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Accueil du site > Tribune Libre > Hausse du salaire minimum : mauvaise idée … #Seattle

Hausse du salaire minimum : mauvaise idée … #Seattle

Une étude de l’Université de Washington publiée lundi 26 juin dernier met en évidence les conséquences néfastes de la hausse du salaire minimum à Seattle.

Comment lutter contre la pauvreté ? Comment faire pour que tout salarié soit assuré d’obtenir un salaire décent en contrepartie de son travail ? C’est très simple : il suffit de décider que nul travail ne pourra être rémunéré en dessous d’un certain seuil. Il se peut que ce salaire minimum obligatoire impacte à la baisse les résultats des entreprises, mais ce ne sera jamais qu’une juste redistribution de richesse entre les patrons qui sont riches et les travailleurs pauvres. Du moins est-ce ainsi que l’opinion en général et la gauche en particulier s’imaginent pouvoir régler harmonieusement la brûlante question des inégalités de revenus. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Notre élection présidentielle du mois dernier n’a pas échappé à la mode ambiante : de nombreux candidats parmi les plus extrémistes et les plus étatistes ont proposé des hausses immédiates et substantielles du SMIC dans leur programme. Alors qu’il est actuellement de 1 150 € mensuels nets, Nathalie Arthaud souhaitait le porter à 1 800 €, Philippe Poutou à 1 700 € et Jean-Luc Mélenchon à 1 326 €. Benoît Hamon s’engageait à l’augmenter sans préciser de montant et Marine Le Pen envisageait une hausse de 200 € pour tous les salaires inférieurs à 1 500 €.

C’est pourtant une vision beaucoup trop simpliste des choses. Il est soit naïf soit cynique de s’imaginer qu’un changement dans la règle du jeu ne modifiera en rien le comportement des acteurs. La théorie économique généralement admise considère que toute fixation d’un prix plancher obligatoire aura pour effet de créer un déséquilibre par diminution de la demande et augmentation de l’offre.

Cela vaut aussi pour le salaire minimum sur le marché du travail. Comme le dit Jacob Vigdor, chercheur à l’Université de Washington et co-auteur d’une étude publiée lundi 26 juin dernier sur les effets de la hausse du salaire minimum à Seattle :

« Since we have to pay more, employers are looking for people with experience who can do the job from Day 1. » (Seattle Times, 26 juin 2017)

« Puisque vous devez payer plus cher, vous cherchez des gens qui ont de l’expérience et qui seront efficaces au travail dès le premier jour. »

Avec pour effet automatique d’évincer du marché du travail les personnes les moins expérimentées et les moins qualifiées.

C’est du reste ce que craignait Ed Rensi, l’ancien directeur général de McDonald’s, si le salaire minimum passait à 15 $ aux Etats-Unis. Les entreprises les plus solides auront éventuellement la possibilité d’investir dans des machines pour faire le travail le moins qualifié (c’est clairement la direction prise par la restauration rapide), tandis que les petites entreprises seront obligées de licencier, voire de fermer, comme la librairie Borderlands de San Francisco dont le propriétaire était pourtant complètement acquis à ce type de politique sociale.

Autre effet peu souhaitable pour le pouvoir d’achat de tous les consommateurs : voir les hausses de salaire se répercuter sur le prix de vente final des biens et services produits.

Depuis 2011, dans la foulée du mouvement protestataire Occupy Wall Street et sous l’influence des mouvements anti-mondialisation d’extrême-gauche, le « Fight for $15 »s’est en effet développé dans tous les Etats-Unis. D’abord revendication des salariés à bas salaires des fast-foods type McDonald’s, la lutte pour une hausse du salaire minimum jusqu’à 15 $ a débouché sur la mise en place de politiques concrètes dans de nombreuses régions des Etats-Unis.

L’un des exemples les plus connus, hormis les cas de New York City, Los Angeles ou San Francisco, est celui de la ville de Seattle dans l’Etat de Washington. En 2014, elle avait le salaire minimum le plus élevé des Etats-Unis (9,47 $), à comparer au salaire minimum fédéral américain de 7,25 $ (toujours en vigueur).

