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« La France injuste »

La France injuste de Timothy B.Smith, avec le sous-titre 1975-2006 : pourquoi le modèle social français ne fonctionne plus, bien que publié pour la première fois en 2004 et en France au début de 2006, est un livre qu’il faut lire, même si c’est avec retard, ce qui est mon cas.

L’auteur, un professeur canadien d’histoire contemporaine à la Queen’s University dans l’Ontario, au Canada, ne nous rend pourtant pas la tâche facile. Non seulement parce que, dans la plus pure tradition universitaire, l’ouvrage est agrémenté de quatre-vingts pages de notes ou d’annexes sur un total de 350 pages, mais aussi parce qu’il trouble notre confort de lecture par une méthode démonstrative, faite d’accumulation d’innombrables données, soigneusement référencées, qui, peu à peu, composent un tableau à travers un itinéraire qui ne nous épargne ni détours ni allers-retours sans nous offrir ce jardin à la française que les cartésiens que nous sommes affectionnons.

On ne sera donc pas surpris que j’aie eu quelque hésitation à m’engager dans un compte rendu analytique que la densité de l’œuvre aurait pourtant justifié. Heureusement Google en me faisant découvrir celui d’Alexandre Delaigue sur Econoclast.org, site de ressources en économie pour les nuls et les autres, me dispense de cet effort. Je vous invite donc à vous y reporter.
Le point de vue de Timothy B.Smith est en effet passionnant. Il ne s’agit pas d’une énième critique libérale anglosaxonne caricaturale du système français, mais d’une réflexion d’historien qui, comme il le dit dans une interview à 20 Minutes , est pris aux Etats-Unis pour un communiste, qui croit à la dépense publique redistributive et qui se félicite que les pays scandinaves (aient) compris que pour être un bon socialiste, il fallait faire la paix avec le capitalisme. Il résume sa thèse et son parti pris de manière limpide dans sa préface à l’édition française de son livre :

La plupart des gens qui croyaient « le modèle social français » menacé par la Constitution européenne considèrent ce modèle comme solidaire, redistributif, fondamentalement sain et financièrement solvable. Cet ouvrage conteste sans ambages ces affirmations et entend démontrer, dans une perspective de centre gauche, que le modèle français est : premièrement, de manière générale, non redistributif envers les pauvres ; deuxièmement, il est lui-même la cause principale du chômage ; troisièmement, il est injuste pour les jeunes, les femmes, les immigrés et leurs descendants ; enfin, quatrièmement, il est intenable financièrement.

 

De sa démonstration implacable, appuyée la plupart du temps sur des faits et des chiffres convaincants, quelques éléments parmi d’autres retiennent particulièrement l’attention au moment où commence un débat déterminant pour l’avenir du pays. Pour les illustrer et, en même temps, alimenter l’envie de lire le livre, voici quelques citations significatives :

