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Accueil du site > Tribune Libre > « Complotiste » et fier de l’être !

« Complotiste » et fier de l’être !

Je sais ce que vous allez dire : encore un article sur la « théorie du complot » ! Seulement on a écrit tellement de bêtises à ce sujet qu’une petite mise au point m’a paru utile. J’ai essayé d’éviter deux excès courants. Le premier consiste à nier en bloc l’existence des complots, et à discréditer comme « complotistes » ou « conspirationnistes » tous ceux qui croient à l’existence de complots. Le second excès consiste à voir des complots partout. La vérité, me semble-t-il, est entre les deux. Oui, il y a bien des conspirations… Mais les plus dangereuses ne sont pas forcément les plus cachées. Le grand complot, en un sens, se trame sous nos yeux…

 Les « petits » complots

Dieu a parfois des idées très étranges. Je ne prétends pas critiquer son œuvre, mais tout de même, je m’interroge : pourquoi a-t-il créé les anti-complotistes radicaux ? Les anti-complotistes radicaux, vous en avez sans doute déjà rencontrés. Ce sont ces êtres un peu désagréables que Dieu a programmés pour rire aux larmes dès qu’ils entendent le mot « complot ». Ce sont ces mêmes gens qui, après avoir séché leurs yeux, vous disent avec un aplomb infini : « Désolé, mais je ne crois pas en la théorie du complot. » Ce genre de discours est plutôt agaçant. Par bonheur, il n’est pas très difficile d’y répondre.

 On peut d’abord faire remarquer qu’aucun historien sérieux ne nie l’existence de nombreux complots. Ces derniers peuvent être de natures très variées. Citons, entre autres, les ententes illégales entre grandes entreprises (exemple : France Telecom, SFR et Bouygues Telecom), ou encore les préparatifs de coups d’État, tel celui qui a été organisé par la CIA contre Mossadegh en 1953. Le président de l’Iran avait eu à l’époque le tort de nationaliser des compagnies pétrolières occidentales. La responsabilité des États-Unis dans ce coup d’État a été officiellement reconnue par Madeleine Albright en 2000, puis par Barack Obama en 2009. Tout aussi célèbre est le complot qui a préparé le 11 septembre… 1973 – date du renversement de la démocratie chilienne par Pinochet.

 De manière générale, la grande majorité des coups d’État a été préparée par des comploteurs. On voit mal comment un homme seul ou un groupe d’hommes mal organisés pourraient renverser un pouvoir en place. Il en va de même pour les attentats terroristes. Celui du 11 septembre 2001 ne fait pas exception à la règle. Quels qu’en soient les responsables, il est certain qu’il est le résultat d’un complot. Sur ce point, les tenants de la « version officielle » sont d’accord avec leurs adversaires.

 

Le grand complot

 Il y a donc bien des complots, cela est indéniable pour peu qu’on soit un peu de bonne foi. Seulement, me dira-t-on : tout cela, ce sont de « petits » complots - des conspirations qui ne concernent qu’un domaine très particulier (comme le secteur de la téléphonie mobile) ou un territoire donné (l’Iran, le Chili, etc.). Qu’en est-il du complot mondial dont on nous rebat les oreilles sur AgoraVox ou ailleurs ? Eh bien ! ce complot existe. En revanche, il est d’une nature très particulière : moins occulte, moins centralisé, moins spectaculaire que les complots locaux dont j’ai parlé plus haut, il n’en est pas moins très efficace, et hautement nuisible.

 Ce complot, c’est celui qui se trame depuis environ quarante ans contre la démocratie. Les « élites » de tous les continents, malgré leurs rivalités, conspirent contre les masses afin d’instaurer, sinon un gouvernement mondial, du moins des régimes de plus en plus oligarchiques. Il y aurait un peu l’équivalent de ce qui s’est produit à la fin du XVIIIème siècle, quand certains monarques européens ont momentanément oublié leurs différends pour soutenir leur cousin Louis contre les révolutionnaires français. Il en va de même aujourd’hui : les grandes entreprises, les chefs d’État, les magnats de la presse et les spéculateurs peuvent se livrer une rude concurrence, ils n’en sont pas moins unis contre les peuples qu’ils ont entrepris de diriger, de manipuler ou de faire travailler.

