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Accueil du site > Tribune Libre > Emmanuel Macron et le retour d’Edward Bernays

Emmanuel Macron et le retour d’Edward Bernays

Emmanuel Macron, candidat autoproclamé anti-système, auteur d'un livre intitulé« révolution », adoubé par toute l'élite Française, de Robert Hue à Stoléru, de Giacobbi à Méhaignerie, d'Attali à Estrosi, de Bertrand à Ferrand, de Renaud à Line Renaud, du juge Halpen à Madellin, d'Arnault à Parisot, de Bolloré à Gallet, s'apprête vraisemblablement à devenir le nouveau président. Au delà de cette tragi-comédie, de cette mauvaise blague, si à l'évidence cette élection laisse présager des temps obscurs pour les perdants de la mondialisation (c'est à dire 70 % de la population), elle est également paradoxalement porteuse d'un nouvel espoir…

 Le candidat du vide va donc gagner ces élections, du vide certes mais pas de diagonale du vide qui elle subit les désastres de la mondialisation. Cette France périphérique décrite longuement par le sociologue Cristophe Guiluy délaissée par les politiques où la misère prospère, les agriculteurs se suicident, les usines délocalisent, les jeunes ne trouvent pas d'emploi, où certains retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté, les travailleurs en veulent aux chômeurs…Ce pays réel des exclus qui n'a pas eu besoin de lire Alain Minc pour comprendre que sa mondialisation heureuse était un leurre... Une anecdote dirait le hiboux de mauvaise augure Attila (pas le roi des huns, le conseiller des présidents depuis Jules Grévy) ! Après tout ils n'avaient qu'à vouloir devenir milliardaire s'exlamerait celui qui semble avoir oublié cette phrase de Balzac selon qui "derrière chaque grande fortune se chache un crime"... On peut alors se demander par quel tour de magie ce poulain d'un président sortant recueillant environ 4 % en terme de côte de popularité, ancien banquier d'affaire chez Rothshild (tout comme Pompidou avant lui, qui rappelons le avait constitutionnalisé le fait que dorénavant la création monétaire serait privée, ce qui implique qu'aujourd'hui le second budget de l’État soit le service de la dette, 50 milliards par an, soit autant que l'éducation nationale) a pu être élu….

 De prime abord la tentation est grande de qualifier à l'instar du général De Gaulle en son temps les « Français de veaux », comme j'ai pu l'entendre ici et là. Ce serait néanmoins omettre que seulement 23 % des électeurs parmi 80 % ont voté pour ce candidat, soit environ 18 % du corps électoral et que parmi eux la moitié manifesteront dans 6 mois…Le système majoritaire à deux tours pose par conséquent question, je suis en effet persuadé que la plupart des petits candidats ayant receuillis 1% des suffrages battraient à plate couture Macron au deuxième tour....Si la proposition de l'universitaire Etienne Chouard paraît difficilement réalisable dans un pays de 60 millions d'habitants, une assemblée élue à la proportionnelle couplée à un sénat tiré au sort sur la base du volontariat, validant les lois votées par la première serait sans doute bien plus représentative...

Les banksters et leurs relais médiatiques ont donc sorti tout un arsenal afin de nous présenter comme neuf an candidat qui dispose des soutiens de l'intégralité de l'oligarchie française : « le Obama français » dit une journaliste en poste aux USA parlant anglais comme un élève de cinquième, « le candidat du renouveau » « le candidat de la jeunesse » qui n'est pourtant qu'un mot selon Bourdieu, le « candidat du progressisme »….et bien sûr en insistant sur les affaires des autres concurrents tout en omettant celles qui lui étaient relatives (alstom, sfr, aéroport de Blagnac, les 3 million gagnés dans la petite banque mutualiste et coopérative Rothschild)…A titre comparatif, la campagne de Elstine en 1996 est intéressante, on utilisa en effet les mêmes procédés afin de présenter comme vierge un candidat corrompu jusqu'à la moelle, bien aidé il faut le dire par les milliards de Berezovsky . Qui est le Berezovsky du candidat des salles de marché ? BFM s'est bien gardée d'aborder la question...Il faut dire que cette chaîne appartient à P. Drahi, ami intime de notre Emmanuel qui lui a permis de racheter SFR. On peut d'ailleurs s'attarder un peu sur quelques autres soutiens qui pour certains valent le détour : Minc (chantre de la mondialisation heureuse), Attali, BHL, Barbier, Bolloré, Arnault, Niel, Pigasse, Parisot, Gattaz, Strauss Kahn, Baylet, Drahi, Bergé, l'économiste atterrant Pisany-Ferry, l'institut Montaigne … que du neuf !

