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A-t-on peur d’être libre ?

A-t-on peur d’être libre ?

ailes-de-la-liberté-thumb1894625.jpgJ’aimerai vous exposer un des plus grands problèmes de l’homme : c’est à dire, la liberté. C’est un problème très complexe, qui nécessite une étude et une compréhension approfondies. On entend beaucoup parler de liberté, de liberté religieuse et de liberté d’agir à sa guise. De nombreux ouvrages ont été écrits à ce sujet par des spécialistes. Mais je crois que nous pouvons aborder la question de manière très simple et très directe, et peut être cela nous apportera-t-il la véritable solution.

Je me demande si vous ne vous êtes jamais arrêté en chemin pour observer la beauté de la nature. Or pour observer, pour regarder, pour être pleinement attentif à ce qui est beau, votre esprit doit être libre de toute préoccupation, n’est-ce pas ?

Il ne doit pas être accaparé par des problèmes, des soucis, des spéculations. Ce n’est que lorsque l’esprit est très calme et silencieux que vous pouvez réellement observer, car alors il est sensible à la beauté des choses qui l’entoure ; peut-être tenons-nous là une des clefs de notre problème de liberté.

Mais finalement que signifie être libre ? La liberté consiste-t-elle à faire ce qui nous plait, à aller où bon nous semble, à penser à notre guise ? De toute façon, c’est ce que nous faisons déjà, non !?

La liberté est-elle simplement synonyme d’indépendance ? Bien des gens dans le monde sont indépendants, mais pourtant très peu libre.

La liberté suppose une grande intelligence, ne croyez-vous pas ?

Être libre, c’est être intelligent, mais l’intelligence ne naît pas simplement du désir d’être libre ; elle ne peut voir le jour que lorsque vous commencez à comprendre l’ensemble de votre environnement, les influences sociales et religieuses, celle des parents et de la tradition, qui vous enserrent perpétuellement.

peur.jpgMais pour comprendre ces diverses influences – celles de nos parents, de notre gouvernement, de la société, de la culture dans laquelle nous baignons, de nos croyances, de nos dieux et de nos superstitions, de la tradition à laquelle nous nous plions sans même y songer , pour comprendre toutes ces influences et nous en libérer, il faut une intense lucidité, mais en général nous cédons à ces pressions parce que, au fond de nous, nous avez peur.

Nous avons peur de ne pas réussir dans la vie, peur de ce que dira nos amis, peur de nous écarter des traditions, de la famille, peur de ne pas agir comme il faut. Mais la liberté est en réalité, un état d’esprit dans lequel n’entre ni peur, ni contrainte, ni désir de sécurité.

Ce désir d’être en sécurité, ne l’éprouvons-nous pas tous ou presque ? N’avons-nous pas envie d’entendre dire à quel point nous sommes merveilleux, beaux, ou extraordinairement intelligents ? Si tel n’était le cas, nous ne ferions pas figurer à la suite de notre nom les sigles de nos titres et diplômes. Ce genre de pratique nous donne de l’assurance, un sentiment d’importance. Nous voulons tous être célèbres ou simplement reconnu ; or, des l’instant où nous désirons être quelque chose, nous cessons d’être libre.

Percevez bien cela, car c’est la véritable clef de la compréhension de ce problème de liberté. Que ce soit dans la sphère des hommes politiques, du pouvoir, de l’influence et de l’autorité, ou dans la sphère prétendument spirituelle,ou religieuse où l’on aspire à être vertueux, noble, saint, dés lors que vous voulez être quelqu’un, vous cessez d’être libre. Si vous comprenez la simplicité de la démarche, vous en verrez aussi la beauté et la profondeur.

Après tout, les examens n’ont d’autre but que de vous donner accès à une situation, de faire de vous quelqu’un. Les titres, le prestige social et le savoir vous incitent à être quelque chose.

N’avez-vous pas remarqué que vos parents et vos professeurs vous disent que vous devez devenir quelqu’un dans la vie, réussir comme votre oncle ou votre grand-père ?

A moins que vous essayiez d’imiter l’exemple d’un maître, d’un saint, d’un professeur, d’un parent, ou que vous restiez fidèles à une tradition particulière, tout cela sous-entend de votre part l’exigence d’être quelque chose, et ce n’est que lorsque vous comprenez vraiment ce fait que la liberté est là, pour ainsi etre tout simplement vous.

prejuge.jpgL’éducation a donc pour fonction de nous aider dès notre tendre enfance à n’imiter personne, mais à être nous-même en permanence. Et il est clair, que c’est extrêmement difficile, dans un monde comme le notre, avec les méthodes éducative actuelle.

