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Accueil du site > Tribune Libre > Immobilier, Perrette et le pot au lait *

Immobilier, Perrette et le pot au lait *

Appuyé sur l'inébranlable certitude de son succès, l'investisseur, tout comme la Perrette du pot de lait, s'en va Comptant dans sa pensée tout le prix de son immobilier, en emploie l'argent pour faire de plus en plus coquet, de plus en grand. Autrement, il n'investirait pas n'est-ce pas ? Le bon La Fontaine n'est pas qu'un excellent moraliste, il est aussi, dés qu'on veut bien lire entre les lignes, un avisé économiste, un observateur hors pair des jeux de pouvoir et des relations sociales, un spécialiste de l'industrie de la tromperie et de la séduction, qui sont ingrédients de première nécessité dans la cuisine immobilière de nos temps. Suivons donc notre Perrette ainsi joliment troussée, notre Perrette la laitière, déjà propriétaire fortunée, bientôt milliardaire.

Un mot sur les sources

Esope d'abord, fort au fait des affaires de son temps, auguste grand-père de Perette. "Tout le récit de la vie d'Ésope est parcouru par la thématique du rire, de la bonne blague au moyen de laquelle le faible, l'exploité, prend le dessus sur les maîtres, les puissants. En ce sens, Ésope est un précurseur de l'antihéros, laid, méprisé, sans pouvoir initial, mais qui parvient à se tirer d'affaire par son habileté à déchiffrer les énigmes"

Vous ? moi ! Encore que pour la beauté et l'intelligence, à défaut de la puissance, nous ne soyons plutôt gâtés.

Il ne nous en faut pas moins cependant, tant notre monde actuel, et celui de l'immobilier en particulier, est sous le contrôle de très-puissants, de Groosa Schäffs : groupes et gros syndicats professionnels, notaires, banquiers, Etat. Cheminons donc résolument sous les auspices d'un si haut caractère si nous voulons avec profit conduire notre enquête dans les arcanes périlleuses des affaires immobilières et éventuellement éviter d'être pris pour une bille.

Bien évidemment, à tout seigneur tout honneur, La Fontaine : Quel esprit ne bat la campagne ? Qui ne fait châteaux en Espagne ? Vous voyez, nous sommes en plein dans le sujet.

Mentionnons Goncourt aussi, Edmond de, qui, pour écrire son "Chérie" ne recula devant rien : il fit parvenir des milliers de lettres aux jeunes filles de la bonne société pour leur demander de lui dire comment elle pensaient. C'est à partir de leurs réponses qu'il bâtit son Chérie, un succès.

Le rapport avec le sujet ? De la même façon, et pour étendre la portée de ce texte, le lecteur avisé se reportera aux commentaires du billet précédent "Immobilier, croissance et extravagance", ainsi qu’à ceux du présent où l'on trouvera un trésor de conseils avisés et prudents et une foule d'excellentes contributions sur la question.

Je ne peux les évoquer tous, les commentateurs, ma gratitude s'exprime collectivement. Mention toute spéciale à Lephenix, si proche-parent de la Fontaine, que Perrette aurait été avisée de prendre comme conseiller avant de s'embarquer dans ses plans, et mon compatriote alsacien très spitz, espiègle, un rien impertinent. Pour comprendre l'immobilier aujourd'hui, il faut effectivement être un rien iconoclaste, un rien espiègle. "Un rien" comme répète souvent Goncourt. Il faut aussi garder la tête près du bonnet, autant de qualités dont nous ne manquons pas à Schtrosbura ou à Keschteholz.

Citons enfin l'un de ces commentaires, essentiel pour l'établissement de vérités majeures et l'invitation à la prudence pour notre laitière : Immobilier en Allemagne -24% - Immobilier au Japon -22% - Benêtland : x 2,5 ... **

Deux magazines doivent être présentés ici puisqu’on parle de l’immobilier et de ses pièges : Premièrement, Notaires. J'ai dans les mains l'édition récente de l'Ain qui, par la plume de sa présidente Maitre Barbara Breuil en appelle à la nécessité de "restaurer la confiance" ! Y'aurait-il urgence ? Deuxièmement, le magazine Lisette, notamment la livraison du 23 octobre 1925, intitulée "dans la forêt", rappel d'une opportunité et d'un recours s'il en est lorsqu'on parle économie, lorsqu'on parle immobilier.

