• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Confidences d’une petite reine

Confidences d’une petite reine

Dans son article "Un petit vélo dans la tête ", Azür nous invitait lundi à des escapades pleines d’imprévus, avec le moyen de transport le plus sain, le plus simple,

le plus économique, le plus écologique. Source d’évasion , de dépaysement et de rêves. A sa suite, je vous propose de sortir des sentiers préélectoraux très encombrés et parfois un peu pollués, pour pédaler sur des pistes dégagées, aérées et pleines de surprises...

Avec moi on va loin. Et pourtant je suis fait de rien .. Trois fois rien. Juste quelques tubes assemblés, collés ou soudés. En acier, alliage d’aluminium, carbone ou titane. Peu importe.Un triangle, un tube de direction,une fourche, une potence, un guidon, un tube de selle , une selle. Et bien sûr pour mouvoir tout cela, transmettre la force musculaire : un axe, un ensemble pédalier, une chaîne, des pignons, deux roues... Peut-on imaginer plus simple pour se déplacer d’un point à un autre ?

Depuis mes origines , j’ai subi quelques modifications (changement de vitesse, freins plus ou moins sophistiqués), mais pour l’essentiel, depuis le début du siècle dernier, je garde toujours la même configuration, toujours fidèle à mes principes essentiels. Pour le compagnon qui me chevauche,l’ami qui me propulse, je reste LE VELO. Celui qu’on trouve encore, avec toutes ses variantes, dans les rues de Calcutta, du Caire,de La Paz ou de Hanoï , dans la campagne artésienne, ou sur le parcours de la « Grande Boucle »...

Bicyclette, vélo, bécane,biclou, petite reine ...je ne manque pas de dénominations. Les puristes font la distinction ,qui échappe au profane, entre bicyclette, trivial moyen de déplacement utilitaire , et vélo, instrument ludique d’une pratique sportive assidue et souvent passionnée, source de plaisirs aussi variés que mystérieux. A noter que « petite reine », contrairement à une croyance tenace, ne vient pas de l’usage qu’en a fait la reine Wilhelmine de Hollande, mais d’un journaliste, Pierre Giffard, qui en 1890 dans le « Petit Journal », produisit un dessin d’une jeune fille portant au-dessus de sa tête un vélo dernier cri, avec un titre qui allait frapper les esprits : « La Reine Bicyclette ».La réalité et le mythe prenaient leur essor.

J’ai déjà connu une assez longue aventure, que les curieux en matière d’histoire technique pourront trouver ici et ici

Louise Merzeau a fait une analyse assez fine de mes différents aspects , techniques et sociaux

J’ai d’abord été l’objet d’une pratique mondaine.L’aristocratie, les dandys parisiens et les notables de province s’entichent de moi, par souci de coller aux modes nouvelles.On aimait « vélocer »,comme on disait .Des cours de vélocipède se créent , notamment au Véloce Club, près de la Bourse. Le plus chic est d’aller se montrer le dimanche à St Cloud, chevauchant un drôle d’animal sans crotin.Je n’ai commencé à me démocratiser que lorsque l’automobile devint à la mode.

Je suis une machine à rouler, à transporter ; mais aussi une machine à rêver.Utile et ludique.

Je facilite le déplacement en quadruplant la vitesse du simple piéton. J’ai tout transporté sur les appendices qu’on m’a ajoutés (porte-bagage ou remorque) : les récoltes de la ferme, les produits du marché, en Inde ou au Mali ,l’équipement de camping, le matériel militaire en pièces détachées sur la piste Hô-Chi-Minh , assurant ainsi la victoire du Vietcong sur la machine de guerre US..

Objet rare et précieux pendant et après la guerre, qu’on se faisait parfois voler. Véhicule indispensable pour le résistant , transmettant un message ou des armes (Lucie Aubrac)

J’ai donné un plaisir inégalé aux premiers bénéficiaires des congés payés, qui partaient enfin découvrir une mer inconnue, aux amoureux qui pédalaient le samedi soir vers le bal du village voisin ,dynamo branchée. Je présidais aux sorties improvisées des dimanches de printemps (« Quand on partait de bon matin...avec Paulette  » Yves Montand)... et aux rencontres galantes

Je donne de la jubilation aux enfants qui font le dur apprentissage de l’équilibre et de la maîtrise du guidon.

Ah  ! les souffrances des premiers pédalages , l’obstination à imiter les adultes, pour pouvoir s’évader un peu de l’étroitesse du cercle familial.