Que vous soyez beau ou laid, que vous soyez envieux ou jaloux, soyez toujours ce que vous êtes, mais comprenez-le. Il est très difficile d’être soi-même, car vous pensez que ce que vous êtes est ignoble et que, si seulement vous pouviez changer cela en quelques chose de noble, de meilleur ce serait merveilleux ; mais cela n’arrive jamais.( Ne soyez pas hypocrite avec vous même, nous avons tous pensée ça un jour)

Si au contraire vous regardez en face ce que vous êtes vraiment et que vous le comprenez, alors cette compréhension même provoque une transformation.

La liberté ne consiste donc pas à vouloir devenir autre, ni à faire tout ce que vous pouvez avoir envie de faire, ni à vous soumettre à l’autorité de la tradition, de vos parents ou de votre religion, mais à comprendre ce que vous êtes d’instant en instant.

Or votre éducation ne vous prépare pas du tout à cela ; elle vous encourage plutôt à devenir ceci ou cela – mais la connaissance de soi, c’est autre chose.

Notre "moi " est très complexe, ce n’est pas simplement cette entité qui va à l’école, qui se dispute, qui joue, qui a peur, c’est aussi quelques chose de plus secret, de moins évident à appréhender.

Ce "moi" est fait non seulement de toutes les pensées qui nous traversent, mais aussi de toutes les notions qui ont été imprimées dans notre esprit par les autres, par les livres, par les journaux, par vos leaders,par vos profs, par vos parents et il n’est possible de comprendre tout cela que si vous n’éprouvez pas le désir d’être quelqu’un, que si vous n’imitez pas, si vous ne vous conformez pas, mais au contraire vous êtes en révolte contre toute cette tradition à vouloir devenir quelqu’un.

Là est la seule vraie révolution, qui mène à une extraordinaire liberté.
Et je crois que cultiver cette liberté est le rôle véritable de l’éducation.

Vos parents, vos professeurs et vos propres désirs vous poussent à vous identifier à une chose ou à une autre afin d’être « heureux », d’être rassuré. Mais, pour être intelligent, ne faut-il pas nous dégager de toutes influences qui nous asservissent et nous broient ?

cerveau_intro.jpgL’espoir d’un monde nouveau repose sur ceux d’entre nous qui commencent à voir où est le faux et se révoltent contre cet état de fait, non seulement en paroles, mais en actes.

Voilà pourquoi nous devons aspirer à une éducation vraie ; car ce n’est qu’en grandissant dans la liberté que nous pourrons créer un monde nouveau qui ne soit pas fondé sur la tradition ou modelé en fonction des critères propres à quelque philosophie, quelque idéaliste ou quelque politique. Mais il ne peut y avoir de liberté tant que vous cherchez uniquement à devenir quelqu’un ou imiter un noble exemple.

Ce monde est un monde fou, en proie à la confusion totale, un monde où les communistes combat le capitaliste, où le socialiste résiste à l’un comme l’autre et où chacun a un adversaire, et lutte pour parvenir en lieu sûr et atteindre une situation de pouvoir, de confort. A l’intérieur même de chaque camp politique, il y a des divisions, comme en ce moment avec le PS ou encore dernièrement avec le libéralisme qui aura eu raison du système capitaliste, aujourd’hui agonisant. Le monde est écartelé entre croyances contradictoires, distinctions de caste, de religion et de classe, nationalités qui divisent, stupidités et cruauté de tous ordres - et c’est dans ce monde-là que l’on vous apprend à vous intégrer. On vous encourage à entrer dans le cadre de cette société désastreuse et perverse ; c’est ce que souhaitent vos parents, et vous aussi vous voulez vous y insérer.

Le rôle de l’éducation est-il donc simplement de vous aider à vous plier aux schémas de cet "ordre" social pourri ou au contraire de vous donné accès à la liberté – la liberté totale de grandir en âge et en sagesse et de créer une autre société, un monde neuf ?

liberte3.jpgCette liberté, nous la voulons – pas dans les temps à venir, mais là, maintenant, sinon nous risquons tous l’anéantissement. Nous devons dans l’immédiat, créer une atmosphère de liberté, de tolerance afin que nous puissions vivre et découvrir par nous-mêmes ce qui est vrai, devenir intelligents et capables d’affronter le monde et de le comprendre, au lieu de nous y soumettre, de sorte que psychologiquement parlant il y ai en nous, au plus profond de nous, un esprit de révolte permanent. Car seuls ceux qui sont constamment en révolte découvrent la vérité – contrairement au conformiste qui obéit à une tradition. Ce n’est qu’en étant perpétuellement en recherche, ce n’est qu’en observant sans cesse, en apprenant sans cesse que nous trouverons la vérité, "Dieu", ou l’Amour ; et nous ne pouvons ni chercher, ni observer, ni apprendre, ni être profondément conscient des choses si nous avons peur. La fonction de l’éducation est donc assurément d’éradiquer en soi et en dehors de soi cette peur qui détruit
la pensée humaine, les rapports humains et l’Amour.

