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Accueil du site > Tribune Libre > Center parc à Roybon : les élus sont-ils tous bien informés (...)

Center parc à Roybon : les élus sont-ils tous bien informés ?

Que penser de l’engagement des élus, entre 600 et 700, qui se sont déplacés pour se rendre à ST Etienne St Geoirs pour soutenir le projet de center parc à Roybon ?

Pour pouvoir trancher dans ce genre de dossier épineux, il faut être un temps soit peu informé par les deux partis. Ce qui est rapporté par les média n’est absolument pas propice à la prise de bonnes décisions.
Que lit-on dans les média ?

 Que les écologistes, appelés zadistes, car ils occupent des Zones A Défendre viennent de toute la France et ne connaissent rien à la politique des Chambaran. Que ce projet ne représente aucune perte au niveau environnemental, car seulement 0.4% de la forêt sera impactée, et que cela représente 700 emplois à la clef à l’issue du chantier (qui devrait lui monopoliser 1000 emplois pendant la construction). C’est ainsi que nous le présente, le fervent Alain Cottalorda, défenseur du projet.

Avouez, que présenté ainsi le projet est alléchant pour la plupart des élus, même s’ils ne sont pas politisés. Seulement la situation est-elle aussi simple ? J’ai commencé à mener ma petite enquête. Rapide, pas besoin d’aller bien loin pour comprendre les raisons pour lesquelles les zadistes alertaient ainsi les média, et essayaient de bloquer les travaux, comme pour le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre Dame des Landes, en installant une zone à défendre. En effet, ce projet aurait dû leur convenir puisque les cottages sont HQE, les gens circulent à vélo, et l’impact environnemental parait minime pour un rendu économique important tant en terme d’emplois que de tourisme.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un center parc ? Un immense parc de loisirs, en bordure d’une forêt ou d’un lac. Les touristes circulent à vélo, et pratiquent des activités sportives et de bien être intéressantes : tir à l’arc, tennis, pédalo, voile, équitation, vélo, bowling, natation, sauna, massages…. On y trouve effectivement des cottages, à Roybon, ils veulent en construire plus de 1000, aux normes HQE, des boutiques, une forêt, un grand dôme dans lequel se trouvent de grandes piscines. On peut aller sur le site de center parcs pour se rendre compte de quoi il retourne : center parcs. Au total, le centre pourra accueillir 5600 personnes.

Les tarifs d’une semaine passée dans un center parc est d’environ 499 euros en basse saison à plus de 1600 euros en pleine saison pour une famille de 5 personnes. Tarifs choisis au mois de janvier pour la basse saison et au début juillet pour la haute saison.

Alors devant cette vision un peu paradisiaque et idyllique, quelles sont les raisons avancées par les zadistes pour oser venir interrompre le chantier, obligeant pierre et Vacances à embaucher des vigiles pour surveiller les travaux et assurer leur bon déroulement. 

Réflexion éthique sur le concept : proposer un centre de loisirs où sont regroupées toutes ces activités, peut paraitre intéressant, mais, ces activités-là je peux les faire à côté de mon domicile tout au long de l’année en participant aux associations locales et en faisant travailler les centres d’équitation, les moniteurs, les instructeurs de chaque sport. J’ai même à proximité, une belle piscine qui permet de faire la natation que je souhaite et m’amuser. Si je le souhaite, je peux arpenter les Chambaran et la Bièvre à vélo… Je ne paye pas plus cher… Mais, cette soif de tourisme clef en main apparait être comme la solution de bien être et de bonheur de mes amis, qui ne jurent que par ce mode de repos. Cela me fait penser au club méditerranée qui permettait de s’expatrier sans toutefois sortir du cocon que l’on avait forgé pour eux, à l’étranger, proposant juste quelques sorties encadrées. Est-ce à dire que nous avons une telle soif de vacances sécurisées et sécuritaires, que nous sommes obligés de partir dans des endroits où le tourisme est prémâché, installé à la chaine, qui ne nous permet pas de réfléchir ?

Les Center parcs sont-ils réellement ce qu’ils veulent paraitre ? Ne sont-ils pas de grands groupes financiers qui usent et abusent des subventions publiques pour construire leur mégapole de loisirs ?