« Dans le parc des Buttes-Chaumont un cycliste de 5 ans

S’apprête à vivre un grand évènement

Encouragé par son père et par sa maman

Il va faire du vélo comme les grands... » (Bénabar)

Il n’est pas étonnant que des écrivains se soient intéressés à moi et aient vanté mes mérites .

Certains ont décrit mes étonnantes performances et mes effets sur l’homme, d’autres m’ont pratiquée, en y trouvant détente, source d’inspiration, renouveau ,comme A.Jarry, ,Zola, G. Mordillat, Cioran ,Paul Morand, Paul Fournel, G. Pérec, A. Londres., Pablo Neruda, Alphonse Allais,Marcel Aymé, Jules RomainJulien Gracq...Il ne faut pas oublier Tristan Bernard ni Antoine Blondin, journaliste et écrivain, suivant avec passion le Tour de France. Et comment ne pas citer Roland Barthes, qui, dans ses « Mythologies », analyse le Tour comme une « épopée »., avec ses héros (Coppi, Bobet) et ses malchanceux (Poulidor...) ?

Jules Riol, lyrique : « Ainsi la clef des vrais trésors ,Elle est en toi : tu régénères Mes sens, mes muscles, tout mon corps ; L’espace n’a plus de barrières, . Les cités n’ont plus leurs prisons Et l’âme du pauvre poète ,D’infini toujours inquiète ,Voit s’élargir les horizons : Vive la bicyclette ! »

P. Fournel parle de moi avec passion : « Mon monde d’enfant a toujours été plus vaste que mon village. Dès que j’ai su pédaler j’ai eu l’idée d’un monde plus grand. » Dans sa Haute-Loire natale, Paul Fournel les a parcourues ces routes " étroites " et " serpentines ", " belles et peu fréquentées ", pour finalement, chaque jour un peu plus, s’enquérir de nouvelles contrées. Dans " Besoin de vélo ", son dernier livre, l’amoureux de la petite reine et l’homme de mots ne font plus qu’un. . Il parle d’un véritable " miracle " vécu au jeune âge. " Pendant des jours on tremble, on hésite, on se dit que jamais on ne se libérera de cette main qui nous guide sous la selle ", écrit-il de l’apprentissage enfantin sur deux roues, qui, pour ceux qui l’ont vécu intensément, révèle en nous un peu plus qu’une simple pratique physique. Lui, en est sûr : " Un matin, je n’ai plus entendu le bruit de la course derrière moi, plus le souffle rythmé dans mon dos. J’aurais voulu ne plus jamais mettre pied à terre de peur que le miracle ne se reproduise plus. J’exultais. ...De ce miracle je ne me suis jamais remis. Savoir nager ne m’a pas autrement ému et il n’y a guère que savoir lire qui ait égalé en intensité mon savoir-pédaler. À quelques mois d’intervalle j’appris donc, dans cet ordre, à faire du vélo et à lire. Au Noël de mes cinq ans j’étais un homme fait : je savais mon travail et mon loisir. " Il ajoute aussi : « le vélo donne un goût neuf aux choses simples...Il y a dans le vélo une RELATION AMICALE AU MONDE : les montagnes que l’on voit sont à escalader, les vallées sont à dévaler...Etre dans le paysage, dans la pluie, dans sa chaleur, dans son vent, c’est le voir avec d’autres yeux, c’est l’imprégner en soi d’une façon instinctive et profonde....Jouissant d’une nature en profondeur dépressive...le vélo est ma métaphore essentielle, mon modèle profond. Tant que je pédale, je suis en équilibre, TANT QUE JE PEDALE , JE TOURNE ROND... »... .... Rare symbiose entre la machine et l’homme, une machine que l’homme domine et mène à son rythme, sans souci de performance...

Comme dit un autre auteur en parlant de moi : « C’est ce mélange d’animation et de passivité et cet équilibre entre l’extérieur et l’intérieur qui conduit à un état de recueillement et de rêverie en vélo...le mouvement extérieur vient du paysage qui file à une trop grande vitesse pour qu’on le discerne clairement, mais néanmoins pas assez vite pour disparaître dans un masse confuse...L’esprit se détend, suit sa pente naturelle,s’abandonne à un vagabondage intérieur et, comme dit Rousseau, l’âme « se dégage des préoccupations quotidiennes et fastidieuses »...Il y a activité et passivité dans le vélo : l’homme entraîne son engin, qui l’entraîne à son tour, l’un et l’autre pris dans la même ronde »(Edwart Nye : « A bicyclette »)

Montaigne déjà, évoquant d’autres chevauchées : « Si le destin me permettait de passer ma vie à ma guise, je choisirais à la passer le cul sur la selle. »

Même un pianiste concertiste, assez atypique, René Duchable, se passionne en ma compagnie , y trouvant énergie et inspiration.

