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Accueil du site > Tribune Libre > Déclaration d’Elena Bondarenko, députée d’opposition au (...)

Déclaration d’Elena Bondarenko, députée d’opposition au gouvernement de Kiev, privée de parole pour avoir déclaré que « le pouvoir qui envoie l’armée bombarder des civils est criminel »

DECLARATION DE LA DEPUTEE DE LA RADA SUPRÊME D’UKRAINE ELENA BONDARENKO

Née le 26 mai 1974, originaire de Makeeva, dans l'Oblast de Donetsk, fille d'un mineur et d'une infirmière, Elena BONDARENKO, 40 ans, mère d'une fille de 15 ans et d'un garçon de 4 ans, affiche courageusement son soutien à la population du Donbass. Journaliste, puis , élue deux fois députée à la Rada suprême de Kiev, en 2006 et en 2012, sous l'étiquette "Parti des Régions", elle siège dans la fraction de ce parti, dans l'opposition au gouvernement d'alliance droite-extrême-droite qui tient le pouvoir à Kiev et a envoyé l'armée combattre son propre peuple [1].

Kiev, Ukraine, 10 Septembre 2014 

« Mes amis, voici ma déclaration ! Je demande de la diffuser un maximum. Ceux qui ont la possibilité de la traduire, qu’ils le fassent. [2-4]

Elena BONDARENKO« Moi, Elena Bondarenko, députée du Parti des régions, me trouvant dans l’opposition à l’actuel pouvoir en Ukraine, je veux déclarer que ce pouvoir s’abaisse jusqu’aux menaces directes d’élimination physique des représentants politiques d’opposition en Ukraine, jusqu’à priver de leur droit de parole l’opposition au parlement et en dehors, et même à la complicité de crimes non seulement contre ces représentants politiques mais contre leurs enfants.

Des menaces constantes, l’interdiction non formulée de la présence des opposants sur les ondes de la plupart des chaînes ukrainiennes, une persécution déterminée, ce sont là déjà les attributs de la vie courante d’un député en Ukraine.

Tous ceux qui appellent à la paix en Ukraine sont immédiatement inscrits par le gouvernement sur la liste des ennemis du peuple, comme ils le furent, par exemple, dans l’Allemagne des années 30-40 du siècle dernier ou au temps de la politique de McCarthy aux USA.

Il y a quelques jours, le ministre des Affaires intérieures de l’Ukraine, Arsen Avakov, qui est un ardent partisan du dénommé « parti de la guerre » en Ukraine, a déclaré la chose suivante : « Quand Elena Bondarenko monte à la tribune faire un discours, la main cherche tout de suite le revolver ». Je souligne que c’est un homme investi de la fonction de premier policier de l’état qui dit une chose pareille.

Il y a exactement une semaine, le porte-parole du parlement ukrainien Alexandre Tourtchinov m’a privée de la même façon de mon droit de parler à la tribune en tant que représentante de la fraction d’opposition du « Parti des régions ». Il m’en a privée simplement parce que j’ai déclaré que « le pouvoir qui envoie l’armée bombarder des civils est criminel ». Après quoi, il a donné avec magnanimité la possibilité aux radicaux du parlement d’appeler à fusiller l’opposition.

Rappelant que, à la fin de l’année dernière, quand les extrémistes commençaient à s’armer à Kiev, on avait tiré sur ma voiture et que ce fait avait été enregistré par les organes de police sur ma déclaration, je considère ce genre de menaces avec le plus grand sérieux.

J’informe également tous ceux qui ne le savent pas encore que le pouvoir actuel couvre des criminels, qui ont osé lever la main sur le fils d’un autre opposant politique, Vladimir Oleinik. Rouslan Oleinik, qui occupe la fonction de procureur de district, a été roué de coups sur son lieu de travail, à la suite de quoi sa vie et sa santé se sont trouvées menacées.

Au lieu d’enquêter sur cette agression contre un procureur dans l’exercice de ses fonctions et sur cette intimidation monstrueuse à l’égard d’un opposant et de sa famille, le pouvoir a licencié ledit procureur.

J’entends chaque semaine mes collègues parler des passages à tabac de leurs collaborateurs, des perquisitions dans les entreprises de leurs partisans, des menaces et même des attentats sur leurs vies, leur santé et leurs biens.

