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Le complexe militaro-industriel américain veille

Les RDV de l’Agora reçoivent Mathieu Verboud, auteur et réalisateur du documentaire "La Cabale", diffusé ce soir, mardi 28 octobre, sur France 5 à 21 h 40.

Dans son film La Cabale, diffusé ce soir sur France 5, le documentariste Mathieu Verboud revient sur la genèse de la guerre d’Irak et sur la philosophie politique des Etats-Unis, toujours prompts à guerroyer du moment que le business militaro-industriel a à y gagner. Rappelons-nous ce chiffre : durant le XXe siècle, les Etats-Unis ont dépêché des troupes dans près de trente Etats (sans compter les deux guerres mondiales).

C’est avec une image du mémorial du corps des Marines des Etats-Unis, à Washington, que commence ce documentaire. Sur le socle de ce célèbre monument représentant le prise d’Iwo Jiwa, sont inscrits les noms des grandes batailles américaines. Dernier nom gravé : l’Irak. Mais il y a encore de l’espace sur le socle. Beaucoup d’espace. Et les dirigeants de Lockheed, Halliburton, Blackwater peuvent se frotter les mains. Tant que l’on fera vibrer la corde patriotique, nationaliste et revancharde, tant que l’on dira au peuple américain qu’il doit combattre pour la liberté, ils accumuleront les dividendes. Pour comprendre la guerre d’Irak, il faut se rappeler les avertissements que lança en 1961 un certain Eisenhower et, bien avant lui, le général Smedley Butler. Le complexe militaro-industriel veille, les
lobbies veillent pendant que tout le monde dort. Mais il y a lobby et lobby et Mathieu Verboud ne tombe pas dans les travers des complotistes.

Sur la guerre d’Irak, on croyait tout savoir. Mathieu Verboud ne nous apprendra rien de nouveau. Son intention est claire : "apprécier les symptômes liés à la guerre d’Irak, à la genèse de cette guerre, puis réfléchir plus largement à l’addiction américaine à la guerre depuis un demi-siècle." Mais il apporte un éclairage nécessaire. Il clarifie. Il dépouille volontairement son film. Choisissant de ne faire intervenir que deux protagonistes - Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain -, et utilisant à bon escient les images d’archives, il nous explique comment et pourquoi la guerre d’Irak a lieu. Pourquoi, quel que soit le nom du prochain locataire de la Maison-Blanche, elle a toutes les chances de continuer, et pourquoi elle peut s’étendre à l’Iran. Désespérant, mais salutaire.

Pour les
RDV de l’Agora, Mathieu Verboud répond aux questions d’Olivier Bailly


Agoravox : Avez-vous rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?
Mathieu Verboud : Si l’on entend par difficultés des blocages institutionnels divers et variés, aucune difficulté. La parole sur ces questions-là est assez libre en Amérique. C’est le paradoxe. Des choses extrêmement importantes sont dites. Aujourd’hui, il est admis par tout le monde, y compris par les gens qui étaient partisans de la guerre d’Irak, qu’il y a eu mensonge sur la genèse de cette guerre, mais rien n’embraye derrière. C’est un phénomène qu’on observe partout : des gens disent des choses, on sait que c’est là, mais on regardera plus tard car ce n’est pas encore prêt dans les esprits.

A : Avez-vous rencontré des difficultés pour le diffuser en France ?
MV : On l’avait proposé à une chaîne qui venait d’acheter un autre documentaire américain qui focalisait uniquement sur le Bureau des plans spéciaux et qui, ayant acheté ce film-là, ne pouvait plus acheter le mien. Il a fallu apparemment qu’on insiste auprès de France 5 pour qu’ils le prennent. Evidemment pour eux tout ça est extrêmement mélangé. Entre la guerre d’Irak qui a échoué, l’autoritarisme de Rumsfeld, la folie guerrière, la genèse de la guerre d’Irak... Quand vous arrivez avec une information qui pointe l’aspect très caractéristique et très inédit de la genèse de cette guerre - le film le dit : c’est la première guerre de toute l’histoire des Etats-Unis qui n’apporte rien de positif au pays. Du point de vue négatif au contraire, il n’y a que des recettes -, lorsque vous arrivez avec une information comme celle-là la chaîne dit « très bien on le prend » et comme ils vous sentent en position de force ils vous préviennent : « Attention, ne faites pas un film conspirationniste parce qu’avec ce que vous allez dire-là n’importe quel clampin peut s’autoriser tous les commentaires débiles... » On leur a donc dit qu’on faisait un film sur le complexe militaro-industriel.

A : Vous ne révélez rien, mais vous apportez un éclairage plus large sur la genèse de la guerre d’Irak. N’est-ce pas ce qui a manqué dans les analyses de ce conflit ? On s’est focalisé sur le 11-Septembre, y voyant une cause.
MV : Dès qu’on parle du 11-Septembre, on est forcément toujours amené à répondre à des questions sur les seuls qui sont connus pour travailler en permanence sur le 11-Septembre, c’est-à-dire « les théoriciens du complot ». Malheureusement, on n’entend personne d’autre réfléchir à la question, on ne sait pas ce que font les historiens, par exemple. Je ne me situe pas par rapport à ces gens-là ni par rapport à d’autres, ils posent des questions, comme tout le monde. Je ne révèle rien parce qu’on sait que la genèse de la guerre d’Irak, que l’analyse globale de ce conflit, sous-pondère l’aspect genèse.
Même s’il y avait eu un but de guerre « entendable », la guerre d’Irak aurait probablement été un fiasco, Abou Ghraïb aurait été là et ça aurait suffi à ce que cette guerre ait été une « guerre dégueulasse ». Il se trouve qu’en plus il y a une complication en amont qui explique beaucoup de choses et qui selon moi est très caractéristique, c’est Abou Ghraïb. Ils ont été jusque-là. Abou Ghraïb c’est un drame, un scandale, mais c’est la conclusion d’un état d’esprit et de pratique politique.

Et c’est autrement plus compromettant de créer une guerre à partir de rien que de faire une bavure dans une prison. C’est comme décrire la famille en occultant systématiquement le rôle de la grand-mère. Effectivement, dans ce film, je dis « la grand-mère existe », on me répondra « on le savait ». Eh bien alors pourquoi vous ne le dites pas ! Je ne vais pas reprocher aux autres de ne pas dire ce qu’ils ne disent pas, mais avec ce film j’ai observé deux symptômes : d’abord je pense que la genèse de la guerre d’Irak, à elle toute seule, est un symptôme infiniment plus grave parce que c’est un chaudron dans laquelle on fabrique les guerres.

On ne fabrique pas une nouvelle guerre avec Abou Ghraïb, tandis qu’avec les méthodes qui ont été employées dans toutes les guerres d’Irak on fabrique la matrice de toutes les guerres à venir. Je parle de la guerre qu’on crée sur un coin de table, la guerre sans but, sans intérêt pour le pays, et la guerre éternelle sans aucune définition claire de la victoire. Donc on crée la matrice de la guerre parfaite. Evidemment, on va prendre un moustachu pas sympathique et même particulièrement odieux qui s’appelle Saddam Hussein et, pour peu qu’il y ait eu un attentat quelques jours avant, ça fait l’affaire.

La deuxième chose, c’est qu’il faut toujours dézoomer. On me parle de la guerre d’Irak, moi je préfère parler de la genèse de la guerre que de son déroulement. Ensuite, on me parle de l’appétit des Américains. Là pareil, avant de prononcer un quelconque mot, je dézoome et je me rends compte qu’avant moi il y a une poignée de gens, des conspirationnistes, mais aussi le président Eisenhower qui l’a dit - mais le problème c’est qu’à l’époque d’Eisenhower il n’y avait pas de marketing, pas de Cheney qui était un gamin, c’étaient les années 60. Eisenhower vous dit que c’était déjà là. Puis vous allez voir le personnage principal de votre film qui vous dit que quelqu’un - Smedley Butler en l’occurrence - l’a dit encore vingt ans avant Eisenhower...


Aujourd’hui, des gens vous expliquent à la télévision que l’amiante est dangereux. Ceux qui travaillent sur l’amiante savent que les effets nocifs de l’amiante ont été documentés par la médecine dans les années 10. A la seconde où vous savez ça, cela change tout. Cela signifie que la médecine du travail était complice des entreprises, et maintenant c’est quelque chose qui est reconnu par tout le monde depuis soixante-dix ans.

Les responsabilités sont décuplées à l’instant où vous apprenez que la médecine du travail le savait. Après, il y a un autre problème. Si vous dites « prendre de l’héroïne ce n’est pas bon pour la santé », on va vous répondre « on le sait depuis longtemps, vous n’apportez rien de nouveau ». Effectivement, comme tout le monde le sait et que tout le monde sait qu’on le sait depuis très longtemps, il n’y a rien à dire à tout le monde.

