• mercredi 22 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Fukushima. L’élite japonaise s’offre une ville en (...)
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(70 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Fukushima. L’élite japonaise s’offre une ville en Inde

En dépit des messages rassurants qui seuls percent (rarement) l’indifférence médiatique, la crise que le Japon traverse depuis le début de l’accident de Fukushima demeure ingérable et affectera durablement l’avenir du pays. Mais cet avenir n'affectera pas tout le monde. La prochaine ville japonaise sera... en Inde.

Le recouvrement achevé d’un des quatre bâtiments éventrés par une tente en nylon est loin de constituer une début de résolution de la crise environnementale que le Japon traverse.

Pour comprendre ce qui se passe derrière ce paravent pudique, je vous propose de regarder la situation en partant d’abord des décombres de la centrale nucléaire pour s’en éloigner progressivement. Une périple qui nous mènera jusqu’en Inde.

Sur le site même de Fukushima.

Il faut d’abord relever les conditions dramatiques et héroïques dans lesquelles les équipes sur place travaillent. Un quatrième employé, âgé d’une soixantaine d’année, est mort subitement le 11 janvier, officiellement d’un arrêt cardiaque. La police a emporté le corps pour autopsie.

La température dans le réacteur n° 2 a effectué de subites variations passant de 48.4°C à 102°C le 12 janvier puis atteignant les 142°C le 14 janvier. Une « panne de la sonde » selon TEPCO.

Les travaux de construction de la tente du bâtiment 2 ont été suspendus à partir du 5 janvier pour concentrer les efforts sur le bâtiment n° 4 dont plusieurs pans de murs ont été démolis depuis novembre. Il est acquis désormais que le couvercle de l’enceinte de confinement de ce réacteur git à plusieurs dizaines de mètres de son emplacement d’origine.
Le réservoir de désalinisation du système de refroidissement de secours présente des fuites.

300 tonnes d’eau contaminée de Césium radioactif (49 à 69 Becquerels par cm²) a été trouvé le 13 janvier dans des tunnels proches de l’unité 3.

En zones contaminées

Les cartes des zones contaminées les plus récentes montrent que la contamination s’étend bien au delà ces précédentes évaluation. Deux zone très contaminées se trouvent dans les faubourgs de Tokyo. Les zones plus faiblement contaminées s’étendent j’jusqu’a 250 km au sud-ouest de la centrale, une zone où l’on rencontre une des plus hautes densités de population de la planète.

http://blog-imgs-26-origin.fc2.com/...

Dans le reste du japon.

Mais la contamination s’exporte aussi hors des zones directement atteintes. Ainsi une jeune habitante de la ville de Nihonmatsushia constaté avec stupeur que l’appartement dont elle venait de prendre livraison était anormalement radioactif. La raison en était qu’on avait intégré dans le béton des matériaux contaminés à la suite de l’accident de Fukushima.

Le même phénomène de dissémination affecte aussi les usines de traitement des eaux usées : Dans certains centres de traitement des eaux usées, les boues résultat du traitement concentrent des taux élevés de radioactivité, interdisant leur usage comme fertilisant. Les autorités les stockent sans savoir comment s’en débarrasser.

La fuite vers l’étranger.

Face à cette perte irrémédiable de terres habitable, le Japon se tourne vers l’étranger.
Le gouvernement Japonais, accompagné des grands nom de l'industrie Japonaise, vient de signer un accord afin de créer une ville japonaise dans le sud de l'Inde.

D’une capacité de 50.000 personnes et d’une superficie d'environ 2 km², cette « station balnéaire de qualité Japonaise » offrira tout le luxe de la vie moderne, « parc industriel, hôpital, galeries marchande, mini-golf ». Certains au Japon y voient un plan de l'élite Japonaise en vue d' abandonner le navire.

Les lignes de crédits que la banque du Japon a ouvert pour favoriser les échanges avec l’Inde ( 15 milliards de $) et la Corée du sud (70 milliards) indignent la population qui s’attendait à ce que la priorité aille à la reconstruction et la décontamination des zones dévastées au Japon même et à l’évacuation des zones trop fortement contaminées encore habités.

Bref, selon que vous serez puissant ou misérable, vous cohabiterez avec des becquerels ou vous jouerez au golf dans une station balnéaire bien loin de Fukushima.

Une ville balnéaire où vos enfants ne risqueront pas de jouer dans des bacs à sables rayonnant 20 µS/h, la norme pour le reste des enfants japonais.

Elle est pas belle la mondialisation ?




par Aldous (son site) mercredi 18 janvier 2012 - 55 réactions
yahoo
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(70 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Daniel Roux (---.---.---.51) 18 janvier 2012 09:26
    Daniel Roux

    La mondialisation heureuse voulue par l’oligarchie implique que ceux qui en ont les moyens puissent aller vivre où ils veulent. Tout s’achète et tout se vend, les terres comme les hommes.

    La renonciation des états, unis ou non, à contrôler les flux financiers entraîne de facto une liberté totale pour les détenteurs de richesses. Liberté de délocaliser dans les pays à bas coûts, d’abord les usines, puis la recherche - développement, puis la gestion et pour finir, les riches actionnaires eux-mêmes.

    Il ne manque plus que les sièges sociaux. On se demande pourquoi, Total ou PSA, n’ont pas encore déménagés dans un paradis fiscal.

    Mais peut-être est-ce déjà fait sans que nous le sachions. Cela expliquerait pourquoi, les multinationales « Françaises », sans parler des autres, participent si peu au financement public alors qu’elles nous coûtent si chère et la multitude de villas de rêve sur les côtes exotiques des caraïbes et d’ailleurs.

     

  • Par yoann (---.---.---.186) 18 janvier 2012 09:39

    A rajouter à votre article :

    Sciemment et en toute connaissance, l’élite pro-nuke Japonaise (même mondiale) à choisi de disséminer la contamination dans tout le pays.

    Que l’eau soit disant décontaminé issu des réacteurs (fortement contaminé au strontium et autres radio éléments) est rejeté en mer.

    Que les boues de station d’épuration fortement contaminé (et vérifié) sont incinérés. Favorisant la dispersion des radio-éléments via la cendre.

    Deux conclusions :

    Nos élites ont un sérieux problème dans la tête ! Et n’assume absolument pas leurs erreurs !

    Si c’est comme cela qu’un pays moderne réagit face à une crise majeur !!!! Seules les puissants en profite !!!

    Sortir du nucléaire est impératif !!! L’irresponsabilité est du côté des oligarques qui nous maintiennent en prison doré !

    Et vive la liberté, la vrai pas celle imposé par les oligarques et TF1.

  • Par Gabriel (---.---.---.98) 18 janvier 2012 10:17
    Gabriel

    Attention Aldous, vous allez avoir une saillie des inconditionnels de la mauvaise foi qui vous diront qu’à Fukushima il n’y a aucune victime et que le nucléaire ce n’est pas dangereux que bla bla bla bla.... Merci de cet article.

  • Par Aldous (---.---.---.209) 18 janvier 2012 13:54
    Aldous

    On a monté une tente autour du bâtiment 1.

    Plus d’image, plus de problème...

    Voilà toute la capacité à réagir de notre société.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération