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Accueil du site > Tribune Libre > De la pieuvre à l’Hydre, une nouvelle façon de penser la (...)

De la pieuvre à l’Hydre, une nouvelle façon de penser la domination

« Mondialisation », « financiarisation », que recouvrent ces mots rabâchés si ce n’est une situation sans précédent historique qui nous pourrit littéralement la vie ?
 D’énormes concentrations financières permettent à quelques entreprises transnationales de déployer leur emprise à l’échelle de la planète sous la forme illusoire d’une multitude de « boîtes » dont la diversité apparente ne fait que masquer la commune racine

Si science-fiction et littérature ont classiquement utilisé l’image de la pieuvre pour illustrer ce genre d’emprise, cette figure est désormais inappropriée et à vrai dire trop sommaire.
Nous n’en sommes plus à : « Dans l’ombre une seule tête dirige une multitudes de tentacules sans têtes. »
Mais à : "Dans la lumière plusieurs têtes sifflantes apparemment indépendantes les unes des autres, obéissent, dans l’ombre, au même corps d’intérêt."
Pour comprendre ce qui se trame dans le monde d’aujourd’hui, il faut intégrer ce renversement de perspective. Une figure le permet à merveille : l’Hydre de Lerne issue de la mythologie Grecque. 


Quoi de mieux pour rendre compte de l’opposition actuelle entre ce qui "se voit" (une multitude d’entités officielles, apparemment distinctes et indépendantes les unes des autres) et ce qui "ne se voit pas" (l’unité d’intérêt qui relie toutes ces entités "par en dessous") que ce monstrueux serpent des marais doté de plusieurs têtes (1, 9 ou 1000 selon les versions) ? (Et mieux, de plusieurs têtes qui chaque fois qu’elles étaient coupées, repoussaient en double !)

 

Filons la métaphore point par point.

1- Un monstre des marais : désigne un monstre vivant dans un milieu obscurément fécond, labyrinthique et fermé (le marais), agissant "par en dessous". N’est-ce pas ce qui se passe à tous les niveaux de pouvoir, aujourd’hui à une échelle mondiale inédite ? (Un "petit" exemple parmi d’autres à plus grande échelle.)

Un monstre ne pouvant être "vu" que par ceux ou celles capables de s’avancer dans les bas fonds et le malsain (les marais), voire de plonger sous la "surface" au risque de leur vie. Selon le mythe Grec, en effet, les voyageurs qui s’aventuraient dans les marais de Lerne y périssaient. (Un "petit" exemple contemporain et ses "petites" conséquences).

2- Un seul monstre, mais plusieurs têtes : montre clairement que plusieurs pôles (les têtes), apparemment séparés les uns des autres, apparemment sans lien (Etats, partis politiques, organismes financiers, que sais-je), peuvent n’être que des extensions d’un seul "corps"(d’intérêts). Exemples : à qui appartient la presse française ? Qui finance les syndicats ? Quid de l’influence d’intérêts privés au sein des institutions publiques ? Quid des holdings ? Quid des divers emballages sous lesquels un seul et même produit est décliné en plusieurs produits soi-disant en concurrence ? 
Mais revenons à la surface des choses, à ce qui "se voit", la "diversité" : pour les démocrates que nous sommes, cette "diversité des choix" n’est-elle pas le gage, la preuve et la garantie de notre liberté ?... Et oui...

3- Un monstre à plusieurs têtes : dont par conséquent on ne sait pas qui le dirige au juste, capable donc de multilocalisations, auquel on ne peut pas dire ses quatre vérités en face, qui peut sans dommage se contredire, prétendre qu’il n’y est pour rien et ne fait qu’obéir à la tête voisine (un expert mandaté par exemple). Etc.

Selon certaines analyses, nombre des récentes séquestrations de patrons qui ont eu lieu en France ont été provoquées par le fait que les employés n’avaient personne à qui valablement s’adresser : aucun "responsable" en face d’eux. C’est d’ailleurs le cas au niveau des emm… quotidiennes de chacun : il n’y a souvent personne en face ! Ce que la philosophe Hannah Arendt appelle le règne de l’Anonyme (Du mensonge à la violence).