Là, je remarque qu’il y a une chose que l’on sait lorsqu’on va chercher le bouquin sur l’étagère, à savoir que tout a commencé il y a déjà un siècle, mais que chaque jour où l’on en parle on fait semblant de croire que c’est arrivé hier. Non ! Les choses ont une histoire, voilà, et on peut voir dans tel ou tel aspect de la guerre d’Irak des choses nouvelles, comme par exemple la privatisation à outrance des services, ce qui n’existait pas à l’époque d’Eisenhower. En revanche, sortir le bâton dès qu’il y a un problème et taper, ça, ça ne date pas de Dick Cheney.

A : Les néo-conservateurs pêchent-ils par idéologie ou par affairisme ?
MV : Ils sont connus pour prêcher dans les deux domaines. Ils sont connus comme tels par les services secrets américains. C’est le sujet d’un autre film que je prépare. Plusieurs des personnes impliquées dans la guerre d’Irak sont là depuis trente ans et depuis trente ans trafiquent, donnent des coups de tampon illégaux sur les exportations d’armes, jouent de leur influence, la monnaye et parfois sont directement impliqués comme intermédiaires. Ils sont connus y compris pour transmettre des secrets d’Etat à des pays étrangers comme Israël, par exemple.

A : Quel que soit le nom de celui qui s’installera à la Maison-Blanche en novembre prochain, cela ne changera pas grand-chose par rapport au complexe militaro-industriel. Qu’est-ce qui pourrait faire changer la donne ?
MV : Entre le foudre de guerre Reagan et le foudre de guerre Georges W. Bush (je passe sur le père), on a eu Clinton pendant huit ans. Mais, si vous prenez Clinton et Georges Bush père, vous avez ce qu’on appelle des « modérés », des gens plus prudents, plus centristes, plus atlantistes, moins unilatéraux. Le business a prospéré quand même. Ajoutez à cela que les marchands de canons font des affaires y compris en temps de paix...

L’Amérique vend ses armes et, actuellement, ça marche du feu de Dieu, ils vendent de plus en plus. L’armement est également un outil d’entrisme économique. Le complexe militaro-industriel est vraiment au cœur de l’économie américaine. On sait d’ailleurs que globalement l’industrie de l’armement fait beaucoup tourner l’économie, c’est un lieu d’innovation, etc. Il se trouve que les Américains, pour donner un bonus aux accords de paix israélo-arabes des années 70, versent depuis cette époque-là, c’est tout à fait connu, plusieurs milliards de dollars par an en aide militaire gratuite qu’empochent les Israéliens et les Egyptiens.

Comme le disent beaucoup d’intervenants aux Etats-Unis, on peut se demander si cet argent que l’Amérique verse entre autres pays à Israël, en quoi cela a pu modérer Israël, la rassurer et est-ce que ça a pu générer une volonté, tant en Israël qu’aux Etats-Unis, d’aller vers des accords de paix avec les Palestiniens ? Apparemment non.
Il y a un gros aggiornamento qui a actuellement cours aux Etats-Unis à propos du lobby pro-israélien. Le seul problème, c’est que s’en distancier est extrêmement compliqué. La distanciation par rapport à ce lobby est aussi compliquée que de se distancier de la guerre d’Irak ou se distancier du pétrole.

A : Vous évoquez l’Aipac, un lobby pro-israélien très puissant auquel tous les politiques, démocrates comme républicains, font allégeance.
MV : Un jour un congressiste a dit : « imaginez la puissance du lobby du bois lorsque vous êtes à Seattle, dans l’Etat de Washington. Vous êtes dans un Etat où si vous êtes contre le lobby du bois vous êtes mort politiquement. L’Aipac, c’est l’équivalent du lobby du bois, mais à l’échelon du pays. Les ministres reculent devant l’Aipac. L’Aipac fait atteindre aux motions qui défendent Israël au Congrès des scores brejnéviens. L’Aipac est légendairement connu à Washington.

Son patron politique vient de se faire arrêter pour espionnage au profit d’Israël, c’est l’affaire Franklin, un ancien collaborateur de Doug Feith, qui a donné des documents sur le programme nucléaire iranien à l’Aipac qui les a immédiatement transmis au Mossad à Washington. Tous les protagonistes ont été arrêtés et le directeur exécutif de l’Aipac, connu comme le loup blanc à Washington, Steve Rosen est actuellement au trou pour avoir transmis des informations à Israël, le collaborateur de Douglas Feith est au trou également pour les mêmes raisons. Le procès qui devait commencer il y a un an, que je devais filmer il y a six mois en est à son neuvième ajournement. C’est le procès impossible. La défense veut faire citer à la barre Cheney, Condee Rice, etc.

Il se trouve que l’adjoint de Douglas Feith, Franklin, l’homme qui a fourni à l’Aipac les documents sur le programme nucléaire iranien qu’il avait dans son coffre au Pentagone, est parti pour douze ans en tôle. Certains m’ont dit qu’il était sorti alors que d’autres m’ont affirmé que non, il est bien en tôle ! Vous allez sur internet et vous ne savez pas si cet espion est en tôle ou pas ! Ce procès a terriblement gêné les grands médias parce qu’il exposait au grand jour la réalité de l’Aipac et c’est là où l’on voit ressortir un magnifique article de Seymour Hersch qui, un an avant son arrestation, avait rencontré le patron de l’Aipac et lui avait demandé comment fonctionnait l’Aipac, qu’est-ce qu’on y faisait, etc. Et le patron de l’Aipac lui avait répondu : « l’Aipac est comme une fleur vénéneuse : elle vit la nuit et se couche au petit matin ».

Des bouquins décrivent les membres de l’Aipac qui au moment d’une résolution se pointent juste dans les couloirs, ouvrent une porte où des gens sont en train de voter, passent leur tête à la porte. Dix, vingt personnes dans la salle savent ce qui se passe : le lobby est passé, il est temps de bien voter. Ils disent tous : si on se met contre ce lobby on se suicide politiquement.

L’Aipac est considéré par les congressistes américains comme le deuxième lobby le plus puissant des Etats-Unis après le lobby des personnes âgées. Et le troisième est le lobby des armes.

A : Eh bien justement, terminons sur une personne âgée, le sénateur 
Robert Byrd, seule voix discordante au Congrès à propos de la guerre d’Irak. A-t-il dit tout haut ce que tout le monde aux Etats-Unis pense tout bas ?
MV : Je vais vous raconter une anecdote tirée du film The Israël lobby de la réalisatrice néerlandaise Marije Meerman : dans ce film, un historien anglais, Juif, critique vis-à-vis d’Israël, témoigne. Un jour cet historien, Tony Judt est à Paris. Il est avec un congressiste américain qui tient des propos sur le conflit israélo-palestinien qui lui semblent assez sensés. Il lui dit « je suis d’accord avec ce que vous racontez, vous avez une position équilibrée, il me semble que c’est quelque chose que vous ne racontez nulle part en Amérique publiquement ». Le congressiste opine. Et Tony Judt qui n’est pas dupe lui demande « Est-ce que vous faites ça parce que vous avez peur de perdre votre vote juif ? »

Le type sourit et lui répond : « Je viens d’une circonscription du Middle-West, je n’ai quasiment aucun Juif dans ma circonscription et de toute façon ils votent tous pour moi, donc je n’ai aucun risque de perdre des électeurs Juifs en disant publiquement ce que je pense du conflit israélo-palestinien. En revanche, si je le dis, la rétorsion viendra plus tard, elle ne sera pas forcément orchestrée dans le lobby, mais mes collègues en ont tellement peur que tout autre projet, toute autre requête ou résolution que je mettrais aux voix au Congrès à l’avenir seront systématiquement bloqués. Ça serait un suicide politique ».

Robert Byrd est trop vieux. Au pire, il fait encore un mandat, mais il est hors d’atteinte. C’est par ailleurs un personnage paradoxal puisque c’est un ancien membre du Ku Klux Klan...

Robert Byrd dit-il tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Quand vous avez une terreur collective, il y a une peur collective des uns des autres, du côté maccarthyste de l’administration Bush. S’opposer à la guerre c’est passer pour un anti-patriote, s’opposer à la guerre après le 11-Septembre c’est passer en plus pour un con, et derrière si vous rajoutez que le lobby vous guette en disant manque de pot, sur cette équation-là il y a l’ingrédient Israël, si vous votez contre c’est que vous êtes des traîtres... Pourquoi Obama à l’époque dit qu’il est contre la guerre ? Parce qu’il est encore trop petit, il peut encore se permettre de le dire. Dès que vous passez l’échelon au-dessus jamais vous n’allez prendre la position du maverick comme dirait McCain, du franc-tireur.