  • Dans le chapitre Le malentendu de l’Etat-providence français : 40% environ de la population en âge de travailler, pauvre, sans emploi ou en situation de sous-emploi, ne bénéficie que d’un accès limité aux prestations sociales. Il ne s’agit pas d’une coïncidence : la politique sociale française ne sert pas les intérêts des citoyens réduits à la pauvreté et des (chômeurs). Où va l’argent ? Pour la plus grande part, aux plus riches et aux classes moyennes, à « ceux du dedans », titulaires d’un emploi confortable (essentiellement des hommes d’âge mûr) ; une très petite partie de cet argent revient à « ceux du dehors » (chômeurs, bas salaires, pauvres, jeunes, immigrés). Il faut ajouter que les retraités français sont les plus riches du monde (par rapport aux salariés) et qu’ils prennent leur retraite beaucoup plus tôt que leurs homologues de nombreux pays européens. Ce sont eux qui constituent le noyau dur des partisans de l’Etat-providence, et ce sont leurs désirs - non ceux des 1,7 million de travailleurs pauvres, des parents isolés, des enfants d’immigrés au chômage, des handicapés, des jeunes foyers confrontés aux bas salaires et aux loyers élevés - qui déterminent le programme de politique sociale depuis 1980.
  • Dans le chapitre La trahison des intellectuels : la mondialisation, bouc émissaire des problèmes économiques et sociaux de la France : « Sophie Meunier et Philippe Gordon ont récemment montré que ces réformes radicales (de même que les réformes mises en œuvre sous le gouvernement Jospin à la fin des années 1990) ont été appliquées à la dérobée, sans justification intellectuelle et sans que leurs auteurs aient cherché à en retirer récompense ou mérite politique. Imaginez Ronald Reagan ou Margaret Thatcher omettant de s’attribuer le mérite de leurs efforts pour déréguler l’économie ! Or c’est précisément ce qui est arrivé en France à la fin des années 1980. Puisque la fin du dirigisme n’a pas été présentée comme la bonne solution, indépendamment des forces extérieures, les critiques extrémistes ont beau jeu d’accuser la mondialisation de ces changements apparemment funestes. L’incapacité des élites dirigeantes françaises à justifier leurs réformes, d’un point de vue politique et intellectuel, constitue une faute cardinale qui a directement favorisé la montée de l’extrémisme. En dix ans, les élus de tous bords sont passés maîtres dans l’art de la langue de bois : ils affirment à l’opinion publique qu’ils défendront le grand Etat-providence alors qu’ils en démolissent tranquillement, en sous-main, l’appareil dirigiste.
  • Dans le chapitre La rupture avec le socialisme : MM. Mitterrand et Chirac n’ont jamais assumé leur responsabilité dans la crise de l’emploi. Tous deux ont cherché des coupables et des alibis ailleurs : la nécessité de préparer le pays à l’union monétaire européenne, la marée montante de la mondialisation néolibérale, la menace de la concurrence asiatique, le reaganisme et le thatchérisme, l’influence grandissante des investisseurs internationaux, le « mur de l’argent », etc.
  • Dans le chapitre La persistance des inégalités : A moins d’abaisser les cotisations sociales dégressives et d’introduire un véritable impôt sur le revenu progressif, qui frappe le quart supérieur de la population pour donner au quart inférieur, la France restera une société hautement inégalitaire. Ce n’est pas la mondialisation qui a empêché les socialistes de choisir cette voie : c’est par atavisme et par crainte de s’aliéner leurs propres partisans - les classes moyennes et aisées en majorité - que les socialistes n’ont pas honoré cette promesse électorale.
  • Et encore dans le même chapitre : Le système de Sécurité sociale française a toujours été dirigé par des travailleurs syndiqués de sexe masculin, des professions libérales et des fonctionnaires. Il en résulte que ceux qui n’ont pas un bon emploi sont moins étroitement associés aux prestations. Il n’y a jamais eu de place, dans la vision mythique de la solidarité des travailleurs, pour une jeune femme au chômage, un parent isolé gagnant le salaire minimum, un homme né en Algérie vivant dans une cité-ghetto de la banlieue de Lyon, un handicapé rejeté par le marché du travail, vivant seul à Paris avec pour toute ressource une maigre allocation versée par l’Etat. Fonder l’accès aux prestations sociales sur la citoyenneté permet, à l’inverse, de ne pas marginaliser au sein du système de prestations sociales les exclus du marché du travail.

  • Dans le chapitre Les groupes protégés : Aucune population de retraité n’est aussi riche (par rapport au salaire moyen) que les Français. En 1993, la France est parvenue à une sorte de point limite : les retraités français de soixante ans et plus avaient atteint le même niveau de richesse que les actifs qui subvenaient à leurs besoins. En 2000, les retraités français étaient de 15 à 20% plus riches en moyenne que les actifs. Ce chiffre inclut les revenus déclarés à l’exclusion des autres avoirs (l’immobilier, par exemple) (...) outre les inégalités flagrantes associées aux régimes de retraite spéciaux, les riches sont généralement favorisés, quel que soit leur régime d’affiliation.
  • Dans le chapitre Les exclus : les immigrés, les jeunes, les femmes : La jeunesse française, comme la jeunesse italienne, n’est défendue par personne. Dans toute son histoire, le mouvement syndical français n’a jamais négocié pour les créations d’emplois ; autant il s’est montré généreux en paroles de compassion envers les chômeurs, autant il a concentré ses efforts sur la défense des emplois existants (...) Le mouvement syndical a exigé des augmentations salariales supérieures à la norme européenne, a appelé à la réduction de la semaine de travail, a réclamé des plans de préretraite et des augmentations de valeur des pensions de retraite (...) Les travailleurs ne se sont pas battus pour les moins chanceux qu’eux - les aspirants au travail.
  • Enfin dans le chapitre L’exception française : Beaucoup d’hommes politiques français sont incapables d’accepter l’idée que le marché devrait être libre de détruire et de créer des emplois. Surtout, la plupart des citoyens français ne lui font pas confiance. Ils ne croient pas que le marché soit source de prospérité ; si l’on se souvient que plus de 50% de la population dépend de l’Etat pour son revenu (fonctionnaires, retraités, bénéficiaires de l’aide sociale), ce sentiment se comprend aisément. Une réforme d’envergure paraît très improbable tant que cette hostilité au système même qui fonde le social n’est pas surmontée. Les dirigeants français ont une longue route devant eux : ils pourraient commencer par abandonner leur obsession de la mondialisation et recentrer le débat public sur les enjeux nationaux. Si le chômage était une vraie préoccupation, la politique la plus « solidaire » consisterait en un programme redistributif pour combler les vides du marché et assurer un salaire décent, tout en dérégulant le marché du travail dans le but de créer des emplois et de réduire le taux de dépendance (...) Dans une étude récente sur la dérèglementation en Europe, la France se distingue comme le seul pays où la question n’est pas largement débattue : les hommes politiques (des deux principaux partis) n’osent pas en parler, et le grand public est inconscient du problème. 