 Dans nos démocraties qui s'apparentent d'ailleurs à des oligarchies, il est coutume de considérer que le monopole de la propagande reviendrait aux système totalitaires : Poutine manipule les élections, bride l'opposition, Maduro et Castro contrôlent les médias.... Or les systèmes de persuasion modernes ont d'abord été conçus en système démocratique . Ainsi Goebbels aurait en partie copié Edward Bernays, brillant conseiller de Roosevelt et consultant pour Philippe Morris, théoricien de l'instrumentalisation des luttes sociétales à des fins mercantiles et du consentement, ce principe orwellien selon lequel la domination devient réelle et absolue seulement lorsque l'individu consenti à sa propre servitude …
 
 Le lendemain du premier tour, les indices boursier du cac 40 se mirent eux aussi en marche, la Société Générale et BNP paribas augmentaient de 2%...Ce qui peut paraître étrange pour un candidat anti-système, ou alors nous n'avons pas la même définition, face à la montée des partis contestataires, peut-être que dorénavant l'anti-système revient pour nos élites à être du système, étrange renversement dialectique. Ainsi s'est formé selon le trouble Yann Moix, « une sorte de boulangisme du système » en référence au général Boulanger qui rassembla à la fin du 19 ème siècle socialistes, anarchistes et royalistes unis dans leur haine de la république naissante. Un ami un brin ou un brun inconscient que je ne citerai pas mais qui se reconnaîtra proposait d'opposer à cette coalition du centre mou un boulangisme originel, une alliance des contraires unie par la détestation du régime parlementaire bourgeois actuel vendu à la finance internationale. Il existe en effet quelques affinités transcourantes entre antimondialistes des deux bords : remise en cause de l'Otan, de l'union européenne, protectionnisme solidaire ou intelligent, de la toute puissance du marché, de la financiarisation de l'économie…. Cependant MLP et le fn sont une création du système, le dernier argument électoral des socialistes pour conserver le pouvoir, une sorte d'épouvantail en somme que tous les autres partis rêvent d'affronter, l'Emmanuel Goldstein de 1984...

Au delà du désastre, quels espoirs ?

L'addition des voix anti-mondialistes est donc sans appel : 20 % pour Mélenchon, 20 % pour Le Pen, 5 % pour Dupont-Aignan, les petits candidats, une partie de l'électorat d'Hamon,, soit 50 à 60 % des individus. Au delà de la vacuité de cette campagne, on assiste à l'effondrement du « régime de vérité » et c'est à mon sens un des points positifs, les partis traditionnels en ont sans doute conscience, au point qu'ils se sentent obligés de dévoiler leur essence, de mettre au grand jour leur facticité. C'est à dire le fait qu'au-delà des petites différences programmatiques, il existe un front uni, une classe pour soi au sens marxiste consciente de ses intérêts et bien décrite par les Pinçon-Charlot, un mur de l'argent pour reprendre l'expression d'Edouard Herriot prêt à tout pour conserver le pouvoir. Bruno Le Maire, Borloo ou Bayrou se voient en Angela Merkel dirigeant un grand gouvernement d'union type SPD/CDU, Laurence Parisot également (après tout elle est de la société civile), toute la clique sociale libérale opportuniste semble en effet se bousculer au portillon. 

 On peut espérer qu'une nouvelle gauche renouant avec ses idéaux originels se reformera sur les ruines du parti socialiste. Ce parti si il souhaite apparaître comme une alternative crédible au FN devra remettre au centre de son idéologie l'amélioration des conditions économiques et sociales, ce qui signifie la rupture avec le logiciel programmatique « boboïsant » qui a fait fuir les classes populaires. Au populisme de droite, opposons sans crainte un populisme de gauche, terme d'ailleurs souvent utilisé par la médiacratie et les socios traitres afin de disqualifier toute personne qui les critique. Il est important enfin de mener une bataille culturelle en particulier au niveau de la sémantique. L'hyper classe mondialisée détient aujourd'hui l'hégémonie culturelle, si bien qu'elle impose son propre langage, sa propre novlangue, ses propres mots en inversant leur sens où en les vidant de leur substance originelle. Selon le communiste Italien Gramsci, on reconnaît la puissance d'une classe sociale dans sa capacité à entretenir la confusion au sein des classes dominées entre ses propres intérêts et l'intérêt commun. Ainsi aujourd'hui le combat contre les inégalités est un extrémisme, la réaction est devenue synonyme de progressisme, défendre ses droits est une prise d'otage, la destruction du compromis social issu du CNR devient "réforme" ...On insiste sur la réduction du déficit public mais jamais sur la fraude fiscale ou les intérêts de la dette...L'exemple de la dette publique est intéressant et saisissant, la considérer comme un problème est selon moi une construction idéologique visant à légitimer les politiques économiques libérales. Le déficit est environ de 85 milliards quand la fraude fiscale est de 100 et le service de la dette de 55, ce qui signifie que notre budget pourrait tout à fait être excédentaire. Pourquoi ne pas inverser le problème : au lieu de réduire la dépense pulbique ne devrons t-on pas lutter plus efficacement contre l'exil fiscal et rennationaliser la création monétaire ? Combien d'individus que nous croisons tous les jours partagent cette vision instaurée par nos élites ?

