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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Passer l’éponge

Passer l’éponge

Jeux de maux

Ce n'est pas de saison.

On me demande souvent de passer l'éponge, d'avaler les frustrations et d'effacer l'ardoise, de mettre dans la rubrique « profits et pertes » les multiples contrariétés qui me tourmentent. J'avoue ma surprise devant cette demande qui n'est guère de saison. La sécheresse de l'heure, associée à celle du cœur rendent caduque l'utilisation de cette matière absorbante. Seul le papier absorbe les maux et autorise quelques variations sur le thème ...

Il faut également reconnaître que l'éponge, si elle demeure miracle au rugby, a quand même du plomb dans l'aile depuis qu'elle été largement délaissée au profit de la bombe cryogénique. Jeter un froid, c'est précisément ce qui a été cause de mes déboires ; je trouve ainsi le conseil déplacé et certainement pas de nature à apaiser le mal. C'est un véritable cautère sur un bateau de bois …

Passer l'éponge sur un navire qui prend l'eau de toutes parts n'est guère efficace. Il faudrait lui préférer la pompe hydraulique ou la bonne vieille écope. Me recommander d'écoper serait une fois encore souffler sur les braises et attiser le feu qui couve. Les fuites sont nombreuses : il n'est pas moyen d'échapper à la voie d'eau même avec quelques copeaux de bois …

Passer l'éponge sur une ardoise est un conseil obsolète pour l'ancien instituteur que je suis. Depuis belle lurette, l'ardoise a été rangée dans la vitrine des objets de collection ; les carrières d'extraction angevine ont toutes fermé leurs portes ; il est bien loin le temps où les mariniers mettaient un genou à terre et lançaient trois ardoises dans la rivière pour échapper au péage. Un genou à terre, c'est d'ailleurs bien en deçà de ma réalité : je suis étendu pour le compte, loin de ma chère Loire. L'ardoise n'est plus magique : elle n'efface pas les douleurs ; elle se fait tragique pour celui qui a mauvaise mine.

Apurer les comptes ! Belle recommandation qui fait si bon ménage avec l'ardoise. N'ayant jamais eu de dettes vis-à-vis de mon tourmenteur, je ne peux trouver la paix dans cet apurement comptable. C'est fort justement parce que les contes n'étaient pas bons que le vent a tourné au vinaigre ; n'ajoutons rien à la querelle et essayons plus sûrement les soustractions sans retenue. Il n'est pas question ici de porter le chapeau de mécomptes qui ne sont miens.

La retenue, voilà bien ce qui a manqué au moment décisif. Tenue et retenue s'additionnent dans la colonne du débit : débit de boissons, loin des poissons nageant en eau trouble. L'histoire se termine en queue de poisson tandis que le verre est dans le fruit de la discorde. Il est temps de larguer les amarres et de rompre les derniers liens. Le nœud de drisse n'est plus pour la coulisse : c'est la corde du pendu qui sonnera le glas du pardon impossible.

Tourner la page eût été conseil plus judicieux. Je l'applique à la lettre, m'efforçant de remplir les dernières lignes de propos sans ambiguïtés, tout en me faisant un sang d'encre, ce qui est, en la circonstance, naturellement, bien plus approprié. Le retour en arrière est impossible ; le pardon tout autant. La rancune est trop forte, l'éponge n'absorberait que mauvaises humeurs, biles et liquides peu sympathiques aux nuances amères.

Un grand coup de torchon s'impose et, pour ce faire, il faudrait qu'un vent nouveau se lève, pousse les nuages et transforme le paysage en contrée idyllique où les bonnes fées se feraient sirènes. J'ai bien peu d'espoir qu'il souffle en ma faveur. Je reste à terre, ne pouvant marcher sur l'eau, atterré et défait. Il faut accepter la peine : elle est inexpugnable. Les conseilleurs ne seront jamais les payeurs, la messe est dite en latin et la prochaine procession se fera sans moi, foi de Saint Nicolas !

Les mauvaises langues peuvent ravaler leur salive et leur venin. L'éponge ne servira pas à assécher les propos ; les cœurs sont désormais si secs qu'il serait vain de croire au renouveau, à la renaissance des utopies d'alors. Il n'est plus qu'à jeter par-dessus bord les souvenirs et les bons moments, éponger les regrets et arroser les chagrins. Ils font pousser les fleurs de la mélancolie, du dépit et de la frustration. Je les trouve bien plus belles que les bouquets inodores des couronnes de lauriers. Les épines me vont si bien !

Épongement vôtre.

Conseils !

 

J'en ai trop eu

De ces conseils

J'en ai trop lu

Qui sont pareils

J'en ai trop cru

Qui ont l'oreille

J'en ai trop su

Du roi soleil !