A : Quels sont les rapports entre l’Aipac et Israël ? Car, après tout, l’Aipac n’est pas Israël...
MV : Ce n’est pas une courroie de transmission organique, c’est-à-dire qu’il n’est pas mandaté par l’Etat israélien. Imaginons que vous êtes un chanteur et que vous avez un club de fans. C’est pareil. Il n’est pas mandaté par vous, il peut même vous irriter. On sait qu’il y a des chanteurs qui ont douze clubs de fans et qui sont irrités par tel ou tel club de fans qui fait des trucs qui ne leur plaisent pas. Bon, voilà, c’est un club de fans auto-constitué qui rend malgré tout énormément de services au gouvernement israélien.

Sharon a sorti un jour une boutade : "Américains si vous voulez aider Israël, aidez l’Aipac !" Il se trouve que l’Aipac a fait une OPA. Il y a une chose très particulière en Amérique : il y a des milliers d’associations juives ou pro-israéliennes et l’Aipac n’est que l’une d’entre elles. Mais elle a pris un virage à droite et a mobilisé le débat sur un aspect très particulier qui est la politique étrangère américaine. Grosso modo vous pouvez être dans une association juive non politisée, qui n’affiche pas de position politique ni démocrate ni républicaine aux Etats-Unis, ni Likoud ni travailliste en Israël, mais à un moment donné, si par exemple il y a un pépin dans le monde avec Israël, vous allez vous en remettre à la ligne politique décidée par l’Aipac parce qu’il n’y a plus qu’elle qui se voit en Amérique...

Les deux questions qui suivent (ainsi que les réponses, bien sûr) ont été rédigées par Matthieu Verboud lui-même. Il les destinait au site web de France 5 qui a omis de les y faire figurer. Nous remercions Matthieu Verboud de nous autoriser à les reproduire.

Pourquoi ce film ?
Parce que l’heure est, une fois encore, à la guerre. Irak, Afghanistan, Georgie, demain peut-être l’Iran... Parce que les experts de ces questions évoquent aujourd’hui, non sans réelles inquiétudes, des perspectives tout simplement terrifiantes : Troisième Guerre mondiale, risque d’embrasement nucléaire, tout ça sur fond de reprise possible de la guerre froide. A chaque fois, les Etats-Unis sont au centre de l’équation. On ne le dit jamais parce qu’on l’ignore, mais ce pays représente aujourd’hui 75 % des dépenses militaires de la planète ! Ça fait beaucoup pour un seul pays, un pays qui ne représente que 5 % de la population mondiale. Bien sûr, l’Histoire témoigne que de tous les grands empires de l’Histoire, l’empire américain est sans conteste le plus démocratique, le moins barbare. Et pourtant, en un peu plus d’un siècle (guerres mondiales mises à part), les États-Unis ont fait peser le poids de leurs interventions militaires aux quatre coins du globe. Depuis cinquante ans, date de l’émergence du complexe militaro-industriel, le nombre d’interventions américaines dans le monde a tout simplement doublé par rapport au demi-siècle précédent ! Bien sûr, il ne s’agit-là que d’un chiffre grossier dans la mesure où le complexe militaro-industriel fait des affaires même en temps de paix, mais il témoigne néanmoins des perspectives colossales que les États-Unis offrent historiquement à leurs marchands de canons. Pour mémoire, le coût des opérations militaires américaines depuis le 11-Septembre avoisine désormais celui de la guerre de Corée.

En quoi la guerre d’Irak constitue un cas d’école ?
Parce que comme le disent nos personnages, elle incarne la guerre de l’avenir : la guerre sans fin, sans vainqueur, sans claire définition de la victoire, la guerre éternelle. Et aussi parce qu’en attaquant une seconde fois l’Irak en 2003, les Etats-Unis attaquaient un pays dont ils savaient eux-mêmes au-delà de tout doute possible qu’il ne constituait plus, et depuis longtemps, une quelconque menace militaire. L’un de nos deux personnages, le lieutenant colonel Karen Kwiatkowski, le raconte : dans les douze ans qui séparent les deux guerres d’Irak, les Américains et les Anglais ont lancé plus de bombes sur ce pays que sur le Vietnam ! Au fil des ans, la US Air Force en était à vider ses munitions sur des rochers. Il ne restait plus que ça à viser. Quelles que soient les raisons de se réjouir que l’on pouvait avoir à l’époque en voyant une démocratie chasser un dictateur sanguinaire du pouvoir, partir en guerre sur de telles prémices était un mensonge fait au monde, mais aussi un crime majeur contre la Constitution des Etats-Unis.

Crédit photo : Uppitynegronetwork (Dick Cheney)

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41 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 28 octobre 2008 11:11

    Merci pour l’info et cette analyse bien fournie
    On jugera sur pièces ce soir

    Pour comprendre l’origine du "complexe" :

    Quand s’imbriquent intérêts économiques privés et objectifs militaires...

    (Dedefensa.org) La montée en puissance du complexe militaro-industriel :

    "...Que s’est-il passé réellement en février-avril 1948 à Washington ?, interroge Kofsky. « Dans un espace remarquablement court de deux mois, écrit-il, l’administration réussit à augmenter les dépenses programmées pour les commandes d’avions militaires de 57%, alors que le total alloué au Pentagone augmentait de 30%. Aucun président depuis — y compris Ronald Reagan à son époque de plus grande influence — n’a approché un tel bond spectaculaire dans les dépenses militaires en temps de paix »
    ...Kofsky estime que le mouvement puissant qui naquit à la fin de 1947 pour sauver une industrie aéronautique au bord de l’effondrement avait notamment pour cause la crainte qu’un tel événement catastrophique puisse à nouveau précipiter une dépression : « Avec le souvenir de la pire dépression encore vivace dans l’esprit du public, il existait une crainte constante et très forte qu’un effondrement économique puisse à nouveau intervenir ». Cette même crainte se trouvait, sous-jacente, de façon plus générale derrière toute entreprise économique considérée à cette époque. Ainsi, le “plan Marshall” (ou ERP pour European Recovey Programm) était-il destiné à rétablir un marché occidental (transatlantique) vital pour l’économie américaine, tout autant et même davantage que d’ériger une barrière contre l’expansion du communisme (il est bien évident que les deux objectifs se confondent...
    ...il fallait sauver l’industrie aéronautique. On l’a vu, il y avait la cause fondamentale de la crainte que l’effondrement de cette industrie amenât une réaction de panique en chaîne semblable à celle de 1929, et précipitât à nouveau l’Amérique dans la Dépression. Là encore, on retrouve, au travers de cette préoccupation purement intérieure, le signe que la Dépression constitue, bien plus que la Deuxième Guerre mondiale qui en fut principalement la cure comme le dit Mailer, l’événement fondamental pour l’Amérique au XXe siècle. Dans ce cas de l’aéronautique, il joua effectivement un rôle essentiel, alors que des concepts tels que la nécessité de maintenir la base industrielle aéronautique des États-Unis n’eurent qu’une place réduite.
    Un autre point, plus particulier et encore plus délicat, concerne le rôle de la Chase Manhattan Bank de la famille Rockefeller, alors la première institution financière du monde. La Chase Manhattan avait investi massivement dans l’industrie aéronautique : en 1944, les avances et prêts qu’elle lui consentait atteignaient 276 millions USD en prêts industriels, 320,4 millions USD en prêts à court terme, 852 millions USD en prêts partiellement garantis par l’état, etc. Bien entendu, la Chase Manhattan ressentit l’effondrement de la fin de la guerre d’août 1945 à août 1947, les dépôts des compagnies aéronautiques à la banque passèrent de 85,4 millions USD à 16 millions. Avec la perspective de l’effondrement de l’industrie aéronautique, l’équilibre même de ta banque était en question.
    La Chase Bank joua un rôle fondamental dans la relance de l’industrie aéronautique par le biais des commandes de l’état. Elle le put par l’influence énorme qu’elle avait sur le monde politique (tous les candidats républicains à la présidence avaient leurs campagnes payées par la Chase Manhattan, et les démocrates recevaient également des fonds). Forrestal, ancien banquier, était un ami intime de Winthrop Aldrich, beau-frère de John D. Rockefeller et directeur général de la Chase Manhattan. Au début 1948, une lettre du secrétaire à l’Air Force Stuart Symington à Aldrich indiquait que l’opération était lancée : « Le problème est de savoir comment faire avec l’argent pour obtenir ce que nous voulons ». La réponse vint en mars-avril 1948 : la War Scare du printemps 1948 amena le Congrès et Truman à accepter une augmentation de 57% des commandes militaires aéronautiques. Et ce n’était qu’un début. L’industrie aéronautique américaine était sauvée. Jusqu’à aujourd’hui, elle a vécu sur ce régime qui dispense tous les avantages de la nationalisation sans imposer aucune de ses obligations..."

