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À propos du livre de Pierre Péan : une victime collatérale méconnue de l’humanitaire à la Kouchner : l’École !

On voit d’ici les yeux ronds du lecteur. En quoi donc Kouchner a-t-il pu nuire à l’École, n’en ayant jamais été le ministre ? C’est vrai, mais il l’a utilisée comme personne d’autre. Pierre Péan le rappelle dans son livre, « Le monde selon K. » (1).

La campagne « Du riz pour la Somalie » restera un bel exemple de ce que l’humanitaire dévoyé à la Kouchner peut faire de pire : l’affiche qui a ameuté les établissements scolaires pour que chaque élève apporte un paquet de riz, le 20 octobre 1992, est sans doute l’une des plus obscènes qu’un leurre d’appel humanitaire puisse produire (2).

Un leurre d’appel humanitaire à l’affiche

Elle n’avait pas échappé à un professeur de Nîmes qui avait placé « la relation de l’information » au cœur de son enseignement. Il l’avait étudiée avec ses élèves dans les semaines qui avaient suivi ce grand élan humanitaire où avait été emporté les établissements scolaires de France sur les pas de Kouchner jouant au joueur de flûte de Hamelin d’un conte de Grimm. Cette affiche contenait, en effet, tous les ingrédients qui font l’efficacité du leurre d’appel humanitaire.

1- L’exhibition du malheur d’autrui - un enfant noir squelettique tenant une gamelle vide - captait l’attention jusqu’au voyeurisme. 2- Le réflexe de compassion et d’assistance à personne en danger était stimulé dans la foulée. 3- La mise hors-contexte de la scène la rendait opportunément inintelligible dans ses causes. 4- La distribution manichéenne des rôles était clairement tranchée : l’enfant et ses bienfaiteurs se trouvaient dans le camp du bien, et ses bourreaux comme ceux qui laissaient faire, dans le camp du mal. 5- Un amalgame simplifiait la situation : 1 kg de riz était la solution à la famine. Une situation collective de détresse trouvait son remède dans un geste individuel facile. 6- Ce coût dérisoire en regard d’une vie sauvée était de nature à accroître le sentiment de culpabilité en cas d’abstention. La médiation d’une organisation humanitaire ôtait tout prétexte à une dérobade. 7- Des institutions au-dessus de tout soupçon étaient autant de leurres d’appel autoritarien qui invitaient à se soumettre : les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé, et des entreprises connues pour leur philanthropie comme La Poste ou Antenne 2, avec Patrick Bruel dans le rôle de la star au grand coeur. 8- Et, « last but not least », le leurre de la pression du groupe sur l’individu était mise en œuvre par la fixation d’un jour de remise collective du paquet de riz, le 20 octobre 1992 : quel élève pouvait prendre le risque de venir sans son paquet de riz sous peine d’exhiber aux yeux de tous la pierre qu’il avait à la place du cœur ?

La carence de l’École

Pierre Péan cite un communiqué du syndicat FO s’élevant contre l’utilisation de l’École dans ce genre d’opération politique. Il ne semble pas qu’on ait trouvé dans le milieu des professeurs beaucoup plus que ce type de vertueuses indignations, quand ce qui importait, était d’apprendre aux élèves à analyser « une relation d’information ». Aucun syndicat ne paraît s’en être soucié pour le plus grand bonheur d’un aventurier comme Kouchner, faute d’en avoir les moyens sans doute. S’est-il trouvé toutefois sur le territoire quelques professeurs isolés qui se soient emparés de ce qui relevait tout de même de leurs compétences, c’est-à-dire la lecture de l’ information que constituait cette affiche ? C’est possible. Mais, sauf erreur, ils n’ont laissé aucune trace de cette résistance, à une exception près, celle du professeur nîmois signalé ci-dessus. Car mal lui en a pris ! L’anecdote est révélatrice des infortunes du savoir mis au service du pouvoir par l’École d’aujourd’hui. Et gare à qui y fait obstacle !

Une principal adjoint diffame le professeur

Tandis que la droite est revenu au pouvoir, six mois après ces belles images montrant Kouchner portant un sac de riz sur l’épaule et décochant des louches de grumeaux de riz dans la gamelle d’enfants affamés, le 25 mai 1993, la principal adjoint du collège Jules-Verne de Nîmes accuse ce professeur tout à trac en son absence, à la fin d’un conseil d’administration, d’ « avoir interdit à ses élèves sous peine de sanction d’apporter le (fameux) paquet de riz et de les obliger à acheter ses livres ».