Certes cette description au vitriol de la réalité française, qui n’épargne aucune des équipes politiques qui se sont succédé au pouvoir depuis trente ans, n’est pas exempte, comme le relève Alexandre Delaigue, ici ou là, d’imprécisions, d’inexactitudes ou d’obsolescences, inévitables dans ce dernier cas pour un livre publié pour le première fois en 2004.
Il n’en reste pas moins que ce diagnostic cinglant reste d’une actualité brûlante et nous interpelle avec vigueur :

  • quand cesserons-nous de nous abriter derrière des alibis commodes et trompeurs, Europe ou mondialisation, pour éviter de nous interroger sur le délabrement d’une gestion publique qui est de notre seule responsabilité et dont les fondements essentiels n’ont pas été renouvelés depuis 1940 ?
  • Quand accepterons-nous de reconnaître que notre système de redistribution est régressif et injuste par la combinaison de prestations sans sélectivité ni hiérarchisation et de prélèvements obligatoires pesant, directement ou indirectement, tous instruments confondus, proportionnellement davantage sur les moins favorisés que sur les plus riches ?
  • Quand nous engagerons-nous à réexaminer l’ensemble de nos prestations sociales pour faire en sorte qu’elles bénéficient en priorité à ceux qui en ont le plus besoin ?
  • Quand nous attaquerons-nous à une réforme du système fiscal qui donne, dans notre pays, à l’impôt sur le revenu toute la place que lui réservent tous les États développés et modernes, y compris les plus libéraux, de manière à réduire sérieusement et démocratiquement les inégalités excessives de revenu et de patrimoine ?
  • Quand nous déciderons-nous à concentrer sur les seules entreprises, unique source de la création de richesse, toute la marge de manœuvre qui pourra être disponible quand la dette publique aura été ramenée à un niveau supportable, pour poursuivre avec détermination l’allègement de leurs charges fiscales et sociales en vue de renforcer leur capacité de recherche et d’investissement, au lieu de chercher à retenir, sans chance réelle de succès, par le moyen d’allègements abusifs de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt de solidarité sur la fortune quelques « déserteurs fiscaux » de quitter le pays ?
  • N’est-il pas temps aussi de nous interroger sur la préférence pour la retraite qui caractérise notre société d’aujourd’hui tant en termes de revenus que de durée de la vie active au détriment de la jeunesse de notre pays et des exclus du marché du travail ?
  • Quand, enfin, comprendrons-nous que les créations d’emplois ne pourront être à la hauteur des besoins que quand nous aurons le courage de réformer le marché du travail de manière à ce que la facilité de les détruire encourage la volonté de les créer, tout en garantissant à chacun tout au long de sa vie professionnelle la formation et les ressources nécessaires en situation de transition entre deux emplois ou de chômage persistant ?

Voilà des questions qu’il serait utile de débattre au cours des semaines qui viennent. On peut en tout cas savoir gré à Timothy B. Smith de nous aider à les poser.


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48 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 5 janvier 2007 12:29

    Excellent article, Pierre, je partage pour l’essentiel les conclusions de cet auteur canadien et de ce fait, mon pessimisme se renforce car les débats politiques de 2007 sont carrément à côté de la plaque


    • Briseur d’idoles (---.---.162.76) 5 janvier 2007 13:07

      « La France injuste », ne serait-ce pas la France des « Justes » ?


      • Adama Adama 5 janvier 2007 13:12

        Excellent article.

        Cas pathologique ce Milan « briseur d’idoles » !!!


        • Rage Rage 5 janvier 2007 13:49

          Tout bonnement excellent.

          Un article à lire, un résumé à lire absolument !


          • jojo (---.---.101.8) 5 janvier 2007 13:59

            On ne peut mieux dire.

            Mais que faire sinon la révolution ?


            • (---.---.229.236) 5 janvier 2007 14:10

              Bof, tout ca on le sait ; On sait aussi qui sont les coupables, ces privilégiers de fonctionnaires, et autres parasite d’agent public, qui se gavent pendant que le privé meurt à la tâche pour payer leurs prébendes.