Il se vérifie souvent que mon usage bien tempéré et régulier apaise, euphorise parfois. Est-ce l’effet de ces molécules ,appelées endomorphines, que secrète le cerveau à l’effort ? Elles développent la jouissance, apaisent l’anxiété, atténuent les effets du stress, calment les douleurs et stimulent les facultés intellectuelles En tous cas , je constate que certains de mes adeptes assidus sont un peu déprimés, irritables dès qu’ils sont obligés d’abandonner quelque temps ma compagnie . Je remplace utilement le Prozac pour ceux qui sont surmenés ou au bout du rouleau et je constate combien l’humeur change avec moi , si l’effort est bien dosé.J e devrais être systématiquement conseillée par le corps médical , remboursée pas la Sécu, d’autant plus que je facilite souvent l’arrêt du tabac.Je favorise la sociabilité (les cyclistes se saluent le plus souvent en se croisant ou conversent amicalement en groupe, même sans se connaître),donc je contribue à un bien-être général qui a forcément des conséquences heureuses sur l’état de santé général...

Mes effets relèvent du mystère, de l’irrationnel, à tel point que celui que je passionne ne peut expliquer clairement ce qui le motive . Difficile à comprendre quand on n’est pas pratiquant...On attend encore le psychanalyste avisé qui tentera d’ expliquer l’attrait que je suscite parfois...aussi bien esthétiquement que dynamiquement. Y aurait-il une part d’érotisme qui se satisferait de manière étrangement sublimée, un rien de masochisme qui amène parfois à tester douloureusement ses limites ? Qu’est-ce qui pousse certains à braver les pentes de l’Aubisque ou à s’attaquer au col de la Madeleine ? Etranges défis , «  inutiles » aux yeux du profane...

Le cycliste heureux n’a rien à prouver aux autres.Contrairement aux bourreaux du bitume, aux forçats du guidon, qui friment en club le dimanche matin ,pour exhiber leurs mollets surdimensionnés et raconter leurs derniers "exploits", Tartarins des pelotons..Alors qu’est-ce qui l’anime ?Une part de fétichisme parfois, qui fait qu’on s’attache à moi parfois au-delà du raisonnable (" Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"...) ? Qui pourrait rendre compte de la complexité des sentiments qui habitent celui qui fait de moi une complice de ses rêves , de ses évasions intimes ? Mais ne rompons pas le charme en essayant d’élucider des questions largement insolubles, gardons le mystère , qui s’enracine en partie dans les mythes de l’enfance, dans une nostalgie de liberté jamais assouvie, un désir d’évasion de soi et du monde toujours en question, une stabilité toujours à reconquérir....

Pronetaires de tous les pays ,adoptez- moi !

(Comme Maxim, B.Dugué, Alain C, Zen...et autres Agoravoxiens) .

Peuple des connecteurs, devenez aussi peuple des pédaleurs ! Lâchez le clavier pour le pédalier !

Vive la velorution !

Le bonheur est au bout du guidon !...


Edward Nye : A bicyclette (Sortilèges)

Paul Fournel : Besoin de vélo ( Seuil)

C.Dufour:L’ABC du vélo (Flammarion)

.Serge Laget:La saga du Tour de France (Gallimard)

Pour les inconditionnels, un des sites les plus complets : Vélo 101



Moyenne des avis sur cet article :  4.74/5   (31 votes)




Réagissez à l'article

38 réactions à cet article    


  • ZEN zen 29 mars 2007 18:32

    A tous, une erreur technique a balayé tous les commentaires, après passage de Sportvox à Agoravox.En effet, mon petit essai poético-déjanté n’avait pas sa place dans une rubrique sportive.Donc, maintenant que tout est rentré dans l’ordre (ou presque..)...J’attends vos critiques.

    Dommage, Le Furtif, ta poésie va nous manquer...Mille excuses aussi à Thucydide.


