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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Le rêve de Capri

Le rêve de Capri

Capri est, par excellence, l’île qui fait rêver. Placée dans l’une des plus belles baies du monde, elle réunit les caractéristiques qui ne peuvent manquer de séduire le regard, une mer bleue turquoise, une série de collines onduleuses, des falaises abruptes, des criques féeriques, des péninsules offrant des panoramas inoubliables, des roches gigantesques qui émergent de l’eau avec majesté, les tonalités de mille fleurs, des couchers de soleil somptueux, des villages pittoresques, des vestiges antiques ; oui, cette île a été choisie et aimée depuis que l’homme est apparu sur terre tant il est vrai que le climat, toujours doux et sec, a favorisé une végétation basse et touffue à laquelle se sont mêlées, au cours des siècles, celles de la vigne, de l’olivier et des agrumes que l’homme s’est toujours plu à cultiver. Les bateaux, venant de Naples ou de Sorrente, accostent normalement à Marina Grande, troisième centre de l’île en nombre d’habitants après Capri et Anacapri. C’est là que se trouvent les quelques vestiges du Palais de l’empereur Auguste et les majestueuses ruines des Bains de Tibère, l’ensemble bordé de villas et de jardins odorants où il semble que le temps se soit arrêté, figé par l’harmonie prodigieuse du site ; maisons blanches, ciel bleu, lointains voilés par l’intensité éblouissante de la lumière diurne.

Les recherches menées sur les ruines antiques laissent penser que le complexe balnéaire, construit à l’époque d’Auguste et probablement modernisé et agrandi durant le règne de Tibère, son successeur, était composé d’importants ouvrages aux parois revêtues de marbres précieux. On imagine que l’île, encore peu peuplée, devait être alors un promontoire idéal, culminant à 589 m de hauteur, composé essentiellement de jardins et de vergers. Plus contemporains, les magnifiques jardins publics situés à pic sur la mer près de la Chartreuse de St Jacques furent réalisés à la fin du XIXe et au début du XXe par Auguste Krupp, un riche industriel allemand. La végétation luxuriante d’arbres et les plates-bandes fleuries et décorées de belles statues font de ce lieu l’un des plus enchanteurs qui soit. C’est Krupp, encore, qui voulut la construction du magnifique chemin qui grimpe et serpente sur 1km 350 et va des Jardins d’Auguste à la Marina Piccola en une suite de points de vue inoubliables sue l’île et la mer, la pointe de Tragara et les fameuses Roches des Faraglioni. Malaparte, l’écrivain italien, fut lui aussi, comme Rainer Maria Rilke en son temps, un amoureux de Capri et fit construire sur la Pointe Masullo une villa « qui lui ressemble » de par son architecture originale. La maison, élevée entre 1938 et 1949, se détache nettement des constructions typiques de l’île. Entourée d’une pinède, elle présente un corps de logis, sur deux niveaux, peint en rouge vif, allongé sur la mer et articulé autour de l’escalier scénographique qui conduit au solarium. C’est là que fut tourné « Le mépris » de Jean-Luc Godard avec Bardot et Piccoli, d’après le roman d’Alberto Moravia.

Entouré d’oliviers et de vignes, Anacapri, seconde agglomération de l’île, est un paisible village parcouru de petites rues agréables qui s’enfoncent jusque dans le centre historique et invitent à en découvrir le charme accueillant, ainsi que le luxe de nombre de ses boutiques dont les griffes rappellent volontiers l’avenue Montaigne à Paris. Au XIXe siècle, et durant la première moitié du XXe, Anacapri accueillit beaucoup d’artistes et d’intellectuels attirés, comme la reine de Suède, par la poésie et la splendeur des lieux. Il y eut Axel Munthe, un médecin suédois philanthrope qui, fasciné par la beauté de Capri, y séjourna à de nombreuses reprises et fit élever la villa Saint-Michel. Il s’y entoura d’antiquités, vestiges découverts pour la plupart sur place, dont un buste de Tibère et un Hermès au repos, qui nous rappellent combien les empereurs romains aimèrent cette île.

A Capri, on entre dans une fête des sens qui est de tous les temps mais aussi hors du temps, puisqu’elle les résume tous. Les parfums vous étourdissent, les points de vue vous donnent une idée de ce que pourrait être le Paradis, les lumières distribuent les reliefs et leur confèrent une acuité rare. Les yeux, les narines vous assurent déjà une incroyable ivresse. Seule la foule est un peu gênante. Ici, on aimerait la solitude qui incite naturellement à la contemplation. Mais en septembre, moment où nous y étions, cela est difficile. L’île atteint alors un paroxysme de splendeur avec ses couleurs intenses, son éclat puissant à l’heure méridienne. Et impossible de venir à Capri sans embarquer pour une promenade en mer afin de visiter les grottes de l’Arc et des Fougères et la fameuse grotte Verte pour sa couleur émeraude. Passé la Pointe de Vetereto, une petite ouverture donne accès à la Grotte Bleue traversée de lueurs cristallines. On poursuit la navigation le long de la côte nord toujours plus abrupte avec ses roches imposantes en à plomb et les ruines des Bains de Tibère, avant d’arriver de nouveau à Marina Grande. Au coucher du soleil, lent et grandiose, les paysages marins atteignent une fulgurance qui mêle, en une fusion magistrale, le ciel et l’eau. La journée s’achève. On entend sonner les cloches des églises, les boutiques reçoivent leurs derniers clients et les restaurants s’animent. Les tables avec leurs nappes blanches sont dressées sous les charmilles parmi la diversité de la végétation qui unie le myrte, les lentisques, les œillets, les euphorbes, les lauriers roses, les acanthes épineuses et le genévrier. C'est le rêve de Capri.

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

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Le rêve de Capri Le rêve de Capri

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6 réactions à cet article    


  • colere48 colere48 11 février 14:25

    Futilité...
    “Le chroniqueur vit sa vie de cigale, individuelle et confortable, futile et superficielle. Il écrit ce qui lui chante, quand il lui chante.”


    • L'enfoiré L’enfoiré 11 février 18:35

      Bonjour Armelle, 


      Vous n’aurez pas beaucoup de visites sur Avox. « Futilité », comme colere48.... Les Français, pour la plupart, restent en France pour leur vacances. Capri, je l’ai connu par deux fois, comme vous pourrez le lire dans le billet que j’avais écrit en 2012 lors de ma deuxième visite. « Capri, Amalfi, reveni, revidi, anacyclismi »
      J’y ai accroché votre billet en commentaire. smiley

      • Fergus Fergus 11 février 20:13

        Bonsoir, Armelle

        Merci pour cette escapade.

        Capri, c’est aussi le souvenir d’un grand et étrange récit d’Axel Munthe : « Le livre de San Michele ».


        • Chamiot 11 février 21:08

          Bonsoir,

          J’ai retrouvé dans vos lignes l’émotion esthétique qui m’avait saisi avec les noms associés à Capri : Tibère, Munthe, Malaparte (parce que Buonaparte était déjà pris !)...

          J’avais juste eu la chance de pouvoir me trouver là-bas à la meilleure période (la plus déserte), en janvier.

          Idem pour apprécier Pompéi, Herculanum et la côte amalfitaine, mieux vaut y aller loin de la foule (du moins avec une foule...réduite) en hiver où la lumière, en sus, est la plus belle comme partout ailleurs.


          • jef88 jef88 12 février 11:20

            une bonne vieille chanson !
            CAPRI C’EST FINI .....


            • Marilandi 12 mai 20:11

              Je void raid vows re mercies pour ce moment de rêve.Cet article m’a rappelé des moments incroyables,Capri est vraiment un des sites plus beau du monde.

              C’etait dificile de croire que la couleur de l’eau dans la grotto verte et la grotte blue est vraie.        acetate visite àu jardin dė l’empereur est un voyage au passé et en plus la vue qu’on a là-bas est a Perdue haleine.

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