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Evolutionnisme : la bestiole qui défie Darwin

Elle est mignonne, cette bestiole. Elle ressemble un peu à un ourson dont le corps serait constitué de quatre segments prolongés chacun de deux petites pattes griffues. Un ourson multicellulaire à huit pattes donc, et dont la fourrure de Teddy-Bear serait remplacée par une cuticule, autrement dit un exosquelette, sorte d’armure qui la sépare et la protège du monde extérieur, lui évite de se déshydrater, mais aussi la contraint de rester minuscule, voire microscopique. Elle colonise la totalité de notre planète, des plus hauts sommets himalayens aux abysses océaniques et sous toutes les latitudes des pôles à l’équateur, avec quand même une nette préférence pour les forêts et les toundras (mais aussi les toits humides de nos maisons) qui lui fournissent en quantité ses aliments préférés, les mousses et les lichens. Elle s’adapte très bien aussi aux milieux sablonneux et sédimentaires. Bref elle s’adapte à n’importe quel biotope. Elle s’appelle le tardigrade et cette bestiole ubiquitaire défie à elle seule la théorie évolutionniste de Darwin.

Un ourson créationniste ?

Notre époque voit le retour en force des thèses créationnistes, que ce soit chez les chrétiens évangélistes ou chez les musulmans, sous leur forme purement et littéralement biblique (Dieu a créé le monde en six jours il y a environ 6000 ans), ou sous des formes plus "modernes" comme l’Intelligent Design, à tel point que le candidat républicain Mike Huckabee, ex-prêcheur et vigoureux opposant à la théorie de l’évolution darwinienne pourrait devenir le premier président moderne ouvertement créationniste des Etats-Unis si les démocrates échouaient aux prochaines élections !

Le créationnisme a donc réellement le vent en poupe. Des sondages réalisés aux Etats-Unis en 2005 et 2007 montrent que deux Etats-Uniens sur trois sont d’accord pour que soient enseignés à la fois le dessein intelligent et la théorie de l’évolution. Des chiffres à tempérer par d’autres, selon lesquels 61 % des Américains adhèrent au concept d’évolution (ouf !) et que 29 % (quand même) de ces sondés sont des créationnistes purs et durs. Le recoupement de ces données suggère qu’une grande majorité des citoyens des Etats-Unis sont acquis à la théorie de Darwin, mais qu’ils estiment qu’elle n’est pas nécessairement incompatible avec le créationnisme biblique et/ou l’Intelligent Design, ce qui peut paraître surprenant tant ces deux théories semblent fondamentalement antagonistes. En fait, si l’on creuse un peu le sujet, elles ne sont contradictoires que dans leurs versions les plus extrêmes (créationniste bibliste contre darwinisme intégriste). Il existe en fait des versions de l’Intelligent Design qui ne sont pas théistes et selon lesquelles l’évolution peut être comprise comme le développement temporel d’une structure-matrice préalable, et d’autres, théistes, selon lesquelles il ne faut pas prendre la Bible au pied de la lettre... tout un nuancier qui n’apparaît guère sur la ligne de front où les intégristes des deux camps livrent leur bataille scientifico-idéologique.

Mais revenons à notre ourson microscopique. Cette bestiole défie toutes les lois de l’évolution. Le tardigrade pourrait-il être un cheval de Troie créationniste au sein de la citadelle darwinienne ? Un pur logicien de mauvaise foi répondrait qu’il ne s’agit-là que d’une exception qui confirme la règle de la sélection naturelle. Mais alors, quelle énorme et minuscule exception à cette règle !

Un ourson suréquipé et suradapté

Avant de passer en revue les exploits herculéens et apparemment anti-darwiniens dont est capable le tardigrade, rappelons brièvement que la sélection naturelle a pour propriété de tendre à conserver toutes les variations adaptatives utiles à l’animal et à éliminer celles qui ne le sont plus (en ce qui nous concerne, c’est ainsi que la taille de notre cerveau grossit en proportion à l’augmentation de nos activités intellectuelles - on se demande bien pourquoi ! - tandis que le fait de manger des hamburgers mous amoindrit la taille de nos mandibules inférieures et réduit notre dentition, tandis que celui de ne plus grimper aux arbres tend à atrophier nos petits doigts de pieds en phase de disparition prochaine).

