Nous allons laisser quelques jours notre quête des responsabilités menant au massacre d'Oslo (rassurez-vous, on était sur le point de conclure) pour revenir à une autre série qui refait surface avec l'actualité... en France. L'arrestation d'un "super-flic" lyonnais nous replonge en effet dans l'enfer de la cocaïne, puisque le point de départ de son arrestation n'était autre qu'une saisie... ratée de drogue dans l'appartement d"un saoudien, à Neuilly. Un homme s'était échappé, qui sera arrêté plus tard au... Venezuela. Cette arrestation surprise cache peut-être bien un iceberg gigantesque dessous : et cet iceberg, c'est ce dont je vous ai parlé lors de nombreux épisodes, et c'est pourquoi j'y reviens aujourd'hui en deux volets : le démantèlement du réseau, vu tout d'abord par la DEA américaine, et vu de l'autre côté par les français. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises, avec ces deux explications différentes. Comme prévu, ça remonte haut, très haut, tant les quantités importées de Colombie étaient phénoménales : on parle aujourd'hui de trois voyages au moins de Boeing 727, pouvant emporter à chaque voyage jusqu'à 10 tonnes de cocaïne. Mais commençons par l'explication américaine si vous le voulez bien...
Le 15 novembre dernier 2010, l’agence Associated Press révèlait la totalité du réseau découvert par les américains dans un article fondamental passé partout inaperçu, hélas. "Des procureurs américains, dans une série de procès, affirment qu’ils commencent à démêler la dernière innovation dans le trafic de drogue : les gangs d’Amérique du Sud achètent des jets anciens et d’autres avions, les remplissent avec de la cocaïne et volent ainsi sur plus de 3000 miles à travers l’océan vers l’Afrique". Ils auront quand même mis près d’une année complète pour le découvrir : le Boeing 727 qui a démarré cette série a été découvert le 2 novembre 2009 au Mali ! Et la dépêche, sans le savoir, avait retrouvé celui qui était très certainement le pilote de ce fameux avion : Constantin Yaroshenko, citoyen russe et ancien pilote de KLM, lié au réseau d’Antonov 32 d’un autre personnage connu : Viktor Bout. Les deux histoires se télescopaient : les avions de la drogue avaient bien des liens avec les avions transportant les armes. Tout est lié, en effet : dans les accusations américaines officielles contre Viktor Bout, figure la tentative d’achat de deux vieux 727 aux Etats-Unis, dont il n’a rien à faire personnellement, disposant d’une flotte de transport plus que conséquente. Tout est donc bien lié !
Le vendeur d’avions arrêté s’appelle Manuel Antonio Silva Jaramillo, d’International Airlines Supply, installé à Miami. Haut lieu des transferts de drogue du pays, on le sait. L’homme appartient à un gang, celui de Valencia-Arbelaez, 43 ans, surnommé "Padre" ou "Pat", (ici en photo le jour de son extradition) "qui est l’un chef de file d’un groupe international sophistiqué de trafic de cocaïne (appelée"l’Organisation"), basé en Colombie et au Venezuela, et qui a fonctionné dans le monde entier, y compris en Bolivie, en Espagne, en Hollande, en Sierra Leone, en Guinée Conakry, en Mauritanie, au Mali, à Chypre et aux États-Unis", nous informe en détail Shimron Letters ."A partir de septembre 2007, les membres de l’Organisation ont cherché à acheter un avion-cargo pour le transport de tonnes de cocaïne en provenance du Venezuela vers l’Afrique de l’Ouest. Entre Septembre 2007 et Mars 2009, Manuel Silva-Jaramillo, membre de l’Organisation arrêté plus tôt cette année, a mené des réunions dans le cadre des efforts de l’Organisation pour acquérir les avions, entre autres, à Madrid, en Espagne, à New York, et en Virginie. Sllva Jaramillo était prêt à financer l’achat de l’avion, via l’intermédiaire d’une société basée à Chypre et inscrite en Sierra Leone", ajoute-t-il. Or là, on tombe déjà sur le réseau de Viktor Bout, qui possède ces deux adresses depuis toujours. "Lors d’une réunion en Europe en Octobre 2007, Sllva Jaramillo à apporté plus de 1,25 millions d’euros en espèces - produit de la drogue qui représentait un paiement partiel vers l’avion - avec les instructions selon lesquelles ils devaient être transférés à différents comptes bancaires aux États-Unis. Lors d’une de ces réunions, qui a été enregistrée Sllva Jaramilloa déclaré que l’Organisation avait entre 30 et 60 millions d’euros en Espagne qui avaient besoin d’être blanchis". La confirmation attendue est donc tombée : tous les vols que j’ai pu répertorier arrivés en Afrique de l’ouest étaient bien de la même provenance. Les petits appareils bimoteurs, les jets privés détournés et les gros porteurs 727 ont tous un lien entre eux ! 

Et quand j’affirme que tout est lié, c’est vraiment le cas comme dit Associated Press : parmi les personnes arrêtées aux Etats-Unis, on trouve d’autres gros poissons qui se sont fait prendre dans la nasse. "Tel Francisco Gonzalez Uribe, un trafiquant colombien qui doit être condamné ce mois-ci. Il a été pris lors de la tentative d’achat d’importants d'aéronefs, y compris un DC-8. Walid Makled-Garcia, (surnommé "Le turc" ou "l’arabe") qui selon les procureurs contrôlait les pistes d’atterrissage au Venezuela utilisées comme points de départ pour les vols de drogue. Les procureurs US affirmants également que Makled-Garcia était derrière l’un des plus gros envois de drogues plan ces dernières années : un DC-9 qui a atterri à Mexico en 2006 avec plus de 12 300 livres de cocaïne à bord"... et là, on déroule bien l’écheveau complet, qui relie donc les cartels colombiens, les avions de la CIA et ceux de Viktor Bout, sans oublier le rôle des banquiers de Wachovia ! Ni celui des "préparateurs" de la Mena pour maquiller le DC-9 !!!
Le problème, c’est que Walid conduit aussi ailleurs... et ces relations remontent très haut et sont très embarrassantes pour... Hugo Chavez, qui semble avoir fermé l’œil à plusieurs reprises sur ses activités. "Makled aurait établi un partenariat avec Corredor, qui est décrit comme "le plus prolifique des trafiquants de drogue" qui travaille avec la guérilla des FARC en Colombie, selon le Bureau américain pour Foreign Assets Control (OFAC). Corredor s’était échappé d’une prison vénézuélienne en 2005. Il a ensuite été arrêté en Colombie puis extradé aux États-Unis, où il attend son procès dans les charges d’apporter un soutien à une organisation terroriste. Dans le document, la DEA explique comment Makled a acheté sept tonnes de cocaïne en provenance de l’armée vénézuélienne et à des représentants du gouvernement qui l’auraient confisqué aux trafiquants. Le rapport affirme que Makled a soudoyé un million de dollars à Jésus Alfredo Itriago, le chef de l’unité anti-drogue du Venezuela de ce qui était alors connu sous le nom de police techique judiciaire (PTJ) à Valence, pour reprendre en mains 4000 kilos de cocaïne qui avaient été saisis. Le document a été déposé en octobre dans le cadre d’une demande de DEA de geler un compte détenu par Makled et sa famille dans une banque du Venezuela qui exerce à Puerto Rico". Pour obtenir sa concession portuaire de Porto Caballo, Makled avait versé 2 millions de dollars à la campagne électorale de Chavez.. dans leur livre The Sitxth Family, Lee Lamothe et Adrian Humphreys, rappellent qu’en 1995 déjà l’ambassadeur US à Caracas avait écrit que Puerto Caballo était "un point d’embarquement pour des envois en containers de tonnes de drogue vers les USA." La drogue était embarquée par bateau de Puerto Caballo vers Miami via deux petits bateaux, le "Florida Star" et le "Texas Ranger".
La banque citée étant la Caracas International Banking Corporation (CIBC), et le virement sur le compte N° 200001723. Un compte ayant transféré à cette date la somme assez conséquente, en une seule fois, d'un montant effarant de 3 407 867,55 dollars. Le 16 novembre 2009, un autre compte au nom de la Heptagon Asset Management était saisi. les enquêteurs découvriront que du 30 septembre 2008 au 16 janvier 2009 ce n’étaient pas moins de 55 098 305,53 dollars qui avaient bougé de compte à compte. Le 25 mars 2009, la DEA avait déjà gelé les fonds de la Rosemont Financial, du financier, la propriété de l’indo-vénézuélien Rama K.Vyasulu, lui même arrêté avec des accusations de dissimulation d’argent et de blanchiment d’argent : les transferts de la CIBC lui étaient destinés pour la plupart.
L’homme, de son vrai nom Rama Krishna Kuchibhotla Vyasulu, possédait 49 comptes différents ! Comme lieu de réference de ses 49 fausses entreprises, une simple boîte postale UPS à Doral, en Floride. Il était aussi le vice président et directeur de la Centennial Bank USA, à New York et le vice président de Banco de Venezuela Internacional à Miami et New York. Une banque qui avait pour leit-motiv "transparence,, initiative et professionalisme (on ne rit pas !).’’
Makled semble en effet avoir bénéficié de soutien hauts placés dans le pays, et ce, depuis pas mal de temps. "En 2008, avec ses trois frères, Makled à acquis la compagnie phare du Venezuela en transport aérien, Aeropostal, qui a été nationalisé cette année. Mais les affaires les plus lucratives de la famille ont été l’installation de fret et un entrepôt à Puerto Cabello, sur la côte nord du pays. La riche famille Makled entretient une relation étroite avec des alliés influents du président Hugo Chavez, dont les gouverneurs et les juges de la Cour suprême, selon El Nuevo Herald, citant la presse locale et les documents obtenus par le journal. Abdala Makled, l’un des frères, a été président de la "Fédération des hommes d’affaires bolivariens", une des organisations pro-Chavez". Vu sous cet angle, on voit bien que ce qu’on avait soupçonné dans un des épisodes précédents, à savoir que la CIA désirait ainsi mouiller Chavez, avait plutôt pris le bon chemin. Un chemin que l'habile politicien Chavez lui-même coupera net : "mais les affaires de la famille et de l’empire politique pas tardé à s’effondrer. En novembre 2008, des officiers vénézuéliens du renseignement militaire ont signalé avoir trouvé 392 kilos de cocaïne stockés au ranch El Rosario, géré par la Makled Les frères ont été accusés de trafic de drogue et arrêté, sauf Walid". Selon l’avocat des deux frères arrêtés, cette arrestation était une représaille de Chavez pour avoir soutenu un candidat d’opposition. Il n’empêche : la principale agence aérienne du pays achetée par des trafiquants notoires, cela reste un bel exploit dont les services de Chavez peuvent difficilement être fiers ! Pour couper court aux rumeurs, le gouvernement vénézuelien annonçait le 6 février 2010 l’arrestation de Carlos Ojeda Herrera, un trafiquant colombien. On avait découvert 900 kgs de drogues diverses cocaine, héroïne et de la crystal méthamphétamine) cachés chez lui dans des bidons de détergent.
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jeune retraité de l'Education Nationale (PEGC) et du privé très (très) actif.
Voir ses articles, sa fiche et ses statistiquesIl vous semblerait morice qu’hugo chavez soit impliqué dans le trafic de drogue (...)
05/10 12:44 - Loatseffi, allez distiller vos idées néo-nazies ailleurs et cessez vos sarcasmes ici. vous (...)
05/10 08:26 - moriceras le bol de votre trollisme ridicule et sans cervelle sur mes textes Yang, ras le bol ! (...)
05/10 01:06 - moricenotre allié contre le terrorisme islamique, bien sur morice. Cela t’aurait échappé ? (...)
05/10 00:23 - GLANDU
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