîtrise rien ne me semble pas un progrès décisif. Ensuite, l’idée de formater son écriture pour être lu entre deux stations de métro, c’est a peu près la démarche du Reader’s Digest, qui réduisait un livre de 500 pages à 100 pages, pour le style, l’écriture de l’auteur, prière de formater en novlangue, ça fera des économies de mots, donc de pages.
    On ne passe pas par des éditeurs, mais on se livre pieds et poings liés à des FAI... vous trouvez ça préférable ? pas moi.

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