Il n’existe pas de démocratie sans l’idée de vertu – cette idée qui a révolutionné la vie politique mais qui, en se banalisant, s’est ossifiée dans sa posture détentrice du Bien. Ce Bien absolu, totalisant, devenu totalitaire, qui désigne le Mal absolu : hier le communisme aujourd’hui l’Islam ou les forces invisibles de la pollution… Or ce Mal est aussi plastique, aussi indifférencié que le Bien. Et la vie politique gagnerait sans doute à se soucier davantage de l’intérêt général plutôt que d’une morale qui fait « écran » à nos désirs, du Bien décrété – en France, en Chine ou en Iran – devenu marchandise culturelle, prétexte à asservissement et imposture médiatique.
Le Bien est devenu l’ennemi du bien public ! La dictature du Bien, en particulier dans la mode religieuse de l’écologie, est devenue le ciment d’une hypocrisie universelle qui privilégie tour à tour la marchandise ou le féodalisme.
Lisez cet extrait de « Purification éthique » de philippe Muray en 1993 :
« La pire chose qui pourrait leur arriver, aux Showcrates, c’est que les gens, brusquement, soient trop pris par de furtifs plaisirs privés pour continuer à leur prêter attention. Y aurait-il de nouveau du vice caché, dans le monde, plus personne, d’un seul coup, ne regarderait les écrans. Le sort de ces derniers est lié à celui de la vertu. Certes, celle-ci est facile de nos jours, grâce à l’ennui qui retient les gens chez eux, puisque dehors il n’y a plus qu’une réalité dévastée. Mais demain ? Après demain ? Un jour ? Qui sait ? Oui, un jour ? Le Bien, dans ses habits neufs, sera-t-il éternellement capable d’éponger ce qui reste d’excitations virtuelles dans l’humanité ? »
« Le vice caché » sera-t-il cette pulsion démocratique qui poussera les hommes à rompre les chaînes de l’isolement ?
Au-delà de son inspiration prédictive, il y a dans ces phrases le cadre de notre aliénation qui est celle du bien décrété sur les ruines de l’homme et de sa « part maudite » , ce Bien totalitaire parce qu’auto-proclamé qu’une vraie politique de gauche aura pour tâche de re-définir. En ces temps de recomposition du Politique et d’infléchissement de la démocratie par la dictature angélique du spectacle et du marketing, soyons certain que nul n’échappera, partout, à ce débat nécessaire.
« Au-delà du bien et du mal », la justice sociale et l’idéal égalitaire restent à inventer. Cette lutte est celle des citoyens contre les « Showcrates » : Voici, Gala, Elle et Le Figaro ne sont que les variantes d’un même discours. Le luxe ne sera toujours que le cache-sexe de la misère.
La mode, le showbusiness, la politique médiatique, tout ce qui fait « écran » voilà l’ennemi !
C’est pour cela qu’il faut résister à tout ce qui fait effet de personnalisation dans la vie politique, qu’il s’agisse de Royal, d’Obama ou de Sarkozy. Que ceux qui sont à l’origine d’un « No Sarkozy Day » prennent la mesure de l’impasse d’un spectacle qui s’ajouterait au spectacle. Disons plutôt ; « The show must not go on ! »
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Par Saint Just(xxx.xxx.xxx.140)6 janvier 2010 14:41
Moi aussi je participerai au NO SARKOZY DAY. La showcratie vaut mieux que l’INERTIE !
La démocratie de théâtre n’est qu’un alibi auquel seul les gogos puérils croient encore.
La corruption est partout. Nos élus n’ont plus de comptes à rendre à
personne, même pas à leurs banquiers... et pour cause : leur petite
entreprise ne connaît pas la crise...
Nos élus ne sont pas là pour défendre
les intérêts du peuple mais les leurs essentiellement et accessoirement
ceux de leurs familles, de leurs proches, de leurs amis. La soupe est
bonne et c’est nous, citoyens contribuables qui payons la note.
Cette classe politique irresponsable est responsable de la situation
dramatique dans laquelle nous vivons. 17 millions de Français sont en
état de survie économique et on ose encore parler de démocratie ?
Pour les malins qui nous gouvernent, la démocratie est juste un
moyen de tromper les naïfs que nous sommes. Et comme nous carburons au
somnifère médiatique, nous avons à peine conscience des horreurs
commises en notre nom.
A force de penser comme des moutons, nous finirons tous à l’abattoir.
Pour une illusoire sécurité nous renonçons à l’essentiel : la LIBERTE !
Alors OUI ! TROIS FOIS OUI pour ce NO SARKOZY DAY !
Histoire de prouver symboliquement que nous ne sommes pas dupes du Système et qu’il nous reste encore un peu de dignité !