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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > De la production de peluches vivantes en ex URSS : L’expérience de la (...)

De la production de peluches vivantes en ex URSS : L’expérience de la Ferme aux Renards

Introduction :

Notre histoire commence en Sibérie à la toute fin des années 50. A cette époque, l’Union Soviétique relève doucement la tête après le fiasco Trofim Lyssenko, Grand chef de l’académie Lénine des sciences agronomiques ayant imposé par la force sa vision non-Mendélienne de la génétique et de l’agriculture de 1938 à 1952. Un généticien russe du nom de Dmitry K. Belyaev profite alors du retour à une génétique “orthodoxe” pour monter un projet pharaonique qui aujourd’hui, presque 25 ans après la mort de son fondateur, apporte de nouveaux éléments très intéressants dans son domaine. Depuis le début de l’expérience en 1959, ce sont donc 50 années d’efforts qui ont été sacrifiées à l’étude d’un processus aussi fascinant que complexe : La domestication animale.

Techniquement, domestiquer un animal sauvage consiste à l’apprivoiser et à l’élever en ne laissant se reproduire que les individus présentant un caractère choisi, dans le but de maximiser les chances de transmission à la descendance et n’obtenir à terme que des individus portant ledit caractère (pour faire simple on appelle ça aussi la sélection artificielle). Par exemple, les chevaux ont été domestiqués pour leur force, les moutons pour leur laine, les porcs pour leur viande, les vaches pour leur lait et caetera. Mais au cours du processus est survenu un phénomène étrange, un changement de morphologie qui relèverait presque de la convergence évolutive… Vous ne devinez pas ? Alors regardez attentivement ces différentes images d’animaux domestiqués :

 

Baudet du Poitou
(image : Dynamosquito)
Lapin Bélier
(image : Jullion)

Chèvre Angora
(image : Sébastien Pissavy)

Porcelets
(image : Little Pig Farm)
 

 

Cet aspect pelucheux, les oreilles qui tombent, une petite taille, de jolies petites taches, un museau raccourci ou la queue qui s’enroule… c’est une constatation approuvée par la science : en subissant la domestication les animaux deviennent mignons. Approuvé par la science je vous dis ! Darwin lui même le mentionnait dans le premier chapitre de l’Origine des Espèces “Il n’existe pas un seul animal domestique qui ne possède pas, quelque part dans le monde, des oreilles tombantes”. Il est vrai que la totalité des espèces animales domestiquées présentent des caractères que l’on ne retrouve que très rarement chez leurs cousins sauvages, en voici une liste :

  • Existence de variétés naines ou géantes
  • Robe pie (blanc tacheté de noir)
  • Poils ondulés ou bouclés
  • Queue enroulée
  • Queue courte, diminution du nombre de vertèbres
  • Oreilles tombantes
  • Changement de cycle reproductif

(Je vois de suite surgir les pinailleurs alors je prends les devants. Effectivement il n’existe pas de Canari aux poils ondulés, ni même de Gecko aux oreilles tombantes ou de Poisson rouge à la queue enroulée. Vous l’aurez compris tous seuls, nous ne traiterons ici que des mammifères.) 
 

Mais pourquoi sont-ils aussi mignons ?

Les recherches les plus pointues menées sur la relation humain-loup/chien suggèrent que la domestication animale est un processus long et complexe basé sur une double sélection (à la fois naturelle et artificielle). On comprend aisément en quoi l’humain représente en lui-même une pression de sélection artificielle pour les animaux apprivoisés, mais l’idée qu’une sélection naturelle puisse encore agir à ce niveau est un peu plus subtile, voici une tentative d’explication :

