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Accueil du site > Tribune Libre > Israël : une anomalie ?

Israël : une anomalie ?

La récente attaque sanglante menée par Tsahal d’un convoi humanitaire à destination de Gaza dans les eaux internationales, m’amène à m’interroger sur la nature de l’Etat d’Israël et ce sans même une trace d’anti-sionisme !

Israël est un pays des plus jeunes qui soit. Fondé en 1948, l’Etat hébreu s’est bâti, avec l’accord de la non moins jeune ONU. C’est toutefois par la guerre contre les Etats voisins que le pays s’est construit une identité. Les bases idéologiques d’Israël, à savoir le sionisme, mouvement laïc et nationaliste sont en revanche plus anciennes et remontent au XIX° siècle. Elles apparaissent en décalage avec l’esprit de l’après deuxième guerre mondiale. Le nationalisme était alors en repli dans le monde entier, car perçu comme l’origine des fureurs de la première moitié du XX° siècle. La mode de l’époque était l’impérialisme soviétique ou américain. Cet acceptation quasi unanime de la communauté internationale reposait sur deux éléments déterminants. Primo, la nécessité de permettre aux juifs, et d’abord ceux d’Europe, de garantir leur sécurité future : un Etat juif donc, défendu et gouverné par des juifs, soutenu par les puissances mondiales. Secundo, la réactivation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe cher au président Wilson qu’il avait tenté d’imposer à la sortie du premier conflit mondial et qui avait abouti au redécoupage désastreux de l’Europe suite au traité de Versailles.

Notons au passage qu’en agissant ainsi, on admettait que les juifs formaient un peuple, ce qui est un contresens historique : Tout au plus, les juifs éparpillés sur plusieurs continents formaient-ils une communauté religieuse. La fondation d’Israël est ainsi à contre courant de l’histoire. Paradoxe donc que d’avoir un Etat laïc et un ciment social reposant sur l’appartenance religieuse. Un Etat jeune et laïc donc mais qui trouve sa légitimité dans un recueil de textes religieux antiques que l’on appelle Ancien Testament. La réactivation de l’hébreu, langue du culte devenue vernaculaire, participe de cette ambigüité : les Israéliens se comporteront en peuple pionnier sur la terre,qui appartenait, pensent-ils, à leurs ancêtres. Modernité et archaïsme

Suite à la fondation de l’Etat, de nombreux juifs se lancent dans l’aventure des kibboutz, forme de collectivisation agricole librement consentie. Le mouvement laïc est très puissant, la gauche socialiste est alors plutôt dominante politiquement et culturellement écrasante. Cependant, très vite, l’URSS se détourne d’Israël et les Etats-Unis s’en rapprochent, jusqu’à devenir leur bailleur de fonds et leurs alliés inconditionnels.

Il se trouve qu’Israël est aussi une anomalie régionale : seul Etat démocratique du proche Orient, le pays se dote néanmoins de l’arme atomique grâce au soutien de la France. Pays non signataire des traités de non prolifération, non respectueux des résolutions de l’ONU, et en état de guerre quasi permanent, Israël n’a jamais été inquiété. Le caractère démocratique de l’Etat a longtemps servi de justification à la protection absolue que les Etats-Unis assuraient à la tribune de l’ONU comme ailleurs. Cependant, là aussi, il convient de s’interroger sur la nature de cette démocratie israélienne. D’abord, celle-ci ne fait que peu de cas des arabes israéliens : au quotidien un million et demi de personnes voient leurs droits bafoués et leur liberté amputée. Sous citoyens, soupçonnés de déloyauté envers Israël, ils sont relégués dans la vie politique et professionnelle. Ils rejoignent en cela une population officiellement juive, celle des juifs noirs (ou Beta Israël, ou juifs d’Ethiopie), venus de la corne de l’Afrique. Bien que pratiquant le culte judaïque, ces 120000 Israéliens sont mal perçus par la majorité juive blanche et confinés dans les couches sociales inférieures. Victimes du racisme des juifs blancs, ils se regroupent dans des quartiers que désertent les familles blanches. Selon un sondage de 2005, 43% des juifs israéliens blancs ne souhaitent pas que leurs enfants se marient avec un membre de cette communauté. S’instaure donc progressivement une société à plusieurs vitesses où les discriminations légales sont monnaie courante. Drôle de démocratie…

Autre entorse, le mode de scrutin, à la proportionnelle intégrale, suppose des alliances, parfois contre nature, qui profitent d’abord aux partis minoritaires, indispensables pour former une coalition majoritaire à la Knesset (parlement). Par le truchement d’un mode de scrutin défectueux, la majorité de la population se retrouve soumise aux injonctions de partis ultra-minoritaires et extrémistes.