              Seul probléme, le peuple lui ne le sait pas, et quand en 95 on a voulu remettre en cause un peu les priviléges, les peuple à massivement soutenu ceux qui les enculé profond.

              Bref, le peuple, trés con comme toujours, à ce qu’il mérite, au fond. Il va payer trés cher pour les retraites des privilégiers, avec sa retraite à lui, avec sa faible espérance de vie : bien fait. A la CGT, on en ris encore..


              • SEB (---.---.12.18) 5 janvier 2007 14:54

                Cher inconnu !!!

                Pour que vous hurliez encore plus fort !!!

                Les cheminots qui partent en retraite avant tout le monde (à 50 ans environ) et qui quittent donc le domaine public, s’en vont pour certains d’entre eux travailler dans les sociétés privés pour compléter leur retraite. En gros comme les militaires.

                Vous hurlez non ?? Attendez cher illettré je n’ai pas terminé. Ces anciens cheminots de la SNCF s’en vont conduire des trains sur le domaine privé que la SNCF a vendu à certains « transporteurs » ferroviaires privés...

                La je crois que vous commencez à hurler TRES TRES FORT smiley

                Source UFC/QUECHOISIR


              • seb (---.---.12.18) 5 janvier 2007 15:04

                Juste pour préciser que tous les machinistes ne rentrent pas par exemple chez VEOLIA mais il y en a qui ont franchi le pas il y a quelques jours


              • Kazar (---.---.54.181) 5 janvier 2007 15:45

                Oui, MDR, car la SNCF vend ses trains parce qu’elle n’est pas foutue d’arriver à rendre l’activité du fret rentable, compte tenu de sa désorganisation générale, de ses coûts exorbitants, et de ses grèves à répétitions, tout ça au profit d’une poignée de privilégiés syndiqués à la CGT et chez SUD. Et c’est le contribuable qui paye la note, jusqu’à la faillite...


              • fendlecoeur (---.---.146.56) 5 janvier 2007 17:47

                Y’a t’il, parmi les Avoxiens,des conducteurs de train au chomage ? Apparemment il y aurait une opportunité ! Ou alors des chomeurs qui voudraient conduire des trains,avec permis ! smiley


              • (---.---.110.175) 5 janvier 2007 18:18

                Il y a quelques années, la SNCF a vendu ses locomotives aux banques américaines, pour les leur louer ensuite (rentback) afin de dégager du Cash pour le TGV. Les locos étaient toujours marquées du sigle SNCF mais étaient américaines. Je ne sais ce qu’il en est maintenant.


              • Commandeur (---.---.229.236) 5 janvier 2007 20:30

                Bof, tous ca est connu, comme les 47 milliard d’euro de dettes de la SNCF, ou les flux financiers de l’ouvrier du privé qui travail à la chaine (genre conducteur de camion..) vers le glandeur de la SNCF (solidarité et redistribution, qu’il appel ca) et la jolie espérance de vie qui en résulte.

                Tous ca est archi connu, depuis plus de 10 ans au moins, les livres et les rapports s’entassent et pésent plusieurs kilos. L’extraordinaire, c’est tout de même que les cocus du systéme l’approuve. Comme quoi, la propagande, ca fonctionne tout de même un peu..


              • Reinette (---.---.147.106) 5 janvier 2007 15:53

                « Si les murs des prisons sont si hauts, c’est pour que les petits voleurs qui sont dedans ne voient pas les grands qui sont dehors. »


                • crévindieu (---.---.146.56) 5 janvier 2007 16:22

                  Oui tout ce qui est dit dans cet article est excellent. Un bémol:le double discours:en France,on affiche des discours sociaux-démocrates mais l’on nomme des premiers ministres et ministres de l’économie furieusement libéraux.L’Amérique du Nord moralisatrice affiche des discours libéraux,impose aux autres une politique libérale, mais protège des pans entiers de sa production industrielle et agricole.

                  Faut dire que là aussi pour beaucoup,ça va mal !

                  Quand au discours sur les fonctionnaires...Je ne pense pas que l’on réalisera de substantielles économies quand la police,la santé,la justice,l’éducation,etc seront privatisées.Les « managers » se chargeront d’empocher trés largement la différence.C’est une question de religion:catholiques ou protestants...La finalité est la même ! smiley


                  • Bef (---.---.27.249) 5 janvier 2007 18:18

                    Les gouvernants français ne sont pas et n’ont jamais été libéraux. Pas plus à droite qu’à gauche...

                    Lisez des blogs libéraux, allez sur le site d’Alternative Libérale (faites l’effort), et vous verrez qu’on trouve de tout chez les libéraux. Pas seulement des sales égoïstes avides de richesses (mais bien sur, il doit y en avoir) mais aussi des gens qui proposent des solutions qui essaient de n’oublier personne...