 Cette thèse, bien entendu, fait l’objet de multiples objections. Je vais me contenter d’en étudier deux, ce qui me permettra au passage de préciser ma pensée.

 

La démocratie n’est-elle pas un mythe ?

 On pourrait d’abord dire qu’il ne peut pas y avoir de complot contre la démocratie parce que la démocratie n’a jamais existé. Même chez les Athéniens, les masses n’avaient qu’un pouvoir très limité. Non seulement les femmes, les esclaves et les « métèques » étaient dépourvus de pouvoir politique, mais les citoyens eux-mêmes, dans les faits, n’étaient pas à égalité. On le voit bien dans les dialogues de Platon : les plus riches avaient les moyens de se payer les leçons des sophistes et des maîtres de rhétorique, grâce auxquels ils acquéraient une éloquence fort utile dans les débats politiques. Mais si la démocratie athénienne était imparfaite, que dire de nos « démocraties représentatives » ? Les « représentants du peuple » ont-ils jamais représenté autre chose qu’eux-mêmes ou que les intérêts des classes dominantes ? Déjà Rousseau, au XVIIIème siècle, était extrêmement méfiant à l’égard de la démocratie parlementaire. Dans le Contrat social, il affirme qu’une république digne de ce nom doit être constituée de citoyens qui participent directement au pouvoir législatif : la volonté du peuple souverain est inaliénable. La suite de l’histoire semble lui avoir donné raison. Comme l’ont bien vu les marxistes et les anarchistes du XIXème siècle, la « démocratie » moderne a toujours été le gouvernement de la bourgeoisie, par la bourgeoisie et pour la bourgeoisie. Son but était moins de promouvoir la liberté que de protéger les riches propriétaires capitalistes contre les masses exploitées.

 Cela étant dit, il serait simpliste de rejeter en bloc toutes les réalisations des démocraties représentatives. Sous la pression de mouvements révolutionnaires, les classes dominantes ont dû lâcher du lest : accepter le droit de grève, instaurer peu à peu une protection sociale et un impôt progressif sur le revenu, accorder le droit de vote à tout le monde… Jusque dans les années 1970, les inégalités de richesses et de niveau d’instruction ont considérablement diminué dans les pays industrialisés – y compris aux États-Unis, malgré leur haine du communisme. Parallèlement à cette évolution sociale, une évolution « sociétale » a permis un certain recul du racisme, du sexisme et de l’homophobie. L’égalité des droits, sans laquelle aucune égalité politique n’est possible, a gagné du terrain. À défaut d’une véritable démocratie, il y a donc bien eu un grand mouvement de démocratisation dans les pays occidentaux.

 Or, cette tendance s’est inversée depuis une trentaine d’années. Sous l’impulsion de politiciens de droite, comme Thatcher et Reagan, mais aussi de sociaux-démocrates convertis au capitalisme libéral, les inégalités se sont accrues, la misère et la précarité se sont développées, les représentants du peuple sont devenus de moins en moins représentatifs des classes populaires et l’abstention électorale n’a cessé de croître. Les gouvernements ont donc perdu une grande part de leur légitimité, ce qui les a conduits à modifier la législation dans un sens toujours plus « sécuritaire » – non tant, bien entendu, pour garantir la sécurité des citoyens, que pour garantir leur propre sécurité contre les citoyens. Malgré leurs belles idées libérales, les capitalistes ne sont pas très attachés à la liberté individuelle de leurs adversaires potentiels – c’est-à-dire de tous les citoyens ordinaires. Quant aux réformes « sociétales », elles se sont sans doute poursuivies, mais leurs effets sont devenus moins évidents. Les problèmes de racisme et de sexisme sont inextricablement liés à des problèmes économiques, et il est vain de prétendre résoudre ces questions « sociétales » tout en négligeant la question sociale.

 À quoi cette évolution est-elle due ? Faut-il voir là les effets d’une conspiration ? En un sens, oui. Certes, il n’est pas question de minimiser d’autres causes, comme l’imitation du modèle anglo-saxon ou la chute de l’Union soviétique. Voyant le succès politique de Thatcher et Reagan, constatant par ailleurs que la menace communiste n’était plus qu’un souvenir, les « élites » bourgeoises se sont empressées de détricoter la plupart des progrès sociaux, politiques et juridiques des décennies passées. Mais ces causes n’expliquent pas tout : pour être plus efficaces, les élites se sont concertées et se concertent encore. Elles se rencontrent et élaborent des stratégies à tous les niveaux : au niveau national (par exemple dans des clubs comme Le Siècle), régional (Union européenne, ALENA, etc.) ou international (FMI, OMC, forum de Davos, groupe Bilderberg, Commission Trilatérale, etc.). Il y a donc bien une sorte de conspiration des « élites » du monde entier, non pas pour instaurer un régime oligarchique – car ce régime est déjà là – mais pour purger ce régime de tout reste de démocratie. Les « élites » financières, industrielles, politiques et médiatiques ont déjà un pouvoir économique et politique gigantesque, mais elles ne sont jamais rassasiées : il leur faut toujours plus de richesses, de puissance et de prestige.

 

Un secret de Polichinelle ?

 À vrai dire, tout cela n’est plus un grand mystère. L’oligarchie est devenue tellement puissante qu’il est difficile de l’ignorer. Quand un peuple s’aperçoit que ses dirigeants ne tiennent aucun compte de la volonté qu’il a exprimée lors d’un référendum, il commence à comprendre à quel point le mot « démocratie » a perdu de sa substance. On pourrait encore parler du pouvoir immense des banques et des organisations financières qui, après avoir perdu des sommes astronomiques en jouant au casino, sont capables d’extorquer des milliards aux États sans que ceux-ci n’aient le courage ou la volonté d’exiger aucune contrepartie sérieuse.

 D’ailleurs de plus en plus de voix se font entendre – y compris dans les médias « autorisés » – pour révéler ce secret de Polichinelle. Signalons au passage Hervé Kempf, journaliste au monde et auteur de l’essai L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie ou encore Alain Cotta, économiste et ancien membre de la Commission Trilatérale – dont une interview à Radio Notre Dame a révélé qu’il ne croit pas en l’illusion démocratique. Confession d'autant plus intéressante qu'elle émane d'un oligarque, ou du moins d'un proche des milieux dirigeants... Avec un cynisme presque sympathique, M. Cotta dit clairement que le régime oligarchique n'est pas forcément mauvais, et qu'il est "naturel" à toute société humaine.

 Mais si l’existence de l’oligarchie est bien connue, si les « élites » se réunissent principalement dans des institutions officielles (Commission européenne, Parlement européen, OMC, FMI…) ou des clubs qui ont pignon sur rue (Trilatérale, le Siècle, etc.), peut-on encore parler de conspiration ? Pour qu’il y ait conspiration, il faut du secret. Or, les décisions et les stratégies de ces organisations ne sont pas vraiment cachées. De nombreux documents élaborés par ces organisations sont accessibles au grand public. Et puis, depuis le temps que l'oligarchie manœuvre pour augmenter son pouvoir, détruire les libertés publiques et les droits sociaux, on commence à savoir où elle veut en venir et par quelles voies.

 Voilà une objection sérieuse à ma thèse « conspirationniste ». Elle n’est pourtant pas tout à fait irréfutable, et j’y répondrai dans un prochain article. Car j’ai pitié de vous, amis lecteurs. Le texte que vous venez de lire était déjà bien long, et je m’en voudrais d’abuser de votre patience. À très bientôt, donc.


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62 réactions à cet article    


  • Roosevelt_vs_Keynes 20 juin 2011 10:11

    Un complot aboutit : le 15 juin, une plainte a été déposée contre Barack Obama pour violation de la Constitution, concernant son exploitation du War Power Act.


    • caramico 20 juin 2011 10:39

      Pourquoi tous ces philanthropes qui composent le Bilderberg et qui se penchent avec bienveillance sur le sort de l’humanité ne font pas profiter le vulgum pecus, le petit peuple que nous sommes de leurs étincelantes réflexions en télévisant leurs raouts annuels afin de faire taire les très mauvaises langues qui leurs accordent à tort de mauvaises intentions ?


      • Roosevelt_vs_Keynes 20 juin 2011 10:54

        Réponse : pour que le « petit peuple », comme vous dites, focalise justement son attention sur lui pour le détourner des véritables enjeux. Règle de base du marketing... et ça marche apparemment :)

        Voici se joue véritablement le sort du monde ces jours-ci.


      • Roosevelt_vs_Keynes 20 juin 2011 18:10

        Merci pour cet hommage du vice à la vertu.


      • robin 20 juin 2011 10:58

        Le terme péjoratif de conspirationiste ou complotiste est une merveilleuse arme de terrorisme intellectuel dont le but est de « tuer » symboliquement toute personne qui oserait utiliser son temps disponible de cerveau à autre chose que de se vautrer dans l’adoration du veau d’or et à oser douter de la parole officielle.

        Noter d’ailleurs qu’il existe 2 types de théories du complot :
        - celles relayées par le peuple et l’internet qui sont interdites par les pouvoirs en place, cette interdiction étant pour l’instant de l’ordre du terrorisme intellectuel (en attendant hélàs très bientôt des mesures beaucoup plus coercitives),
        - celles relayées par les grands ordonnateurs de la religion du système que sont les médias qui sont elles, non seulement autorisées mais vivement recommandées (par exemple les 19 arabes qui ont organisés tout seuls le 11 septembre ou le méchant complot qui a fait tomber DSK etc..)


        • voxagora voxagora 20 juin 2011 11:53

          Il y a mieux que complotiste ou conspirationniste : SOUCOUPISTE !

          En fait le sens compte, bien sûr,
          mais si ces termes là sont préférés à « fabulateurs », par exemple,
          c’est parce qu’ils permettent de projeter, renvoyer, cracher, asséner, 
          avec toutes ces consonnes dures qui sont aussi dans 
          Con ! Pignouf ! Taré ! Tais-Toi ! Sac-à-Puce !
          .

        • voxagora voxagora 20 juin 2011 11:55

          Je n’avais pas lu le commentaire plus bas.


        • pierre60 pierre60 23 juin 2011 05:55

          Tout a fait !
          Sur le 11 septembre 2001, on deux grandes theories du complot.

          • D’un cote, celle d’un complot organise par des islamistes extremistes.
          • De l’autre cote, celle d’un complot organise (ou facilite) par le gouvernement US lui-meme.
          Quel complot est le vrai ?

        • sisyphe sisyphe 20 juin 2011 10:59

          Dieu a parfois des idées très étranges. Je ne prétends pas critiquer son œuvre, mais tout de même, je m’interroge : pourquoi a-t-il créé les anti-complotistes radicaux ? Les anti-complotistes radicaux, vous en avez sans doute déjà rencontrés. Ce sont ces êtres un peu désagréables que Dieu a programmés pour rire aux larmes dès qu’ils entendent le mot « complot ».


          Ils sont visibles sur de nombreux sites, dont celui-ci  ; repaire de bousiers, de ragoteurs (et radoteurs), et de fachos, dont la seule raison d’être est de dénoncer comme « soucoupistes », tous ceux qui essaient de comprendre, de démontrer, de dénoncer ce qui se cache derrière les trompeuses versions officielles, et les médias complices. 

          Aussi cons et obtus que les « complotistes » professionnels, mais plus dangereux, parce que soutiens objectifs et actifs de l’oligarchie dominante. 





          • sisyphe sisyphe 20 juin 2011 11:59

            ... et ça n’a rien à voir avec Dieu, mais avec la rigidité d’esprit, la suffisance, l’esprit d’exclusion, la médisance, et, surtout, la soumission totale à l’ordre établi, fut-il totalement oppresseur et asservisseur. 


            De parfaits petits soldats de la dictature de la pensée et des mafias financières. 

          • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 12:18

            He béééé. Si ce n’est pas de l’outrance.

            Il y a des gens on sent instinctivement « ce con là, avec un flingue et un insigne, il deviendrait à coup sur un vrai salopard. »


          • sisyphe sisyphe 20 juin 2011 12:43

            Il y en a qui n’ont besoin ni de flingue, ni d’insigne, pour être de parfaits salopards : il leur suffit d’être les valets obligés et actifs de la dictature des mafias financières, qui affame les citoyens, lamine les états, et les démocraties. 