L’espace informatif ukrainien est presque complètement épuré de cette information, et les Ukrainiens ordinaires ne devinent même pas que se déroule en Ukraine une lutte criminelle contre l’opposition, que le droit à la libre parole donné par la Constitution est malmené de toutes parts.

Ces mêmes rédactions qui, surmontant leur peur, travaillent honnêtement s’exposent aux agressions des groupuscules nationalistes, or les organisateurs et les participants de ces pogroms des rédactions, même identifiés par des vidéos et du matériel photographique, ne sont pas tenus responsables.

J’en appelle aux structures internationales qui déclarent leur attachement aux principes démocratiques, pour qu’elles ne se contentent pas de prêter attention à cela mais qu’elles se mettent au travail afin que soient conservés et observés les droits démocratiques et les libertés des citoyens ukrainiens.

Les méthodes de la junte de Kiev dans sa lutte pour le pouvoir, et plus exactement dans sa lutte pour l’édification d’une dictature en Ukraine n’ont rien de commun avec la notion de « démocratie ».

L’inactivité de la communauté internationale à l’égard de ces faits criants seront considérés comme de la complicité et de l’approbation silencieuse envers tous les crimes qui se commettent à présent en Ukraine. Le monde libre perd encore un avant-poste, l’Ukraine.

Tous ceux qui se battent, non en paroles, mais dans les faits, pour la démocratie, les droits et la liberté de l’homme peuvent ensemble faire beaucoup.

Car nous sommes les seuls à pouvoir arrêter la junte et la guerre fratricide en Ukraine !

Avec tout mon respect.

Lae députée populaire d’Ukraine, Elena Bondarenko

Elena BONDARENKOOriginaire de Makeeva, près de Donetsk, fille d'un mineur et d'une infirmière, Elena BONDARENKO affiche courageusement son soutien à la population du Donbass. Elue sous l'étiquette "Parti des Régions", elle siège dans la fraction de ce parti, dans l'opposition au gouvernement d'alliance droite-extrême-droite qui tient le pouvoir à Kiev et a envoyé l'armée combattre son propre peuple. Depuis la prise de pouvoir par la droite alliée au parti nazi Svoboda et à la milice nazie Secteur Droit, elle a fait l'objet d'au moins une tentative d'assassinat par les partisans des autorités au pouvoir à Kiev. Elle est régulièrement empêchée de parler au parlement d'Ukraine où elle continue à siéger. Elle est opposée à la guerre menée contre le Donbass.

Elena BONDARENKOElena BONDARENKO intervenant à la Rada suprême de Kiev (septembre 2014).

 

REFERENCES :

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Olena_Anatoliivna_Bondarenko

[2] le post de la députée sur sa page facebook https://www.facebook.com/E.A.Bondarenko/posts/324449304394390

[3] VERSION ORIGINALE EN RUSSE POUR MEMOIRE :

Заявление народного депутата Верховной Рады Украины Елены Бондаренко.

