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Al Qaida est mort, et après ?

Les RDV de l’Agora : interview de François Heisbourg à propos de son livre Après Al Qaida-La nouvelle génération du terrorisme (éditions Stock)

« Les actes de violence non conventionnelle destinées à frapper de terreur populations et dirigeants sont une constante de l’histoire des sociétés humaines », écrit François Heisbourg en introduction de son nouvel ouvrage, Après Al Qaida, la nouvelle génération du terrorisme (éditions Stock).

La définition même du mot « terrorisme » est aussi insaisissable que les terroristes eux-mêmes. Ce qui est certain, c’est que, comme le rappelle François Heisbourg, les manifestations spécifiques du terrrorisme « sont à durée limitée, avec un début, une apogée et un déclin ».

Al Qaida existe-t-il encore ? A-t-il muté ? Al Qaida, selon des analystes tels que François Heisbourg, connaît peut-être déjà son déclin. Ne nous réjouissons pas. Cela ne signifie pas que nous en avons fini avec le terrorisme. « Puissance terroriste déterritorialisée », Al Qaida a innové. Et a fait des petits.

L’arsenal des terroristes du futur sera constitué d’armes biologiques, radiologiques, nucléaires, chimiques. Ils investiront le cyberespace. Pas besoin pour ça de gros moyens, pas besoin de troupes nombreuses. Insaisissables. Ce n’est pas de la science fiction : « les instruments de destruction vont continuer d’être de plus en plus disponibles, techniquement et financièrement. »

L’ère des attentats-suicides, des détournements, des armes par destination (avions, navire, etc.), des prises d’otages, méthodes « coûteuses » pour les terroristes eux-mêmes pourrait finir. Mais un autre défi bien plus complexe se profile. Face à ce défi comment se comportera l’anti-terrorisme, et quel sera l’impact sur notre vie, sur nos libertés ? Quel genre d’anticorps nos démocraties seront capables de produire pour rester en vie ?

François Heisbourg, président du Conseil d’administration de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), ancien membre de la représentation permanente de la France à l’ONU, ancien conseiller au ministère français des Affaires étrangères, ancien directeur de la Fondation pour la recherche stratégique est également membre du comité international de parrainage de la revue Politique américaine. Il a également fait partie de la commission sur le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et a publié sur le réseau Voltaire.

Il est enfin l’auteur de plusieurs ouvrages tels que Le terrorisme en France aujourd’hui (Les Equateurs, 2005), L’épaisseur du monde et Iran, le choix des armes (tous deux parus chez Stock en 2007).

Pour les RDV de l’Agora, il répond aux questions d’Olivier Bailly

Olivier Bailly : Votre livre est consacré à la nouvelle génération du terrorisme. Il aurait tout aussi bien pu l’être à la nouvelle génération de l’anti-terrorisme.

François Heisbourg : Oui bien sûr puisqu’à défi nouveau a priori il faut des moyens, des approches, une doctrine nouvelle. Mais l’anti-terrorisme est quelque chose qui définit négativement. L’anti-terrorisme n’a de justification propre seulement par l’existence d’un risque ou d’une menace terroriste. Donc il est nécessaire de s’intéresser d’abord au risque et à cette menace.

OB : En l’occurrence cette menace s’appelle Al Qaida. Mais qu’est-ce qu’Al Qaida ?
FH : Al Qaida a une vingtaine d’années. En tant qu’organisation terroriste conduisant ses propres opérations, elle ne sévit que depuis une douzaine d’années. Donc c’est un phénomène relativement récent. Al Qaida a totalement dominé la scène du terrorisme international à partir de la fin des années 90. Il a beaucoup été écrit là-dessus, y compris sous ma propre plume, sur le caractère de holding ou de franchisé d’Al Qaida. Ce qui est nouveau dans mon livre, c’est bien la description de l’affaiblissement d’Al Qaida et surtout le fait que la menace qu’il représente ne va plus structurer, dans les 10 ou 20 années futures, la menace terroriste. On va revenir à quelque chose de relativement plus classique, en ce qui concerne la diversité de la menace, que ce qu’on a pu connaître dans les années 70 ou 80 où il y avait toutes sortes de menaces terroristes différentes. Donc retour à un certain classicisme à cet égard, mais sur toile de fond d’un accroissement très notable de la capacité de destruction des terroristes, quels qu’ils soient. Et c’est ça qui représente le défi nouveau. Al Qaida ne va pas disparaître, ou du moins pas rapidement. L’organisation a proliféré, son action a été relayée par toutes sortes d’organisations affiliées. Al Qaida restera sur la scène, mais ne la dominera plus comme il l’a dominée pendant ces douze dernières années.

OB : Doit-on s’attendre à une mutation de ce groupe ou de cette marque. Peut-on d’ailleurs appeler Al Qaida ainsi, selon vous : une marque ?
FH : C’est une marque, c’est une affiliation, c’est, à l’époque de la mondialisation, dans le domaine terroriste, ce que peut être une politique de marque pour tel ou tel bien de consommation grand public. Encore une fois, ça, c’est plutôt le passé et pas l’avenir. L’avenir c’est plutôt la ré-émergence de terrorisme en tout petit groupe, voire au niveau d’individus sans affiliation ni même revendication d’appartenance par rapport à la marque Al Qaida, c’est probablement aussi le retour au terrorisme d’état qui avait beaucoup sévit dans les années 70 et 80, je pense aux attentats du Hezbollah, des Libyens, j’allais dire de « mercenaires » du terrorisme comme Abou Nidal qui travaillait tantôt pour les uns et tantôt pour les autres, donc un monde beaucoup plus compliqué que le monde relativement simple que nous avons connu depuis la fin des années 90 où il n’y avait qu’une seule vraie menace qui était celle d’Al Qaida.

OB : Vous pensez à l’Iran, également ?
FH : Oui, à l’Iran à travers le Hezbollah qui depuis sa création il y a un quart de siècle à toujours eu un code génétique mixe : organisation libanaise et arabe d’une part, organisation iranienne d’autre part avec une toile de fond religieuse qui est le chiisme. C’est suivant ce double code génétique que le Hezbollah a été créé dans la deuxième moitié de 1982 et c’est comme ça qu’il a toujours fonctionné depuis lors, en partie organisation autonome, en partie bras séculier des gardiens de la révolution iraniens. Hezbollah avait depuis une grosse quinzaine d’années maintenant consacré l’essentiel de son activité au Liban même, ou aux confins du Liban avec Israël, mais il est à craindre, compte tenu de la dégradation des relations entre l’Iran et une bonne partie de la communauté internationale, que le Hezbollah soit amené à opérer à nouveau en dehors de son pré-carré.