Sous l’impulsion d’une conseillère municipale se revendiquant « socialiste » et ayant fait campagne sur le thème « 15 now » (15 $ maintenant), le maire démocrate de Seattle, Ed Murray, a décidé par ordonnance en juin 2014 de porter le salaire minimum de sa ville de 9,47 $ à 11 $ à partir du 1eravril 2015, puis à 13 $ à partir du 1er janvier 2016, pour atteindre 15 $ pour toutes les entreprises entre 2017 et 2021. Des étapes sont prévues pour tenir compte du nombre de salariés, de la prise en charge des frais médicaux et de la possibilité d’avoir des pourboires (voir tableau ci-dessus).

Fin 2014, alors que la mesure n’était pas encore opérationnelle sauf dans une commune avoisinante, l’Humanité en a fait un compte-rendu enthousiaste d’où il ressortait que 15 $ n’était jamais qu’un minimum beaucoup trop conservateur. Nouvel objectif pour les syndicats : 17 $ ! Et peu importe s’il est « encore trop tôt pour mesurer l’impact » de telles mesures !

Mesurer l’impact, voilà précisément ce que le maire de Seattle, conscient de se lancer dans une politique salariale particulièrement volontariste, pour ne pas dire carrément audacieuse, avait justement prévu de faire. Dans un louable souci de sérieux et de transparence, il a chargé une équipe de chercheurs de l’Université de Washington (UW) d’effectuer toutes les études nécessaires afin d’évaluer si l’objectif recherché – fournir un revenu plus élevé à tous ceux qui se battent pour boucler leurs fins de mois – était convenablement atteint.

L’UW a réalisé son étude en deux temps. Elle s’est d’abord intéressée à la première vague de hausse (de 9,47 $ à 11 $ à partir du 1er avril 2015, soit + 16,2 %) et a conclu à l’époque qu’elle n’avait eu que peu d’influence sur les grandeurs mesurées :

  1. Le salaire horaire des bas salaires (c’est-à-dire allant jusqu’à 19 $ par heure) a modestement augmenté de 1,5 % pour les salariés qui ont conservé leur emploi.
  2. Il y a bien eu des pertes d’emploi, mais modestes également.
  3. Il en est résulté que le total des bas salaires payés est resté à peu près identique à celui de la période précédente.

Cette première étude a suscité peu de commentaires, en bien ou en mal. En réalité, il aurait été étonnant d’aboutir à un résultat plus spectaculaire dans la mesure où Seattle est une ville chère dans laquelle la plupart des gens gagnaient déjà au moins 11 $ par heure avant même la hausse du salaire minimum. Preuve s’il en est que le marché du travail n’a besoin de personne, et certainement pas d’une quelconque coercition, pour s’adapter au contexte.

Par contre, la seconde phase de l’étude, publiée lundi 26 juin dernier et portant sur la hausse de 11 $ à 13 $ soit + 18,2 %, met au jour des résultats préoccupants :

  1. Le salaire horaire des salariés à bas salaires (< 19 $) a augmenté de 3 %.
  2. Le total des heures travaillées a été réduit de 9 %. Cet effet résulte aussi bien des heures perdues par licenciement que par baisse des heures effectuées par un salarié donné. En l’absence de l’ordonnance sur le salaire minimum, il y aurait eu 5 000 emplois à bas salaires de plus.
  3. Le total des bas salaires payés a diminué de plus de 100 millions de dollars par an. Cela représente une baisse de salaire de 125 $ mensuels par personne.

Les auteurs de l’étude sont bien conscients que leurs conclusions vont à l’encontre de plusieurs études antérieures. Ils en restent néanmoins à leurs propres résultats et considèrent que la différence est essentiellement méthodologique et tient à ce qu’ils ont pu utiliser des données beaucoup plus fines que ce qui était fait auparavant :

« These differences likely reflect methodological improvements made possible by Washington State’s exceptional individual-level data. (Minimum Wages Study, résumé, 26 juin 2017)

Essentiellement, ils ne se sont pas limités au secteur de la restauration et ils ont pu repérer les bas salaires parmi tous les salaires.

Il est exact de dire que ce domaine d’activité emploie une forte proportion de salariés à bas salaires, mais il constitue néanmoins une approximation imparfaite des bas salaires : il n’est pas représentatif de l’ensemble des salariés à bas salaire dans tous les secteurs d’activité et il ne comporte pas que des salariés à bas salaire. Seattle est une grande ville célèbre pour ses sièges sociaux dont celui d’Amazon ; son activité économique est loin d’être limitée aux fast-foods.

