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Et si maintenant on polluait les eaux arctiques ?

La fonte des glaces permet une opportunité inespérée pour l’industrie de la pollution internationale : contaminer l’eau et la banquise de la mer Arctique.

L’effondrement des glaces liées au réchauffement climatique permettra à moyen terme d’ouvrir de nouvelles voies maritimes entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. Les enjeux financiers sont colossaux : par la mer Arctique, le trajet des bateaux de marchandises entre Osaka et Stockholm serait raccourci de 40%. Autant dire que pour des pays comme la Chine, qui pourrait tracer une route le long de la Russie pour atteindre l’Europe, ce raccourci permettrait d’économiser des millions de dollars.

Depuis quelques années, la Chine, drague de nombreux nordiques en proposant des investissements colossaux ou en rachetant des entreprises contre un soutien à un poste d’observateur permanent à la Conférence annuelle du Conseil de l'Arctique.

Le seul inconvénient dans l’ouverture de cette nouvelle voie est que l’intensification du commerce mondial aura très vite raison de la Mer Arctique. D’abord, car l’Arctique aiguise bien des appétits : cette zone pourrait représenter 20% des réserves pétrolières et gazières de la planète. On imagine les carnages écologiques que pourraient représenter ces futurs forages, avec leurs lots de fuites d’hydrocarbures et de déchets.



 Ensuite, car lorsque les glaces auront fondu, la marine marchande s’empressera de transformer la mer arctique débarrassées de ses glaces en voie rapide. Tout en gardant la mauvaise habitude de dégazer ses cuves dès qu’elle s’éloigne de terre.

Dans tous les cas, nettoyer une banquise souillée par le pétrole ou un autre produit toxique, c’est quelque chose que l’on ne sait tout simplement pas faire !

Par ailleurs, le Canada, peu connu pour ses affinités écologiques depuis qu’il est sortit du protocole de Kyoto, a jugé la menace suffisamment grave pour proposer à la communauté internationale d’interdire le déversement de bitume, de déchets d'hydrocarbure ou de tout autre type de détritus.
Ce serait plutôt rassurant, si la seule menace environnementale venait des activités situées dans l’Arctique. En réalité, même éloigné des activités humaines, les eaux arctiques ne sont plus considérées comme un sanctuaire environnemental.

Dès la fin des années 90, on a décelé dans les eaux glacées, des insecticides venus d’Asie, qui ont été vraisemblablement amenés par les courants atmosphériques. La présence de métaux lourds, comme le plomb et le mercure, qui affectent aussi la santé de la faune (phoques, baleines, etc.), menacent également sérieusement la pureté des eaux de l’hémisphère Nord.

Mais c’est bien sûr le réchauffement climatique, lié aux rejets de carbone de notre atmosphère qui menace le plus les glaces arctiques. Dans l’indifférence totale, le plus grand spécialiste environnemental de la zone Arctique, a prédit que la banquise pourrait disparaître totalement d’ici 2016 ! Pour le plus grand bonheur de l’industrie de la pollution internationale ?
 



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