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Accueil du site > Enquêtes participatives > L’obligation vaccinale est-elle justifiée ? > Première enquête participative : les vaccinations
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Première enquête participative : les vaccinations

Comme cela vient d’être annoncé par Carlo Revelli, Agoravox lance une nouvelle forme d’enquêtes journalistiques indépendantes. Pour le sujet de notre première enquête, nous avons choisi d’aborder le thème des vaccinations. Pourquoi ?

Plusieurs raisons à ce choix :

1) C’est d’abord un sujet d’actualité

Le 5 mars dernier, la loi n° 2007-293 réformant la protection de l’enfance a été promulguée (Journal officiel du 6 mars 2007). Ce texte élargit la peine de six mois d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende à tous les refus de vaccination. Jusqu’ici, suivant la vaccination, les pénalités ne sont pas les mêmes. Désormais, la peine la plus lourde est appliquée à tous les refus parentaux de vaccination, sans qu’il y ait eu un vrai débat public autour de cette mesure qui touche pourtant aux libertés fondamentales. La presse généraliste d’information a très peu évoqué cette question.

Le 13 juillet, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a décidé de suspendre la vaccination systématique BCG des enfants avant leur entrée en maternelle. Une controverse éthique s’est instaurée sur l’idée de cibler cette vaccination obligatoire pour le BCG, en la réservant aux populations à risques. Le CSHPF (Hygiène publique) et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) sont pour. Le Comité consultatif national d’éthique est contre.

Pendant des décennies, cette vacination BCG a été présentée comme vitale et ses opposants traités d’irresponsables.

Par ailleurs, plusieurs projets de vaccination généralisée se sont fait jour : Sanofi Pasteur MSD commercialise en France, depuis fin 2006, le Gardasil, premier vaccin préventif du cancer du col de l’utérus, qui a bénéficié d’une rapide autorisation de mise sur le marché à 145, 94 euros la dose (le vaccin s’administre en trois doses). Déjà l’on parle de faire vacciner toutes les fillettes de 10 ans, comme l’a ordonné l’Etat du Texas, provoquant une vive polémique aux Etats-Unis.

Depuis le début de l’année, deux vaccins permettent de prévenir la gastroentérite. La vaccination des plus jeunes pourrait permettre, selon les laboratoires, d’enrayer les épidémies de cette maladie dont on ne peut traiter que les symptômes. La Société européenne des maladies infectieuses pédiatriques (Espid) et la Société européenne d’hépatologie, de gastroentérologie et de nutrition pédiatrique (Espaghan) ont recommandé la vaccination des nourrissons contre le principal virus responsable de la gastroentérite, en publiant des guides d’information à destination des médecins.

Toutes ces substances ne sont pas anodines. Elles s’ajoutent aux médicaments, aux différents additifs ainsi qu’à la pollution diffuse. Personne n’est en mesure de connaître précisément les effets sur notre corps de leur intéraction...


2) C’est
un sujet controversé et très sensible

La presse généraliste d’information est peu bavarde sur la problématique elle-même. Et quand elle parle des vaccinations, c’est la plupart du temps en relayant sans distance, sans utiliser ni ses capacités d’investigation ni son devoir de "poil à gratter" des pouvoirs, le commentaire des autorités médicales et administratives. Les contestations, les oppositions, les critiques (qu’elles soient justifiées ou non - mais comment le savoir si on n’en discute pas ?) sont le plus souvent passées sous silence. De nombreuses associations combattent pour faire difficilement entendre leur point de vue. Des scientifiques aux thèses présentées comme iconoclastes sont ignorés.

En l’absence de ce débat ouvert et respectueux des avis divergents, le mépris, l’insulte et les accusations les plus outrancières tiennent lieu d’échanges. Rien que le fait de reposer la question de l’efficacité (ou de l’intérêt) des vaccinations telles qu’elles sont mises en oeuvre aujourd’hui paraît un crime, comme si tout était nécessairement parfait et que l’on remettait en cause une vérité d’église... Comme si la démocratie ne pouvait supporter pareille interrogation !

Les observateurs non connaisseurs sont perplexes et ont du mal à se forger un point de vue équilibré. Alors, la plupart du temps, ils choisissent de faire confiance aux autorités scientifiques, sanitaires et politiques, oubliant les scandales ravageurs du sang contaminé, de l’amiante (3 000 morts par an), de l’hormone de croissance, de l’hépatite B, etc.

