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Effets pervers de la légalisation de la prostitution

Recherche de Daniel Lauzon et Richard Morris Dossier Prostitution

88736_9854 Les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Australie ont légalisé la prostitution depuis maintenant 10 ans. Que conclure de leur expérience ? La Coalition against trafficking in women (CATW) a pris position, ainsi que Yolande Geadah dans son livre « La prostitution, un métier comme un autre ? ». Reflet de Société vous a préparé un court résumé des attentes initiales et de la réalité qui en a découlé après 10 années de légalisation de la prostitution.

Redonner une dignité aux femmes prostituées ainsi qu’un statut professionnel

La légalisation ou la décriminalisation du sexe redore le blason de l’industrie du sexe et les femmes demeurent à la merci des opérateurs du système.

Aider à mettre fin à l’exploitation de femmes immigrantes victimes de la traite aux fins de prostitution

Selon un rapport de recherche, 80% des femmes qui sont dans les établissements de prostitution légale des Pays-Bas ont fait l’objet d’un trafic d’immigrants. Selon des organismes communautaires, un an après la légalisation des maisons closes aux Pays-Bas, le nombre de victimes de la traite avait augmenté. En Allemagne, plus de 85% des prostituées proviennent de l’immigration et ont reçu une aide pour entrer sur le territoire allemand (coût du billet d’avion, papiers officiels…). Ces femmes se retrouvent souvent en dette envers leurs employeurs qui facturent des intérêts et des frais administratifs. Cette dette permet à l’employeur de garder un contrôle sur ces femmes pendant des années. En Australie, depuis la légalisation de la prostitution, il est devenu difficile, voire impossible, de s’attaquer à la traite des femmes.

Contrôler l’expansion de l’industrie du sexe

L’industrie du sexe a progressé de 25% aux Pays-Bas. À toute heure du jour et de la nuit, des femmes de tous les âges et de toutes origines sont exposées quasiment nues, derrière les tristement célèbres vitrines des établissements. En Australie, la prostitution est une activité qui suit la hausse du tourisme et l’expansion des casinos. Le nombre de bordels a triplé ! En Suisse, le nombre de maisons closes a doublé en quelques années après la légalisation partielle de certains quartiers réservés à la prostitution. Les riverains se sentent envahis par cette activité et sont confrontés au va-et-vient permanent même dans des zones où la prostitution n’est pas autorisée.

Faire disparaître les prostituées de la rue

Plusieurs femmes refusent le contrôle et l’exploitation par ces nouveaux « hommes d’affaires ». Elles se retrouvent à la rue. De plus, en augmentant le nombre de bordels et de prostituées dans les pays où il y a eu légalisation, lorsque celles-ci ne répondent plus aux normes de leurs employeurs, elles n’ont pas d’autres choix que de se retrouver à la rue pour survivre. Elles deviennent vite en compétition avec de la viande fraîche plus facilement disponible par l’immigration, ce qui les amène de plus en plus tôt à la rue.

Supprimer le contrôle des groupes criminalisés et les importants revenus rattachés à la prostitution

En Australie, la prostitution s’est véritablement développée dans le secteur illégal. Pensons-y bien. Du jour au lendemain on légalise la prostitution. Qui a les moyens pour se trouver un prête-nom et trouver rapidement les sommes nécessaires pour aménager des centres commerciaux pour la vente du sexe ? Ce sont les groupes criminalisés qui bénéficient de cette nouvelle réglementation. Au lieu d’enrichir les groupes criminalisés, ramener des taxes et des impôts aux gouvernements pour investir dans la prévention et le soutien aux femmes.

Malgré les revenus générés, en Australie, les institutions en place n’ont ni les moyens, ni le personnel suffisant pour enquêter sur les maisons closes, faire le nettoyage de la corruption installée et poursuivre les directeurs illégaux. L’augmentation des revenus de l’état ne compense pas l’augmentation des dépenses pour les corps policiers et les institutions qui doivent contrôler la prostitution. Ceci laisse libre cours à toutes sortes d’abus dont les groupes criminalisés s’amusent à profiter.

Protéger les femmes prostituées contre les abus et la violence

Certaines études réalisées auprès de victimes d’exploitation sexuelle commerciale démontrent que les établissements de prostitution, qu’ils soient légaux ou non, se préoccupent des clients et non de protéger les femmes. De plus, malgré la légalisation de la prostitution en Australie, la prostitution enfantine a augmenté de façon dramatique.

Faire la promotion de la santé des femmes

Dans les maisons closes contrôlées, une politique pour l’usage du préservatif est en place. Malgré tout, selon une étude, 47% des clients demandent des rapports sexuels sans préservatif. Les trois quarts de ces clients proposent même de payer plus cher un rapport sans préservatif et presque la moitié des prostituées ont été agressées si elles insistaient pour que l’homme utilise un préservatif. C’est donc dire, que malgré la légalisation de la prostitution, les femmes demeurent impuissantes et vulnérables face aux 15% d’hommes violents. Les promoteurs de la commercialisation de la femme ne les protègent en rien. Avec la légalisation de la prostitution, il y a une augmentation du nombre de relations non protégées.

Dossier prostitution et sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution ?

Doit-on légaliser la prostitution ?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution ?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.


par Raymond Viger (son site) mercredi 23 décembre 2009 - 50 réactions
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  • Par Monica (xxx.xxx.xxx.238) 23 décembre 2009 17:10
    Monica

    Merci de cet article intéressant.

    Certaines critiques m’échappent. L’auteur ne justifie ni ne condamne la prostitution , il ne réclame pas le retour à la clandestinité. Il l montre que, dans certains pays,  la légalisation n’a pas atteint les objectifs qu’elle semblait promettre.

    La prostitution est un système terrible, car elle inscrit la sexualité dans un rapport marchand. Cela dit, ce n’est pas demain qu’elle disparaîtra car la demande crée l’offre.

    Il faut donc trouver des moyens pour que les personnes se prostituant puissent le faire sans encourir de risques aussi divers que variés, et sans être exploitées par d’autres personnes. 

    Le proxénétisme est la pire face de la prostitution, et c’est lui qui devrait être le premier l’objet d’attaques.

  • Par plancherDesVaches (xxx.xxx.xxx.42) 23 décembre 2009 12:51

    Article intéressant.

    J’aurais plutôt pensé que la légalisation allait dans le bon sens, mais, à priori, non.
    Ou à moins que vous disiez en réalité que ce n’est pas non plus une solution parfaite... ???

    Ce serait bien qu’une prostitué nous donne son avis.

  • Par Arcane (xxx.xxx.xxx.240) 23 décembre 2009 15:27


    La mafia, tout comme pour la légalisation de certains stupéfiants, est contre la légalisation du plus vieux "métier " du monde. C’est juste une question de business et de pouvoir de contrôle.

    A lire cet article, la prostitution devrait restée clandestine.

    Comme en France ou les prostitué(e)s sont soumis à l’impôt sur le revenu qui, pour ce cas précis, ressemble à s’y méprendre à la taxe du proxénète.

    J’ai même entendu dire que certain(e)s prostitué(e)s avaient subi des redressements fiscaux car le contrôleur estimait que le nombre de "passes" sur l’année avait été sous-évalué !

    A lire cet article, il est donc préférable que les prostitué(e)s continuent à "travailler" dans des conditions déplorables, sans aucun suivi médical , sans rien cotiser et en étant bien souvent esclave de la mafia.

    D’ailleurs, le trafic d’êtres humains est devenu la ressource N°1 de la mafia ; après avoir dépassé le trafic de stupéfiant...

    Continuons donc à fermer les yeux smiley

     

  • Par Raymond Viger (xxx.xxx.xxx.39) 23 décembre 2009 19:20
    Raymond Viger

    Bonjour Monica.

    Il est vrai que je ne présente aucune position morale, légale ou éthique. Je dirais que mon opinion sur ce point n’est même pas importante. Je suis en faveur du soutien aux personnes dans le besoin. Dans un objectif de réduction des méfaits. Mon regard se porte vers l’être humain blessé et ma question est de savoir comment je peux aider aujourd’hui cette personne à avoir un peu moins mal.

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