4 - Quand on en coupe une tête, il en repousse deux  : on a beau les attaquer, dénoncer les scandales, les têtes du "on" non seulement repoussent ("on" les renomme à la tête d’autre chose, d’où ces va-et-vient incessants entre privé et public,) mais se multiplient via sous-traitances, délocalisations, sous-marques, sociétés écrans… et descendance.

5 - "Milieu fermé" et "têtes qui se multiplient" pris ensemble ne reflètent-ils pas à merveille (ce qui, je l’espère, n’aura échappé à personne) que, dans notre société, les postes de pouvoir (finances, médias, politique donc) sont désormais réservés aux enfants de ceux qui les y ont précédés ? Bref que ces milieux se reproduisent entre eux (rien de nouveau) et que la courte étape vraiment démocratique de notre histoire est désormais révolue, au profit de nouvelles oligarchies ? (En 2006 1% des personnes les plus riches détiennent 40% des richesses mondiales selon l’ONU)
 

 ***

Si pour résoudre un problème, il faut d’abord le regarder en face et l’accepter, aujourd’hui où regarder ? Que voir ?

Des formes économico-médiatico-politiques "multitêtes" qu’il nous est encore difficile d’appréhender comme un tout, dont nous avons du mal à saisir synthétiquement la vie, les mouvements, les torsions. Bref, des alliances multipolaires qui, pour l’heure, nous acculent à  de l’impensable.
 En effet, cette hydre du "on" n’a-t-elle déjà et n’aura-t-elle pas des effets potentiellement si monstrueux qu’il est peu supportable de les envisager ?
 C’est cela qu’il nous faut maintenant avoir le courage de regarder.

*** 

Un fléau pour la contrée.

Outre que les voyageurs qui s’aventuraient dans son marais y laissaient leur peau, l’hydre était un véritable fléau pour la contrée dont elle ravageait les récoltes et les troupeaux. Autrement dit, elle était source de "crises alimentaires", ainsi qu’en produisent les nombreuses spéculations à échelle mondiale sur les prix des denrées de base comme le blé, le riz, etc, via cet autre organisme tentaculaire qu’est le trading par web interposé

L’Hydre, source d’émanations toxiques, au nombre de deux.

1 - Son haleine : émanant de ses différentes bouches, l’haleine de l’hydre était un poison capable de tuer quiconque la respirait.


Bien sûr, on pourrait à ce propos se contenter d’évoquer la pollution mortifère de l’air (par le gaz, la radioactivité, l’essence, et autres produits chimiques).

Mais je préfère creuser plus profond. Car, cet autre souffle qui sort de nos bouches qu’est la parole peut elle aussi détruire et tuer, et ce à aussi grande échelle.

Combien de mensonges y inclus "institutionnels" ont-ils conduit de gens à leur perte ? A la faillite ou au surendettement par exemple ? A tomber malades après s’être laissés convaincre (par de bienveillantes "campagnes de prévention") de se faire vacciner ou d’avaler telle potion ?
 Ou pire, au suicide ainsi que c’est actuellement massivement le cas par exemple en Inde chez les cultivateurs de coton ruinés par Monsanto et ses OGM, à la suite de campagnes télévisuelles convaincantes ?
Combien de famines dues à des gains spéculatifs aux conséquences lâchement planquées auprès des "petits investisseurs" s’en étant ainsi rendus complices, etc. 

Sans parler de la désinformation économique perpétrée par des déclarations ignorantes, délibérément trompeuses, ou incompréhensibles. Exemples.
A- Un discours largement dominant assène : La dérégulation totale est un bienfait pour l’humanité. Elle favorise la "libre concurrence" et donc la baisse des prix. Réponse des faits (reléguée dans le silence) : les "concurrents" se mettent d’accord pour créer la pénurie et ainsi faire augmenter les prix.
B- Que penser d’un gouvernement poussant, à grand renfort de "primes" et de discours héroïques de relance, sa population à acheter (à crédit bien souvent) des voitures et des biens immobiliers que sa politique grèvera six mois plus tard, au nom, cette fois, de la grande cause de l’environnement, de taxes et d’obligations vertueuses ?