Grâce aux données individualisées auxquelles ils ont eu accès (salaires et nombre d’heures, le tout par trimestre) les chercheurs ont pu séparer les bas salaires des autres. Le seuil a été fixé à 19 $ par heure dans l’étude. Cela permet de tenir compte du fait que la hausse obligatoire de 11 $ à 13 $ a pu pousser certains patrons à accorder 14,50 $ à des salariés qui en gagnaient 14 etc …

L’étude de référence en matière de salaire minimum est celle de Card et Krueger, 1995, qui comparait des établissements de restauration rapide dans le New Jersey et la Pennsylvanie avant et après l’augmentation du salaire minimum réalisé par le New Jersey en 1992 et concluait qu’une telle hausse ne diminuait pas l’emploi. Autant Gary Becker (1930-2014), Prix Nobel d’économie 1992, que d’autres économistes ont soulevé en leur temps les problèmes méthodologiques de cette étude. Celle de l’UW vient compléter les critiques émises à l’époque.

Autre point d’importance, qui tend à adoucir les résultats : l’augmentation du salaire minimum étant locale, autant les entreprises qui cherchent à embaucher que les personnes en recherche d’emploi ont la possibilité de trouver ce qui les intéresse hors des frontières de Seattle, notamment dans les villes alentours comme Tacoma ou Bellevue. Les pertes liées à ce nouveau minimum salarial peuvent donc être compensées assez facilement, du moins pour les entreprises et les personnes douées de mobilité, ce qui ne serait pas le cas si la politique était étendue à tout l’Etat, voire aux Etats-Unis dans leur ensemble.

Inutile de dire que tout ceci n’a pas été du goût du maire de Seattle ni de tous ceux qui se sont faits coûte que coûte les avocats de la hausse du salaire minimum. Ed Murray a écrit aux auteurs de l’étude pour exprimer ses doutes quant à leurs conclusions et a de beaucoup préféré celles, très positives, d’une étude parue quelques jours auparavant sous la direction de Michael Reich de l’université de Berkeley.

Petit problème, et de taille : M. Reich est un activiste connu de la cause « Fight for $15 ». Les emails de son équipe de recherche publiés en mars 2016 par the Albany Times Union montrent que les syndicats qui financent le mouvement sont très impliqués dans ses travaux. Sans compter que cette étude, comme tant d’autres avant elle comme je l’ai signalé plus haut, ne prend en compte que le secteur de la restauration sans distinguer les bas salaires.

Il n’empêche que M. Reich a immédiatement écrit au maire de Seattle pour lui dire que les conclusions des chercheurs de l’UW ne sont pas crédibles et qu’il ne faut surtout pas en tenir compte :

« Their findings are not credible and drawing inferences from the report are unwarranted. » (26 juin 2017)

Cependant, si l’étude de l’UW est unanimement décriée par la gauche, elle a quand même réussi à instiller une certaine dose d’inquiétude dans ses rangs. En privé, des économistes acquis à la grande cause tels que Jared Bernstein commencent à se demander si les revendications « 15 Now » et autres ne vont pas trop loin :

“The literature shows that moderate minimum wage increases seem to consistently have their intended effects, (but) you have to admit that the increases that we’re now contemplating go beyond moderate. » (Jared Bernstein, gauche)

« Les études montrent que les hausses modérées du salaire minimum semblent cohérentes avec les effets recherchés, (mais) il faut bien admettre que les hausses dont on parle aujourd’hui sont loin d’être modérées. »

Cette remarque est tout à l’honneur de M. Bernstein, tant ses collègues préfèrent cacher la poussière sous le tapis lorsqu’ils tombent sur des résultats déplaisants plutôt que de chercher à comprendre ce qui se passe en profondeur.

Il serait cependant encore plus avisé de sa part d’aller plus loin dans ses réflexions en laissant tomber complètement cette idée de salaire minimum élevé qui n’a qu’un seul effet véritable : écarter du marché de l’emploi les personnes les plus fragiles, celles que la gauche se targue haut et fort de vouloir protéger.