    • (---.---.251.5) 29 mars 2007 20:27

      Mais ton article était sur AgoraVox aussi toute la journée, je l’ai vu. Quand on cliquait dessus on était redirigé vers sportvox, et alors ?! Et pourquoi ton article n’aurait pas sa place dans la rubrique sportive ? Le sport ce n’est pas que de la compétition et des résultats. La poésie du sport, des balades, et du vélo ça existe aussi... d’ailleurs les livres que tu cites et ceux qui sont cités dans les commentaires... donc oui le vélo c’est du sport et de la détente avant toute chose... et moi qui fais du vélo juste pour aller chercher ma baguette de pain, je revendique ma sportivité, n’en déplaise à ces gens de plume qui écrivent des « essais poético-déjantés » tout de même bien écrits. smiley


    • Le furtif (---.---.251.159) 29 mars 2007 19:04

      Ce qui leur a permis d’effacer aussi l’expression de tout le bien que je pensais d’eux....Comme c’était de l’impro veritable...écrite dans l’urgence ....je ne voulais pas me faire gauler mon idée d’angle de vue

      • c’est une sale bête à l’arrêt

      ça ne se réchauffe pas c’était pour faire plaisir et épater Thucydide

      Comme je ne suis pas du genre ma vie mon oeuvre mes chiens mes terres mon cul....Ce sera sur autre chose une prochaine fois

      Achhhhh le journalisme !!!!!!!!! smiley  smiley  smiley


      • Thucydide (---.---.103.125) 29 mars 2007 23:01

        Bonsoir à tous. J’ai loupé un épisode, mais ce n’est pas grave si j’ai été effacé. Je m’étais égaré en digressions sur François-René Duchâble, pianiste virtuose et grand amateur de la petite reine. Je trouve aussi que cet article a plus sa place ici que sur SportVox, c’est plus le côté « société » que « sport » qui est mis en valeur.


      • maxim maxim 29 mars 2007 19:08

        Zen .....ça y’est ( j’ai appellé le service technique Cybion , il y avait des difficultés de connection )

        et bien tout d’abord merci de m’avoir cité dans ton article ..... le velo ,pour tous ceux qui ont mis le nez une fois dans le guidon d’une machine de course ,ou de randonneuse ultra legere ,tous ceux là n’ont plus jamais voulu remonter sur un velo de « facteur »....

        mon coup de foudre date de 1956 pour mon certif ,j’ai eu celui de mon frere adoptif ( je suis enfant de l’assistance publique ) ce velo c’etait un vrai ,avec cadre en Reynolds 531 ,et son equipement en dural ,un vrai spade de pro .....

        le virus m’a frappé aussitot ,j’en ai fait des bornes malgré les boyaux qu’il a fallu apprendre à reparer ......

        comme toi Zen ,et comme tous les fanas ,c’est le plaisir de partir le matin à la fraiche sur sa becane rutilante ,aprés avoir preparé son itineraire pour les grandes sorties ,ou bien rouler comme ça à l’improvisation ,toujours vent contre pour rentrer à la voile.....se retrouver souvent avec les memes personnes qui font le meme circuit ....

        on se salue ,on s’aide quand un imprevoyant est parti sans sa pompe ou ses rustines .... on est une grande famille ,et le respect est reciproque ..

        j’ai la chance d’habiter Fontainebleau et les itineraires ne manquent pas ....

        pour se faire les mollets dans la region ,il y a quelques bosses qui font mal ,j’en connais à 10% ...c’est pas la montagne certes ,mais lorque l’on rentre déjà un peu lessivé c’est quand meme raide .....

        pour ce qui est des becanes ,je suis resté sur l’acier haut de gamme ,j’ai deux machines ...un Pinarello et un Bacco en tubes 3/10eme qui sont aussi legers que des titanes ....pour une taille 56 ....

        et les autres sont demontés pour ne pas prendre trop de place ...il m’en reste 8 ,j’en ai revendu quelques uns et fait des dons à Emmaus ,je leur ai donné des contre la montre à cadre plongeant ,je leur ai donné un Racer tout Columbus n’ayant jamais servi ,en tout neuf velos en superbe etat ,c’etait la premiere fois qu’on leur filait ce genre de materiel .....

        je salue ceux que je rencontre ,que je ne connais pas mais qui font partie de notre famille ....

        je recommande vivement à ceux qui en on eu l’envie ne serai ce qu’une fois d’investir dans une bonne machine ,de choisir la bonne taille ( hauteur d’entre jambes pieds nus moins 25 cms ) investir dans un bon equipement et franchir le pas ....

        on garde la ligne ,on pète la forme,on respire,c’est le pied quoi !!!!!

        Zen encore bravo pour ton article ....si je m’etais ecouté j’aurai continué mon commentaire toute la soirée .....

        bien à toi.....


        • maxim maxim 29 mars 2007 19:34

          bibles essentielles :

          > cycle competition et cyclotourime D . Rebours

          > ma bicyclette / manuel technique de la bicyclette M .Delors

          > cyclisme sur route / velo cyclotourisme B . Hinault C . Genzling

          > cyclisme competition loisirs J . Anquetil M.Scob

          > le cyclotourisme en france et à l’etranger Jehan de la Croix et L.Nucera

          > pratique du cyclotourisme JP copin.