En effectuant des recherches, premier problème qui me saute aux yeux, pour construire ce centre, il faut détruire une zone humide.

Une enquête publique lancé au printemps, qui a duré 45 jours comme le prévoit la loi a rendu un avis défavorable en ce qui concerne l’eau. Cette enquête publique est visible sur le site de la Préfecture de l’Isère Les différents points soulevés sont :

  1. L’ABSENCE DE DELIMITATION ET DE CARACTERISATION DE LA ZONE HUMIDE AU DROIT DU SITE PROJETE

Cela met en cause la fiabilité et la crédibilité de la surface de zone humide retenue dans l’emprise du projet. Il en résulte qu’il convient de reconsidérer la surface de la zone humide réellement détruite et, plus largement, impactée. Et, partant, les surfaces compensatoires à retenir.

  1. LA SOUS-EVALUATION DE LA SURFACE DE LA ZONE HUMIDE DETRUITE, ET, PLUS LARGEMENT, IMPACTEE

Il résulte de tous ces points une évaluation largement sous-estimée de surfaces de zones humides détruites ou fortement altérées, et, plus globalement, impactées3

. Avec le concours de son expert, la commission a pu estimer la surface détruite ou profondément altérée de l’ordre de 90 à 100 ha, soit une surface un peu supérieure à la surface de défrichement.

Au total, en intégrant les pertes de fonctionnalité des portions résiduelles, les surfaces détruites et impactées de zone humide représentent une partie substantielle de la zone d’emprise du projet au sein du périmètre clôturé : environ 110 à 120 ha.

Cette estimation ne tient pas compte de l’altération de la fonctionnalité du restant de la zone humide, qui se trouve au pourtour du site d’emprise, du fait de la rupture de continuité. Le dossier d’enquête ignore son existence, comme si la zone d’emprise du projet pouvait être dissociée des écosystèmes contigus, dont elle dépend pourtant étroitement et auxquels elle contribue à son tour. Il en résulte qu’on ignore les incidences indirectes portées à la zone humide adjacente, tout comme aux espaces fonctionnels qui sont en continuité du site détruit4

. Ce sont potentiellement des dizaines d’hectares supplémentaires qui sont concernées.

 

  1. L’INSUFFISANCE DES MESURES COMPENSATOIRES, AINSI QUE L’ABSENCE DE GARANTIE DE LEUR EFFECTIVITE ET PERENNITE

La commission considère donc que la destruction ou la dégradation de 110 à 120 ha de zone humide sur le seul site d’emprise (et non pas seulement 71 ha comme le dossier d’enquête le présente), en tête de bassin versant, dans un milieu à enjeu patrimonial, ne peut pas être compensée par la valorisation de milieux fonctionnels existants, répartis dans la région Rhône-Alpes. De surcroît, pour un gain surfacique estimé à moins de 40 ha.

En outre, les conventions et les notices techniques associées ne permettent aucunement d’assurer l’effectivité et la pérennité des mesures compensatoires proposées.

 

  1. LE SOUS-DIMENSIONNEMENT DES AMENAGEMENTS HYDRAULIQUES : RISQUES DE CRUES, D’EROSION ET PROBLEMES D’ETIAGE

Il s’agit là d’une des déficiences majeures du projet : le dossier, s’il prend en compte les risques d’inondation, ne se fonde, malgré 6 années d’élaboration, sur pratiquement aucune donnée de terrain…

Le dossier ne prend nullement en compte l’éventualité d’une perturbation climatique pendant la phase chantier, telle que le secteur l’a connue en 1999, 2008 puis 2013. Quelles en seraient les conséquences ? Le maître d’ouvrage ne l’établit nullement.

L'imperméabilisation et le défrichement de près de 100 ha de terrain pour le projet de Center Parcs sur la partie nord-est en tête du sous-bassin versant peuvent, de manière tout à fait réaliste, participer dans une telle situation à l'accroissement significatif du risque de crue et de catastrophe naturelle. Y compris lors de l’exploitation.

Si des mesures sont prévues par le maître d’ouvrage, l’interrogation n’en demeure pas moins sur l’absence de risque ne pas générer d’impacts significatifs sur le milieu récepteur, y compris pour les personnes et les biens situés en aval.

  1.  L’INSUFFISANTE CARACTERISATION DE L’ETAT INITIALAbsence d’étude caractérisée sur l’impact d’un tel projet sur la faune et la flore vivant dans ce milieu.

 

  1. LES DEFICIENCES EN MATIERE D’EVALUATION DES INCIDENCES SUR LE MILIEU

Enfin, le présent dossier d’enquête ne donne aucune évaluation globale de l’ensemble des incidences de toutes origines, directes et indirectes, qui vont affecter temporairement ou durablement l’ensemble des milieux aquatiques et leur biocénose. Or, les Chambaran viennent de voir confirmé dans le SRCE9 Rhône Alpes, adopté, leur caractère de « territoire à enjeux de maintien de la fonctionnalité écologique en secteur à dominante naturelle et agricole » 10 (p.136)

 

7) LE PROBLEME IRRESOLU DES VIDANGES DANS LE MILIEU NATUREL DE

L’AQUAMUNDO

une consommation des cottages et des équipements, hors Aquamundo, estimée par le maître d’ouvrage à un total de 613 m3/j. L’examen du tableau détaillé des consommations de l’Aquamundo12 met d’ailleurs clairement en évidence qu’aucune consommation d’eau correspondant au remplissage, à la suite des vidanges, n’est prévue. Il en résulte que :

- les modalités de vidanges des circuits A et B de l’Aquamundo sont confuses et peu crédibles,

- le temps de séjour des eaux de vidanges n’est pas vraiment argumenté, aussi bien en raison des températures des rejets à respecter que du temps de remplissage en eau propre des bassins après vidange,

- la fonction de réceptacle d’importants volumes d’eaux à 29° C est en complète contradiction avec la fonction « écologique » dévolue au bassin inférieur,

- la faible capacité du bassin inférieur apparaît comme un risque supplémentaire d’érosion en cas de simultanéité entre le long séjour des eaux de vidanges et une forte perturbation climatique,

- in fine, le maître d’ouvrage n’a nullement justifié de son expérience, ni de son savoir faire, en matière de gestion du rejet des eaux de vidange dans le milieu naturel.

8) LES MANQUES, OU REPORTS D’ETUDES ET DE MESURES UTILES

La commission ne peut pas considérer comme recevable un dossier qui fait fi de questions aussi importantes, et qui repose sur de telles incertitudes et suppositions pour justifier in fine, une absence d’impact, ou, plus exactement, une incidence « relativement » faible.

De ce fait, le public, mais aussi les autorités décisionnaires, n’ont pas été en mesure d’avoir eu connaissance, lors de l’enquête publique comme à son issue, de tous ces éléments d’appréciation.

 

9) LES DEFAUTS DE COMPATIBILITE AVEC LE SDAGE

10) L’INSUFFISANCE DU PERIMETRE D’ENQUETE

En conséquence, la commission considère que le périmètre de l’enquête, limité à la seule commune de Roybon, était trop restreint. Le public a ainsi été privé d’un accès essentiel à l’information, dont les avis de collectivités territoriales et de services administratifs (en particulier la DDT 26). De ce fait également, des éléments essentiels d’appréciation ont fait défaut à l’autorité décisionnaire.

11) L’ABSENCE DE BILAN DES PROCEDURES ANTERIEURES

La commission considère que le manque de bilan des procédures est préjudiciable à la complète information du public comme à la bonne appréciation des autorités, eu égard tant aux nombreuses procédures fractionnées et échelonnées au cours de plusieurs années qu’au défaut de vision d’ensemble que présente ce projet.

 

12) LE DEFAUT DE SAISINE DE LA CNDP EN VUE D’UN DEBAT PUBLIC

L’absence de Débat public, soulevée par certaines contributions du public, s’est fait jour au fil de l’enquête…Si l’on se réfère, en effet, au chiffrage du coût total des bâtiments et des infrastructures du Center Parcs, exposé dans le résumé non technique joint au dossier d’enquête, le seuil des 300 millions HT est déjà atteint (bâtiments cottages + bâtiments d’équipement + VRD, voiries, accès). Encore ne s’agit-il que du coût « des grandes composantes du projet »,

comme l’énonce le résumé.

Il convient en effet d’ajouter tous les autres coûts relatifs aux bâtiments ou infrastructures, soit uniquement dédiés au projet (chaufferies de forte puissance, réseau d’alimentation électrique de 20 000 V, réseau d’alimentation en gaz, sur près de 20 km), soit indissociables du projet. A savoir : le réseau d’eau potable et ouvrages connexes, dont le nouveau château d’eau (1 200 m3 dédiés au Center Parcs sur les 2 000 m3), le réseau d’assainissement et station d’épuration, les voiries extérieures, le contournement routier de Roybon, etc.

Il en ressort que le montant total de l’ensemble des infrastructures et des bâtiments s’élève largement au-delà du seuil de saisine de 300 millions d’euros. Cette somme est d’ailleurs cohérente avec le montant des investissements sur lequel Pierre et Vacances s’est engagé dans le protocole avec le CG 38 le 4 décembre 2009 : 387 millions d’euros. Sachant que de nombreuses infrastructures (internes comme externes au site) ne sont pas comprises dans ce décompte.

 

Alors petites petites questions aux élus qui se sont rendus à St Etienne St Geoirs :

Etaient-ils tous dument informés de tout le dossier pour se permettre de huer les élus, qui comme eux ont osé venir, et se sont élevés contre le projet. ?

[Il me semblait que le Président de Bièvre Valloire faisait valoir le droit à la démocratie, et aux échanges, le droit à la communication.]

Au-delà de cela ces élus ont voté sans connaitre le dossier en profondeur, car à la lecture de ce rapport quel élu pourrait prétendre voter pour l’investissement d’argent public pour la création d’une zone de loisirs qui au final ne rapportera pratiquement rien. ?

L’argent public ainsi dépensé permettra-t-il de rentrer dans les fonds ? Non, car comme un center parc c’est la vie quasi en autarcie dans un microcosme, les restaurants et boutiques seront suffisants pour le touriste lambda qui ne sortira pas de sa bulle…

Les emplois générés seront-ils réellement salvateurs pour cette région ? Nombre d’emplois proposés seront des emplois précaires, des CDD, des temps partiels. J’écoutais un élu dire mais même si l’emploi n’est que de quelques heures et que la personne ne touche que 380 euros par mois c’est toujours bon à prendre. Monsieur l’élu vous êtes capable de faire vivre votre famille avec 380 euros par mois ?

Je conçois que vous ayez des problèmes en ces temps de crise mais sincèrement ce chantage à l’emploi et ces mensonges par omission ne sont-ils pas une forme de manipulation ?

J’entendais monsieur le Président de Bièvre Valloire, indiquer qu’il ne voulait pas d’un référendum de la population lui qui prône la démocratie, arguant le fait que nous avons choisi au mois de mars dernier nos représentants. Mais réfléchissons un peu, certes nous avons choisi d’élire nos maires, nos conseillers municipaux, mais comme tout élu si on les manipule en faisant du chantage à l’emploi , si on indique les bénéfices mais pas les risques, le cœur des élus ne penchera que d’un côté.

Cette façon également de mépriser les personnes qui prennent de leur temps pour oser dire non au projet, de les traiter de zadistes ou d’anarchistes pour les discréditer est à la limite de la correction. "C’est connu ces écolos, ces gauchos, ces anarchistes, ces Zadistes sont juste des empêcheurs de tourner en rond, si on les écoutait on ne ferait rien !"

Vous n’avez messieurs et mesdames peut-être pas assez réfléchi aux conséquences en matière d’eau d’un tel projet. Comme ferez-vous lorsque vous devrez dire aux habitants du pays, ben nous sommes obligés de couper l’eau pour permettre aux touristes d’en avoir ?

Comment ferez-vous mesdames et messieurs lorsque l’assainissement prévu ne sera pas suffisant pour absorber tout ce que cet ensemble va générer ?

Comment ferez-vous finalement lorsque cela créera des inondations ? Savez-vous ce que cela représente des inondations ? Avez-vous envie de vivre ce que nos amis du Sud de la France vivent parce que la majorité des élus n’ont pas tenu compte des alertes qui avaient été émises ? 

Connaissez-vous la détresse dans laquelle les habitants sont plongés ? A croire que non quand je vous entends huer les personnes qui osent s’opposer à vous !

Il y a des moments où on ne comprend pas les élus… Et pas besoin de faire de la propagande, il suffit de lire l’enquête publique sur le site de la Préfecture de l’Isère pour comprendre les dangers de ce genre de projet…

Bien à vous mesdames et messieurs les élus. 


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14 réactions à cet article    


  • sophie 12 décembre 2014 09:15

    Ah mais les sauvages ne veulent pas accueillir les nantis ? qu’on leur donne la bastonnade.
    Le nombre d’emplois devrait être inclus dans le contrat de partenariat dès la première page avec description des postes et des salaires. Merci de cet article bien documenté.


    • Scual 12 décembre 2014 09:37

      Il n’y a pas que les écologiste et les gens du coin qui devraient s’alarmer de la manière dont ce projet a été imposé de manière anti-démocratique.

      En effet peu importe la légalité de la procédure, quand une commission d’enquête demande des éclaircissements et des modifications pour pouvoir être favorable, c’est une question technique. Les citoyens et les associations ne devraient même pas avoir à s’en soucier ! L’État est à leur service et devrait tout à fait naturellement s’assurer que tout ces problèmes sont corrigés avant de lancer le projet.

      A la place on force le projet et on oblige les citoyens à s’opposer eux-même au projet jusqu’à ce que les pouvoirs publiques fassent leur travail... en s’appuyant sur leur travail ! C’est comme si on devait constituer une milice pour nous protéger de la police afin d’aider la police à nous protéger. ça n’a tout simplement aucun sens.

      Ce n’est pas seulement la fin des travaux qu’il faut demander, en tout cas jusqu’à ce que le projet réponde à toutes les exigences, les opposants (j’en connais personnellement plus d’un je peux en témoigner) n’étant pas des cavernicoles anti-civilisation. Ils veulent juste que au minimum, même si le projet est loin d’être utile, qu’au moins ça soit fait dans le respect stricte des normes environnementales les plus sévères puisqu’ils s’agit d’une zone très sensible. C’est quand même un minimum. Vous savez y a des tas de constructions de logements, d’agrandissement de bâtiments et d’exploitations agricoles pas super écologiques dans le coin et pourtant vous les voyez pas camper avec des pancartes, à votre avis pourquoi ? C’est juste que là, les normes ne sont pas respectées, officiellement pas respectées ! Et en plus c’est au pire endroit pour ne pas les respecter, et en plus à très grande échelle ! C’est pas en pourcentage de foret que ça se calcule, c’est en nombre d’hectares et en mètres cubes d’eau. Et en plus c’est fait derrière leur dos, puisque si personne n’avait communiqué sur ce rapport, les citoyens n’auraient jamais su que le ce projet était très probablement néfaste pour leur environnement.

      En plus c’est pas comme si il n’y avait pas d’alternatives. Si ce coin intéresse Center Park c’est qu’il a un potentiel, pourquoi ne pas imaginer un autre projet d’écotourisme plus adapté à une telle zone ? 

      Donc c’est pas seulement l’arrêt des travaux et au minimum le gel du projet jusqu’à ce qu’il rentre dans les clous, c’est aussi la démission, voir la destitution des élus qui se sont rendu coupables d’un si flagrant abus de pouvoir en voulant imposer leur volonté, si ce n’est pas leur intérêt personnel, contre l’avis des techniciens qui eux seuls savent si et comment le projet doit être fait. Les commissions d’enquête ne sont pas là que pour faire genre qu’on fait un travail responsable mais après les seigneurs locaux décrètent, elles sont là pour encadrer les actions de la puissance publique afin de s’assurer qu’elles restent dans le cadre de l’intérêt général. Si on n’en tient pas compte alors on sort du cadre de l’intéret général et on entre de plein pied dans celui des intérêts privés et donc de l’appropriation personnelle des moyens de l’État par des élus dans ce qui est un viol flagrant du cadre de leur mandat.


      • Trelawney Trelawney 12 décembre 2014 11:54

        Je suis opposé au projet de Notre Dame des Landes, parce que c’est un non sens économique et que VINCI va se gaver avec nos impôts des français pour un aéroport qui ne marchera jamais. Rien d’écologique là dedans.

        Je suis opposé au projet de Sivens, parce que à 1000 km de là ça sent très fort la magouille entre la FNSEA qui va se gaver sur le prix du terrain et le conseil général qui va vendre le litre d’eau à un prix qu’aucun agriculteur ne pourra s’offrir. Je me contre fiche d’une pseudo zone humide qui, barrage ou pas barrage, est vouée à disparaitre par manque de précipitation.

        Je vis une vie de retraité oisif dans la campagne française. Je cultive mon potager, j’élève des poules, canards, lapin et un cochon. Je fume mon saumon, mes truites, ma charcuterie. Je fais mon foie gras ainsi que des confitures. N’empêche qu’autour de moi dans les campagnes, c’est la misère. je vois des enfants dès 7H du matin attendre le bus qui les emmènera à l’école à 45km de là, des gens qui n’ont pas de travail ou des travaux précaires, du RSA à tous les étages. Je vois aussi des maisons vides, pas de commerce, une mairie qui n’ouvre qu’une demi journée par semaine et pas de poste.

        Roybon c’est quoi :

        Un villages vacances qui pollue moins qu’une décharge, une usine ou une zone de stockage. un village vacances qui va apporter 600 emplois dont beaucoup pas ou peu qualifié (femmes de ménage, gardiens, jardiniers etc.) emplois que recherchent les habitants des villages voisins. Un village vacances qui fait son fond de commerce de la nature des beaux espaces et de la vie en plein air. Donc un village qui va faire attention à ce que rien ni personne ne viennent dégrader le paysage. Un village qui va détruire une zone humide mais qui va mettre des bassins de rétention pour éviter que ce dit village soit inondé . Un village qui va réimplanter une zone humide à hauteur de 150% de celle détruite parce que c’est la loi. Un village vacances qui bénéficiera d’une subvention de la région à hauteur de 7 millions d’euro sous forme de réduction sur les recettes fiscales apportées par ce center parc sur 5 ans. En résumé s’il n’y a pas de village il n’y a pas de subvention, mais de toute façon les 7 millions subventions n’existeront que s’il y a un village vacances (mon emblème est un shadock on en est pas loin).

        Des gens de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature basés à Grenoble et à Lyon s’opposent au projet qui selon eux va détruire une partie de la foret. Le Center parc fait 204 ha et dont 1/3 en foret soit 70 ha d’une foret qui en comprend 7300 ha (1%). Comme le dit si bien l’article, il y a la zone humide à préserver, il y a la foret à protéger et surtout il y a un mode de vie à défendre, c’est à dire le renoncement à ce « tourisme prémâché, installé à la chaine, qui ne nous permet pas de réfléchir  ».

        Que va t-il se passer :

        Pierre et vacances a acheté le terrain, fait les travaux et continue de pré-vendre les chalets. Les « zadistes » continuent d’harceler le chantier et les écolos continuent leur ramdam. Si demain Pierre et vacances trouve que ça sent le paté, ils peuvent très bien abandonner le chantier, laisser le terrain en l’état et construire avec les pré vente un nouveau center parc en Italie ou ailleurs. S’ils le font : 

        - Les écoles s’en retourneront dans leur ville en criant « c’est une victoire contre le capitalisme et pour la nature »

        - Les habitants des villages auront le choix entre crever de fin dans leur village ou survivre à la ville Ils iront à la ville et les villages deviendront fantôme comme beaucoup en France

        - La région pour rentrer dans ses frais vendra des concessions à des forestiers et c’est plus de 70 ha qui partiront pour faire du papier

        - les agriculteurs du coin par dépit transformeront la zone humide en dépotoir histoire de se foutre de la gueule des écolos

        Est-ce que tout le monde est bien informé ?


        • liebe liebe 12 décembre 2014 12:25

          Pierre et Vacances prépare un projet avec des fonds publics, et des fonds privés. Connaissez vous leur politique ? Il suffit pour cela de lire quelques forums. Ils vendent les bungalows à des personnes qui souhaitent défiscaliser. Les propriétaires louent ensuite les bungalows et en ont l’usufruit une semaine par an.
          Les personnes qui se sont laissés tenter par le principe dénoncent : au bout de 3 ans , je dois investir 10 000 euros dans lé réfection du bungalow alors que je ne touche que 4400 euros de location... Vais je pouvoir continuer ???

          Pierre et Vacances n’attend pas la décision du tribunal qui doit statuer la semaine prochaine avant d’entamer les travaux. Ils déforestent jour et nuit sur le chantier actuellement. Si ce n’est pas du passage en force.. Ils espèrent actuellement mettre le tribunal devant le fait accompli.

          Vous dénigrez les zones humides mais savez vous à quoi elles servent ? http://www.medwetlands-obs.org/fr/content/role-des-zones-humides-dans-lattenuation-des-inondations-et-des-secheresses

          Juste pour info, voilà ce que sont des inondations.

          Quant aux emplois combien d’emplois « spécialisés ? » combien d’emplois à temps partiels ? combien d’emplois qui pourront permettre aux personnes du coin de vivre ?


        • Trelawney Trelawney 12 décembre 2014 17:04

          Quant aux emplois combien d’emplois « spécialisés ? » combien d’emplois à temps partiels ? combien d’emplois qui pourront permettre aux personnes du coin de vivre ?

          Comme vous avez l’air de ne pas trop comprendre ce qu’est le marché du travail je vais vous l’expliquer.

          Pour ce qui est des emplois « spécialisés » ( Il me semble que vous entendez par là des emplois de techniciens, cadres ou demandant un diplôme spécialisant), Pierre et vacances recrute non pas dans la région, ni même en France, mais dans l’Europe entière. Vous comprendrez donc que ces emplois très peu nombreux dans les Center parc ne concernent pas les locaux. Car les locaux n’ont pas de spécialités. Ces gens là recherchent des emplois sans qualification même à temps partiels. Car ils sont très peu qualifiés puisque le peu de personnes qualifiées ont déjà quitté la région pour une métropole.

          La venue d’un Center Parc pour ces gens là est vécu comme un nouvel eldorado, car un couple a l’assurance de trouver un travail pour eux deux et même au smic et même à temps partiel. Parce qu’actuellement c’est ou le chômage, ou le RSA. Et je ne parle même pas des commerces qui ont depuis longtemps déserté le village et qui avec l’arrivée de 5000 touristes sont prêt à revenir

          La France est un pays qui perd et quand je dis perdre je ne parle pas chômage, je parle destruction d’emplois (des emplois qu’on ne retrouvera jamais plus). Bref la France perd 2000 emplois par mois ( prés de 24 000 par an). En 2013, le Rhône Alpes, qui est une des région les moins touchés, a crée 2800 emplois et en a perdu 6000, pendant que l’Ile de France et perdait 10000 pour en créer 24000. Est-ce que vous voulez savoir où sont les emplois qualifiés ? Pas dans le Rhône Alpes. Et puis cerise sur le gâteau, sur les 2800 emplois crées, il y en a 762 pour l’éducation nationale et 320 pour les collectivités locales soit plus d’un tiers pour la fonction publique. Aussi le Rhône Alpes peut se permettre de faire la fine bouche sur quelque 600 emplois même sous qualifiés


        • liebe liebe 12 décembre 2014 21:56

          Pour ce qui est des emplois « spécialisés » ( Il me semble que vous entendez par là des emplois de techniciens, cadres ou demandant un diplôme spécialisant), Pierre et vacances recrute non pas dans la région, ni même en France, mais dans l’Europe entière. Vous comprendrez donc que ces emplois très peu nombreux dans les Center parc ne concernent pas les locaux. CTout à fait d’accord sur ce point donc cela va faire venir de nouvelles familles mais cela ne va pas résoudre le chômage des locaux. Ceci dit, il ne faut pas croire que les personnes qui ont choisi de vivre à la campagne sont tous des personnes qui sont au chômage et qui ne travaillent pas. Ils se rendent à Grenoble, Valence, Moirans ou autre. 

          Car les locaux n’ont pas de spécialités. Ces gens là recherchent des emplois sans qualification même à temps partiels. Car ils sont très peu qualifiés puisque le peu de personnes qualifiées ont déjà quitté la région pour une métropole.

          La venue d’un Center Parc pour ces gens là est vécu comme un nouvel eldorado, car un couple a l’assurance de trouver un travail pour eux deux et même au smic et même à temps partiel. 