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25 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 1er juillet 13:53

    En fait, les études de l’Université de Washington, on s’en masturbe un peu.


    • Alren Alren 3 juillet 18:23

      @La mouche du coche

      les « études » de l’Université de Washington

      Ce ne sont pas des « études », avec simulation de modèles sur de puissants ordinateurs comme cela a été réalisé par des économistes universitaires pour le chiffrage des propositions de « L’Avenir en commun » !

      Il s’agit de propagande pour la survie de capitalisme en grande difficulté.
      Ses conclusions sont aussi bidonnées que celles qui prétendent établir l’innocuité d’un médicament, lequel se révèle des années plus tard après avoir rapporté des sommes faramineuses aux actionnaires de Big Pharma mais être responsable de la mort de milliers de personnes !

      Ce qui est clair, c’est que l’économie stagne et donc que le chômage est élevé parce que les prélèvements du capital sur la richesse produite par le travail sont excessifs. Ils s’opèrent en particulier par de bas salaires, dans une guerre économique sans merci.
      Il en découle une consommation populaire atone qui engendre le cercle vicieux de la dépression.

      Cercle vicieux que justement la hausse du SMIC, en relançant la consommation, briserait.
      Car les plus pauvres n’épargnent pas sur leur salaire mais l’utilisent entièrement chaque mois en nourriture, loyer, transports etc.
      Ils renvoient ainsi aussitôt l’argent qu’ils ont perçu dans le circuit économique et le stimule au lieu comme l’oligarchie de l’assécher en utilisant les capitaux accumulés sans cesse pour faire de la spéculation financière. Elle serait à somme nulle, ce que certains gagnent d’autres le perdent, sans, en UE mais c’est vrai aussi aux USA, l’argent fictif que la BCE, chaque mois, met à la disposition des banques (privées).
      Lesquelles en retour refusent des prêts aux entreprises de l’économie réelle et favorisent les délocalisations vers les pays à bas salaires pour augmenter encore et toujours des profits pour quelques uns qui ne savent plus quoi en faire.

      C’est cette aberration qui tuera le capitalisme.


    • foufouille foufouille 1er juillet 13:59

      "La théorie économique généralement admise considère que toute fixation d’un prix plancher obligatoire aura pour effet de créer un déséquilibre par diminution de la demande et augmentation de l’offre."
      donc tu acceptes un salaire de 4€/h ?
      c’est certainement juste bon pour les sans dents.


      • Jeekes Jeekes 1er juillet 14:23

        Bel exemple de branlette pseudo- économico-patrono-compatible.
         
        Dis-moi l’idiote utile, combien tu gagnes par mois, toi ?
        Au nom de quoi, ton rang de naissance ?
        Et à quel titre et en mettant en oeuvre quelles qualités, quelles compétences ?

        Dis-moi aussi, qu’attends-tu pour mettre en application tes théories merdeuses ?
        Quand comptes-tu renoncer à ton train de vie, à tes avantages ?
        Toi qui « partages ta vie entre la montagne en été et le ski en hiver »...
        Sûr qu’à ce rythme tu dois pas souvent avoir des ampoules aux mains !
         
        Bon, pour finir, tu sais où tu peux te les mettre tes « études de l’université de washington » ?

        Pauvre naze !!!


        • Yaurrick Yaurrick 1er juillet 16:08

          Cet article illustre une des raisons du chômage des jeunes (qui sont les moins productifs du fait de leur inexpérience). Merci pour cette piqure de rappel qui manquera pas de déplaire à ceux qui pensent qu’on peut outrepasser les mécanismes économiques de base.


          • sweach 3 juillet 13:25

            @Yaurrick
            *des jeunes (qui sont les moins productifs du fait de leur inexpérience)*

            Jugé et condamné sans autre forme de procès

            Quand moi je suis rentré dans la vie active j’étais bien plus instruit, (du fait que j’ai fait des études supérieur) et nettement plus motivé, (du fait que j’étais naïf) que tout mes aînés.

            En terme de productivité, je pense qu’avec le rapport qualité/coût les jeunes sont loin devant tout les autres.



          • Yaurrick Yaurrick 3 juillet 13:46

            @sweach
            Que vous ayez faut des études supérieures est une très bonne chose sans aucun doute. Malheureusement tout les jeunes ne font pas d’études supérieures (ou du moins d’études supérieures qui donnent des compétences valables pour les entreprises), le tout se traduit par un taux de chômage de près de 25% pour la catégorie des 15-24%.