Други мои, вот мое заявление !
Прошу максимального перепоста. Кто имеет возможности перевести на другие языки и распространить его - подключайтесь !
"Я, Елена Бондаренко, народный депутат от Партии регионов, которая находится в оппозиции к нынешней власти в Украине, хочу заявить о том, что власть опускается до прямых угроз физического устранения оппозиционных политиков в Украине, до лишения права на свободу слова оппозиции в парламенте и за его пределами, а также до соучастия в преступлениях против не только оппозиционных политиков, но и их детей.
Постоянные угрозы, негласный запрет на присутствие оппозиции в эфире большинства украинских каналов, целенаправленная травля - это уже как атрибут повседневной жизни оппозиционного депутата в Украине. Все, кто призывает к миру в Украине, сразу же записываются властью во враги народа, как это было, к примеру, в Германии 30-40 годов прошлого века или во времена политики маккартизма в США.
Несколько дней назад Министр внутренних дел Украины Арсен Аваков, который является ярым сторонником так называемой « партии войны » в Украине, заявил следующее : "Когда выходит на парламентскую трибуну выступать Елена Бондаренко, рука просто тянется к пистолету".
Подчеркиваю : это сказал человек, наделенный полномочиями главного полицейского в государстве. Ровно неделю назад спикер украинского парламента Александр Турчинов также лишил меня права выступить с парламентской трибуны как представителя оппозиционной фракции « Партии регионов ». Лишил только за то, что я заявила, что « власть, которая посылает армию бомбить мирные города, – преступна ». После чего он же благодушно дал возможность парламентским радикалам озвучить призыв расстрелять оппозицию.
Памятуя то, что еще в конце прошлого года, когда в Киеве уже орудовали экстремисты, мой автомобиль был обстрелян и этот факт был зафиксирован мною заявлением в правоохранительных органах, отношусь к подобным угрозам в мой адрес вполне серьезно.
Также информирую всех, кто еще этого не знает, что нынешняя власть покрывает преступников, которые посмели поднять руку на сына другого оппозиционного политика Владимира Олейника. Руслан Олейник, выполняя обязанности районного прокурора, был избит на своем рабочем месте, в результате чего его жизнь и здоровье оказались под угрозой. Вместо того, чтобы расследовать данный факт нападения на прокурора при выполнении его обязанностей и факт чудовищного давления на оппозиционера и его семью, власть уволила данного прокурора. От своих коллег еженедельно я слышу об избиении их помощников, об обысках на предприятиях их сторонников, об угрозах, а также посягательствах на их жизнь, здоровье и имущество.
Украинское информационное пространство почти целиком зачищено от данной информации и обычные украинцы даже не догадываются, что в Украине ведется преступная борьба с оппозицией, что данное Конституцией право на свободу слова всячески подавляется. Те же редакции, которые, превозмогая страх, работают честно подвергаются нападениям националистических группировок, а организаторы и участники погромов редакций, даже идентифицированные по видео и фотоматериалам, не привлекаются к ответственности.
Я призываю международные структуры, которые декларируют приверженность демократическим принципам, не просто обратить на это внимание, а и подключиться к борьбе за сохранение и соблюдение демократических прав и свобод украинских граждан.
Методы украинской хунты в борьбе за власть, а точнее в борьбе за построение диктатуры в Украине не имеют ничего общего с понятием « демократия ».
Бездействие со стороны международного сообщества в отношении этих вопиющих фактов будет выглядеть как соучастие и молчаливое одобрение всех тех преступлений, которые сейчас совершаются в Украине.
Свободный мир теряет еще один форпост – Украину. Все, кто не на словах, а на деле, борется за демократию, права и свободы человека могут сообща сделать многое. Ведь только сообща мы можем остановить хунту и братоубийственную войну в Украине !
С уважением,
народный депутат Украины Елена БОНДАРЕНКО

[4] version originale de cet article sur mon blog.

Vidéo : 9 septembre 2014 : Elena Bondarenko refuse de répondre aux questions provocatrices d'une journaliste ukrainienne et indique que ce n'est pas parce qu'il y aurait éventuellement quelques volontaires russes que cela signifierait que la Russie attaque l'Ukraine, elle ajoûte qu'il y a bien aussi des volontaires Français qui combattent des deux cotés, et des Polonais aussi...


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19 réactions à cet article    


  • agent ananas agent ananas 11 septembre 2014 22:20

    Ah bon ? Je croyais que le professeur M, n’aimait pas les fachos ?


  • Proudhon Proudhon 11 septembre 2014 18:28

    Une femme qui donne une leçon de courage aux sans-couilles qui nous gouvernent...
    Mais j’ai peur pour elle et sa famille...


    • chapoutier 12 septembre 2014 08:17

      Mais j’ai peur pour elle et sa famille...

      Arsen Avakov, le ministre de l’intérieur à déclaré il y a quelques jours jours “Quand je vois ELENA BONDARENKO, ma main se tend toute seul vers mon pistolet"


    • Gnostic GNOSTIC 11 septembre 2014 18:30




      Pour être clair cette Elena Bondarenko est ukrainienne ukrainophone ou russophone ???.