OB : Puisque vous évoquez le terrorisme d’état, mettons en parallèle l’anti-terrorisme, d’état (par définition). On le voit bien les mesures de sécurité pèsent plus que jamais sur la liberté des citoyens. Peut-on imaginer que la société deviendra de plus en plus liberticide à force de traquer le terrorisme ?
FH : Il y a un double défi en ce qui concerne l’anti-terrorisme dans les circonstances que je viens de décrire. Le premier est celui que vous venez d’évoquer. C’est un défi fondamental. Le combat contre le terrorisme est perdu d’avance si les modes d’action de l’anti-terrorisme commencent à ressembler à ceux des organisations contre lesquelles on souhaite combattre. Les sociétés ouvertes, démocratiques, libérales, doivent conserver leur caractère intrinsèque sinon elles ont à moitié perdue la bataille. C’est ce qui s’est passé après le 11 septembre dans la politique américaine, notamment avec Guantanamo, le recours à la torture, les transferts extra-légaux de prisonniers vers des pays pratiquant la torture, etc. Tout cela a été du pain béni pour Al Qaida.

Autrement dit avec le besoin de sécurité de nos sociétés et de nos états il faut en même temps trouver un mode d’organisation qui soit respectueux de la loi, sachant que la loi elle-même peut évoluer. Il faut rester à l’intérieur, constamment. C’est la boussole qui doit guider l’anti-terrorisme. J’ajoute que le caractère potentiellement liberticide d’une certaine façon de faire de l’anti-terrorisme n’est pas simplement le produit du « lobby » anti-terroriste. Il est peut-être davantage encore le résultat de la revendication de l’action brutale et décisive de la part des sociétés victimes du terrorisme. Si Guantanamo, Abou Graïb, la torture ont pu se développer aux Etats-Unis après le 11 septembre c’est bien parce que la population américaine voulait, réclamait des mesures aussi dures que possible.

Les défis pour l’anti-terrorisme ce n’est pas de savoir simplement réfréner sa propre volonté d’être efficace potentiellement en dehors de la loi. Plus difficile à assumer est le défi face à une opinion publique qui elle-même réclamera des résultats fussent-ils par des méthodes complètement contraires au droit et à la morale. Il ne sera jamais difficile de trouver après un gros attentat terroriste une majorité de gens qui voudront du sang. Il ne faut vraiment pas perdre de vue cela.

L’autre aspect important en ce qui concerne l’anti-terrorisme c’est la nécessité de lever le nez du guidon. Depuis qu’Al Qaida est monté sur le devant de la scène il y a une douzaine d’années, progressivement, dans à peu-près tous les pays industrialisés, les services de lutte anti-terroriste (renseignement, police, justice, etc.) se sont fortement réorganisés par rapport à cette menace principale, au détriment de ce qui pourrait suivre. Et ça c’est un des éléments les plus importants que je développe en détail dans mon livre : comment faire en sorte de ne pas être pris de cours lorsque nous allons nous trouver dans un monde où la menace terroriste sera plus diverse qu’elle ne l’a été depuis une douzaine d’années. La lutte contre le terrorisme a été difficile, mais elle a été simple en même temps. On savait qui était l’ennemi.

OB : En ce qui concerne les mutations du terrorisme, vous évoquez dans votre ouvrage les néos-convertis. C’est à dire que la menace semble se diluer, être plus diffuse, donc plus insaisissable...
FH : Une des tentations dans la lutte anti-terroriste face à Al Qaida, tentation face à laquelle on n’a pas toujours su résister, ça a été de partir du principe que puisqu’Al Qaida se réclame de l’Islam, puisque les premiers attentats d’Al Qaida ont été conduits par des ressortissants de pays musulmans (Arabie Saoudite, Egypte, Emirats, etc.) l’approche efficace devait passer par le fait de s’intéresser en priorité aux populations musulmanes et à prêter une attention particulière aux ressortissants, soit des pays musulmans, soit des émigrés en provenance de ces pays. Or ce qui se passe est beaucoup plus compliquée : Al Qaida est une idéologie, un détournement de religion, ça concerne un très petit nombre d’individus. On n’est pas dans une logique de grand nombre où Al Qaida serait le reflet d’un mouvement social. S’agissant d’une idéologie partagée par un petit nombre d’individus on se trouve face à quelque chose d’assez similaire à ce qu’on a pu connaître pendant les décennies précédentes, c’est-à-dire un terrorisme qui attire un certain profil d’individu fasciné par la recherche de la pureté, la radicalité, et même l’aventure, ceci tout à fait indépendamment des origines familiales des personnes concernées. Au Pays-Bas, en France, au Royaume-Uni, en Belgique ce qui est très frappant c’est le rôle majeur de ceux qu’on appelle des convertis dans des organisations affiliés ou se réclamant d’Al Qaida démantelées par les services de renseignement.

Du point de vue de l’anti-terrorisme cela ne sert rigoureusement à rien de s’en prendre à une population en fonction de ses origines ethniques ou religieuses. Il faut en fait devenir intelligent, s’intéresser aux individus qui se livrent aux activités terroristes ou qui pourraient conduire au terrorisme et non pas s’intéresser à une population tout entière parce que là on débouche sur un renforcement des discriminations, sur ce que j’appellerai l’anti-terrorisme pour les nuls. On passe à côté de gros poissons parce qu’on ne s’y est pas intéressé car ils étaient si je puis dire blonds aux yeux bleus et qu’ils ne correspondaient pas au profil supposé. Forte heureusement, dans la plupart de nos pays cela a été assez bien compris. L’anti-terrorisme est de ce point de vue-là assez intelligent.

Là où il m’inquiète d’avantage c’est précisément parce qu’il s’intéresse peut-être trop à la menace immédiate du moment venant d’organisations se réclamant d’Al Qaida et s’intéressant peut-être moins à l’émergence potentielle d’autres groupes, d’autres tendances idéologiques. Tout ça doit être fait avec beaucoup de nuances, de discernement pour qu’on ne se retrouve pas non plus avec des grands shows anti-terroristes vis-à-vis de personnes qui ne sont pas forcément des terroristes, je pense à l’affaire des caténaires de la Sncf en France.

OB : Quel est votre point de vue sur cette affaire ?

FH : Je ne sais pas si les incriminations invoquées face aux personnes qui ont été mises en garde à vue s’imposent ou non, tout simplement je pense qu’il serait plus prudent dans ce genre de situation de démarrer avec des incriminations moins lourdes de conséquences potentielles qu’une incrimination de type terroriste. Si, au fur et à mesure de l’enquête, il apparaît qu’une incrimination pour terrorisme se justifie, à ce moment-là on peut toujours déboucher sur une incrimination de ce type. Alors que là, dès le départ, on les a traités comme des terroristes avant même que l’enquête ait eu le temps matériel de se dérouler pleinement. Je crois qu’il faut surtout faire très attention dans ce genre d’affaires. Je ne suis pas sûr qu’on ait toujours fait très attention.

OB : Une partie de la population, en Europe et aux Etats-Unis estime qu’Al Qaida est une pure invention de la CIA, que le 11 septembre est un complot...