                    D’accord avec vous sur les USA protectionnistes.

                    Pas d’accord avec vos exemples (« la police,la santé,la justice,l’éducation,etc seront privatisées ») : les anti-libéraux citent toujours ces domaines pour épouvanter les bonnes gens ; pourtant il n’y a pas beaucoup de libéraux qui demandent de privatiser la police et la justice. L’éducation et la santé, je pense qu’on peut en discuter ; quant aux transports, à la poste, l’état n’a rien à y faire, si ce n’est de fixer des règles et de contrôler leur application.


                  • Commandeur (---.---.229.236) 5 janvier 2007 20:33

                    « mais l’on nomme des premiers ministres et ministres de l’économie furieusement libéraux. »

                     ??????????????????????????????????????

                    « L’Amérique du Nord moralisatrice affiche des discours libéraux,impose aux autres une politique libérale, mais protège des pans entiers de sa production industrielle et agricole. »

                     ???????????????????????????????????????????????????

                    « Je ne pense pas que l’on réalisera de substantielles économies quand la police,la santé,la justice,l’éducation,etc seront privatisées. »

                    La justice n’est qu’un minuscule budget, mais effectivement, le reste doit être entiérement privatisé. Tous, donc sauf l’Etat régaliens, Armée, Police, Justice, Fisc.


                  • çamegonfle (---.---.146.56) 5 janvier 2007 22:18

                    « Quand au transport,à la poste l’état n’a rien à y faire, si ce n’est... »

                    Les libéraux déboulent toujours quand les contribuables ont financé les infrastructures :ça a coûté combien les centrales électriques,les routes,les autoroutes, les voies ferrées, les lignes tgv, les infrastructures téléphoniques,les centres de tri,les hopitaux, etc et qui qu’a payé ?

                    Facile d’arriver ensuite ,de dire le privé c’est top, gère mieux et de se partager les marchés en faisant la retape par des pubs monstrueuses,de racheter pas cher ce qui a été payé trois fois par les contribuables.

                    Qui va douiller pour le retard d’Airbus,des centrales nucléaires,pour le Rafale de Dassaut ?

                    Le jour où les « libéraux » entreprendront réellement,et financeront de A à Z des projets innovants,prendront des risques et leurs responsabilités, ils deviendront crédibles à mes yeux, mais pas avant ! Trop facile de se partager les gateaux que d’autres ont faits. :/)


                  • bb (---.---.237.213) 5 janvier 2007 16:33

                    L’image de la société la voilà : J’habite un 10eme étage aus sommet d’une tour à mérignac. Ma femme est enceinte et va accoucher entre le 28 janvier et le 28 février,certainement par césarienne car il y a 20 mois ce fut deja le cas. Un syndic peu scrupuleux fait changer notre ascenseur entre le 29 janvier et le 24 février sans nous avoir informé de quoi que ce soit. Devant le danger de cette situation je m’adressais à toutes les administrations et les accueils étant ce qu’ils sont on ne passe pas barrage. La santé ou la vie de deux personnes sont en jeux, mais la priorité dans notre société semble résider dans l’ascenseur. Je sais ce n’est pas tout à fait le sujet, mais il ne faut pas se masquer. La vie n’est plus rien, un enfant va naitre peut être dans une nacelle de pompier à 10 étages du sol. Ou un accident va arriver et personne pour nous entendre. La voila la société. Toutefois on m’a conseillé d’accoucher ma femme seul avec ma fille de 20 mois, mais pour les césariennes je ne suis pas encore spécialisé. C’est en france que ca va se passer ou mal se passer et personne ne peut préjuger. Nous sommes désespérés et rien ne nous fait avancer et le temps passe. Je demande l’aide d’agora vox, faites passer. merci à tous Bastita bernard http://inventionconception.free.fr


                    • Commandeur (---.---.229.236) 5 janvier 2007 20:34

                      « Un syndic peu scrupuleux fait changer notre ascenseur entre le 29 janvier et le 24 février sans nous avoir informé de quoi que ce soit. »

                      Non, c’est la Loi nouvelle, suite au « accidents » dans les HLM, qui impose pour tous les accenseur de France de nouvelles normes, donc des travaux..