       

      En Ukraine il y a les ukrainiens qui parlent UKRAINIEN et ne veulent pas entendre parler le russe

       

      Et il y a des dissidents prorusses qui se considèrent RUSSES et veulent parler uniquement RUSSE

       

      Tant qu’on ne fait pas cette distinction entre les langues ON NE COMPRENDRA RIEN

       

      La solution : la PARTITION du pays entre UKRAINIENS pur jus et RUSSO-UKRAINIENS parlant russe

       

      Sinon ils ne s’en sortiront JAMAIS



      • Laurent 47 11 septembre 2014 23:46

        G Votre distinction est erronée. La séparation est à faire entre les 99 % d’ukrainiens qui ne font aucune différence entre ceux qui parlent ukrainien et ceux qui parlent russe, et les 1 % restants, originaires de Galicie et qui étaient du côté des nazis pendant la dernière guerre. C’est cette racaille qui, poussée et aidée par les Etats-Unis, a pris le pouvoir lors du putsch du Maïdan à Kiev. Il s’agit des miliciens de Pravy Sektor, Svoboda, et des Bandéristes, ces trois milices néo-nazie professent une haine viscérale des russes, des juifs, et des homosexuels ! C’est à peu près la totalité de leur programme de gouvernement ! C’est ce qui explique que ces forcenés ne puissent remporter la victoire dans le Sud-Est de l’Ukraine. En effet, ce n’est pas l’armée régulière ukrainienne qui se bat contre les civils séparatistes, mais ce sont des volontaires de ces milices qui veulent en découdre avec les russophones ! La majorité des ukrainiens ne veut pas la partition du pays, mais ces cons font tout pour que ça arrive, tant la haine les aveugle ! Et en plus, ils ont la naïveté de croire que la Russie va envahir l’Ukraine, et que les Etats-Unis vont risquer une troisième guerre mondiale pour défendre leurs chemises brunes. Ils sont presque aussi idiots que les chefs d’états européens qui voleraient bien à leur secours, s’ils avaient les moyens de le faire ! On se demande pourquoi on a fait la guerre à l’Allemagne nazie, alors que maintenant, on encourage le fascisme en Ukraine !


      • lermontov lermontov 11 septembre 2014 23:57

        Comme précisé, elle est du Donbass et députée ; il n’y a pas eu sécession, c’est une guerre civile, une partie de la population s’est révoltée contre le pouvoir central. (de la même façon qu’il y aurait des députés du Calvados, quand bien m^me le Calvados serait en guerre ouverte avec Paris). Russophone et ukrainophone est une fable complète pour la simple raison qu’une des lois ayant entraîné la rebellion est l’interdiction de parler russe et la rédaction obligatoire en ukrainien de toute la paperasse administrative, etc. Donc, si elle est députée, elle est donc ukrainophone. (elle parle sans doute russe aussi).

        Cette histoire de russophone est une façon hypocrite des médias de désigner les parties en masquant le fait qu’il s’agit d’une guerre ethnique et que le pouvoir central (comme l’article l’indique) pousse au massacre de l’ethnie russe présente en nombre dans les oblasts de l’Est.


      • skirlet 12 septembre 2014 17:44

        Gnostic, je me permets de vous apporter quelques éclaircissements, parce que je suis originaire de Donetsk. Quand on dit « russophone » et « ukrainophone », ça veut dire que les premiers utilisent essentiellement le russe dans leur quotidien, et les seconds - l’ukrainien. Pratiquement tout le monde parle les deux langues.

        Dans mon école, l’enseignement était en russe, avec les cours de la langue ukrainienne. Pour illustrer le niveau : quelques premières leçons passées, on ne parlait que l’ukrainien pendant ces cours. On lisait les livres non simplifiés en VO (avec l’analyse exprimé uniquement en ukrainien), parfois on avait des sorties au théâtre pour voir des spectacles en ukrainien (je précise que tout le monde suivait sans problème), et ce n’était point extraordinaire de regarder des films et autres émissions sur la chaîne ukrainophone, sans efforts ni dictionnaires. Il faut dire que pour certains la maîtrise de l’ukrainien était davantage passive qu’active, c’est tout.
        Il y avait également des écoles avec l’ukrainien comme langue d’enseignement (mes cousins ont envoyé leurs enfants dans ce genre d’école).

        Les enragés qui détestent tout ce qui est russe, sont en effet minoritaires, comme on vous a déjà expliqué.


      • lermontov lermontov 11 septembre 2014 18:38

        « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver ». D’un certain Goering.

        Voilà qui inspire le premier policier de l’Etat.


        • COVADONGA722 COVADONGA722 11 septembre 2014 19:11

          yep quelqu’un à prévenu la dame ? que sur se site nous avons un délateur capable de mettre

          la photos de parachutistes français en les accusant d’être les auteurs des crimes de Mérah .
          Nous avons un presque professeur qui donne nom et adresse de ceux qu’il soupçonne d’être
          de droiaaate !!! d’etre russophile et surtout islamophobe !!!!