            J’ai fini mes études courant des années 2000, et il m’a fallu pas loin de 8 mois pour trouver un emploi en CDI correspondant à mes qualifications : on vous reproche de ne pas avoir assez d’expérience, et quand vous décrochez un poste, c’est très souvent un salaire assez faible au début.

            Ce n’est pas une forme de procès, c’est un constat de la réalité.


          • sweach 3 juillet 17:11

            @Yaurrick
            *J’ai fini mes études courant des années 2000, et il m’a fallu pas loin de 8 mois pour trouver un emploi en CDI correspondant à mes qualifications* 

            Idem pour la fin des études mais moi, j’ai mit 13 ans pour avoir le CDI, ton cas est plutôt rare, je dirai que tu boss dans l’informatique ^^

            *c’est un constat de la réalité*
            Il ne faut pas confondre réalité et fausse excuse, augmenter les niveaux de formation ne résoudra jamais les problèmes de chômage.

            « Le manque d’expérience » est un aveu de lâcheté et un manque de confiance criant envers la personne qui sollicite un poste et globalement envers tous les jeunes.

            Le chômage est due à l’automatisation, les privatisations et la concurrence étrangère à moindre coup.
            Il faudrait donc taxer les robots, les frontières et nationaliser à tour de bras.

          • Alren Alren 3 juillet 17:54

            @Yaurrick
            des jeunes qui sont les moins productifs du fait de leur inexpérience

            Si les « vieux » sont davantage productifs, pourquoi les entreprises cherchent-elles à s’en débarrasser dès cinquante ans voire quarante-cinq dans l’informatique ?

            Ne serait-ce pas comme le souligne un commentateur parce que les jeunes, tout en étant moins chers, sont plus au fait des dernières techniques, particulièrement en informatique où tout change de manière vertigineuse, du fait qu’ils viennent de les assimiler en cours ?
             
            Les plus âgés, pris par un travail qui occupe leur esprit même hors des heures officielles, n’ont pas toujours la disponibilité d’esprit pour s’autoformer de manière continue.

            Bien entendu, les employeurs, eux, ne se remettent jamais en cause même quand ils sont devenus (ou restés !) parfaitement incompétents !


          • Yaurrick Yaurrick 3 juillet 19:34

            @sweach
            Non, je ne suis pas informaticien, ni développeur... J’ai commencé en tant que dessinateur-projeteur (constructions métalliques).... Vers 2010 j’ai changé de domaine et je travaille dans une ESN mais pas dans l’informatique, dans l’aéronautique (mécanique du vol). Comme quoi, on peut avoir parfois des parcours un peu atypiques ^^.

            Si le chômage se résolvait à une seule cause, on le saurait depuis longtemps. Mais en aucun cas ce n’est une fausse excuse, se former à de nouvelles compétences n’est jamais du temps perdu. Combien de jeunes ont perdu leur temps à la fac voir même juste après le bac, sans obtenir de compétences utilisables ? Alors qu’avec un BEP/Bac Pro/BTS/DUT ils avaient certainement de bien meilleurs atouts pour décrocher un job ?

            Je suis d’accord, le manque d’expérience que les RH ou techniques peuvent donner comme excuse est un manque de confiance de leur part...
            Cependant, il faut aussi dire que la réglementation du travail française n’aide pas et fait peser un risque plus important sur le potentiel salarié.

            Pourquoi uniquement les robots ? Ajouter les ordinateurs, et allons plus loin, les machines tels que tracteurs, pelleteuses, perceuses et pendant qu’on y est, fermons nos frontières comme ça on sera sûr de de pouvoir exporter, d’avoir 0 chômeurs et revenir au moyen-age.
            Je caricature, mais je pense que c’est n’est absolument pas la solution. La France vit dans un tel carcan administratif, législatif et fiscal qu’elle n’a absolument aucun moyen de s’adapter aux changements du monde, il faut avoir de la flexibilité et de la souplesse. Nos entreprises ont des boulets aux pieds, même si nous avons des atouts bien réels,


          • Yaurrick Yaurrick 3 juillet 19:54

            @Alren
            Le secteur informatique évolue très vite, vous avez raison. Je ne vous apprends rien en disant qu’un employeur a besoin de compétences spécifiques à tel ou tel période, et qu’une entreprise n’est pas là pour garder ad vitam æternam un personnel qui n’est pas ou plus utile. Vous pouvez le déplorer, mais une fois de plus c’est la réalité.
            Par contre comme pour le commentaire précédent, je pense que notre cadre législatif et fiscal n’aide absolument pas, et qu’il conviendrait de faire des réformes d’ampleur afin de sécuriser les personnes et faciliter leur ’employabilité.