Il faut absolument que puisse exister quelque part un réel débat démocratique. Agoravox ouvre, sans a priori, sa tribune à tous les protagonistes, partisans, adversaires ou simplement spécialistes de tel ou tel aspect de la question.


3) C’est un sujet qui intéresse les lecteurs d’Agoravox

Plusieurs articles ont déjà été publiés sur Agoravox sur la problématique de la vaccination. Ils démontrent qu’il y a un véritable intérêt pour ce sujet et une grande attente d’éclaircissement. C’est pourquoi, en tant que journaliste professionnel, je vais essayer de démêler, autant que faire se peut, le vrai du faux et j’indiquerai les flous et les questionnements qui demeurent irrésolus.

Vous tous qui avez des réponses ou des éléments de réponse aux questions que nous posons, nous vous invitons à nous les communiquer. Nous nous efforcerons d’en faire une juste synthèse, qui n’exclura aucun argument, du moment qu’il est accompagné de "preuves", de références ou d’indices factuels vérifiables.

Nous ne cachons pas que le défi est de taille, tant les avis sont divers et opposés sur ce sujet. Mais la démarche est transparente, puisque les informations apportées par les internautes apparaîtront sur le site et la synthèse sera publiée au vu de tous.

Je vais publier demain un article qui définira les modalités pratiques de cette enquête, les questions que nous nous posons et le mode d’interaction envisagé avec les lecteurs et les rédacteurs d’Agoravox.

Qui suis-je ?

Né en 1950 dans l’Allier, je suis journaliste indépendant. Spécialisé dans le domaine de l’environnement, de l’éco-management et du développement durable, je collabore à différentes publications, la plupart destinées à des publics professionnels.

Depuis mes premières armes dans le journalisme, je milite pour une revalorisation du métier et de son éthique. J’ai créé, avec mon confrère Yves Agnès, ancien journaliste du Monde et ancien directeur du Centre formation des journalistes (CFJ), l’Association de préfiguration d’un Conseil de presse (APCP). Voir en particulier la rubrique FAQ.

Je suis également professeur de journalisme (CNED, CFD-EMI) et inventeur de la démarche véritale destinée à maximiser la qualité épistémologique et “citoyenne” des articles d’information.

J’ai rédigé plusieurs articles sur Agoravox ainsi que sur mon blog et j’ai publié cinq ouvrages à ce jour :

  • Le Guide l’écriture journalistique (Syros - La Découverte, 6e édition 2005)
  • Vrai comme l’info, Méthode pour une presse citoyenne (CFD - Difpop, 2001)
  • L’Eau potable et l’assainissement (Johanet, 2004 - prix de l’Agence de l’eau Seine-Normandie 2006)
  • L’Information responsable - Un défi démocratique (éd. Eclm, 2006)
  • Et comment va Youri ?, théâtre, Petit Théâtre de Vallières, Clermont-Ferrand, 2007



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par JL ML (son site) mercredi 25 juillet 2007 - 244 réactions
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  • Par docdory (---.---.---.152) 25 juillet 2007 14:58
    docdory

    @ Jean Luc Martin Lagardette

    Votre article m’inspire plusieurs observations .

    1°) Tout d’abord vous vous insurgez contre le renforcement des pénalités concernant les refus de vaccinations des enfants , déclarant qu’il s’agit d’une « mesure touchant aux libertés fondamentales » . Permettez moi de contester votre propos . D’une part cette mesure ne s’applique qu’aux vaccinations obligatoires , d’autre part , la liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas à autrui . Or , des parents qui refusent d’administrer les vaccins obligatoires à leurs enfants sont éminemment nuisibles à leur progéniture . Faut il rappeler que 100 % des cas de tétanos résiduels en France intéressent des patients non vaccinés ou non à jour dans leurs rappels . ( Actuellement la mortalité du tétanos est de l’ordre de trente pour cent , après séjour de parfois plusieurs mois en réanimation sous assistance respiratoire à 5000 francs le prix de journée ) . J’ai eu par ailleurs l’occasion de voir deux patients adultes frappés de lourdes séquelles de poliomyélite , les parents ne les avaient pas vaccinés dans leur enfance , on peut dire que ces patients en gardent une certaine animosité ...