On ne pourra ignorer pour terminer le discours psychotropique et sucré du vaste dispositif de la publicité mis en place par les banques, les professionnels de l'immobilier, voire l'Etat, sans le secours duquel tout s'écroulerait dans un fracas d'apocalypse.

Mes billets ne sont pas polémiques, même s'ils se veulent légèrement ironiques parfois, ils ne traitent pas de l'actualité" au jour le jour, filon qu’il convient de laisser à Voici à Voilà. L'immobilier est affaire de profondes perspectives, de perspicaces et détachées analyses, d'observation longues et discrètes. Par ailleurs, sur Agoravox, il est facile de s'apercevoir que, lorsque les esprits ne s'échauffent pas au point d'entrer en transes, les commentaires enrichissent considérablement les textes. Voilà quelques raisons qui expliquent le parti que j'ai pris de n'intervenir pas en dehors des lignes qui m’ont été validées par la Modération. Tout cela évoluera plus tard vers un observatoire indépendant de l'immobilier et de la transaction. Ce serait hors sujet d'en dire le moindre mot maintenant. D'ailleurs, à trop échafauder, je risquerait les déboires de mon héroïne.

Perrette, elle n'a pas besoin de se tordre les méninges pour rêver d'immobilier

Des rêves, elle en est gavée. Tout le monde l'invite à rêver et l'encourage à passer à l'acte ... notarié ! Agents, promoteurs, banquiers, notaires, lois de l'état, Scellier, Duflot après Chalendon, lois dites de « défiscalisation ».

D'abord, les taux sont bas et par conséquent très incitatifs à l'achat.

Pour une capacité de remboursement de 1 000 euros par mois durant vingt ans, un ménage peut désormais emprunter 181 620 euros au taux actuel de 2,92%, par opposition à seulement 166 466 euros au taux de 3,9% en vigueur en janvier 2012 - 15 154 euros de moins, 15154 euros d egagnés ! Si la tendance devait s'inverser, « Les primo-accédants modestes seraient les plus pénalisés », prédit une note de conjoncture des notaires de France publiée en juillet. Elle observe que les taux bas ont permis « de maintenir un certain niveau de volume de ventes » et « d’enrayer » du coup une baisse des prix qui aurait été plus forte si le nombre de transactions s’était effondré.

Ensuite, la promesse jamais démentie de doubler sa mise en quelques petites années.

Depuis une quinzaine d’années, les tarifs de la pierre ont triplé en Ile-de-France et plus que doublé en moyenne nationale. Même à force de flamber, le marché ne s’est pas essoufflé.

La demande ne faiblit pas, tout le monde se rue à l'achat.

"Des studios très recherchés. La demande locative est à flux tendu. Les studios se louent rapidement ", indique Yann Livet. Un deux-pièces de 30 mètres carrés se loue, en moyenne, 650 euros. En plein centre-ville, Nexity commercialise un programme neuf à 300 mètres de la gare. Comptez 170 000 euros pour un F2 de 40 mètres carrés et 260 000 euros pour un F3 de 63 mètres carrés avec parking et balcon.

Les conseils ne vous manqueront pas, paroles d'experts !

"...sa localisation qui semble être le premier facteur de prix ; à Paris, le mètre carré d’un studio, par exemple, est évidemment plus cher qu’à Trifouilly les oies, un certain nombre de fois"

Les raisons absolues non plus.

« Entre les emplacements pour les Vélib’, les Autolib’, les transports de fonds, les vélos et cyclomoteurs, les personnes handicapées, on ne trouvera bientôt plus de place en surface pour se garer à Paris ou dans les grandes villes de France. Investir dans un parking, ce n’est donc pas idiot », confiait récemment un notaire, car ce placement malin peut « valoir de l’or », selon la société Wall-market.com.

Non seulement la citation ci-dessus nous renseigne immédiatement sur les grossiers stratagèmes des marchands. Observez bien, le notaire se fend d'un conseil, Wall-market en renforce l'intérêt puisque ça peut "valoir de l’or". Parfait. Parfait. Mais que fait Wall-market ? Il - ou elle - vend des parkings ! Cette collusion des pouvoirs de contrôle, qui ne manque pas d'inclure les media, pourra se trouver illustrée par bien d'autres exemples.