            Se former en continu, ce n’est certes pas évident, je parle en connaissance de cause, mais ça n’est pas impossible. Mais en France, la formation tout au long de la vie, ce n’est clairement pas dans les mœurs, il y a un réel travail à faire et de gros besoins dans ce sens.

            Que les employeurs ne remettent pas en cause quand ils sont incompétents, c’est leur problème, si ils font des erreurs, ils en paieront tôt ou tard les conséquences (faillite de leur entreprise, ou départ des salariés). Il faut simplement ne pas généraliser en considérant tout les employeurs comme des voyous, comme il y a des salariés qui ne sont pas plus vertueux.


          • sweach 5 juillet 12:09

            @Yaurrick

            Pourquoi uniquement les robots ? Ajouter les ordinateurs, ..., les machines ..., fermons nos frontières comme ça on sera sûr de de pouvoir exporter, d’avoir 0 chômeurs et revenir au moyen-age. 
            Je caricature, mais je pense que c’est n’est absolument pas la solution. 
            Effectivement nous n’avons pas le même opinion.

            Je pense que donner plus de flexibilité et de souplesse va appauvrir la France, creuser les écarts entre les classes sociales et tout tirer vers le bas, pour finir dans une forme d’esclavagisme moderne.

            Donc à choisir entre un moyen-age qui donne plus de justice social et un esclavagisme qui creuse les inégalités, je préfère le moyen age ^^

          • Coriosolite 1er juillet 16:18

            Je ne pense pas que l’augmentation du salaire minimum ait quelque chose à voir avec un volonté « d’égalité » comme vous l’écrivez.

            Sauf à penser qu’à terme tous les revenus devrait s’égaliser, ce qui, je crois, n’est revendiqué par aucun parti ou syndicat faisant preuve d’un minimum de réalisme.

            Par contre l’augmentation du salaire minimum a plus à voir avec une volonté politique (pas obligatoirement de « gauche ») de justice sociale et d’attention aux plus pauvres (voir le catholicisme social et plusieurs encycliques), considérant qu’un travail même peu qualifié doit permettre à celui qui l’exerce de mener une vie décente. Et que les employeurs ont une responsabilité sociale qu’ils ne peuvent négliger.

            Le concept de vie décente restant bien entendu lié à des considérations de temps et de lieu. Ainsi un SMIC à 1100€ est misérable par exemple en Agglomération Parisienne, mais plus convenable quant à la satisfaction des nécessités vitales dans certaines zones rurales où le logement reste bon marché.

            A la lecture de votre article et de votre présentation, je me demande (ni agressivité, ni mépris de ma part, soyez en assurée) si votre origine sociale et votre appartenance probable à une couche privilégiée de la société fait que ces considérations vous sont étrangères.

            Ce qui est regrettable.


            • JP94 1er juillet 16:21

              C’est cocasse de chercher à convaincre les lecteurs de ce forum qui déjà en ont ras la casquette de la prose de Macron et du patronat !


              Comme si une étude financée par le patronat US ( c’est comme ça qu tourne l’Université là-bas, par les fonds alloués par des riches qui veulent du retour) , qui craint une montée de ces revendications qui commencent à percer aux USA.

              Pour attirer le patron, vive l’esclavage, donc ! sauf qu’un salarié payé des queues de cerises et précarisé n’a guère de productivité.

              Vous avec déjà comparé la productivité aux USA et en France ? 
              Et même en Allemagne et en France ? ... pas de salaire minimal en Allemagne et une productivité nettement plus basse qu’en France.

              Mais bon, le patronat préfère la servilité au rendement.