FH : Je pense que les familles des 3000 victimes sont ravis de l’apprendre... Il est totalement affligeant que des personnes en France puissent exprimer ce genre de thèse sans être totalement et immédiatement discrédités. Que des théories de la conspiration puissent fleurir dans le sud profond, dans le Ku Klux Klan, que sais-je, cela ne surprend personne. Que cela puisse fleurir dans des sociétés soumises à des stress politiques ou sociaux très grands ? comme c’est le cas au Moyen-Orient, ça se comprend et ça s’explique. Mais dans un pays où en principe l’esprit critique, l’examen attentif des faits, les valeurs des Lumières sont sensées nous guider, c’est assez affligeant, d’autant plus affligeant de voir le nom du grand Voltaire piraté par des gens soutenant ce type de thèses dont je considère qu’elles sont des fantasmes, ne méritent pas une entrée en débat.

OB : Ma question n’était pas terminée : d’après vous, qu’est-ce qui a permis l’éclosion de cette thèse ?

FH : L’anti-américanisme et l’anti-démocratisme d’un segment de l’opinion française - on est tout de même dans le pays de Vichy aussi. Il n’y a pas si longtemps il y avait une fraction de l’opinion qui considérait que les totalitaires avaient un meilleur dossier à défendre que les horribles anglo-américains avec leurs bombardements terroristes sur des populations innocentes. Si ça existe dans notre pays c’est bien à cause du traumatisme de l’après mai-juin 1940. Quelque part on ne s’est toujours pas remis de la défaite que l’on a subi à cette époque. La perte de repères qui s’en est suivi, quand on est face à un cataclysme historique de cette ampleur, il faudra bien un siècle pour que les séquelles en disparaissent, pour autant qu’elles disparaissent jamais. Je considère que ce type de fantasme se situe dans le droit fil de la réaction d’un peuple humilié, impuissant, qui cherche toujours à rendre responsable de ce qui arrive des forces obscures, apatrides, Américaines quand elles ne sont pas simplement Juives. C’est horriblement malsain et j’ai trouvé personnellement insupportable que de grands journaux français aient accordé une place à ces fantasmes, fussent en les critiquant. Lorsque l’on consacre à ces fantasmes de pleines pages dans les journaux, comme ça a été le cas après la publication du premier livre de M. Meyssan, d’une certaine façon lorsqu’on accepte d’en parler on rentre dans le jeu.

OB : Est-ce que selon vous les tenants de cette théorie jouent auprès d’Al Qaida le rôle d’"idiots utiles" ?

FH : Je n’ai pas l’impression que les « thèses » complotistes aient joué un rôle majeur dans le recrutement. Mais je reste très prudent là-dessus.

OB : Dans votre ouvrage vous citez le Livre blanc de la défense et expliquez que sa réflexion en ce qui concerne l’anti-terrorisme ne se situe pas suffisamment dans le long terme. C’est assez inquiétant...
FH : Concernant le Livre blanc, sur ce point précis de l’anti-terrorisme, on a l’impression que par moment les gens avaient un peu trop le nez sur le guidon. Mais c’est humain. C’est facile de critiquer. Je procède à cette critique, mais je sais aussi que c’est très difficile à faire. Un responsable dans un service de sécurité qui ne se concentre pas suffisamment sur la menace du moment aura l’air "plus que con" si un attentat correspondant à cette menace principale a lieu sur ces entrefaites. Il serait accusé d’avoir failli à sa tâche avec des conséquences désastreuses en terme de vies humaines. Donc on comprend très bien que les gens aient le nez sur le guidon. Mais justement mon rôle d’analyste consiste à mettre la pression pour pointer la nécessité de se projeter davantage dans l’avenir. Il est vrai que, c’était d’ailleurs une des conséquences du Livre blanc, le ministère de la défense a mis en place des moyens de prospectives, de projections dans l’avenir qu’il n’avait pas jusque là. On verra à l’usage comment ça fonctionne. Il est vrai que ça a été fait avec difficultés, il y a eu de vrais débats souvent difficiles sur ce sujet, mais en l’occurrence ça a été fait, donc je ne peux pas dire que les gens comme moi n’aient pas été écoutés. Alors savoir si la dynamique va se maintenir, on verra ça à l’usage.

OB : Concernant le cyberespace vous dites que cela permet à Al Qaida de créer une Oummah virtuelle. Al Qaida n’a déjà pas de base populaire, pensez-vous que cette "Second life" islamiste permettra de s’en constituer une ?
FH : Le cyberespace est un des éléments les plus dangereux, un des plus efficaces dans le processus de recrutement et d’organisation. On a des cas très concrets, notamment aux Pays-bas et au Royaume Uni, de jeunes qui voulaient rompre avec le piétisme de leur famille d’origine, c’est le cas de certains des kamikazes des attentats du 7/7 2005 à Londres. Ils voulaient être de bons musulmans, mais pas à la façon de leurs parents ou grands-parents. Ils ne voulaient pas de mariages arrangés, ils ne voulaient pas que tout ça finisse dans le village d’origine au Cachemire. Ils voulaient vivre dans une grande ville occidentale, puisque c’est là qu’ils avaient toujours vécu. Ils n’avaient pas de sentiment d’appartenance par rapport au village d’origine. Ils voulaient sortir avec la fille de leur choix , bien sûr bonne musulmane, mais pas choisie par le grand-père. Et ils découvraient à travers des contacts personnels, mais surtout à travers la discussion sur Internet qu’ils pouvaient être des musulmans rigoureux, mais d’une façon « moderne ».

C’est pour ça que dans mon livre je fais la comparaison un peu tirée par les cheveux et qui n’est pas très gentille pour la théologie de la libération catholique, notamment en Amérique latine dans les années 60 et 70. Pas très gentille car cette dernière n’avait rien de terroriste, ne débouchait pas sur ce type de comportement, mais avait un petit peu ce genre de processus, c’est à dire comment être bon chrétien sans rester dans le moule de l’organisation sociale et familiale classique. Là on a un peu le même phénomène et l’apport qu’est Internet, qui permet à des gens très distants les uns des autres de communiquer et de partager a joué et joue toujours un rôle important à cet égard d’où d’ailleurs l’importance du suivi de ce type de site, suivi qui ne pose pas de problèmes éthiques puisque ces sites sont accessibles à tout un chacun, donc il est normal que le contre-terrorisme puisse y avoir accès comme tout un chacun. Importance de suivre ça, importance de comprendre aussi comment une organisation terroriste comme Al Qaida est un rejeton de la modernité.

Tout en revendiquant une inspiration religieuse qui est supposée puiser aux origines le mode d’organisation, le mode d’approche de la société est résolument moderne et dans le cas d’Al Qaida mondialisé à travers des supports comme notamment internet. On a vu ça aussi au Pays bas et en Belgique avec des gens qui ne se manifestaient pas à la mosquée du coin, même quand il s’agissait d’une mosquée « dure », très intégristes. Non, leur mosquée était devenue l’internet.

