• mercredi 8 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > En France, un écrivain, père de huit enfants, est incarcéré pour ses (...)
31%
D'accord avec l'article ?
 
69%
(151 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

En France, un écrivain, père de huit enfants, est incarcéré pour ses recherches historiques

Et la presse dite « libre » n’en dit rien !

Né en 1969, marié et père de 8 enfants, le Français Vincent Reynouard est ingénieur chimiste de formation, issu de l’ISMRA (Institut des sciences de la matière et du rayonnement atomique) de Caen. Il se présente volontiers comme catholique traditionaliste et ne cache pas ses opinions politiques ultra-conservatrices. Mais, surtout, il conteste publiquement, sous la forme de DVD et d’écrits, la version classique de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. ll fait partie de ces chercheurs se proclamant « révisionnistes » et qualifiés de « négationnistes » car ils ne croient pas à l’existence des chambres à gaz homicides dans les camps de concentration allemands.

En 2005, Reynouard écrit et envoie à des syndicats d’initiative, des musées et des mairies un fascicule de 16 pages intitulé « Holocauste ? Ce que l’on vous cache », dans lequel il prend le contre-pied de l’histoire académique. La justice française s’abat aussitôt sur lui.

En première instance, il est condamné, en 2007, par le tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin) à 1 an de prison ferme, 10.000 euros d’amende et 3.000 euros de dommages et intérêts pour la LICRA. En appel, en juin 2008, la Cour de Colmar confirme la peine de prison et le condamne à un total de 60.000 euros (20.000 euros d’amende + publications forcées et frais divers). Du jamais vu.

Comme Reynouard réside en Belgique, la France lance contre lui un mandat d’arrêt européen pour l’obliger à purger la peine de 1 an de prison ordonnée par la Cour d’appel de Colmar. Le 9 juillet dernier, il est emprisonné par la police belge, en attendant son extradition en France. Ce qui fait dire à l’intéressé : « Quand on ne songe qu’à la mise en prison pour se débarrasser d’un contradicteur, c’est qu’on n’a pas d’arguments. »

Conclusion : un homme de 41 ans, père de 8 enfants, est actuellement emprisonné pour ses recherches historiques, en raison de la loi Gayssot.

Cette loi, promulguée au Journal officiel de la République française le 14 juillet 1990, interdit, dans son article 24bis, le fait de « contester (…) l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international [dit de Nuremberg] annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945. »

Dans mon livre Sarkozy, Israël et les juifs (Oser dire, 2009), j’ai rappelé que cette loi liberticide a été vivement critiquée, dans le passé, par des personnalités comme l’académicienne française Simone Veil ; le Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse ; les ministres Jean Foyer, Jacques Toubon, Alain Peyrefitte ; les historiens Henri Amouroux, Pierre Vidal-Naquet, Annie Kriegel, François Furet, Alain Besançon, Jacques Willequet et François Bédarida ; la fondatrice de l’Institut de recherche Hannah Arendt, Chantal Delsol ; le prix Nobel d’économie 1988, Maurice Allais ; les écrivains Michel Tournier, Louis Pauwels, Michel Houellebecq, Philippe Muray, Jean Daniel, Vladimir Volkoff, Michel Rachline et Alain Robbe-Grillet ; les magistrats Philippe Bilger, Alain Marsaud et Raoul Béteille ; les juristes Olivier Duhamel, Anne-Marie Le Pourhiet, Emmanuelle Duverger, André Decoq et Guy Carcassonne ; les avocats Jacques Vergès et John Bastardi Daumont ; le philosophe Paul Ricoeur ; l’humoriste Bruno Gaccio ; des défenseurs de la liberté d’expression comme le fondateur de Reporters sans frontières Robert Ménard (qui la dénonce comme une « police de la pensée ») et Gabriel Cohn-Bendit ; les journalistes Dominique Jamet, Delfeil de Ton, Alain Rollat, Albert du Roy, Philippe Tesson, Jacques Julliard et Ivan Rioufol ; ou encore l’ancienne présidente de la Ligue des droits de l’homme, l’historienne Madeleine Rebérioux. À l’étranger, le linguiste américain Noam Chomsky s’en est déclaré l’adversaire absolu. Pour le physicien et intellectuel belge Jean Bricmont, « la loi Gayssot est une régression juridique de plusieurs siècles ». Les présidents Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadnedjad ont, quant à eux, condamné sévèrement cette répression.

Il nous incombe désormais de défendre la libre expression dans les faits et non plus seulement en théorie. Pourquoi n’entend-on personne dénoncer publiquement le sort réservé à Vincent Reynouard ? Que font Reporters sans frontières, Amnesty International et Human Rights Watch  ? Aucun média, ni français ni étranger, n’a informé l’opinion de cette affaire. Un tel silence est anormal.