                    • bb (---.---.237.213) 5 janvier 2007 21:45

                      Oui des travaux mais cette fois aux risques et périls de 2 personnes une femme et un enfant à naitre . Il faudra pratiquer une césarienne. qui : LE PAPA AVEC UNE ENFANT DE 20 MOIS ????. Oui il faut que le train passe et il y a des gens couchés sur la voie et alors ,il passe ? ou il s’arrête......... Les travaux sur un ascenseur valent ils 2 vies ??? personne n’empêche les travaux, il est demandé que ceux ci soient décalés d’un mois c’est tout. Si la conformité passe avant le vie des gens et met ces dernières en insécurité que faut il penser et que pensez vous ? Risqueriez vous d’attenter à 2 vies plutot que d’être un peu retardé dans vos travaux ????. A qui pouvez vous dire une telle chose ???. bb


                    • Gwendal (---.---.73.200) 7 janvier 2007 12:17

                      à commandeur, qui saute sur tout ce qui bouge hors de son contrôle,

                      la dame - Mme bb - elle ne s’est pas plainte de la loi que vous citez, (je cite, parce que j’aurais écrit, par respect pour les lecteurs, ascenceurs)

                      « la Loi nouvelle, suite au »accidents« dans les HLM, qui impose pour tous les accenseur de France de nouvelles normes, donc des travaux.. » qui semble vous déranger tant.

                      Il faut lire et essayer de comprendre, ou bien se taire. Sauf bien sûr si l’on veut faire du bruit, brouiller le dialogue.

                      Notez, vous qui lisez ceci, les guillemets que ce commandeur (!) met autour de accidents !!!

                      y at-il quelque chose à ajouter ?


                    • ZEN zen 5 janvier 2007 17:24

                      Peut-être faudrait-il nuancer les propos de certains commentaires et voir les limites du livre... .Voici l’avis d’un lecteur , fourni par Amazone :

                      « Excellente analyse qui montre comment la société française est figée dans l’immobilisme par son système de protection sociale, que Timothy Smith définit comme corporatiste, et qui certes profite à la majorité des gens (essentiellement les salariés hommes de plus de 40 ans), mais au détriment des exclus du système, jeunes, femmes, immigrés, chômeurs. Il montre comment presque tout le monde reçoit quelque chose de l’Etat Providence, mais certains beaucoup plus que d’autres. Selon l’auteur, la tromperie est que les »privilégiés" du système présentent leurs acquis sociaux comme étant un avantage potentiel pour tous, alors que certains en sont totalement exclus, et que l’ajustement se fait à leurs dépens. L’auteur maîtrise parfaitement l’histoire sociale de la France ce qui apporte un éclairage intéressant à la situation actuelle. Entre le système « corporatiste continental » à la française et le libéralisme anglo-saxon, l’auteur recommande un système « à la scandinave », mais malheureusement sans décrire très précisément comment il pourrait s’appliquer à la France. La liste de recommandations donnée à la fin de l’ouvrage est d’ailleurs peu développée. On comprend cependant que M. Smith applaudit aux réformes inabouties de 1995 (Alain Juppé) alors qu’il accable Lionel Jospin (1997-2002).

                      Cependant l’auteur a tendance à noircir le tableau. Il oublie que selon le dernier rapport de l’OCDE (Croissance 2006), quand on ajuste le PIB par habitant pour tenir compte des inégalités, la France ressort comme le pays le plus riche du monde. Il considère par ailleurs le chômage comme le fléau absolu - il aurait pu se demander dans quelle mesure le traitement enviable des chômeurs en France (par rapport aux autres pays) peut engendrer des chômeurs volontaires, et s’il ne vaut pas mieux, comme certains le disent, être au chômage que salarié pauvre. Plusieurs films et livres ont paru récemment en France sur ce thème du désintérêt des gens pour le travail, ce que Timothy Smith ne semble pas pouvoir imaginer."

                      Au total, l’analyse est brillante et argumentée. L’auteur prend résolument parti, mais avec honnêteté intellectuelle, en échappant aux jugements hâtifs et passionnels et qui caractérisent souvent ce genre de débat en France.


                      • (---.---.110.175) 5 janvier 2007 18:24

                        Comment peut-on calculer le PIB par habitant, lorsque l’on n’est pas capable de savoir combien il y a d’habitants ?


                      • Le péripate Le péripate 5 janvier 2007 21:56

                        Merci Zen pour ces informations complémentaires.

                        Seul bemol, j’ai tendance « par principe » à me méfier des explications qui manquent de recul, qui trouvent uniquement à l’intérieur d’une société, si particulière soit elle, les raisons des maux qui l’affecte. Par exemple, admettons que les raisons du chomage français soit franco- françaises. Alors, il faudrait une explication pour le cas italien, anglais, etc... Nos sociétés ne sont pas si étrangères les une aux autres.

                        Au total, je vais lire le livre, surtout si l’auteur a pris soin de mettre à disposition les chiffres qui sous tendent le raisonnement.

                        Le Peripate.