Mais, de plus, là, attention ! L'Ultima ratio Imobiliarum ouvre la cage de Pandore ! Les problèmes les plus graves du systèmes se trouvent rameutés comme arguments à l'investissement, il faut oser ! ça sent le va-tout. Là, Perrette devrait sentir la puce lui monter à l'oreille et la moutarde au nez. Il lui faut se gratter la tête, bien vérifier qu'elle a encore son lait, s'arrêter et bien tâter le terrain si elle ne veut pas sauter, car il est visiblement miné. .

Lorsque les manoeuvres ne sont pas dolosives, elles relèvent purement et simplement d'un art consommé du truisme, de la tautologie et des vérités toutes faites et toutes plates, mais il faut bien occuper le terrain, emplir le paysage de personnages patentés, experts et rassurants.

Pas plus tard que le 7 août, Nicolas Costes : L'évolution du pouvoir d'achat immobilier n'est effectivement pas homogène sur l'ensemble du territoire ; ceci s'explique par les évolutions locales des prix d'une part et par l'évolution des taux d'intérêt d'autre part.

Y'aurait pas d'autres facteurs Nicolas ? Que ces deux là ?

Pollution en augmentation, insécurité en augmentation, menaces de crise, voir d'effondrement économique, dé-protection de son investissement .. chômage, accidents sociaux, et puis .. ennui ! ennui de vivre dans les bruyantes et inconfortables mégapoles, petite épidémie de coups de blues dés la rentrée. 

"A taux d'intérêt et revenu du ménage constants, une baisse des prix immobilier se traduit par une hausse du pouvoir d'achat immobilier des ménages.

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/immobilier-ou-faut-acheter-en-moment-nicolas-costes-808168.html#VAlYBZXiqxDQObsH.99&quot ;

"La question de savoir où acheter dépend de la finalité de votre acquisition immobilière : voulez-vous faire un investissement locatif, acheter une résidence secondaire pour vos vacances ou votre résidence principale ? A chacune de ces finalités sont attachées différentes problématiques : "Vais-je trouver facilement des locataires ? Vais-je passer toutes mes vacances là-bas ? "

C'est le B - A BA. Faut-il vraiment être un expert, un économiste, spécialiste pour sortir ça, vous ne croyez pas ? 

Des niaiseries en n'en plus finir, qui bien souvent n'hésitent pas à se contredire, des sottises en enfilades, aussi serrées que les sinistres signaux des foreclosures streets en la U.S.A  :

S'il y a un bon moment pour acheter, c'est peut-être celui au cours duquel la demande est faible (parce qu'en vacances par exemple, comme un mois d'août à Paris...) : moins de visites, donc moins d'acheteurs concurrents, donc un pouvoir de négociation accru auprès du vendeur (surtout s'il est pressé de vendre).

Les fondamentaux économiques de la France ne devraient pas subir de changement majeur dans les mois à venir (le taux des OAT10 devrait donc rester relativement stable) et la demande immobilière ne devrait pas non plus connaître de sursaut majeur avant que la reprise économique et une baisse sensible du chômage n'interviennent (la concurrence entre banques pour capter les emprunteurs peu nombreux devraient donc se poursuivre et contenir leurs hausses de taux).

A propos de Perette et du pot au lait, c'est plutôt du pot aux roses qu'il nous faudrait parler.

Perette, elle, elle commence à pressentir des embûches sur le chemin du rêve immobilier

Perette, elle commence à voir le danger, à comprendre la réalité empirée, comme il y a une réalité augmentée, qui n'en finit pas d'augmenter, comme l'immobilier qui sert d'alibi à toute une partie de l'économie, comme la tour de Babel, même si on va chercher l'epsylon d'augmentation avec les dents. Elle se dit « prudence ma mie », elle s'arrête à nouveau, regarde, écoute, découvre qu'on lui ment bien souvent, qu'on lui a menti, qu'on la somme de jouer au bonneteau, avec la complicité de l'établissement, qu'on veut lui voler son lait, que les choses sentent l'aigre.

Le nombre de transactions immobilières a chuté en France. En 2012, le secteur des agences immobilières aurait perdu plus de 10.000 emplois en France. la faiblesse du nombre de transactions cette année ne laisse pas beaucoup d’espoir pour 2013. Plus de 3.000 agences immobilières auraient fermé leur porte, c’est le triste constat que fait la FNAIM en début d’année 2013.