Autre curiosité, la démographie israélienne juive : Les taux de natalité sont proches de ceux du monde occidental (2.7 enfants/ femme) alors que la fécondité des femmes arabes reste proche de 4. Le péril démographique est donc une phobie partagée par beaucoup de juifs israéliens : Ils craignent que la fécondité élevée des femmes palestiniennes et arabo israéliennes ait pour effet de rendre les juifs minoritaires en leur Etat. D’où une politique d’immigration massive à destination des juifs du monde entier. L’objectif étant de compenser le déficit comparatif de naissances. Cette politique a fait preuve d’une redoutable efficacité au moins jusqu’à 2006 : Depuis l’éclatement de l’URSS, plus d’un million d’immigrés russes ou des anciennes républiques soviétiques se sont installés en Israël. Cet apport massif a eu pour effet de déséquilibrer la structuration sociopolitique de la population israélienne. Séfarades d’Afrique du Nord et Ashkénazes d’Europe centrale ne sont plus si majoritaires. Ces juifs russes ont émigré dans un état d’esprit bien différent de celui de leurs prédécesseurs. Goût prononcé pour l’argent, désir fort de revanche sociale, Israël représentait pour eux un Eldorado davantage qu’une Terre Promise. Ils accèdent ainsi à la propriété et se comportent en territoire conquis. Rien d’étonnant à ce qu’ils soient parmi les mieux représentés dans les fameuses colonies israéliennes. Peu religieux mais ultranationalistes, ils donnent leurs voix aux extrémistes de Lieberman, juif d’origine moldave et désormais ministre des affaires étrangères. Le centre de gravité politique israélien s’est donc largement déplacé à droite depuis leur arrivée.

Reste à s’interroger sur la légitimité d’Israël à mener une politique étrangère et frontalière contraire au droit international. Guerre préventive au Liban, assassinat par les agents du Mossad d’arabes influents dans la péninsule arabique, politique d’exécution ciblée en Palestine, blocus de Gaza, incursions armées en Cisjordanie, colonisation outrancière, et assaut sanglant contre des humanitaires. Au nom de quoi Israël pratique-t-il cette politique désastreuse pour la paix en toute impunité ? Première raison invoquée, Israël a des ennemis : groupes terroristes palestiniens, Syrie hostile et Iran faisant profession de foi d’antisémitisme. Cependant les uns comme les autres sont durement sanctionnés et étroitement surveillés par la communauté internationale. Reste alors le poids du passé, celui de l’holocauste. L’ extrême souffrance et l’entretien de la mémoire du génocide expliqueraient la persistance d’une angoisse commune aux juifs d’Israël quant à leur survie. Cette crainte d’une répétition de l’histoire justifie ainsi l’ensemble de mesures illégales mais vécues en Israël comme une légitime défense. Conjuguée à une repentance commune à tout l’Occident, cette crainte (très profonde mais très improbable aujourd’hui a pour effet de conférer à la politique d’Israël un régime d’exception.

Or, la mémoire du génocide n’est plus si vivante. Les vieillards d’aujourd’hui étaient des gamins en 42. Pour la génération montante les traces de l’holocauste dans leur famille remontent à la troisième génération. Conscients d’être issus d’un peuple qui a infiniment souffert, ils n’ont en revanche rien eu à endurer de plus que les autres…et singulièrement eu égards à leurs voisins Palestiniens. Le génocide ne peut plus leur servir de justification et l’agiter sans cesse devient, le temps passant, contre productif. Il n’y aurait rien de plus grave pour les Israéliens et d’incompris dans le reste du monde, que de continuer dans les années qui viennent à entretenir Israël dans son régime d’exception.


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58 réactions à cet article    


  • Free Palestine Free Palestine 4 juin 2010 10:26

    "m’amène à m’interroger sur la nature de l’Etat d’Israël et ce sans même une trace d’anti-sionisme !"