 Alors que faire dimanche ?

 Selon certains, nous devrions choisir entre l'ultralibéralisme et le « fascisme » ou plutôt national-populisme, c'est à dire considérer in fine que le premier est un rempart contre le second. Karl Polanyi voyait dans le désencastrement de l'économie des sphères culturelles, sociales et politiques au 19 ème siècle la naissance du libéralisme économique moderne. Aujourd'hui ce désencastrement atteint son apogée, le marché est devenu totalitaire, autonome et incontrôlable, si bien que l'on pourrait se demander à l'instar de Pasolini en son temps si le fascisme n'est pas sous nos yeux. D'ailleurs si ce dernier se définit comme l'assujettissement de l'ensemble des sphères de l’État à une idéologie, alors l'ultralibéralisme qui réifie, vend tout y compris le corps humain, spécule sur la vie et la mort, peut être considéré comme en étant un. C'est également oublier qu'au delà du niveau théorique, au niveau pratique fascisme et ultralibéralisme peuvent fusionner, ce fut d'ailleurs le cas quand les mentors idéologiques du candidat du vide (les Chicago Boys, Friedman, Harberger...), posèrent le cadre idéologique de la dictature de Pinochet au Chili, un 9 11 inversé, c'était d'ailleurs ironie de l'histoire un 11 septembre.... Hayek qui très paradoxalement développait dans " la route de la servitude ", l'idée selon laquelle toute intervention étatique portait en elle les germes du totalitarisme en s'étendant progressivement aux autres sphères culturelles, politiques, pouvait tout de même affirmer " Personnellement je préfère un dictateur libéral plutôt qu’un gouvernement démocratique manquant de libéralisme". Sa théorie sur le socialisme s'applique également tout à fait au néolibéralisme.

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes " disait Bossuet. Ainsi selon moi l'ultralibéralisme ne sera jamais la solution face au fascisme car il le conditionne en créant un terreau favorable aux développement des idées d'extrême droite. : augmentation de la précarité, désindustrialisation, baisse des salaires, casse du système social. Or que nous dit en substance Mr Macron ? Si le libéralisme échoue c'est parce qu'il n'y en a pas assez, si l'Union Européenne dysfonctionne, c'est parce qu'il n'y'en a pas assez…..un peu comme les Bolecheviks orthodoxes en leur temps avec le communisme. 

 D'autre part faire ce choix renforcerait Marine Le Pen dans sa posture anti système, elle ridiculiserait alors les insoumis : « regardez Mélenchon cet anticapitaliste qui appelle à voter pour le représentant de la finance internationale ». C'est également le piège tendu par le système afin d'éviter la refondation d'une gauche puissante non sociale-libérale et la pérennisation du mouvement des insoumis dans le temps…. Le vote Blanc ou l'abstention me paraissent par conséquent les plus sages solutions. De plus, un Macron à 70 % pavoiserait se sentirait légitime et au premier mouvement social venu s'exclamerait « les français ont voté pour mon programme ».

 Si jamais MLP venait à gagner ce qui est très très peu probable, on peut assez aisément imaginer la suite. Les coupables ne seront bien sûr pas les partis de droites traditionnels ou les socialistes ralliés à Macron qui ont trahi la classe ouvrière depuis le tournant de la rigueur de 1983 et permis l'émergence du capitalisme financiarisé (l'acte unique, la désintermédiation et la dérégulation du crédit ont bien été votés par la gauche). Le lendemain toute la presse mainstream accusera Mélenchon et son mouvement, coupable ne pas s'être exprimé clairement pour un vote en faveur du candidat des banques. BHL et les enfants hors-sol des nouveaux philosophes publieront probablement un article indigent sur leur site « la règle du jeu (règle du je ?) titré « Mélenchon, le nouveau Doriot »

 Une élection préparée au millimètre près par nos dictateurs » s'exclama l'honorable candidat Béarnais (pas celui de lasalle des marchés), le bon sens populaire en somme ! Ainsi votez en votre âme et conscience, mais croire que le candidat des féodalités financières et les valeurs qu'il représente pourraient être un rempart contre le front national, c'est un peu comme considérer Daladier efficace face à Hitler. D'ailleurs on lui prête cette phrase au Bourget : « ah les cons si ils savaient ». Alors amis insoumis de tous les pays, de grâce ne soyez pas soumis, abstenez-vous mais ne faites pas chuter la bourse et les indices du cac 40, nos assurances vies et retraites complémentaires pourraient en être affectées ! Et surtout pas de morale et de cris d'orfraie !

 


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9 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 4 mai 11:21

    Pour son livre voilà ce que dit Wikiôdia
    Des éléments de sa biographie publiés dans les médias ont fait l’objet d’incertitudes et de contradictions. Ainsi, Emmanuel Macron semble avoir entretenu pendant un certain temps l’ambiguïté sur son prétendu passage par l’École normale supérieure28. Par ailleurs, il indique avoir réalisé un mémoire sur l’intérêt général, en rapport avec la philosophie du droit de Hegel, sous la direction d’Étienne Balibar, mais ce dernier indique ne pas avoir de souvenir ni de trace de cet épisode37, précisant : « Peut-être s’agit-il d’une censure inconsciente, je ne sais pas38.


    • axalinencele axalinencele 4 mai 13:36

      @troletbuse
      on dit l’assistant de Paul Ricoeur aussi...



      • Gabriel Gabriel 4 mai 11:30

        Excellent contrôle et maitrise de l’oligarchie en place depuis 30 ans. Tout ce passe comme prévu. Il y a un peu plus d’un an La girouette Attali prédisait que le nouveau président serait un inconnu du monde politique. Bingo ! Toute la machine politique et merdiatique au ordre de la finance c’est mis en marche pour nous vendre le paquet de lessive Macron jusqu’à saturation et croyez moi, il va laver plus blanc que blanc et ça va faire très mal. L’élection était jouée avant de commencer et les sondages nous vendaient le 2em tour MLP contre Macron. Encore Bingo ! Décidément ou ils sont doués du don d’ubiquité ou il y a des relents de tricherie et de manipulation (Ne faites pas attention je ne suis qu’un pauvre complotiste fatigué...) Quand à Madame Le Pen elle a joué à merveille son rôle de repoussoir. Il sera intéressant de voir jusqu’où ils vont pousser la plaisanterie aux législatives car d’après les sondages le petit Macron est déjà donné gagnant avec une majorité de siège. Quid des millions d’électeurs anti Macron (environ 80%) ? A croire que leurs bulletins de vote vont disparaitre. En plus d’être voyants, ils sont magiciens. On vit une époque formidable …. 


        • axalinencele axalinencele 4 mai 13:42

          @Gabrielc’est le paradoxe de la démocratie représentative actuelle, on peut gouverner en représentant 20% des citoyens. Et en plus parmi eux seul peut-être 10% avaient réellement un intérêt de classe dans le vote Macron, les autres manifesteront dans 6 mois...


        • axalinencele axalinencele 4 mai 12:26

          Oui, il me semble que notre cassandre a également prédi que la prochaine présidente en 2022 serait une femme ! Le capital pour se regenerer joue sur une posture progressiste...et des gus tombent dans le piège !


          • BA 4 mai 15:08

            Ni Le Pen, ni Macron. Abstention.


            • Samuel Moleaud 4 mai 17:12

              Excellent article parfaitement bien documenté, et muni à souhait de ses punch-lines piquantes.

              Nous vivons une époque formidable : ça gueule contre l’usage du 49-3, la loi Travail, les violences policières, son patron, le déclin des libertés, les baisses de salaire, les politiques abjectes qui mènent à l’asservissement de tout un peuple par une minorité déconnectée des réalités sociales, ça gueule contre une idéologie morte en 2008...et ça vote exactement contraire à ses intérêts le 23 avril 2017.

              Formidable ablation de la pensée en ces jours électoraux où l’on se retrouve à consommer de la soupe croupie pour éviter de bouffer le purin. Comprendre dans cette métaphore bancale cet insupportable morale qui vise à plonger dans les bras du diable de l’extrême marché pour se sauver d’un mal fasciste que l’on a enfanté.

              Moi, je n’irai pas voter Macron dimanche. Bien évidemment, le vote FN n’est pas une option et ne l’a jamais été. Le vote blanc n’est pas pris en compte. Par conséquent, il ne me reste que l’abstention, au risque d’être considéré comme celui qui ferait le jeu du fascisme, ou celui qui peuplerait le rang des statistiques d’électeurs dépolitisés.

              Je prends le risque et j’assume les deux : ceux qui font le jeu du FN sont ceux qui votent FN. Et ceux qui font les statistiques sur l’abstention, ont une guerre sociale de retard.

              Un électeur en colère.

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