Dans une étude consacrée à l’immobilier en Europe, Standard & Poor’s attribue à trois facteurs le maintien à un niveau élevé des prix de l’immobilier en France : taux d’intérêt bas, ouverture des vannes du crédit par les banques et déséquilibre entre l’offre et la demande de logements. L’agence de notation qualifie de « très cher » l’immobilier français qui « n’est qu’au début de sa phase de correction ». Pour 2013, elle prédit une baisse de 4%.

Bernard Cadeau, le sémillant patron du réseau ORPI, a lancé cet hiver son pavé dans la mare en déclarant au plus fort de la dernière phase de la dernière crise immobilière : « les prix demandés par les vendeurs sont surestimés, peut-être de 15% » !

Pour certains économistes, Londres entretient une bulle immobilière à un moment où les particuliers britanniques restent très endettés par rapport à ceux des autres pays occidentaux. Selon ces critiques, il le fait par dépit parce qu’il n’arrive pas à faire repartir l’investissement des entreprises. Exactement comme Paris.

Que de constats et de prévisions alarmantes ! On en serait là ?

C'est impossible voyons ! L'immobilier est la principale fortune des Français, ce qui reste quand on a tout épuisé. 20 % de volume de transactions en moins, 20 % de chute des prix, c'est une chute de plus de 30 % du revenu des agents, des banquiers, des notaires, de l'Etat, des régies publicitaires, la ruine des Groosa Schäff ! L'immobilier, tout comme la terre, ne saurait mentir.

Ressaisissez vous, écoutez !

"Ce mardi, le Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS) a indiqué que son indice très suivi mesurant les anticipations de prix des biens signalait une hausse à venir d’une ampleur jamais vue depuis 2006."

"Glacière 37 m2 318 000 / Neuilly Bois Sablon 1.2 millions ..97 m2"

Alors, convaincue ?

La nôtre de Perette, pourtant, elle ne devrait pas se laisser distraire si facilement. Elle ne va pas sauter si étourdiment. Son lait, elle ne va pas le renverser, elle n'ira peut-être même pas le vendre au marché, elle le boira et le distribuera autour d'elle. Et quand les myriades de cigales encouragées en cela par tous les forces de l'administration et de l'état ruiné à raz viendront frapper à son huis, elle leur dira, forte de ses économies, avec le bon sourire de ceux qui se tiennent loin de l'orgie : dansez maintenant.

 

 ** Tschàppala-land, la France de l'interieur

* s'Melchhafala comme on dit chez moi

Citation graphique : Deedo, 3dvf.com & http://faithfull4him.wordpress.com/2012/01/21/avoid-sand-castle-faith/

http://img4-2.coastalliving.timeinc.net/i/2007/07/sandcastle-m.jpg?300:300

http://piggybankblog.com/wp-content/uploads/2013/05/foreclosures_signs.jpg

Repères et citations

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-crise-des-saisies-immobilieres-83880

http://www.newjerseyconstructionlawblog.com/tag/motives/

http://www.trexglobal.com/property-management-companies

www.atlantico.fr/decryptage/immobilier-ou-faut-acheter-en-moment-nicolas-costes-808168.html#VAlYBZXiqxDQObsH.99


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13 réactions à cet article    


  • Jason Jason 19 août 2013 11:26

    Le poste immobilier, le loyer représentent la dépense contrainte la plus élevée pour les ménages en France (et en Allemagne). A propos, d’où tenez-vous que l’immobilier a baissé de 24% outre-Rhin ? Peut-on avoir une segmentation par biens et régions ? Car, si on fait une moyenne entre les länder de l’est et à l’ouest, on arrive à des chiffres trompeurs, allègrement répandus par une presse friande d’âneries.

     En ce qui concerne la baisse relative des loyers en Allemagne de l’ouest dans les années ’90, retenons que l’armée américaine entretenait pas moins d’un million de personnes (civils et militaires). Ce qui faisait grimper les loyers à des prix insoutenables pour les habitants.

    Le problème de l’immobilier en France, vieux de 50 ans au moins, tient à la frilosité d’un marché qui souffre d’une crise chronique de l’offre. Mais personne ne veut que ça change.

    Assez, curieusement, concernant le pouvoir d’achat des ménages, les gouvernements ont permis la destruction de l’industrie nationale au profit des produits à bas coûts venus d’Asie. Produits de consomation moins chers, et donc plus de pouvoir d’achat, et moins de pressions salariales. Sauf que, l’immobilier grevant tant le budget des ménages, ce pouvoir d’achat s’est effectué au profit de l’immobilier, et des rentes de situation ainsi créées. L’Etat se trouvant devant la situation de soutenir la rente. Amusant, sinon scandaleux.

