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Barcelone : Une confusion des genres ?

L’un des plus grands ports de la Méditerranée, Barcelone l’est sans conteste, faisant de la cité une Ville mondiale intégrée aux flux majeurs du tourisme international impulsés par un intérêt culturel (la Sagrada Familia, le parc Güell, l’Arc de Triomphe), par un appétit festif (avec les dizaines de boîtes et autres dancings sur la plage par exemple) ou pour un profit balnéaire (grâce à son immense plage de sable fin et son soleil méditerranéen).

Cette cohorte de touristes prend généralement ses quartiers autour de l’axe majeur de la ville, l’avenue des Ramblas, dans des rues qui y prennent naissance de part et d’autre.

Je vous propose une étude « à contre touristique » d’une de ces rues, la Carrer de l'Hospital, chaussée étroite qui part des Ramblas à la Rambla del Raval (voie de circulation ceinturant une place sur le côté de laquelle se juxtapose une série de snacks/kébabs connus de tous), comme indiqué dans le plan ci-joint.

Une rue touristique :

Première donnée qui saute aux yeux, comme dans toutes les rues parallèles et du fait de sa proximité immédiate avec les Ramblas, la Carrer de l'Hospital voit se déverser ou la quitter un flot continu de touristes depuis l’aube jusque tard dans la nuit. Si une technique venue d’outre-future pouvait nous permettre de lire sur les visages la nationalité des personnes, nulle doute qu’une très grande majorité des pays de notre monde actuel seraient concernée. Du Maroc à l’Italie, des États-Unis à Taïwan, du Mexique à l’Afrique du Sud, toutes les nations ont des dignes représentants flânant dans la rue de l’hôpital à Barcelone.

C’est que, en plus d’être adjacente à l’artère touristique principale de la ville, la rue possède un certain nombre d’hôtels étoilés et d’auberges de jeunesse, un théâtre, une bibliothèque qui abrite un jardin magnifique à l’ombre duquel il est possible de boire un verre et un certain nombre de pâtisseries et restaurants orientaux indiquant qu’on est là, au début du quartier arabe de la ville.

D’un premier abord donc, cette rue ne permettrait pas une immersion au sein de la population barcelonaise. Pourtant, une vie locale teintée à la catalane s’y déroule sous nos yeux, pour qui veut bien y faire attention.

Une rue teinte à la catalane :

Barcelone tire profit du tourisme de masse mais le subit aussi. Cela se traduit notamment par ces innombrables banderoles accrochées aux fenêtres des immeubles qui réclament un « barri digne » (quartier digne), cri de ralliement des Barcelonais qui affirment souffrir de nuisance sonores (le bruit de la rumeur touristique qui n’en finit plus), olfactives (des touristes, mais aussi des Barcelonais, font leur besoin impunément dans les rues de la ville), visuelles (une prostitution de tous les instants sévit à l’attention des touristes). La rue de l’Hôpital n’échappe pas à la règle.

Pourtant, cela n’empêche pas les Catalans d’y flâner à l’aise. Certains d’entre eux qui, attablés à la rare terrasse d’un café, sirotent non pas un chocolat chaud, pourtant boisson nationale en Espagne, mais d'autres boissons tels que le café, les jus, la bière. D’autres qui, profitant de la tolérance affichée en la matière, affichent ouvertement leur homosexualité.

Pour autant, même si ils évoluent dans le même espace, les Catalans semblent comme juxtaposés à côté du monde des touristes, les deux parties ne faisant que s’entrecroiser mais ne cherchant finalement jamais à s’entrechoquer.

Une rue pakistanaise :

Un troisième larron vient se mêler à la partie qui se joue au sein de cette rue, rendant encore plus complexe une lecture de la vie qui s’y déroule. Il s’agit de la frange indo-pakistanaise, très présente et très visible dans la vie barcelonaise, de jour comme de nuit.

Il est impossible de les rater puisqu’ils sont les fournisseurs en chef de tout un tas de produits dont profitent les touristes mais aussi les Catalans. Il n’est pas rare de voir passer un Pakistanais se rendre vers son « lieu de travail », l’avenue des Ramblas, où il vend des cannettes de bière rouges à 1 euro pièce entre deux mimes vivants-véritable institution des remblas- et en « alliance » surréelle avec les « aguicheuses de boîtes » puisqu’ils ont les mêmes clients. Et l’on peut alors observer une véritable logistique de fourmis, avec le stockage des bières dans des égouts (sic), ceux qui approvisionnent, les autres qui vendent, les guetteurs, et cela, avec un respect total du client, qu’on n’importune jamais outre-mesure, sinon pour lui proposer gentiment sa marchandise. D’ailleurs, celui-ci le lui rend bien puisqu’en soirée, une grande majorité des badauds divague une bière rouge à la main.