Il faut avouer que ces griefs sont originaux : ils n’ont pas été improvisés, mais mûrement réfléchis. Sont visés à la fois l’enseignement particulier du professeur fondé sur une réflexion approfondie que révèle l’existence de livres et un exemple de sa nocuité puisqu’il interdirait de participer à une campagne humanitaire. La principal adjoint a parlé sans être interrompue par le chef d’établissement à ses côtés qui s’est tu.

Les délégués de parents tombent des nues : ils sont quand même les premiers concernés : or, depuis six mois, il ne leur est jamais revenu aux oreilles de pareilles absurdités. Ce sont eux d’ailleurs qui, les premiers, alertent de l’incident le professeur incriminé et lui présentent leur témoignage écrit. Ses « chers collègues », eux, gardent le silence, à l’exception d’un seul. Quand l’accusé veut recueillir aussi leur témoignage par écrit, tous les délégués des professeurs s’y refusent, sauf un. Mais certains professeurs fournissent volontiers à la principal adjoint des attestations de haute moralité en dénigrant leur collègue, lorsque celui-ci est obligé de porter l’affaire en justice : le chef d’établissement a refusé à sa demande de démentir les propos de son adjoint ; il la protège ! De même, puisqu’il est attaqué à l’occasion de ses fonctions, le professeur demande la protection statutaire au recteur au titre de la loi du 13 juillet 1983. Mais celui-ci la lui refuse, en précisant toutefois avec arrogance qu’il l’accorde à son agresseur !

La principal adjoint condamnée

N’empêche, en novembre 1993, la principal adjoint est condamnée par le tribunal d’instance de Nîmes au titre des articles 1382 et 1383 du Code civil. Mais elle fait appel. Pourquoi se gênerait-elle puisque c’est l’État qui paie ses frais ? Or, le 13 juin 1995, la cour d’appel de Nîmes confirme sa condamnation : « Si donc, écrit la cour, une faute ou une simple présomption de faute pouvait être imputée (au professeur), on ne comprend pas que (la principal adjoint) (…) ait choisi de procéder en quelque sorte à une enquête officieuse, non officiellement déclarée, pouvant par un paradoxe aberrant donner lieu à une rumeur dont on pouvait craindre alors qu’elle ne devienne un mode de preuve tout à fait anormal, attentatoire aux droits de la personne. Dès lors, l’action de (la principal adjoint) s’inscrit en dehors du cadre strict de ses attributions ».

Le recteur d’académie de Montpellier et l’État condamnés

Le professeur en profite pour soumettre le refus de la protection statutaire qui lui était due au tribunal administratif de Montpellier : le recteur plaide évidemment l’innocence de sa principal adjoint modèle qui n’a fait que remplir les devoirs de sa charge ! Le tribunal rétorque, lui, que les propos qu’elle a tenus, sont diffamatoires et ne relèvent donc pas des devoirs d’un administrateur : le recteur a commis une faute et l’État est condamné, le 12 juin 1996, pour refus de protection statutaire due, à verser au professeur 15.000 francs de dommages et intérêts.

Entre temps, la principal adjoint qui jouit toujours des deniers de l’État, s’est pourvue en cassation. Ceux qui s’y sont essayés, le savent : un avocat devant la haute cour n’est pas donné ! Manque de chance, le 16 juillet 1997, la cour de cassation confirme l’arrêt de la cour d’appel en dénonçant « l’animosité » de la principal adjoint envers le professeur qui caractérise une faute personnelle.

Ainsi, l’Éducation nationale ne se contente-t-elle pas d’enseigner à ses élèves un formalisme stérile qui interdit de maîtriser « la relation d’information » pour ne pas être le jouet des prédateurs. Mais elle combat toute recherche qui pourrait amoindrir la désorientation de ses élèves qu’elle organise. Jamais une campagne comme celle que Kouchner a mise sur pied en 1992, n’aurait eu l’écho qu’elle a rencontrée dans l’École, si une théorie expérimentale de l’information y était enseignée. L’agression de la principal adjoint quelques mois plus tard, une fois la droite revenue au pouvoir, montre que des vigiles veillent pour tenter de discréditer un professeur qui refuse d’enseigner les erreurs prescrites par les instructions officielles. Par chance, l’époque connaissait encore des juges indépendants capables de condamner une autorité coupable de diffamation. Aujourd’hui, « la culture de soumission », dénoncée par le procureur Éric de Montgolfier, rendrait l’issue heureuse de cette procédure, improbable, voire impossible. Des opérations à la Kouchner ne peuvent prospérer que sur le terreau d’un peuple soigneusement désorienté par l’École. Paul Villach

(1) Pierre Péan : Chapitre V : « Sacs de riz et soutien de la politique américaine en Afrique », p. 105, in « Le monde selon K. », Éditions Fayard, 2009.
(2) Paul Villach, « « Il est midi, Dr Kouchner ! » Réveillez-vous !  », AGORAVOX, 21 mai 2007.