     

    -Complexe militaro-industriel des États-Unis d’Amérique - Wikipédia
    -Eisenhower et le complexe militaro-industriel>>YouTube - Eisenhower warns us of the military industrial complex

    Les enjeux économiques : Le complexe militaro-industriel

    Le complexe militaro-industriel

    Le complexe militaro-industriel : Comment trouver les liens des entreprises ?

    Pourquoi certains se taisent sur le complexe militaro-industriel

    La nouvelle course aux armement

    (Dedefensa.org)IRAK:transformation de la guerre



    • stephanemot stephanemot 28 octobre 2008 12:10

      Signalons que l’AIPAC a son contrepoids depuis 6 mois - pro-israel, mais "liberal" et surtout "pro-peace"

      "J Street - at last "

    • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 28 octobre 2008 16:25

      Merci à l’auteur du reportage pour son courage et le caractère objectif de son travail. 

      Je relève ce que vous dites sur la réaction des chaînes devant la possibilité de "faire dans le conspirationisme" que des "clampins" pourraient rebondir dessus. 

      On dit conspirationisme comme on disait "communiste" dans l’amérique des années 50, comme on disait "ennemi du peuple" ou "dissident" voire "antiparti" en Union soviétique et comme on disait "sorcière" au moyen age ou encore hérétique sous l’inquisition, "gueux" pendant la révolution hollandaise, "sans-culotte" sous la révolution française, "terroriste" sous le régime de Vichy pour discréditer les résistants. 

      Et comme pour toutes ces catégories, n’ayons pas peur d’être FIERS d’être conspirationniste.Comme le disaient les révoltés au début de la révolution hollandaise "OUI ! NOUS SOMMES DES GUEUX" Nous sommes des conspirationistes, et vous serez contraints de le devenir, par la force de la veracité factuelle, scientifique et peut-être un jour, politique. 

      La vérité avance, elle est "su", comme on savait dès 1943 que les nazis gazaient les juifs. Seule reste la terreur systémique organisée autour de cette question, terreur que les hommes de bonne volonté, de bonne vertu et d’honneur ont la responsabilité de combattre de front, et ne reculer sous aucun prétexte. 




    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 octobre 2008 21:31

      @ l’auteur

      Bravo pour cet article fort bien documenté et très édifiant.
      On est content qu’Agoravox existe pour ce genre d’article qu’on trouverait difficilement ailleurs me semble-t-il

      @ Emmanuel Goldstein

      Bravo pour la mise au point sur le conspirationnisme. Je crois que c’est vraiment ça qu’il faut dire. Dans la lignée du manifeste des 340 salopes. Assumons, c’est encore le meilleur moyen que cette étiquette ne fasse plus peur à quiconque



    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 octobre 2008 21:33

      @ Zen

      Merci pour l’éclairage super intéressant sur l’origine du complexe
      Où l’on comprend que les USA ont plus peur de la dépression que d’une guerre.
      ça promet....


    • Onegus onegus 29 octobre 2008 04:51

      Bravo à l’auteur pour ces travaux salutaires. 

      La crise actuelle et les guerres post-11-septembre sont directement liées à l’accès au pouvoir des néoconservateurs en 2000, après plusieures décennies d’aller-retours entre le pouvoir et le monde des affaires, des hauts et des bas, mais surtout la fierté d’avoir soufflé à Washington l’idée de financer le jihad international pour défaire l’URSS dans le bourbier afghan... Les "guerriers saints" de Washington ont largement contribués à la déroute des Soviétique. Les néoconservateurs se considèrent comme les vainqueurs de la guerre froide et prônent depuis une domination militaire US sur la planète dans le but d’anticiper la constitution de toute nouvelle puissance (telle que l’URSS) en mesure de représenter une menace pour l’Union. C’est réellement le cœur de la doctrine néoconservatrice,

      Arrivés au pouvoir sous l’ère Bush, le complexe militaro-industriel, avec le soutien de ses représentants à la Maison-Blanche et au Pentagone, selon les lois propre à la nature de l’ultralibéralisme, s’est comporté comme un requin lâché dans un élevage de saumons : il s’est gavé.

      La guerre d’Irak est sans doute la première guerre aussi totalement et ouvertement "privatisée", le bizness des "contractants", les miliers de sociétés privées qui travaillent sur le terrain, est faramineux, d’où le coût délirant de la guerre qui a fait exploser le déficit du Pentagone...

      Les craintes d’Eiseinhower dans son discours d’adieu se sont réalisées en 2000, avec l’élection, probablement frauduleuse) du rejeton Bush....

      Cette conjonction d’une immense institution militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d’Etat, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif de ce développement. Mais nous ne devons pas manquer de comprendre ses graves implications. Notre labeur, nos ressources, nos gagne-pain… tous sont impliqués ; ainsi en va-t-il de la structure même de notre société.

      Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble.

      Ce que n’avait peut-être pas imaginé Eisenhower, c’est que l’accession au pouvoir de ce complexe militaro-industriel représenterait une menace globale à l’heure de la mondialisation...


    • Forest Ent Forest Ent 28 octobre 2008 11:32

      Interview correctement menée. Propos intéressants et qui ont l’air souvent fondés.

      Détail : je ne vois pas trop le "paradoxe" dans le fait qu’un congressman soit à la fois membre du Ku-Klux-Klan et antisémite.

      Cet article correct éclaire malheureusement cruellement le précédent. Le rédacteur a un propos politique, et n’a visiblement pas hésité à tirer en dessous de la ceinture pour l’illustrer. C’est bien dommage et c’était superflu. Ca déconsidère tout le reste.

      Il faudra nous tenir au courant des suites judiciaires données à la "3ème affaire DSK".


      • Traroth Traroth 28 octobre 2008 12:04

        En Irak, on ne dit plus "le Corps des marines" mais "les corps des marines"...


        • finael finael 28 octobre 2008 12:28

          Je trouve que l’article en fait trop sur le lobby pro-israélien, car ce n’est pas le sujet.

          Par contre il n’y a rien sur le fait que les gens actuellement au pouvoir sont parties prenantes du complexe militaro-industriel puisqu’ils font la navette entre les conseils d’administration de ces derniers et les postes qui permettent à ces entreprises d’obtenir de juteux contrats (Donald Rumsfeld et Halliburton comme exemple le plus frappant, mais auss Dick Cheney, ...)

          Il aurait fallu insister sur une évolution majeure et dangereuse impulsée par Rumsfeld : la privatisation de l’armée, en faisant appel à des sociétés de mercenaires comme Blackwaters qui possèdent de véritables armées privées. Il semble qu’il y aurait plus de "soldats privés" en Irak (dans les 160 000) que de militaires "officiels".

           A mon avis c’est l’ensemble des hauts fonctionnaires de l’état US qui sont en même temps actionnaires de sociétés privées (Monsanto entre autres)


          • Gilles Gilles 28 octobre 2008 17:40

            C’esr Dick Cheney qui bossait à un haut poste chez Halliburton.

            Il continuait d’ailleurs à toucher dans les 1 millions de dollars par an de cette firme lorsque la guerre a été déclarée et que de gros contrats juteux sont tombés dans la poche d’Halliburton, au mépris des régles des marchés publics. Pire même, Halliburton a été convaincu de fraudes sur des dizaines de millions de dollars au dépend du trésor américain

            Petit scandale, vite étouffé...Halliburton a casqué et empoché de nouveaux contrats en milliards de dollars

            Sinon, Condy a aussi bossé chez Exxon je crois......

            Et dans le premier gouvernent Bush il y avait 13 multi millionaires ayant fait fortune dans le pétrole et/ou la guerre.

            Absolument incroyable......


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 octobre 2008 13:54

            On appelle "revolving doors" cette coutume aux USA de faire alterner les hommes clefs de l"Establishment entre des fonctions corporatives et gouvernementales. Tous les contrats se donnent donc entre copains et il n’est pas inusité que celui qui propose un projet è l’Etat au nom d’une société privé devienne fonctionnaire pour l’accepter et en faire la mise en place, puis passe a un think-tank pour en faire le suivi et l’évaluation.

            Pendant ce temps, la moitiés des forces au front sont des mercenaire, l’autre moitié provenant d’une armée de volontaires engagés en leur versant des primes pouvant équivaloir à une année de salaires et dont la motivation n’est donc pas tres loin de celle de ces mercenaires.

            C’est la situation "Carthage". On néglige trop la dynamique que créera le retour aux USA de ces troupes sous un gouverrnemenmt Obama et en période de crise économique grave

            Pierre JC Allard 

            http://nouvellesociete.org/5166.html

            http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/19/191-le-quitte-ou-double-doncle-tom/


          • finael finael 29 octobre 2008 20:43

            @ Pierre J.C. Allard

             Tout à fait d’accord, il semble que nous disposions des mêmes chiffres.

             Il y en a d’ailleurs d’autres très alarmants : près de 17000 blessés soignés dans des conditions indignes, et ce sans compter les traumatismes de guerre (voir le film "dans la vallée dElah"). Sans compter non plus les 500 000 hommes des Gardes Nationales qui ne s’attendaient pas à se retrouver en Irak.


          • saint_sebastien saint_sebastien 28 octobre 2008 12:28

            Le sénateur Byrd a bien été membre du KKK , mais il écrit bien dans ces mémoires qu’il a rompu tout lien avec les mouvements de suprémacie blanche. Il n’est d’ailleurs pas forcément antisémite . Il est peu être raciste , mais c’est un racisme ordinaire comme on le trouve partout en occident.

            Ce qu’il y a de fort avec le lobby israelien aux USA est que beaucoup de non juifs sont très inféodés à ce lobby , en particuliers les évangélistes pour des raisons bibliques.

            On a donc des non juifs plus pro israéliens que la plupart des juifs eux mêmes , un peu comme les gens plus croyants que le curé , donc très extremistes , les dévos.

            Maintenant, la situation est à mon avis beaucoup plus complexe que décrite plus haut , avec le lobby pétrolier et le lobby saoudien , qui finance beaucoup certains politiques tels que le clan Bush , en fait l’interaction et les luttes d’influence entre lobbies aux USA est extrèmement complexe, bien plus complexe que juste un lobby juif tout puissant.


            • purehaleine purehaleine 28 octobre 2008 14:24
              Discours d’adieu prononcé par le Président Dwight David Eisenhower, le 17 janvier 1961
              Allocution de fin de mandat du président, ce discours est resté célèbre en raison de la mise en garde formulée par Eisenhower contre le "complexe militaro-industriel". Ce passage a été mis en italique dans le texte.


              texte original en anglais


              "Bonsoir, chers concitoyens Américains.

              Tout d’abord, j’aimerais exprimer ma gratitude aux réseaux de radiodiffusion et de télévision pour m’avoir permis toutes ces années d’adresser messages et rapports à notre nation. Je les remercie tout spécialement de cette possibilité de m’adresser ce soir à vous.

              Dans trois jours, après un demi siècle au service de notre pays, je quitterai mes responsabilités lorsque, lors de la cérémonie traditionnelle et solennelle, l’autorité de la Présidence investira mon successeur.

              Ce soir je viens à vous avec un message de départ et d’adieu, et pour partager quelques pensées finales avec vous, mes chers compatriotes. Comme chaque citoyen, je souhaite que Dieu ait en sa garde le nouveau président, ainsi que tous ceux qui travailleront avec lui. Je prie pour que les années qui viennent soient celles de la paix et de la prospérité pour tous.

              Notre peuple attend que le Président et le Congrès les accords fondamentaux en ce qui concerne les questions importantes, et que leurs sages résolutions qui amélioreront la construction du futur de la nation. Mes propres relations avec le Congrès, qui avaient débuté de façon distante et ténue, il y a bien longtemps, lorsqu’un un membre du Sénat me nomma à West Point, sont devenues plus étroites à l’époque de la guerre et l’après-guerre, pour aboutir à une interdépendance mutuelle pendant ces huit dernières années. Dans le cadre de cette dernière relation, le Congrès et l’Administration ont bien coopéré sur les questions essentielles afin de servir le bien de la nation, plutôt que seulement l’esprit partisan, et ainsi ont fait en sorte que les affaires de la nation puissent aller de l’avant. Aussi, mes rapports officiels avec le Congrès s’achèvent avec - pour ma part - un sentiment de gratitude pour tout ce que nous avons pu faire ensemble.

              Nous vivons aujourd’hui dix ans après le milieu d’un siècle qui fut le témoin de quatre guerres majeures entre de grandes nations. Trois d’entre elles ont impliqué notre propre pays. En dépit de ces holocaustes l’Amérique est aujourd’hui, la nation la plus forte, la plus influente et la plus productive au monde. S’il est compréhensible que nous soyons fiers de cette prééminence, nous nous rendons pourtant compte que la première place et le prestige des USA ne dépendent pas simplement de notre progrès matériel inégalé, de notre richesse et de notre force militaire, mais aussi de la façon dont nous employons notre puissance dans l’intérêt de la paix dans le monde et de l’amélioration de la condition humaine.

              Au travers de l’aventure d’un gouvernement dans la liberté pour l’Amérique, nos buts premiers ont été de préserver la paix, de stimuler les progrès de la réalisation humaine et d’e faire grandir la liberté, la dignité et l’intégrité parmi les peuples et les nations. Ne pas s’efforcer d’en faire autant serait indigne d’un peuple libre et religieux. Tout manquement dû à l’arrogance, au manque de compréhension ou de promptitude au sacrifice nous infligerait d’ailleurs un grave préjudice moral, ici comme à l’étranger.

              La progression vers ces nobles buts est constamment menacée par le conflit qui s’empare actuellement du monde. Il commande notre attention entière et absorbe nos êtres mêmes. Nous faisons ici face à un idéologie globale hostile, athée dans son caractère, impitoyable dans ses buts et insidieuse dans ses méthodes. Malheureusement le danger qu’elle présente promet de durer longtemps. Pour y faire face avec succès, nous sont demandés, non pas tant les sacrifices passionnés et transitoires des temps de crise, que ceux qui nous rendront capables de porter sans faillir, sûrement et sans se plaindre le fardeau d’une longue et complexe lutte, dont le prix est la liberté. C’est seulement ainsi que nous resterons, en dépit des provocations, sur le chemin que nous nous sommes fixés vers une paix permanente et l’amélioration du genre humain.

              Des crises, il continuera d’en survenir. En les affrontant, qu’elles soient intérieures ou à l’étranger, grandes ou petites, il y a une tentation répétée de penser que telle ou telle action spectaculaire et coûteuse pourrait devenir la solution miraculeuse à toutes les difficultés rencontrées. L’augmentation énorme des dernières nouveautés pour notre [programme de] défense ; le développement de programmes irréalistes pour traiter chaque maladie, dans l’agriculture ; l’expansion spectaculaire de la recherche fondamentale et appliquée – ces possibilités, et bien d’autres, chacune prometteuse en soi, pourrait être suggérée comme le seul chemin vers la voie que nous souhaitons suivre.

              Or chaque proposition doit être pesée à la lumière d’une considération plus large : la nécessité de maintenir l’équilibre entre les [différents] programmes nationaux et à l’intérieur [de chacun d’entre eux], de maintenir l’équilibre entre économie publique et économie privée, l’équilibre entre le coût et le gain espéré, le clairement nécessaire et le confortablement souhaitable, l’équilibre entre nos exigences essentielles en tant que nation et les devoirs imposés par la nation à l’individu, l’équilibre les action du présent et le bien-être national du futur. Le bon jugement recherche équilibre et progrès ; son contraire amènera déséquilibre et anéantissement. Le souvenir de nombreuses décennies est là comme preuve que notre peuple et son Gouvernement ont, dans l’ensemble, compris ces vérités et y ont bien répondu, face à l’effort et à la menace.

              Mais des menaces, nouvelles de par leur nature ou leur degré, surgissent constamment. Je n’en mentionnerai que deux ici.

              Un élément essentiel pour conserver la paix est notre système militaire. Nos bras doivent être puissants, prêt pour une action instantanée, de sorte qu’aucun agresseur potentiel ne puisse être tenté de risquer sa propre destruction. Notre organisation militaire est aujourd’hui sans rapport avec ce que connurent mes prédécesseurs en temps de paix, ou même les combattants de la Deuxième Guerre Mondiale ou de la Guerre de Corée.

              Jusqu’au plus récent conflit mondial, les États-Unis n’avaient pas d’industrie d’armement. Les fabricants américains de socs de charrues pouvaient, avec du temps et sur commande, forger des épées. Mais désormais, nous ne pouvons plus risquer l’improvisation dans l’urgence en ce qui concerne notre défense nationale. Nous avons été obligés de créer une industrie d’armement permanente de grande échelle. De plus, trois millions et demi d’hommes et de femmes sont directement impliqués dans la défense en tant qu’institution. Nous dépensons chaque année, rien que pour la sécurité militaire, une somme supérieure au revenu net de la totalité des sociétés US.

              Cette conjonction d’une immense institution militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d’Etat, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif de ce développement. Mais nous ne devons pas manquer de comprendre ses graves implications. Notre labeur, nos ressources, nos gagne-pain… tous sont impliqués ; ainsi en va-t-il de la structure même de notre société.

              Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble.

              De même la révolution technologique des décennies récentes fut en grande partie responsable des changements radicaux de notre position militaro-industrielle. Dans cette révolution, la recherche est devenue centrale, elle est également plus formalisée, plus complexe, et coûteuse. Une part toujours croissante en est conduite pour, par, ou sous la direction du Gouvernement fédéral.