2 - Son sang : c’était un poison qui, versé dans les fleuves, en rendait les poissons mortels à la consommation. Cela bien sûr évoque le mortifère pillage des mers, le dangereux épuisement des eaux potables et l’accumulation de toxiques dans les poissons, auxquels conduit l’avidité humaine. Ou encore le possible empoisonnement terroriste, irresponsable ou mafieux de populations entières par le biais de l’eau, du virus ou du sang.

Mais tout comme l’haleine peut évoquer le souffle de la parole, le sang, est le siège de l’âme selon de nombreuses traditions spirituelles.

D’où que l’on puisse aussi s’interroger sur les conséquences psychiques, mentales, morales et culturelles des multiples formes de manipulation (marketing, mensonges, discours visant à rendre "la confiance aux ménages" en dépit des faits, etc) commises par le "on" dont il est ici question. Vers quoi le nivellement "par le bas" et l’adhésion émotionnelle promus par les médias de masse — au détriment de la réflexion et du dialogue argumentés, bref de la raison, de la conscience, de la liberté — nous mènent-ils ? ( Ce "doux" — parce que ludique — torpillage psychique et intellectuel des peuples...) Quelles conséquences pour nos capacités à comprendre ce qui se passe vraiment sur cette planète, et donc à décider conjointement d’y mettre un terme ? 
Et comment ne pas voir qu’à force de nous faire "avaler des couleuvres" l’haleine nocive de l’Hydre se répand partout ? Que les langues de vipère se multiplient, que "ça" siffle" de tous côtés ?

Sans oublier le caractère très contagieux du principe "multitêtes" de l’hydre ? Combien d’internautes naviguent-ils, bloguent-ils, commentent-ils aujourd’hui en signant d’un ou plusieurs pseudos ? Quelles conséquences sur le psychisme des individus et des relations inter-individuelles cette pratique induit-elle ? (Moi-même je n’y échappe pas. Amada est un "pseudo", une autre moi-même qui, bien que j’en use comme d’un masque - une sorte de marionnette en somme- existe de plus en plus en tant qu’elle-même). 

***


Une figure, certes, mais réaliste 

Si la métaphore de l’Hydre fonctionne, les faits inédits dont elle permet de rendre compte n’ont rien du mythe  : la destructuration massive des Etats nationaux qu’ils ourdissent ne s’apparente-t-elle pas à une sorte de coup d’Etat mondial invisible, mou et sournois ? 
Il est urgent de "voir" que nous nous enfonçons dans une forme inédite, mondiale et peu visible, def éodalisme, avec de nouveaux seigneurs et de nouveaux serfs (les "grosses boîtes" et leurs sous-traitants par exemple). Actuellement 500 entreprises transnationales contrôlent 52% du PIB mondial...

Loin d’être les marionnettes d’un seul et unique centre dirigeant (figure de la pieuvre), l’ensemble actuel des entreprises et institutions multi et/ou transnationales doivent être appréhendées comme faisant secrètement corps en "accordant leurs violons" autour d’un seul intérêt commun — le profit — afin de s’assurer mutuellement une emprise financière croissante sur tout. 
Si "diviser pour régner" est un adage classique du pouvoir, l’Hydre s’y emploie sous une forme inédite : en opposant ostentatoirement ses têtes, pour mieux faire oublier qu’elles visent le même objectif (exemple). Bref, elle est l’illustration parfaite du phénomène mondial croissant de la corporatocratie.
 

*** 

Que faire ? Rassembler les forces et les intelligences.

Ce constat fait, la question est : que faire ? Comment ? Avec qui ? Quand ? Question d’actualité vu le nombre de regroupements et d’associations tentant d’y répondre.

Mais tant que ces groupes de bonne volonté resteront séparés les uns des autres, tant qu’ils œuvreront chacun dans leur coin, il ne leur sera pas possible de "faire corps", il n’auront ni
 la force, ni la coordination nécessaire pour affronter efficacement l’Hydre et mettre un terme à son règne. Pour y parvenir, il leur faudrait, eux aussi, rassembler leurs têtes, s’unir et s’ancrer dans un intérêt vital commun. Lequel ? A lire leurs publications, un point revient sans cesse : l’argent-dette

Dans la mythologie, en tout cas, l’hydre ne fut pas vaincue par une multitude d’attaquants, mais par une seule entité nommée Hercule. Un héros dont il serait peut-être judicieux pour notre avenir d’examiner les caractéristiques, les armes et l’action.