OB : Pensez-vous que l’importation en France du conflit israélo-palestinien est une opportunité pour la création d’un éventuel Al Qaida en France ?
FH : Je n’y crois pas vraiment. D’abord Al Qaida étant un mouvement mondialisé n’a pas comme cœur de métier le conflit israëlo-palestinien. Alors bien sûr l’existence de ce conflit sert d’élément de motivation et de recrutement dans Al Qaida, mais ce n’est pas Al Qaida qui est moteur dans ce conflit. Si on est à la recherche d’un mouvement terroriste ou activiste dans la région il y a le Hammas ou le Hezbollah, mais il n’y a pas vraiment Al Qaida qui d’ailleurs fait figure de mouche du coche qui n’est pas particulièrement mobilisant par rapport à ceux qui s’enflamment dans nos sociétés pour ce qui se passe au Moyen Orient.

Al Qaida a été beaucoup plus efficace en terme de recrutement dans nos pays et de mobilisation à travers l’Afghanistan à la fin des années 90 et au début des années 2000 et en Tchétchènie et en Irak d’autre part. Deuxième aspect : le conflit israélo-palestinien provoque une résonance très large dans la population française, tant du côté de ceux qui dans la population se sentent plutôt proches des palestiniens que ceux qui se sentent proches des israélien, on est dans une logique de mouvement social, d’organisation large, dans des organisations d’adhérents et non dans des phénomènes de groupuscules de type terroriste. Mais mutatis mutandis c’est ce à quoi on a un peu assisté avec les émeutes en banlieue en 2005. A l’étranger on disait tout de suite « c’est l’Intifada en France, c’est la menace du terrorisme islamique qui se profile », etc. Pas du tout.

Les mouvements sociaux, les mouvements de masse ne sont pas ce qui fait le terreau d’une petite organisation comme Al Qaida ou ses franchisés. Pour faire un parallèle avec les mouvements d’inspirations marxistes communistes du 19ème siècle on pourrait dire d’Al Qaida que c’est un mouvement blanquiste, c’est à dire un mouvement non pas d’avant-garde du prolétariat, mais un mouvement cherchant à travers des groupuscules isolés à changer la société toute seule, en éclairant les masses au passage, si je puis dire. Mais avec une déconnexion entre les noyaux agissant et le mouvement social. Autant je m’inquiète en tant que citoyen, en tant que républicain, des polarisations que le conflit israélo-palestinien peut introduire en France comme ça a été le cas lors de la première Intifada, autant je considère que le lien avec Al Qaida et le recrutement pour cette organisation est ténue. Il n’est pas inexistant. De ce point de vue-là, je considère que les services de renseignements ont été plutôt bien inspirés de se focaliser, il y a trois ou quatre ans, sur les filières d’exfiltration vers l’Irak et la Tchétchène parce que c’est là que pouvait se faire la socialisation des recrues potentielles d’Al Qaida vers l’action terroriste.


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179 réactions à cet article    


  • Bill Grodé 5 février 2009 09:55

    Bravo. Article remarquable à tous points de vue, sans amalgame. Très enrichissant ,pour qui prend la peine de le lire attentivement jusqu’au bout.


    • E-fred E-fred 5 février 2009 10:08

      à Bill grodé

      J’adore votre humour !!! Excellent... "sans amalgame" ....vous êtes méchant quand même...


    • bek 5 février 2009 12:51

       a la place de glorifier Heisbourg, l’auteur aurait du se poser la question pour qui roule-t-il ?
      C’est un "expert" de paillette à l’image des autres pseu-analystes qui colonisent les plateaux médiatiques.
      L’auteur aura du lui balancer sur la gueule ces mensenges sur les ADM de Saddam qui ont causé la rouine de l’Irak et une méfiance meurtrière entre ses ethnies.


      "Les armes biologiques et chimiques existent bel et bien, et leur emploi est tout à fait possible en cas de guerre", affirmait ainsi François Heisbourg, président de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) dans Le Monde daté du 10 septembre. La veille, l’IISS rendait public un rapport remarqué sur l’armement de Saddam Hussein. L’IISS estimait que le régime de Bagdad n’était pas en mesure de développer rapidement l’arme nucléaire mais que ses capacités en matière d’armement chimique et biologique demeuraient." Suite

      François Heisbourg 


    • bernard29 bernard29 5 février 2009 17:08

      Al Quaida est mort !!

      Pas possible, Bush avait raison ???

      Non Al Quaïda n’avait pas besoin de mourir

      Puisqu’ Al Quaida n’a jamais existé.

      ouf !!


    • Onegus onegus 8 février 2009 17:11

      Heisbourg est un clown, expert en communication et en storry-telling mais sûrement pas en "terrorisme".

      Pour un travail sérieux sur l’histoire du terrorisme islamique et sa manipulation par les services occidentaux, lire plutôt Nafeez Mosaddeq Ahmed :

      La Guerre contre la vérité : 11 Septembre, désinformation et anatomie du terrorisme

    • E-fred E-fred 5 février 2009 10:07

      Agoravox est devenu le rdv des "experts" en terrorisme.. ;entre m’sieu Dénécé et maintenant m’sieu Heisbourg...
      La preuve des armes de destruction massive en Irak n’a toujours pas été apportée ( les témoignages de M. Boniface et les rapports de l’ISRI.) et le mensonge continue...

      Pourtant on y était presque pour l’anthrax !!!

      C’est ballot, non ?
      "Après sept ans d’investigations menées par dix-sept enquêteurs, le FBI a déclaré la semaine dernière avoir résolu son enquête et trouvé le coupable : Bruce Ivins, un biologiste de 62 ans qui travaillait au laboratoire militaire de Fort Detrick dans le Maryland. On ne saura pas ce que le scientifique pense de ces accusations : il s’est suicidé le 29 juillet."

      Et maintenant c’est sur la toile, avec l’amalgame "cyberespace+islam" = terrorisme du futur...
      Le net c’est pas bien, c’est le diable...mais oui, toutes les informations circulent aux grands dam des gouvernements...

      Et l’apothéose "  Mais dans un pays où en principe l’esprit critique, l’examen attentif des faits, les valeurs des Lumières sont sensées nous guider, c’est assez affligeant, d’autant plus affligeant de voir le nom du grand Voltaire piraté par des gens soutenant ce type de thèses dont je considère qu’elles sont des fantasmes, ne méritent pas une entrée en débat. "

      Mais oui, avec en prime time ce soir notre PR comme au bon vieux temps de l’ORTF !!! C’est ça l’esprit critique qui est censé nous guider ?


      Le 13 janvier 2006, quand le Predator a laché ses bombes sur Damadola, et que la CIA jurant ses grands dieux qu’elle avait enfin eût Al-Zawahiri, puis dire que finallement pas, mais des lieutenant d’al qaïda avait été tués et que maintenant tout le monde sait que ces bombes n’ont tuées que des victimes innoncentes...mais mieux vaut demander à m’sieu Michael Hayden , n’est-ce pas ?


      • non666 non666 5 février 2009 16:52

        Tiens excusez moi monsieur e-fred, mais je m’apperçoit que TF1 , la chaine qu’elle est trop bien et qui nous a si bien vendu Sarkozy a "oublié" de nous parler de cette culpabilité "américaine" dans l’affaire de l’Anthrax.

        Pourtant j’ai bien suivis tous les episodes de NCIS, l’intervention du secretaire d’Etat US à la tribune de l’ONU en train d’agiter son petit flacon....
        Les commentaires etaient clairs : c’est la faute d’al qiaida ; de l’Irak et de l’Afghanistan.
        De nombreux amis des etats unis et d’israel sont venus, sur tous les sites internet, sur toutes les radios et toutes les tv defendre cette thèse.
        Curieusement, quand la vérité est connue , les medias "oublient " la vérité ?
        J’espère que cela n’a rien a voir avec le fait que notre bien aimé président soit un ami des etats unis, d’israel et de tous les comploteurs du 11-09 ....


      • antitall antitall 8 février 2009 18:25

        Ah ça ! pour mettre le paquet sur la théorie ordurière officielle,pas étonnant ! c’est leur propre survie qu’ils jouent !!!Tous les moyens sont bons pour "débunker"mais peine perdue,la vérité arrivera comme un tsunami !!!et emportera tout sur son passage.....même les moutons dociles et crédules.... smiley


      • morice morice 5 février 2009 10:19

         Deux choses à retenir, que je n’ai cessé de dire ici : le mouvement AlQaida n’existe pas tel que l’ont laissé croire les Etats-Unis : il n’a pas du tout la structure énoncée, c’est un ensemble de mouvements hétéroclites qui se sont regroupés sous un label, pratique pour eux. Une sorte de franchise, peut-on dire. Comme dans le commerce : celui qui y vient bénéficie de l’aura de la marque, mais se tape le terrain. En deux, il existe bel et bien en Irak comme en Afganistan une forme de résistance à l’occupation : en quelques années, le vocabulaire US a changé, puisque l’on est passé du terme de "terroriste" à celui "d’insurgé". Le vocabulaire est un des moyens de présenter les choses. La "guerre au terrorisme" est une appellation contrôlée qui ne sert qu’à justifier un terrorisme d’état : cette guerre n’existe pas en réalité. C’est un hoax fort pratique pour justifier des pratiques dictatoriales au sein même du pays qui la pratique : le principal touché par cette notion de "guerre au terrorisme" ce ne sont pas les terroristes eux-même, mais bien les citoyens américains, qui y perdent leurs libertés fondamentales. Sans 9/11, pas de guerre au terrorisme : l’acte fondateur de la notion est bien l’effondrement des deux tours. Sans cela, pas de "war of terror". Pas d’hoax. De là à penser qu"on a tout fait pour l’imposer dans les esprits, cet hoax, il n’y à qu’un pas : oui, ça a bien été un nouveau Pearl Harbor. Le problème, c’est que tout avait été ECRIT dix ans auparavant....


        • Tonton Tall 5 février 2009 14:27

          Le problème, c’est que tout avait été ECRIT dix ans auparavant....

          Oui, comme le Protocole de Sion, mais ça c’était encore avant ...

          Je vois d’ici les mecs en train de discuter de la programmation du 0911 devant une secrétaire qui range soigneusement le rapport dans un dossier... smiley smiley

          ça m’étonne qu’on ait pas encore vu la vidéo de la réunion sur youtube... allez, au boulot ! smiley


        • Vincent Frédéric Stéphane 6 février 2009 22:04

          Entièrement d’accord Morice et ceux qui se font porte voix des thèses accréditant la nécessité de mener une guerre au terrorisme sont à mes yeux de sinistres sires. Heisbourg en est un.


        • dom y loulou dom 10 février 2009 13:17

          il vous faut encore des preuves Tall ?

          http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=mQ8TSuKQ0Io


        • Tonton Tall 5 février 2009 10:23

          Dès qu’on dénonce Al Qaïda et le terrorisme islamiste.... qui déboule ici rapidos pour dézinguer l’auteur ?
          morice et e-fred....
          ben voyons .... smiley


          • jako jako 5 février 2009 10:32

            Oui Tall ainsi que toi je vois ,
            bon Eisbourg c’est l’extraordianire expert qui avait prévu , lors de la première guerre d’Irak exactement l’inverse de ce qui s’est passé ?


          • non666 non666 5 février 2009 17:18

            Bien sur Tall , "avec nous ou contre nous" , n’est ce pas ?

            Si on n’est pas avec l’oncle sam alors on nest forcement CONTRE et pro-al quaida , c’est evident !

            Tu ne t’es jamais dis qu’entre la peste(USA , Israel, GB) et le choléra (les radicaux islamiques de tout poil) , il pouvait y avoir, pour nous autres civilisés europeens, d’autres choix ?

            Moi j’arrive très bien par exemple a mepriser aussi bien les uns que les autres.
            Et je suppose que je ne suis pas le seul si j’en crois l"Eurobaromètre 62....
            Par contre , ce type de raisonnement m’indique très clairement, plus que tout autre, a quel camps TOI, tu appartient...

            Comme on dit chez vous shalom, fils de sion....



          • antitall antitall 8 février 2009 13:26

            Les menteurs continuent leur travail de sape....mais il en faudra plus que ça pour empêcher que la vérité n’explose......n’en déplaise à Tall... inside-job inside-job.....criait la foule !!! in zob in zob ,bavaient les moutons,ils finiront eux aussi en méchoui smiley ....


          • Olga Olga 5 février 2009 10:36

             Encore un propagandiste décomplexé qui vient nous dire qu’il devrait être interdit d’évoquer les attentats du 11 Septembre dans les médias et que toutes les personnes qui s’interrogent sur la véracité de la version officielle sont des anti-américains primaires, et même pire, des êtres malsains motivés par la "haine des Juifs"...
            Ce Monsieur qui nous parle du terrorisme d’Etat en oubliant de citer les pays les plus "efficaces" en ce domaine...
            Bref, de la propagande neo-con qui ne recule devant aucune bassesse et aucun amalgame. Ce Monsieur Heisbourg devrait ravir les adeptes de la théorie binaire du choc des civilisations, qui veulent nous vendre une Amérique parée de toutes les vertus, seul rempart face à l’axe du mal (sic).
             smiley 


            • Zalka Zalka 5 février 2009 11:11

              La tour Eiffel n’existe pas. Je répète, la tour Eiffel n’existe pas.


            • Mouche-zélée 5 février 2009 11:57

              Tonton

              L’auteur n’a pas fait trop de tri dans ce qu’il a recopié d’agora vox ?
              Parce que vous avez mis le doigt sur une chose importante et pertinente .
              Qu’il reprenne des commentaire d’accord, mais il faut qu’il les reprenne tous même ceux qui dérangent ...


            • Tonton Tall 5 février 2009 11:59

              Ici l’article et le forum d’avox qui ont été recopiés sur le site de cet auteur, comme d’autres forums d’ailleurs

              le lecteur appréciera ici sur pièce les méthodes "d’information" de morice
              mais bien connues déjà de tous ceux qui osent le contredire


            • Tonton Tall 5 février 2009 12:04

              Zalka
              Je confirme ... la Tour Eiffel n’existe pas
              D’ailleurs plus de 99% des 6,5 milliards d’humains de la planète ne l’ont jamais vues en vrai !!!
              Juste des photos de la propagande française qui a evidemment de juteux intérêts dans l’affaire...


            • Tonton Tall 5 février 2009 12:09

              mouche

              ben oui, il fait des copy-paste entiers sur son site, il ne se fatigue pas
              mais bon, c’est son article...


            • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 février 2009 13:14

              Zalka, Tall, vous mentez. La tour Eiffel existe, mais elle n’est qu’un montage tridimensionnel smiley


            • appoline appoline 5 février 2009 13:18

              @ Shawford,
              J’ignore qui est à la modération aujourd’hui, mais vous avez la censure facile. Donc Shawford, je vous disait : Ici Londres, les français parlent aux français. La tout Eiffel a disparu. Encore un coup des nippons qui la mitraillent du matin au soir, à moins que ce ne soit Bertrand qui l’ait subtilisée.


            • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 février 2009 13:20

              " Bref, de la propagande neo-con qui ne recule devant aucune bassesse et aucun amalgame. Ce Monsieur Heisbourg devrait ravir les adeptes de la théorie binaire du choc des civilisations, qui veulent nous vendre une Amérique parée de toutes les vertus, seul rempart face à l’axe du mal (sic)."

              Quelle injustice. "Ce Monsieur" a pourtant travaillé avec l’inénarrable Pascal Boniface fut un temps, peu soupçonnable de "néo-connerie", mais sait-on jamais, tout est possible smiley


            • appoline appoline 5 février 2009 15:37

              @ Shawford,
              Si, justement, c’était sur la tour Eiffel. Bon, il est vrai que le jeu de mots était assez lourde. Mais bon, quand on est homme politique et qu’on fait son coming-out, il faut bien se douter que la dame de fer ne sert pas uniquement au tourisme.


            • antitall antitall 8 février 2009 13:31

              Te fatigues pas,mon Tallchounet !! l’inside-job ne fait plus aucun doute,aussi vrai que la tour Eiffel et le mannekenpiss...... tu vas finir par te ridiculiser grave.....ça serait dommage !! smiley


            • dom y loulou dom 10 février 2009 13:22

              dites tonton Tall... c’est quand que vous sortez du bac à sable où vous séquestrez morice ??


            • non666 non666 5 février 2009 10:49

              E-fred en met une couche, je vais mettre la deuxieme....

              Pour qu’al quaida "cesse" d’exister , soit en recul, encore faudrait il que cette organisation oculte "existe".
              Or tout ce qu’on sait d’al quaida c’est :

              1) C’est un ennemi musulman "généraliste" , present partout, mondialisé , l’ydre a 100 000 tete maintes fois décapité met comme le phenix, qui renait de ses cendres a chaque fois....

              2) Que sa date de naissance coincide avec la fin de l’union soviétique, le besoin des etats unis d’avoir un ennemi a combattre pour justifier sa course aux armements, sa domination sur le monde "libre" dont il ne pourrait qu’etre le leader.


              Or nous savons depuis le defense planing guidance de 1992 , que les etats unis ont parfaitement envisagé les conséquences de la fin de l’union soviétique, avec , comme effet induit, l’inutilité de son arc noutan a l’ouest : leur propre domination. Sans ennemi "rouge", quel interet pour l’Europe de se payer les services d’un "protecteur" ? La pute n’accepte le maquereau que parce que celui-ci lui montre que les concurrents sont encore pire...
              Le DPG 92 nous expliquait donc que pour eviter d’etre en concurrrence "a nouveau" avec une superpuissance, il fallait absolument empecher de s’epanouir les concurrents "prévisibles" (UE, Chine et renaissance de la Russe) et trouver un ennemi générique fédérateur.

              Or a ce moment la , nait "al quaida"....

              Si un mouvement "Epée de la chrétienté" naissait, mouvement très mechant , trsè terroristes et qui fait peur aux petits nenfants, nous nous poserions tous la question : d’ou vient t’il ?

              Est il d’origine catholique ?
              * Les intégristes de saint nicolas du chardonnet ?
              * les irlandais ?
              * Les polonais ?
              * Les croates ?

              Est il prostestant ?
              * Les orangistes d’irlande du nord ?
              * Les anglican de grande bretagne ?
              * Les presbyterian d’ecosse ?
              * les calvinistes de suisse ?
              * L’eglise lutherienne d’allemagne ?

              Est il Orthodoxe ?
              * Les Russes blancs ?
              * Les Serbes ?
              * Les grecs de chypre ?

              Est il d’origine des eglises d’orient ?
              * Phalangiste chretiens maronite du Liban ?
              * Arménien revanchard de leur genocide ?
              * D’autres primo eglises d’orient (irak, egypte)...

              Chgaque reponse pointe un ennemi diffrent , avec une geopolitique diffrentes et des motivations qui ne sont pas QUE religieuse.
              Creer un ennemi generique, comme notre "Epée de la chrétienté" dans ce cas, reviendrait a entretenir l’amalgame entre tous les chretiens. Du point de vue de ceux qui ne connaissent pas bien la chretienté, cela serait peut etre credible, mais chez nous, chez les civilisés d’Europe, on en rigolerait fort de ce scenario peu credible...

              A t’on jamais vu un Irlandais catholique travailler de bonne volonté avec un orangiste ?
              A t’on jamais vu un serbe orthodoxe faire des attentats d’interets commun avec un croate catholique ?
              On peut reprendre tous les binomes, il y aura toujours des choses qui nous paraitrons aberrantes.
              Or chez les mulsulmans, c’est au moins aussi complexes....

              Inventer un ennemi générique, cela permet de ne pas traiter les cas individuels (si on parlait de la Palestine ?) tout en ayant toujours au moins une des "cellules" de cet ennemi global actif a chaque moment pour permettre d’entretenir la peur du public et de justifier la grande organisation DERRIERE les etats unis.
              Cela permet surtout d’eviter de juger ceux qui dans "notre" camps , ceux qui sont largement coupables d’exactions avec l’ennemi génrique (USA, GB, ISRAEL...)

              Après on repensera à la genese de tout ceci :
              1990 : effondrement du bloc soviétique
              1992 : DPG 92
              1993 : creation d’alquaida comme "ennemi" 
               (avant en afghanistan, il etait depuis 1988, date de sa creation une organisation amie...)
              1997 ? PNAC le document pour un nouveau siecle de domination "americaines" qui est une reecriture du DPG de 1992 par leurs auteurs...

              Depuis cette année, le groupe de rats qui a écrit tout ceci est sur la fin.
              Mais leur invention "survit, du moins dans les medias.
              Alors on envoit quelques idiots uile nous expliquer que ce serait surement une victoire des opérations en irak de bush ?


              • geko 5 février 2009 12:00

                Ce 11 septembre c’est vraiment la chienlit !!

