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Accueil du site > Tribune Libre > Google a récemment reconnu l’espéranto !

Google a récemment reconnu l’espéranto !

Panorama de l’acceptation et du refus de l’espéranto. Les raisons probables des réticences.

En toute discrétion, l’espéranto vient de faire un pas de plus vers la reconnaissance par les médias, en l’occurrence un pas de géant puisqu’il s’agit du moteur de recherche mondialement connu. Dans Google, si vous cliquez à droite sur « Préférences » ou « Recherche avancée », puis à droite encore sur choix des langues, vous trouverez donc depuis quelque temps l’espéranto dans la liste des langues, alors que de nombreuses autres langues ayant davantage de locuteurs, mais peu actives sur la toile, en sont absentes.

1. C’est une info, mais brève. Alors, histoire de meubler un peu, je vous propose un bref panorama (non exhaustif) de l’acceptation et du refus actuels de l’espéranto, un simple tour d’horizon - ce qui est logique pour un panorama.

— Historique : il faut rappeler que la reconnaissance culturelle par de grands organismes est depuis longtemps acquise - celle de l’Unesco et du Vatican parmi les premiers. Qui plus est, la SDN, première version de l’ONU, avait failli l’adopter et le recommander à tous les pays, s’il n’y avait pas eu lors du vote un veto de la part de grandes nations - dont la France, alors grande langue diplomatique, ceci expliquant probablement cela.

— D’autres sites n’ont pas attendu Google. Quelques exemples :

Lancée en avril 2007 en français et en anglais à Sophia-Antipolis (« la Silicone Valley française »), Ipernity est la première plate-forme internet francophone qui permet de publier à la fois blogs + photos + vidéos + audios. Elle est disponible à présent en 6 langues dont l’espéranto.

Un dictionnaire réticulaire des synonymes en 29 langues dont l’espéranto peut être consulté sur Info-synonyme.

« Economix » est un programme libre et gratuit, très simple, très souple et personnalisable, pour gérer facilement les comptes en banque. Il existe aussi en espéranto, en version 2.6.0 pour Mac OS X, Windows et Linux. Il peut être téléchargé sur le site.

— Mais la reconnaissance de certains spécialistes, dont celle de grands linguistes, est, elle aussi, acquise depuis fort longtemps :

« Ce sont des idiomes existants qui, en se mêlant, fournissent l’étoffe [de l’espéranto]. Il ne faut pas faire les dédaigneux ; si nos yeux [...] pouvaient en un instant voir de quoi est faite la langue de Racine et de Pascal, ils apercevraient un amalgame tout pareil. [...] Il ne s’agit pas, on le comprend bien, de déposséder quiconque, mais d’avoir une langue auxiliaire commune, c’est-à-dire à côté et en sus du parler indigène et national, un commun truchement volontairement et unanimement accepté par toutes les nations civilisées du globe. »

(Michel BRÉAL, linguiste, XXe s.)

« La résistance contre une langue internationale a peu de logique et de psychologie pour soi. L’artificialité supposée d’une langue comme l’espéranto, ou une des langues similaires qui ont été présentées, a été absurdement exagérée, car c’est une sobre vérité qu’il n’y a pratiquement rien de ces langues qui n’ait été pris dans le stock commun de mots et de formes qui ont graduellement évolué en Europe. »

(Edward SAPIR, linguiste américain, Encyclopaedia of Social Sciences, 1950, vol. IX, p. 168)

« L’espéranto est une langue fort bien faite, d’une cohérence absolue et fondée sur une idéologie humaniste de grande valeur. »

(Henriette WALTER, linguiste française, 2005)

— Il en est de même dans le monde scientifique : depuis 120 ans, de nombreux scientifiques ont été soit des espérantistes, soit des sympathisants de l’idée, dont des Français. Citons-en quelques-uns :

Le site de lichénologie de Claude Roux, directeur de recherches au CNRS, peut être consulté en espéranto et en français.

Albert Jacquard, par exemple, a fait une série de chroniques sur France Culture, sur la question de la communication mondiale et de l’espéranto, dont nous reproduisons ici un extrait :

"La grande différence de l’espéranto dont j’ai préconisé hier à mes auditeurs la diffusion est de n’être pas le résultat provisoire d’une longue histoire hasardeuse au cours de laquelle une langue s’est peu à peu forgée, mais d’avoir été pensée dès le départ avec un objectif : permettre la communication entre les individus et entre les peuples avec le minimum d’effort. Il semble que cet objectif que s’était donné son créateur Ludwik Zamenhof ait été véritablement atteint. Devenir capable de communiquer en espéranto demande, affirment les spécialistes, 7 ou 8 fois moins d’apprentissage que pour toute autre langue. J’ai personnellement un très mauvais souvenir des milliers d’heures, certainement, que j’ai consacrées avec un horrible rendement à apprendre au lycée l’anglais et l’allemand. Le résultat de tous ces efforts que j’ai faits avec beaucoup de constance est tout à fait dans mon cas lamentable.

Je suis capable de lire avec une bonne approximation un texte anglais, surtout s’il est technique et pas trop littéraire, mais je ne peux déchiffrer un texte allemand et, surtout, je suis incapable de suivre une conversation que ce soit en anglais ou en allemand. Peut-être étais-je, comme on dit, un sous-doué pour les langues, mais j’aurais certainement moins perdu mon temps à m’initier à l’espéranto. Cette langue, dont la grammaire tient en une seule page et dans laquelle les fautes d’orthographe sont pratiquement impossibles. En effet, en espéranto, la terminaison d’un mot indique son genre : o pour les noms, a pour les adjectifs, e pour les adverbes, i pour l’infinitif des verbes, etc. Une série limitée de préfixes et de suffixes permet de moduler le sens à partir d’une racine et cette racine, bien souvent, est la même que pour la langue française. Je ne nie pas l’intérêt de l’apprentissage d’une langue avec l’objectif de pénétrer la culture d’un peuple, mais il serait sans doute utile de dissocier cet objectif de celui de la communication avec ceux qui parlent cette langue.

Actuellement, l’engouement pour l’anglais que les parents d’élèves mettent presque systématiquement en première langue n’est pas le signe d’une particulière affinité pour la culture anglaise. Il est surtout pragmatique. Ces parents imaginent une société où la langue anglaise sera partout pratiquée et qu’il est par conséquent nécessaire de donner cet outil à leurs enfants. Mais ce faisant, ils contribuent à rendre réelle cette prédominance par le simple fait qu’ils y croient. Pour éviter le cercle vicieux, pour en sortir, il serait judicieux de rendre l’espéranto obligatoire, au même titre, non pas que l’anglais ou l’allemand, mais que la géographie, l’histoire ou les mathématiques. À quand des livres de maths rédigés en espéranto ?"

(Albert JACQUARD, scientifique et essayiste français ; chronique sur France Culture du 16/07/04)

« Je suis persuadé qu’une langue internationale du type de l’espéranto est nécessaire. Celui qui parle plusieurs langues peut reconnaître que l’espéranto est une langue élaborée avec succès. J’ai été saisi par la simplicité de l’espéranto, par la logique de sa structure grammaticale. La finalité de cette langue constitue l’une des pensées humaines les plus grandioses. »

(Bertalan FARKAS, premier cosmonaute espérantiste. Hongrois. A appris l’espéranto en 1971)

Invité au Parlement européen avec douze autres prix Nobel, à l’occasion de la Journée de l’Europe, le 9 mai 2007, le professeur allemand Reinhard Selten a dit entre autres : « Une langue facile à apprendre comme l’espéranto permet une solution neutre du problème linguistique. On apprend plus facilement une seconde langue étrangère que la première. L’effet d’une seconde langue est si fort, et l’espéranto est si facile, qu’il est plus favorable d’apprendre l’espéranto en premier, et ensuite une langue nationale, plutôt que cette langue étrangère seule. C’est scientifiquement prouvé par des tests scolaires. Quelques pays pourraient d’abord faire un traité sur l’enseignement scolaire de l’espéranto. On pourrait ensuite étendre ce traité aux autres pays ».

(Mon article à ce sujet sur Agoravox)

— Certaines administrations régionales aussi commencent à se montrer plus sensibles à un vrai plurilinguisme, loin des clichés de l’anglais qui serait parlé par tous les touristes du monde. Ainsi, le site officiel de la ville de Montpellier est en huit langues, dont l’espéranto (boîte de dialogue en haut à droite).

— Il faut également citer les médias régionaux qui, peut-être sensibilisés par les revendications des langues régionales et vivant davantage au contact de la vie associative, ont souvent rapporté les diverses manifestations locales, l’activité des clubs d’espéranto, les rencontres petites ou grandes, et sans ressortir les habituels clichés et préjugés dont les médias nationaux ne sont pas avares...

Par exemple, France 3 Nord a diffusé en 2006 un reportage (repris par la suite dans l’émission C’est mieux ensemble) sur une expérimentation auprès des enfants du primaire (c’est autorisé dans les locaux scolaires hors temps scolaire, lorsque le chef d’établissement est d’accord), une série de cours faits par un professeur de maths à la retraite, Michel Dechy. Reportage visible en ligne.