Documents joints à cet article

À propos du livre de Pierre Péan : une victime collatérale méconnue de l'humanitaire à la Kouchner : l'École !

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20 réactions à cet article    


  • morice morice 17 février 2009 10:45

    ou comment se faire avoir avec au départ de bons sentiments, détournés par un... pouvoir !


    • l'homme pressé l’homme pressé 17 février 2009 11:33

      @l’auteur
      Avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de suivre votre exposé, tant il y a d’imprécisions.
      Dans le paragraphe "La carence de l’École" vous parlez d’un communiqué de FO, puis ensuite du "professeur nîmois signalé ci-dessus".
      Comme c’est la première mention explicite d’un professeur, on suppose que ce prof nîmois est l’auteur du communiqué FO en question... Je saisis pas très bien d’ailleurs si le communiqué est celui d’un représentant syndical dénonçant une "opération politique" ou celui d’un prof fâché (?) qu’on n’ait pas saisi l’occasion d’analyser le contenant du message.

      Quant au paragraphe "Il faut avouer que ces griefs sont originaux : ils n’ont pas été improvisés, mais mûrement réfléchis. Sont visés à la fois l’enseignement particulier du professeur fondé sur une réflexion approfondie que révèle l’existence de livres et un exemple de sa nocuité puisqu’il interdirait de participer à une campagne humanitaire. La principal adjoint a parlé sans être interrompue par le chef d’établissement à ses côtés qui s’est tu.", je le trouve tout simplement incompréhensible.

      Qu’est-ce qui démontre la préméditation de l’argumentaire ? Qu’est-ce qui est visé au juste : ce que vous appelez une opération politique ou l’ "enseignement particulier" ? Ca vient faire quoi cette existence de livres ?

      Quant au récit qui suit des déboires de ce prof avec son administration, c’est pas plus clair et ce qu’on en retient surtout c’est que vous n’appréciez guère que l’administration sanctionne un prof... Ca peut se comprendre de votre part, on le conçoit sans peine.

      Pour ma part, je retiens de votre article ce qui est purement factuel :

      - l’EN a fait la promo d’une opération humanitaire assortie d’une campagne telle qu’elles se pratiquaient à l’époque

      - le prof en question a exprimé son désaccord, et peut-être (là c’est moins clair) interdit à ses élèves de se prêter à cette campagne

      - ses supérieurs ont voulu le sanctionner, mais dans des formes et selon des procédés inacceptables parce qu’en dehors de leurs attributions

      - l’affaire doit encore être jugée en cassation

      Bon... Perso, ca me choque pas que l’EN fasse la promo d’une opération humanitaire, et mette à contribution les enseignants en leur ordonnant de relayer la promo. Ca me choque davantage qu’un prof décide qu’il est libre d’accepter ou non de participer à cette opération, et le fasse en tant que représentant d’un syndicat, représentation qui semble plutôt usurpée en l’occurence.

      Et s’il y a réellement interdiction faite à ses élèves d’y participer, alors la sanction est clairement méritée

      Je ne m’appesantis pas sur votre marotte liée à la relation d’information : tout a déjà été dit sur ce sujet.

      Désolé pour vous, élève Villach, mais comme rédaction on a vu mieux. Je vous accorde la moyenne juste pour l’originalité du sujet :

      10/20 !


      • Paul Villach Paul Villach 17 février 2009 12:25

        @ L’homme pressé

        Je ne vous accorde moi-même pas plus de 2/20 en honnêteté intellectuelle, comme d’habitude ! Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Tant pis pour vous ! J’en conclus tout de même que cet article dérange vos préjugés. C’est déjà ça ! Paul Villach


      • l'homme pressé l’homme pressé 17 février 2009 13:18

        Vexé, Villach ?
        Faut pas vous fâcher comme ça, mon bon... on fait rien de mal : on cause

        Faudrait quand même m’expliquer en quoi j’ai dit des conneries ou exprimé des préjugés, sinon ça va pas le faire question crédibilité.



      • Paul Villach Paul Villach 17 février 2009 15:01

        @ L’homme pressé

        La malhonnêteté intellectuelle qui vous caractérise, vous conduit jusqu’à tenir pour nulle et non avenue une procédure judiciaire qui a montré la turpitude de l’administration-voyou de l’Éducation nationale dont vous êtes sans doute un courtisan. J’espère que vous en tirez avantage, ne serait-ce qu’au plan de votre équilibre psychologique.

        Apprenez tout de même qu’en démocratie, l’autorité de la chose jugée l’emporte sur la soumission à l’autorité administrative quand celle-ci a été condamnée !

        Mais c’est trop vous demander : car il faudrait que vous regardiez vos maîtres d’un autre oeil et votre équilibre psychologique en serait affecté. Stanley Milgram a bien analysé ce complexe autoritarien dont vous êtes affligé. Paul Villach


      • l'homme pressé l’homme pressé 17 février 2009 15:52

        @Villach
        J’ai pas de maître, figurez-vous. Je ne dois rien à l’EN ni à la justice ou quelque administration. Si vous me connaissiez mieux, vous sauriez que je suis réfractaire à tout embrigadement, quel qu’il soit.

        Mais là, vous me coupez les pattes, je ne crains pas de le dire. Voilà que vous vous réfugiez derrière l’autorité de la chose jugée ! On vous a vu pourtant en d’autres circonstances très libre de votre parole lorsque la chose ne vous semblait pas jugée avec bon sens - le bon sens en question étant bien évidemment votre sens.

        Pour ma part, je ne remets guère en cause l’autorité de la chose jugée, je mets simplement le doigt sur les imprécisions et approximations de votre texte. Fallait pas ?

        A ce propos d’ailleurs : j’ai relevé après coup une phrase dans votre dernier paragraphe "L’agression de la principal adjoint quelques mois plus tard, une fois la droite revenue au pouvoir, montre que des vigiles veillent pour tenter de discréditer un professeur qui refuse d’enseigner les erreurs prescrites par les instructions officielles".

        Telle qu’elle est formulée, elle revient à dire qu’il y a relation directe entre ’la droite au pouvoir’, le refus de cet enseignant et l’agression de la principale adjoint. Je me trompe ?
        Vous savez que cette formule qui amalgame les trois ressemble fort à une accusation ? A moins que ça aussi ne fasse partie de la chose jugée (mais pas vraiment puisque l’affaire est en cassation, avez-vous écrit), vous frôlez dangereusement la diffamation...

        C’est certes pas moi qui irais vous traîner au tribunal, mais vous y allez fort.
        Enfin, moi... j’dis ça... j’dis rien, hein ! smiley


      • JL JL 17 février 2009 11:47

        Très instructif, merci. Mais j’ai relu plusieurs fois votre dernier paragraphe pour en bien comprendre le sens. Peut-être parce que je ne suis pas sûr que avec le PS au pouvoir, celui de Kouchner précisément, les choses seraient différentes.

        Ce matin DSK était l’invité de France Inter (inter activ). Il disait entre autres  : "Il faut des plans de relance. On considère au FMI que ça commence à se faire, mais c’est pas suffisant". Pour ma part j’en conclue que les plans de relance sont des sortes de prêts du FMI pour pays riches. Et l’on sait que les prêts du FMI ont pour but de hâter la libéralisation des services publics.

        ps. Pardon pour le hors sujet, mais pas tant que ça.


        • Paul Villach Paul Villach 17 février 2009 12:28

          @ JL

          Je suis d’accord avec vous ! Mais je n’ai fait que replacer les événements dans le contexte politique : la mascarade de Kouchner se passe sous Mitterrand, mais l’attaque de la principal adjoint sous Balladur, à peine un mois après le retour de la droite. Paul Villach


        • pissefroid pissefroid 17 février 2009 12:44

          @l’auteur.
          J’apprécie hautement ce papier.
          Il serait temps que l’école fasse son travail (comme ce professeur l’a fait), c’est à dire apprendre à réfléchir aux élèves.
          Pour moi l’idéal serait que l’école apprenne à se méfier, à priori, de tout ce qui vient de l’autorité politique.
          En un mot il serait temps que l’école devienne libre de toute contrainte administrative.
          Seul l’aspect pédagogique doit être pris en compte.
          Et cet aspect pédagogique ne peut être jugé que par les pairs et les élèves.


          • dup 17 février 2009 12:56

            mon dieu protège moi de mes amis , mes ennemis je m’en charge

            http://www.youtube.com/watch?v=2l-FRVcg0Ew

            http://www.youtube.com/watch?v=vNZMcZYstRE&feature=related


            • JL JL 17 février 2009 13:47

              Cette affaire de riz à ramener à l’école ressemble beaucoup à ce qu’on entend au sujet du Téléthon.