          > le guide du velo pour tous Daniel et Chantal Arquié .

          > l’alimentation des cyclistes DR jp De Mondenard .....

          > cyclisme sur route D.Clement livre officiel de la FFC et de L’Ins

          bonne route ......


        • maxim maxim 29 mars 2007 19:40

          pour trouver des itineraires speciaux pour rouler , allez vers Lacanau en Gironde ...des belles pistes à travers les pinedes ...respiration garantie .....des kms de plaisir .....


        • ZEN zen 29 mars 2007 20:18

          @ Maxim

          J’ai passé quelques vacances à Maubuisson, près de Lacanau.C’est vraiment bien pour le vélo. La Gironde est ,je crois, le premier département pour le nombre de KM de pistes cyclables (autour de 400 km). Et l’odeur des pins...

          A côté de toi, je suis un bricoleur, j’ai commencé seulement vers 35 ans. Un premier vélo acier Reynolds, racheté à un pro, puis un alu Colombus Zonal , enfin un carbone monocoque, une folie. Le dernier vélo sans doute ....Par contre, je me fous de la bagnole, qui ne sort pas beaucoup du garage.

          Montenard est un ancien médecin du Tour, qui , dans les premiers, a eu le courage de dénoncer la consommation de « produits » chez les pros....

          Si tu viens dans l’Artois, tu trouveras des côtes de 14/16 %,. Ce n’est pas la Forclaz, mais ça surprend..


        • maxim maxim 29 mars 2007 20:56

          Zen....

          j’ai toujours hesité pour le carbone ,un copain m’a fait essayer le sien,c’est super rigide mais j’ai l’apprehension de la rupture ...

          souviens toi au dernier Paris Roubaix ,une tige de potence avait cassé net et le coureur avait fait une chute terrible....

          en plus je fais 80 kg environ pour 1,80 metre donc pas tres leger ,j’ai peur que ça lache ....

          c’est peut etre idiot ,mais bon......

          j’ai vu que tu etais de Lillers , j’ai un peu vadrouillé dans ta region ,mais en voiture ,c’etait pour mon boulot .... on y est très bien reçu ......

          les gens du Nord ont l’acceuil facile .....


        • ZEN zen 30 mars 2007 07:59

          @Maxim, bonjour

          Les carbones de qualité (il faut mettre le prix,même s’il a bien baissé depuis deux ans)) sont maintenant fiables, les techniques de tissage ont évolué.Cela donne une machine vive,réactive,souple, légère, filtrant bien les aspérités de la route. Le Paris-Roubaix amateur ne me tente pas : mes lombaires n’y résisteraient pas... smiley


        • ZEN zen 30 mars 2007 08:08

          @ Maxim

          Attractif, non ? Finition parfaite. Prix bien inférieur en Belgique.Avec roues Mavic-élite et monté tout Shimano Ultégra,c’est (presque) parfait.. :

          http://www.extremebike.lu/p1012009.htm


        • maxim maxim 30 mars 2007 10:19

          bonjour Zen.....

          et bien tu ne te refuses rien , c’est vrai qu’en Belgique les prix sont plus abordables ....

          mon fils ainé s’est offert un BH tout carbone tout Ultegra ,il a des prix par une centrale d’achat liée à sa profession .....

          peut etre qu’un jour je me laisserai tenter par un Colnago ; à Fontainebleau ,nous avons un magasin qui fait toutes les grandes marques ,mais avec des prix en consequence ....

          il y a un Culture Velo à quelques kms plus loin qui vends des Cannondales qui sont bien tentants aussi ......

          pour l’instant ,c’est le percepteur qui me fait de l’oeil ,alors le velo de mes rêves attendra un peu ....

          pour les amoureux de la petite reine :

          > la fabuleuse histoire du cyclisme ,preface d’Antoine Blondin .../ P.Chany

          > la fabuleuse histoire du tour de France / P.Chany

          > les geants du tour /J.Durry

          > 100 lieux mythiques ou tragiques du sport cycliste / P.Sergent / preface d’Eddy Merckx

          > ils ont fait le tour / G.le Roc’h

          > la légende du cyclisme / editions Liber

          > maillot jaune / J.P Ollivier

          > la montagne et ses champions / ed Messidor

          > 100 ans de cyclisme / A.Michea .E .Besson

          > vive le tour / J.Augendre

          > le velo / j.Durry

          > Cyclisme d’aujourd’hui /R.J.de Marolles ( un bouquin de 1941 qui traite du cyclisme et cyclotourisme curieusement tres moderne pour l’epoque )tout y est relaté ...materiel ,position ,dietetique , developpements ...un bouquin de 66 ans ....qui n’a presque pas vieilli ....

          > le must ....4 albums l’histoire illustée du cyclisme / la maison du sport / R.Chapatte / J.P Ollivier .. contient la bio sportive de tous les coureurs depuis le debut du cyclisme jusqu’aux années 90.....toutes les disciplines du velo ,les photos ,les palmarés , tout absolument tout .....

          Zen aujourd’hui pas de sortie ,il flotte et ça risque de durer .....


        • L'enfoiré L’enfoiré 29 mars 2007 19:11

          Salut Zen,

          Je comprends maintenant to pseudo. Ta phrase : « Le cycliste heureux n’a rien à prouver aux autres » résume tout. Le jogging et le vélo, et je suis paré.

          Trop peu de pistes cyclables pour rouler sans risques. Souvent on dessine quelques pointillés sur la chaussée et on croit qu’on a fait oeuvre de sécurité. Mais on progresse. Ce n’est pas la Hollande où le cycliste est plus protégé presque que le piéton. Ton essais poètico-déjanté est réussi. Parler de « déjanté » du côté velo, il vaut mieux pas trop. smiley


          • ZEN zen 29 mars 2007 19:24

            @ L’enfoiré

            Merci ! En fait de pistes cyclades,La Belgique , c’est le paradis, par rapport à la France...J’ai fait Dunkerque-Ostende sans souci : pistes en site propre, priorité aux bécanes aux rond-points....


          • ZEN zen 29 mars 2007 20:22

            Rectif : « pistes CYCLABLES », bien sûr..


          • Milla 29 mars 2007 20:20

            @ Zen,

            Super article,

            je pratique la zénitude à bicyclette au bois de Vincennes, et puis merci d’avoir cité Pablo Nerruda, un de mes favoris...

            Milla smiley


            • maxim maxim 29 mars 2007 20:28

              bonjour l’Enfoiré .....

              je salue les grands de ton pays qui m’ont fait rever ;certains nous ont quittés depuis longtemps mais le souvenir est imperissable......Merckx...Van Looy ....Van Impe.....Van Springel....Van steenbergen ...Ockers .....et tous ceux que je ne cite pas tellement la liste est longue .....


              • Rocla (---.---.239.254) 29 mars 2007 20:35

                Rien que de lire vos commentaires , je vais me mettre au vélo , je suis heureux d’ avance .

                Rocla


                • ZEN zen 29 mars 2007 21:08

                  @ Rocla Les débuts sont assez ingrats et demandent constance , méthode et progressivité (et bon vélo, bien adapté) Quand le plaisir vient, alors c’est gagné... et comme dit Fournel"Tant que je pédale, je suis en équilibre, TANT QUE JE PEDALE , JE TOURNE ROND... »


                • Antenor (---.---.168.190) 29 mars 2007 20:44

                  Il n’y a rien de mieux que de partir tôt le matin en été quand la campagne est encore silencieuse et d’accompagner un peu l’astre solaire dans son ascencion lumineuse. Au début il s’amuse de nous, minuscule fourmi. Mais vers dix heure, inquiet que notre air fringant lui fasse de l’ombre, il darde ses rayons de feu pour nous éloigner. Mais on tient bon et c’est bien la déesse-terre qui nous mène à la baguette au gré de ses relief et qui se joue de nous comme d’une bille. Au loin on entend l’angelus de midi. Déjà ?! La cloche ne sonne-t-elle pas plutôt dans notre tête ? On arrive vers midi/une heure, fourbu mais heureux, humant les odeurs de cuisine s’échappant des maisons et où se mélange dans un charmant brouhaha le cliquetis des couverts, les conversations animés et le bourdonnement de la télé. On a l’impression d’avoir fait le tour du monde.


                    • Auffret Auffret 29 mars 2007 21:31

                      Souvenir de mon premier vélo.

                      Le vélo.

                      Objet de toutes les convoitises, il représente juste ce que l’on n’a pas, et que les autres ont, forcément. Vous vous en rendez compte ? un vélo ! Pas une bicyclette, non, c’est trop difficile à écrire ! Juste un vélo. Cà, je sais l’écrire mais pas l’avoir.