              • Yaurrick Yaurrick 1er juillet 19:07

                @JP94
                Attention, il ne faut pas oublier qu’en France, une grande partie de la population est exclue du marché du travail (et très souvent les moins productifs à cause du SMIC), donc mécaniquement, la productivité moyenne augmente.
                En outre, le volume de travail annuel des français est un des plus faibles d’Europe, ce qui fait que la création de richesses n’est supérieures à celles des autres pays.


              • Coriosolite 1er juillet 22:24

                @Yaurrick
                le volume de travail annuel des français est un des plus faibles d’Europe

                Affirmation très discutable.

                Source OCDE 2015 :

                La moyenne annuelle d’heures travaillées (par travailleur) est supérieure en France à celle de l’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas, de la Norvège.


              • Yaurrick Yaurrick 2 juillet 00:54

                @Coriosolite
                A part si l’Europe n’était composée que de 5 pays au lieu de plus de 30, je ne vois pas en quoi mon affirmation serait discutable.


              • Jean Pierre 2 juillet 01:03

                @Yaurrick
                Une belle suite de contre vérités.

                La part de la population active aux USA étant nettement plus basse qu’en Europe, la comparaison des taux de chômage est biaisée. La part de la population « exclue du marché du travail » est en fait plus importante aux Etats-Unis qu’en France (femmes, mendiants, incarcérés, etc). Il faudrait un peu plus de temps pour vous expliquer également qu’appliquer les mêmes modèles de calcul du chômage (modèles de calcul édictés par le Bureau International du Travail) sur des systèmes économiques et sociaux profondément différents rends peu fiable les chiffres trouvés
                La France n’est que 5 ème ou 6 ème pour le PIB. Elle est seconde derrière les Etats Unis pour la distribution de dividendes.
                Le volume de travail annuel des Français n’est pas mauvais du tout. Il y a beaucoup plus de temps partiel au Royaume Uni ou en Allemagne par exemple.

                Vous avancez une démonstration qui semble imparable tant elle est soutenue par de fortes affirmations. Mais si on n’est pas intimidé par ces affirmations et si on les vérifie une à une, on voit qu’elles sont fausses. Du coup, c’est toute la démonstration qui s’effondre comme un chateau de carte.


              • Coriosolite 2 juillet 12:23

                @Yaurrick

                Les 4 pays que je cite sont parmi les plus prospères d’Europe avec une durée du travail inférieure à celle de la France.

                On travaille plus en Bulgarie, Roumanie, Espagne, Grèce que dans ces pays. Pourtant la prospérité y semble inférieure, ou bien je me trompe ?

                A chacun d’en tirer les conclusions sur le lien entre durée du travail, productivité et prospérité.

                Ca n’est pas si évident qu’on pourrait le croire, évitons les raccourcis simplistes ;


              • Yaurrick Yaurrick 2 juillet 12:44

                @Jean Pierre
                Je ne vois pas pourquoi vous parlez de suites de contre-vérités, et à aucun moment je ne fais une comparaison USA / Europe. L’article explique qu’augmenter le salaire minimum se fait toujours au détriments des plus fragiles, car le salaire est toujours lié à la productivité des salariés. Pour les quelques gagnants, le gain sera subventionné par ceux qui sont juste au-dessus du salaire minimum, ce qui écrase donc l’échelle des salaires. Par contres, ceux qui sont moins productifs que le SMIC sont de fait condamnés au chômage (bien entendu ce n’est pas l’unique cause du chômage.)

                Que vient faire la distribution de dividendes là dedans ? Je vous vois venir à des kilomètres, aussi pourquoi ne pas porter le SMIC à 2000€ voire 2500€ ? On comptera en semaines le temps que les emplois disparaissent si la productivité n’atteint pas ces valeurs.
                Le volume de travail annuel comprend les emplois à temps complet et à temps partiel, donc je ne vois pas comment vous pouvez dire que le temps partiel pénaliserait moins la France.
                https://data.oecd.org/fr/emp/heures-travaillees.htm#indicator-chart


              • Yaurrick Yaurrick 2 juillet 13:07

                @Coriosolite
                Le Royaume Uni, la Finlande, la Suède, l’Irlande, la Belgique, la Suisse, l’Autriche , vous n’en parlez pas ? Ces pays sont plus prospères que la France et au même niveau voire plus que les 4 pays que vous citez.
                C’est la productivité qui permet de travailler moins ou d’avoir plus de richesses... mais en France, il faut avoir la chance d’avoir un emploi, et là on est loin des pays mentionnés dans nos 2 commentaires.