 

Couper les ponts

Passer l'éponge

Fais pas le con

Ce n'est qu'un songe

Briser la glace

Battre en retrait

Quoi que tu fasses

Tu restes à quai

 

®

Demande pardon

Fais plus la tête

T'es le dindon

De cette fête !

Tourne la page

Ronge ton frein

Tu serais sage

D'être malin

®

Oublie un peu

Les coups de vache

Tu n'es qu'un gueux

À c'que je sache

Un peu d'jugeote

Ferme ta gueule

Baisse ta culotte

C'est ce qu'ils veulent

®

Fous pas la honte

Fais pas de vague

C'est ce qui compte

C'est qu'une blague !

Pour la galerie

Souris un peu

Plus de vacheries

Fais de ton mieux

®

Tombe les gants

Romps la bataille

Sois beau perdant

Pour que ça aille …

Sauve la face

Tire-toi de là

Laisse la place

T'es un bon gars !

®


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14 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 7 août 2015 10:25

    Bonjour....Le mot humilité (du mot latin humilitas dérivé de humus, signifiant « terre ») est généralement considéré comme un trait de caractère d’un individu qui se voit de façon réaliste. L’humilité s’oppose à toutes les visions déformées qui peuvent être perçues de soi-même (orgueilégocentrismenarcissisme, dégoût de soi), visions qui peuvent relever de la pathologie à partir d’une certaine intensité. L’humilité n’est pas une qualité innée chez les humains ; il est communément considéré qu’elle s’acquiert avec le temps, le vécu et qu’elle va de pair avec une maturité affective ou spirituelle. Elle s’apparente à une prise de conscience de sa condition et de sa place au milieu des autres et de l’univers.....Wikipedia


    • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2015 10:48

      @Le p’tit Charles

      Ceci n’est qu’une déclinaison d’une expression

      Laissez mon immodeste personne en paix, elle compte bien peu dans cette plaisanterie


    • Le p’tit Charles 7 août 2015 11:01

      @C’est Nabum...si on ne supporte pas la critique..faut éviter d’écrire.. !

      Bonne journée...

    • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2015 11:32

      @Le p’tit Charles

      Je la supporte
      J’y réponds


    • L'enfoiré L’enfoiré 7 août 2015 13:13

      @Le p’tit Charles,

       Quel blabla que cela.
       J’ai un excellent billet sur le four qui s’appellera « Je suis opportuniste ».
       
      Merci Nabum pour ce billet.
      J’utiliserai le poème final
       smiley


    • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2015 13:49

      @L’enfoiré

      Vous pouvez y aller Ce n’est qu’un simple parodie
      Je doute qu’il soit mis un jour en chanson


    • juluch juluch 7 août 2015 12:49

      Auriez vous une ardoise sur votre cœur que l’éponge ne puisse effacer ??


      • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2015 13:50

        @juluch

        Ai-je seulement un cœur ou bien n’ai-je qu’un miroir pour ne cesser de m’admirer ?


      • juluch juluch 7 août 2015 19:45

        @C’est Nabum

        On admire rarement son cœur.....mais on peut admirer son reflet dans le miroir.

      • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2015 23:03

        @juluch

        Que je suis bête !

        Je pensais que c’était mon cœur qui réfléchissait ainsi dans le miroir
        Je ne suis qu’un niaiseux !


      • marmor 7 août 2015 21:17

        Bernard youp Naboum
        c’est le roi d’l’orléanais
        Bernard youp Naboum
        c’est le marquis d’Olivet
        Faut l’voir descendre l’avnue
        avec son canotier sur le côté, sur le côté
        Le Prince n’est pas son cousin
        Louis qui n’est pas ligurien


        • C'est Nabum C’est Nabum 7 août 2015 23:05

          @marmor

          Vous faites erreur mon ami
          En Orléans, je ne suis rien, un autre est le phare, il brille de mille feux tandis que moi, pauvre loque oubliée, erre comme une âme en peine, loin de la ville et ses secrets


        • elpepe elpepe 9 août 2015 09:29

          on devra deja payer l ardoise, et apres on pourra toujours passer l eponge mais finalement tout le monde s en fout sauf ceux qui vont payer l addition,
          la bonne nouvelle est que dans 100 ans tout le monde s en foutra
          j ai une bonne parole et nouvelle, la verite et justice ne sont pas de ce monde, et encore moins humaines, nos vies bien courtes et deja longues, et l eternite sans fondement,
          Nos bottes sont faites pour y mourrir plante, en esperant que nos ames voleront comme les filles du vent a la recherche d un peu d humilite, a defaut d humidite, et pourtant nos coeurs bien secs en auraient grandement besoin

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