          • asterix asterix 11 septembre 2014 22:53

            Croyez bien que demain le lien passera dans une grande partie des journaux belges.
            Vous donnez une leçon de courage qui donne à méditer, Madame la Députée « ukrainienne »,
            Votre message n’est que de paix.
            Je vous souhaite du courage, vous avez mon admiration.


            • Patrice SALZENSTEIN Patrice SALZENSTEIN 11 septembre 2014 23:57
              Voici le lien de la vidéo présentée dans l’article avec les sous-titres en français :
              http://www.youtube.com/embed/5QxggbQNS2s 


              • BA 12 septembre 2014 08:20
                Ukraine : le premier ministre et le vice-premier ministre forment un nouveau parti politique avec des nazis notoires ! A propos du premier congrès du « Front Populaire Ukrainien » , lisez cet article très important : Y-a-pas-de-néonazis-en-Ukraine-mais-un-peu-quand-même.

                Nous nous sommes tous trompés : Marie Mendras, Julien Sauvaget et consorts ont raison : les Ukrainiens se battent pour leur droit à la liberté, à la démocratie, et pour les valeurs européennes qui nous unissent tous (le libéralisme économique ?), et tous ceux qui disent le contraire sont des espions payés par le FSB, dont les redoutables babouchki avec des parapluies de combat. D’ailleurs, j’attends mon chèque.

                Le 31 mars 2014, le « Front Populaire » a été officiellement enregistré. Son premier congrès s’est ouvert le 10 septembre. Sur la photo, on voit quelques uns des membres proéminents de ce parti dont le slogan est « une équipe forte pour des temps difficiles ».

                Front Populaire ukrainien. L’État ukrainien s’affiche ouvertement avec des nazis.

                Voyons un peu quelle est cette forte équipe. Le congrès a élu Arsène Avakov (ministre de l’intérieur) président du parti et Oleksandr Tourtchinov (président de la Rada) chef du bureau central.

                Avec eux se trouve Andriy Biletskiy, chef des partis néonazis “Patriote d’Ukraine” et “l’Assemblée Sociale-Nationale“, membre du Secteur Droit et commandant du Bataillon Azov. On peut difficilement être plus ouvertement nazi. Avec le quart de son pedigree, le Front National l’aurait probablement exclu. Biletskiy a été libéré de prison, où il était incarcéré pour violence, par le président de la Rada (parlement ukrainien) Oleksandr Tourtchinov, alors président par interim. Ça c’est un bon copain. La Constitution ukrainienne dit :

                Article 112. Dans le cas d’un retrait prématuré des pouvoirs du Président de l’Ukraine, suivant les articles 108, 109, 110, 111 de la présente constitution, les responsabilités du Président d’Ukraine sur une période allant jusqu’à l’élection et la prise de poste d’un nouveau Président d’Ukraine sont attribuées au premier ministre d’Ukraine. Le premier ministre d’Ukraine, durant son mandat en tant que président d’Ukraine ne peut exécuter les pouvoirs décrits par les points 2, 6, 8, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 22, 25, 27 de l’article 106 de la présente constitution. Article 106. Le président d’Ukraine exécute la grâce présidentielle.

                Ce qui est un détail si on prend la peine de se souvenir que Yanoukovitch a été viré en violation de la Constitution (articles 108 à 111), et qu’il y a donc bien eu un coup d’État.

                Petits rappels :

                L’emblème du parti “Patriote d’Ukraine”, c’est simplement le symbole “Wolfsangel” inversé qui forme le digramme I+N, initiales de Idée Nation.

                L’un des leaders du parti “Patriote d’Ukraine” était Andriy Parubiy, qui a dirigé la défense de Maïdan, avant d’être secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de la défense d’Ukraine du 27 février au 7 août 2014. Parubiy était également présent au congrès du Front Populaire.

                Fin 2013, le parti “Patriote d’Ukraine” a fusionné avec plusieurs partis dont le Trident de Stepan Bandera et l’UNA-UNSO.

                Le Trident de Stepan Bandera était le parti de Dmitriy Yaroch. Son but est la création d’un puissant état ukrainien indépendant. Il estime que ses ennemis sont “l’impérialisme et le chauvinisme, le communisme et le fascisme, le cosmopolitisme et le pseudo-nationalisme, le totalitarisme et l’anarchisme, et toute autre vermine qui s’efforce de parasiter le sang et la sueur des Ukrainiens ou de les éloigner du chemin glorieux de leur État national”. Fichtre, ça fait du monde à haïr !

                Il est né comme le bras armé du Congrès nationaliste ukrainien, d’où le symbole, une croix-épée, avec les armoiries de l’Ukraine

                L’UNA-UNSO est “l’Assemblée nationale ukrainienne – Autodéfense ukrainienne”. Ces joyeux démocrates pro-européens ont participé à plusieurs conflits :
                -la guerre de Tchétchénie du côté des indépendantistes, alliés des Talibans d’Afghanistan
                -la guerre du Kosovo (des 2 côtés)
                -la guerre de Transdnistrie (du côté de la Transdnistrie… donc avec Strelkov !)
                -la guerre du Haut-Karabakh, du côté de l’Azerbaïdjan
                -la guerre d’Abkhazie (1992-1993) du côté de la Géorgie
                -Maïdan
                Ainsi qu’à la guerre de l’Ossétie du sud de 2008 selon un procureur russe.

                En mars 2014, l’Assemblée Social-Nationale de Biletskiy a formé le bataillon de volontaire Azov, qui se distingue actuellement par ses crimes de guerres, notamment contre la population civile du Donbass.

                Je rappelle que l’emblème du bataillon Azov contient la superposition du Soleil Noir nazi et de l’image miroir de l’emblème “Wolfsangel” de la division SS “Das Reich”, essentiellement connue en France pour plusieurs massacres de civils, dont celui d’Oradour-sur-Glane.

                Pour ceux qui auraient des doutes, on peut voir le bataillon Azov à l’entraînement :

                Les images montrant le bataillon Azov à l’entraînement ont causé un scandale en Allemagne en raison de la présence de symboles nazis. Un autre casque arbore un symbole “SS” runique.

                On a donc deux des plus hauts personnages de l’État ukrainien qui forment un nouveau parti avec un nazi notoire, qui a été illégalement libéré de prison par l’un d’eux.

                En dehors d’Andriy Biletskiy, ce nouveau parti compte :

                • le commandant Youriy Bereza du bataillon Azov

                • Tatyana Tchornovol. Sur la photo, Tchornovol est à la droite d’Avakov dont elle est la conseillère. Elle est entrée à l’UNA-UNSO à 17 ans et en a été la porte-parole. C’est une activiste nationaliste qui se proclame journaliste et qui a évidemment participé à Maïdan. Son époux Nikolaï Berezovii faisait parti du bataillon Azov et est mort dans le Donbass. Avant cela il était député, inscrit au parti UDAR de Klitchko.

                • Youriy Pavlenko, secrétaire d’état pour les droits des enfants. En tant que ministre de la famille, de la Jeunesse et des sports (2007-2010), il a participé à renforcer la formation du patriotisme et du nationalisme chez les enfants.

                • Arseniy Yatsenyouk, premier ministre

                • Ksenya Lyapina, députée

                • Nikolaï Knyajitskiy, journaliste

                • Vyatcheslav Kirilenko, vice-premier ministre

                • Lyoudmila Denissova, ministre des affaires sociales

                • Lilya Grinevitch, députée

                • Dmitriy Tymtchouk, qui coordonne la lutte contre la “propagande russe”

                • Dmitriy Sneguirev, nationaliste de Lougansk qui a quitté Svoboda (parti nationaliste) parce qu’il était devenu trop centriste à son goût.

                • Mikhaïl Gavrilyouk, vétéran de Maïdan (4ème centurie)

                • Pavel Petrenko, ministre de la justice

                • Maksim Bourbak, ministre de l’infrastructure

                En tout, 490 personnes ont participé à ce congrès, dont plusieurs autres députés non cités ici. Un conseil de guerre a été formé lors de ce congrès et inclut Avakov et Tymtchouk. Le programme de ce nouveau parti est en cours d’élaboration, et étant donné la liste des participants, il ne peut être que nationaliste ou national-socialiste.