    C’est un pas que le gouvernement, qui légifère en tout, et dans le mauvais sens en évitant d’abroger certains privilèges de ces messieurs du bâtiment et de la banque, n’est pas près de faire.

    Augmenter l’offre ? N’y pensons même pas, disent-ils !

    Merci de ce rappel de La Fontaine pour qui amuser et instruire était la règle. Son badinage est irremplaçable, et ses leçons immortelles. Quant à l’immobilier : vogue la galère, c’est très français.


    • thomthom 19 août 2013 11:39

      Dans 20 ans, la France connaitra un retournement démographique.
      Une population qui baisse ne laisse que peu de doute sur l’avenir des prix de l’immobilier... les biens seront dévalués, les moins qualitatifs ne vaudront même plus rien du tout car plus personne n’en voudra.

      La question est donc : que vont faire les prix pour les 20 années à venir, avant d’arriver à ce retournement :
      - continuer à flamber comme ils l’ont fait ces 15 dernières années (les hausses des décennies précédentes, c’était de la rigolade à coté... alors que les fondamentaux -croissance de la population et construction de logement- n’ont pas changé). Pour ça, il faudrait que les acheteurs aient les moyens de payer plus cher... soit par une baisse des taux supplémentaire (moins que « presque zéro », ça parait impossible), soit par une amélioration significative de la situation économique des ménages (franchement, qui y croit encore ?)
      - stagner, en euros constant ou courants : revenus qui stagnent, taux stables, « engouement » pour l’achat immobilier maintenu...
      - corriger les excès de ces 15 dernières années et revenir à un niveau « historiquement normal comparé aux revenus des ménages » , c’est à dire minimum 50% de baisse par rapport aux prix de 2012. Scénario fort possible si un seul des 3 critères suivants se vérifie : baisse des revenus des ménages, hausse des taux, baisse de l’engouement pour l’achat immobilier en raison des risques de moins-values (fini les plus-values mirobolantes en quelques années)

      La vérité sera probablement à mi-chemin entre les 2 dernières options, avec bien sur des écarts croissants selon la localisation des biens. N’oubliez jamais les 3 règles d’or pour un achat immobilier réussi :
      règle numéro 1 : l’emplacement

      règle n° 2 l’emplacement et règle n° 3 : l’emplacement


      • ZEN ZEN 19 août 2013 12:22

        Le lait a fait beaucoup de beurre
        Le pot aux roses a été découvert bien avant que ne s’écroulent les châteaux en Espagne...


      • non667 19 août 2013 15:15

        à aladeen
        2025 plus un seul chômeur selon Moscovici, on verra ..
        s’il dit ça c’est qu’il à la solution pour imposer le smig à 0,10€ de l’heure !  smiley  smiley  smiley


      • Foncky 19 août 2013 12:56

        Perrette a longtemps cru que même si les prix étaient trop élevés, le risque était nul puisque la revente, même à court terme, entraînait forcément une plus value... 

        Mais Perrette a ouvert les yeux depuis un an, et 20% de ses copines potentiellement acheteuses ont compris que non seulement les prix ne montent plus jusqu’au ciel, mais qu’en plus ils baissent un peu partout. Normal, quand on ne distribue plus de crédits au premier venu, même s’il n’a pas d’apport : la demande chute, et les prix avec.
        S’endetter jusqu’au cou sur 25 ou 30 ans, pour des prix clairement surévalués, en prenant le risque important d’une moins value en cas de revente rapide, ça n’intéresse évidemment plus les nouveaux entrants sur le marché...

        Malgré tout il reste encore quelques marchés tendus où les prix se maintiennent, du moins en apparence, mais en réalité, quand on décide de ne plus trop écouter les chiffres des lobbies immobiliers et qu’on installe des outils de suivi d’annonces pour regarder ce qui se cache sous les prix affichés, on voit que ça gamelle un peu partout (cf Castorus par exemple : http://www.castorus.com )

        Forcément, avec plus de transparence, quand les Perettes en puissance constatent que sur leur marché local, les baisses des annonces au bout de 2 à 3 mois sont équivalentes à leur loyer annuel, elles patientent avec leur pot au lait..