Il en est de même avec les télévisions étrangères, où les régions sont moins frileuses que les médias nationaux : un reportage a récemment été diffusé sur une télévision régionale belge.

— Profitons de l’initiative périscolaire citée précédemment pour signaler que dans le monde éducatif, il existe probablement un certain nombre d’enseignants intéressés, mais qu’encore maintenant c’est mal vu par les instances de l’Éducation nationale. Le fait que Freinet, qui a donné naissance à des mouvements se réclamant de sa pédagogie, ait été un espérantiste convaincu, n’est jamais rappelé.

— Faisons un tour du côté des organisations internationales, qui, pour des raisons évidentes, ont un besoin criant d’une langue auxiliaire commune, et qui se rendent compte que l’anglais, malgré les moyens et la pression exercés en sa faveur, ne remplit pas correctement ce rôle - pour des raisons traitées dans d’autres articles. Cette réflexion est encore balbutiante dans ces organisations, mais mentionnons le fait que le festival de la terre a choisi l’espéranto pour son hymne :

Paroles (doc. en Word, texte bilingue français-espéranto, avec élision de la finale en « -o »)

Et musique (la musique démarre automatiquement).

— N’oublions pas les politiciens, si souvent décriés :

« Il est temps déjà que les diverses nations comprennent qu’une langue neutre pourra devenir pour leurs cultures un véritable rempart contre les influences monopolisatrices d’une ou deux langues seulement, comme ceci apparaît maintenant toujours plus évident. Je souhaite sincèrement un progrès plus rapide de l’espéranto au service de toutes les nations du monde. »

Vigdis FINNBOGADOTTIR, présidente de la République d’Islande

Deux députées suisses ont récemment proposé l’UEA (organisation pour la promotion de l’espéranto) au prix Nobel de la paix.

Plus surprenant et tout récemment, l’Union européenne elle-même vient d’accepter sur son site une version en espéranto d’un document.

La page sur laquelle se trouve ce document

Le document en pdf, sur le CECRL, cadre ou échelle de niveau en langues

Grille d’auto-évaluation en pdf

— Les écrivains, et autres lettrés :

« Les sacrifices que fera tout homme de notre monde européen en consacrant quelques temps à l’étude de l’espéranto sont tellement petits, et les résultats qui peuvent en découler tellement immenses, qu’on ne peut pas se refuser à faire cet essai. »

(Léon Tolstoï (1828 - 1910), écrivain russe)

« Ce que je souhaite, et ce que je souhaite vivement, ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que les nations se soucient d’abord de tout ce qui peut les rapprocher, de tout ce qui peut les amener à une compréhension et à une tolérance mutuelle - et dans ce domaine-là une seconde langue, vraiment internationale et commune, peut être - cela va de soi - d’extrême conséquence, d’une bienfaisance sans prix, pour les générations à venir... L’espéranto n’est pas du tout une langue uniforme, une langue robot, mais, au contraire, une langue naturelle et souple... L’espéranto est en mesure d’exprimer les nuances les plus subtiles de la pensée et du sentiment, elle est propre à permettre, par conséquent, l’expression la plus juste, la plus littéraire, la plus esthétique et de nature à satisfaire les esprits les plus ombrageux et les plus particularistes, et il ne peut pas porter ombrage aux fidèles des langues nationales... »

(Maurice Genevoix (1890 - 1980) écrivain français. Interview à la radio sur la chaîne nationale par Pierre Delaire, le 18 février 1955, extraits)

— Et le monde du « business » ?

L’espéranto est l’une des 42 langues dans lesquelles et à partir desquelles le réseau de traducteurs LinguaForce propose ses services :

Une boîte de vente d’artisanat de Madagascar a son site en français et espéranto, et peut discuter par téléphone en anglais-français-espéranto. J’ignore totalement qui a monté ça, si c’est une boîte sérieuse, mais c’est certainement une idée d’avenir.

Autre exemple, une maison de retraite en Thaïlande, qui non seulement a mis son site en quatre langues dont l’espéranto, mais à plus long terme espère réaliser des économies dans la formation de son personnel si une partie de la clientèle européenne parle un peu espéranto.

Un site russe tout récent de vente de chansons à l’unité en MP3, dont l’interface est en trois langues : russe, anglais et espéranto (Eo)

Panorama de la musique

— L’espéranto enseigné à l’université : (liste en espéranto)

— Les gens des métiers des langues :

Claude Piron, ex-traducteur, en anglais et chinois, auprès d’organisations internationales, est depuis son enfance un fervent partisan de cette langue, et l’auteur d’articles passionnants sur tous les thèmes qui se rapportent aux langues et à la traduction, auteur entre autres du livre Le Défi des langues, et d’une série de vidéos de 10 minutes sur le thème des langues et de la communication internationale (les neuf premières parlent de différents aspects de la communication mondiale, seule la dixième parle de l’espéranto comme solution possible). Voir aussi les vidéos sur Youtube.

Georges Kersaudy (réf. sur Wikipédia) dans son livre Langues sans frontières, éd. Autrement, propose pour l’école primaire soit l’espéranto, soit une initiation non spécialisée dans une langue, mais à différents alphabets et différentes langues européennes pour se faire l’oreille.

— Certains pensent, contre toute évidence, que l’espéranto est surtout européen (alors que ce n’est pas une langue indo-européenne). Il s’est aussi développé en Asie : Esperanto-eksporto (Chine)

Que conclure de ce tour d’horizon ? Que depuis sa naissance, soit depuis 120 ans, l’espéranto, qui demeure une langue très minoritaire, est néanmoins une des rares langues à diffusion réellement internationale, présentes sur les cinq continents (essentiellement anglais, français, allemand, espagnol, russe, arabe dit littéral, chinois quoique surtout dans la diaspora). Il a su convaincre bon nombre de personnes, anonymes ou célèbres, de son intérêt considérable pour l’humanité. Et, à chaque génération, il en a été de même, il s’est toujours trouvé toutes sortes de gens pour faire vivre, actualiser et développer cette langue construite. Et ce, comme nous l’avons brièvement vu, dans tous les milieux, à tous les postes, des plus humbles aux plus prestigieux.

Aujourd’hui, il semble que l’explosion d’internet stimule cette langue, car l’augmentation exponentielle des communications internationales (échanges professionnels, forums participatifs, courriels) est évidemment synergique avec une langue dont la raison d’être, l’essence même, est de se proposer comme langue auxiliaire internationale, neutre et démocratique car très largement plus facile que la plupart des langues ethniques ou nationales, donc accessible au plus grand nombre. Une langue seconde, base potentielle d’un plurilinguisme raisonné pour pouvoir disposer à la fois d’une langue commune ET apprendre la langue du ou des pays où nous serions amenés à travailler, fût-ce pour quelques années seulement, qu’il s’agisse d’une langue essentiellement locale comme le catalan (8 millions de locuteurs) ou internationale comme le castillan.

Or, malgré ces locuteurs et sympathisants dans tous les milieux, qui se renouvellent à chaque génération, un obstacle qui paraîtrait simplement administratif, de pure forme, à savoir la possibilité de le présenter en option au bac (à coût zéro, sans enseignement) se révèle depuis des décennies très coriace, puisque à toute demande l’Éducation nationale répond en copier-coller, par deux arguments principaux qui sont l’absence supposée de culture et le fait qu’il y a déjà beaucoup de langues possibles au bac. Chose « amusante », la même réponse a été refaite année après année, alors même que d’autres langues étaient venues s’ajouter à cette liste ! (Les réponses successives et identiques du ministère de l’Éducation nationale)

L’autre bastion du boycott de l’espéranto et du soutien sans faille au tout anglais, ce sont les télévisions nationales et les journaux nationaux. Ils ne peuvent montrer un pays nordique sans dire à quel point ils sont forts en anglais, ou faire un reportage sur la Chine (le 6 /12/07 sur France 2) sans filmer les petits Chinois des écoles primaires (de l’élite) faisant de l’anglais ! Le fait qu’il existe aussi des Chinois qui font de l’espéranto, que cette langue est enseignée dans certaines universités chinoises (et européennes), qu’il existe des sites espérantistes chinois semble totalement ignoré ou boycotté par les grands journalistes des grands médias de la grande information objective.

Lors d’une visite du président Jacques Chirac en Espagne, un reportage avait pareillement montré une classe de petits Espagnols qui apprenaient l’anglais, pas le catalan ni le français ni le portugais ! Simple hasard ? Peut-être, mais quand le hasard se fait systématique...

2. Comment expliquer ces résistances ?

Au vu du tour d’horizon, vous aurez remarqué que les plus grandes résistances à l’idée de l’espéranto comme langue auxiliaire européenne et/ou mondiale, se retrouvent dans l’Éducation nationale (du moins en France), chez les politiciens du moins la plupart, dans les télévisions et les grands journaux nationaux, et chez les grands noms de la francophonie. Quelles peuvent être les raisons de ces réticences, qui peuvent aller du simple boycottage de toute mention de l’espéranto et de tout rapport qui en parlerait, à une attitude hostile, en perpétuant les clichés et les préjugés sur cette langue ?

Elles sont en gros de trois sortes : psychologiques, économiques et politiques.