                Pour résumer, nous avons enfin tout le gratin du coup d’État de Maïdan, de la droite nationaliste à l’extrême-droite ultra-nationaliste enfin réunis en un parti pour préparer l’élection parlementaire du 26 octobre.

                http://www.les-crises.fr/actu-ukraine-12-septembre/


                • JL JL 12 septembre 2014 08:58

                  ’’L’inactivité de la communauté internationale à l’égard de ces faits criants seront considérés comme de la complicité et de l’approbation silencieuse envers tous les crimes qui se commettent à présent en Ukraine.’’

                  Selon Noam Chomsky : ’’On ne souligne quasiment jamais que l’expression « communauté internationale » est classiquement utilisée pour désigner Washington et tous ceux qui en viennent à s’aligner avec elle, pas seulement sur cette question, mais d’une manière assez générale’’.

                  Ceci explique cela.


                  • leypanou 12 septembre 2014 13:45

                    Tant qu’un dirigeant politique est « accepté » par l’empire et/ou ses valets et qu’il ne risque pas de déranger leurs intérêts, il peut commettre les pires crimes qu’il veut, « ils » le laisseront tranquille (exemple Mobutu Sese Seko est resté plus de 30 ans au pouvoir).
                    Le jour où sa chute est inéluctable et que ses remplaçants risquent de ne pas être dans la ligne, i.e sauvegarde les intérêts de la « Communauté Internationale », celle-ci hâtera sa chute pour le remplacer par quelqu’un de plus « acceptable » mais qui sauvegardera l’essentiel.
                    Le silence des « journalistes » dans la ligne s’explique ainsi et en France, on est « gavé » par la propagande de l’idéologie mainstream, résumée par le deux poids-deux mesures (double standard comme disent les anglophones).
                    Cette députée peut crier ce qu’elle veut, elle a PEU DE CHANCE de se faire entendre ici : une opposante à Porochenko n’est pas une BONNE opposante, un opposant à Bachar el-Assad si.


                    • Fab81 12 septembre 2014 15:58

                      Puisse cette femme digne et courageuse ne pas payer de sa liberté (voire pire) son combat pour la paix et la démocratie ! Pendant que les opposant au régime ukrainiens sont ainsi réduits au silence, nos chers gouvernements nous chantent « mais à part ça ces gens-là ne sont pas des fascistes » sur l’air de « tout va très bien, madame la marquise... »


                      • taktak 12 septembre 2014 16:22

                        déclaration reprise sur le site du PRCF.

                        Avec l’interdiction en cours du KPU, la repression contre toute forme d’opposition au pro UE par la junte fasciste est bien en place, avec le soutien de l’UE « démocratique ».

                        L’interdiction du parti communiste d’ukraine s’accompagne d’une campagne d’arrestation, de torture, de repression pour essayer d’arrécher des preuve (façon procès de l’incendie du Reichtag...).

                        Nous ne pouvons pas nous taire. Nous ne pouvons pas laisser faire. Si chacun prenait son téléphone pour appeler les émissions de radios participative, son clavier pour commenter les forums des grands médias, l’immense campagne de propagande éclaterait aux yeux de nos conscitoyens. C’est maintenant qu’il faut résister contre le fascisme et défendre la paix


                        • skirlet 12 septembre 2014 17:34

                          Bravo pour l’article, ça fait toujours un contrepoids aux « grands » médias...
                          Une petite correction : ce n’est pas « Makeeva » mais « Makeïevka », une ville pratiquement attenante à Donetsk, où j’ai travaillé pendant 8 ans... et « oblast » s’écrit sans majuscule, c’est comme une région en France (approximativement, bien entendu).

                          Voici la vidéo où Tourtchinov coupe le micro à Elena Bondarenko.


                          • skirlet 12 septembre 2014 17:46

                            Pardon, la vidéo y était déjà :)


                          • skirlet 13 septembre 2014 17:35

                            Non seulement les députés qui sont concernés : voici la circulaire parue dans l’Université de Kharkov. Il faut éduquer les étudiants en vrais patriotes ukrainiens toujours prêts à défendre la patrie avec les armes, dans le respect des symboles d’État, de la constitution et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Si les enseignants ne remplissent pas cette mission d’éducation, leur comportement sera considéré comme activité portant atteinte à l’État, ce qui n’est pas compatible avec le poste d’enseignant (autrement dit, ils seront virés).

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