• mercredi 10 février 2010
  • Agoravox France Agoravox.com Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Demain une loi Hadopi pour les livres ?
Non 3%
Article intéressant?
 
Oui 97%
(111 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Ecrire un commentaire
  • Marquer et partager

Demain une loi Hadopi pour les livres ?

Nos députés ont fait un formidable travail de protection des droits d’auteur en votant cette loi, salués en cela par une poignée de grands artistes, mais ils doivent aller plus loin et mettre fin à un scandale qui concerne un domaine trop souvent négligé, occulté par les lumières du star-sytème et du showbizness : les livres.

 
Notre président a commencé à prendre la mesure du problème, puisqu’il a annoncé sa volonté de protéger les manuels scolaires et les droits des éditeurs :
 
« Nicolas Sarkozy a annoncé son souhait d’organiser dans les mois à venir des États généraux de la création qui traiteront notamment du problème "de la reproduction en très grandes quantités d’oeuvres par l’Éducation nationale". Signe que pour le chef de l’État, l’éducation doit être au service des auteurs, et non l’inverse. »
 
Mais on espère qu’il s’attaquera avec son énergie habituelle à un scandale vieux de plus d’un siècle dans le domaine des livres, un pernicieux système de licence globale que l’on appelle « abonnement annuel à la bibliothèque municipale », et qui concerne également les bibliothèques universitaires. Selon nos sources, une nouvelle loi est en préparation dans le plus grand secret, un Hadopi spécial livres.
 
Pour une somme dérisoire, ce sont des centaines de milliers de gens qui lisent des romans gratuitement, autant de droits d’auteur en moins pour les écrivains !
 
Sans aller jusqu’à dire que les vedettes du showbiz se dorent la pilule sous les feux de la rampe... disons qu’il paraissent souvent mieux lotis que les travailleurs de la plume, exception faite des gros vendeurs.
 
Il est temps de combattre ces inégalités injustifiées entre différentes catégories d’artistes ! La protection contre le piratage ne doit pas s’appliquer seulement à l’audiovisuel, musique, chansons, séries et films, car la situation est grave : je peux personnellement témoigner que j’ai vu des enfants de 7 ans emporter un livre à la maison (parfois trois à la fois), sans avoir déboursé un seul euro !
 
Pire : leur geste criminel est approuvé par leurs parents, attendris par un goût de la culture se manifestant chez leur progéniture de façon assez inattendue, quand il ne s’agit que d’une vocation de délinquant ou de l’attrait malsain de l’interdit.
 
Et l’argument selon lequel les gros lecteurs de bibliothèques seraient aussi les gros acheteurs de livres est fallacieux : où sont les études scientifiques qui le prouvent ? 
Les faits sont têtus : un livre lu quasiment gratuitement est un manque à gagner pour les artistes, et rappelons, comme l’a fait Pierre Arditi à juste titre, que Laurel et Hardy ont fini dans la misère, alors que leur oeuvre est immortelle. 
 
Quelle société fabriquons-nous en incitant nos enfants à lire des livres sans les payer ? Les bibliothèques municipales sont des foyers d’anarchie, des écoles du crime où l’on apprend le piratage des oeuvres et le mépris de l’artiste. Et nos écoles primaires sont complices, qui partout en France amènent quasiment chaque semaine les enfants du primaire dans ces lieux où sont probablement nées de nombreuses vocations de pirates informatiques, ceux-là même contre lesquels lutte la loi Hadopi. 
 
Hadopi ne suffit pas. Il faut s’attaquer aux racines du mal : fermons toutes les bibliothèques et médiathèques de France ! 
 
Espérons que nos députés s’attaqueront aussi au scandale du prêt de livre entre copains, le pair à pair (peer to peer), dont le principe est très simple : un consommateur qui a acheté un livre le prête à un autre pour qu’il le lise gratuitement, sans rémunérer l’auteur ! 
On estime le manque à gagner pour les écrivains à des millions d’euros... 
 
Selon nos sources, les options techniques retenues seraient l’insertion dans chaque livre électronique (e-book) d’un logiciel qui liste et transmette nos lectures à une Haute autorité et, pour les livres papier à l’ancienne mode, une puce électronique incrustée dans la reliure, couplée à un GPS pour tracer le prêt de livres.
 
Le gouvernement, pour couper court aux critiques sur une menace aux libertés fondamentales, a bien précisé, dans son avant-projet, que chacun gardera le droit inaliénable et imprescriptible de lire et relire un livre acheté légalement, et ce, pour un nombre illimité de relectures.
 
Les grands groupes de presse se sont montrés très intéressés par ce projet. Ils envisagent de lutter contre la lecture illégale des journaux et magazines en utilisant une encre biodégradable qui s’autodétruit au bout de 24 heures (pour les quotidiens) et d’une semaine (pour les hebdomadaires).
 
Ainsi, le talent des journalistes, eux aussi artistes de la plume, sera-t-il davantage respecté lorsque la lecture illicite des journaux sera contrecarrée. Un SDF, par exemple, ne pourra plus lire gratuitement le journal sur lequel il dort, mais l’usage de celui-ci comme isolant thermique sera toujours possible, c’est une situation gagnant-gagnant.
 
Lorsque la future loi aura été appliquée et les bibliothèques fermées, le problème se posera de savoir quoi faire de ces millions d’ouvrages : les vendre à la tonne, au poids du papier ? Pas rentable. Les brûler ? Certains n’hésiteraient pas à évoquer Fahrenheit 451, le roman de Ray Bradbury (superbement adapté au cinéma par Truffaut). Les donner ? Indigne d’un gouvernement libéral et contraire aux intérêts des auteurs. Le plus rationnel sera d’organiser une gigantesque vente publique de ces millions de livres d’occasion qui auront été si souvent lus illégalement.
 