        • thomthom 19 août 2013 13:35

          Le seul problème, c’est qu’en matière d’évolutions du marché immobilier, les évolutions se font sur des échèles de temps extrèmement élevées... bien plus élevée que ce que ce à quoi nous sommes confrontés pour toutes nos décisions quotidienne.

          Finalement, mon article de 2008 ( http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/7-idees-recues-sur-l-immobilier-38997 ) reste totalement d’actualité... d’un coté, les évolutions récentes me donnent raison, mais d’un autre, ça veut dire que depuis 2008, ce que j’évoquais ne s’est pas encore vraiment produit (un petite baisse passagère, qui m’a permis d’acheter dans des conditions correctes en 2009, puis, hop, c’est reparti pour une petite flambée...avant un prochain retournement.


        • Foncky 19 août 2013 19:33

          La situation de 2008/2009 et le rebond qui a suivi n’a rien à voir avec la situation actuelle, et la prendre comme exemple pour anticiper un nouveau rebond est très hasardeux.

          Sauf erreur de ma part :
          - il n’y a quasiment plus de soutien financiers etatique aux particuliers (PTZ sur tout, y compris sans limite de ressource, Scellier >20%, defisc des intérets du crédit, etc...)
          - il n’y a pas de crédit crunch contrairement à 2009, où le déblocage du crédit brutal à fait un effet boule de neige
          - la distribution de crédit est maintenant suivi de près par l’ACP : fini les crédits à 110% => maintenant il est quasiment impossible d’acheter un bien sans apport.
          - les acheteurs solvables se retirent d’eux même, même s’ils ont le financement

          On est sur une tendance lourde, une tendance où l’état ne pourra pas réinjecter massivement comme en 2009, et d’ailleurs il ne le souhaite pas (c’est terminé la politique du « tous propriétaire », l’état n’injecte que pour la construction de logements sociaux et fait de l’exo d’impots court terme pour essayer de provoquer un choc d’offre, et donc une baisse des prix), et où les acheteurs sortent du marché car ils sont de plus en plus nombreux à penser que les prix ne pourront pas repartir à la hausse (donc pas de plus value, et/ou risque de mauvaise affaire, voir impossible d’engager un « parcours résidentiel »). 

          Je ne suis pas madame soleil, mais objectivement, la situation de 2009 n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui, et donc rien ne permet de dire que l’avenir sera équivalent.


        • L'enfoiré L’enfoiré 19 août 2013 14:46

          Une nouvelle fois, je re-pompe votre billet.

          Voici celui du jour, comme je l’avais annoncé dans votre billet précédent.

          • lephénix lephénix 19 août 2013 19:32

            Vous lire (encore... on en redemande !) est un plaisir ineffable : combien ont cette grâce d’écrire qui fait danser les mots la vie et même...la pierre flambée ? entrée il est vrai dans une folle bacchanale depuis 98 qui ne peut que finir non plus sur un atterissage mais une chute...apocalyptique - des livres nous prédisent un « hiver nucléaire » pour l’immobilier...
            mesure—t-on l’ignoble glissement sémantique de « maison »à « immo » ? une rime si peu riche pour la masse des « accédants à la prop.. »
            le « marché » se débloquera dans le sens de la purge - depuis cette « rupture » meurtrière dans la « philosophie générale de l’intervention publique » en 77 instaurant (par substitution des aides à la personne aux aides à la pierre) un « deficit » de construction, le tictac est enclenché..
            pénurie d’offre accessible et insécurité sociale croassante (la seule croassance étant jusqu’alors celle d’une « demande solvabilisée » artificiellement sans apport, capable de s’offrir - gober - une c haumière ou un clapier au prix d’un château en µEspagne par de grossiers tours de sorcellerie phynancière (baisse des taux d’emprunt, allongement de la durée des prêts, titrisation comme accélérateur de particules, etc)...
            mais.. que dit « lisette » du 23/10/25 ? des conseils pour une petite poucette/perette perdue dans la forêt de l’âme ou dans le labyrinthe du minotaure ?
            pourra-t-on se délecter d’un « papier » nous éclairant cette forêt-là contemporaine du manuel agricole de l’année de l’expo universelle qui consacra l’ébéniste ruhlmann bien de chez nous ?


            • 65beve 65beve 20 août 2013 00:10

              Bonsoir et merci l’auteur pour ce billet.
              La justesse de votre propos frise le cynisme mais ce genre d’humour noir me plaît.
              Une part énorme de la population investit et s’endette pour un bien immobilier qui sera bien pratique à la retraite parce que ça dispensera du prix d’un loyer et qu’on pourra le léguer aux enfants.
              Sauf que, quand la bise fût venue, j’ai plus un sous pour payer la maison de retraite et que je suis obligé de vendre mon bien pour ma pension à l’EPHAD.
              (retraite moyenne=1200€ et pension moyenne en maison de retraite=1900€)

              Donc pour les enfants ; adieu veaux vaches et héritages.
              cdlt.


              • SamAgora95 SamAgora95 20 août 2013 15:24
                A tout ceux qui peuvent s’abstenir d’acheter, faites le ! quitte à retourner chez les parents, les grands parents à louer et même à dormir sous un pont ! juste le temps de faire exploser cette satanée bulle : 

                150 000 euros (1 millon Franc) un petit F2 40m2 dans une banlieue pourrie !!! voilà le coût démentiel de l’immobilier en 2013, la même chose coûter 50 000 euros en 2000.

                Des monstres sont entrain de se gaver sur le dos des jeunes, contraint de manger des pattes et de se priver de tout pour rembourser sur 30 ans l’achat d’une cage à lapin.


                • titi 25 août 2013 16:05

                  @L’auteur

                  Faut pas mélanger « immobilier = achat de sa résidence principale » et « immobilier = achat pour activité locative ».

                  Ces deux achats ne sont pas soumis aux mêmes exigences.

                  Or dans l’article, vous parlez aussi bien de la capacité d’emprunt des ménages, et des dispositifs Duflot ????

                  Pour ce qui est des « excès de ces 15 dernières années », il faut rappeler que les années 2000 font suite à un crash immobilier des années 90. Les prix ont ainsi doublé sur les 15 dernières années... mais pas sur les 25 dernières années... http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/da/Friggit_paris_france_ser ie_longue_2010.svg

                   

                   


                  • plexus plexus 6 septembre 2013 01:16

                    023101925
                    Pas du tout d’accord avec vous sur le cas « La Fontaine » que je prends pour un affreux réac :
                    Le financier se fait du mouron pour son coffre-fort, alors que le savetier crève la dalle ......en chantant !!
                    Bon, on peut rigoler !!
                    En tout cas pas sur « L’hirondelle et ses petits » car nous accumulons les erreurs qui vont retomber sur les jeunes générations.
                    Il n’est pas possible d’avoir un point de vue clair et synthétique sur l’immobilier en france.
                    Tant de choses entrent en jeu, qu’il faudrait hercule soi-même pour nettoyer l’écurie.
                    Exemple : On manque de logements.
                     il y en aurait, pourtant, 1 million vacants.
                    Ha ! Ha !! dit la maligne spécialiste étatique, on va taxer les propriétaires, d’ailleurs, la PROPRIETE c’est le VOL selon le malfaisant théoricien bien connu.
                    Manque de pot, ça renchérit d’autant le coût de l’immobilier. !!!!!
                    Alors qu’il faudrait peut-être revoir la législation, qui couvre exagérément le locataire.
                    Qui voudrait louer sachant qu’il ne pourra pas toujours récupérer facilement ses loyers impayés ou les dégradations ?
                    Trop de facteurs entrent en jeu, on surcharge « la bourrique » en inventant de nouvelles contraintes, de nouveaux « labels », plus tout ce qu’on ne sait pas, y compris le « monopole » d’édition des DTU......
                    Vous parlez de l’Allemagne, qui, bien que davantage détruite, et disposant d’un espace constructible moindre, a employé d’autres solutions que nous.
                    Par exemple, chez eux, la garantie des vices cachés n’est que quinquennale, alors qu’elle est décennale de ce côté-ci de la frontière.
                    Pourquoi ?
                    Démarche française typique, on a instauré une assurance « dommage à l’ouvrage » pour couvrir la décennale, parce qu’il y avait beaucoup de mal et de non -façons.
                    Quel a été le résultat ?
                    Du travail moins bien fait « puisque l’assurance payera », hausse de ces coûts d’assurance en contrecoup de ce laisser aller, cette hausse étant répercutée...sur les acquéreurs, Evidemment !
                    Plein d’exemples de ce style, vous connaissez la question, au moins aussi bien que moi !!

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