Il est curieux de voir comment, peut-être, les Indo-pakistanais sont ce potentiel lien qui manque entre les Catalans et les touristes puisqu’ils parlent indifféremment aux uns et aux autres.

A Barcelone, finalement, et une observation dans la Carrer de l'Hospital nous l’apprend, si d’apparence, il règne une confusion des genres, en réalité s’imprime une sorte d’harmonie tacite de peuples divers et cosmopolites qui vivent finalement, le plus généralement, en bonne intelligence.

 

Nota Bene :

Avant de finir, trois conseils pratiques :

  • Lorsque vous téléphonez au Taxiphone, n’oubliez pas d’appuyer sur la touche # dès que vous entendez votre interlocuteur, car ce n’est qu’à partir de ce moment-là, début du décompte de votre communication, que celui-ci peut vous entendre.
  • Repérez à votre arrivée à Barcelone les rares guichets de retrait d’argent. Ils sont lents, et surtout, il y a toujours une foule de monde à l’attente.
  • Gardez toujours vos affaires à portée de main, en sécurité, les vols à l’arrachée étant très fréquents malheureusement. Il n’est pas rare d’ailleurs d’y assister soi-même.

Adel Taamalli

Tiré d'un séjour de 3 jours, du 17 au 19 Juin 2011

Documents joints à cet article

Barcelone : Une confusion des genres ?

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7 réactions à cet article    


  • lsga lsga 19 juillet 2011 12:16

    « pourtant boisson nationale en Espagne »


    me cago en deo... Catalunya no es Espanya joder !
    No volem del Torro, tenem nostre burro català...
    No volem del puto xocolata amb xurros, tenem nostra Cóc e nostre ortxata !

    Bref, oubliez le taureau espagnol et le chocolat avec churros ; passéeà l’ âne Catalan, à la fougasse et à l’horchata. Barcelone, Valence et Perpignan ont leur propre culture. Ni espagnol, ni français, nous sommes catalans. 

    • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 19 juillet 2011 23:46

      Morte de rire, nous voilà en présence d’un Catalaniste de base.
      Je paris que je suis plus catalane que toi et pourtant j’ai un passeport japonais, lol


    • lsga lsga 20 juillet 2011 15:18

      Je paris que je suis plus catalane que toi et pourtant j’ai un passeport japonais, lol


      Peu importe l’origine ou la nationalité, tu parles catalan ?

    • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2011 13:39

      Je dois avouer que je n’ai pas rencontré le Barcelone que je connais.
      Faudra y retourner. Barcelone est une ville énorme avec ds quartiers très différents.
      Comme dit Isga, cela n’a rien à voir avec l’Espagne.
      Confondre c’est presque la même chose que de parler Wallon à un Flamand


      • Touunsiiyyy 19 juillet 2011 16:46

        Je vous remercie pour vos réactions.

        Le fait de parler de la boisson nationale en Espagne avait justement pour but de pointer des différences même minimes entre ce que l’on se dit de l’Espagne par nos propres clichés et la réalité sur le terrain. Il s’agissait d’une sorte de clin d’oeil à la géopolitique actuelle existante en Espagne ; dont fait partie tout de même la Catalogne.

        Si vous ne retrouvez pas la ville que vous avez visitée, c’est que l’article a ateint son but ultime : délivrer une description « A contre Touristique », c’est-à-dire à contre-courant de ce qui fait et se dit sur le tourisme en général. Ici, il s’est agi de rester fidèle aux conclusions que je tirais des observations « pseudo-sociologique » (de comptoir je le concède) que j’ai faites d’une rue très fréquentée par ce qu’à proximité d’un des points majeurs du tourisme à Barcelone.

        J’espère avoir répondu le plus complètement possible à vos remarque.

        Adel TAAMALLI


        • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 19 juillet 2011 23:55

          Barcelone est ma ville préféré avant Tokyo, c’est la ville de mon père.
          Le quartier de L’Eixemple où il vit presque en face de du parc où trône une énorme statut de Miro, non loin de la Place d’Espagne.
          Mais le quartier que j’aime c’est celui où vivait ma grand-mère paternelle, un quartier de gens modeste près du parc de la Guinaeuta.
          Des petits bars, des petites gens, des gens qui me reconnaissent et qui m’embrassent.
          Barcelone


          • Touunsiiyyy 23 juillet 2011 00:33

            Tetsuko, je vous remercie pour votre réaction pleine de vie.

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