              Aujourd’hui, l’inventeur solitaire, bricolant au fond de sa boutique, a été dépassé par des troupes de choc formées de scientifiques dans les laboratoires et des centres d’essai. De la même manière, l’université libre, historiquement source d’idées et de découvertes scientifiques nées dans la liberté, a vécu une révolution dans la conduite de la recherche. En bonne partie à cause des coûts énormes impliqués, obtenir un contrat avec le gouvernement devient quasiment un substitut à la curiosité intellectuelle. Pour chaque vieux tableau noir il y a maintenant des centaines d’ordinateurs. La perspective d’une domination des spécialistes de notre nation par les emplois fédéraux, les budgets attribués aux projets et le pouvoir de l’argent, [cette perspective] est bien présente et doit être considérée avec gravité.

              Cependant, tout en apportant à la recherche et scientifique le respect que nous leur devons, nous devons également être attentif à un danger à la fois aussi grave et opposé, à savoir que l’ordre public puisse devenir captif d’une élite scientifique et technologique. C’est la tâche de l’homme d’état que de mouler, équilibrer, intégrer toutes ces forces, anciennes et nouvelles, aux principes de notre système démocratique - en visant toujours à atteindre les buts suprêmes de notre société libre.

              Un autre facteur de maintien de l’équilibre implique l’élément de temps. Alors que nous envisageons la société future, nous devons – vous et moi et notre gouvernement - éviter la tentation de vivre seulement pour le jour qui vient, pillant pour notre propre aisance, et à notre convenances les précieuses ressources de demain. Nous ne pouvons pas hypothéquer les actifs de nos petits-enfants sans risquer de dilapider également leur héritage politique et spirituel. Nous voulons que la démocratie survive pour les générations qui viennent, non pour devenir le fantôme insolvable de demain.

              Sur ce long chemin de l’histoire qu’il reste à écrire, l’Amérique sait que notre monde, toujours plus petit, doit éviter de devenir une redoutable communauté de crainte et de haine, et, au contraire, tendre à être une confédération fière dans la confiance et le respect mutuels. Une telle confédération doit être composée d’égaux. Le plus faible doit pouvoir venir à la table de conférence avec la même confiance que nous, protégés que nous sommes par notre force morale, économique, et militaire. Cette table, même si elle porte les cicatrices de nombreuses frustrations du passé, ne peut pas être abandonnée pour l’atroce douleur qu’on rencontre à coup sûr sur le champ de bataille.

              Le désarmement, dans l’honneur et la confiance mutuels, est un impératif permanent. Ensemble nous devons apprendre à composer avec nos différences, non pas avec les armes, mais avec l’intelligence et l’honnêteté des intentions.

              Puisque cette nécessité est si cruciale et si évidente, je confesse que j’abandonne mes responsabilités officielles dans ce domaine avec beaucoup de déception. Pour être de ceux qui ont assisté à l’horreur et à la tristesse prolongée de la guerre, de ceux qui savent qu’une autre guerre pourrait totalement détruire une civilisation qui s’est si lentement et douloureusement construite pendant des milliers d’années, j’aurais voulu pouvoir dire ce soir qu’une paix durable est en vue.

              Heureusement, je peux dire que la guerre a été évitée. Un progrès régulier vers notre but ultime a été accompli. Mais il reste tellement à faire. En tant que citoyen privé, je ne cesserai jamais de tout faire, aussi minime que cela soit, pour aider le monde à avancer le long de cette route.

              Ainsi, dans ce dernier "bonne nuit " que je vous adresse en tant que Président, je vous remercie des nombreuses chances que vous m’avez données de me consacrer au service public, dans la guerre comme dans la paix. J’espère que vous aurez trouvé quelques choses de valeur dans le service auquel je me suis consacré ; quant au reste, je sais que vous trouverez vous-même les moyens d’améliorer ces résultats dans le futur.

              Vous et moi, mes chers concitoyens, avons besoin d’être forts dans notre croyance que toutes les nations, grâce à Dieu, atteignent ce but de paix avec justice. Puissions nous toujours rester fermes dans la dévotion à ces principes, confiants mais humbles dans le pouvoir, diligents dans la poursuite des grands buts de la nation.

              À tous les peuples du monde, j’exprime une fois de plus le souhait et la prière de l’Amérique :

              Nous prions pour que les peuples de toutes fois, de toutes races, de toutes nations, puissent voir leurs plus principaux besoins satisfaits. Pour que ceux qui actuellement n’ont pas cette occasion puissent l’apprécier un jour entièrement ; que tous ceux qui aspirent à la liberté puissent en éprouver ses bénédictions spirituelles ; que ceux qui possèdent la liberté comprennent les grandes responsabilités [qu’elle engendre] ; que tous ceux qui sont peu sensibles aux besoins des autres apprennent la charité ; que les fléaux de la pauvreté, de la maladie et de l’ignorance soient amenés à disparaître de la surface de la terre, et que, avec le temps, tous les peuples viennent à vivre ensemble dans une paix garantie par la force du respect et de l’amour mutuels qui les lient."

              traduction de Pascal Delamaire à partir du texte original sur http://www.pascalirma.org/discours_d_adieu_du_President_Eisenhower.php

              Il existe une autre traduction française de Michel Gaillard qui mentionne en source documentaire :
              Documents publics des présidents : Dwight D. Eisenhower, 1960, p. 1035-1040.


              • LE CHAT LE CHAT 28 octobre 2008 14:57

                en France le complexe militaro industriel veille aussi et sur le plan de relance de pipole 1er , si une part va aller aux infrastructures , l’essentiel ira à la défense , aux Dassault , aux sous marins nucléaires etc etc etc !
                 smiley

                alors que les logements font défaut et que les mises en chantier s’effondrent ! ( -23 % au 3eme trimestre )


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 octobre 2008 15:05

                  " Le complexe militaro-industriel veille, les lobbies veillent pendant que tout le monde dort. " avez vous reproduit,

                  On peut également en dire autant d’autres et c’est d’ailleurs l’interaction de tous qui génère la torpeur publique.

                  Le complexe médico-pharmaceutique veille, les lobbys veillent pendant que tout le monde se shoote de tranquilisants sous perfusion...

                  Le complexe tabaco-alcoolique veille, les lobbies veillent pendant que tout le monde se torche pour noyer sa conscience.

                  Le complexe aipac-onu veille, les lobbies veillent pendant que tout le monde rève d’une justice internationale respectée comme le grand frère de l’humanité...

                  Le complexe pétroléo-automobile veille, les lobbies veillent pendant que beaucoup rèvent...d’une voiture électrique légère, silencieuse et autonome, alors que la plupart optent pour une sorte de Jeep chinoise...( la symbolique militaro-automobile fait ses ravagesdans le monde entier...)

                  Mais les lobbies ne sont puissants que parce que nous sommes des milliards à enrichir quotidiennement leur monopole commercial " mlitaro-chimico-medico-pharmaco-tabaco-monsanto-alcoolo-industriel automobile...

                  Quotidiennement, dans le monde entier...




                  • ASINUS 28 octobre 2008 15:13

                    et l on vas decouvrir dans six mois que ce fameux complexe militaro industriel a joué Obama gagnant
                    comme" le mieux disant" chez les democrates pour ce refaire une virginité a bon compte


                    • Serge Serge 28 octobre 2008 16:49

                      Pour compléter votre excellent article je conseiile la lecture de :
                      "Une caste américaine.Les élections américaines expliquéees aux français."
                      par le Directeur de " Harper’s Magazine."
                      Le mythe tant véhiculé en France des USA modèle de Démocratie a du plomb dans l’aile.
                      Le système électoral est fixé selon des critères établis en 1787 !!!
                      L’election du Président n’est pas le résultat du suffrage universel direct...il est élu par 538 grands électeurs qui ne sont pas tenus,dans 48 Etats sur 50 ,de choisir le candidat pour lequel ils ont été désignés !!!
                      Autre "étrangeté" pour une démocratie modèle ; par exemple le Wyoming désigne 3 grands électeurs soit 1 pour 171 668 hab.,la Californie 55 soit 1 pour 662 865 hab. !!!
                      C’est ainsi que ,avec 563 895 voix de moins que Al Gore ce fut Bush qui a été élu !!!N’est-ce pas formidable ?
                      Enfin on apprend que chaque Etat a ses propres lois électorales tant sur le mode de scrutin que sur les critères pour être électeur.
                      Ce journaliste américain conclu ainsi : une Démocratie qui " n’a pas fini d’être enterrée vivante." !