              • agent ananas agent ananas 1er juillet 18:11

                Peut on croire en de telles inepties ?
                Si le pouvoir d’achat des travailleurs est réduit à une peau de chagrin, qui consommera les biens et services des entreprises ? De plus, les machines/robots n’ont pas de pouvoir d’achat non plus !
                C’est ce qui s’appelle se tirer une balle dans le pied ...


                • julius 1ER 2 juillet 09:50

                  Il serait cependant encore plus avisé de sa part d’aller plus loin dans ses réflexions en laissant tomber complètement cette idée de salaire minimum élevé qui n’a qu’un seul effet véritable : écarter du marché de l’emploi les personnes les plus fragiles, celles que la gauche se targue haut et fort de vouloir protéger.


                  @ l’auteur,
                  je pense que la conclusion de l’article est juste et pertinente .... augmenter les bas salaires par décret n’est certainement pas « la solution ».... 

                  et que tous les partis fassent de la surenchère sur ce mode est loin d’être intelligent et réfléchit, c’est plutôt électoraliste que pertinent et à cet égard cela relève de la pensée grégaire et pas de la pensée économique !!!

                  augmenter les salaires aujourdhui sans tenir compte du marché qui est un équilibre fragile tient de la duperie .... il est sûr que certaines entreprises peuvent augmenter les bas salaires sans que cela les fassent boîter mais je pense que beaucoup de PME PMI ne peuvent le faire sans conséquence ....

                  je pense vraiment que dans l’économie d’aujourdhui complexe et hyperconnecté 
                  le seul variable d’ajustement pour que les bas revenus puissent augmenter serait la mise en place du revenu citoyen qui éviterait justement que le « variable d’ajustement » en système capitaliste ne soit que le salarié .... et que ce ne soient que les salariés déjà les plus mal lotis qui en fassent toujours les frais !!!

                  mais c’est juste mon opinion !!!

                  • sweach 3 juillet 10:39
                    *il suffit de décider que nul travail ne pourra être rémunéré en dessous d’un certain seuil.
                    ...
                    La théorie économique généralement admise considère que toute fixation d’un prix plancher obligatoire aura pour effet de créer un déséquilibre par diminution de la demande et augmentation de l’offre.*
                    Votre constat est juste, mais vos conclusions sont ultra capitaliste.

                    En lui même le SMIC n’est qu’un chiffre et il ne représente pas le pouvoir d’achat.

                    Comme vous l’observez si on ne change pas les règles, augmenter le SMIC pourrait être préjudiciable sur les lois de l’offre et de la demande.

                    Le SMIC fonctionne à l’échelle national, il doit donc s’accompagner d’une politique national, donc il impose du protectionnisme, car il crée une concurrence avec les travailleurs pauvre du reste du monde.

                    On peut agir sur la money ou sur les taxes frontalières pour donner un sens au smic.

                    Après le SMIC n’est qu’un outil, la véritable source du problème sont les inégalités de salaire et les profits non redistribué sur le peuple, je pense que le plus efficace serait d’imposer le partage des bénéfices.

                    Actuellement (quand ça existe) la formule mathématique est : 

                    ½ [B – 5%C] x S/VA

                    B : bénéfice « net »
                    C : capitaux propre
                    S : masse des salaires
                    VA : valeur ajouté

                    Le problème se trouve au niveau des 5% du C, avec des taux d’intérêt à 1% dans les banques, toutes les entreprises empruntent 25 fois leur bénéfice net, comme ça elles capitalisent à 5% par an sur le dos de leur employé et ils ne redistribuent rien (et c’est parfaitement légal)

                    • ZenZoe ZenZoe 3 juillet 12:22

                      Je me souviens avoir vu un reportage sur les USA récemment. Seattle, c’est bien là où il y a des milliers de gens qui vivent dehors sous des tentes avec toute leur famille, sur les trottoirs, dans les parkings ?
                      Je ne connais rien à l’économie, mais enfin, il doit bien y avoir un lien entre ça et un salaire trop bas non ?

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