    2°) Pour ce qui est du BCG , ce vaccin n’a pas fait à lui seul disparaître la tuberculose , mais il en épargne aux enfants vaccinés les formes les plus graves que sont la méningite tuberculeuse et la miliaire aigüe tuberculeuse . Une certaine érosion de l’efficacité du vaccin est en cours de discussion , en raison d’une certaine dérive génétique de la souche vaccinale et du bacille tuberculeux . Le BCG tombe en semi-désuétude pour plusieurs raisons : d’une part il est contre indiqués chez les VIH + , on n’est jamais certain que l’enfant qu’on vaccine n’est pas porteur du virus . D’autre part , le labo Pasteur a abandonné sous divers pretextes la fabrication du vaccin à bague de multipuncture , très facile d’utilisation , pour le vaccin intra-dermique à seringue , très malcommode d’emploi chez le nourrisson ! Vaccin à améliorer , donc !

    3°) Pour ce qui est du Gardasil , vaccin contre les papillomavirus , il faut rappeler l’histoire naturelle de l’infection cervicale ( NB du col de l’utérus ) chez la femme . Ces virus sont sexuellement transmissibles , d’ou l’absence d’intérêt de la vaccination avant 10 ans . Ces virus , du moins les sérotypes qui font l’objet du vaccins sont à l’origine de condylômes cervicaux , avec histologiquement ce que l’on appelait naguère dysplasies et que l’on appelle maintenant CIN ( cervical intra epithélial néoplasia ) , lésions qui , en l’absence de traitement par cryothérapie ou laser dans les cas mineurs , et par conisation ( ablation d’une partie du col de l’utérus ) dans les cas plus graves , aboutissent inéluctablement en 5 à 10 ans au cancer invasif du col de l’utérus . Il faut garder à l’esprit que le traitement du cancer invasif du col de l’utérus est particulièrement délabrant puisqu’il associe une colpohystérectomie ( ablation de l’utérus et d’une grande partie du vagin ) et une radiothérapie laquelle peut se compliquer de rectite radique particulièrement ennuyeuse . Je ne sais pas s’il y a des lectrices dans l’assistance , mais cela m’étonnerait qu’à la lumière de ces faits , elles contestent le bien-fondé de cette vaccination ... A noter que ces virus sont à l’origine de cancers du canal anal chez les homosexuels , on peut discuter le fait qu’il ne soit pas proposé une vaccination chez les garçons , dont quelques pourcents deviendront peut-être homosexuels , mais pour l’instant l’AMM ne concerne que les filles . Il faut régalement remarquer que ce vaccin , certes affreusement cher , pourrait faire discuter de la diminution de la surveillance par frottis gynécologiques des femmes vaccinées , surveillance également coûteuse à laquelle nombre de jeunes filles rechignent !

    3°) Le seul « scandale ravageur de l’hépatite B » ( que vous mentionnez ) est le fait que Kouchner , suite à une émission de télé de désinformation manipulée par des ligues anti vaccinales , ait décidé d’interrompre les campagnes de vaccinations . Mais , me direz vous , il y a eu des décisions de tribunaux reconnaissant la responsabilité du vaccin contre l’hépatite B dans les scléroses en plaque ! La , belle affaire , ce n’est pas la première fois que les tribunaux décident des inepties ( cf le procès d’Outreau ). Toutes les études ultérieures faites pour établir la responsabilité du vaccin anti hépatite B sur la sclérose en plaque n’ont en fait rien démontré . Les tribunaux ont utilisé « l’argument » scientifiquement bidon « post hoc ergo procter hoc » ( après cela , donc à cause de cela ). Je m’explique . Les premiers symptômes de la sclérose en plaque ( SEP ) surviennent le plus souvent entre 16 et 25 ans , même avant qu’il n’existe de vaccin contre cette maladie . Il n’est donc pas étonnant que le hasard fasse que parfois , des adolescents vaccinés aient un début de SEP peu après le vaccin . Mais il y a aussi des adolescents chez lesquels la SEP survient 8 jours après le baccalauréat ou l’examen du permis de conduire . Il ne viendrait à l’idée de personne d’incriminer ces examens et d’en demander l’interdiction ! Au dernier jeune que j’ai vu atteint de sclérose en plaque , je lui ai demandé s’il avait été vacciné contre l’hépatite B . Sa réponse étant négative , je lui ai demandé s’il aurait pensé que c’était du au vaccin si ces premiers symptômes avaient eu lieu après ce vaccin . Il m’a répondu que oui , mais qu’il se rendait compte de l’absurdité de cette réponse hypothétique ! Pour terminer avec le prétendu lien entre le vaccin de l’hépatite B et de la SEP , c’est un débat purement français , la France qui a inventé ce vaccin est la risée du monde entier sur ce ridicule débat !

    4°) En ce qui concerne la diphtérie , elle est réapparue dans la Russie post-communiste , la vaccination ayant fortrement reculé en raison de la privatisation du système de santé .

    5°) En ce qui concerne les vaccinations non obligatoires (ROR ) :

     On ne voit plus de foetopathies liées à la rubéole , cela fait un grand nombre de lourds handicaps physiques et mentaux évités ,

     On ne voit plus de séquelles d’orchite ourlienne ( affection testiculaire due aux oreillons ,

     La terrible leuco-encéphalite sclérosante subaigüe de Von Bogaert , complication tardive redoutable , incurable et mortelle de la rougeole a pratiquement disparu . Croyez -moi , j’ai vu pendant mes études un enfant de 11 ans atteint de cette terrible maladie et devenir inexorablement gâteux en quelques mois , je préfère ne jamais revoir ce spectacle !

    6°) Lorsque des vaccins sont d’utilité plus que douteuse ( gastro-entérite , varicelle ) , la sécurité sociale , dans sa grande sagesse , ne les rembourse pas !

    Bon , je pourrais encore en écrire des pages , mais cela me fatigue et ne convaincra pas les adversaires des vaccinations !

  • Par Forest Ent (---.---.---.205) 25 juillet 2007 14:55
    Forest Ent

    Le sujet traité est fort intéressant et fort difficile.

    Normalement, la seule vérité dans ce domaine est l’épidémiologie, qui est une forme délicate de statistique.

    Un acte médical est autorisé selon le principe du « moindre mal » : il doit apporter nettement plus de guérison que de maladie. Pour un vaccin, trois pourcentages doivent être évalués avec leur marge d’erreur : maladies évitées, maladies non évitées, maladies ajoutées. Un sondage sur AV me semble insuffisant pour établir cela.

    Par contre, les lecteurs avertis pourraient indiquer les études parues dont ils ont eu connaissance, et apprécier leur indépendance.

    Un point intéressant serait que des lecteurs avertis puissent décrire les modalités actuelles de décision sur le sujet, les services chargés de l’évaluation, les personnes concernées, ... S’il ne nous était pas possible de prononcer un jugement de nature scientifique, il nous serait possible d’en porter un de nature politique. En effet, l’épidémiologie indépendante est traditionnellement la grande absente de nos politiques de santé publique. Si cet article pouvait contribuer à le mettre en évidence encore une fois, ce serait déjà un résultat.

  • Par Jean-Luc Martin-Lagardette (---.---.---.33) 25 juillet 2007 13:27
    JL ML

    Je comprends votre émotion qui touche tous les protagonistes autour de cette question sensible.

    Je précise que le texte auquel vous venez de réagir n’est qu’un exposé des motifs, non l’enquête elle-même bien sûr. Il reprend, entre autres, certains arguments apportés par ceux qui pensent que les vaccinations ne sont pas sans effets secondaires. L’enquête aura précisément pour objet de voir ce qui en est et de mettre en avant les arguments des uns et des autres.

    D’autre part, la presse généraliste d’information dans son ensemble donne rarement la parole aux opposants ou aux sceptiques. Grâce à elle, la population dans son ensemble est habituée à penser que les vaccins sont inoffensifs.

    Si c’est le cas tant mieux. Seulement, il faut pouvoir en parler, étudier de près les informations, puisqu’il existe des doutes (mais ceux-ci n’ont actuellement pas droit de cité). Si l’enquête permettait de faire un peu de pédagogie, ça serait toujours ça de gagné.

    Si vous avez des compétences ou des connaissances dans ce domaine, je vous invite à apporter les réponses aux questions qui seront posées demain.

    Enfin, je ne dis pas que les vaccins, les médicaments, l’amiante et la pollution sont de même nature. Je dis qu’ils interagissent certainement sans qu’on puisse en maîtriser les effets.