          Les locaux n’ont pas de qualifications. N’est ce pas réducteur ? S’ils ont un temps partiel, le couple touchera 380*2 =760 euros par mois . Mais comme ils seront en dessous du seuil de pauvreté , ils vont continuer de vivre au détriment de la société et seront assistés. 

          certains locaux ont des qualifications , il ne faudrait pas croire que ceux qui ont choisi de vivre à Roybon soient tous des indigents incultes. Je pense que vous les insulter en les considérant ainsi. ET un eldorado à 760 euros par mois , les fera vite grincer des dents. 

          je pense que vous ne connaissez pas les center parc. Des commerces il y en aura à l’intérieur du parc. ils ne s’installeront pas dans la commune.. Les touristes vivront dans leur parc, ils ne sortiront pas de leur bulle... C’est un leurre.. 

          La France est un pays qui perd de l’emploi , je l’ai déjà dénoncé. Je vous invite à lire mon article sur ce sujet.. Mais nous en sommes tous responsables : nous automatisons presque le moindre geste de la vie quotidienne,http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-petites-mains-61799 .. 

          Pour le reste ce seront tout de même les impôts des isérois qui vont payer les infrastructures autour de ce center parc . Pierre et Vacances ne sont qu’un grand groupe financier. Nous avons déjà vendu notre âme aux financiers..



        • Le421... Résistant Le421 13 décembre 2014 09:29

          Et je ne parle même pas des commerces qui ont depuis longtemps déserté le village et qui avec l’arrivée de 5000 touristes sont prêt à revenir...

          Il serait peut-être utile de rappeler que ces centres vivent en autarcie. Les gens du coin ne voient passer que les cars qui vont ou viennent de l’aéroport.


        • lsga lsga 12 décembre 2014 15:17

          « ces activités-là je peux les faire à côté de mon domicile tout au long de l’année en participant aux associations locales et en faisant travailler les centres d’équitation, les moniteurs, les instructeurs de chaque sport »

           
          Tous ces poujadistes qui votent à droite et à l’extrême droite vont faire faillite grâce aux grandes multinationales ? TANT MIEUX !

          • lsga lsga 12 décembre 2014 15:23

            « L’argent public ainsi dépensé permettra-t-il de rentrer dans les fonds ? Non, car comme un center parc c’est la vie quasi en autarcie dans un microcosme, les restaurants et boutiques seront suffisants pour le touriste lambda qui ne sortira pas de sa bulle… »

             
            Idem, que ces connards fassent faillite. Les salariés du CenterParc, comme ceux du MacDo, eux, votent à gauche.

          • liebe liebe 12 décembre 2014 22:52

            et si c’était le contraire ? 


          • lsga lsga 12 décembre 2014 15:20

            « L’imperméabilisation et le défrichement de près de 100 ha de terrain pour le projet de Center Parcs sur la partie nord-est en tête du sous-bassin versant peuvent, de manière tout à fait réaliste, participer dans une telle situation à l’accroissement significatif du risque de crue et de catastrophe naturelle. Y compris lors de l’exploitation. »


            Pour peu qu’il y ai des morts comme à la Faute Sur Mer, le fait que les zadistes est prévenu des risques permettra au moins d’obtenir des peines de prison de ferme... triste consolation...

            • lsga lsga 12 décembre 2014 15:25

              Bon, un bon article dans l’ensemble, la question écologique est bien traité. Dommage que la question économique soit abordée d’un point de vue poujadiste, de défense des petits commerçants, restaurateurs, centre d’équitation, etc.


              • Chermau 12 décembre 2014 17:24

                Deux petits reportages sur place à la manifestation du 16 et du 30 novembre, vous permettra de connaitre l’avis des associations et de quelques acteurs locaux, élus eux aussi.

                https://vimeo.com/113259591

                https://vimeo.com/112092248


                • Le421... Résistant Le421 12 décembre 2014 17:53

                  Tous ces projets pharaoniques comme l’hypermarché Leclerc de Sarlat sentent l’escroquerie intellectuelle, l’inutilité et le pot de vin.
                  Il faut être bien placé pour le savoir, mais, au résultat, c’est toujours un transfert d’argent public vers le privé...
                  Les emplois ?? Aucune pérennité et bien souvent un tissu de mensonges...

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