Ce sera pour une autre fois. Suite au prochain numéro.


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28 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 17 novembre 2009 17:24

    Effrayant !

    Vous allez me faire faire des cauchemars.

    A votre tour d’avoir peur..

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/goldman-sachs-la-grande-machine-a-59168#forum2309190


    • Amada 17 novembre 2009 19:00

      Bonjour Daniel Roux,


      merci pour votre commentaire et le lien vers l’article sur Goldman and Sach (très intéressant).
      Cependant, je ne cherche pas « à faire peur », mais à rendre compte de la manière la plus claire possible (je l’espère pour tous) :

      - 1) de la nouvelle forme que prend la domination aujourd’hui (très dangereusement à échelle mondiale) : diversité et séparation apparentes des personnes, institutions, entités pour mieux masquer un projet de « pompage » (comme dit votre article ) global de tout et de tous. 

      Bien que fort intéressant, votre article qui désigne Une entité (Goldman) comme source de tous les maux actuels se rattache à l’image, à mes yeux périmée, de la pieuvre (image d’ailleurs utilisée). S’il n’y avait qu’une tête à frapper (Goldman) pour que tous les tentacules du pompage tombent, la situation ne serait pas aussi grave qu’elle ne l’est. Or il il a aujourd’hui plusieurs têtes (économiques, politiques, législatives, institutionnelles, médiatiques, étatiques etc.)mues par le même corps d’intérêts. Nous avons affaire à une hydre : les conflits apparents sont des divertissements. S’y laisser prendre c’est laisser faire. Il faut voir cette nouvelle forme (stratégie) pour pouvoir y faire face avec efficacité. Ce qui implique de changer nos façons de penser et de faire.

      -2) de ses conséquences concrètes (économiques, sociales, vitales, politiques, psychiques).
      Cela ne se passe pas que dans les banques. C’est partout. De la poussée des hot-lines qui permettent de détruire en douce le principe même du contrat et dont du droit (cf mon blog), à ce que nous ingurgitons (cf le Codex Alimentarius).

      - 3) Une fois qu’on a vu ça on fait quoi ?
      Des tas de résistances, au coup par coup, pour ceci, pour cela, contre telle boîte, telle autre ne peuvent venir à bout d’une hydre (ce qui n’enlève rien à leur utilité). Il est urgent de penser stratégiquement tout ceci.

      Cordialement
      Amada


    • herbe herbe 17 novembre 2009 20:36

      Peut-être qu’on trouvera dans cet article une inspiration pour combattre l’hydre comme David a une chance contre Goliath :

      http://www.internetactu.net/2009/05/14/comment-vaincre-les-goliath/

      il reste le bon antidote de d’arrêter la complicité du serf volontaire :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire


      • Amada 17 novembre 2009 23:00

        Bonsoir Herbe,

        oui j’ai lu cet article sur David et Goliath que j’ai trouvé très intéressant, profond, instructif.
        Cela dit, concernant la tactique de l’usure qui y est rapportée, c’est aujourd’hui Goliath qui l’utilise (http://les-deboires-d-amada.over-blog.fr/5-categorie-10866008.html)
        Quant à la servitude volontaire, La boétie, etc, oui (je n’ai pas cliqué sur le lien que vous me proposez, je vais le faire). Mais je crois qu’aujourd’hui c’est plus un mélange de « politique perso de l’autruche (il faut être »positif« ) », d’opacité générale (on agite des mouchoirs rouges pour détourner l’attention des questions de fond) et de réelle difficulté à se rassembler, non pas au coup par coup, pour telle ou telle cause, contre telle ou telle boîte, etc (bien que cela soit utile et indispensable) ou dans le seul discours (bien qu’internet nous aide à sortir de l"autruche), mais vraiment dans l’action conjointement menée à partir d’une intention structurelle réfléchie et stratégique. Evidemment cela implique de vraiment réfléchir à ce que l’on veut partager tous, suivant quelles modalités etc. C’est pas gagné.
        Cordialement
        Amada

        • herbe herbe 18 novembre 2009 18:51

          C’est vrai c’est pas gagné, mais je suis content de voir des articles comme le vôtre qui participent à augmenter la lucidité,

          Cordialement
          Herbe


        • Amada 19 novembre 2009 10:03

          Bonjour Herbe,


          merci pour votre merci et vos pistes. A priori nous partageons un même « souci » ou une même quête : des mythes, images, métaphores, récits adaptés à la situation (à mes yeux sans précédent dans laquelle nous sommes pris). Par « adaptés » j’entend : apte à nous la faire voir clairement et à lui trouver remède.
          Merci donc pour ce partage.
          Cordialement
          Amada


        • Tthno 19 novembre 2009 23:08

          je trouve le symbole de l’hydre, pour représenter la mondialisation très percutant et très pertinent. Il permet d’exprimer en peu de mots ce que beaucoup ressentent. Je crains pour la suite des évènements, qu’ Hercule, que vous appelez à la rescousse soit devenu fort paresseux. Car les Hercules modernes ne se battent ni contre les hydres, ni contre les centaures, ils représentent la « civilisation » et ouvrent la voie de la mondialisation (c’est comme ça qu’ils se représentent). Une hydre, vous comprenez, ça fout la trouille ! Il faut alors peut-être changer de héros, les faire incarner de nouveaux mythes et de nouveaux symboles pour civiliser la globalisation. 
          Cordialement et en vous remerciant
          tthno


          • Amada 20 novembre 2009 10:53

            Bonjour Tthno,


            merci de m’écrire que vous trouvez l’image percutante et pertinente ! C’est mieux d’être plusieurs à « voir clairement le problème » et ces nouvelles formes de domination auxquelles on peut se laisser « prendre ». Et oui, je suis d’accord, on « dort ». Mais peut-être est-ce parce qu’on ne « voit » pas, ou ne savons pas comment regarder ?
            Concernant Hercule, ce n’est pas comme une personne que je l’envisageais, mais bien comme une figure pour explorer certains attributs de la « lutte ». Je n’ai pas encore creusé, mais, avant de s’attaquer à l’hydre, il s’est coltiné au lion, si mes souvenirs sont bons. Il avait une massue que ne lui était d’aucune utilité. Quand il coupait des « têtes » il en repoussait plusieurs etc. Selon une version, il fallait qu’il fasse sortir l’hydre en pleine lumière pour que ses têtes tombent, sauf une. Et c’est à celle-là qu’il s’attaque (d’où trouver un centre fédérateur).
            Bon. Mais j’y consacrerai un article.
            En tout cas merci Tthno.
            Cordialement
            Amada

          • RedGarouda 18 décembre 2009 19:29

            Bonjour Amada et félicitations pour cette image de l’hydre aux multiples têtes, apparemment non reliées. Cette métaphore est en effet très puissante et vous l’avez admirablement bien filée, il faut qu’elle se répande.

            J’ai la réponse à la question « Que faire ». C’est le « comment faire » qui va s’avérer plus délicat.
            Cependant je ne veux pas l’exposer ici. Je réfléchi en fait à ce projet depuis quelques temps déjà et une solution semble se profiler à l’horizon.

            Comment vous en faire part discrètement ?


            • Amada 18 décembre 2009 19:44

              Bonjour RedGarouda,


              Merci pour votre commentaire et votre compliment. Oui, cette image est forte.
              Et oui, la question est comment faire.
              On peut prendre contact dans un premier temps au travers mon blog, via un commentaire sur l’article du même nom. Je vous répondrai par mail. Qu’en dîtes vous ?
              Cordialement
              Amada

              • Ariane Walter Ariane Walter 15 octobre 2010 22:07

                @ bien longtemps après que vous l’avez écrit, je trouve votre article superbe. c’est herbe qui me l’a donné en lien.
                Rien n’a changé. L-ère de l’hydre est toujours là. !!!