Du point de vue de l’animal, la domestication correspond à la colonisation d’une nouvelle niche écologique (voir d’une niche tout court pour nos amis canins). Or, pour une espèce sauvage, s’aventurer dans un nouveau milieu (nouvelles ressources, nouveaux prédateurs, nouveau climat…), est relativement dangereux et conduit le plus souvent à une diminution drastique de la population (période “d’adaptation” où s’exercent de fortes pressions de sélection). Dans ce genre de situation, on peut assister à un dérèglement des cycles de reproduction. Par exemple, les individus atteignant plus rapidement leur maturité sexuelle apportent un avantage à l’espèce (diminution du temps de génération, régénération plus rapide des effectifs en cas de forte mortalité), au fil du temps leur présence est donc de plus en plus marquée dans la population (de même que leur patrimoine génétique). D’autre part, une maturité sexuelle précoce s’accompagne le plus souvent de pédomorphisme c’est à dire de la conservation de traits juvéniles à l’âge adulte (à rapprocher de la néoténie, voir d’autres billets à ce sujet ici et ). Dans ce cas, la capacité à se reproduire est atteinte avant la fin du développement complet de l’animal, les individus peuvent donc procréer avant l’âge adulte. De ce fait, les gènes nécessaires aux dernières phases de développement ne sont plus soumis à sélection et peuvent devenir inactifs, d’où une transmission du caractère “enfantin” à la descendance. Tout serait donc affaire de sexe, la domestication favoriserait les animaux présentant un cycle de reproduction altéré d’une part pour l’avantage que cela représente dans la colonisation d’un nouveau milieu (sélection naturelle), mais également pour des raisons de rentabilité d’élevage (sélection artificielle). En conséquence le pédomorphisme augmente progressivement en fréquence dans ces populations et on aboutit à des générations d’animaux mignons (car c’est un peu ça l’idée générale : tout ce qui a l’air jeune est plus mimi, on vous voit bien gazouiller comme des glands chaque fois que vous croisez une poussette. ça remonte les sourcils, ça étire le nez et ça arrondit la bouche avant de prononcer la formule fatidique “comme il est mignon”. Faites pas semblant de pas connaître c’est un réflexe conditionné).

Quant à lui, Belyaev (qui n’apprécierait sans doute pas la dimension Freudienne des théories actuelles du "tout sexe") proposait à son époque une version moins lubrique selon laquelle le caractère sélectionné ne serait pas reproductif mais comportemental, la clé de la domestication résiderait alors dans la capacité d’un animal à accepter l’humain, et donc à être apprivoisé. La théorie de Belyaev est la suivante : Comme c’est largement admis en biologie, le comportement animal a une origine physiologique, et est déterminé au moins en partie par des stimuli neurochimiques ou de nature hormonale (qui sont eux mêmes gouvernés par les gènes codants les hormones et neurotransmetteurs en question). Or on sait que ces mêmes stimuli influent sur le développement physique des individus. En sélectionnant un comportement prompt à la domestication, l’humain sélectionnerait donc en réalité une configuration génétique et hormonale particulière qui pourrait avoir des répercutions sur la croissance des animaux et conduire à des changements morphologiques tels que ceux listés à la fin de mon introduction.

Expérimentation grandeur nature : La ferme aux renards

Si l’on peut être sûr d’une chose à propos de Dmitry Belyaev, c’est qu’il n’avait pas froids aux yeux (et en Sibérie ça peut toujours rendre service). Pour tester son hypothèse, le courageux généticien a décidé de “repartir de zéro” en domestiquant une espèce sauvage et en observant le processus évolutif en direct. Mais quelle espèce choisir ? La plupart des travaux d’alors sur la domestication ayant été réalisés chez le loup/chien, il semblait judicieux de choisir un canidé en vue de comparaisons. Belyaev a donc jeté son dévolu sur le renard gris de Sibérie, déjà pas mal exploité dans la région pour sa fourrure. Une chance pour lui, ces pourritures d’éleveurs de tortionnaires avaient tenté quelques expériences de capture et de reproduction de renards sauvages, leurs animaux avaient donc déjà “passé le premier traumatisme de la captivité” qui peut rendre une expérience de domestication très longue, pénible et coûteuse en raison d’une forte mortalité (mais qu’on se le dise, même après cette étape, la vie d’un animal en cage dans une ferme a fourrure est tout bonnement ignoble). Belyaev a donc sauvé un petit cheptel du massacre et débuté son expérience en isolant deux populations de renards : les agressifs d’un côté, les dociles de l’autre et en ne réalisant que des croisements à l’intérieur d’un même groupe. Il est important de préciser que les individus étaient placés dans l’un où l’autre groupe uniquement en fonction de leur comportement, aucun autre caractère n’a été pris en compte. Évidement, au début, les renards avaient encore une attitude sauvage et (compte tenu de leur expérience précédente) étaient tout bonnement terrifiés par le contact humain. La ségrégation initiale consistait donc à séparer les individus véritablement agressifs des craintifs/soumis.

 
Comportement d’un individu agressif (ou mort de peur, au choix)
 

Mais au fil des générations, les soumis ont perdu progressivement leur crainte de l’être humain et sont devenus dociles, se laissant de plus en plus manipuler. Après plusieurs années de sélection, certains individus désignés “Classe IE, Domesticated Elite” ont même développé un comportement affectueux, accueillant les chercheurs/soigneurs par des gémissements, des jappements, en tournant sur eux même et se ruant sur la porte de leur cage comme de gentils chiots impatients qu’on leur apporte leur gamelle. Impressionnant.

 

Comportement d’un individu “Elite”

D’emblée, à moins que vous ayez subi une cardiectomie récemment, vous conviendrez, même sans regarder en détail sa morphologie, que la peluche ci-dessus est vraiment “trop mignonne” (avec la bouche en ”O”, les sourcils et tout et tout) . Belyaev a donc réussi l’exploit de transformer en un temps record un renard grognant et mordant en gentil chien-chien avide de papouilles et de su-sucre. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car en observant de plus près les individus “Elite”, on remarque rapidement que se sont produits plusieurs changement morphologiques par rapport à la population sauvage initiale ou aux individus agressifs témoins. Je vous le donne en mille : Apparition de zones blanches sur le pelage (8ème à 10ème génération), oreilles tombantes et raccourcissement ou enroulement de la queue selon les individus (15ème à 20ème génération).

 

piebal oreilles tombantes

Zones blanches sur le pelage

Oreilles tombantes

 

queue enroulée Queue enroulée

(images : Lyudmila N. Trut)

 

Tout s’est déroulé comme prévu, la corrélation “gentil = mignon” semble se vérifier, comme l’espérait le maître. Restait à vérifier l’explication physiologique. Et bingo, des analyses sanguines ont révélé des changements hormonaux, en particulier au niveau des corticostéroïdes (ou corticoïdes) dont le taux est relativement faible dans les premières semaines suivant la naissance des renardeaux et augmente fortement entre 2 et 4 mois pour atteindre le niveau adulte aux alentours de l’âge de 8 mois. Cette brusque élévation correspond à la fermeture de la “fenêtre de socialisation”, une période pendant laquelle le renardeau perçoit les stimuli extérieurs comme amicaux et peut par exemple s’habituer à la présence humaine. Au delà de cette fenêtre, tout nouveau stimulus sera perçu comme une agression et entraînera une réaction de peur chez l’animal. Chez les individus dociles, l’élévation du taux de corticostéroïdes est plus tardive, d’où un allongement de la fenêtre de socialisation et une plus grande facilité à être apprivoisé. De plus, le taux maximal atteint à l’âge adulte était 4 fois inférieur à celui des individus sauvages, après seulement 30 générations de croisements entre individus dociles. Concernant les nouveaux traits physiques observés, il semblerait que les animaux dociles présentent un taux 5 fois plus élevés de sérotonine (un neurotransmetteur) et d’autres éléments impliqués dans l’acquisition des caractères physiques dans les stades les plus précoces du développement.

 

Conclusion

Au final cette expérience de longue durée ne remet pas en cause la vision moderne de la domestication (les deux vision sont compatibles et se complètent), mais elle apporte des éléments nouveaux pour expliquer le développement de la mignonitude chez les animaux domestiques. Et même au delà du sujet de la domestication, elle suggère combien la sélection d’un caractère simple (ici le comportement) peut avoir des répercussions importantes sur le reste de l’animal. En terme de génétique, cela montre qu’un nombre restreint de gènes peuvent être impliqués dans un très grand nombre de fonctions, il faut donc définitivement oublier l’idée selon laquelle un gène donné a un rôle unique qui lui est propre. Pour finir, le dernier avantage de cette expérience (et pas des moindre, c’est même tout le contraire) est qu’elle montre en direct l’évolution par le biais de la sélection.

Mettre en place un élevage de renards gris en pleine Sibérie sous le régime stalinien : des centaines de milliers de roubles. Domestiquer un animal quasi-sauvage pour en faire un adorable compagnon : 50 années de travail. Mettre une grosse claque aux détracteurs des théories de l’évolution : ça n’a pas de prix.

 

(image : Lyudmila N. Trut)

 

 

Référence :
Early canid domestication : The farm-fox experiment. Lyudmila N. Trut (1999)

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25 réactions à cet article    


  • Lachésis 27 août 2009 12:15

    Excellent article. Et on sait ce que sont devenus les renards élites par la suite ?


    • Vran 28 août 2009 01:09

      Merci beaucoup ! (oui Taupo a encore signé pour ses collaborateurs... c’est donc encore moi l’auteur, comme pour les paresseux). En ce qui concerne le destin des animaux élites, il y en a eu plusieurs possibles. Une partie sont restés dans la ferme (l’expérience continue) et subissent donc toujours le même traîtement (qui n’est pas le plus atroce qui soit mais qui n’est quand même pas joyeux joyeux, ça manque beaucoup de liberté). D’autres n’ont pas eu de chance, je vais essayer d’expliquer la situation de façon concise.

      L’équipe de recherche en charge du projet est en manque d’argent pour financer la suite des expériences. Pour essayer de se renflouer, il y a eu une sorte de marché entre le centre de recherche, les industriels de la fourrure, et une association militant pour le droit des animaux. C’est un peu bisarre, mais c’est l’organisation de protection des animaux qui a proposé de remplacer les renards à fourrure classiques (plus ou moins sauvages) par des indivisus dociles dans le but de minimiser leurs souffrance. Tout ça se base sur le fait que les dociles étant plus habitués à l’homme, ils souffrent moins de la captivité (mais évidement au moment de l’abbatage c’est toujours la même barbarie). Drôle de deal donc.

      Enfin, les plus chanceux ont été récupérés par des membres du groupe de recherche avec pour motif officiel de « tester le comportement des individus élite au quotidien dans un environnement humain ». Grosso modo, certains chercheurs les ont trouvé tellement mignons qu’ils les ont adopté en prétextant poursuivre l’expérience chez eux ^^. Et le meilleur c’est que ça marche très bien. En faisant une rapide recherche de vidéos « tame fox » ou « domestic fox » on tombe rapidement sur des images de gens jouant avec leur renard gris de compagnie.


    • Kalki Kalki 27 août 2009 12:38

      Merci pour l’article

      Une autre théorie pour préciser , trouver les caractère juvéniles beau, n’est pas conditionné ( par la culture ) c’est inné - question de préservation des descendants en priorité - des descendants qui peuvent ne pas etre tel qu’on le concoit - donc notre chant encadre tous les mamiffères bébé.

      Il faut dire aussi que l’ « on » ( les génes sapiens) s’est reproduit avec des primates il y a des millénaires - et on ne pouvait pas imaginer cela autrement.

      La barriere des especes est « recentes ».

      Voila pour le cour de svt.

      QUESTION : Quelles conclusions tireriez vous en parallèle pour le fonctionnement du systeme humain et ces concéquences. ( passé et présente )

      SI l’évolution est aujourd’hui artificiel, vers quoi nous mene ( et nous a mené ) le courrant dominant du pouvoir sur l’espece dominante ? Et pouvons nous nous en « Ã©carter ».

      OUai je parle de séparation de l’espece humaine, c’est une question de choix - et de survie, comme pour l’évolution.


      • Vran 28 août 2009 00:40

        @ Kalki : Salut, je suis l’auteur de l’article. Je vais être obligé de te contredire sur pas mal de points, avant de lire la suite, sache qu’il n’y a aucune animosité dans mes propos, j’ai l’impression que tu as mal interprété plusieurs concepts de la biologie et j’aimerai essayer de ré-expliquer les choses. Donc ne prend pas mal ce que je vais écrire, j’essaye juste de répondre de la manière la plus scientifique possible. (au passage si ce n’est pas clair, n’hésitez pas à re-poser des questions).

         

        J’ai du mal à saisir ton histoire de descendants (sur le fait qu’on les trouve mignons). Ton hypothèse n’est pas dénuée de sens mais elle me semble relever de la psychologie, ça me parait assez loin du sujet et je ne connais pas d’explication biologique au « pourquoi » du mignon.

         

        Ensuite sur « On s’est reproduit avec des primates il y a des millénaires » et « la barrière des espèces est récente », rassures moi, tu disais ça pour déconner… Au cas où, que les choses soient claires : L’être humain, Homo sapiens est un primate, il s’est reproduit avec d’autres Homo sapiens mais certainement pas avec des primates d’autres espèces (que ce soit chimpanzé, orang-outang, ou même des espèces proche disparues comme Homo neandertalis). La barrière reproductive entre les espèces n’est pas du tout récente, elle existe depuis que les espèces existent. C’est un concept primordial sur lequel repose la notion d’espèce elle-même. Si cette barrière n’existait pas, c’est bien simple, il n’existerait qu’une seule espèce vivante, mélange chimérique de tous les organismes vivants existants.