                Je trouve tout à fait étrange qu’au même moment où rue89 propose un article "Le vrai et tous les vrais complots du 11 septembre". J’ai lu le premier chapitre sur l’effondrement des 2 tours pour comprendre que ru89 se décribilisait à nous pondre une "merde" ayant pour seules sources un seul expert et les informations de la FEMA (Mort de rire, pourquoi pas interviwer Bush directement) !

                Bref aucun élément nouveau sinon la sensation d’être pris pour un con et de perdre mon temps ! C’est à devenir fou !

                Aujourd’hui c’est le tour d’AV !!! Je me demande si l’intronisation de la France dans l’otan à Strasbourg y est pour quelque chose ?

                "Quelque part on ne s’est toujours pas remis de la défaite que l’on a subi à cette époque. La perte de repères qui s’en est suivi, quand on est face à un cataclysme historique de cette ampleur, il faudra bien un siècle pour que les séquelles en disparaissent, pour autant qu’elles disparaissent jamais."

                Ca c’est fort  !!!!!!!!!

                Je fais parti des premières générations qui n’a pas connu la guerre. Par contre mes parents ont grandi au son des bombes et des claquement de bottes ! Je n’ai pas vraiment la sensation d’avoir grandi dans un pays humilié et si ma grand mère voyait des casques à pointes en tout allemand, mes parents ont été les premiers à m’encourager dans les échanges scolaires avec l’allemagne sans rancune. Ils m’ont bien fait comprendre que la guerre n’apporte rien sinon à ceux qui la décide !

                Le traumatisme de cette France des collabo est plutôt à mettre au crédit des politiques et des medias qui ont posé la chappe de plomb sur le problème. Ce sont plutôt eux qui ont des choses à se reprocher !

                Tant qu’à y être on ne s’est toujours pas remis de la branlée prise par césar sur le plateau de Gergovie ?

                @ L’auteur c’est quoi cette connerie vous pouvez développer SVP !

                A l’auteur j’attends vos explications avec beaucoup d’intérêt parcequ’un expert qui se plante dans ses prévisions n’en est pas un à mes yeux !


              • Mouche-zélée 5 février 2009 12:13

                @ non666

                Le but du jeu c’est de nous rendre manichéens le plus possible :

                "Tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous "
                "Tous ceux qui ne sont pas de droite sont des anarchistes d’extreme gauche "
                "Tous les Musulmans sont des terroristes potentiels"

                Si j’ai bien appris la leçon :
                "Tous les cathos sont révisionnistes, puisque le pape veut réintégrer un révisionniste"
                "Tous les Juifs sont forcément sionistes"
                "Il n’existe pas plusieurs façons plus ou moins modérée de pratiquer une religion mais uniquement une pratique intégriste. Ce qui est vrai pour les Musulmans l’est pour les autres religions "
                ...

                Dans ce cas les USA sont une théocratie, puisque leur président jure encore sur la bible, une messe est organisé pour son investiture, un prêtre fais un discours public lors de l’investiture, tous les présidents des états unis étaient et sont des catholiques pratiquants, les témoignages au tribunal se font en prêtant serment sur la bible etc ....  smiley  smiley


              • morice morice 5 février 2009 12:19

                 la pensée Tallienne résumée en effet.


              • appoline appoline 5 février 2009 13:01

                @ Non,
                Je pense que personne n’est dupe. Ils ont bouffé leurs dernières cartouches avec Al Quaida et ce, de justesse, compte tenu que de plus en plus de personnes réagissent, même en public, sachant qu’elles risquent de se faire massacrer par les médias.
                Obama a tout intérêt à ne pas traîner avec Guatanamo.

                Mais si mes antennes fonctionnent pas trop mal, je pense qu’ils sont en train de nous concocter une nouvelle belle couleuvre à avaler. Peut-être que le ciel nous tombera sur la tête, ou du moins, on risque de nous le faire croire.


              • Gonzague gonzague 5 février 2009 13:06

                "tous les présidents des états unis étaient et sont des catholiques pratiquants"
                En fait, seul Kennedy était catholique. Les autres sont ou étaient protestants.

                Bon article. Qui notamment met l’accent sur les fadaises conspirationnistes et tente d’expliquer en quoi l’omerta fantasmée des complotistes n’est en fait qu’un simple abus de bon sens.
                Les journalistes, malgré leurs défauts, essaient de rester sérieux. Les fariboles conspirationnistes sont de fait tues, tant elles sont ridicules.


              • Mouche-zélée 5 février 2009 13:35

                gonzague

                Ne jouons pas sur les mots vous avez très bien compris qu’aucun n’était athée, et aucun n’était non pratiquant !

                Les présidents Reagan, Bush père et Bush fils doivent en partie leurs élections à certains groupe de pression religieux protestants, parfois proches de mouvements fondamentalistes...
                Georges W. Bush est protestant méthodiste, de père épiscopalien et de mère presbytérienne.
                Il déclare avoir été délivré de l’alcoolisme grâce à la prière.
                Selon lui, sa victoire aux présidentielles n’est pas un hasard, il se croit investi d’une mission divine et pense avoir été placé là où il est, par le ciel.

                La religion et la référence à Dieu sont très présentes aux Etats-Unis, aussi bien dans la culture que dans la vie politique.
                Depuis l’école où les petits américains prêtent serment au drapeau et à la nation "sous Dieu", jusqu’aux serments du Président sur la Bible.

                Cet aspect de la société américaine remonte à l’origine même de la fondation des Etats-Unis, et même avant, lors de l’arrivée des premiers colons Prostestants (XVIIème siècle).
                Convaincus d’être investis d’une mission divine, certains Puritains et colons imprégnés de religiosité fondèrent dans certaines colonies (notamment le Massachussets) une société fondée sur la conviction qu’ils étaient investis d’une mission divine, celle de faire fructifier la terre qui leur avait été confiée, pour en faire une "nouvelle Sion". (sionistes alors ? ha ha ha  smiley )

                A la fin du XVIIIème siècle, alors que se créaient les Etats-Unis d’Amérique, les fondateurs de la nouvelle nation en arrivèrent tout naturellement à penser qu’ils fondaient là le "temple de la liberté et phare d’espoir pour toute l’humanité".  smiley
                Les Etats-Unis étaient, selon eux, la résultante des meilleures idées de la civilisation européenne ; dans le cadre de leur "mission divine", ils se devaient donc de créer une forme de société fondée sur la liberté, qui soit source d’inspiration pour toute l’humanité.

                De dangereux illuminés car "god bless América"


              • appoline appoline 5 février 2009 15:59

                @ Mouche,
                La religion et la référence à Dieu sont très présentes aux Etats-Unis

                Dieu est partout aux USA, il est très présent (amen) : à l’école (il faut les piquouser très jeunes), en prison (la rédemption est à ce prix), dans les chaumières, le matin, le soir. Il leur dicte leur façon de penser ou de ne pas penser, de faire la guerre ou de ne pas la faire. Oh my god, récité comme un mantra, les écarte de tous esprits maléfiques mais pas de la connerie.

