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 Accueil du site > Tribune Libre > Exigeons un contrat social encore plus solide !

Exigeons un contrat social encore plus solide !

La campagne présidentielle se révèle toujours aussi décevante, au ras du sol : prenons un peu de hauteur pour tenter de proposer des perspectives politiques originales pour notre pays.

En pleine mondialisation, et rattrapage industriel des pays du Sud, l'Europe, et la France particulièrement, est en difficulté. Dés lors, on peut être tenté de raboter nos valeurs et d'oublier notre histoire pour tenter de rester dans la course. Il me semble préférable de garder ce qui fait notre richesse morale et de continuer d'aller de l'avant.

Or, être en avance sur son temps, aujourd'hui, signifie une seule chose : construire des politiques durables qui nous affranchissent de notre dépendance aux énergies fossiles et aux produits jetables, qui permettent à notre pays de redevenir en avance sur son temps au lieu de laisser les gouvernements colmater péniblement des brèches dans le contrat social qui lie la Nation française.

Pour illustrer le chemin qu'il nous reste à parcourir pour atteindre cet objectif, il suffit de discuter avec les citoyens sur le net pour y trouver tous les travers de notre difficulté à avancer positivement vers des politiques innovantes.

Premier travers : l'incapacité à rentrer dans la complexité.

Un de mes lecteurs (Zelectron) me fait le reproche suivant : Plutôt que de courir dans tous les sens et proposer 487685,31* mesures diverses et variées vous feriez mieux de vous attacher à une seule !(voire 2). Les autres restant du domaine de l'élucubration bienveillante. Il me semble que celle qui touche à la pérennité des objets représente une arme que vous n'avez pas évoqué : assécher le marché français et européens vis à vis des pays à faible coût de main-d’œuvre.

 Ce commentaire frappant permet de constater que la majorité de nos concitoyens n'arrive pas à comprendre tous ce qui relie les différents problèmes que nous rencontrons : fiscalité, salaire, énergie, chômage, écologie, dette, retraite. Chacun de ces enjeux est en relation avec les autres. Or, la majorité des commentateurs les envisagent séparément ou, parfois, avancent des liens simplistes entre eux.

Les travers suivants seront illustrés par le long commentaire que fait un certain Romain Gaillardon sur le site Newsring :

C'est bien mal connaître Dominique de Villepin au contraire... Qui est un vrai gaulliste à jour et qui veut donner à la France tous les atouts .... Avez vous entendu parler de la TVA 3E (Emploi, Environnement, Exportation) ? Elle répond à la politique fiscale innovante, incitatrice et innovante... Il s'agit d'augmenter la TVA sur les produits ou services qui ne respectent pas des normes environnementales, qui ne favorisent pas l'emploi ou l'apprentissage localement. Une partie de la recette de cette TVA ira alléger les charges patronales de nos PME-PMI. .... Une autre partie est affectée au financement du revenu citoyen, distribué en priorité versé à ceux qui souffrent le plus aujourd'hui. 

Deuxième travers : la croyance en un homme providentiel. 

Depuis que la légitimité des rois de France dépend de leur capacité à faire accepter que le toucher des Ecrouelles était bien un miracle, les Français croient que le chef de l'Etat possède le pouvoir de faire changer la société. Cette croyance est renforcée par l'idée que la loi change le réel. Cette "légifération" hexagonale est une catastrophe : un pays a besoin d'idées providentielles, adaptées aux difficultés qu'il rencontre, et non de héros sauvant le monde. De Villepin, Sarkozy ou Hollande, c'est la capacité de leur projet qui compte et non leurs mots.

Troisième travers : la croyance en un nouvel impôt punitif.

Inventer un nouvel impôt qui va résoudre le problème : le pays qui a inventé la TVA, devenue mondiale, croit encore à cette vieille idée. Si le levier fiscal est utile, pourquoi augmenter encore un impôt si on n'est pas capable d'en baisser un autre ? Accroître la pression sur les services et les produits qui ne respectent pas des normes environnementales et sociales, d'accord. Mais pourquoi alors ne pas baisser la TVA pour ceux qui les respectent ?

Quatrième travers : le misérabilisme envers les pauvres.

Les pauvres n'attendent pas un nouveau "revenu citoyen", nouvelle version du RMI, d'une charité chrétienne qui apaise la culpabilité des autres mais ne résout rien sur le fond. Les pauvres attendent du travail, le partage du travail, ils veulent de la reconnaissance sociale et cela dépend de la capacité de nos sociétés à partager le travail qui reste la seule source intégrative.

Cinquième travers : l'obsession du coût du travail.

Le coût du travail est l'obsession de ceux qui croient que la désindustrialisation voit là son unique explication. Il y a plus grave : souvent enfoui, cela cache une représentation négative du contrat social qui a fait pourtant la richesse de la France et de l'Europe au XXéme siècle : faire payer par la solidarité nationale, -c'est à dire par tous- la maladie, la retraite et la pauvreté. 

Il faut que cette avancée, que l'Europe est le seul continent à avoir instauré, puisse se diffuser partout dans le monde. Le progrès est là, il faut que, progressivement, tous les pays de la planète puisse nous rejoindre. Ce n'est pas à nous de nous en débarrasser, c'est aux autres d'y venir. 

Les concessions sur ce point seraient catastrophiques. Elles nous affaibliraient : faire croire que nous allons faire payer nos retraites par des expédients ( amendes aux pollueurs, augmentation de nos propres impôts et taxes), vendre ces réformettes en faisant croire que cela va nous remettre au niveau du coût du travail des Chinois ou des Marocains : il s'agit d'illusions dangereuses. 

Il n'y a en réalité qu'un seul chemin crédible : celui qui consiste à mettre la barre encore plus haut. Nous avons exigé, jusqu'à présent, une solidarité nationale qui permettent à tous de vivre, nous exigeons maintenant un autre progrès : produire et consommer durable

L'Europe et la France sont en avance sur le reste du monde sur le plan du modèle social. Exigeons de nos partenaires des autres continents qu'ils y viennent, et reprenons notre avancée économique en construisant une économie durable qui puisse s'affranchir des coûts de l'énergie et des matériaux non renouvelables.



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