         

        Pour ce qui est de tes questions, je ne vois aucune conclusion à tirer quand au mode de vie humain. Tu sembles faire particulièrement référence au style de vie occidental et ta question me parait surtout orientée politique et psychologie, elle ne relève donc pas de la science, je suis donc incapable d’y répondre. En revanche, je peux d’affirmer qu’on ne peut pas prévoir l’évolution (et que l’évolution n’est pas artificielle). Si tu veux parler « d’auto-domestication » de l’être humain, on peut imaginer que l’utilisation d’outils, la sédentarisation, l’agriculture, changement de régime alimentaire etc… ont constitué un « changement de niche écologique » que l’on pourrait rapprocher d’un processus d’auto domestication. Il y a effectivement eu des changements entre l’homo sapiens qui vivant il y a 200.000 ans et celui que l’on connait aujourd’hui. D’après ce que je sais il s’agit essentiellement de changements de fréquences alléliques du type « tolérance au lactose » etc.... Cela relève d’une double discipline extrêmement intéressante qu’est l’anthropologie/génétique des populations. Je t’encourage vivement à rechercher des informations sur ce domaine mais je ne peux malheureusement pas te renseigner moi-même (pauvre biologiste du développement).

         

        Mais si tu parlais de monter une expérience similaire à celle de Belyaev avec des humains, tu vas en premier lieu te heurter à de très gros problèmes éthiques. Ce que je te suggère, c’est de ne pas essayer de chercher des arguments scientifiques pour répondre à une question psychologique, philosophique ou politique. Mélanger les genres est très maladroit, conduit à des erreurs d’interprétations et l’histoire a prouvé que ce n’était jamais une bonne idée.


      • sleeping-zombie 27 août 2009 13:31

        Intéressant article, merci.

        @kalki
        les conclusions sur une société humaine ? relis l’article mon vieux...

        • Existence de variétés naines ou géantes
        • Robe pie (blanc tacheté de noir)
        • Poils ondulés ou bouclés
        • Queue enroulée
        • Queue courte, diminution du nombre de vertèbres
        • Oreilles tombantes
        • Changement de cycle reproductif
        Quand tu présenteras un ou plusieurs de ces traits, tu seras mignon et sociable ^^

        • Kalki Kalki 27 août 2009 14:30

          oui justement je m’intérresse surtout au psychologique derriere cela -
          les caractères physique de la docilité sont a tenir compte en relativisant.

          Ils aurait pris des primates la choses aurait pu etre un peu plus proche de l’etre humain.

          Est ce que la race humaine - ou en tout cas une partie deviendra docile et servile ? Ou est ce déja le cas... et plus profondément que culturellement.

          Et oui pour le moment nous sommes encore des etre vivant et nous évoluons donc, ca s’applique aussi a « nous » l’humanité.


        • Kalki Kalki 27 août 2009 14:32

          J’espere jamais etre sociable, socialisé par le systeme, ou docile par caractere génétique. Et je le souhaite pas a mes enfants


        • Lachésis 27 août 2009 16:31

          Cela dit, ça me fait penser qu’il y a une théorie de la néoténie également envisagée sur l’humain : en effet, le crâne des bébés chimpanzés ressemble énormément à un crâne humain, puis se déforme ensuite.

          et au niveau embryonnaire, certains laps de temps sont plus long _temps de colonisation du cerveau par les cellules nerveuses, ce genre de truc.

          Donc il est tout à fait possible que nous soyons également atteint de néoténie par rapport aux autres primates ;..


        • sleeping-zombie 27 août 2009 20:26

          @kalki
          il aurait du mal a faire le même test sur des primates, a cause d’un rythme de reproduction beaucoup plus lent.

          Et puis voiloir appliquer ça aux humains, ça necessite de forcer les reproductions entre personnes de même caractère, or en ce moment c’est plutôt la classe sociale le critère... et elle n’a rien de génétique (l’héritage n’est pas brassé).


        • Kalki Kalki 27 août 2009 21:49

          en etes vous certains ?