                      • Gilles Gilles 28 octobre 2008 17:34

                        C’est vrai Serge ce que tu dis, mais pour comprendre le mode de scrutin il faut connaitre la manière dont les USA se sont formées. L’unité a été faite dans la douleur, difficilement, et il a fallut pour cela que les tenants de l’unité fassent des concessions, en accordant des "privilèges" aux petits, entre autre. Jusqu’au dernier moment, on a crû que chaque état deviendrait un pays indépendant et c’est carrément par une chance inespérée que finalement ça a marché

                        Imagines les USA avec sa forte disparité de densité de population. Des états côtiers, trés peuplés, industriels. Au milieu de grands états en superficie mais bien moins peuplé et ruraux. Des populations différentes. Si le nombre de représentants était proportionnel à la population, ils ne compteraient que peu, se sentiraient exclus. Les gens d’Alaska éliraient alors 1 député pour 80 en californie...absurde, le parti de l’indépendance d’Alaska prendrait de la vigueur

                        Suppose que la France ait 50 millions de personnes en Iles de France et régions proches, et seulement 10 millions ailleurs. Accepterait-on que en fin de compte à Marseille ou en Corse que ce ne soient que les scrutins parisiens qui décident du sort du pays ?

                        Ensuite, les élections sont faites pour trancher, état par état. Un scrutin qui ne soit pas au suffrage direct n’est pas forcément le signe d’une dégénérecence démocratique. Et la démocratie ne peut être la dictature de la majorité. Un scrutin qui essait de combiner, densité de population et géographie particulière ne me parait pas absurde

                        D’ailleurs, en règle géénrale, le candidat qui l’emporte avait la majorité des votes à l’échellon national. Seul 2-3 cas sont inverses. Le seul problème c’est quand vient uhe disparité trop fortes...ce qui semble hélas être un peu le cas


                      • Serge Serge 28 octobre 2008 18:00

                        Si je comprend bien ce genre de démonstration c’est que une "démocratie modèle" est celle qui considère que chaque électeur compte pour UN mais ,comme dirait Coluche,pour certains c’est un UN SUPERIEUR ;ils sont tous égaux mais certains sont plus égaux que d’autres ;etc...
                        Difficile à faire passer ce système pour une "démocratie exemplaire."
                        D’ailleurs,comme tout le monde le sait, Bush minoritare en voix a été élu Président !Pour reprendre votre argumentaire pour le moins étrange ( concernant la démocratie ),Bush,élu par une minorité, a dirigé les USA contre la majorité !!!


                      • Gilles Gilles 28 octobre 2008 18:13

                        Ce que je veux dire, c’est que compte tenu de la complexité des USA, sa géographie, sa population, son histoire, leur mode de scrutin n’est pas absurde. Un citoyen d’Alaska (0.6M hab) doit compter plus qu’un californien (40 M hab) tout simplement parce que sinon sa voix est inaudible au parlement, conduirait le parlement à se foutre de l’Alaska (surtout dans l’ère ultra démagogique dans laquelle nous sommes) et aux alaskaïens à se détacher de Washington

                        Ce n’est pas parfaitement démocratique, peut être, mais plus fonctionnel. La démocratie c’est aussi un compromis, bien plus qu’un système électorale

                        Ensuite :
                        Difficile à faire passer ce système pour une "démocratie exemplaire."


                        Aucune démocratie n’est exemplaire, ça n’existe pas et n’existera jamais. Les USA comme je l’ai dit, à mon avis sont plus une sorte de ploutocratie élective qu’une démocratie, mais pas à cause de leur scrutin.

                        D’ailleurs votre commentaire est intéressant pour une chose. C’est justement au moment ou naissent des disparités fortes, trés fortes, entre les côtes et le Centre, que nait ce genre de polémique....... quand le pays se sentait unis et allait dans la même direction, cela n’avait que peu d’importance. Maintenant que les populations semblent diverger sur la politique fondamentale du pays, ou plutôt sur la perception qu’ils en ont, il est vrai que cela pose problème...................... surtout pour ceux des côtes qui sentent que les "bouseux" prennent le pas sur les "progressistes"




                      • Jean-paul 28 octobre 2008 20:16

                        Il faudrait plutot comparer l’ election du president US a l’election du president europeen .Les Etats unis ce n’est pas la France et devraient etre compares avec l’Europe .



                      • Gilles Gilles 29 octobre 2008 09:40

                        Exact les élections européennes (parlement) et à la commission sont dans ce même modèle

                        Certains états ont plus de poids politique que ce que devrait leur offrir leur nombre d’habitants par rapport à la population globale de l’Europe

                        Les petits états ont d’ailleurs ramé fort pour avoir une représentation minimal.


                      • finael finael 28 octobre 2008 16:49

                        Aux USA le lobbying est une activité comme une autre.

                        Mais je distinguerais 4 lobbies plus puissants que les autres :


                        Le lobby militaro-industriel, dont il est question ici et qui concerne les entreprises liées aux militaires comme Boeing, Grumman, Rayton, ... florissantes alors que le reste des entreprises industrielles est en déshérence.


                        Le lobby pharmaceutique (et chimique) qui prive l’Afrique de médicaments anti-sida, inonde le marché de semences stériles, etc ... Son plus beau fleuron est Monsanto et ce lobby est soutenu par les transnationales pharmaceutiques d’autres pays.


                        Le lobby pétrolier et ses accès directs à la Maison Blanche (l’industrie automobile US est plutôt en déliquescence)


                        Le lobby ultra-conservateur religieux, introduit aussi bien dans les cercles du pouvoir politique que dans ceux des autres lobbies.


                        • appoline appoline 28 octobre 2008 17:53

                          Excellents commentaires. Il devient urgent que chacun perçoive le but ultime que l’on nous réserve, une des définitions du lobby semble de si mauvaise augure.


                        • Fidelfisher 28 octobre 2008 17:06

                          En fait, et la démarche de l’auteur de La Caballe et le commentaire de Liza sion2 se rejoignent, même s’ils peuvent paraître contradictoires. Le film souligne quelque part le renoncement/indiférence du peuple américain face à la main-mise des marchands de canons sur l’Etat fédéral, via certains de ses plus hauts dirigeants ; le commentaire élargit le constat de renoncement/indifférence à la France et à son peuple, face à d’autres lobbies et à leurs intérêts voraces et contraires à ceux des peuples. Cette double démarche quelque intélligente ( et nécessaire) qu’elle soit, est malheureusement insuffisante, puisqu’elle laisse penser quelque part que les peuples sont désarmés devant ces lobbies néfastes et criminels par essence. La solution minimale me parait devoir se situer dans la création et la multiplication d’associations de citoyens de tous pays dans tous les pays, à l’instar du récent 2ème lobby juif américain créé, nous dit-on, pour contrebalancer, sinon combattre les effets ravageurs et contre nature du premier, plus pro-israélien que le plus extrémiste des partis israéliens.

                          Ce que je préconise peut bien entendu paraître bênoitement ridicule et irréaliste, mais c’est à mon avis la seule voie positive et sensée, en dehors de la réaction désespérée terroriste de ceux qui choisissent de se tranformer en bombe humaine, ou de s’armer jusqu’aux dents et de tirer sur tout ce qui bouge. Patience et longueur du temps bien mariées à une action citoyenne volontariste et résolue, peuvent freiner et dans le meilleur des cas annihiler l’action criminelle des lobbies extémistes de tous bords.


                          • citadelle 28 octobre 2008 20:39

                            On peut aussi remonter dans l histoire en France du le général de Gaulle qui décide d’un embargo des armes a israel, mais qui sera detourner discretement, Marcel Dassault qui est juif reconverttis en catholique livre les avions de chasse en fraude avec la complisité de beaucoup de fontionaires.

                            Pour un petit etat, je trouve israel bien puissant

                            Petit reportage de france 3 : 

                            www.dailymotion.com/relevance/search/dassault%2Bisrael/video/x5fmoy_la-france-et-israel-apres-196714508_news


                            • E-fred E-fred 28 octobre 2008 21:34

                              Et l’histoire continue en France, après De Gaulle :

                              Les temps changent. "L’effet Sarkozy" joue de plus en plus fort entre la France et Israël. Au départ il s’agissait de mots. Ensuite de petits gestes de ministres français qui séjournent à Jérsualem. A présent on commence à parler de business et défense. C’est nouveau.

                              Hier une conférence de presse a eu lieu à Paris. En général, il est très rare que la coopération militaire de la France avec les Israéliens n’éclate au grand jour. C’est fait avec tambours et trompettes. Il s’agit des premières annonces avant le voyage d’Etat du Président Sarkozy en Israël. Pourvu que ça dure…

                              Véronique Guillermard du Figaro.fr : "Dassault Aviation et Thales, associés à l’espagnol Indra, s’unissent pour la fourniture d’un drone de surveillance de moyenne altitude".