Enfin ces livres orphelins trouveront leur destin, leur légitime propriétaire, celui qui aura seul le droit de les chérir, de les lire et les relire en toute légalité. (Le prêt intrafamilial sera probablement autorisé).
 
Dans son combat pour la fermeture de toutes les bibliothèques municipales, en faveur de la culture pour tous dans le respect des écrivains, le gouvernement espère l’appui du Nouvel observateur et de Denis Olivennes, président de son directoire, ancien dirigeant du groupe Fnac et inspirateur de la loi Hadopi par le rapport qui porte son nom. 
 
Une société juste est une société où les droits de chacun sont calculés au plus juste. 
 
(Pour aller plus loin sur le sujet – et plus sérieusement )
 
(Pour aller plus loin dans la déconnade, un texte humoristique anonyme venu de Russie
 sur la question des droits d’auteur, à la sauce futuriste orwellienne)

Mots-clés

Culture

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Obtenez votre badge pendant 6 mois.

Achat immédiat par SMS ou TEL
1
2
Envoyez CODE par SMS au 81038 3.00 € / SMS Appelez le 08 99 78 46 66 1.91 € / appel
3

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • 0 vote deja vote forum
    Par David Meyers (xxx.xxx.xxx.121) 15 mai 2009 09:50

    J’approuve de tous mes voeux cet article clairvoyant.

    Mais qu’attend donc, en outre, notre Double Camembert ("Lepetit Président") pour s’attaquer à ce scandale qu’es le piratage des mots ?

    Ainsi donc, à chaque fois que nous parlons, ou écrivons, nous piratons honteusement ces mêmes mots écrits auparavant sur les livres édités et diffusés. Vous n’iriez pas arracher un bout de page dans un livre dans un magasin pour vous emparer d’un mot imprimé sur une feuille ? Et bien parler c’est pareil ! Dites NON au piratage verbal.

    Que fait donc Madame Albanel pour faire cesser cette perfidie ?

    L’air ne doit pas être une zone de non droit !!!

    Il faut vous réveiller Madame le Ministre de la Culture.

    Point besoin de "licence globale" à payer pour avoir le droit de parler ou d’écrire. Impossible non plus de télécharger (à 0.99E) un mot dont on aurait besoin.

    Tous ceux qui oseront désormais parler, on leur coupera ... quoi ? mais la langue bien entendu, comme au bon vieux temps où on racourcissais le tégument bavard des menteurs.

    Quant à nos députés, pour respecter la loi, il n’auront plus besoin de parlementer oralement. Il auront juste à appuyer au choix sur un seul bouton "OUI". Nos juges n’auront plus à diriger des débats muets. Ils prendront leur décision en toute indépendance en pressant, à leur gré, un seul bouton : "Condamné(e)".

    Ca c’est de la réforme.

  • 0 vote deja vote forum
    Par Cbx (xxx.xxx.xxx.6) 15 mai 2009 09:56
    Cbx

    Très bon article smiley ! Ca fait du bien de rigoler un peu vu le climat politique actuel.

    Surtout quand on voit que maintenant que l’Hadopi est passée, les ayants droits réclament en plus une taxe sur les revenus des FAI. Comme prévu, ils vont maintenant tenter de mettre en place une espèce de license globale, sans pour autant donner le droit de télécharger librement, et dont les revenus profiteront aux intermédiaires au lieu de profiter aux artistes.

    Dans mon précédent article j’ai tenté d’expliquer pourquoi les artistes avaient tout intérêt à prendre le virage du numérique avant les majors et à prendre leur indépendance. Ils ont préféré soutenir Hadopi, tant pi pour eux (et pour nous qui allons encore payer des taxes sans aucune contrepartie).

  • 0 vote deja vote forum
    Par Flo (xxx.xxx.xxx.15) 15 mai 2009 09:57

    Il n’est pas impossible que nous allions jusqu’à descendre aussi loin dans l’exploration du caniveau... la guilde monacale des scribes a gagné son procès contre Gutemberg, interdisant de ce fait l’utilisation de la presse à imprimer.
    Qui sont les gens qui s’en félicitent ? Si l’on fait abstraction des porcs de l’industrie du disque, qui vont avoir là l’occasion de faire enfler un peu plus une panse déjà outrageusement rebondie, et des totalitaristes qui voient là l’opportunité de fliquer un peu plus la population, quel genre d’imbécile indécrottable peut encore croire qu’hadopi est une loi juste et efficace ?
    Que les partisans de la droite s’expliquent sur le sujet. Qu’ils sortent de leur trou pour nous expliquer les raisons de leur soutien à ce régime indigne de la France. Qu’ils nous expliquent comment ils comptent assumer les conséquences de leurs crimes à l’heure des comptes.

  • 0 vote deja vote forum
    Par Kalki (xxx.xxx.xxx.180) 15 mai 2009 10:26
    Kalki

    C’est grâve ca sert à l’éducation du peuple : et un peuple intelligent c’est un peuple conscient : et le sarkozy et ses amis ils aiment pas ça, ça leur fou la trouille, tu imagine il pourrait voir les chaines qu’on leur amis et ils pourraient s’en retourner contre les maitres et le maître ( ’ meme si tout le monde ne peut pas mettre’ , comprend qui peut )

    Déjà qu’il à fait reculer le domaine publique : et personne en à parlé , mais c’est pourtant un des fondement de la démocratie.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login /mot de passe

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.

Faites un don

Réclame

Réclame

sondage

Souhaitez-vous que les auteurs des articles puissent replier sans les supprimer les commentaires qu’ils jugent abusifs dans leur fil de discussion ? (Lire l’article)


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site optimisé pour le navigateur Firefox. - Un site Infovox Network