                • Amada 16 octobre 2010 12:03

                  Bonjour Ariane,

                  Merci pour votre compliment.
                  Cela fait plaisir qu’un article « durable » soit lu sur la durée !
                  Comme quoi, la « rapidité » et le scoop n’ont pas toujours le dernier mot !
                  Et merci à Herbe aussi.
                  Cordialement
                  Amada

                  • herbe herbe 29 janvier 2011 16:54

                    Et vous savez quoi, je continue encore en 2011 à y revenir.
                    Je ne sais pas si vous êtes encore par là mais je proposerai le lien de votre article (comme d’autres de mon point de vue majeur pour la lucidité), ça fait radotage pour certains mais tant pis ou tant mieux !

                    J’ai une nouvelle piste d’un penseur qui nous propose le passage à une autre dimension ... :

                    http://www.youtube.com/watch?v=fA60mxf6e2w


                  • Amada 29 janvier 2011 18:57

                    Bonjour herbe,


                    heureuse de vous retrouver.
                    Et merci pour soutenir la « durabilité » de ce travail.
                    Qu’entendez vous par « je proposerai le lien de votre article ? »
                    Bien cordialement
                    Amada

                    • herbe herbe 29 janvier 2011 22:14

                      Simplement, si vous n’avez rien contre, poster régulièrement le lien ici ou dans d’autres forums sur des thème connexes, pour lui donner l’écho que je pressens qu’il mérite ...

                      Cette nouvelle façon de penser la domination offre des pistes pour un nouveau monde à notre portée.

                      Les vidéos du penseur que je viens de proposer seraient des portes d’accès ...

                      Bien cordialement,

                      Herbe


                    • JL JL 29 janvier 2011 19:53

                      Bonsoir Amada,

                      votre métaphore de l’Hydre de Lerne est excellente. Ce ,’est pas la première fois que des éléments de la mythologie grecque sont utilisés avec pertinence pour décrire des phénomènes que l’on constate dans notre monde.

                      Pour faire écho à cette métaphore et à ce socle commun aux multinationales qu’elle évoque, la citation qui me vient à l’esprit est la suivante :

                      « Sérieusement, vous croyez vraiment que Peugeot produit des voitures, Michelin des pneumatiques et Aventis des médicaments ? Bien sûr que non ! Ils produisent des profits. » (Jean-Pierre Berlan)

                      Et ces p^rofits ont besoin d’être toujours plus conséquents, c’est cela la « croissance », ce cancer capitaliste.


                      • JL JL 29 janvier 2011 19:54

                        Votre article mérite une lecture attentive, j’y reviendrai.


                      • JL JL 30 janvier 2011 12:17

                        Bonjour à tous,

                        ne trouvez vous pas rageant de ne pas voir cet excellent article, l’un des meilleurs qu’il m’ait été donné de lire ici, ne pas figurer sur la page de la semaine publiée dce dimanche ?

                        Ceci dit, pour revenir au sujet, et pour faire un parallèle avec l’hydre, je voudrais évoquer ces milliards de little big brothers dotés de téléphones-caméras contrôlées par Google & Co, Big brother, dont les yeux et les jugements sont, au bout du compte ceux de Big brother. La divinité grecque qu’il convient de convoquer ici est peut-être Argos (*) ?

                        L’autre parallèle que je voudrais faire est relatif à la déesse aux cent bouches« évoquée par Brassens dans »Tompettes de la renommée« et qui de se trouve matérialisée par les mass média :  »Les médias doivent donner une image d’apparente diversité, pour cacher une réelle uniformité" (Goebbels). Méduse ? De fait nous sommes sidérés par la société du spectacle !

                        (*) Io fut (...) enfermée dans une prison et gardée par Argos. Ce dernier était un géant doté de cent yeux (cinquante étaient fermés à tour de rôle, alors que les cinquante autres étaient ouverts.). Ce dernier avait tué Echidna, mère de nombreux monstres comme l’Hydre de Lerne, le lion de Némée, le Sphinx, etc.


                      • Amada 30 janvier 2011 00:38

                        Bonjour à tous,


                        merci pour vos remarques, vos encouragements, vos propositions.
                        Je crois qu’il va falloir que je rédige la suite annoncée : Hercule, comme
                        entité collective ????

                        A herbe : heu... comment on poste des liens, ici ? Ou ailleurs ? 
                        Si vous avez envie de la faire, j’en serai ravie !
                        A JL : oui... des profits...

                        Cordialement
                        Amada



                        • herbe herbe 30 janvier 2011 14:56

                          Bonjour Amada,

                          Très bonne idée la suite, ça pourra permette une nouvelle exposition.

                          pour poster, je veux dire tout simplement le proposer, en communiquant ce lien à d’autres pour lecture sur internet. (c’est de cette façon par exemple que Ariane était venu voir ...)

                          La preuve que ça intéresse c’est l’appréciation de JL juste au dessus : au fait JL en fait regardez bien la date cet article fort intéressant ne date pas de cette semaine mais de plusieurs mois !  smiley

                          et en effet il garde toute sa pertinence, en même temps si Amada propose une suite (merci d’avance !) il sera de nouveau exposé à la une ! je le lui souhaite ....

                          Bien cordialement


                        • herbe herbe 30 janvier 2011 15:13

                          si je peux me permettre par rapport à la piste Hercule que vous évoquez...

                          Je sens d’avance sa pertinence ....

                          A condition d’y prêter attention nous sommes tous unis et donc fort....
                          Et de cette forme de coopération vertueuse ( http://www.krishnamurti-france.org/Que-veut-dire-le-mot-cooperation ) pourrait advenir un Phénix purificateur ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Ph%C3%A9nix#Le_Ph.C3.A9nix_Chr.C3.A9tien )

                          A très bientôt donc ....


                        • Amada 30 janvier 2011 18:24

                          Bonjour herbe et JL


                          Merci à JL pour la colère l’enthousiasme et les suggestions. Meduse, oui, dont le regard paralyse, en fait pétrifie (coeurs de pierre devenons...). Argos, pourquoi pas.
                          Votre remarque sur la multiplication des yeux est très pertinente. De mon côté, je suis plus sensible à la multiplication des voix qui donnent des ordres (cf mon article, "Ces voix qui nous asservissent en douce...)
                          Merci Herbe pour votre fidélité, vos encouragements et vos suggestions. Je connais Krishnamurti depuis longtemps. A méditter.
                          Bien cordialement
                          Amada


                          • JL JL 30 janvier 2011 19:09

                            Bonsoir Amada,

                            pour les yeux, il conviendrait de citer aussi tous les fichiers, dont le très controversé fichier des empreintes ADN dont le but inavoué, à mon avis, n’est pas tant d’aider à la résolution d’enquêtes de police que de collecter des données à destination de l’une des branches de l’hydre qui saura exploiter ces données pour en tirer du profit - profit vital pour la croissance sans laquelle l’hydre mourrait.

                            Une chose est sûre : si l’hydre ne meurt pas avant l’humanité, elle mourra avec elle !

                            Herbe, oui, je n’avais pas vu la date de parution de cet article qui est toujours et restera longtemps encore, d’actualité.


                            • Amada 31 janvier 2011 12:27

                              Bonjour JL


                              C’est sûr, cette hydre est dangereuse... Et côté yeux, à méditer.
                              Cordialement
                              Amada
                              PS : il se peut que ma connexion internet soit interrompue quelques jours.

                            • Amada 18 février 2011 01:34

                              Bonsoir JL


                              Ca y est ma connexion Internet est rétablie et mon article sur Hercule en préparation.
                              Merci en tout cas pour votre soutien, celui d’herbe et de tous les autres.

                              En parlant de date, il semble que ma métaphore se répande.
                              Ainsi dans Courrier international, un an après la parution du mien, on trouve un article intitulé : Nicolas Sarkozy et l’hydre de la magouille (cf ci-dessous), avec une belle illustration.
                              Cordialement et à bientôt,
                              Amada.


                            • byle 1er mars 2011 10:18

                              bravo pour cet article, que je decouvre apres celui sur hercule.
                              je partagerai les 2 partout ou je pourrai !


                              • Amada 1er mars 2011 15:24

                                Bonjour Byle


                                Merci !

                                Cordialement
                                Amada

                                • Amada 31 mai 2011 21:24

                                  Bonjour à tous.


                                  Pour ceux qui cherchent la suite, elle est là : « Le combat d’Hercule contre l’Hydre »

                                  Cordialement
                                  Amada

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