    Quant à l’amiante, il est cité comme preuve qu’il est toujours bon de garder l’esprit critique, même vis-à-vis des pouvoirs, y compris dans le domaine de la santé.

  • Par Voltaire (---.---.---.37) 25 juillet 2007 15:25
    Voltaire

    @l’auteur

    Le problème de votre article est son manque d’objectivité. Si vous aviez d’abord posé pour introduction la réalité des faits sur la vaccination, et son principe, il eût été acceptable de discuter de ses limites et éventuels problèmes.

    Effectivement, les vaccins peuvent entrainer des réactions secondaires. Cela avait lieu dans des proportions de 1/10.000 pour les premiers vaccins, c’est le cas dans des proportions de 1/100.000 à 1/1.000.000 actuellement. Mais les vaccins ne sont pas des « médicaments ». Ils servent non seulement à nous protéger individuellement, mais aussi dans la plupart des cas à nous protéger collectivement. C’est pourquoi les vaccinations doivent couvrir les populations entières, et non seuls ceux qui le souhaitent, afin de prévenir la diffusion des maladies concernées. C’est pour la même raison que la déclaration de certaines maladies est obligatoire : si vous avez la tuberculose, vous devez la déclarer, et être traité, pour éviter toute diffusion autour de vous.

    L’expérience montre que les articles (et leur médiatisation) jetant le doute, souvent avec des arguments spécieux, sur les vaccins, ont entrainés des baisses de vaccinations notables, et la recrudescence de certaines pathologies devenues très rares. C’est la raison de ma réaction vigoureuse : il ne s’agit pas seulement de notre propre personne, mais d’une responsabilité collective.

    Certes, il n’est pas question d’ignorer des faits éventuellement domageable, mais il faut d’abord rélflêchir si l’on va avoir un impact positif ou négatif. Dans ce cas précis, l’intérêt du citoyen est-il de jeter le doute, voire le discrédit sur la vaccination, comme cet article le fait, au risque d’inciter des personnes à refuser les vaccinations ?

    Peu de personnes savent évaluer un risque. Si l’on dit qu’il existe un risque d’effet secondaire, tandis que le risque d’avoir la pathologie n’est pas expliqué, quel sera l’effet ? Et s’il existe un risque d’avoir un effet secondaire, alors que telle personne a peu de chance d’avoir la pathologie, mais pourrait la transmettre à d’autres personnes plus faibles ou susceptibles si elle n’est pas vaccinée, quel sera leur choix ?

    Je ne suis certes pas opposé à une étude sur la vaccination, mais votre introduction jette le discrédit sans rappeler les éléments essentiels qui justifient cette pratique et son caractère obligatoire.

    @Demian West

    Voltaire, Extrait du Discours aux Welches.

    " La méthode de l’innoculation sauve ailleurs la vie à des milliers d’hommes : vous employez plus de quarante années à tâcher de décrier cet usage salutaire. Si quelques fois, en portant au tombeau vos femmes, vos enfants morts de la petite vérole naturelle, vous sentez un moment de remords (comme vous avez un moment de douleur et de regrets), si vous vous repentez alors de n’avoir pas imité la pratique des nations les plus sages que vous et plus hardies ; si vous vous promettez d’oser faire ce qui est si simple chez elles, ce mouvement passe bien vite ; le préjugé et la légèreté reprennent chez vous leur empire ordinaire.

    Vous ignorez, ou feignez d’ignorer, que dans le relevé des hôpitaux de Londres, destinés à la petite vérole naturelle et artificielle, la quatrième partie des hommes y meurt de la petite vérole ordinaire, et qu’à peine meurt-il une personne sur quatre cents qui ont été inoculés.

    Vous laissez donc périr la quatrième partie de vos concitoyens, et quand vous êtes effrayés de ce calcul qui vous déclare si imprudents et si coupables, que faites-vous ? Vous consultez des licenciés fondés ou non fondés par Robert Sorbon : vous présentez des réquisitoires ! C’est ainsi que vous soutîntes des thèses contre Harvey, quand il eût découvert la circulation du sang. C’est ainsi qu’on a rendu des arrêts par lesquels on condamnait aux galères ceux qui disputaient contre les catégories d’Aristote.

    O premier peuple du monde ! quand serez-vous raisonnable ?"

    Si mon homonyme était de ce monde, quelle serait d’après-vous sa réaction ?

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