              • JL JL 17 février 2009 18:52

                @ Furtif ??? On peut en savoir plus ?


              • JL JL 18 février 2009 09:28

                @ Furtif, bonjour : je trouve cela limite de ne pas respecter une minute de silence quelle qu’elle soit : ne croyez-vous pas que cela revient à ne respecter, ni ceux qui expriment là leur respect aux victimes, ni les victimes elles-mêmes ?

                De savoir que vous vous êtes opposé sur le sac de riz ou sur le Téléthon, ça ne nous avance guère si vous ne nous dites pas quel était cet avis général. C’était le sens de ma question précédente.


              • Annie 17 février 2009 15:42

                Cette histoire du sac de riz est une technique comme une autre de faire participer activement (j’emploie l’expression parce qu’il semble qu’il existe des participations actives et d’autres qui le sont moins) à un geste de solidarité internationale. Il est à replacer dans le contexte de la concurrence effrénée que se font aujourd’hui les organisations humanitaires, face à un public de plus en plus cynique et indifférent et de la politisation croissante de cette aide humanitaire. Cet enseignant aurait été plus inspiré s’il avait expliqué le "charity business" à ses élèves, et les avait laissés libres de faire ensuite un choix. Les questions qui méritent d’être posées à mon avis sont celles qui ont trait aux types de politiques qui sont promues auprès des pays en développement. J’aimerai comme JR penser que seules les grandes institutions financières poussent à la privatisation des services publics. Malheureusement il n’en est rien, et beaucoup de ces ONG politisées et particulièrement les anglo-saxonnes sont devenues le bras armé des gouvernements, et aussi des fondations types Gates, qui sont généreuses avec leur argent, mais qui imposent aussi leurs conditionnalités.


                • Paul Villach Paul Villach 17 février 2009 16:28

                  @ Annie

                  "Cet enseignant , écrivez-vous, aurait été plus inspiré s’il avait expliqué le "charity business" à ses élèves, et les avait laissés libres de faire ensuite un choix."

                  Vous seriez, vous, plus inspirée à votre tour de mieux lire mon article, ou de le lire moins vite ! La lecture rapide est une grande ennemie de la rigueur !

                  1- Les accusations de la principal adjoint condamnée par la justice n’ont jamais existé que dans ses fantasmes et ceux des stratèges malveillants qui l’ont guidée. Le professeur n’est pas intervenu avant l’opération, mais dans les semaines qui ont suivi.
                  2- Les parents, les mieux placés pour le savoir, ont témoigné qu’ils n’avaient jamais entendu parler d’une quelconque pression du professeur sur les élèves. En revanche, dans les semaines qui ont suivi, l’affiche a fait l’objet d’une analyse selon le résumé qu’en donne l’article ci-dessus. Vous ne trouverez, je l’espère, rien à y redire.
                  3- La justice enfin a tranché en condamnant la principal adjoint, mais qui en fait n’était que l’instrument d’une cabale, dont le principal lui-même avait admis devant des parents qu’elle trouvait son origine en dehors de l’établissement.
                  De grâce donc pas d’amalgame ! Et ne faites pas de la victime le coupable, comme c’est l’usage aujourd’hui quand une autorité-voyou est condamnée ! Paul Villach


                • Annie 17 février 2009 19:02

                  Vous avez raison. Je n’ai lu dans votre article que ce que j’ai seulement voulu lire (ce qui est malheureusement une faute largement partagée) et je me suis empressée de monter sur mes grands chevaux pour m’attaquer à un sujet qui me passionne. Mea culpa. Toute critique constructive étant salutaire, je ferai plus d’efforts la prochaine fois.



                  • Traroth Traroth 18 février 2009 01:02

                    Kouchner ou la compassion comme instrument carriériste.


                    • saint_sebastien saint_sebastien 18 février 2009 02:37

                      voila, on joue sur l’affect et le droit de l’hommisme pour assurer sa carrière et son image. comme les entreprises utilisent aujourd’hui qui jouent avec l’écologie.


                      • Pourquoi ??? 18 février 2009 08:20

                        Si on apprend aux enfants à décrypter une affiche avec ce qu’il y a sur l’affiche et surtout avec ce qu’il n’y a pas, ça devient hyper dangereux.

                        Pensez donc : ça pourrait leur donner l’idée saugrnue de décrypter les discours politiques. Mais où irait-on, ma brave dame, si la populace commence à lire entre les lignes et à entendre entre les mots !!!

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