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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Olivier Agid : la création à l’oeuvre

Olivier Agid : la création à l’oeuvre

Olivier Agid est né en 1951 à Puteaux, il vit et travaille à Paris. Il est le fils d’André et Suzanne Agid, proches de l’écrivain Romain Gary. Il est le frère aussi d’Yves Agid, spécialiste mondial de la maladie d’Alzheimer. Après des études d’art plastique à Paris VIII, il passe de la théorie à la pratique. Depuis il a entrepris un travail d’écriture artistique entremêlant les techniques et les matériaux avec l’ambition de dire, à travers la Cité, le monde et le vivant.

En 1998, sa thèse à Paris VIII s’intitulait : « Acte image, arts éthiques » sous la direction d’Edmond Couchot. Il se définit comme peintre, plasticien et architecte ; Il enseigne à l’école d’architecture de Clermont Ferrand, à l’école des Beaux Arts du Havre et du Mans. De l’art, il dit : « c’est une activité permettant d'expérimenter et modifier le champ social et politique  ». A partir de là il développe un travail sur fond d’images aux fins de représenter toutes les facettes des mutations de la société.

Olivier Agid parle aussi de lui comme d’un iconographe, son imagination fait alors appel à la peinture et au dessin, mais la photographie occupe une place importante, ainsi que la vidéo et l’infographie. Il pense et intériorise son travail, aux risques de se couper des réseaux d’art. Plasticien, sans aucun doute, mais aussi penseur de la société, de ce qu’elle accouche et par quels détours et mécanismes elle produit du sociétal. C’est l’Evénement qu’il traque et use parfois de mots, mais peu de mots, et beaucoup d’images, allant jusqu’à faire le lien du dessin à l’image numérique qui le fascine.

La cité est au cœur de son propos, ses dimensions et son organisation l’obsède. De ce parcours mental il donnera vie à une œuvre d’art monumental « L’Oiseau Pylône » qu’il réalisera en 1986 pour la ville d’Orly (Avenue marcel Cachin) à partir de pylônes métalliques réservés aux installations EDF à hautes Tension.

Puis se sera l’aventure du creux de l’Enfer en 1987 à Thiers, ancienne friche industrielle qui lui tiendra l’esprit pendant de nombreuses années. Celui-ci deviendra un centre d’art Contemporain qu’inaugurera Oliver Agid avec d’autres : Marc Couturier, George Trakas, Michel Gérard etc… Depuis il a installé la réputation de la ville de Thiers dans le monde entier.

Il sera le créateur de l’atelier Cités-images ( WWW.cite-image.archi.fr ), une cellule de recherche qu’il a mis au point, avec l’appui du Bureau de la recherche architecturale et de la Délégation aux arts plastiques. Olivier Agid lui assigne comme objectif « la mise en place d’une analyse expérimentale sur le rapport entre la création de la Cité et les possibilités actuelles de conception en images. ». Ce site vit régulièrement des contributions qui lui sont apportés.

Agid pense son travail dans le temps…il fuit les urgences. L’atelier-agence de Paris qu’il a fondé est en connexion avec Thiers (Lieu qui lui tient particulièrement à cœur) en France, mais aussi New York, le Pérou et la Nouvelle Calédonie. Il mène à bien de nombreux projets complexes, dont celui CO : ici-là-bas (1991-1995) en Nouvelle-Calédonie, projet axé sur la cohabitation et la juxtaposition entre les civilisations d’Europe et d’Océanie. Au Pérou il est allé chercher l’identité urbaine de Lima pendant quatre jours et quatre nuits…, orchestrant le travail d’une trentaine de personnes. Cela a donné Translimamix (1998-2000) dans un premier temps, puis dans un second temps Radio Imagen associant cette fois aux images urbaines, des projets sculpturaux, des mises en lumières, dont celle d’un parc et un concert-image dans un stade. L’idée de la démesure et de la complexité loin de lui faire peur, l’attirent et le fascinent.

De Translimamix il fait une profusion de peintures, dessins, films, livres, édition de CD et d’un CD-Rom.

Toujours en recherche de choc de civilisations, il réalisera NC/NY, un diaporama de 400 images confrontant son séjour en Nouvelle-Calédonie et à New York. Il y explore les frontières de chacune de ces facettes du monde…pour y identifier les sens possibles. Atlantique et Pacifique face à face et en même temps identitaires pour quelque chose qui se déroule, des moments qui ont lieu et qui finissent par faire sens et places.

Il sera de la Fête des Lumières à Lyon en 2002 avec Eclat, mise en son et en lumière de La Sucrière, bâtiment industriel de 10 000 m2.

En 2003 il sera l’un des six invités des Nuits Blanches à Paris, aux Halles. Il y signera un parcours sonore souterrain et aérien. Celui-ci s’étirera de la place Carrée du Forum des Halle à la porte Saint-Eustache et à la porte du Pont Neuf.

Olivier Agid travaille à bout de bras avec l’ensemble des tenants du monde : institutions de toutes sortes, entreprises qu’il privilégie, associations, industries. Je me souviens de ma visite à son atelier au Parc de la Villette, de la profusion des ses œuvres, de leurs diversités et de leur éclectisme… Sa parole allait de l’art à la ville en passant par l’entreprise, toujours mue par un souci permanent d’interrogations du monde et des hommes qui composent la société. Un esprit en appel, tel un alpiniste escaladant en rappel une paroi vertigineuse. L’idée du vertige est partie prenante de son œuvre, parfois difficile à suivre, tant les risques pris sont énormes. Le processus de l’œuvre est toujours en marche, et sonne le tambour, rythmant pas à pas chaque jour qui passe.


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2 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 7 août 2013 22:47

    Bonsoir, Jean.

    J’avoue que je ne connaissais pas l’œuvre d’Agid. Ou plus exactement j’ignorais qu’il avait participé à la création de l’Oiseau Pylône (visible dans le quartier des Saules) pour la bonne raison que cette œuvre est avant tout celle d’un dénommé Courtecuisse au nom facile à mémoriser.

    Sa participation à la Fête des Lumières de Lyon et aux Nuits blanches de Paris le désignent comme un créateur intéressant, même si ses œuvres sont sujettes à débat.

    Cordialement.


    • La mouche du coche La mouche du coche 8 août 2013 10:24

      Traduction de la langue de bois de Fergus. Ce que fait cet Agid est immonde. (et en plus, même pas de lui) Sa participation à la Fête des Lumières de Lyon et aux Nuits blanches de Paris montre que cet Agid sait parfaitement naviguer dans les eaux du pouvoir pour profiter du système à son avantage. smiley

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