          SI les classes sont compartimentés c’est un des critères de leur expériences.

          Si l’on force et l’on récompense les dociles , qui vivent en cage.

          J’aimerais bien savoir quelles sont les concéquences des facteurs de sélection artificiel - humaines - sur le long terme. C’est à dire ce vers quoi se dirige la ( ou les si j’ose le dire ainsi - en terme seulement biologique ) races humaines.

          Je ne pense pas qu’on puisse mettre ce probleme de coté, ca ne serait pas scientifique.

          Cela fait dix génération humaine depuis la révolution industrielle, par exemple.

          Le facteur de sélection - bien que pas aussi totalitaire que celui d’animau en cage- pourrait commencer a voir des effets mesurable.


        • Kalki Kalki 27 août 2009 21:52

          Surtoutsi la cage se resserre, les barreau se ferme , et le controle se met en place.

          Pourquoi avoir besoin d’eugénisme si ils peuvent faire cela sur plusieur génération, et la loi du marché s’en chargera, ouups.


        • Vran 28 août 2009 02:39

          Fais très attention Kalki, ton discours est super ambigüe, ça pourrait être mal interprété par les esprits influençables. Ce que l’on appelle « race » n’a pas de sens en biologie, c’est un concept obsolète. Il n’y a qu’une seule et unique espèce humaine, homo sapiens, on peut faire toutes les subdivisions artificielles que l’on veut (nationalité, langue, couleur de peau, marque de chaussure ou plat préféré, peu importe, plus c’est dénué de sens et plus facilement ça passe), il n’y a pas et il n’y aura jamais plusieurs races humaines, et cela pour une raison très simple : Les gens se déplacent, voyagent, se mélangent, se mettent en couple, c’est ce qu’on appelle la migration (ou le métissage). Pour créer deux espèces à partir d’une seule, il faut que deux populations s’éloignent suffisamment l’une de l’autre d’un point de vue génétique jusqu’à ne plus être interfécondes, cela passe souvent par un isolement géographique et/ou reproductif et ça peut prendre des dizaines de millions d’années. Tant que le métissage existera (c’est-à-dire tant qu’il y aura des moyens de transport à longue distance comme les avions ou les bateaux), l’espèce humaine restera une et indivisible sur le plan biologique. Il faut donc être clair : l’eugénisme, la ségrégation etc sont des aberrations scientifiques, ça n’a biologiquement pas le moindre sens, ça arrive quand les mauvaises personnes interprètent de travers les textes scientifiques et c’est de toutes les façons voué à l’échec. Si tu veux vraiment philosopher sur la condition humaine, n’essaye pas d’avancer d’arguments scientifiques, tu as toutes les chances de tomber à côté du sujet.


        • LE CHAT LE CHAT 27 août 2009 13:38

          La Russie a de magnifiques peluches ! et quand on ôte la fourrure , c’est encore mieux !


          • monbula 27 août 2009 14:40

            Un chat coquin !


          • jacques jacques 27 août 2009 16:16

            Tu me fais peur ,tu crois qu’elle a une queue enroulée et courte.


          • Vran 28 août 2009 00:43

            @ LE CHAT : « Quand on ôte la fourrure c’est encore mieux »... Elle est très bien là où elle est non ? Pas besoin de leur retirer, un animal mort n’a rien de mignon.


          • jullien 27 août 2009 14:06

            La « ségolénite », maladie qui consiste à ajouter à tout propos et hors de propos le suffixe « -itude » observée pour la première fois en 2006 chez une Française visitant la Chine, a encore frappé !
            Le mot « mignonitude » n’existe pas. En bon français, on dit « être mignon » ou « mignonnerie ».


            • Vran 28 août 2009 00:56

              Merci Ray. (au fait... Ségolénite non plus ça n’existe pas) Je suis volontairement naïf de répondre à ce genre commentaire, mais je tiens juste à préciser que lorsque j’utilise un néologisme dans mes articles, je m’arrange toujours pour que ce soit assez énorme pour qu’on le repère au premier coup d’œil et que le lecteur comprenne ainsi qu’il s’agit d’une boutade ! Pour ceux qui n’ont pas un sens aigu de l’humour orthographique, tout est ici question de contexte. Le thème de mon article est la domestication, un sujet extrêmement complexe qui fait appel à de nombreux concepts de biologie et de génétique. Pour rendre ce sujet plus accessible et plus agréable à lire, j’ai volontairement misé sur l’humour, voilà. Sur le mot précis de « mignonitude » c’est très simple, ce qui est petit, jeune ou naïf est mignon, or le néologisme est un procédé souvent utilisé par les enfants, le néologisme c’est donc mignon. « Mignonitude » est donc une façon mignonne de dire mignon. De toute manière j’écris comme je veux et je ne viens pas troller les articles des autres avec des sous entendus politiques vaseux.


