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Athènes, un témoignage

Je souhaite simplement vous transmettre le témoignage anonyme de quelqu’un qui vit là-bas. Il évoque pour nous des évènements dont nous savons au demeurant peu de choses. Nos medias parlent des Grecs cinq minutes après la neige, mais qu’en est-il réellement de leur calvaire et de leur lutte ?

Voici une réponse.

 

Les médias internationaux ont parlé de la nuit dernière en Grèce.

 Ils ont parlé de feu, de chaos, de violence…
Ils parlent des 100.000 personnes qui se sont rassemblées sur Syntagma, mais pas des 200.000 qui y étaient vraiment ou des 300.000 qui ne pouvaient pas atteindre la place parce que les rues et le métro étaient bloqués par la police.

Ils n’ont pas parlé de la façon dont la police a provoqué vers 17:00 le début des émeutes en lançant des gaz lacrymogènes sur toute la place Syntagma, dispersant les manifestants dans le centre d’Athènes, afin d’éviter les perturbations à l’extérieur du parlement.

Les médias ont parlé de destruction aveugle, répandant la rumeur que la Bibliothèque Nationale d’Athènes était dévorée par les flammes.

 Faux.

Des banques ont été brûlées, des cafés et des magasins, des franchises appartenant aux industries multimillionaires qui ont mis la Grèce dans cette situation.

Les médias parlent de jeunes contre le système, mais pas des femmes et des hommes âgés portant des masques à gaz et montrant leur soutien pendant des heures, frappant en rythme dans leurs mains et avec les pieds aux portes des banques et des multinationales, sifflant et criant pour soutenir les premières lignes qui résistaient aux attaques anti-émeutes dans les rues pleines de lacrymo et de flammes, applaudissant en voyant s’enflammer Alpha Bank et Eurobank.


Ils disent que la violence ne résoudra pas la situation en Grèce, mais ils ne parlent pas des assemblées inter-quartier qui se sont tenues la semaine dernière à l’Université de Pantios, ils ne disent pas que l’occupation de l’Université de Nomiki avait pour objectif d’être un lieu d’échange et de débat entre les différents mouvements grecs, ils ne parlent pas des cantines libres et des marchés d’échanges qui ont lieu chaque semaine dans les quartiers.


Ce que les médias ne diront pas, c’est qu’après que les supermarchés aient été vidés et que les aliments aient été distribuées dans un quartier ouvrier de Salonique, les anciennes aient dit qu’elles n’étaient pas arrivées à temps, mais que ce n’était pas grave car elles savaient où étaient les leurs.

Ce qu’ils ne diront pas c’est que pendant que nous marchions dans un quartier ouvrier, dans une petite manifestation loin du centre, les gens se mettaient à leur balcon en levant le poing, et la manifestation a vu son affluence se multiplier, les gens sortaient de leurs maisons pour la rejoindre, les anciennes applaudissaient depuis les balcons, les vieux… merde, les vieux chantaient des hymnes, je ne comprenais pas un mot, mais vous n’imaginez pas, vous n’avez pas idée, et ça, les medias ne le diront pas, mais nous, nous le disons.


Ici, à Athènes, ils savent qu’ils ne sont pas seuls, que toute l’Europe suit le même chemin, ce qu’ils ne savent pas dans le reste de l’Europe c’est ce que nous faisons… si le reste de l’Europe est en train de faire quelque chose.

Nous ne voyons pas seulement le présent de la Grèce, nous sommes en train de voir notre futur.

 

Je voudrais vous répondre :

Le reste de l’Europe regarde la Grèce comme la première fosse commune creusée par des fous et qui est censée, bientôt, être rejointe par d’autres.

Elle regarde le gouvernement Grec comme nos gouvernements, valets des banques et des spéculateurs, eux-mêmes spéculateurs, sans aucun souci du peuple.

Elle regarde cette violence en sachant que la même lui est réservée.

La misère de la Grèce, les flammes d’Athènes sont promises à toute l’Europe.

Mais la fureur des Grecs, la volonté de combattre et de gagner, soutient chaque jour davantage nos cœurs et nos pensées.

Belle Grèce, fierté de notre histoire, votre désespoir est le nôtre et votre combat nous apprend à nous préparer.

Résistance !




par Ariane Walter mercredi 15 février 2012 - 102 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par antonio (---.---.---.21) 15 février 2012 10:43

    Merci pour ces informations.
    Les médias disent que « la violence ne résoudra pas la situation »,leitmotiv bien pensant pour persuader les moutons de se laisser mener à l’abattoir...
    La violence faite au peuple Grec est terrible, effrayante...et il lui faudrait rester calme , pacifique ?

  • Par Pyrathome (---.---.---.24) 15 février 2012 12:24
    Pyrathome

    Salut Ariane,

    BILAN en quelques chiffres... 

     

     -200 000 manifestants devant le Parlement

    -300 000 autres qui n’ont pas pu s’y rendre (rues et métros bloqués par la police)

    -Des crétois ont réquisitionné une chaine de TV grecque

     -La Mairie de Volos en partie brûlée

     -Le centre des impots ravagé

     -Le cinéma Attikon brûlé.

     Il datait de 1870. La Gestapo l’utilisait comme bâtiment de torture.

      -Un magasin d’armes sur la rue Athinas pillé

     -Nombreuses banques brûlées, dont des filliales des banques Starbucks et Eurobank. Les banques avaient préalablement fait vider les distributeurs automatiques

     -125 000 manifestants à Athènes

     -La bibliothèque nationale n’a pas brûlé !

     -Un musée de l’Histoire de l’humanité en partie brûlé

     -Une tentative de prendre la mairie d’Athènes a échoué la police étant intervenu à temps

    -Les bureaux des partis ayant voté OUI au plan d’austérité attaqués dans plusieurs villes de Grèce

    -Une cinquantaine d’immeubles brûlés partiellement ou entièrement

    Et ça va aller crescendo avec les futurs plans d’austérité....

    l’argent du pillage de la Grèce se trouve ici......

    .


  • Par miha (---.---.---.80) 15 février 2012 12:30

    Merci pour ces infos.

    Quand est écrit « le reste de l’Europe », il faut préciser « les peuples européens », car en ce qui concerne les états, ils sont bel et bien complices dex exactions commises contre le peuple grec.

  • Par brieli67 (---.---.---.96) 15 février 2012 12:06

    Τη ρωμιοσύνη μην την κλαις

    Ne pleure pas sur la Grèce

    Τη ρωμιοσύνη μην την κλαις

    εκεί που πάει να σκύψει

    με το σουγιά στο κόκκαλο

    με το λουρί στο σβέρκο

    Νάτη πετιέται απο ξαρχής

    κι αντριεύει και θεριεύει

    και καμακώνει το θεριό

    με το καμάκι του ήλιου

    __

    Ne pleure pas sur la Grèce,

    - quand on croit qu’elle va fléchir,

    Le couteau contre l’os

    et la corde au cou,

    La voici de nouveau qui s’élance,

    impétueuse et sauvage,

    pour harponner la bête

    avec le trident du soleil.

     Yannis RITSOS - 1972 

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