                En fait, je me demande si les américains sont capables de penser par eux-mêmes. Ce petit ménage à trois : toi, moi et dieu, fait d’eux des pantins lobotomisés, prêts à lapider le premier mécréant venu, en plus quand il est musulman-talibano-terroro-afghano-barbu, là, les couteaux s’aiguisent. Mais, inch allah, dieu est toujours là.


              • Mouche-zélée 5 février 2009 17:08

                appoline

                Leur copain Sarkozy disait que la délinquance c’était génétique ....(l’année dernière)
                S’il a raison, il n’est pas très compliqué à se souvenir avec qui les USA ont été peuplés, tous les pariâts d’europe ....

                C’est peut être pour cela qu’ils tuent la semaine et prient le dimanche, où il y a de la gène il n’y a pas de plaisir.
                Même les papes sont devenus révisionnistes, c’est pour dire ! (réhabilitation de l’évêque révisionniste)


              • Mouche-zélée 5 février 2009 11:19

                Avant le 11 septembre nous ne parlions pas d’Al Quaida mais de Talibans, c’est très différent, c’était ailleurs .
                Al Quaïda C’est un peu le mythe du père fouettard, personne ne l’a jamais vu mais il fais peur aux enfants .

                Je me souviens des années 80, le FIS n’avait pas la stature mondialisée d’ Al Quaïda mais nous étions bien moins en sécurité .

                Si Al Quaïda existait dans les proportions terrifiantes que les Etats Unis et nos gouvernements veulent nous le faire croire, plus personne ne pourrait sortir en sécurité dans des lieux publics .
                Il est évident qu’il est bien plus simple de réaliser une bombe artisanale que de détourner 4 avions ...

                Pour le 11 septembre.

                C’est la logique même qu’il n’est désormais plus nécessaire de faire appel à des pyrotechniciens pour que les bâtiments tombent à LA VERTICALE la plus parfaite .
                C’est devenu inutile, une charge placée au pif et ça donne le même résultat .

                Pas UN bâtiment n’est tombé à la verticale parfaite en direct live mais DEUX, combien de chances mathémathique y aurait-il pour que cette coïncidence se produise au même endroit et au même moment, sur deux tous identiques ?
                C’est décidément le jour où les Américains auraaient du jouer à toutes les lotteries en invoquant la loi des séries, la BARAKA en définitive !

                Pourquoi une fois l’enquête de terrain effectuée, lors du déblayement, personne n’a eu accès à la zone des débris qui auraient pu servir de témoignage de la violence du carnage ?
                (si on déblayait on détruisait, donc inutile de cacher les débris, c’est comme cacher ses poubelles, si on a rien à cacher...)

                Pourquoi le pays le plus sécurisé au monde n’avait pas même un avion en surveillance territoriale, alors que même en France lors d’exercices de grande ampleur, nous avons toujours des forces de permanence en réserve ?

                Pour le 911, l’enquête à prouvé qui et où ont été formés les pilotes, c’était bien sur monomoteur à explosion (Cessna C180) .
                C’est exactement comme dire qu’un type qui a le permis bateau côtier est en mesure de piloter un pétrolier à bon port .
                Inertie, dérive, cap théorique et cap réel sont très différents .
                La précision de l’impact pour un habitué du monomoteur est tout simplement impossible, à moins qu’ils soient des génis de l’aviation .
                Les soucis de plan de vol pour aller dans la bonne direction sont tout aussi compliqué, ce n’est pas un monomoteur se servant des balises VOR 1, 2 et 3 ...
                Ce n’était pas leurs appareils habituels et de très loin... (réacteurs, 300 places au lieu de 4)

                Pour le pentagone, où sont passés les réacteurs de l’avion (titane), pourquoi ont-ils rétréci au lavage ?
                Pourquoi les vidéos des bâtiments voisins ont-ils été saisis sans jamais être publiées sur le net ou à la télévision afin de prouver à tous les méchants "conspirationnistes" que leurs propos sont déplacés .

                Pourquoi des collectifs d’ingénieurs, de pilotes, de pyrotechniciens Américains demandent-ils de ré-ouvrir le dossier
                sans aucune réponse alors que l’article XV des droits de l’homme dit : "chaque administré a le droit de demander des comptes à son administration"

                Pourquoi d’importants mouvements de fonds avaient apprement prévu la chûte des tours du WTC ?

                Pourquoi
                nous n’avons rien retrouvé des passagers mais nous avons miraculeusement retrouvé la providentielle preuve du passeport d’un "terroriste"...

                Ca commence à faire beaucoup, voire énormément de coïncidences...



                • dom y loulou dom 5 février 2009 11:53

                  eh... vous avez oublié la troisième tour... bâtiment 7, elle est tombé, aussi à la verticale, mais sans qu’aucun avion la percute la pauvre fragile, les tremblements auraient... ah non... là Silverstein a avoué "we pulled them down"

                  Tandis qu’une mignonette journaliste de la BBC avertissait de sa chute elle trônait encore derrière elle...
                   et apparemment CNN aussi... c’est si gentil de nous prendre pour de parfaits imbéciles, cela assure une bonne entente c’est certain. Et la continuation du patriot act sous Obama est vraiment un grand gage de changement...

                  http://www.youtube.com/watch?v=N1LetB0z8_o


                  hasard ? bien entendu... coïncidence ? de quoi parlez-vous ? Ah oui... j’oubliais... nous avons connu l’âge de la pierre, puis celle du fer , l’âge des lumières et plus tard l’âge atomique... aujourd’hui nous naviguons dans l’âge de l’aspartame il semblerait.


                  c’est pas beau, décidément, le théâtre médiatique ??

                  bon juste l’histoire de montrer à notre auteur de science-fiction que nous connaissons très bien qui sont les criminels de ce monde et afin qu’on ne les perde pas de vue quand ils croient prendre leur retraite dorée sur les îles caïmans... seul endroit qui voudrait vraiment d’eux on suppose...

                  http://www.youtube.com/watch?v=tqJN3c7eFsM&eurl=http://www.editions-xenia.com/actuel/files/category-parutions.html


                • Mouche-zélée 5 février 2009 12:20

                  dom

                  Je fais exprès d’oublier le N° 7 à chaque fois en espêrant que vous ou un autre vienne rectifier le tir .
                  J’ai même eu déjà le droit à quelqu’un qui me disait : "mêmes tours, mêmes avions, mêmes effets" (sans rire)

                  Pourtant le N° 7 n’était pas du tout fait de la même façon ....
                  Désormais aux USA ils n’utilisent plus d’explosifs pour détruire, c’est trop compliqué, il y a trop de trous structurels à faire pour placer les charges, c’est trop long .

                  Désormais ils envoient des avions bourrés de kérozène, c’est plus rapide et plus fiable que les explosifs smiley
                  Ils prennent des avions qui doivent partir à la casse pour réduire les coûts .  smiley

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