                      • reflechis (---.---.251.60) 6 janvier 2007 14:35

                        J’ai arrêté la lecture au passage suivant

                        « 40% environ de la population en âge de travailler, pauvre, sans emploi ou en situation de sous-emploi, ne bénéficie que d’un accès limité aux prestations sociales. »

                        - C’est faux le chiffre de 40% est exagéré on est plustôt à 10%
                        - Une pareille erreur dévalorise l’article et surtout le bouquin
                        - D’accor avec Zen sur les charmes cachés du chomage.

                        L’auteur du livre a t’il déjà séjourné en France ?


                      • reflechis (---.---.251.60) 6 janvier 2007 14:39

                        « Enfin dans le chapitre L’exception française : Beaucoup d’hommes politiques français sont incapables d’accepter l’idée que le marché devrait être libre de détruire et de créer des emplois. »

                        La mondialisation et les délocalisations ont créé des emplois ?

                        VITE DITES NOUS LESQUELS !!!


                      • phitros. (---.---.243.114) 5 janvier 2007 18:10

                        Sur le fond on n’apprends rien que nous ne sachions déjà. Par exemple, l’article du Monolecte ( Le précariat contre le salariat )traite un aspect des questions abordées par Timothy B.Smith.Dans un registre universitaire, là aussi, ils sont plusieurs à avoir soulevé ces questions de Castel à Chauvel. Le mérite de l’ouvrage semble être d’en faire la synthèse. Et c’est là où votre article me pose problème. smiley

                        En fait, j’ai des difficultés le considérer comme un article. Ce n’est pas vraiment une fiche de lecture ni une synthèse de l’ouvrage. Au terme de la lecture de votre « article » j’ai le sentiment que l’auteur vous offre le vernis universitaire pour pousser votre coup de gueule. Mais vous ne nous ne présentez que succinctement « une grille de lecture des difficultés françaises, et des raisons qui ont conduit à en arriver là » ( si j’en crois la présentation de Alexandre Delaigue). Grille de lecture qui semble faire l’intérêt de ce livre.

                        Une dernière chose pour finir. Je vous rejoins sur nombre de vos questions clôturant votre « article ». Bien que personnellement je n’aurais pas opté pour le « nous » mais pour « les élus politiques ». smiley


                        • rem (---.---.221.227) 5 janvier 2007 21:34

                          NOUS sommes la voix des élus politiques par l’intermédiaire de notre vote.


                        • phitros (---.---.243.114) 5 janvier 2007 23:34

                          C’est joli la théorie mais ils doivent être sourd ! smiley


                        • Marc P (---.---.74.13) 5 janvier 2007 18:55

                          Une fois de plus, un grand merci Monsieur Bilger pour votre intervention engagée... J’ai l’impression de lire du B. Maris qui m’inspire un important capital de sympathie, mais peut être me trompé-je... (je ne suis cependant pas un fan de Charlie Hebdo)... Je me rappelle votre article sur « faut-il bruler le modèle social français ? » de Meda et Lefebvre... Peut être un pays qui inscrit l’égalité dans son slogan national est il voué à produire des citoyens plus égaux que leurs concitoyens laissés pour compte dans un sauve-qui peut général et une peur du déclassement social à l’oeuvre dès les classes maternelles... Les syndicats sont dans le même genre de logique que les élites et les chanceux du système... On a les insiders de l’égalité et les outsiders, ceux qui comptent et les autres... C’est en français qu’on se demande si « le bébé est une personne »... Peut être y a t il une explication culturelle à cela... Bien à vous... Marc P


                          • Pierre Guillery Pierre Guillery 5 janvier 2007 20:30

                            Excellent article, qui rend la lecture du bouquin presque surperflue. Cela dit, j’ai lu le livre il y a plusieurs mois (et recommandé sa lecture à François Bayrou). C’est pour ça que je peux redire : excellent article !!


                            • moebius (---.---.120.61) 5 janvier 2007 21:32

                              Nous trouvons cet article ma foi fort exellent et nous savions déja depuis des lustres que les classes moyennes ont surdeveloppé grace à la puissance de leur glande lacrymale une capacité absolument hors du commun qui réside dans la faculté à capter une part conséquente de la phynance destinéé au moins nantis d’entre nous et ensuite ; à désigner les boucs mondialistes et agneaux européens soit disant responsables de ce rapt, ils sont aussi tres compétents.


                              • JG (---.---.75.212) 5 janvier 2007 21:42

                                Merci à M. Bilger pour cette synthèse. Et j’achète le livre. L’analyse rejoint mes perceptions mais ne rend pas optimiste.