            • monbula 27 août 2009 14:50

              Vive la mignonitude ( c’est joli ce mot, c’est mieux que du franglais polluant nos médias.)

              Ces petits animaux sont mignonèsques.

              Sarkosy et la mignotitude... C’est joli aussi.

              Le petit baudet du Poitou m’intéresse. j’ai 5000m2 d’herbe à mâcher et plus de tondeuse ;
              Où les trouve t-on ebn France, ces mignonets baudets.


              • Vran 28 août 2009 00:59

                Sans vouloir trop m’avancer je dirais... dans le Poitou. Sinon y’a toute une panade d’éleveurs qui ont un site internet, il suffit de taper « baudet du poitou » sur un moteur de recherche très très connu. (c’est vrai qu’ils sont mignonissimes, les adultes ont les poils si longs que ça leur fait des espèces de dreadlocks, c’est très original)


              • marie 27 août 2009 14:59

                comme nous lorsque nous sommes heureux, en sécurité, aimé et choyés et bien nous sommes plus beaux..regardez les candidats pas beaux des émissions de la téléréalité ( chansons) ce qu’ils deviennent plus mignons, une fois qu’ils ont gagné.


                • Vran 28 août 2009 01:41

                  Dans le principe je suis complètement d’accord avec toi, la question de la légitimité de l’expérimentation animale est très importante. Ayant travaillé dans plusieurs laboratoires, j’ai dû manipuler des animaux et je me suis longuement interrogé sur le sujet (ce qui m’a d’ailleurs conduit au végétarisme). Pour cette expérience en particulier de la ferme aux renards tu as donc parfaitement raison : mettre en place des structures aussi importantes et faire subir la captivité à autant d’individus pour répondre à une simple question biologique est assez démesuré et égoïste (mais elle a au moins le mérite de faire prendre conscience aux gens que domestiquer un animal n’est pas un procédé inoffensif, la vidéo montrant l’individu sauvage terrorisé dans sa cage est assez explicite à ce propos). Néanmoins il ne faut pas généraliser, la science a besoin de l’expérimentation animale pour progresser, c’est une nécessité absolue, bien plus grande que le « besoin » d’avoir un steak ou une tranche de jambon dans son assiette par exemple. Alors oui, la science fait parfois souffrir les animaux, mais toutes proportions gardées, le véritable ennemi, celui qui est véritablement inutile, superflu et meurtrier c’est l’industrie alimentaire.


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 août 2009 09:59

                  Taupo,

                  selon votre topo, il a fallu qu’une espèce domine toute les autres pour déterminer que cela lui donne le pouvoir d’évolution sur chacune d’entre elles, et cela de la part de celle qui fait le plus peur à toutes les autres, l’espèce russe. Personnellement, ce qui me fait le plus peur n’est pas l’espèce mais le climat qui lui confère cette distance que vous exprimez comme le facteur dominant dans l’absence d’interfécondité. Il est passionnant d’apprendre qu’aucune espèce n’est définitivement sauvage et que la familiarité s’établit par des règles précises de rapprochement géophysique. Ne manque plus qu’à persuader l’espèce supérieure qui fait ce constat qu’elle est elle même soumise à une autre espèce issue tout droit de sa recherche, et qui est la machine dominante à laquelle nous sommes tous soumis sans l’admettre. C’est, après le minéral, le végétal et l’animal, l’être dominant actuel : le machinal. C’est d’ailleurs elle qui nous délivre à la fois de la dépendance envers les autres, par la toxicogénomique, par exemple qui sauvera à terme l’animal de l’expérimentation médicale.

                  La plus grande difficulté de l’espèce constatant son pouvoir sur l’évolution est de ne pas être tentée de la taire, de l’occulter pour s’en attribuer la paternité.

                  Merci pour ce pacifique éclairage. L.S.


                  • Vran 28 août 2009 13:55

                    @ Lisa SION 2 :

                    Encore une fois la question de « domination » n’est pas biologique, la philosophie est ue question personnelle, je n’ai donc pas la légitimité de juger tes opinions. Mais tu me semble inclure à ta réflexion des éléments biologiques qui, pour moi, sont erronés. A ça, je peux répondre (comme pour Kalki, il n’y a rien de personnel, mon but est juste de clarifier les concepts scientifiques).

                     

                    Selon les théories de l’évolution, toutes les espèces sont égales sur le plan évolutif, il n’y a pas d’espèce supérieure à une autre. En effet, les données (paléontologiques, de biologie du développement etc... ) accumulées par les scientifiques suggèrent que tous les êtres vivants sont issus d’un même ancêtre commun. Il n’y a donc pas d’espèce ayant évolué « plus » que les autres ou « depuis plus longtemps ». Considérer l’être humain comme « supérieur » ou « plus évolué » que les autres organismes c’est se jeter soi même des fleurs de façon injustifiée, on appelle ça l’anthropocentrisme.

                    Il me semble également incorrect de dire que l’humain a un "pouvoir d’évolution" sur les autres espèces, mais pour expliquer cela, il faut rappeler les mécanismes de l’évolution. Pour qu’une espèce évolue, il faut deux choses primordiales : 1. Il doit se produire des changements. 2. ces changements doivent être transmis à la descendance. Ce qui apporte le changement, ce qui crée la nouveauté, c’est la mutation. De petits changements se produisent dans le génome et peuvent se transmettre à la descendance, c’est la base de toute évolution. Au fil des générations (ce qui peut prendre des milliers, voir des millions d’années), les mutations s’accumulent jusqu’à avoir un effet visible sur les organismes. Ce que fait l’humain par la domestication, c’est uniquement sélectionner un certain profil génétique. Il ne crée pas de nouveauté dans le génome, il pioche sans le savoir dans le polymorphisme naturel pour ne garder que ce qui l’intéresse. Alors effectivement, on peut dire que par cette méthode, l’humain influence l’évolution de la population d’animaux qu’il a domestiqué, mais il ne « fait » pas évoluer l’espèce. Il faut également prendre conscience du fait que la sélection n’est pas du tout une exclusivité humaine, elle a lieu à chaque instant dans la nature. On appelle « sélection artificielle » la sélection dirigée par la main humaine, mais ce terme est lui-même artificiel, car la notion « naturel/artificiel » est purement un fruit de la pensée humaine, elle n’existe pas concrètement. La sélection artificielle, c’est de la sélection naturelle  « made in human ».


                  • krolik krolik 31 août 2009 01:04

                    Article intéressant.
                    Dans quel coin de Sibérie cela se passe-t-il ? Comme j’y avais assez souvent, je voudrais bien voir cela.

                    Mais je suppose que ce genre d’étude « scientifique » car le communisme se devait d’être « scientifique » visait à trouver au final l’art et la manière de faire un « homme nouveau », l’homo soviéticus !

                    Déjà lorsque l’on parle de Lyssenko en Russie la première réaction qui vient c’est :
                    - cela justifiait scientifiquement les purges.
                    Si vous n’étiez pas capable de devenir un « bon communiste », fidèle, obéissant au système, complètement imperméable à autre chose, vous ne pouviez transmettre ce caractère que vous auriez pu acquérir. Donc il fallait que vous disparaissiez, et vos enfants également.

                    Pour la petite histoire, la lecture des minutes de la section biologie de l’Académie des Sciences, le jour où il fut décidé de virer Lyssenko définitivement est un petit chef d’oeuvre du « réalisme soviétique »
                    - Vous dîtes que les caractères acquis peuvent se transmettre. Comment expliquez vous alors que les Juifs mâles circoncis à la naissance depuis des milliers d’années n’aient pas transmis à leurs enfants le fait de naître circoncis ?
                    - Comment expliquez vous que les femmes naissent vierges alors que leurs mères ne l’étaient pus au moment de leur conception.
                    Et ce fut la fin de Lyssenko.

                    Mais cette étude menée en Sibérie me semble tout à fait allant dans le sens que recherchait Staline. Faire une population à la botte du système. Enfin quelque chose comme des epsilon-moins-moins comme dirait Aldous Huxley dans le Meilleur des Mondes.
                    Elle rentre bien dans la logique soviétique du temps.

                    @+

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