La sélection naturelle consiste donc en une adaptation aussi avantageuse que possible à un milieu environnant. Pas de biotope, pas de sélection. On ne peut pas s’adapter à un milieu où l’on ne vit pas. Si nous mangions toujours de la viande de mammouth, nous serions toujours prognathes et si nous avions toujours l’obligation de grimper aux arbres pour cueillir des fruits ou nous protéger des prédateurs, nos petits orteils seraient restés longs et agiles. De même, nos organismes se sont adaptés au champ de pesanteur terrestre ; ils ne peuvent pas l’être naturellement à celui de la pesanteur martienne ou plutonienne, puisqu’ils n’en tireraient aucun avantage.

Le problème, c’est que notre mini-ourson à huit pattes griffues se contrefiche de ces lois comme de sa première chemise, pardon, de son premier exosquelette. Bestiole terrestre, il est néanmoins adapté à des conditions de vie extra-terrestres : il peut ainsi survivre à d’énormes variations thermiques (une exposition pendant 20 heures à -272,9° C, pendant 25 mois à l’air liquéfié à 190° C ou à des températures de plus de 150° C ne lui font ni chaud ni froid) ; survivre dans le vide absolu ou, inversement, à une pression hydrostatique égale à 6 fois celle existant à 10 000 mètres de profondeur océanique (soit 600 mégapascals) est pour lui parfaitement normal. Ce qui est parfaitement anormal chez cet organisme pluricellulaire, quand on sait qu’à partir d’une pression de 30 mégapascals (300 fois la pression atmosphérique !) tout organisme vivant se détraque irrémédiablement jusqu’au niveau de l’ADN. Ce n’est pas tout : le tardigrade résiste aussi aux rayonnements ultraviolets, aux bombardements aux rayons X, aux pires substances chimiques et autres poisons hyper-toxiques qui auraient dû le tuer mille fois.

Et pour finir, on est encore très loin de tout savoir sur cette incroyable et paisible bestiole dont la principale occupation semble être de se faire des festins de mousse et de lichens. Ah oui, au fait, vous savez pourquoi ce mini-ourson à huit pattes hyper-résistant à tout a été appelé "tardigrade" ? Parce qu’il se déplace très lentement.

Résumons : cette bestiole extraordinaire est non seulement adaptée à son biotope terrestre, mais en plus suradaptée (ce qui est anti-darwinien), à des conditions environnementales qui n’existent pas sur Terre. A moins de faire d’elle une "bête à bon dieu" créationniste (mais le tardigrade n’a pas du tout le look d’une coccinelle !), on voit mal comment s’applique à elle la sélection naturelle. Pour rester dans un cadre darwinien, seules deux hypothèses pourraient expliquer ses comportements hors-normes : soit notre tardigrade aurait conservé, par une incroyable fantaisie de la nature, tous ses hallucinants pouvoirs en dépit de leur parfaite inutilité à l’intérieur du biotope où il évolue depuis des millénaires (et l’on peut alors se demander pourquoi la sélection naturelle ne les a pas éliminés tant ils sont voraces en dépenses énergétiques inutiles pour la survie), soit... soit quoi ? Un colossal et hasardeux "loupé" de la sélection naturelle ?

Si vous êtes évolutionniste, rassurez-vous tout de suite : nulle part dans la Bible il n’est fait mention du tardigrade. Cette diabolique créature ne pourra donc pas être annexée par les créationnistes (mais, au fait, pourquoi continuons-nous à parler de "créatures" ?). Pas de tardigrades pour les biblistes rétrogrades ! Mais dans cette affaire, Darwin n’est pas tiré d’affaire pour autant...

Les vers de glace contre les mini-oursons ?

Constatant les hyper-performances suradaptatives des tardigrades, les scientifiques se sont demandé s’il s’agissait d’un cas isolé. Ils ont ainsi été amenés à s’intéresser aux vers de glace. Hé oui ! Il existe des vers qui ont appris à survivre dans la glace et par des froids polaires, avec quasiment pas d’oxygène, ce qui a dû leur demander de sacrés efforts adaptatifs sur d’extrêmement longues durées devenues inimaginables en notre ère du zapping généralisé et de l’adaptation-éclair aux nouvelles modes.

Déception. Les vers de glace, ces espèces de chameaux des déserts glaciaires, même s’ils se sont darwiniennement adaptés à leur biotope quasi-invivable, n’ont rien à voir avec les tardigrades. Des millénaires évolutionnistes leur ont certes permis d’élaborer des capteurs physiologiques leur permettant de réagir aux plus infimes variations de leur milieu frigorifié afin d’y maintenir leur survie. Mais si on les plonge dans un milieu aux caractéristiques inverses, ils meurent immédiatement, alors que les tardigrades survivent dans tous les milieux. Fausse donne. Les vers de glace sont darwiniens, pas les tardigrades. Mais au fait, comment les mini-oursons à huit pattes griffues parviennent-ils alors à survivre dans tous les milieux les plus extrêmes, c’est-à-dire en défiant toutes les lois de la sélection naturelle, et cela sans se résoudre à devenir créationnistes, et en dépit du fait que leur durée de vie n’excède pas 18 à 20 mois ?

C’est simple : ils sont capables de mourir à moitié, ce qui leur garantit une survie peut-être pas éternelle, mais presque.

La survie par la déshydratation extrême

La sélection naturelle darwinienne n’est pas très copine avec l’absence totale d’eau. On peut même dire que les deux sont antinomiques, vu qu’aucun organisme terrestre vivant ne peut se maintenir sans ce carburant vital absolu qu’est l’eau, même en quantité ultra-minimale. Sans eau pas de vie. Sans vie pas de sélection naturelle. Le B.A.-BA du darwinisme dépend de cet axiome.

Eh bien notre mini-ourson à huit pattes, le tardigrade, s’en contrefout, de cet axiome. Certes, comme tout (bon) vivant, il préfère quand même se sustenter d’aliments aqueux, genre une bonne salade de mousse avec ou sans vinaigrette. Mais quand il n’a plus rien à se mettre sous la dent, il se met au régime, et vraiment pas le genre "je perds dix kilos avant d’aller exhiber mes chairs sur la plage aux mélanomes". Non. Chez lui, c’est du hard, du radical : il se vide de son eau, il s’auto-momifie et passe sans sourciller à un état de cryptobiose. Quand il s’est mis dans cet état, aucun des instruments les plus puissants dont nous disposons actuellement pour détecter de la présence d’eau ne peut en déceler quelque trace que ce soit. Il est aussi mort que la momie de Toutankhamon.

Apparemment. Car, appliquant à la lettre les théories délirantes du darwinisme social sur le plan biologique, il vit encore, vu que "only the strong survive" ("seuls les plus forts survivent"). Déshydraté au dernier degré, le mini-ourson se transforme en tonnelet opaque et compact recroquevillé sur lui-même et sa quasi "mémoire de l’eau". Plus rien ne peut s’évaporer, en tout cas pas cette "mémoire". Mémoire qu’il transforme en un sucre étrange qui lui permet de maintenir en l’état les membranes de ses cellules en attendant une éventuelle réhydratation. Il n’est d’ailleurs pas le seul à savoir faire ça. Un crapaud et un écureuil des neiges savent aussi produire ce genre de glycérol qui fait fonction d’antigel, et quelques insectes et crustacés sont eux aussi capables de faire de la cryptobiose. Mais ce qui est extraordinaire dans le cas du tardigrade, c’est qu’il peut maintenir cet état de mort-vie pendant des millénaires. On a ainsi retrouvé quelques tardigrades âgés de plus de 2000 ans dans une calotte glaciaire. Ils auraient dû être morts depuis belle lurette. Eh bien non. En les réhydratant, ils sont immédiatement revenus à une vie qu’ils n’avaient pas quittée bien qu’ils étaient cliniquement morts. Il n’y a qu’eux qui sont capables de telles prouesses non-darwiniennes, ce qui bien entendu ne constitue pas une preuve scientifique de l’existence d’un Dieu créateur...

Imaginez ce qui se passerait si la science parvenait à synthétiser le glycérol responsable des prodigieuses aptitudes à la survie des tardigrades, et à l’appliquer à l’être humain ? Nous pourrions alors décider à tout moment de nous mettre en état de mort latente, dans l’attente d’une résurrection quelques siècles plus tard... Mais serions-nous alors adaptés à ce nouveau milieu dans une autre époque ?

Un néo-darwinisme extraterrestre ?

Bon, foin de science-fiction, remettons les pieds sur la Terre pour mieux nous en envoler. Le mini-ourson à huit pattes griffues a sérieusement fait gamberger les biologistes... dont certains, constatant l’inaptitude du darwinisme à expliquer les aptitudes aberrantes du tardigrade, se sont transformés en exobiologistes. C’est ainsi que s’est fait jour l’hypothèse de l’origine extra-terrestre de cette bestiole déconcertante. En effet, elle possède toutes les fonctions vitales permettant, non seulement de survivre à un très long voyage spatial, mais aussi de s’adapter à tous les biotopes terrestres. Si elle s’était retrouvée embarquée à bord d’une météorite qui aurait percuté la Terre en des temps aussi anciens que farouches, cela expliquerait bien des choses, étant donné qu’elle était capable de résister à pratiquement toutes les conséquences physiques connues d’un tel choc. Le tardigrade serait ainsi la (ré)incarnation vivante de notre filiation cosmique. Et il aurait eu la chance darwinienne ou divine d’alunir sur une Terre pleine d’eau.

Ce qui nous renvoie aux hypothèses panspermiques des nanobactéries : les premières matières premières organiques ne seraient-elles pas venues d’ailleurs, d’un lointain de l’immensité cosmique ? Et, dans ce cas, n’est-il pas impossible que toute vie terrestre ne descende d’un mini-ourson à huit pattes en provenance d’on ne sait où parmi des milliards d’étoiles et de galaxies ?

Dans cette hypothèse un évolutionnisme darwinien intra et extra-terrestre néodarwinien serait validé. Mais en plus, le tardigrade aurait le beurre (son adaptation terrestre) et l’argent du beurre (son origine et son adaptation extraterrestres). Ce qui laisse toujours en suspens le rôle de la crémière (le Dieu Créateur ou la matrice-structure se développant dans le temps ? Ou les deux à la fois ?).

Bon, en attendant de statuer sur le sort, l’existence ou la non-existence de la crémière créatrice ou créationniste, à vos microscopes. Des tardigrades, il y en a plein à observer près de chez vous. Dans la mousse accrochée à votre toit ou à un arbre. Ils sont minuscules. Ils sont immenses. Si vous n’avez pas de microscope, les plus gros sont visibles à l’œil nu, comme les planètes jusqu’à Saturne, vu qu’ils mesurent 2 mm, de vrais géants dans leur improbable espèce. Vous n’êtes pas obligés de mettre des optiques garanties 100 % darwiniennes pour les contempler. Ni obligés de croire à ce que vous voyez ou à n’importe quel Dieu tardigradien. Et ne vous pressez pas, s’il est vrai que vous comptez comme moi parmi les descendants de ces mini-oursons. Ce sont des animaux lents qui ont probablement fait un long voyage... Pour confirmer ou infirmer les théories de Darwin ? Impossible de le savoir.

par Marsupilami mardi 15 janvier 2008 - 463 réactions
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  • Par Mjolnir (xxx.xxx.xxx.193) 15 janvier 2008 12:07
    Mjolnir

    "la sélection naturelle a pour propriété de tendre à conserver toutes les variations adaptatives utiles à l’animal et à éliminer celles qui ne le sont plus"

     

    Pas tout à fait d’accord, les espèces avec des caractéristiques inutiles ne sont pas éliminées, si ces caractéristiques ne lui sont pas défavorables pour sa survie et sa reproduction.

    Une caractéristique inutile à un moment donné, pour un milieu donné , peut se révéler l’être à un autre moment, dans un autre milieu (en cas de changement brusque de climat par exemple). Si une espèce devait "attendre" qu’un caractère favorable à une situation donnée apparaisse APRES la mise en place de cette situation, cette espèce ne survivrait pas, elle doit bien la posséder avant, pour survivre, et cela veut dire que ce caractère était "inutile" auparavant.

  • Par docdory (xxx.xxx.xxx.51) 15 janvier 2008 14:08
    docdory

    @ Marsupilami

     

    Le sucre autorisant les phénomènes de cryptobiose chez le tardigrade n’est pas le glycérol , mais le tréhalose .

     Je crois que , pour expliquer cette hyperadaptabilité des tardigrades , point n’est besoin de bouleverser la théorie de l’évolution .

     D’une part , les tardigrades , de par leur lenteur , sont hypervulnérables vis à vis de prédateurs en tous genres . Une des solutions évolutives pour échapper aux prédateurs est de s’installer dans des milieux où ceux-ci ne peuvent pas survivre . 

     D’autre part , le mécanisme de résistance aux froids extrêmes des tardigrades explique aussi leur résistance à d’autres agents vulnérants . A partir du moment ou le mécanisme de déshydratation ultra-rapide autorisée par le tréhalose membranaire permet l’arrêt quasi instantané du métabolisme , cela explique la résistance aux radiations , par exemple . Les radiations sont très nettement plus toxiques pour les cellules en division , c’est à dire en cours de réplication de l’ADN . Ceci explique que l’irradiation est bien plus toxique pour les tissus à renouvellement rapide ( muqueuse digestive , d’où diarrhée et vomissements , moelle osseuse d’où pancytopénie , épiderme d’où atteintes cutanées ) , que pour les tissus à renouvellement lent . C’est ce phénomène qui est à la base du principe de la radiothérapie : la dose tue les cellules cancéreuses à division rapide , mais tue beaucoup moins les cellules normales ! Donc l’absence de métabolisme du tardigrade en cryptobiose diminue très fortement les phénomènes de radiotoxicité .

     Ce n’est pas parce que le tardigrade " avait besoin d’être ultrarésistant " qu’il a survécu , c’est parce que l’apparition fortuite dans son génome de mutations concernant le tréhalose membranaire lui donnait une résistance particulière que les porteurs de cette particularité génétique ont survécu . Certains tardigrades seraient emportés par les vents jusqu’à des couches élevées de la stratosphère où la température est   de —100 ° C . Ceux qui , dans un passé très lointain , n’ont pas résisté à ces températures extrêmes sont morts . Seuls ceux qui pouvaient se mettre en cryptobiose ont survécu , donc les tardigrades " n’échappent pas au darwinisme " , et en tous cas ne le contredisent pas !

     PS Je voudrais bien te fournir les liens à ce sujet mais depuis ce matin , un bug de mon ordinateur m’empêche de mettre des liens ! Tu retrouveras l’article quelque part sur la première page de google avec les mots clés tardigrade tréhalose !

    Un peu de science fiction : Si on parvenait à greffer chez l’être humain des gènes du tardigrade concernant le tréhalose , on pourrait imaginer la possibilité d’une cryptobiose humaine permettant de surmonter les milliers d’années d’un voyage interstellaire ( un peu comme l’hypersommeil dans "alien" ) !

     

     

     

  • Par Grasyop (xxx.xxx.xxx.53) 15 janvier 2008 12:21

    Beaucoup d’approximations et d’erreurs :

     

    « biotope où il évolue depuis des millénaires »

    Plutôt des centaines de millions d’années !

     

    « ce carburant vital absolu qu’est l’eau »

    Je n’appellerais pas l’eau un « carburant »...

     

    « on peut alors se demander pourquoi la sélection naturelle ne les a pas éliminés tant ils sont voraces en dépenses énergétiques inutiles pour la survie »

    Des dépenses énergétiques ?! Au contraire, comme vous l’expliquez plus loin, le tardigrade suspend en quelque sorte sa vie en se déshydratant. Il n’a donc plus aucun métabolisme. Il est comme un grain de blé qui attend la pluie pour germer. Pas de dépense énergétique donc, et c’est là le maillon faible de votre raisonnement : la suradaptation du tardigrade ne lui coûte rien et n’a par conséquent aucune raison d’être éliminée par la sélection naturelle.

     

    « vous comptez comme moi parmi les descendants de ces mini-oursons »

    Certainement pas : nous sommes les cousins des tardigrades, pas leurs descendants !

  • Par Vilain petit canard (xxx.xxx.xxx.250) 15 janvier 2008 15:40
    Vilain petit canard

    J’appuie docdory, je dis tout comme lui sur ce coup, notre tardigrade n’est qu’une des formes de vie super-résistantes dont notre monde regorge : cafards, scorpions, etc. Pas la peine d’appeler les extra-terrestres pour scruter ses origines.

    Et je rêve aussi d’une greffe de gène codant le tréhalose, aaah, s’endormir et se réveiller en 2500 !

    Je rappelle les quatre grands principes de la théorie de l’évolution, que j’avais déjà développées dans un autre fil  :

    1. ce qui peut se reproduire se reproduit, tant que les circonstances le lui permettent, avec
    parfois certaines variations (ou erreurs), donc certaines nouveautés, en plus ou en moins, quelque fois les nouveautés se mélangent entre elles, ça donne des résultats curieux

    2. dans les nouveautés, ce qui ne marche pas... ne marche pas (et donc ne se reproduit pas,
    et donc disparaît)
    3. ce qui ne sert à rien pour l’instant, ne sert à rien, mais pourra servir plus tard (permanence de certaines structures résiduelles ou organes "anciens"), y compris à autre chose (c’est l’exaptation)
    4. tout ce qui crée des conditions favorables à la reproduction favorise la reproduction (que ce soit un facteur interne ou environnemental)

    Notre tardigrade a accumulé quelques "avantages" évolutionnaires, ce qui fait qu’il est toujours là (évidemment, avec son hibernation, ça conserve), ce qui fait que quand on le voir, on se dit qu’il a une chance incroyable. mais c’est l’inverse : comme il est résistant, il est toujours là, et c’est tout. Il n’y a d’ailleurs pas de plafond "darwinien" à l’adaptation, on ne peut pas parler d’hyperadaptation ou de suradaptation.

    Nous sommes toujouts tentés de mettre des stratégies et des objectifs dans le monde qui nous entoure, mais il s’agit d’hypothèses non nécessaires.

     

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