— Les réticences psychologiques

Tout ce qui est résolument nouveau, tout concept quasiment révolutionnaire, met très longtemps à être accepté. Les exemples sont nombreux dans l’histoire des sciences : les chiffres arabes (provenant auparavant de l’Inde) et le système décimal ont mis des siècles à être adoptés, le système métrique (toujours pas accepté par la GB !). Dalton a fondé la chimie moderne en exprimant l’idée que tout dans la nature est formé d’atomes (idée déjà émise par les Grecs) et a précisé leur façon de s’agglutiner ainsi avec d’autres caractéristiques. Il fut couvert d’honneurs, pourtant, un siècle plus tard, le physicien Mach (vitesse du son) continuait à douter de l’existence des atomes, « choses de la pensée », écrivit-il.

Qui connaît Georges Lemaître, prêtre belge et ingénieur ? C’est pourtant lui qui émis l’hypothèse du « big bang », que l’on devrait donc appeler « grand boum », mais il l’a imaginé trop tôt. Darwin reçut beaucoup d’honneurs de son vivant, mais jamais pour ses deux publications majeures, L’Origine des espèces (1858) et La Descendance de l’homme (1871), car les idées de Darwin et de Mendel ne furent véritablement reconnues que vers 1930 à 1940, et sont encore combattues actuellement pour des raisons religieuses.

Semmelweiss avait eu la prescience de l’importance de l’hygiène pour limiter les risques infectieux liés à l’accouchement, mais, malgré les résultats dans l’hôpital où il avait appliqué ses méthodes (entre autres le simple lavage des mains des « accoucheurs » que ses collègues jugeaient insultant !), il ne fut pas pris au sérieux et fut au contraire vivement critiqué. Car c’était longtemps avant Pasteur, les microbes étaient inconnus, et la notion de preuve épidémiologique elle aussi encore à venir.

Peut-être penserez-vous que ces attitudes étaient celles d’un obscurantisme d’un autre âge ? Eh ! Non : encore tout récemment, Robin Warren et Barry Marshall, les deux médecins qui ont prouvé que certains ulcères gastriques étaient dues à une bactérie, Helicobacter pylori, alors que jusque-là on les attribuait à l’hérédité et/ou à l’alimentation, ont dû batailler ferme pour convaincre leurs collègues. Il leur a fallu des années, dans un domaine où les preuves expérimentales sont pourtant faciles à obtenir (traitement antibiotique court et simple), l’un d’eux allant même jusqu’à s’inoculer la bactérie pour développer l’ulcère puis le guérir !

D’autre part, notre vie étant par essence profondément instable, changeante de la naissance à la mort, nous avons un besoin instinctif de stabilité, hormis peut-être les jeunes et les accros à l’adrénaline... Toute chose trop révolutionnaire dérange donc profondément nos certitudes, et nous déstabilise. D’autre part, nous remplaçons très souvent les trous dans nos connaissances (aussi vastes que les trous noirs !) par des certitudes : chacun sait, croit savoir, que l’espéranto ne marche pas, est artificiel, a échoué, etc. etc., sans rien en connaître. C’est ainsi que le dogmatisme peut remplacer la raison et les preuves expérimentales qui, pourtant, pourraient être obtenues par des études, par exemple sur la vitesse d’apprentissage comparée entre l’espéranto et l’anglais ou le français, sur la fidélité comme langue pivot de traduction, ou sur l’effet propédeutique.

C’est également sur les nouveautés que nous projetons nos peurs et nos fantasmes : « artificialité » inquiétante sans prendre la peine de vérifier qu’il n’y a pas un seul mot qui ne vienne du fonds commun des langues de l’humanité, de l’esprit humain ; ou fantasme d’une langue unique alors que le temps libéré par une langue auxiliaire facile permettrait justement de travailler la langue du ou des pays dans lesquels nous nous retrouverions en poste.

Il en a été de même avec toute nouveauté, de la machine à laver au four à micro-ondes au sujet duquel aucun journaliste n’a jamais pu confirmer l’histoire du chat qui a grillé dedans !

Or, si l’idée d’une langue construite est ancienne, sa réussite était inespérée, inattendue, surprenante et dérangeante, alors même que le simple examen des faits rappellerait que diverses langues dites « naturelles » ont fait l’objet de profonds remaniements (indonésien, russe, italien, swahili, hébreu, maltais, grec, entre autres).

Une raison individuelle plus simple, mais forte : accepter qu’il puisse exister une meilleure solution que l’anglais lingua franca impliquerait d’apprendre une nouvelle langue, après avoir sacrifié à l’étude de l’anglais au bas mot 15 000 heures de notre vie (pour un niveau moyen à pas mal), ainsi que nombre de séjours linguistiques. Avec en prime la vague sensation de s’être fait arnaquer !

— Les raisons économiques

Le candidat actuel le mieux placé à une lingua franca européenne ou mondiale est sans conteste l’anglais. Or, l’anglais est le centre d’une multitude d’intérêts - éditeurs, traducteurs, interprètes, enseignants, instituts, librairies, télévisions (France 24), voyagistes, « show-biz » et monde de la pub avec leurs habitudes de coller des anglicismes partout, tous ces milieux sont donc naturellement portés à souhaiter que tout continue comme avant.

— Les raisons politiques

Si tous les dictateurs se sont acharnés sur les locuteurs de l’espéranto (et sur bien d’autres communautés), c’est pour une raison bien simple : une langue beaucoup plus facile à apprendre permet aux gens de communiquer beaucoup plus facilement avec l’étranger !

Mais les démocraties ne sont pas exemptes de ce genre de craintes devant tout ce qui paraît vaguement supranational...

L’UE est déjà anglophone, la plupart des politiques ont appris l’anglais, leurs enfants l’apprennent dans des sections européennes élitistes et vont régulièrement faire des stages aux States ou en GB ; comment imaginer que la recherche d’une solution plus efficace, plus simple et plus équitable les intéresse ? Seuls les plus altruistes peuvent y songer, comme ceux que j’ai cités plus haut, et pardon aux députés français favorables et à tous les autres politiques non cités.

Cette attitude conservatrice est plus vivace dans les pays comme l’Allemagne et la France, nostalgiques de leur passé de grande langue de la diplomatie, qui rêvent en secret, et même au grand jour, de voir le monde soudainement reconnaître que le français est une langue tellement supérieure aux autres qu’elle ne peut que s’imposer « naturellement » comme langue internationale, qu’elle a été "donnée au monde" comme le phare qui va l’éclairer, pour ainsi dire donnée par Dieu himself, heu... lui-même.

Plus récemment, une nouvelle raison politique est apparue - la crainte que des articles sur l’hégémonie de l’anglais dans l’Union européenne n’augmentent le sentiment anti-européen. Ainsi, on sacrifie la vérité des faits sur l’autel de la construction européenne, en évitant tout débat sur la communication dans les administrations européennes, et en culpabilisant les Européens qui ne travailleraient pas assez leurs 27 langues !

— Les raisons économiques et politiques sont bien évidemment liées

 

La principale raison économique est que le puissant monde économique anglo-saxon est totalement et massivement en faveur de l’anglais pour tous, ainsi que le lobby militaro-industriel qui a également cédé aux sirènes de l’anglais. Là où autrefois Eurocorps était bilingue franco-allemand, il est maintenant totalement anglophone au même titre que l’Otan. Que pèsent les voix de la raison et de l’équité face à ces puissances ?

Conclusion

Ceux qui lisent et écrivent sur l’internet participatif, comme on dit, savent que malgré ses défauts, dont le manque de production d’infos originales et le risque de manipulation (qui existait avant internet !), ces nouveaux médias permettent d’exprimer des points de vue différents, non conformes à une ligne éditoriale ou au dogme ambiant. Il est certain que l’explosion d’internet a fait sauter beaucoup de verrous et de filtres. Les groupes de pression l’ont compris, les manipulateurs de tous bords aussi, tout le monde s’y est mis ! Les journaux ont tous ouverts leur courrier des lecteurs et favorisé des blogs de journalistes, leurs archives sont mises en ligne, parfois gratuites, parfois payantes, les groupes de pression envoient leurs plumes et font écrire des articles de commande sur les pesticides ou sur tel ou tel sujet conflictuel, etc.

Vous allez dire que je fais pareil ? Eh... Oui, parfaitement, la toile permet à des opinions minoritaires qui ne passaient pas le filtre des courriers des lecteurs de se faire connaître.

A vous de voir si les espérantistes racontent des salades ou pas, comme dans la fameuse formule : info ou intox ? C’est à vous de décider. Ici, c’est le web participatif, pas TF1 ou France 2 !

Google s’est donc montré plus réaliste que les médias en reconnaissant l’espéranto, alors que ceux-ci ont TOUS (sauf erreur) boycotté le rapport Grin, officiellement commandé par la France à un professeur suisse, qui analyse les différentes solutions linguistiques à la barrière des langues dans l’UE (anglais, langues de travail, traduction intégrale, une autre langue de l’UE, ou l’espéranto progressivement comme langue auxiliaire) selon différents paramètres : efficacité, coût et faisabilité. Ce rapport, en version intégrale ou sous forme d’extraits, est toujours disponible en ligne.

Au format PDF (696 Ko) le rapport de François GRIN : L’enseignement des langues comme politique publique (septembre 2005) :

Sources

— Nombre d’informations proviennent du site espérantiste SAT-Amikaro, dont un article récapitulatif sur ce thème de l’espéranto au présent.

— Certaines anecdotes sur l’histoire de la science proviennent de l’excellent livre de vulgarisation scientifique de Bill Bryson, Une histoire de tout.... ou presque, éd. Payot (l’auteur est très connu pour ses récits humoristiques de voyages, Etats-Unis, Australie, etc.).


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88 réactions à cet article    


  • Hermes esperantulo 28 décembre 2007 11:15

    Saluton tu a oublier Hagege qui est pour l’esperanto avant l’anglais en primaire, (voir l’enfant aux deux langues)

    Et pour le probleme de la grande anglissisation « Pourquoi veulent t’ils tuer la langue francaisE ? » de LECHERBONIER , que j’ai lu recemment et qui indique comment l’anglais s’infiltre partout sans aucune reelle reaction de bon sens des politiques europeenne et nationnales pour défendre notre position sociale, economique, politique.

    Dont même HAGEGE souligne le même probleme


    • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 13:10

      Saluton, j’ignorais cette citation d’Hagège, le plus souvent il m’a paru beaucoup plus ambigu sur le sujet de l’espéranto. J’ai également le livre de Lecherbonnier. Mais comme cet article ne concernait pas directement l’hégémonie de l’anglais, je n’ai pas cité les défenseurs de la langue française comme Durand, Hagège ou Lecherbonnier, entre autres .


    • Hermes esperantulo 28 décembre 2007 13:28

      En fait HAGEGE a un profond respect pour l’esperanto, mais il n’ose pas s’aventurer plus loin pour ne pas risquer de perdre la face, c’est pour ca qu’il n’en parle pas.

      Pour LECHERBONIER, son livre ne parle pas en fait que du francais, mais de la facon dont deviendrait l’europe si son dernier bastion et symbole linguistique tombait c’est à dire le francais, il parle aussi du consumerisme europeen pour la production americaine ou plutot de son esclave chinois, dont le role s’est un peu inversé, de la recuperation de brevets de chercheurs européen ( le scandale du brevet du virus du sida, par exemple) pour se permettre d’amasser le plus de profit facilement et donc de garder sa tout puissance par l’intermediare de l’anglais et tout un tas d’autres trucs dont je n’avais pas pretter d’attention auparavant


    • Hermes esperantulo 28 décembre 2007 13:34

      Pourquoi parler de LECHERBONNIER, tu parle des resistances psychologiques pour lesperanto, le livre traite justement de la perte de confiance envers le francais et de l’envie d’imité les anglos-saxons ce qui ne permet pas de se battre pour sa propre langue et donc automatiquement pour l’esperanto


    • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 13:57

      Difficile d’aborder tous les aspects d’un sujet comme la communication mondiale. Je prévois un article sur une proposition de réforme de l’enseignement des langues, et ce livre me paraîtrait mieux à sa place dans ce contexte car le temps consacré au français dans le primaire a régulièrement baissé. Je pense d’ailleurs que je l’ai déjà cité dans d’autres articles.

      Au sujet du Vatican, j’ai oublié de rappeler que l’espéranto est une des langues dans lesquelles le pape adresse ses voeux de Noël.

      Autre logiciel utilisant l’Eo : ConvertXtoDVD (logiciel de conversion vidéo), pas dans l’interface mais langue possible pour écrire les sous-titres.


    • Hermes esperantulo 28 décembre 2007 14:25

      Le livre aborde les deux problemes dont l’un est plus subtil que l’autre, mon capitaine


    • Renan 28 décembre 2007 17:44

      « Au sujet du Vatican, j’ai oublié de rappeler que l’espéranto est une des langues dans lesquelles le pape adresse ses voeux de Noël. »

      Ainsi que sa bénédiction urbi et orbi à Pâques.

      Saluton Krokodilo


    • roOl roOl 28 décembre 2007 12:00

      On aurait quand meme pu garder l’anglais que tout le monde reconnaissait comme la langue de l’international, synthetique et facile a apprendre.

      Ce qui n’est pas le cas du francais.

      Essayer d’obliger tout le monde a se faire chier a apprendre une langue batarde comme l’esperanto, c’est voué a l’echec...


      • Bigre Bigre 28 décembre 2007 12:26

        Pour parler et rédiger des rapports professionnels en français et anglais, je trouve l’anglais assez peu précis. Et pas facile du tout à apprendre, pour avoir un niveau correct.

        L’esperanto me semble quand même une vachement bonne idée, à titre personnel mais en priorité pour l’Europe à 27, 28, ...

        Oui, apprendre une langue demande un effort. Que l’effort vous fasse chier est un autre problème.


      • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 13:12

        Je ne comprends pas votre message : on fait plus que « garder l’anglais » puisqu’on l’impose à presque tous les enfants !


      • Hermes esperantulo 28 décembre 2007 13:18

        Les langues batardes sont le francais , l’italien, l’espagnol, le portugais, ect issu du latin donc comme vous écrivez francais vous maitriseés une langue batarde.

        Anglais facile à apprendre quand il faut faire plus de 1500heures pour sa maitrise et des dizaines de sejours de plusieurs mois par immersion pour atteindre le niveau requis au TOEIC et le conserver pour pouvoir atteindre des postes dans le metier commercial internationnal. que les petits chinois au sortir de l’université sont incapable de faire une phrase malgré le nombre d’heures faramineuses (bien plus que les francais, les suedois ou les finlandais)

        Kroko avait fait un article sur la facilité des langues et il en était resortit qu’il était bien diffcille de faire un classement, car pour une langue donné elle serat facile pour une certaine population et difficille pour une autre suivant son milieu linguistique et social.

        Par contre il existe une langue ,qui pour un travail bien plus raisonnable que l’anglais, dans son apprentissage permet d’avoir un niveau bien meilleur ; Cette langue c’est l’esperanto produit « batard » lors de sa naissance mais qui à actuellment le statut d’une langue comme les autres de fait par son evolution autonome et entaché d’emprunts comme toute autre langue. de plus c’est une langue qui n’interdit pas l’apprentissage d’autres langues donc pour les anglophiles pas de problème.


      • koala nasty koala nasty 28 décembre 2007 15:18

        je ne comprends pas le titre de cet article (fort intéressant par ailleurs) : il me semble que l’esperanto est disponible sur Google depuis plusieurs années déjà.


        • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 16:23

          Koala nasty,

          Il me semblait que c’était récent, je vais me renseigner un peu plus.

          Google incluait depuis longtemps dans ses recherches les pages en Eo mais, par exemple, faites une recherche simple sur tout le web avec le mot « pordo » (= porte) : dans la première page, vous obtiendrez aussi des articles en français, en anglais, entre autres sur l’acteur Mario Pordo.

          Il y a maintenant (ou peut-être depuis longtemps ?) la possibilité de faire une recherche avancée « pordo » en sélectionnant la langue espéranto, pour obtenir en réponse uniquement des textes en Eo. faites l’essai, Google répondra en ayant éliminé tous les textes cités ci-dessus.


          • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 20:23

            Dans « préférences », l’espéranto n’était pas présent dans la liste des langues.


          • L'enfoiré L’enfoiré 28 décembre 2007 18:58

            Saluton Krokodilo,

            Je ne reviens que très peu par ici. Puisqu’il y a témoignage, j’y vais. Rappel : j’ai un peu appris ce qu’était l’esperanto et je suis belge. La question à se poser en premier : pourquoi l’esperanto ne s’est-il pas imposé et bien plus tôt ?

            Assez amusant qu’il n’y ai que des esperantistes en commentaire. Est-ce que se serait voulu cette ignorance d’existance ? Le problème d’une langue, c’est qu’elle doit être parlée et accepté par tous. L’esparanto n’a-t-il pas eu la chance qu’elle aurait dû ? Je dit que c’est très dommage. Je l’ai dit ailleurs, je répète :

            La langue, personne ne voudrait avoir que sa propre langue maternelle à parfaire en oubliant que les autres. C’est une facilité, mais c’est contraire à toutes volontés d’intégration et de compréhension entre les peuples. Le Français est un exemple de volonté d’unilinguisme parfait. En Belgique, nous en avons 3 + 1. Le problème est très rapidement là quand on ne respecte pas ce principe. On l’a vu chez nous. Nous avons aussi ce problème, mais d’après moi, sa résolution comme le préconise notre Roi dans son dernier discours, arrive beaucoup trop tard. J’ai eu une conversation assez dure avec un flaminguant... en anglais. Bizarre ? Non, un véritable signe. A mon avis, tous les pays européens devraient absolument une deuxième langue aussi parfaitement que la langue maternelle. Une langue commune parlée dans toute l’Europe avec les mêmes principes de base. Le projet suivant n’est-il pas un peu là pour rivaliser les autres blocs ?

            Que ce soit l’anglais ou une autre, j’en ai rien à cirer. Quoique je crois que les patates sont cuites. L’esperanto aurait pu l’être et pas en contre poids antagoniste avec l’anglais mais parce qu’il est beaucoup plus facile à apprendre et bien mieux construit que toutes les autres langues européennes. Règles simples et constantes. Pas de conneries en exception idiomatiques ou autres. Véritable mécano, il permet de faire des néologismes à souhait. Avec cette deuxième langue(laquelle ?), on peut faire l’Europe de la compréhension réelle. Sans cela, je dirai que l’Europe, ce sera toujours un raté. Le côté social, toujours mis en avant, important, oui, n’est qu’un aspect parallèle antagoniste au financier. La langue est d’après moi tout aussi important, au milieu du jeu de quilles. Mais on n’en parle pas assez.


            • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 20:32

              Saluton l’Enfoiré, il y a déjà trois commentaires de non-espérantistes (je ne compte pas Asp et ses clones), pour une période aussi creuse, c’est pas mal. De toute manière, même chez les habitués d’Av, personne ne lit tous les articles, chacun ses centres d’intérêt.


            • Hermes esperantulo 28 décembre 2007 20:55

              Saluton, jen nia belgano.

              Ce qui est interressant est de comprendre que le multilinguisme non appliqué en pratique en belgique, suisse ou dans l’ensemble de l’union, provoque une catastrophe dans tous les cas. quand je dis non appliquer c’est l’application des textes mais aussi dans le coté pratique, car n’oublions pas que dans la pratique le nombre de vrais bilingues est rare et le temps pour y parvenir est extremement long.

              Quand on va vers une forme inverse mettre à tout le monde une seule langue obligatoire donc l’unilinguisme, comme pour le Francais ou sous un certains angle l’anglais, un effet de séparation se profille et les moyens pour y parvenir peuvent être violant, corse, basque, certains pays anglais, anciennes colonies pour retrouver une autonomie perdue ( cf très bien expliqué par LECHERBONNIER)

              Que nous reste t’il alors ? Une forme d’unilinguisme non imposée.

              Soit choisi par defaitisme général, ce qui se passe en Europe actuellement pour le vecteur anglais, mais risquant à plus ou moins long terme malgré l’acceptation géneral de provoquer un effet de cocotte minute de maniere inconsciente explosif ( voir lexplication aussi de LECHERBONNIER sur l’eefet d’une langue unique et de la capacité de creer), historiquement on y retrouve les ex pays russes, ou de l’europe de l’est.

              Soit un unilinguisme choisi tout en conservant la langue des ancetres. Donc l’application du bilinguisme, mais comme ce dernier vu plus haut est difficille en pratique. On risque de se retrouver avec encore une catastrophe sur les bras.

              Donc on peut se dire que ce problème est insolluble, donc dans tous les cas l’EUrope ne pourrat jamais se construire et rivaliser avec les autres grandes puissances ayant quand à elles une langue commune, cette langue commune mise en place depuis un certains nombre de siecle et le notre étant rapide voir très rapide le temps de mettre la langue commune est impossible, donc dans tous les cas le probleme perssiste toujours.

              Mais il existe la solution esperanto qui justement permet par son apprentissage rapide de provoquer enfin ce bilinguisme, et même bien audela du bilinguisme celui du bilinguisme operationnel permettant enfin la rivalité face aux grandes puissances et la capacité d’implanter un nouveau concept de communication mondiale permettant à l’europe de se retrouver à égalité des chances avec les anglos saxons sur les brevets par exemple vecteur d’une meilleur economie europeenne, sans compter tous les contrats realisable par ce moyens, ainsi que touristique litteraire ou cinématographique. mais en plus e bilinguisme operationel permet aussi la creation d’un renouveau d’un multilinguisme de culture, permettant justement un renouveau du rayonnement du vieux continent.

              Rappelons qu’au depart l’esperanto pas prevus pour cet objectif qui était en fait de permettre de faciliter la communication par un moyen plus rapide qu’une langue nationale à ceux qui le voulaient sans recherche d’une mondialisation de l’esperanto qui est un objectif totalement réalisé. Maintenant les europeéns peuvent trouver en l’esperanto un moyen pragmatique sur le probleme linguistique europeen qui affaiblie nos capacités et ressources pour rivaliser dans ce monde mondialisé.


            • L'enfoiré L’enfoiré 29 décembre 2007 17:33

              Saluton esperantulo,

              Le multilinguisme non pratiqué en Belgique ? Cela dépend où et du courage des communautés qui les gèrent. Bruxelles est bilingue, même trilingue avec l’anglais. Sinon, pas de job. Notre Roi l’a dit dans son message de Noël : « Je l’ai déjà souvent dit mais je voudrais à nouveau insister avec force : il est nécessaire, surtout pour nos jeunes, de bien connaître la langue des autres communautés. C’est une forme de civisme que l’on a trop longtemps négligée. Et pourtant, c’est à l’évidence une condition première pour se comprendre et s’apprécier entre citoyens de communautés différentes. Les modes d’apprentissage des langues se sont tellement modernisés qu’il n’existe plus d’excuse pour ne pas entamer cet effort le plus tôt possible dans la vie. Par ailleurs, l’expérience montre que c’est un atout majeur dans la recherche d’un emploi. »

              Comme je l’ai dit plus haut. C’est un peu tard. Relis mon commentaire. Krokodilo n’y a rien répondu, sinon par des comptages ridicules. La langue de l’autre communauté en a-t-on encore à cirer quand on veut faire l’Europe ? Catastrophe sous le bras ? Que veux-tu dire ? Il est prouvé qu’un gosse qui pratique 2 langues va plus vite pour apprendre le reste des matières. Insoluble ? Connerie. Question de volonté de l’éducation. L’Esperanto, pas une langue, uniquement pour faciliter la communication, dis-tu. Conclusion : retour à la véritable vérité d’aujourd’hui. Mondialisé, ce monde, oui. Si tu as suivi les dernières émissions de Thalassa, tu auras compris qu’il y en a qui se réveille. Et même de notre côté. smiley


            • Krokodilo Krokodilo 29 décembre 2007 18:01

              L’enfoiré,

              « Comme je l’ai dit plus haut. C’est un peu tard. Relis mon commentaire. Krokodilo n’y a rien répondu, sinon par des comptages ridicules. »

              En quoi un comptage de messages peut-il être ridicule ? c’est simplement un fait. De même qu’en ce moment n’importe quel sujet fait peu de lecteurs. En outre, certains lisent sans mettre de commentaires, impossible de connaître l’audience réelle d’un sujet, et le fait que quelques espérantistes mettent des commentaires sur un sujet qui les touche, je n’y vois non plus rien de choquant.

              « Il est prouvé qu’un gosse qui pratique 2 langues va plus vite pour apprendre le reste des matières. Insoluble ? »

              Je persiste à dire qu’aucune étude n’a prouvé cela. Ce serait en outre quelque chose d’extrêmement dificile à prouver, car il faudrait isoler deux groupes de même niveau socio-culturel familial, dont un ne ferait aucune (ou une) langue étrangère, tandis que l’autre en étudierait deux. j’envisage pour début 2008 un article sur les langues à l’école en France, on pourra en rediscuter.


            • Wàng 29 décembre 2007 18:37

              « Je l’ai déjà souvent dit mais je voudrais à nouveau insister avec force : il est nécessaire, surtout pour nos jeunes, de bien connaître la langue des autres communautés. C’est une forme de civisme que l’on a trop longtemps négligée. Et pourtant, c’est à l’évidence une condition première pour se comprendre et s’apprécier entre citoyens de communautés différentes. Les modes d’apprentissage des langues se sont tellement modernisés qu’il n’existe plus d’excuse pour ne pas entamer cet effort le plus tôt possible dans la vie. Par ailleurs, l’expérience montre que c’est un atout majeur dans la recherche d’un emploi. »

              Eh bien moi je suis là et je dis que je ne suis pas d’accord avec les inepties du roi des belges ; et qu’il ferait mieux de se cantonner aux chrysanthèmes plutôt que d’essayer de se mêler de politique linguistique, alors qu’il n’y connait rien et que personne ne l’a sonné. Pour le reste je consonne avec l’avis de krokodilo sur le bilinguisme précoce

              Quand à l’anglais comme solution d’intégration européenne, faites ça en Belgique si ça vous chante mais sans entraîner les autres dans votre suicide ! Et on en reparle dans 25 ans. smiley

              Wàng


            • Hermes esperantulo 29 décembre 2007 19:11

              je suis d’accord avec toi que connaitre la langue de l’autres est important pour un certains nombre de raisons déjà mentionné par toi et bien d’autres. mais dans la pratique cela est bien difficille car déjà pour le bilinguisme precoce il faut uncertains nombre conditions particulaires que la plupart des familles ne pourrons jamais avoir, d’où le bilinguisme precose possible mais avec beaucoup de « mais » et de « à condition que ».

              Aussi le probleme du niveau de bilinguisme, si je ne me trompe pas dans la capitale belge il faut une personne administrative dans chaque langue pour pouvoir se comprendre completement sans resque aucune erreur possible.

              et quand aux methodes de langues malgré de nombreuses reussites le niveau n’est pas génial malgré les nombreux progrets dans un certains nombre de pays nordiques, ils arrivent à peut près à un niveau meilleur pour une langue mais pour les suivantes, on à un peu de mal à voir

              « La langue de l’autre communauté en a-t-on encore à cirer quand on veut faire l’Europe ? »

              pour moi oui et selon les experts c’est très important au niveau economique

              « Catastrophe sous le bras ? Que veux-tu dire ? »

              regarde les problemes de ton pays ou de ceux des pays de l’est par rapport aux langues et ceci les experts l’ont bien expliquer

              « Il est prouvé qu’un gosse qui pratique 2 langues va plus vite pour apprendre le reste des matières. Insoluble ? »

              je ne dits pas le contraire, mas les conditions requises sont très difficille à obtenir pour ariver au resultat souhaité, donc insoluble pour la plus part

              « Connerie. Question de volonté de l’éducation. »

              pas uniquement, lis beaucoup de livre sur le bilinguisme precoce et tu verras beaucoup de conditions allant avec

              « L’Esperanto, pas une langue, uniquement pour faciliter la communication, dis-tu. Conclusion : retour à la véritable vérité d’aujourd’hui. Mondialisé, ce monde, oui. Si tu as suivi les dernières émissions de Thalassa, tu auras compris qu’il y en a qui se réveille. Et même de notre côté.  »

              pas compris pour moi l’esperanto es tune langue qui va bien au dela de la communication surtout en europe, elle permettrait enfin une reelle competitivité face à l’anglo saxons


            • Yoko (---.---.240.64) 3 janvier 2008 19:31

              Intéressant le point de vue sur l’anglais. Toutefois pour entrer dans le débat sur l’Europe, je fais parti des nombreuses personnes qui refuseront de se voir imposer l’une des 23 langues officielles actuelles de l’Europe comme langue unique en Europe. Pourquoi un pays serait-il avantagé par rapport aux autres. La réponse à l’affirmation :« Que ce soit l’anglais ou une autre, j’en ai rien à cirer. Quoique je crois que les patates sont cuites » n’est que la traduction d’un fatalisme qui laisse la loi du plus fort s’imposer. N’oubliez pas que le plus fort aujourd’hui, ne le sera pas demain ! L’anglais va perdre son statut de langue international dans moins de 10 ans. Etes vous prêt à utiliser le mandarin comme langue internationale ? Pour étayer mon propose, je vous invite à consulter l’étude suivante :http://leap2020.eu/Quelles-langues-parleront-les-Europeens-en-2025-Tendances-lourdes-des-nouveaux-equilibres-linguistiques-dans-l-UE-d-ici_a1033.html?PHPSESSID=6448a1c33c285ed72f79a010eb3104a1


            • Asp Explorer Asp Explorer 28 décembre 2007 20:23

              J’utilise souvent les préférences de google, et j’ai souvenir d’avoir déjà vu le choix espéranto dans la combobox, et depuis plusieurs mois. Du reste, je ne crois pas que ce soit un critère bien discriminant d’importance d’une langue (dans la combobox preference, on trouve le « bork bork bork », l« Elmer Fudd » ou le klingon.

              En somme, ormis le prétexte (assumé) de google, qui s’avère être totalement fantaisiste, je constate que cet article n’apporte rien de plus à la litanie bien répéptitive des citations massonniennes dont le parti espérantiste abreuve hélas agoravox avec une régularité et une obstination qui frisent la manie (au sens psychiatrique).


              • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 20:27

                J’ignore ce qu’est la combobox, mais le klingon ou le bork ne sont pas dans la liste des langues de Google !

                Question obstination maniaque, vous êtes un expert. Comme quoi, même les experts peuvent se tromper.


              • Hermes esperantulo 28 décembre 2007 21:05

                à la reponse de l’explorer faiseur d’inculture,

                dans google le choix de langue de presentation de google est le klingon certe par exemple ; mais dans le systeme même du moteur de recherche seul l’esperanto et l’indonésien fesant partis des langues d’origine construite sont representées.

                donc merci à notre cher asp de faire une fois de plus notre pub


              • Henri Masson 29 décembre 2007 09:51

                La présence de l’espéranto comme langue d’interface est déjà ancienne sur Google. Je l’avais signalée dans les brèves de décembre 2001 sur http://www.esperanto-sat.info/article27.html

                Ce qui est nouveau, et rare, c’est le fait que, depuis quelques semaines, Google puisse reconnaître des textes en espéranto, ce qui n’est pas le cas pour d’autres langues bien plus importantes par le nombre de locuteurs. Voir http://www.google.com/webhp?hl=eo&lr=lang_eo et taper quelques mots en espéranto (en évitant le nom de la langue pour ne pas fausser les résultats).

                Google s’est même permis de faire un clin d’oeil à l’espéranto dans une pub vidéo pour son logiciel anti-pourriel « GMail » : http://www.google.com/mail/help/fightspam/getstarted.html ou http://googlesystem.blogspot.com/2007/10/how-gmail-blocks-spam.html en laissant entendre que le fait de se débarrasser automatiquement des pourriels laisse du temps libre pour se consacrer à des activités plus intéressantes parmi lesquelles... l’étude de l’espéranto. Le présentateur montre, à la fin, un manuel d’espéranto intitulé « LEARN ESPERANTO FAST » (en fait ce manuel n’existe pas : le titre a été choisi pour les besoins de la pub).

                Des initiatives fleurissent un peu partout dans le monde et dans les genre les plus divers, par ex., la dernière en date, une adaptation du dessin animé russe « Fera vartistino » (La gouvernante de fer) http://br.youtube.com/watch?v=ofN32xzISnI ou de films tels que “Le vol de la fiancée, ou Aventures caucasiennes de Shurik” http://br.youtube.com/watch?v=wZRUdx3Gobw

                Les Russes reviennent sur le devant de la scène, en particulier par leurs éditions (« Sezonoj » à Kaliningrad, et « Impeto » à Moscou).

                Quant aux « citations massonniennes », bon nombre d’entre elles ont des origines bien antérieures à ma naissance, et les autres n’en sont que des confirmations. Max Müller, Tolstoï, Baudoin de Courtenay, Antoine Meillet, Jules Verne, Élisée Reclus et bien d’autres étaient d’une stature intellectuelle tout autre que celui qui a annoncé fièrement sur son site personnel (ce qu’il convient de rappeler à chaque fois qu’il nous en donne généreusement l’occasion) : « Voici que ma plume me démange, je la sors donc de mon cul et me lance dans une de ces analyses courtoises et mesurées qui, vous le savez, sont ma spécialité. », mais aussi celui qui s’est empressé de voler à la rescousse de Pierre Bénichou qui s’était illustré et distingué en disant de l’espéranto, dans l’émission de laurent Ruquier, sur Europe 1 : « C’est une merde ! ».

                Et c’est cet individu qui, lors de sa première attaque contre l’espéranto, s’était réclamé d’une « formation scientifique ».

                La manie et l’obstination, on devrait même dire l’obsession, apparaissent bien plutôt chez celui qui guette chaque jour s’il n’y a pas du nouveau sur AgoraVox à propos de l’espéranto. C’est à croire qu’il en fait des cauchemards.

                Le grand mérite d’AgoraVox et de son fondateur, Carlo Revelli, est précisément de permettre au public d’avoir accès à des sources d’information autres que celles prémâchées par des agences de presse et des médias liés au pouvoir du fric et au culte du Veau d’Or. Tous connaissent la place occupée aujourd’hui par l’anglais dans le monde, mais tous ne sont pas prêts à se comporter en moutons de Panurge, en « Carpettes anglaises », sans mesurer les conséquences d’un prétendu « choix ».

                Quant à celui qui a écrit, plus haut, qu’« Essayer d’obliger tout le monde a se faire chier a apprendre une langue batarde comme l’esperanto, c’est voué a l’echec... » il affiche remarquablement son ignorance car, à l’heure actuelle, c’est par centaines de millions que l’on peut compter les gens qui, soit pour apprendre l’anglais, soit pour rafraîchir de vieilles connaissances, se privent de loisirs et d’activités qui les intéressent alors que la reconnaissance et l’usage de l’espéranto dans le rôle de langue internationale libère un temps considérable à leur disposition. De telles gens sont incapables de concevoir que le gain de temps, de qualité et de fiabilité obtenu par le passage à l’informatique peut être obtenu aussi en peu de temps (disons une génération) et avec un investissement autrement moins lourd que ce qui se dilapide aujourd’hui pour le seul anglais. Et le temps, c’est aussi de l’argent, comme le rappelle un axiome connu en anglais. Par ailleurs, traiter l’espéranto de « langue bâtarde » constitue une confirmation de cette ignorance. En effet, le choix des radicaux, en espéranto, a été réfléchi. Les curieux s’en rendront compte en lisant « Langues sans frontières » http://www.esperanto-sat.info/article444.html de Georges Kersaudy. Par contre, en anglais, les mots sont entrés n’importe comment dans la langue, ce qui explique sa prononciation chaotique, au point que même un natif anglophone peut fort bien ne pas connaître la prononciation exacte d’un mot à la lecture tant qu’il ne l’a pas entendue !

                Hier au soir, lors de recherche avec Google, tout à fait par hasard, je suis tombé sur ce témoignage d’un Népalais — tel quel : "Great beginning

                It is great to know that you people are learinng Esperanto. See, I have to learn English (though Nepal was never a British colony ) and did MA in English but my English is not perfect. See, I did 15 lessons in Esperanto and it is enarly perfect."

                En conclusion, un énorme pourcentage de la population mondiale est condamné à se faire « ch... » à cause d’individus de l’espèce de Asp Explorer — qui porte, soit dit en passant, un pseudo qui est à l’opposé de ce qu’il est ! Ajoutons qu’il n’existe pas d’antonyme, en français« , pour le mot »explorateur" alors que l’espéranto livre : esploranto = explorateur amateur ; esploristo = explorateur professionnel ; malesploristo ou malesploranto = contraire d’un explorateur professionnel ou amateur).

                Les visiteurs font ce qu’ils veulent des informations livrées. Donc je dis bravo à Krokodilo. Il mérite toujours des « plus » alors qu’Asp Malesploranto ne mérite rien d’autre que des "moins.


              • Krokodilo Krokodilo 29 décembre 2007 12:55

                HM, Merci pour toutes ces précisions. J’avais effectivement mal compris la nature du changement intervenu chez Google par rapport à l’Eo.


              • oblomov 28 décembre 2007 20:24

                Cewtes, l’espewanto est plus utiwe que le Klingon, mais il ne détwônewa jamais l’Elmer Fudd.


                • Krokodilo Krokodilo 28 décembre 2007 20:29

                  Quand Asp débarque, ses clones et/ou ses potes se pointent également, toujours avec des commentaires d’un vide sidéral (klingonien).


                • Asp Explorer Asp Explorer 29 décembre 2007 09:21

                  Venant de quelqu’un qui vient sur Agoravox pour faire un vulgaire copier-coller du verbiage sans queue ni tête de son petit maître en monomanie multipseudotatoire, en n’y rajoutant pour la forme que deux phrases qui se sont révélées fausses, l’accusation de « vide sidéral » me laisse un peu perplexe.


                • bcordelier bcordelier 29 décembre 2007 11:10

                  Cela fait déja longtemps que Gogolito dispose de l’espéranto comme option linguistique dans le choix des préférences. Tout comme on trouve le klingon ou l’interlingua comme autres langues artificielles. Rien de très extraordinaire ! L’intéressant serait de savoir combien nombreux sont ceux qui ont configuré leur moteur de recherche avec cette option ? A mon avis, proche de zéro. Hormis les quelques dizaines d’espérantistes « denaskaj », cela ne présente aucun intérêt, autant rester avec sa langue natale, c’est 1000 fois plus productif. Que les espérantistes accros d’AgoraVox ne découvrent qu’aujourd’hui cette option est d’ailleurs très révélateur.

                  Au delà de ce prétexte à article, les argumentaires développés sont bien connus et resassés. Donc point besoin de les commenter encore et encore. Pour ma part, je dirai et redirai simplement que l’argument de facilité est inepte. D’une part il est relatif, ensuite, proposer une langue internationale qui ne serait pas au minimum facile la condamnerait d’emblée. Le problème est ailleurs et il tient en une seule question simple : quel en est l’intérêt pragmatique ? La réponse est lapidaire : aucun dans une perspective immédiate et terre-à-terre ! Seules les personnes adhérant à une démarche plus « philosophique » peuvent y être sensibles. Sur un autre fil consacré à l’espéranto, j’avais eu l’occasion de dire que si ses partisans veulent réellement se situer dans le registre utilitariste, alors qu’ils investissent sans retard le monde marchand et montent des « meetiko », des « jutubo », des « ebajo », des « facbuko », des « klubomediteraneisto », etc. Là on serait dans le « dur », dans le réel. Sinon, seul le registre « humaniste » peut être réceptacle de la démarche des langues artificielles de communication. Mais malheureusement, en notre époque hyper-utilitariste, l’écho en est faiblard.

                  Dernier point : espérantistes, que vous défendiez avec passion votre sacerdoce, très bien. Nul ne vous le reprochera... tant que vous ne tombez pas vous mêmes dans des excès et des jugements méprisants du genre de celui émis plus haut, je cite Masson :

                  [citation].../...De telles gens sont incapables de concevoir que le gain de temps, de qualité et de fiabilité obtenu par le passage à l’informatique peut être obtenu aussi en peu de temps (disons une génération) et avec un investissement autrement moins lourd que ce qui se dilapide aujourd’hui pour le seul anglais.[/citation]

                  Ce genre d’assertion est totalement basé sur rien, mais surtout il dénie aux autres la faculté de penser par eux-mêmes et de mener leur propre parcours sous leur propre responsabilité. Ressort éternel de l’avant-garde éclairée qui seule peut conduire le monde... aux pires situations.

                  Méditons toujours ce précepte de Descartes : « ...ne croire qu’en la Raison, nier tout de la Raison... »


                  • Krokodilo Krokodilo 29 décembre 2007 13:11

                    Boordelier,

                    Toujours le vieux truc de diviser pour régner, d’ailleurs utilisé aussi par Asp... Mais je partage totalement l’avis que vous citez sur le très mauvais rapport efficacité/coût des investissements en anglais par des tas de pays, et ce, depuis la petite enfance. Mais ce n’est pas le thème de mon article d’aujourd’hui, même si à l’évidence, tout ceux qui vivent en partie du business de l’anglais participent à des degrés divers aux réticences envers l’Eo.

                    Par exemple, comment est-il possible que la Fnac, que j’apprécie, n’ait souvent pas un seul livre en espéranto, parfois même pas un seul manuel d’apprentissage, même les plus classiques ? Sous prétexte que les circuits de distribution sont différents, que les éditeurs sont à l’étranger, nous sommes obligés de nous fournir par correspondance, ce qui ma va aussi, mais pour un temple de la culture, c’est assez faiblard... Si cette attitude méprisante et obscurantiste pouvait être justifié il y a trente ans par la mauvaise qualité de certaines publications qui faisaient très amateur et autoédition, tous les livres que j’ai achetés et lus récemment en Eo sont de qualité comparable aux autres, tant sur la présentation que le contenu ou la typographie.

                    Il m’est arrivé ici ou là, chez les libraires traditionnels, de trouver quelques livres, souvent lorsque une association locale est active, et c’est tout à leur honneur de se montrer plus ouvert que les Fnacs, qui sont aussi de gros bazars de la culture...


                  • Henri Masson 29 décembre 2007 15:41

                    Il n’y a rien de révélateur dans le fait que des espérantistes, même « accros », ne savent pas tout de l’espéranto. Je pense ne pas être le plus mal informé, et pourtant je me rends compte que j’ai énormément à découvrir du fait qu’il s’agit d’un monde bien plus vaste qu’on ne l’imagine.

                    Ce matin, en écrivant mon commentaire, et plus particulièrement le passage à propos de la contribution russe, il m’est venu à l’idée qu’il existait aussi une video en espéranto sur le Potemkine. J’ai cherché longuement et en vain le message qui m’avait appris cela et je me suis souvenu que le nom, transcrit en alphabet latin à partir de la prononciation russe, était différent de « Potemkine ». J’ai donc lancé, à 11h 30, un appel à plusieurs espérantistes russes avec lesquels j’ai déjà eu des échanges. Précisément à midi, l’un d’eux m’a donné la réponse : « Bronenosec Potjomkin ». Et c’est ainsi que j’ai repris la recherche et retrouvé le message, envoyé par un Espagnol, qui indiquait l’adresse du site recherché : http://kinejo.blogsome.com/

                    Affirmer par ailleurs que l’argument de facilité est inepte, c’est un peu court. Certes, des gens sont prêts à apprendre les langues les plus difficiles par ignorance de l’existence d’autre chose. On s’est accommodé des chiffre romains aussi longtemps que l’on ne pouvait comparer leur incommodité avec les chiffres indo-arabes. Le système métrique n’a pas été adopté d’emblée et certains traînent encore les pieds, précisément ceux qui voudraient voir le monde parler exclusivement l’étasunien (se souvenir à ce sujet des propos tenus par David Rothkopf déjà maintes fois cité). Avec l’espéranto, les enjeux sont plus importants et plus complexes car les visées de (re)colonisation par la langue n’ont pas disparu.

                    Il n’est évidemment pas question pour autant de nier le poids de l’utilitarisme dans l’attitude du public face à une langue à apprendre. Même le culturel ne fait pas le poids. Les espérantistes chinois sont à cet égard bien plus pragmatiques que les Européens.

                    Je maintiens ma citation et j’en ai donné de nombreux exemples, en particulier celui du professeur Robert Molimard. C’est précisément parce qu’il a pensé par lui-même, sans se laisser influencer par qui que ce soit, qu’il s’est lancé dans l’apprentissage de l’espéranto à 77 ans et qu’il a mené parallèlement un travail de traduction de son livre « La fume — Smoking » en espéranto. Et, trois ans après, il en a publié la traduction et a même eu l’audace, sur ma proposition (là, j’admets que j’ai pu l’influencer en le mettant devant un défi !) de présenter une conférence lors de notre congrès de Bordeaux. Il l’a a nouveau présentée récemment lors du « Zamenhof-Tago » à notre siège à Paris. Donc, à propos d’assertion « totalement basée sur rien », que l’on suive mon regard.


                  • Hermes esperantulo 29 décembre 2007 22:55

                    A bcordelier

                    quand masson site ces gens c’est des gens comme l’explorer, qui au lieu de permettre aux autres de se liberer d’un probleme par une solution optimale les enferment encore plus dans l’inferiorité

                    et masson lui même dit que les gens peuvent en faire ce qu’ils veulent de l’information qui est donné, comme tous les esperantistes sur ce site, chacun est libre, mais certains justement enferment cette liberté par l’intermédiaire de l’inculture.

                    donc au lieu d’attaquer certains esperantistes, attaquez plutot les unculturistes comme nous le fesons

                    consernant la facilité de la langue auxiliaire, nous sommes d’accord avec vous que ce n’est pas forcement un argument, mais pour le grand public l’existence même d’une langue facile est dans la plupard des cas inconcevable ( sauf dans le cas de l’anglais qui est une belle supercherie), donc faut bien que nous parlions de la facilité (m^me si elle est obligatoire intrinsequement dans une langue auxiliaire), pour permettre d’ammener le terrains favorable au principe de la langue auxiliaire,

                    remarque dans le kotava donc vous etes un porteur, vous en parler aussi

                    ghis

                    donc n’inversons pas les roles, svp


                  • bcordelier bcordelier 30 décembre 2007 00:17

                    @ Esperantulo

                    Non, simplement ce que je réfute, ce sont les phrases et jugements définitifs et généralisateurs. Que vous ne passiez probablement pas vos vacances avec certains intervenants de ce forum, cela est votre droit le plus strict. Quant à dénier la capacité de tout un chacun de se faire son propre jugement, sous anathème de bêtise crasse ou d’inculture, cela n’est pas plus acceptable que de dire péremptoirement que l’espéranto serait une m... En outre, je me garderai bien de vilipender les « unculturistes » comme vous le faites.

                    Le grand public dont vous parlez est la somme de milliards d’individus tout autant respectables que vous ou moi. Et largement bien plus fins et moins dogmatiques que vous le leur prêtez. Convaincre toujours et encore, ne signifie en aucun cas vaincre des cons...

                    Quand je parle d’argument inepte à propos de la facilité de l’espéranto ou de toute autre langue auxiliaire, c’est parce que tant qu’à inventer une langue nouvelle sur des bases vierges, autant qu’elle soit simple. Cela est une condition nécessaire, mais absolument non suffisante. Le Kotava aussi est une langue auxiliaire facile, moins que l’espéranto pour un Occidental, davantage pour le reste de la planète. Mais la problématique est beaucoup plus fondamentalement sur la question de la neutralité et de la symbolique « humaniste ». Si une, voire plusieurs, langue auxiliaire doit être adoptée en grand, ce ne sera pas pour sa facilité plus ou moins grande, mais parce qu’une décision historique, de celles qui relèvent des idéologies « civilisationnelles » l’aura élevée. Ou fortuitement parce qu’elle incarnera un « killer concept » technologique ou sociétal.


                  • Hermes esperantulo 30 décembre 2007 06:41

                    a bcordelier, je pense que l’on n’arrive pas bien à se comprendre

                    « Non, simplement ce que je réfute, ce sont les phrases et jugements définitifs et généralisateurs. »

                    nous aussi nous n’apprecions pas les jugements definitifs et generalisateur, car par exemple si je trouvais mieux que l’esperanto je prendrais, hors pas trouver mieux pour le moment, ce que je dit pour les autres je l’applique à moins même, c’est à dire le droit de choisir et en toute connaissance de cause de ne pas suivre de suivre comme un mouton jusqu’au precipice dans mon cas

                    « Que vous ne passiez probablement pas vos vacances avec certains intervenants de ce forum, cela est votre droit le plus strict. »

                    je ne vois pas le rapport

                    « Quant à dénier la capacité de tout un chacun de se faire son propre jugement, sous anathème de bêtise crasse ou d’inculture, cela n’est pas plus acceptable que de dire péremptoirement que l’espéranto serait une m... En outre, je me garderai bien de vilipender les »unculturistes« comme vous le faites. »

                    pour l’inculturiste (ceux qui produisent chez les autres de l’inculture) justement il faut le combatre car ceux qui le propagent veulent enfermer la liberté de chacun.

                    « Le grand public dont vous parlez est la somme de milliards d’individus tout autant respectables que vous ou moi. Et largement bien plus fins et moins dogmatiques que vous le leur prêtez. Convaincre toujours et encore, ne signifie en aucun cas vaincre des cons... »

                    Franchement et honetement j’ai le respect des autres, mais tous ne peuvent pas tout connaitre et le fait que certains individus étalent l’inculture par le monde médiatique du genre en dehors de l’anglais point de salut ; l’esperanto ca marche pas et bien d’autres sujets en dehors des langues n’arrange rien.

                    Oui le dogmatisme existe bien ca s’appelle le prégugé que ce soit pour ceux qui le difusent ou le recoivent, ce pregugé qui empêche la liberté de choisir.

                    Convaincre non, maix expliquer oui même si faut le refaire des dizaines de fois, sur le web c’est comme ca car on ne sait ps qui va lire, convaincre les cons non, mais se servir d’eux pour encore mieux expliquer oui. moi perso c’est justement par les explications qui m’ont étés faites et que j’ai expérimenté qui m’ont convaincu et le choix d’être convaincu c’est mon propre choix car j’ai pu trouver l’ensemble de l’information

                    « Quand je parle d’argument inepte à propos de la facilité de l’espéranto ou de toute autre langue auxiliaire, c’est parce que tant qu’à inventer une langue nouvelle sur des bases vierges, autant qu’elle soit simple. Cela est une condition nécessaire, mais absolument non suffisante. »

                    oui d’accord avec vous et nous en donnons aussi d’autres explications que se soit economique ou societal

                    « Le Kotava aussi est une langue auxiliaire facile, moins que l’espéranto pour un Occidental, davantage pour le reste de la planète. »

                    d’avantage pour le reste de la planète ? elements prouvant cela, théories, experimentations, analyse, jamais je n’en ais eut de la part des kotavistes, par contre du denigrement envers l’esperanto beaucoup plus,

                    « Mais la problématique est beaucoup plus fondamentalement sur la question de la neutralité et de la symbolique »humaniste« . Si une, voire plusieurs, langue auxiliaire doit être adoptée en grand, ce ne sera pas pour sa facilité plus ou moins grande, mais parce qu’une décision historique, de celles qui relèvent des idéologies »civilisationnelles« l’aura élevée. »

                    c’est quoi une ideologie civilisationelle ???? si c’est de grands concepts du genre aimez vous, ect, faudrait attendre bien longtemps encore, car l’humanité n’est pas encore prête pour cela. Par contre le fait de s’attaquer aux problemes actuels comme la relation de l’europe avec le reste du monde dans la concurence et de proposer des solutions utilisable comme l’esperanto, cela permet de regler le probleme actuelc elu qui preocuppe le plus tout en permettant d’aller sur votre ideologie civilasationelle qui ne peut exister que par l’inteventon en amont d’une d’un moyen commun de communication.

                    « Ou fortuitement parce qu’elle incarnera un »killer concept« technologique ou sociétal. »

                    moi pas comprendre

                    Perso je pense que nous n’avons pas les mêmes conceptions sur ce qu’est le monde et sa population presentement


                  • Asp Explorer Asp Explorer 29 décembre 2007 11:49

                    Trop drôle ! J’ai testé la recherche de « page en espéranto » avec un mot simple : « PARIS ». Résultat, sur les deux premières pages « en espéranto » de google, j’ai découvert :

                    - Neuf pages en français (dont une de SAT)
                    - Quatre pages en espéranto
                    - Deux pages en anglais
                    - Une page en catalan
                    - Une page en IDO (désolé)
                    - Une page en basque
                    - Une page en albanais (eh oui)
                    - Une page en turc

                    LOOOOOOOOOOL


                    • Hermes esperantulo 29 décembre 2007 13:03

                      j’ai fait une recherche avec kato mot esperanto qu’avec le francais, le reustat des pages non francaises, donc le moteur de recherche n’est pas encore au point


                    • Henri Masson 29 décembre 2007 14:23

                      Et ça s’auto-proclame « Explorer » ! Le zigue « explore » sans même savoir comment s’écrit le nom de la capitale de l’Hexagone en espéranto alors qu’il en existe de nombreuses orthographes : Paräis ; Paries ; Pariggi ; Pari ; Paryžius ; Parīze ; Париз ; Parisi ; Parigge ; Parijs !... Et, après ça, il en tire des conclusions, très « scientifiques », bien entendu ! Chapeau ! J’ai pourtant bien précisé qu’il était préférable d’écrire « quelques mots en espéranto » du fait qu’il y a de nombreux homonymes dans d’autres langues.


                    • Asp Explorer Asp Explorer 29 décembre 2007 18:46

                      Riton la science, alias mister « j’ai découvert le l’internet du web y’a trois semaines », a parlé !

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