                      Pourtant, pourtant, au fond du hangar de la ferme, j’en ai découvert un. Depuis combien de temps traîne-t-il sa misère sous les planches et les matelas ? Peu importe, il est à ma portée et les parents ne sont pas là. Quelle aubaine ! Une heure pour le sortir de ce capharnaüm et il est déjà ma découverte. Du haut de mes 7 ans, j’enfourche la selle rabougrie et ne m’inquiète peu des grincements venant de partout et donne fièrement mon premier coup de pédale, sans jamais être monté sur un objet de telle convoitise. Vous me croirez ou pas, mais j’ai filé d’un trait dans le talus d’en face. « Je savais faire du vélo et la chute n’était qu’une victoire ! » Je n’ai pas pleuré, parce qu’il n’y avait personne. Evidemment que je n’ai pas pu freiner puisqu’il n’y avait pas de freins ! Il n’y avait plus de pneus et la chaîne rouillée a vaillamment fait son effort.. C’était le principal. Je recommençais 2 fois, 3 fois et décidais que j’en savais assez, et qu’il me fallait de toute urgence un vélo pour aller voir là-bas si l’herbe n’y est pas plus grasse. A voir la danse de St Guy que je fis au retour de mon père, celui-ci compris qu’il m’était arrivé quelque chose d’important. Il regarda avec tendresse l’objet convoité et n’hésita pas à l’installer dans la fourgonnette, direction la clinique des vélos. Au retour, ce n’était plus le même vélo ! Il avait des pneus, des freins, une nouvelle selle, et même une sonnette ! Pourquoi faire ? Pas peu fier, j’entrepris de monter l’allée des « chênes verts », appelée ainsi car il n’y a plus de chênes verts, et prit mon élan pour descendre à « toute berzingue » et sentir l’air siffler à mes oreilles. Quelle merveille d’aller si vite et que personne ne puisse me rattraper ! Divin, j’étais un Roi ! La suite fut moins glorieuse car il fallait négocier le virage tout en bas. J’utilisais les freins tout neufs, mais beaucoup trop neufs car ils n’ont jamais voulu fonctionner. Résultat, j’ai toujours une cicatrice sur une de mes cotes. Cette cicatrice là, je l’aime bien. Je n’ai pas pleuré non plus, car il n’y avait personne. J’aime bien faire mes expériences tout seul. Depuis, j’ai aussi un tandem et j’aime bien m’arrêter quand les gens font du stop. Je suis toujours d’accord de partager si les gens pédalent aussi. Essayez, vous verrez, les gens sont toujours d’accord. A deux, on va plus loin, du moment que l’on va dans la même direction. Et vous, savez-vous faire du vélo ? ou faites-vous de la bicyclette ?


                      • Rocla (---.---.239.254) 29 mars 2007 21:35

                        L’ autre jour dans un magasin de trucs d’ occasion , je vois un vélo de corse , non de course , de marque Peugeot , en très bon état . Genre une machine qui devait coùter pas mal en son temps , c ’était affiché pour 20 euros . Hop je l’ ai acheté , et depuis je roule dessus . Des petits tours d’ une dizaine de KM. Par la suite , une fois un peu en jambe j’ irai plus loin . C ’est vrai qu’ au début on rame un peu . Mais c’ est super , le nez au vent , et l’ impression de ne pas polluer , quel plaisir .

                        Rocla


                        • ZEN zen 29 mars 2007 22:07

                          @Auffret Bonsoir,

                          Remarquable retour poétique sur une complicité, que j’ai connue aussi, entre un enfant et une machine. Tout y est : l’interdit, l’envie(d’aller voir ailleurs..), la griserie du pouvoir, la souffrance , le partage...

                          Le problème reste entier : comment expliquer cette étrange connivence ?...


                          • Le furtif (---.---.144.200) 29 mars 2007 22:16

                            Pourrais-tu rétablir ton « Z » majuscule ?

                            Quelques chutes

                            • Comme tous les soirs en rentrant de l’école je coupe le tournàgauche à 100m de chez moi. Ce soir là le papa de mon copain Joël , pas plus grand que lui , donc invisible derrière les fusains...Surprise !, tout droit tête en avant dans le fossé d’en face . Juste entre le pied metallique du panneau indicateur et le béton du poteau electrique...La seule fois où le visage , depuis des années rougeaud, du papa de Joël m’est apparu pâle pendant quelques minutes. Bobo la tête !
                            • Beaucoup plus jeune,un dimanche, sur le cadre de mon Papa, à l’époque où mes parents n’avaient que des vélos pour véhicules. Mon ou mes pieds dans les rayons , le soleil de mon Papa, Bobo les pieds !
                            • Plus tard. Glissade sur le gravillon , en sang la cuisse , Bobo la hanche !