Personnellement, j’ai décidé de réagir en tant qu’historien et citoyen, et de faire savoir, par ce communiqué, combien je suis révolté par le fait que, chez nous, on jette en prison un homme pour ses opinions, aussi insolites, stupéfiantes et controversées soient-elles. Un tel traitement n’est pas digne de la France ni de sa tradition intellectuelle. La loi n’a pas à intervenir dans la définition de la vérité historique : dans un État libre, cette fonction est celle des historiens. La loi Gayssot, qui restreint la liberté de l’historien, est indigne d’un État démocratique ; c’est une loi scélérate. Je demande en conséquence son abrogation immédiate.

J’espère être bientôt rejoint par des dizaines, des centaines, des milliers d’autres personnes ne pouvant rester indifférentes face à ce scandale qui nuit gravement à l’image de la France et bafoue l’esprit de la République.

Celles et ceux qui veulent cosigner avec moi ce communiqué peuvent m’envoyer leur nom et leurs coordonnées à cette adresse : eugenie.blanrue@laposte.net. Il ne s’agit pas de soutenir les idées religieuses, politiques ou historiques de Vincent Reynouard, mais de défendre son droit à les exprimer. Pour les contester, il suffit d’un débat démocratique, ouvert, franc et loyal.

Nous ferons le point sur ces signatures à la fin du mois de septembre prochain. En attendant, merci de diffuser ce texte au maximum.

Paul-Éric Blanrue,

Historien,

Fondateur du Cercle zététique,

Auteur de Sarkozy, Israël et les juifs (Oser dire, 2009)

par blanrue (son site) mardi 10 août 2010 - 419 réactions
31%
D'accord avec l'article ?
 
69%
(151 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par blanrue (xxx.xxx.xxx.231) 10 août 2010 12:53
    blanrue

    Visiblement, tout le monde n’a pas bien compris ce que je dis - ou plutôt certains font semblant de ne pas comprendre mes intentions dans l’évident but de nuire à mon appel - alors je répète ce que j’ai écrit plus haut : "Il ne s’agit pas de soutenir les idées religieuses, politiques ou historiques de Vincent Reynouard, mais de défendre son droit à les exprimer." Le débat n’est donc pas sur les chambres à gaz ni sur la Shoah, mais sur l’existence de la loi Gayssot. Ceux qui font glisser le débat sur de faux sujets, savent ce qu’ils font...
    Blanrue.

  • Par Asp Explorer (xxx.xxx.xxx.197) 10 août 2010 11:28
    Asp Explorer

    "Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit", dit un slogan bien connu. Oui, un délit d’opinion, et ce n’est pas vraiment glorieux pour notre pays. Je suis personnellement d’avis qu’une thèse n’a aucune valeur si l’on interdit de la contester. Notons que d’autres nations laissent l’histoire librement débattue dans la sphère publique, sans que les parlements n’y trouvent matière à légiférer, et que ces pays ne semblent pas sur le point de sombrer dans le nazisme.

  • Par Cogno2 (xxx.xxx.xxx.179) 10 août 2010 11:54

    L’histoire est écrite par les vainqueurs.

    S’il est difficile de nier ces faits, il ne devrait pas être interdit d’en débattre.
    Ces interdits sont contreproductifs... peut être est ce voulu.

    Je me souviens d’un reportage sur mein kampf, ou la famille d’un rescapé ne comprenait pas que ce livre soit nié, occulté.
    Pour eux, il fallait au contraire autoriser son édition afin que les gens sachent ce qu’est ce livre, car il existe.
    (de plus, en 5 minutes sur e-mule, on le trouve sous format pdf)

     "Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit"

    Ca par contre, c’est une grosse connerie, que certains frontistes qualifieraient de bobo gauchiste.
    Le racisme est un fait, il est dans la nature humaine de se méfier de ce qui est différent. Coluche à qui on posait la question : "êtes vous raciste ?" et lui de répondre : "oui, bien sur, tout le monde est raciste."
    Ce qui fait la différence, c’est la culture et la raison.

  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.51) 10 août 2010 11:57
    Daniel Roux

    "Un écrivain père de cinq enfants"

    L’auteur essaie t-il de nous apitoyer sur le sort de ce pauvre bougre aveugle et sourd aux preuves historiques des crimes nazis ?

    Inutile, la liberté d’expression est un droit inaliénable. C’est par des arguments et des preuves ou par l’indifférence quand les thèses sont vraiment trop stupides, que l’on répond, pas par la répression.

    Cette loi anti-révisioniste, c’est un peu comme ces lois spéciales anti-sémites comme si le racisme envers les gens à peau noire, ou les roms ou les homosexuel, tous victimes des nazis, était moins grave que le racisme anti juif. Une sorte de racisme dans l’anti-racisme, absurde.

    Mais cela peut servir certaine causes nauséabondes, comme on dit, rappelez vous la campagne anti française menée par les gouvernements américains et israéliens appuyer par des organisations sectaires, accusant la France d’être anti sémite, parce qu’elle avait refusé de participer à la guerre illégale contre le peuple irakien.

    Maintenant tout va bien, Sarkozy est rentré dans le rang, nous sommes en Afghanistan. Colonialistes oui, mais plus anti-sémites, ouf !

    Bientôt une loi qui interdira de mettre en doute que nous soyons en démocratie ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox