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Oresund Space Collective, du space psyché scandinave

A l’écart des médias de masse et de la culture mainstream, la scène alternative n’a jamais cessé d’enregistrer des albums et de se produire sur scène. La plupart des musiciens ne jouent pas pour assurer des revenus principaux et du reste, les « amateurs » sont même « meilleurs » que les professionnels signés sur les majors et présents sur les plateaux télé. La controverse sur les artistes mainstream ou underground ne cessera jamais. A chacun de faire ses choix et tant mieux si quelques plumes de la presse font circuler les informations, annonces, critiques et revues sur ces admirables productions alternatives englobant de multiples genres, prog, coldwave, zheul, RIO, krautrock, métal, heavy, électronique…

Fin 2015, on a vu apparaître sur radars de la musique alternative scandinave un double CD avec 140 minutes de longues séquences enregistrées l’espace de quelques jours en jam session par un collectif de musiciens évoluant sur la scène space et psyché. Oresund Space Collective est comme son nom l’indique un collectif rassemblant une trentaine de musiciens venus du Nord (voir présentation plus bas (1)) et qui se réunissent pour former des line-up dédiées à la scène ou à l’enregistrement d’albums comme cette dernière production proposée dans un double digipack en CD et en triple LP (2). Rien de moins. Pour l’occasion, Scott Heller a réuni huit musiciens issus des scènes alternatives suédoises et norvégiennes pour enregistrer à Copenhague fin 2014 ces sept séquences produites avec un soin particulier.

Ces jam sessions commencent par une première séquence ambiguë. Après quelques nappes space, une rythmique d’enfer se met en branle avec des basses synthétiques et hypnotiques, des nappes de mellotron, des guitares planantes, évoquant Ozric Tentacle. Le style répétitif évoque ensuite le Ash Ra Tempel période 1975 avec les « inventions pour guitares » mais avec les guitares qui sonnent un peu à la Gilmour. Cette séquence est façonnée avec tous les ingrédients du pyché tendance hypotique avec un rythme endiablé généré par les synthés dont les basses se combinent aux exécutions des percussions très soutenues, non sans des breaks fréquents et le reste fait de nappes d’orgue et de guitare. Cette première séquence est séduisante pour les oreilles initiés au krautrock, au psyché ainsi qu’à la techno mais on ne s’y trompe pas, c’est bien plus la facture psyché, et Floyd qui domine. 20 minutes pour ce premier morceau qui sonne vraiment seventies et je n’ai pas les mots pour décrire la fin de cette séquence qui s’envole avec les impros de guitare très réussies. Aucun doute, ça déchire et la suite sera plus modérée mais tout aussi passionnante.

Une facétie électronique de 3 minutes sert d’interlude pour passer à la troisième séquence, sorte de plat de résistance pour le premier CD. 30 minutes d’improvisations et toujours cette étonnante maîtrise du jeu musical qui maintenant résonne avec les orientalismes, avec un résultat impressionniste incorporant jeu de sitar ainsi que divers instruments peu courants comme le Theremin ou la mandoline électrique. On se croirait en 1970, avec les expérimentations de ce rock plus vraiment psyché mais devenu universel, mariant l’Orient et l’Occident. Cette troisième séquence est résolument orientée vers des plans psyché, planant et même krautrock plutôt du côté de Popol Vuh. Une musique chaleureuse et vraiment lumineuse, zen, avec des instruments qui cisèlent la musique. C’est du grand art et je n’ai pas les mots pour décrire cette finesse dans les détails et toutes les subtilités d’une musique calme et colorée qui nous dépayse assurément. Guitare inventive et planante, note de synthé en parfaite combinaison. Rien à redire. La séquence progresse, avec les percussions feutrées et au final, une impression de musique atmosphérique, éclatée, free, un sentiment de liberté de dégage et si vous voulez le partagez, n’hésitez pas à vous procurer cet album abouti et parfaitement enregistré et produit. Ces 30 minutes ont offert un agréable voyage esthétique sans aucun ennui.

Le premier CD se poursuit avec deux autres séquences marquées par des teintes différentes. Mais sans quitter ce style space et psyché qui oscille entre Grateful Dead et le Ash Ra période 1975. Sur le second CD, l’ambiance se fait plus planante, avec un côté feutré, raffinés, très inventif et juste deux séquences, l’une de 20 minutes et l’autre, pas moins de 45 minutes. On pourrait penser que l’on va s’ennuyer mais c’est l’inverse. Le space rock proposé n’a rien de Riley ou Glass ni du Tangerine Dream de la période « Zeit ». C’est plutôt une impression new age, psyché californienne, qui se dégage avec une musique aboutie et parfois, un foisonnement qui nous rappellera le Gong de la meilleure période, celle de You. Et bien évidemment, le « raga for Jerry G » est dédié au Dead de la belle époque, 20 minutes d’improvisation qui nous font revenir 45 ans en arrière.

En conclusion, aucun doute, c’est du rock alternatif orienté psyché et space qui nous est proposé. Car les morceaux sont exécutés avec les ingrédients de base du rock, à savoir une batterie, une basse et des guitares. Ensuite s’ajoutent les ingrédients propres au prog, krautrock et space. Les claviers évidemment, souvent vintage comme l’orgue Hammond. Les synthés sont employés avec subtilité et générosité et le reste des instruments offre réellement une touche d’originalité en permettant à chaque séquence d’avoir ses saveurs et sa coloration spécifique.

Pour donner une idée du résultat final, imaginez un mélange du Grateful Dead de 1969 jouant en live, du Floyd de « Careful Eugen » et « Atom », du Popol Vuh orientalisant de 1975, du Ash Ra Tempel période 75-80, un peu de Gong. Le tout joué par huit musiciens doués d’une excellente maîtrise avec chaque instrument judicieusement intégré à l’ensemble et la production très soignée qui permet d’entendre toutes les contributions sonores. N’hésitez pas à acheter ce très beau CD ou même le triple LP. Vous aurez un très bel objet de collection qui surprend à chaque écoute. Attention, le tirage n’est que de 1000 exemplaires. Note final, un franc 4/5 ou si vous voulez, disons 17/20.

Line-up / Musicians

- Alex / Drums and Percussion 
- Dr Space / Analog Synthesizers 
- Hasse / Bass, DounDouns 
- Jonas / Hammond, Synthesizer, Electric Piano, Guitar (4) 
- Jonathan / Guitar, Violin, Theremin, Hammond (4), Electric Mandolin 
- KG / Sitar and Analog Synths 
- Mattias / Guitar, Pedal Steel, Shaker 
- Mats / Guitar, Bass (2, 3, 5)

 

 

 

(1) The Øresund Space Collective is a super group made up of members from various Scandinavian rock groups. These include the Carpet Knights (SE), Mantric Muse (DK), Bland Bladen (SE), Gas Giant (DK), Hooffoot (SE), First band from Outer Space (SE), Siena Root (SE), My Brother the Wind (SE), The Univerzals (DK) and others. The band has played numerous festivals around Europe including the Roskilde Festival (2015), Copenhagen Jazz Festival (2010), Kildemose Festival, Roadburn Festival (Holland 2010), Space Rock Odyssey (Sweden 2008), Slotsskogen goes Progressive (Sweden 2008), Space Force 1 (Finland 2009), Psychedelic Network (Germany 2009, 2013), Occultrance Festival (2011) in Belgium and Burg Herzberg, DE (2014). By 2015, the band had played about 90 concerts in 10 different countries ! The band first started releasing music in 2006 on the Transubstans Label in Sweden and has over the first 5 years released many albums on several different labels.

(2) This marks the 20th Øresund Space Collective release. The music presented on the deluxe 3LP gatefold or double CD was recorded by a very special group of musicians from Sweden and Norway (plus Dr Space-Denmark) at the Black Tornado studio in Copenhagen. The members are from a wide variety of bands including Tangle Edge, Agusa, Camper Van Beethoven, My brother the Wind, Gösta Berlings Saga and Ex-Siena Root. The mixture of pedal steel, sitar, violin, mandolin, and theremin, presents a new and exciting sound and energy ranging from high energy space rock like Ride to Valhalla to very laid back country space blues with Jam for Jerry G and Indian space trance of the Digestive Raga. We created an unknown tribute to the Welsh band, Man, on the track, Man from Wales. There were some interesting sound experiments included as well to bridge the sides. Finally, the massive 45min, 20 steps towards the invisible Door.. Wow.. what a piece of music.. Enjoy….


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3 réactions à cet article    


      • Doume65 22 janvier 10:10

        Pour ceux qui, comme moi, ne savent pas ce qu’est une « jam session », j’ai cherché pour vous : c’est une improvisation. l’auteur (que je remercie pour cet article) a gagné la saisie de deux caractères en utilisant l’américain.

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