                              « Il est grand temps de ne pas réinventer la roue. » Surtout en matière de matériels militaires alors que les budgets sont contraints. C’est pourquoi Dassault Aviation et Thales, associés à l’espagnol Indra, ont décidé d’unir leurs compétences pour présenter à leur gouvernement une offre pour la fourniture d’un drone (avion sans pilote) de surveillance de moyenne altitude longue endurance (Male).

                              La décision de Paris et Madrid est attendue début 2009 pour une livraison avant la fin de 2012.


                              • brieli67 28 octobre 2008 22:09

                                Qui osera enfin parler de M. Antoine Veil grand commis de l’Etat - en affaires- dans la vente et production d’Armes depuis sa sortie de l’ENA -
                                faiseur "Macher" comme disent les allemands et défaiseur des gouvernements de la Ve République.
                                " Salon-Löwe" Lion des salons où l’on cause ......... que semblent bien connaître notre auteur !

                                Les questions sans réponse

                                Qui a balancé DSK et ses beaux restes dans la cage à lions ?
                                Le choix de la date ?
                                Le but recherché ?
                                Un foulard rouge agité pour nous détourner de.... ?

                                Le fils Veil est l’avocat particulier et politique des Chiracs


                              • JONAS JONAS 28 octobre 2008 21:48

                                @ L’Auteur, Olivier Bailly.

                                Cher Monsieur, sans vouloir vous offenser, quel est le but de cet article et de la longue logorrhée, supposé le justifier ?

                                La qualité de juge ou de dieu, que vous vous octroyez ?

                                Vous êtes sûrement un homme cultivé, mais qui n’a jamais suivi un chemin initiatique (le vôtre), sinon vous auriez découvert que notre civilisation occidentale est arrivée au sommet de sa pyramide.

                                Vous voulez nous faire redescendre la pente plus vite ? Vous ne sauriez mieux vous y prendre.

                                J’aime bien votre phrase qui réduit à néant vos exhortations à la " Paix et Sécurité " :

                                " Bien sûr, l’Histoire témoigne que de tous les grands empires de l’Histoire, l’empire américain est sans conteste le plus démocratique, le moins barbare ".

                                 

                                Monsieur de La Fontaine a dit dans " Les Loups et les Brebis " en morale :

                                 

                                " Nous pouvons conclure de là, Qu’il faut faire aux méchants guerre continuelle.

                                La paix est fort bonne en soi, J‘en conviens : mais de quoi sert-elle, Avec des ennemis sans foi ? "

                                 

                                Aujourd’hui, il n’aurait eu que la fin à modifier : " mais à quoi sert-elle, avec des ennemis à la foi guerrière qui fait loi ? ".

                                 

                                Vous n’avez qu’un peu plus de 300 ans de retard... !

                                Cordialement.

                                 

                                 


                                • fonzibrain fonzibrain 28 octobre 2008 22:03

                                  génial,agoravox laisse dire la vérité sur l’aipac,qui est la pierre angulaire de ces 8 dernières années



                                  il est évident que sans la guerre globale contre les terrorisme,la situation en palestine serait réglé depuis longtemps

                                  les expert israéliens savaient très bien que dans l’imaginaire dees gens,faire le distingo entre des terroriste et des palestiniens qui souffrent ne serait pas possible.

                                  et hop,les méchant arabes musulmans ont fait leurs apparition(leurs ré-apparition car avant c’estait des freedom fighter et ils étaient bien sympa,plutot utile en fait)



                                  bref,tout cela n’est pas fini,loin de la

                                  exellent je suis en train de regarder cabale et un ex agent dit que
                                  la première décisons du vice président a été de dire :arreter toutes surveillance de la famille royale saoudienne et la seconde a été de dire quele fbi et la cia doivent arreter de coopéré sur le terrorisme,mortel !!!!



                                  oui, donc,loin d’etre fini
                                  je pense pas qu’on sacrifie 3000 personnes,fait la guerre à deux pays,menace très serieusement d’autres et crée une guerre globale ,et qu’on instaure un système de surveillance et de répression sans équivalant pour que tout s’arrete 8 ans plus tard.


                                  800 milliard dans la défense en tout chaque année,il faut nourrir la bète,l’industie de l’armement,mais aussi et surtout de la recherche ont BESOIN de centaines de milliard de dollars pour parachever le but ultime de ces dépenses pharaonique(plus que tout ses conccurents) c’est à dire le surclassement totale de toutes les armmées du monde,voila une vidéo qui montre un laser US qui détruit les missile en l’air,et cela ils nous le disent,alors imaginons ce que ces 10 dernières années leurs ont permis de mettre au point.



                                  mais je me demande comment,ou plutot qui ,en occupant les postes clés de la machine d états US,ca continuer cette oeuvre destructrice



                                  • hans lefebvre hans lefebvre 28 octobre 2008 23:57

                                    En complément, il y avait une bonne théma sur arte ce soir. Le tout est parfaitement congruent.
                                    Merci pour ce bon papier.


                                    • morice morice 29 octobre 2008 12:01

                                      Le roi est nu à dit Byrd. Et il a raison !


                                      • François M. 29 octobre 2008 13:51

                                        Il va falloir démanteler ce complexe militaro-industriel car il est beaucoup trop puissant et n’a pas du tout le mêmes intérêts que nous, gens du peuple. Ils veulent la guerre et la mort, nous la paix et la vie.
                                        Nous allons devoir régler le compte des multinationales aussi qui ravagent cette belle planète.

                                        À ce sujet je vous recommande cet article publié au Québec :

                                        Barrick Gold, la honte http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/28/barrick-gold-la-honte/

                                        • keiser keiser 29 octobre 2008 14:01

                                          Evidemment l’article et le reportage sont excellents .

                                          Mais en dehors de ce fait etabli , nous connaissons deja , peu ou prou , les tenants et aboutissants des pratiques des neos conservateurs .

                                          Il est interessant de constater comment les etats unis s’etaient appropriés le roman 1984 de Orwell qui paradoxalement etait de gauche (bien que tres critique à leur egard )

                                          Ces nobles individus ( devrais je plutot dire : Divins ? ) , donnent l’impression d’avoir parfaitement assimilés les leçons de ceux qui justement , voulaient faire le contraire en alertant l’opinion .

                                          Nous pouvons donc dire que Orwell est parfaitement d’actualité .
                                          Ce qui est encore plus troublant car , comme je viens de le dire , plus il sera d’actualité et plus le cancer lobbyiste , sera tres bien installé dans son pouvoir destructeur .

                                          ...la question n’est pas de savoir si la guerre est imaginaire ou si elle existe réellement.
                                          La victoire n’est simplement pas possible.
                                          Cette guerre n’est pas faite pour être gagnée.
                                          Elle est menée dans le seul but d’être perpétuelle.
                                          Une société hiérarchique est possible à la seule condition de se nourrir de pauvreté et d’ignorance.


                                          La guerre [...] non seulement accomplit les destructions nécessaires, mais les accomplit d’une façon psychologiquement acceptable. Il serait en principe très simple de gaspiller le surplus du travail du monde en [...] creusant des trous et en les rebouchant, [...]. Ceci suffirait sur le plan économique, mais la base psychologique d’une société hiérarchisée n’y gagnerait rien.

                                          Le mot « guerre », lui-même, est devenu erroné. Il serait probablement plus exact de dire qu’en devenant continue, la guerre a cessé d’exister.

                                          Je vais m’arreter là avec les citations de Orwell car je ne voudrais pas donner à mon tour des idées à notre grand petit malin de service .





                                              • moebius 2 novembre 2008 21:39

                                                ...la question n’est pas de savoir si la guerre est imaginaire ou si elle existe réellement.
                                                La victoire n’est simplement pas possible.
                                                Cette guerre n’est pas faite pour être gagnée.
                                                Elle est menée dans le seul but d’être perpétuelle.
                                                Une société hiérarchique est possible à la seule condition de se nourrir de pauvreté et d’ignorance.
                                                ..cette guere perpetuelle n’est pas coçu dans le seul but de maintenir une hiérachie sociale elle est conçu ou plutot était conçu dans le but ultime d’éviter tout recession et d’assurer la prospérité américaine en méme temps que la paix sociale. En situant le conflit sur le plan militaire elle évite de le situer sur le plan civile. L’état évite la guerre civile et conserve la maitrise administrative de la violence. Le conflit devient productive et sert le Capital. Par l’armement le capitalisme étatique américain intervient ici non en tant qu’entrepreneur mais en tant que client, son but n’est pas la guerre ni l’occupation territoriale, ni l’exploitation des ressources, ces objectifs sont accessoires par rapport au but ultime qui est d’organiser la sociéte en un tout cohérent patriotique et prospére..La condition du réve anarchique et individualiste américain c’est l’armement....


                                                • dup 3 novembre 2008 08:03

                                                  tout à fait , bien vu . Pour cela les médias doivent collaborer à la diffusion de mediamensonges . Mais je sens que beaucoup de Bigards se lèvent en ces temps

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