Alors si l’on veut changer ce monde, c’est par l’intérieur de chacun d’entre nous, qu’il faudra commencer !

Monté Cristo

par Monté Cristo (son site) jeudi 23 juillet 2009 - 44 réactions
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  • Par Lucien Denfer (xxx.xxx.xxx.112) 25 juillet 2009 00:49
    Lucien Denfer

    Extrait d’une discussion entre David Bohm (David Joseph Bohm 1917-1992, physicien américain, qui a effectué d’importantes contributions en physique quantique, physique théorique, philosophie et neuropsychologie) et Krishnamurti :

    Krishnamurti : Cette évacuation du passé, c’est à dire de la colère, de la jalousie, des croyances, des dogmes, des attachements, etc, est indispensable. Si tout cela n’est pas évacué, s’il en persiste la moindre trace, c’est la voie ouverte à l’illusion, inéluctablement. Le cerveau ou l’esprit doit être totalement exempt de toute illusion, que celle-ci soit l’effet du désir, du besoin de sécurité ou quoi que ce soit d’autre.

    David Bohm : D’après vous, cette démarche une fois accomplie, ouvre la porte sur quelque choses de plus large, de plus profond ?

    K : Oui, sinon la vie n’a pas de sens et se résume à un schéma répétitif.

    Narayan : Que vouliez-vous dire au juste quand vous avez parlé de l’univers en méditation ?

    K : C’est comme cela que je le ressens, oui.

    D.B : Remarquons tout d’abord, si vous le permettez, que l’univers échappe effectivement à la tyranie de son passé. En fait l’univers crée certaines formes qui sont relativement constantes, de sorte que, si on l’observe superficiellement, on ne remarque que cet aspect-là ce qui donne alors l’impression qu’il est déterminé à partir du passé.

    K : en effet, mais il n’est pas gouverné par le passé. Il est créatif ; en mouvement.

    D.B. : Et donc ce mouvement c’est l’ordre.

    K : en tant que scientifique, souscrireriez-vous à ce point de vue ?

    D.B. : En définitive, oui !

    K : Sommes nous fous tous les deux ? Posons la question autrement : le temps peut-il réellement prendre fin ? -toute cette conception du temps comme passé - chronologiquement de sorte qu’il n’existe plus du tout de lendemain ? Avoir le sentiment, la certitude psychologique réelle qu’il n’y a pas de lendemain. J’estime que c’est le mode de vie la plus salubre -ce qui ne veut pas dire que je devienne irresponsable ! Ce serait par trop puéril.

    D.B. C’est simplement une question de temps physique, qui est une certaine partie de l’ordre naturel.

    K : Bien sûr, c’est entendu.

    D.B. : La question est ou bien d’avoir la sensation de faire l’expérience du passé et de l’avenir, ou bien d’être délivré de cette sensation.

    K : c’est à vous en tant que scientifique, que je demande si l’univers est basé sur le
    temps ?

    D.B. : je dirais que non, mais voyez-vous, la tendance générale ....

    K : Vous dites que non ! C’est tout ce que je demande. Alors, est-ce que le cerveau, qui a évolué au cours du temps peut....

    D.B. : a-t-il effectivement évolué au cours du temps ?Il a plutôt été pris dans le filet du temps. Parce que le cerveau fait partie du l’univers, dont nous disons qu’il n’est pas basé sur le temps.

    K : Je suis d’accord.

    D.B. : c’est la pensée qui a emprisonné le cerveau dans l’écheveau inextricable du temps.

    K : Bien. Peut-on démêler cet écheveau, le dénouer, pour que l’univers soit l’esprit ? Vous suivez ? Si l’univers échappe au temps, est-ce que l’esprit, qui est pris dans le filet du temps, peut s’en dégager, et être ainsi l’univers ? Est-ce que vous suivez ma pensée ?

    D.B. : Oui

    K : c’est çà l’ordre.

    D.B. : L’ordre, c’est çà. Appelleriez-vous cela méditation ?

    K : Exactement. C’est ce que j’appellerais la méditation, pas au sens ordinaire, étymologique de "soupeser", etc. mais un état de médiation dénué de la moindre parcelle de passé.

    D.B. : Vous dites que l’esprit se dégage lui même de l’emprise du temps, et qu’il dégage aussi réellement le cerveau de cette emprise du temps ?

    K : Oui, admettriez-vous cela ?

    D.B. : oui

    K : en tant que théorie ?

    D.B. : oui, comme hypothèse de travail.

    K : non je n’en veux pas comme hypothèse

    D.B. : qu’entendez-vous par théorie ?

    K : une théorie c’est quand quelqu’un vient affirmer que c’est çà la vraie méditation.

    D.B. : D’accord

    K : Attendez. Quelqu’un vient affirmer qu’on peut vivre de cette façon ; que la vie a un sens extraordinaire, débordant de compassion, etc., et qu’on peut amender immédiatement toutes les actions procédant du monde physique, et ainsi de suite.
    Vous, en tant que scientifique, admettriez-vous l’éventualité d’un état comme celui-ci, ou bien taxeriez-vous de loufoque celui qui l’affirme ?

    D.B. : Non je ne dirais rien de tel. A mon sentiment c’est parfaitement possible ; c’est tout à fait compatible avec tout ce que je sais de la nature.

    K : Alors tout va bien ! je ne suis donc pas un détraqué loufoque ! Bien sûr, lorsque nous plaquons des mots sur tout cela, ce n’est pas la chose elle-même. C’est bien clair, n’est-ce pas ? Mais peut-on la communiquer à autrui ? Ce peut-il que certains d’entre nous approchent cette réalité, pour pouvoir la faire partager, véritablement .

  • Par Lucien Denfer (xxx.xxx.xxx.112) 23 juillet 2009 21:10
    Lucien Denfer
    Intéressant et clairement inspiré de l’ex christ réincarné des téosophes.

    Mais bon puisque c’est le message qui importe et non le messager, on ne peut vous en tenir rigueur. 

    La réponse est définitivement oui. Nous avons peur d’être libre. Comment pourrait-il en être autrement ?

    Guidés, surveillés, conditionnés, rappelés à l’ordre et à la discipline, soumis à des règles parfois strictes tout au long de notre éducation, nous sommes certes bien adaptés aux modes de vie pour lesquels nous avons été préparés mais il y a forcément une incidence sur la façon dont nous nous voyons, qui nous pensons être. 

    Parfois continuateurs malgré nous des ambitions déçues de nos géniteurs, ou tout simplement poussés à l’excellence pour briser le cycle de la misère et de la pauvreté, certains ne parviennent pas à trouver leur véritable vocation ou plus simplement un métier à la mesure de leurs possibilités. 

    Lorsque l’esprit de révolte s’émousse, puis finit par s’éteindre totalement, l’idée même de liberté nous est étrangère persuadés que nous sommes qu’il est question de liberté physique. Nous avons tellement à perdre pour ne serait-ce que remettre en question nos connaissances, nos certitudes et nos positions sociales que l’idée même d’y penser une fraction de seconde nous semble insupportable. 

    C’est pourquoi, comme me l’on fait comprendre des personnes sur Agoravox, la voie proposée par ce philosophe est l’une des plus rapides mais c’est aussi l’une des plus dures, elle n’est pas à la portée de tout le monde. Le principal reproche fait à ce philosophe ne tient pas tant à la rigueur de sa pensée qu’à la radicalité de son approche. 

    Il ne vous demande pas moins que de mourir à tout ce que vous avez connu, d’oublier tout votre conditionnement (est-ce seulement possible ?), de méditer chaque instant, de vous connaître vous-même afin d’accéder à cette intelligence, cette félicité, et dans le même temps il vous prévient qu’il n’existe aucune méthode, aucun chemin, aucun gourou pour faire tout cela, vous ne pourrez vous en remettre qu’à vous-mêmes. Ouch !
  • Par Marie-Liberté (xxx.xxx.xxx.164) 23 juillet 2009 13:32

    Bonjour,

    Cet article est très intéressant.

    Seulement en lisant ce texte, je me suis aperçu que c’était en fait un copier-coller de ce qu’a dit un philosophe, penseur libre, d’Inde, Jiddu Krishnamurti.
    Il dit exactement la même chose point par point, dans son livre "Le sens du bonheur" !
    Excellent livre au demeurant !! A LIRE ABSOLUMENT !!

    Monté Cristo, il me semble qu’il aurait été judicieux d’indiquer vos sources dans votre article, puisque ce texte n’est pas de vous.



  • Par Olga (xxx.xxx.xxx.90) 23 juillet 2009 14:02
    Olga

    Je suis d’accord avec Marie quand elle dit que le livre est excellent. 
    Je suis aussi d’accord quand elle dit que l’article est un copier/coller du livre ; le chapitre 2 " Le problème de la liberté " constitue, à quelques mots près (enlevés ou modifiés ; "vous" changé en "nous" par exemple) les deux premiers tiers de l’article... 
    La précision sur la source de l’article aurait effectivement été judicieuse... 

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