                            Apothéose : en descendant de l’école encore . Les pièces de vignes s’enfilent les unes en bas des autres sur le flanc de la colline du bourg à mon village . Entre chaque vigne un chemin nous faisant bondir.On descend toujours plus vite entre les rangs, chaque chemin en travers fait tremplin. D’une vigne à l’autre la vitesse augmente avec la hauteur de nos sauts à chaque chemin.Faut pas mollir , au rang d’à coté le copain nous grignote. Un petit problème cependant le manque de soin des vignerons oubliant de bien aligner les rangs de vigne d’une pièce à l’autre.Il faut vite choisir la chute en catastrophe ou s’éventrer sur le piquet, le plus gros celui en bout de rang, le piquet de culée. Bobo partout ! Et peur vraiment.

                            N’empêche, le velo c’était le bonheur.

                            PS : @Maxim : « rentrer à la voile ... » superbe.


                            • ZEN Zen 29 mars 2007 22:29

                              @ Le Furtif

                              Ton vélo-bobo, c’est fini. Le vélo-bobo, c’est pour le maire de Bègles.

                              Le vélo-gogo, c’est Sarko (avec Drucker).


                              • maxim maxim 29 mars 2007 23:01

                                et les premiers emois amoureux quand on partait en bande avec les copines en velo ,dans les années 50 ,il n’y avait que ça pour se deplacer à la campagne....

                                j’habitais Draveil à l’époque ,dans le hameau de Mainville ,il y avait la foret de Senart ,les champs ,les bords de Seine plus en bas en descendant vers Champrosay...

                                il fallait pas rentrer trop tard pour pas que les parents s’affolent ....

                                les filles descendaient dans les côtes ,nous on les engueulait parce qu’il fallait les attendre .....

                                quand Montand chantait « à bicyclette » ,j’ai immediatement retrouvé cette ambiance ......

                                où sont elles ces copines maintenant ?????

                                quelle epoque .......


                                • ZEN zen 30 mars 2007 07:37

                                  Un film à voir ou à revoir. D’une grande drôlerie. Les bons et les moins beaux côtés de la pratique forcenée du vélo ,d’une passion qui tourne mal.. :

                                  http://www.benoitpoelvoorde.be/levelodeghislainlambert.htm


                                  • Le furtif (---.---.144.200) 30 mars 2007 08:06

                                    Je n’ai pas d’idée précise pour Anthenor ....mais on dirait bien que Milla s’est égarée dans le livre 13 de Daniel

                                    Bonjour à tous les retraités , que faites vous si tôt debout ?

                                    L’aspirant


                                    • ZEN zen 30 mars 2007 11:42

                                      Pour ceux qui ont des problèmes de dos, le vélo couché est une solution, trés répandu en Hollande, Allemagne, Suisse, Angleterre...L’ initiation se fait assez rapidement et on peut aller loin avec moins de fatigue que le vélo classique(moins de résistance à l’air)


                                      • ZEN zen 30 mars 2007 11:44

                                        J’ai oublié le lien :

                                        http://users.skynet.be/ligfiets/


                                        • LE CHAT LE CHAT 30 mars 2007 11:57

                                          extra cet article qui nous change de ce criterium électoral qui commence à nous gonfler sérieusement .Il en faudra des rustines pour supporter encore des semaines de blabla partisans . j’aime bien le style , on dirait Julien Leppers posant la question pour un champion .j’ai fait Calais-Cherbourg avec retour portsmouth-dover au temps jadis ...

                                          bien à toi , mon chtibuddha


                                          • ZEN zen 30 mars 2007 13:01

                                            Si vous voulez déjà préparer vos vacances en associant effort raisonnable et découvertes, voici quelques bonnes formules :

                                            http://www.bicyclette-verte.com/


                                            • ZEN zen 30 mars 2007 18:14

                                              Merci à tous d’avoir apporté votre contribution à ma modeste méditation poético-philosophico-vélocipédique . Bonne route et bon vent !...


                                                • ZEN zen 31 mars 2007 12:01

                                                  Rouler le long de la Loire, du Cher en visitant les chateaux...une vraie détente et des parcours sans difficultés :

                                                  http://www.chateauxavelo.com/index1024.htm


                                                  • ZEN zen 31 mars 2007 19:18

                                                    Pour les Parisiens aussi:vélorutionnaire !

                                                    http://www.mdb-idf.org/


                                                    • ZEN zen 2 avril 2007 21:23

                                                      Une autre façon de faire du vélo :

                                                      http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9lo_couch%C3%A9

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès