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Burn out

 
 Comme une chandelle en fin de combustion...

___...Il arrive que des sujets s'épuisent, perdent leurs ressorts, n'ont plus d'énergie pour assumer leurs tâches, surtout quand elles semblent ne plus avoir de sens, dans un contexte d'hyperperformance et de compétition constante et parfois féroce, dans des rapports de travail dégradés.
Ce qui reste de volonté est désespérément mobilisé, mais l'esprit tendu craque de toutes parts et le corps ne suit plus.
"Les corps sont intelligents. Ils en savent parfois davantage sur nos besoins que nos psychismes bridés" . Le burn-out nous apprend qu’on ne peut pas faire l’impasse sur cette nécessité pour chacun d’avoir du temps pour soi."
___Un phénomène global, aux facteurs multiples, bien étudié par Freudenberger, qui consume parfois l'homme au travail, dans certaines conditions

"Le burn-out... une conséquence de ces régimes effrénés. Ses symptômes de fatigue, d'anxiété, de stress ingérable, de dépersonnalisation et de sentiment d'incompétence dressent le portrait de personnes qui ont trop donné, sans recevoir ce dont elles avaient besoin. Elles se sont souvent oubliées, sans toujours avoir le choix de faire autrement..."
___L'épuisement professionnel est un phénomène récent, qui gagne du terrain, un effet de la souffrance au travail, qui affectent les hommes insérés dans un système devenu un poids insupportable, comme cette infirmière épuisée déclarant :
"Ma profession d'infirmière, je l'ai choisie, je l'ai voulue… Mais aujourd'hui, j’ai l'impression d'être vidée. Je dois aller d’un lit à l’autre. J’ai l’impression de n’avoir jamais le temps de faire correctement mon travail. Je supporte de moins en moins les plaintes, les angoisses des patients. Je me dis qu'être infirmière n'est pas aussi valorisant, gratifiant que cela… "
C'est l'effet d'un perfectionnisme non reconnu, toujours frustré par des contraintes toujours repoussées, des objectifs jamais atteignables, dictés souvent implicitement par des règles presque impossibles à réaliser, enfermant l'homme dans une double contrainte générant impasse et souffrance.

___Les nouvelles méthodes de management, souvent brutales, de constants changements dans les tâches assignées, dans des activités industrielles d'exécution ou de conception, ou publiques, comme dans celles des soin, engendrent baisse de l'estime de soi, culpabilisation, fatigue psychique spécifique, qui peut mener, faute de porte de sortie, de dérivatif, de soutien ou de révolte possibles, à l'effondrement du moi, parfois au fameux karoshi japonais.

__Oui, il est des conditions de travail où on peut perdre son âme pour gagner sa vie.
Le culte de la performance, centre et moteur de nos sociétés capitalistes hyperconcurrentielles, génère des désordres où la fatigue d'être soi plombe parfois les meilleurs. L'individu ne peut être flexible à l'infini. Stabilité, temps disponible sont des conditions minimales pour une vie professionnelle relativement épanouissante.. 
Comme disait Wittgenstein : "Tout est devenu si compliqué que, pour s'y retrouver, il faut un esprit exceptionnel. Car il ne suffit plus de bien jouer le jeu ; la question suivante revient sans cesse : est-ce que tel jeu est jouable maintenant et quel est le bon jeu ?".
 "Quel que soit le domaine envisagé (entreprise, école, famille), le monde a changé de règles. Elles ne sont plus obéissance, discipline, conformité à la morale, mais flexibilité, changement, rapidité de réaction, etc. Maîtrise de soi, souplesse psychique et affective, capacités d'action font que chacun doit endurer la charge de s'adapter en permanence à un monde qui perd précisément sa permanence, un monde instable, provisoire, fait de flux et de trajectoires en dents de scie"

 



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Les réactions les plus appréciées

  • Par ZEN (---.---.---.191) 12 mars 2013 12:23
    ZEN

    Bonjour jako

    Un certain coaching vient souvent renforcer le cercle vicieux du stress au travail, au service des DRH payés pour choisir les plus résistants, pas forcément les plus compétents....au détriment finalement des entreprises.
    On peut voir aussi le gâchis humain dans les hôpitaux, maintenant gérés à la Bachelot : des infirmières débordées, épuisées, qui démissionnent parfois
    Alain Ehrenberg est un de ceux qui a le mieux décrit, à mon avis, les causes, la logique et les conséquences de la souffrance au travail dans le contexte de la nouvelle logique économique née dans les années 70/80 (analysée magistralement dans le Nouvel esprit du capitalisme de Boltanski)

  • Par jako (---.---.---.200) 12 mars 2013 11:51
    jako

    Merci Zen, le burn out est devenu un élément normal de la vie de l’employé/cadre, à tel point que des sociétés de « psychologie » poussent comme des champignon, on cautérise une jambe de bois, planète shadok.

  • Par La râleuse (---.---.---.115) 12 mars 2013 12:09
    La râleuse

    Bonjour Zen,

    Je suis entièrement d’accord avec vos considérations sur le travail tel qu’il est actuellement et qui est, trop souvent, tout aussi pénible qu’il l’était au siècle dernier quoi qu’il en soit dit.

    La pénibilité a seulement changé qui est devenue plus psychique que physique et, si on considère que le psychique atteint le physique, beaucoup plus pernicieuse.

    Ainsi que je l’écrivais en commentaire à un article de notre consœur, rosemar, l’âge n’est pas un handicap pour le maintien à l’emploi. Les handicaps sont les conditions de travail et les trajets obligés bien souvent pour se rendre au travail.

    Cordialement,

  • Par jako (---.---.---.200) 12 mars 2013 14:58
    jako

    Merci pour le rappel de Boltanski. Il y a depuis quelques années des logiciels qui mesurent en permanence vos performances avec des petits camemberts rouges, bleu vert etc, des appels qui clignotent lorsque vous dépassez le temps, les mails qui vous préviennent que vous allez dépasser , dépasser etc etc et bien ces trucs là , même s’ils me font sourir ou moquer, ils me réveillent la nuit, plus le piège des « blackberry » qui permettent surtout de recevoir en permamence vos emails, d’ou une pression continue.

Réactions à cet article

  • Par jako (---.---.---.200) 12 mars 2013 11:51
    jako

    Merci Zen, le burn out est devenu un élément normal de la vie de l’employé/cadre, à tel point que des sociétés de « psychologie » poussent comme des champignon, on cautérise une jambe de bois, planète shadok.

  • Par La râleuse (---.---.---.115) 12 mars 2013 12:09
    La râleuse

    Bonjour Zen,

    Je suis entièrement d’accord avec vos considérations sur le travail tel qu’il est actuellement et qui est, trop souvent, tout aussi pénible qu’il l’était au siècle dernier quoi qu’il en soit dit.

    La pénibilité a seulement changé qui est devenue plus psychique que physique et, si on considère que le psychique atteint le physique, beaucoup plus pernicieuse.

    Ainsi que je l’écrivais en commentaire à un article de notre consœur, rosemar, l’âge n’est pas un handicap pour le maintien à l’emploi. Les handicaps sont les conditions de travail et les trajets obligés bien souvent pour se rendre au travail.

    Cordialement,

  • Par ZEN (---.---.---.191) 12 mars 2013 12:23
    ZEN

    Bonjour jako

    Un certain coaching vient souvent renforcer le cercle vicieux du stress au travail, au service des DRH payés pour choisir les plus résistants, pas forcément les plus compétents....au détriment finalement des entreprises.
    On peut voir aussi le gâchis humain dans les hôpitaux, maintenant gérés à la Bachelot : des infirmières débordées, épuisées, qui démissionnent parfois
    Alain Ehrenberg est un de ceux qui a le mieux décrit, à mon avis, les causes, la logique et les conséquences de la souffrance au travail dans le contexte de la nouvelle logique économique née dans les années 70/80 (analysée magistralement dans le Nouvel esprit du capitalisme de Boltanski)

    • Par jako (---.---.---.200) 12 mars 2013 14:58
      jako

      Merci pour le rappel de Boltanski. Il y a depuis quelques années des logiciels qui mesurent en permanence vos performances avec des petits camemberts rouges, bleu vert etc, des appels qui clignotent lorsque vous dépassez le temps, les mails qui vous préviennent que vous allez dépasser , dépasser etc etc et bien ces trucs là , même s’ils me font sourir ou moquer, ils me réveillent la nuit, plus le piège des « blackberry » qui permettent surtout de recevoir en permamence vos emails, d’ou une pression continue.

  • Par viva (---.---.---.102) 12 mars 2013 12:34

    Il n’y pas que le travail qui génère ces phénomènes. 


    Nous sommes littéralement assailli des difficultés, liés au conflits avec les administrations, les assurances, les Cpam, les mutuelles, Edf, Gdf, les loueurs, les impots, la téléphonie, lutter en permanence contre les arnaques, vérifier les factures, les notes d’hypermarchés en ........

