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 Accueil du site > Tribune Libre > Google : l’hégémonie digitale du nouveau Big Brother

Google : l’hégémonie digitale du nouveau Big Brother

L'affaire est pliée. Comme un milliardaire dispendieux jette quelques piecettes dans l'obole d'un mendiant, Google a lâché 60 millions d'euros aux éditeurs de presse français pour pouvoir mieux leur sucer le sang. Une énième illustration de l'arrogance des nouveaux magnats du Net qui se sont arrogés le monopole de l'éconnomie numérique.

Que peuvent faire les éditeurs de presse français, déjà étranglés par la baisse des ventes papiers, face à la toute-puissance de Google ? Tendre la main et remercier le géant californien pour sa bonté d'âme quand il se décide à lui octroyer une rémunération dérisoire.

Car comment fonctionne le modèle économique de Google ? Il repose tout d'abord sur une double situation hégémonique sur les moteurs de recherche (près de 90% du trafic mondial) et sur les vidéos (Google possède Youtube).

Fort de cette double hégémonie, Google est totalement maitre de la quasi-totalité des contenus diffusés en ligne. Et il récupère une très forte partie des rémunérations générées par cette économie (publicités adsense ou sur Youtube).

Or, tout ce système incroyablement profitable (50 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 10 milliards de bénéfices en 2012) repose sur un principe simple : celui du passager clandestin. Google vampirise la créativité et les contenus produits par les autres (et notamment nous autres pauvres cons bénévoles du Web) pour s'en mettre plein les poches.

Car, outre la question de la presse, Google joue aussi aux sangsues avec les producteurs de biens culturels. Qu'il s'agisse de musique ou de cinéma, les ravages du tout-puissant Google sont autrement plus catastrophiques que les bidouillages de nos amis pirates (que j'ai froissé dans mon dernier post, même si mon but n'était pas de défendre Hadopi, mais juste de reconnaitre que le système fonctionnait mieux qu'on le pensait).

Car loin de l'amateurisme et de la "consommation personnelle" d'un téléchargeur illégal, Google et son bras armé Youtube, industrialisent le pillage des oeuvres culturelles en reversant des sommes dérisoires aux ayant-droits.

Fort heureusement, Google a délégué à Amazon le soin de faire subir le même sort au secteur du livre... Mais force est de constater que la nouvelle économie numérique est en train de se constituer autour de monopoles qui ne sont pas de bonne augure pour les consommateurs et au-delà pour les idéalistes qui pensent encore que le monde a besoin de diversité et de pluralité.

Car il ne sert à rien de contester le génie de Google et des autres géants de la nouvelle économie numérique. Ils ont su anticiper la révolution économique et culturelle du Web. Il faut simplement se défier de la situation hégémonique qui est en train de se créer... et se poser la question de la neutralité du Net dans ce contexte.



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