                                • bb (---.---.237.213) 5 janvier 2007 23:11

                                  la France n’est pas plus injuste que ça...... Elle est juste ce que nous en faisons. Par nos propos et nos actions, car rien n’est irreversible.. Elle est juste ce que nous en faisons et nous sommes responsable de son devenir pour nous et nos enfants. Alors arrêtons de déléguer nos pensées et nos responsabilités. Soyons libres et exigeons des comptes..... bb


                                  • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 6 janvier 2007 10:24

                                    La France injuste ? Le conseil d’état qui interdit la soupe au lard claironnée comme discriminatoire, « d’extrème droite » (France Inter ce matin), et , par exemple, la ville de Paris qui subventionne ceci : http://www.chorbapourtous.org/pr%E9sentation.htm

                                    Injustice. Criante.


                                    • Bill Bill 6 janvier 2007 10:43

                                      Ben oui l’Omnivore Sobriquet, tout ça est désolant ! L’état se donne l’air de diviser pour mieux régner !

                                      Et que pensez vous des nouvelles lubies de notre bien-aimé président ? Interdire la peine de mort constitutionnellement, le droit au logement pour tous... Il voudrait mettre des batons dans les roues de son succésseur qu’il ne s’y prendrait pas mieux !

                                      Votre avis m’intéresse à ce sujet.

                                      Bill


                                    • liberté chérie 6 janvier 2007 23:35

                                      Omnivore sobriquet : Et que faites-vous de l’électorat d’origine maghrébine ?

                                      Cette guerre des 2 camps (l’association SDF- municipalités/ministères), médiatico-juridicocharcutière respire (pue ?)au final, par le jugement scandaleusement partial rendu par le conseil d’état, le politiquement ultra-correct, droite/gauche confondu, qui consiste à caresser l’électeur dans le sens de son bulletin de vote (hallal)...

                                      Un appel indécent...qui n’hésite pas à trahir des racines gauloises qui ont toujours fait ripailles cochonesques...


                                    • ZEN zen 6 janvier 2007 11:05

                                      Il est toujours instructif de se référer à ce site ,qui fait une analyse pointue et suivie du problème des inégalités sous toutes ses formes :

                                      http://www.inegalites.fr/spip.php?article318


                                      • hasselmann .r (---.---.202.132) 6 janvier 2007 11:06

                                        merci effectivement Mr BILGER de re-donner un coup de projecteur sur cet ouvrage.A titre incident cela montre également, les limites relatives de la blogosphére, car ECONOCLAST, avait déjà insisté avec talent sur cette approche,que pour ma part j’avais pointé en 2004. Il reste le fonds, et il constitue l’enjeu premier de la présidentielle : Allons nous être capables, dans les 3 mois qui restent, de faire assez de pédagogie, pour qu’au moment de glisser le bulletin dans l’urne, une majorité de français le fasse avec une conviction:La France ne peut avoir raison contre le monde entier, mais en regardant la réalité en face, elle dispose des ressources et des talents, pour rester l’un des leaders.A cet égard je vous invite à lire l’article de B MAROIS (LES ECHOS du 2/01/07)avec la notion de « capital immatériel » de la France qui doit nous rassurer ! J’ai été de ceux qui depuis 2002, avons réfléchi et modélisé un vrai projet, pour proposer en 2007 un contrat d’entreprise, pour l’entreprise France.Contrat avec obligation de moyens et de résultats, Contrat porté par une équipe totalement nouvelle,et des élus investis dans un seul mandat national ; C’est jouable, encore faut-il trouver l’homme ou la femme prêt à le dire, à le signer et à le faire sans faiblesse,c’est peut être encore possible !


                                        • Asimive (---.---.216.85) 6 janvier 2007 19:26

                                          Pour essayer d’ éclairer le débat je peux parler de mon propre cas : Ma femme travaille 32 heures par semaine et « gagne » 800 euros par moi et 50 euros au titre du remboursement de la carte orange. Ma petite soeur, 20 ans n’ a jamais travaillé vient d’ avoir son deuxiéme enfant et touche l’API comme principale aide sociale(748,24 euros nets mensuels pour une femme seule avec enfant, puis 187,06 euros par enfant). Homme de gauche je me pose des questions depuis longtemps...........si ma femme arretait de travailler en se faisant licencier (facile son patron est son cousin) elle toucherait le chômage, on bénéficierait de l’ APL (mon salaire de 1800 euros net nous interdit d’ y avoir droit). Je précise qu’ on a une fille de 2 mois. L’ allocation parentale en cas de poursuite de l’ arrêt de travail de ma femme pour elever notre fille s’ éléve seulement à moins de 400 euros. Donc tu bosses, tu asun enfant, nous ne pouvons nous permettre de perdre 400 euros pour notre fille alors que d’ autres b’ ayant jamais travaillé ont tout pour élever leurs enfants tranquillement...............

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