     La liste est longue de ceux qui parviennent à user les individus à force d’avoir déshumanisé les relations avec les clients pour mieux profiter d’eux.
     
    Pour faire valoir ses droits il faut se justifier sans cesse par des courriers jamais complet, il faut mendier en fait ....
  • Par rocla (haddock) (---.---.---.64) 12 mars 2013 13:18
    rocla (haddock)

    Mettre ses burnes out est une atteinte caractérisée aux bonnes nurses .

  • Par Gollum (---.---.---.253) 12 mars 2013 14:27
    Gollum

    Hum ça me rappelle l’époque (y a longtemps) où j’épluchais les offres d’emploi.. Ces offres étaient très souvent accompagnées de dessins ou photos évocatrices du climat exécrable que l’on essayait de fourguer dans la tête des gens : un cadre en costard/cravate (l’uniforme des soumis) courant comme un malade avec son attaché-case (autre ustensile des soumis) en sautant par dessus des obstacles dans une course de relais style jeux olympiques.. avec d’autres coureurs..


    Comme on dit un simple dessin vaut mieux qu’un discours, et on présentait cela qui était en fait une horreur, comme le summum de l’existence humaine avec des slogans du genre « emparez vous de votre destin », etc..

    Grotesque vraiment. 
  • Par gaijin (---.---.---.76) 12 mars 2013 18:41
    gaijin

    « flexibilité, changement, rapidité de réaction, etc. Maîtrise de soi, souplesse psychique et affective, »
    si seulement ce n’était que ça  !
    mais il faut apprendre en plus a supporter un monde bien plus absurde que celui de kafka accepter de n’être qu’un pion dans un jeu ou tous les joueurs trichent ...........
    admettre d’ être méprisé, nié dans sa réalité humaine, réduit a une simple variable d’ajustement pour au final être moins couteux a détruire qu’une machine outil
    .................et accepter faire subir la même chose a d’autres alors en passant dans le camp des bourreaux on peu espérer « réussir »et sauver sa peau quelques mois ou quelques années de plus pour finir inéluctablement épuisé broyé par le « système » et rejeté

    • Par viperson (---.---.---.175) 18 mars 2013 09:39

      @gaijin

      Que dire des centres de formations qui privilégient une section plutôt qu’une autre en toute impunité ? même l’inspecteur de l’éduc ne vient pas dans ces établissements !
      et quand tu mets au grand jour ces infos, on attend une faute de ta part pour te virer sur le champ comme un malpropre. Oui aujourd’hui personne ne peux exprimer son opinion sans prendre le risque de perdre son emploi.

      Par contre, internet à travers les réseaux sociaux permet de s’exprimer et de faire connaître tous ces mensonges.

      Vous verrez que dans tous les sites internet de ces centres de formations il est question d’accompagnement personnalisé, individualisé qu’ils disent !
      foutaises, allez donc individualiser le travail d’un jeune quant vous en avez 25 à gérer ?
      tout ça s’est du marketing ! au final on ne s’occupe que du meilleur qui va concourir aux olympiades des métiers ou autres concours sensé représenter l’excellence de la filière.
      et les 24 autres ? on s’en fout, leur présence permet de récupérer des sous et puis ils ne sont pas inscrits à pole emploi. pire on va leur donner un BAC PRO qui leur permettra d’avoir les responsabilités d’un ancien qui aurait le certtificat d’études.

      Comment accepter qu’un jeune BAC PRO ou BTS par alternance puisse avoir son diplôme avec 0,5 /20 en math ? et bien c’est le jeu des coefficients. il suffit de bien s’entendre avec son tuteur en entreprise pour avoir une note excellente en professionnel et voili voilu.
      et puis le centre de formation joue aussi dans la même cour : quand vous annoncez des taux de réussites de 90 % sur votre site internet, il faut les justifier.

      Le système est pourri jusqu’à la moelle. Les jeunes hommes et femmes doivent descendre dans la rue et ne plus accepter d’être traités de cette manière. les employés, cadres et peut être même des patrons les rejoindrons.

  • Par astus (---.---.---.178) 12 mars 2013 19:30
    astus

    Merci ZEN pour ce billet riche de références nombreuses et bien documentées. Toute notre société vit dans une démesure permanente du rendement et de la compétition sur un fond de dé-liaison sociale et l’on en voit le résultat. Je pense aussi au burn-out des paysans ...qui pèse environ un suicide par jour, mais qui hélas a moins de visibilité dans les médias.

    Bien à toi.
  • Par TSS (---.---.---.50) 12 mars 2013 20:20
    Burn out

    En France ,le français c’est mieux... !!

    • Par gaijin (---.---.---.138) 13 mars 2013 07:50
      gaijin

      et quand vous prenez le train vous montez dans un chariot ?????? smiley

    • Par TSS (---.---.---.50) 13 mars 2013 11:27

      et quand vous prenez le train vous montez dans un chariot ?????? 

      Quand je prend le train je monte dans une voiture(regardez votre billet) !vous, vous montez

      peut être dans un wagon(marchandises).

      je préfère (de loin) l’utilisation du français de nos cousins quebécois que notre comportement

      soumis tout en nous croyant dans le vent.

      Enfin l’origine du mot « Wagon » est incertaine arrivé d’ Angleterre au XVIIIème ,mais avant

      nom de famille en Flandres et origine(?) saxonne... !!

  • Par ZEN (---.---.---.146) 12 mars 2013 20:31
    ZEN

    Exact !
    Je n’aime pas le globish
    Mais trouvez-moi un équivalent...
    « Epuisement » manque une partie du sens

    • Par TSS (---.---.---.50) 13 mars 2013 11:13

      Peut être « depression nerveuse » (nervous breakdown) car à l’origine c’est une chute brutale

      de la tension nerveuse qui entraine un immense fatigue !!

    • Par gaijin (---.---.---.160) 14 mars 2013 18:42
      gaijin

      TSS 
      non ce n’est pas ça désolé
      le « burn out » est un épuisement a la fois physique et mental avec un élément de perte du sens
      les composantes peuvent être dosées de manière différente mais sont celles là
      c’est un trouble spécifique qui n’existait pas avant
      l’épuisement étant auparavant réservé aux travailleurs physique auquel cas le cas le corps lâche simplement ( maladie accident etc ........)

      pour l’aspect linguistique l’abus d’anglicismes est certes navrant pas plus que ceux qui s’érigent en policiers de la langue.
      la fonction d’un mot est de désigner quelque chose de manière claire, a partir du moment ou il y a un consensus large sur « burn out » essayer de trouver un nouveau mot n’amènera que confusion
      ce n’est ni un nervous breakdown ( merci audiard ) ni une dépression ni ......ni ........
      a ma connaissance le seul terme approchant est karoshi ( mais pas de bol ce n’est pas français non plus )

  • Par Alinea (---.---.---.119) 12 mars 2013 21:10
    alinea

    Il y a surtout le fait d’être dépossédé de sa vie, dépossédé de soi ; le rythme personnel est nié ; il est pourtant vital. Les hauts et les bas qui, globalement s’équilibrent, eux aussi sont interdits ; toujours faire semblant.. aucune initiative empêche « d’habiter » son travail ; la plupart du temps, c’est un petit con qui vous stresse et vous contraint et pourtant vous en cerner bien les faiblesses ; toujours s’écraser... et chacun, tout seul dans son coin, personne avec qui foutre un bon coup de pied dans cet engrenage !

  • Par yoann (---.---.---.84) 13 mars 2013 10:26

    Mettez la finance à genou et vous verrez que le syndrome du Burn’out disparaîtra comme neige au soleil.

  • Par Mammon (---.---.---.236) 13 mars 2013 11:13

    N’oubliez pas que le culte de la performance touche aussi quasiment tous les domaines de la vie privée, via la pression des médias et des publicitaires : l’apparence corporelle (tablettes de chocolat pour les hommes, airbags pour les femmes, botox pour les vieux etc.) , les performances sexuelles, les signes extérieurs de richesse (gadgets électroniques, fringues, grosse baraque, grosse bagnole etc.), les gamins parfaits (histoire de montrer qu’on est de bons parents) etc.
    Si la vie privée ne permet plus de compenser la pression de la vie professionnelle, oui, pas étonnant que ce phénomène se répande.
    On n’a plus le droit à notre époque d’être imparfaits, pas dans notre société...

  • Par ZEN (---.---.---.137) 13 mars 2013 11:25
    ZEN

    Mammon
    Oui, la course à la perfection sur tous les plans participe de cette logique de la concurrence généralisée, infantilisante et culpabilisante qu’entretient habilement une pub omniprésente, ne jouant que sur la frustration artificiellement stimulée.

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