            Pas de flingue ; juste livrer le monde aux banques,organismes financiers, et à sa privatisation ; beaucoup plus efficace, pas vrai Péripate ? 
             smiley 

          • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 12:47

            Non archi-faux. Mais qu’attendre d’autre d’un menteur et d’un indicateur ?


          • non666 non666 20 juin 2011 13:47

            Excellente reference sisyphe !

            Ce disons.fr est un chef d’oeuvre qui reussit la quadrature du cercle : singer agoravox en le copiant tout en le diffamant .
            Y sevit la creme de la creme : reneve, le furtif, leon ; que de noms oubliés  !
            Enfin, pas tant que ça puisqu’ils reviennent regulièrement vomir ici bas sous d’autres pseudos.


          • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 13:50

            Ces deux là sont fait pour s’entendre. La division du travail, il n’y a que ça de vrai.

            Bon, ben bonne bourre.


          • Yohan Yohan 20 juin 2011 14:39

            Ouaip ! Perso, je soutiens les oligarques et j’ai d’ailleurs de bons amis crétois dans la filière huile d’olive, et quelques chinois dans l’huile de sésame, toujours utile pour ouvrir les portes et déverouiller les gonds. 
            L’« oligarchie dominante », tu veux parler de l’huile de Tournesol ou de colza ? smiley smiley


          • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 14:58

            Un peu d’huile évite bien des accidents d’enfonçage de portes ouvertes.


          • Traroth Traroth 20 juin 2011 11:57

            La démocratie n’est pas nécessairement un mythe, mais elle a un coût auquel la plupart des gens ne pensent pas et dont je doute de plus en plus qu’ils sont réellement prêts à le payer : l’implication. Une ÉNORME majorité des gens se foutent de la politique, votent plus ou moins au pif ou, au mieux, en « s’informant » 15 jours avant les élections. Et ils s’imaginent que ça peut fonctionner comme ça, qu’ils vont se retrouver avec des dirigeants valables au pouvoir !


            • ZEN ZEN 20 juin 2011 12:39

              J’connais un gars, ancien copain, qui a lu avec passion Naomi Klein, et qui cependant fait une fixette sur les « complotistes » qui dénoncent la tyrannie du système financier, qu’on a vu a l’oeuvre de manière concertée déjà lors de la crise de 29, qui qualifie de « larouchiste » toute critique, même partielle, de « versions officielles » acceptées de manière quasi-religieuse
              Je n’arrive pas à comprendre une telle schizophrénie, un tel manque de logique et de cohérence.


              • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 12:44

                C’est vrai. Dans le sud-est asiatique les inégalités se sont accrus. Il y a maintenant des riches et une classe moyenne.

                Quelle horreur !


                • Traroth Traroth 23 juin 2011 01:24

                  L’horreur, c’est l’apparition de millions de personnes qui n’ont plus aucun moyen de subsistance, et ça, ne vous en déplaise, c’est une nouveauté apportée par le libéralisme. La Chine ne nous a pas attendu pour pratiquer l’agriculture.

                  Mais du moment qu’il y a des riches, tout va bien, pas vrai ?


                • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 12:54

                  Après tout la théorie du complot obéit au rasoir d’Ockam. Une explication pour tout. C’est d’ailleurs la difficulté : assembler tous ces complots disparates en un seul. Pour ça on n’a jamais rien mieux fait que le Juif, le seul capable de les réunir tous. C’est toute l’histoire de l’antisémitisme.

                  Comme ici il y a beaucoup d’amateurs, ils pourront renouveler leurs petites théorie avec, par exemple, « Du Molochisme Juif » par un communard, Gustave Tridon, le second de Blanqui. Une référence.

                  Ne me remerciez pas, c’est pour rendre service. Je suis comme ça.


                  • ZEN ZEN 20 juin 2011 13:35

                    Sacré péripate !
                    Toujours aussi manipulateur et réducteur
                    Donc Kissinger mentait quand il avoua enfin les menées de la CIA au Chili, par exemple ?
                    Merci quand même !


                  • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 13:44

                    J’aimerai que vous détailliez par le menu ce qui vous mène à cette conclusion.

                    Exemple :

                    Le peripate dit que le complot unique qui les réunit tous est une invention.
                    Des complots existent.
                    Les complots ont pour but de changer le monde.
                    Donc le complot unique existe puisque le monde est unique.
                    Donc le péripate fait parti du complot.

                     smiley


                  • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 13:54

                    J’oubliais. Ne recopiez pas servilement, je m’en apercevrais.


                  • ZEN ZEN 20 juin 2011 13:56

                    Les Péripatéticiens ne faisaient pas de sophismes, eux... smiley


                  • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 14:52

                    La question c’est que c’est vous le sophiste. Car bien sûr je ne n’appartiens à aucun complot.

                    Maintenant, depuis que j’ai appris que je suis un valet servile de la réaction, je doute : et si j’étais dans le complot à l’insu de mon plein gré ?


                  • Jordi Grau J. GRAU 20 juin 2011 15:17

                    Au péripate

                    C’est amusant, ce que vous dites dans votre commentaire, parce que je comptais précisément parler du rasoir d’Ockam dans mon prochain article. A ce propos, je vous rejoins quand vous dénoncez les explications simplistes, et notamment celle qui consiste à tout mettre sur le dos d’une imaginaire juiverie mondiale. Là où je suis en désaccord avec vous, c’est quand vous dites que tous les complots sont « diparates ». Qu’il n’y ait pas une cohérence totale entre les oligarchies qui dominent le monde, je suis le premier à le reconnaître. J’en parle un peu dans mon article, d’ailleurs. Mais il y a tout de même une convergence entre les politiques menées ou préconisées par l’Union européenne, le FMI, l’OMC, l’OCDE, etc. Ce n’est pas pour rien qu’on a parlé de « consensus de Washington ». A ce sujet, cf. La grande désillusion de Joseph Stiglitz - un économiste si peu révolutionnaire que N. Sarkozy avait naguère recouru à ses services. Il est également frappant de voir que les think tanks les plus influents ne sont pas vraiment des repaires de gauchistes ou d’anarchistes.
                     
                    Toutes les réunions secrètes ou semi-secrètes des oligarques sont autant de petits complots s’inscrivant dans une stratégie relativement cohérente (ce que j’ai appelé le « grand complot »). Et cela pour une raison bien simple : c’est que ces oligarques, malgré leurs rivalités, ont des intérêts en commun.


                  • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 15:51

                    Je veux bien croire que des « oligarques » ont des intérêts en commun, mais pour cela, il faudrait que vous leviez l’anonymat commode sur ces « oligarques », et ensuite examiner cette question. 

                    Mais vous allez me dire que l’on ne sait pas qui ils sont .

                    C’est ballot.


                  • Jordi Grau J. GRAU 20 juin 2011 16:26

                    Je ne connais pas le nom de tous les oligarques, mais la plupart d’entre eux sont assez bien connus. Il y a les chefs d’Etat, les patrons des multinationales et des grosses banques d’affaire, les gros spéculateurs (comme Soros ou le regretté Madoff), les journalistes influents et les magnats de la presse. Ce sont des gens qu’on va retrouver au G8, à Davos, au FMI, à l’OMC, à la Banque mondiale, et dans les clubs influents (Bilderberg, Trilatérale)... La liste des membres de ces institutions n’est d’ailleurs pas secrète : il suffit d’aller sur leur site.


                  • foufouille foufouille 20 juin 2011 16:39

                    « Je veux bien croire que des »oligarques" ont des intérêts en commun, mais pour cela, il faudrait que vous leviez l’anonymat commode sur ces « oligarques », et ensuite examiner cette question. "

                    certains ont des sites internet
                    tu peut meme telecharger ou acheter leurs rapports


                  • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 17:45

                    Ca ressemble à la couverture de Paris Match. C’est comme ça que vous les trouvez les oligarques !

                    Bon, je comprends.

                    Nos vies valent mieux que leurs profits.

                    N’est-ce pas ? Les oligarques, c’est eux.

                    Il suffisait de me le dire, j’aurais compris.


                  • Traroth Traroth 23 juin 2011 01:27

                    « Donc le complot unique existe puisque le monde est unique » : Il est inutile que vous écriviez désormais des commentaires, après ce chef-d’oeuvre ! smiley


                  • Giordano Bruno 20 juin 2011 13:15

                    Je suis d’accord avec beaucoup de choses que vous dites. A l’exception d’une très importante. Je refuse le terme ’complotiste’ pour dénommer ce que vous décrivez. J’ai donc voté négativement pour votre article.


                    • Jordi Grau J. GRAU 20 juin 2011 15:24

                      Ce n’est pas par hasard que j’ai mis des guillemets à « complotiste » : je sais bien tout ce que ce terme charrie de connotations négatives. Par ailleurs, le « grand complot » dont je parle est d’un genre très particulier. Néanmoins, je pense qu’on peut dire qu’il y a une conspiration des oligarques : non pas une réunion unique et ultra-secrète visant à un but ponctuel, mais un ensemble de réunions plus ou moins secrètes et plus ou moins coordonnées visant à faire mourir ce qui reste de vie démocratique dans le monde. En ce sens-là, je me revendique « complotiste » - comme une sorte de défi. Toute proportion gardée, c’est un peu la même démarche que celle d’Aimé Césaire reprenant à son compte le mot dégradant de « nègre ».


                    • flesh flesh 21 juin 2011 08:19

                      Encore heureux que Giordano n’ait pas lu votre description car il aurait créé 10 profils rien que pour moinsser votre excellent article smiley


                    • non667 20 juin 2011 13:30

                       attention une « maffia »peut en cacher une autre !

                      c’est à dire qu’a l’intérieur d’un groupe certains peuvent se concerter secrètement pour manipuler le reste du groupe . en dehors des structures officielles ( 1°,2°,3° cercle ,initiés ,...commandeur , grand maître ....etc...)

                      inévitable !


                      • Jordi Grau J. GRAU 20 juin 2011 15:28

                        Très Saint Père, 

                        Sa Folle Sainteté aura sans nul doute compris que ma référence à Dieu était une modeste tentative de faire de l’humour.

                        Dans l’espoir de recevoir votre benoîte Bénédiction, je reste, Très Saint Père, votre fils affectueux et fidèle.

                        Frère J. GRAU


                      • Brath-z Brath-z 20 juin 2011 14:26

                        Un article assez fin sur la notion de complot. Je reste par contre très circonspect quant à la nature de complot de l’orientation mondialiste généralisée. J’y vois, plutôt qu’une action concertée, un effet de système.


                        • Jordi Grau J. GRAU 20 juin 2011 15:39

                          Tout n’est sans doute pas concerté dans l’évolution économique et politique du monde. Il est certain, par exemple, qu’un chef d’Etat isolé n’a qu’une marge de manoeuvre très réduite à cause de la mondialisation et du poids des lobbys dans son propre pays. Néanmoins, il faut toujours se souvenir que la politique - y compris la politique économique - est menée par des hommes. Les lois du progrès technique et de l’économie (si elles existent) ne doivent pas faire oublier qu’il y a une volonté politique dans la grande régression sociale et démocratique que nous subissons depuis trente ou quarante ans.

                          A ce sujet, je ne saurais trop vous conseiller la lecture d’un livre de Serge Halimi (directeur du Monde diplomatique) : Le grand bond en arrière. Ce livre, entre autres exemples, montre comment les travaillistes néo-zélandais ont volontairement cassé un système de protection sociale qui marchait très bien. Plus proche de nous, il faut voir comment les gouvernements français n’arrêtent pas de casser la sécurité sociale et les services publics, soi-disant parce qu’ils y sont contraints pour assainir les finances de l’Etat, alors que par ailleurs ils font des cadeaux fiscaux aux plus riches.

                          Toute cette évolution n’est donc pas si naturelle que les politiciens nous le disent. C’est d’ailleurs une grande ruse de l’oligarchie que de « naturaliser » un processus historique dont elles sont largement responsables, en se défaussant sur des facteurs impersonnels (le marché, la mondialisation, etc.). Heureusement, de moins en moins de gens croient encore à cette propagande.

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Jordi Grau

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