    Le sionisme est un projet colonial et de dépossession ,l’état d’Israël a été fondé sur les décombres de la société palestinienne,c’est le fruit du nettoyage ethnique de 750 000 palestiniens, du vol de leur terre et de leurs biens ,un projet expansionniste qui ne vit que de la prédation et de la guerre,les sionistes ont placé leurs pions dans les gouvernements occidentaux et les institutions internationales la garantie de leur impunité sans borne !!!
    Ils mènent la politique étrangère des états unis d’Amérique et de nombreuses nations occidentales,ils mettent en place des tribunaux spéciaux visant à juger les quelques dictatures dont le tort est le refus du diktat de Washington et de son allié sanguinaire.Aucun sioniste,aucun amer loque ne sera jamais jugé dans la cour d’exception occidentale (TPI),un théâtre de marionnette pour une parodie de justice.


    • Didier 67 Didier 67 4 juin 2010 10:31

      Bonjour Free Palestine,

      « l’état d’Israël a été fondé sur les décombres de la société palestinienne » : prouvez-le.
      Donnez-nous un nom, un seul, d’un souverain palestinien....
      Allez....J’attends.....


    • Free Palestine Free Palestine 4 juin 2010 10:49

      @Didier

      DIX ANS DE RECHERCHES SUR LA GUERRE DE 1947-1949

      L’expulsion des Palestiniens revisitée par des historiens israéliens

      IL y a cinquante ans, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies décidait de partager la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe. Mais la guerre de 1947-1949 bouleverse la donne : si Israël a augmenté son territoire d’un tiers, le reste de l’Etat arabe mort-né est occupé par la Transjordanie et l’Egypte. Et, surtout, plusieurs centaines de milliers de Palestiniens ont dû fuir leurs foyers - ces réfugiés seront au coeur d’un interminable conflit. Depuis dix ans, les « nouveaux historiens » israéliens sont remontés aux origines de la tragédie. Leurs conclusions battent en brèche bien des mythes.

      http://www.monde-diplomatique.fr/1997/12/VIDAL/9613


    • Free Palestine Free Palestine 4 juin 2010 10:45

      @Didier
      Mon ami !!! vos fables il faut aller les conter à d’autres moi je suis correctement informé sur la réalité du projet colonial sioniste.


      • Free Palestine Free Palestine 4 juin 2010 10:49

        « Seuls quelques-uns ont admis le fait que l’histoire du retour, de la rédemption et de la libération de leurs pères fut une histoire de conquête, de déplacement, d’oppression et de mort. »

        Yaron Ezrachi, Rubber Bullets.


        • Didier 67 Didier 67 4 juin 2010 10:55

          Free Plaestine,
          Je ne nie pas que vous en sachiez beaucoup à propos du sionisme.
          Sans doute n’en savez même pas encore assez.

          Mais vous n’avez pas encore répondu à ma question : le nom d’un souverain palestinien ?

          Allez, je vous donne une question de rattrapage : le nom de la monnaie palestinienne ?


        • sale bête 4 juin 2010 11:10

          la négation de l’autre, de son existence est une méthode bien connue pour spolier les humains de leurs droits !

          dans le même registre on pourrait attendre que yahvé vienne témoigner à la tribune de l’onu qu’il a donné cette terre à ceux qui se disent juifs ...

          les palestiniens ont une existence et des droits ...
          donnés par l’onu comme pour les israéliens !

          http://www.ritimo.org/dossiers_pays/p&morient/palestine/palestine_chronologie_ONU.html


        • Leila Leila 4 juin 2010 11:18

          Didier

          Une société humaine n’a pas forcément un souverain et une monnaie. Il peut arriver qu’elle ait un grand poète, comme Mahmoud Darwich.

        • Didier 67 Didier 67 4 juin 2010 11:21

          J’attend toujours les réponses....

          Quant à vous, Sale Bête, vous avez raison : la négation de l’autre permet les pires abominations.
          Et ne comptez pas sur moi pour dire qu’il n’existe pas d’identité palestinienne ou de peuple palestinien.

          Le peuple palestinien existe et aucune solution ne tiendra qui nierait cette évidence.

          Le peuple palestinien existe, seulement il n’est pas plus vieux que l’état d’Israël. Son créateur, c’est M. Arafat, et sa méthode a consisté à parquer sans aucun espoir des dizaines de milliers de réfugiés arabes dans des camps. Notons au passage que lui est mort milliardaire en dollars....


        • Didier 67 Didier 67 4 juin 2010 11:24

          Bonjour Leila,

          Bien sûr, cela dépend de ce qu’on appelle société.
          Tout de même, un grand poète, cela fait un peu court pour l’acceptation habituelle du mot.

          Je lirai ce poète, puisque vous nous y invitez.


        • samir 4 juin 2010 11:31

          de meme Didier conernant l’ere pre-israelienne le nom d’un souverain israelien ? d’une monnaie israelienne ? d’un premier ministre israelienne ?

          donc a confronter mythes contre mythes je prefere croire au mythe des palestiniens car eux au moins vivaient la depuis AU MOINS 2000 ans

          la Rome administrative appelait deja cette region Palestine

          peut etre que vous devez connaitre l’existence du peuple de la mer les phillistins ?


        • samir 4 juin 2010 11:35

          Les cananéens habitaient deja cette region

          les peuplades proto-semitiques vivaient depuis des lustres la bas...


        • sale bête 4 juin 2010 11:49

          le sud de la France appartient donc aux Basques, Vasc, Vascons, Gascons

          qui le peuple sans discontinuer depuis 13000 ans
          (presque 10000 ans avant qu’un Hébreux ne foute un pied en Palestine)

          il faut que l’ONU crée un pays et que ses habitants
          (les plus anciens français de souche prouvés)
          en chasse tous les envahisseurs judéo chrétiens, francs, latins ... etc


        • AniKoreh AniKoreh 4 juin 2010 15:59


          Sur cette question , Samir, et contrairement aux apparences de son pict, plutôt comique, les oreilles de TIti / Jules / Jim / Junior sont hermétiquement bouchées à l’émeri..

          « Israël (terre) appartient à Israël (peuple) » - Devant de telles affirmations aussi groteques, c’était déjà ce que je lui rappelais, renvoyant par exemple à Wikipédia, sur les régions de peuplement des Philistins, le Peuple de la mer de l’antiquité :

          http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-enorme-erreur-d-israel-75719?debut_forums=200#forum2570235

          « Allez, écris Philistins - Wikpédia (par exemple) et prends-en plutôt de la graine, Junior.

          Tu as un millénaire dans la vue !

          Je cause pas des Arabes, de l’Islam ou du Coran.. Tu confonds tout bonnement peuplement et religion. Dans ton islamophobie hystérique. »

          Sur ce, voilà que Junior (pour le coup) ne fait ni une ni deux et, n’écoutant que sa conscience de parfait propagandiste, nous balance le lien d’un docteur es-sionisme éreintant Arafat sur ses références aux Philistins...

          Hhhhhhhhhh....
           


        • yo83 5 juin 2010 01:24

          est-ce que vous avez lu le lien que vous postez ?

          c’est un peu comme pujadas qui nous dit dans la même minute que le hamas a gané les élections puis qu’il a fait un coup d’état pour prendre le pouvoir

          si quelqu’un vous paie pour faire cela remboursez le idiot !


        • marc 5 juin 2010 18:43

          sale bête ,
          votre pseudo est très bien trouvé.
          La France appartient aussi aux basques, gascons, etc...au même titre qu’aux bretons, angevins alsaciens , etc...

          La situation est très différente en Israel où le pays appartient exclusivement aux juifs , qu’ils soient israeliens, new yorkais ou parsiens , mais pas à ses habitants non juifs ( y compris, faut-il le préciser les conjoints non-juifs des colons, qui ne sont pas considérés comme de vrais citoyens)

          Régime encore light peut-être d’apartheid mais qui s’y dirige tout droit.


        • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 4 juin 2010 11:25

          "On admettait que les juifs formaient un peuple, ce qui est un contresens historique : Tout au plus, les juifs éparpillés sur plusieurs continents formaient-ils une communauté religieuse.« 

          De quoi »les juifs« est-il le nom ? « Ne cherchons pas le secret du juif dans sa religion, mais cherchons le secret de la religion dans le juif réel. Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l’utilité personnelle. Quel est le culte profane du juif ? Le trafic. Quel est son dieu profane ? L’argent. Eh bien, en s’émancipant du trafic et de l’argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même. Une organisation sociale qui supprimerait les conditions nécessaires du trafic, par suite la possibilité du trafic, rendrait le juif impossible. La conscience religieuse du juif s’évanouirait, telle une vapeur insipide, dans l’atmosphère véritable de la société. […] La nationalité chimérique du juif est la nationalité du commerçant, de l’homme d’argent. » Karl MARX, La Question juive, I-II, 1844.

          Jean-Paul SARTRE : »Je ne nierai pas qu’il y ait une race juive [...] Encore convient-il de se montrer prudent : il faudrait plutôt dire des races juives.« . Jean-Paul Sartre, Réflexions sur la question juive, 3. Pour le cinéaste Costa-Gavras, »les juifs, ce n’est pas une race, c’est une religion« (Le Figaro, 27 février 2002, page 27). Quid des juifs athées ? Car les Juifs, c’est plus ou autre chose qu’une religion ; Hitler, lui, parlait de « race » (Mein Kampf, tome 1er, chapitres 4 et 11).

          Le philosophe Yves-Charles Zarka évoquait « une éthnie, un peuple ayant des traits communs bien qu’il ne réside pas sur un territoire unique. » (« L’antisémitisme en France aujourd’hui », Cités, n° 10, p. 5). ). Il semble y en avoir deux, les ashkénazim et les séfardim.

          S’agit-il d’un peuple, d’une nation, d’une communauté, d’une secte, d’une nationalité, d’une religion, d’une race, d’une culture, d’une ethnie, d’une caste, ou encore d’autre chose ? « Si peuple juif il y a, il n’existe pas d’autre peuple du même type que lui », notait Raymond ARON dans ses Mémoires (chapitre XIX). « Une école, un peuple, une religion ou encore autre chose » s’interrogeait Jean-Michel Salanskis (Extermination, loi, Israël. Éthanalyse du fait juif, Paris : Les Belles Lettres, 2003).

           »Un peuple dote d’une culture propre, défini d’abord par sa religion puis par l’histoire, dispersé entre les nations (moins de la moitié de ses membres appartiennent à la nation d’Israël) et perpétuellement inquiet pour avoir été poursuivi, à travers les pays et les siècles, par les persécutions, les haines ou les fantasmes hostiles." (Armand Laferrère sur facebook, 6 décembre 2009)


          • samir 4 juin 2010 11:33

            juif est une appelation tardive dans l’histoire qui nous vient soit du royaume de Judée soit du personnage Juda

            Moise n’etait pas juif mais Levite de meme que le Christ...jamais le mot juif n’est mentionné dans les textes anciens

            Abraham etait un MOSHLEM a rapprocher de MUSLIM qui signifie soumit a Dieu


          • Didier 67 Didier 67 4 juin 2010 11:50

            Bonjour Samir,

            ça dépend de ce qu’on appelle ancien...

            On trouve déjà le mot dans Esther, 3-10 :
            « Le roi ôta son anneau du doigt et le remit à Aman, fils de Hamedata, l’Agaghite, le persécuteur des Juifs. »

            Or la date dé rédaction de ce livre est sujette à discussion : entre -500 avant Jésus et +200 après Jésus.


          • samir 4 juin 2010 12:03

            ce qui confirme mes dires dans la mesure ou ce texte reconnait deja un royaume de juda donc les « juifs » designés ainsi en sont les habitants


          • Tristan Valmour 4 juin 2010 12:03

            Je m’étonne toujours combien les mots « Israël », « Juifs » ou « Palestiniens » entraînent des réactions épidermiques dans les pays méditerranéens, dont la France. De ce côté-ci de l’Asie, l’épisode Free Gaza ne fait pas la Une, au contraire de Benitez qui quitte Liverpool. A l’échelle du monde, Israël est un petit pays auquel on donne trop d’importance. Mais alors qu’est-ce qu’il déclenche comme émotions !

             

            N’étant ni pour les uns ni contre autres, je me permettrai de poser les faits hors du champ émotionnel.

             

            Vous dites qu’il s’agit d’un contresens historique d’affirmer que les Juifs forment un peuple. Je suis désolé, mais l’histoire politique de la période hellénistique (pour ne parler que de ce que je connais bien) fourmille de documents attestant du contraire. Ainsi pouvons-nous nous intéresser particulièrement à l’histoire de la famille des Maccabées. Depuis cette époque (et peut-être avant), les Juifs ont toujours souhaité avoir un Etat à eux. Ils ont peut-être abandonné officiellement cette idée pour complaire aux desideratas occidentaux, mais pas officieusement. C’est difficile à comprendre pour un Français qui abhorre ce qui est religieux.

             

            D’autre part, Victor Hugo est mort depuis longtemps, pourtant je me réclame toujours de ce grand homme. Je comprends donc, contrairement à vous, que les jeunes générations puissent conserver en mémoire l’abomination que fut l’Holocauste.  

             

            Mais la haine envers les Juifs ne date pas de la seconde guerre mondiale. Elle est bien plus ancienne. Et autant, contrairement à ce que l’on croit, les Juifs furent plutôt bien traités dans les pays arabes, autant ils furent honnis et méprisés en Occident. Là encore, l’Histoire médiévale et moderne nous offre quelques sources intéressantes.

             

            Dans ces conditions, comment ne pas comprendre que les Juifs souhaitent un Etat où ils peuvent vivre et prospérer en sécurité ?

             

            Israël est donc un pays qui a le droit de vivre en paix dans des frontières reconnues par tous, et sa population a le droit de prospérer sans être menacée. Depuis 1948, ce pays est entouré d’ennemis qui ne souhaitent que sa destruction. On peut comprendre que les Israéliens trouvent légitime de se défendre par tous les moyens, même si on a le droit de ne pas l’accepter.

             

            De l’autre côté, les Palestiniens ont également le droit de vivre en paix dans des frontières reconnues par tous, et ils ont aussi le droit de prospérer sans être menacés. Ils vivent dans des conditions intolérables qui ont été abondamment décrites. On comprendra alors la légitimité des Palestiniens à se défendre par tous les moyens.

             

            Ajoutons à cela que pendant la guerre froide, les Soviétiques soutenaient l’Egypte et la Syrie et les Américains les Israéliens. Sans l’aide américaine, les Israéliens auraient par exemple perdu la guerre de 73 face à la coalition syro-égyptienne armée par les soviétiques. Les Israéliens ont été attaqués par surprise. Mais ils avaient fait de même en 1967.

             

            Donc à ce problème régional s’ajoute un problème de géopolitique internationale avec des acteurs étrangers qui avancent leurs pions au détriment de la paix. Nul doute que la Turquie veuille aujourd’hui s’imposer comme un acteur majeur dans cette région. Prenons en compte le fait qu’une union qui comprendrait la Syrie, le Liban, et Israël-Palestine ne serait pas de nature à rassurer les puissances dominantes : nous aurions en effet des ressources industrielles et naturelles, associées à l’ingéniérie financière. Il vaut mieux pour certains que cette zone demeure instable.

             

            Reconnaissons également que les Britanniques qui avaient un mandat pour gérer la Palestine avec pour mission de conduire les Juifs et non Juifs à vivre en harmonie ont complètement échoué. Ils sont les premiers responsables sur le plan de l’Histoire contemporaine.

             

            A qui appartiennent les terres dans cette région ? On peut trouver des sources pour les attribuer aux uns ou aux autres, et pour cela remonter très loin, par exemple à la période Hellénistique comme je l’ai déjà écrit. Ca ne règlera pas le problème parce qu’il faut prendre en compte la situation actuelle.

             

            Oui les israéliens occupent illégalement Gaza et oui les Palestiniens subissent un traitement innommable. Oui les Israéliens ont commis un acte de piraterie en arraisonnant des navires dans les eaux internationales. Oui les soldats israéliens ont usé de la force alors qu’ils auraient pu faire autrement. Oui les humanitaires poursuivaient un but politique.

             

            Mais que tout ceci est compliqué ! Un enchaînement de causes et de conséquences qui nourrit la haine de part et d’autre. Il ne peut y avoir de vainqueurs et il ne doit pas y en avoir. Des atrocités ont été commises de part et d’autre, et les deux peuples souffrent inutilement.

             

            Comment régler ce problème ? La causalité ne nous est d’aucun secours. Chercher qui a commencé, quelles sont les conséquences des actes (…), tout cela n’est pas utile car nous sommes face à un problème systémique… qu’il faut résoudre de façon systémique.

             

            Pour cela il faut avant tout définir clairement l’objectif à atteindre, non pas analyser la situation actuelle, encore moins la situation passée. Anticiper ce que l’on peut faire à l’heure H1 en fonction de ce que l’on a à l’heure H n’est pas systémique parce que d’une part on ne maîtrise jamais toutes les données, d’autre part, les systèmes sont dynamiques et sujets à la causalité circulaire (si A agit sur B, B agit sur A).

             

            Une fois l’objectif défini, il faut analyser les relations entre les différents éléments du système par ce que les systèmes sont relationnels. C’est pour ça que l’analyse des relations nous renseigne infiniment plus sur un système que la causalité ou les ressources disponibles. Causalité et ressources appartiennent au passé ; l’un des objets de la systémie est d’accompagner la complexité et de pallier l’incertitude ; de tendre vers l’avenir. Ce qui implique d’observer les relations entre les éléments des sous-systèmes. Car les systèmes sont englobants. A est inclus dans B qui est inclus dans C (etc.)

             

            Pour obtenir un changement systémique, celui-ci doit être radical, autrement le système reviendra à son état antérieur. C’est le principe de l’homéostasie. Toujours selon ce principe, tous les éléments doivent bouger ensemble (donc, Israël, mais aussi le Hamas, le Fatah, les russes, les américains, les Turques, les iraniens, et tous ceux qui sont fortement impliqués dans ce conflit).

             

            Je ne vais pas transformer cette intervention en un cours sur la systémie, je vais donc finir par une question et une réponse. Quel est le système politique qui est censé piloter les autres ? L’ONU ! Il appartient donc à l’ONU de régler ce problème en dernier ressort, de trancher, d’arbitrer, et d’imposer ses décisions à toutes les parties, à l’aide de la force si nécessaire. Mais une ONU indépendante de toute pression et de toute idéologie. Une ONU qui a pour finalité le bonheur de tous les peuples, palestiniens et israéliens compris.

             

            Au fait, c’est vrai que Benitez va quitter Liverpool ?

             


            • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 4 juin 2010 12:34

              L’hostilité envers les Juifs est même antérieure au Moyen-Âge :

              Tacite [vers 55 / vers 118], Histoire, V, 5 : les pratiques des Juifs sont ineptes et misérables ; haine hostile à l’égard de tous les autres. V, 8 : les Juifs étaient le peuple le plus méprisé par les Assyriens, les Mèdes et les Perses ; le roi Antioche [Antiochus IV, vers -215/-163] s’efforça de détruire la superstition nationale et d’introduire la civilisation grecque.

              Tacite [vers 55 / vers 118], Annales, XV, 44 : Chrétiens détestés pour leurs turpitudes ; la Judée, berceau du mal ; chrétiens convaincus de haine pour le genre humain.

              Juvénal [vers 60 / 140], Satires, VI, 547-547 : aere minuto qualiacumque uoles Iudaei somnia uendent qu’Olivier Sers traduit par : « les Juifs te débitent à la demande n’importe quel songe creux pour une pincée de petite monnaie. »

              Cicéron [-106 / -43], Pro Flacco, xxviii, 66-67 : calomnie relative à l’or des Juifs ; tu sais quelle force ils représentent, combien ils sont unis et quel rôle ils jouent dans nos réunions. […] Flaccus [préteur] prohiba par édit les sorties d’or d’Asie […] dédaigner, pour le bien de l’État, cette multitude des Juifs, parfois déchaînée dans nos réunions, fut un acte de haute dignité.

              Philostrate [vers 200], Vie d’Apollonios de Tyane, 33 : Il y a longtemps que les Juifs sont en révolte non seulement contre les Romains mais contre tous les hommes ; eux qui vivent à part, qui ne partagent avec les humains ni la table, ni les libations, ni les prières, ni les sacrifices […] il aurait mieux valu même ne jamais les annexer.

              Rutilius Namatianus, [1ère moitié Ve siècle], Sur son retour, 383-398 : le Juif, une créature qui cherche querelle à la bonne nourriture [le porc] ; […] race dégoûtante qui pratique la circoncision : cette race est la racine de la bêtise […] leur cœur est plus froid que leur croyance.


            • marc 5 juin 2010 18:47

              Valmour

              Dans ces conditions, comment ne pas comprendre que les Juifs souhaitent un Etat où ils peuvent vivre et prospérer en sécurité ?

              Je dirais que l’objectif n’est pas près d’être atteint et que les juifs sont nettement plus en sécurité en france qu’en Israel.

               


            • Free Palestine Free Palestine 4 juin 2010 12:11

              "D’autre part, Victor Hugo est mort depuis longtemps, pourtant je me réclame toujours de ce grand homme. Je comprends donc, contrairement à vous, que les jeunes générations puissent conserver en mémoire l’abomination que fut l’Holocauste. "

              Ce qui ne doit pas être une caution permanente à des crimes contemporains.


              • Free Palestine Free Palestine 4 juin 2010 12:16

                Mais que tout ceci est compliqué ! Un enchaînement de causes et de conséquences qui nourrit la haine de part et d’autre. Il ne peut y avoir de vainqueurs et il ne doit pas y en avoir. Des atrocités ont été commises de part et d’autre, et les deux peuples souffrent inutilement.

                Encore cette fausse symétrie qui caractérise le discours de tous nos philosémites,il y a un agresseur et ses victimes ,un état constitué puissamment armé qui enfreint en permanence les règles du droit international ,il n’y a rien de compliqué Israël a toujours refusé la restitution des territoires occupés,les simulacres de négociation n’avaient qu’un but unique, la poursuite sans fin du colonialisme par la politique du fait accompli.


                • Iren-Nao 4 juin 2010 12:39

                  Le grand mystere de l’affaire c’est la capacite juive a durer, malgre il faut le dire un vrai talent a se faire hair.
                  Alors qu’il eut ete infiniment moins douloureux de s’assimiler comme firent la plupart des peuples anciens.
                  On peut se demander ce qui merite d’etre defendu dans le judaisme et qui donne ce courage.
                  Pas leur cuisine et les tabous alimentaires en tout cas.
                  Pas plus que leur mode vestimentaire ou coupe de tifs grotesque (ils ne sont pas les seuls)
                  Comme disait Brel : le courage d’etre juif, l’elegance d’etre noir...
                  Je crois que ce qui les sauvent en tant qu’ethnie ou race je ne sais, c’est le refus de l’exogamie, certain chieurs nauseabond apellent cela racisme, ce qu’ils ne tolerent pas chez les autres.
                  Parce que plus raciste que les juifs...
                  En tout cas beaucoup de barouf pour pas grand monde.
                  Interessant mystere.

                  Iren-Nao


                  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 4 juin 2010 12:49

                    Pierre Desproges : "Je relisais Juifs et Français d’Harris et Sédouy. Les auteurs demandaient à une grande journaliste très belle et pleine de talent (que ma discrétion m’interdit de nommer ici) si elle aurait épousé Ivan Levaï dans le cas où ce dernier n’eût pas appartenu comme elle à la communauté israélite. Cette dame [Anne Sinclair, aujourd’hui épouse de Dominique Strauss-Kahn] a répondu que non, qu’elle n’aurait probablement pas pu tomber amoureuse d’un non-Juif. Je comprends aisément cette attitude qu’on pourrait un peu hâtivement taxer de racisme.

                    Moi-même, qui suis Limousin, j’ai complètement raté mon couple parce que j’ai épousé une non-Limousine. Une Vendéenne. Les Vendéens ne sont pas des gens comme nous. Il y a le barrage des patois, fort lointains. Et puis nos coutumes divergent et dix verges c’est énorme.
                    Voilà une femme qui mange du poisson le vendredi en tailleur Chanel. Moi je mange de la viande le mardi en pantalon de coton. Il n’y a pas de compréhension possible ! Nous avons notre sensibilité limousine. Nous avons bien sûr notre humour limousin qui n’appartient qu’à nous. Nous partageons entre nous une certaine angoisse de la porcelaine peu perméable aux Chouans. Il faut avoir souffert à Limoges pour comprendre."


                  • Céphale Céphale 4 juin 2010 14:06

                    Senatus

                    On aimerait trouver autant d’humour - que dis-je, seulement le centième ! - sous la plume des juifs qui interviennent sur ce fil.

                  • Iren-Nao 4 juin 2010 12:52

                    J’allais oublier de feliciter l’auteur pour son excellent nartic

                    Iren-Nao


                    • Ethers 4 juin 2010 15:28

                      Il y aura toujours des gens pour discuter du sexe des anges...


                      La légitimité de l’Etat d’Israël lui vient de la décision de l’ONU en 48. Les discussions autour de la présence supposée ou avérée de Pierre, Paul, Moïshé ou Mouloud il y a 100, 200, 1000, 2000 ou 5000 ans sont de la branlette ! La branlette, c’est bon, mais ça n’est pas très constructif smiley
                      Savoir que telle décision était ou non le sens de l’histoire aussi (d’ailleurs, soit dit en passant, cette formule est plus que maladroite : c’est quoi le sens de l’histoire en ce qui concerne les juifs ? Après les Pogroms et la Shoah, il aurait fallu aller encore un peu plus loin ? Je précise de nouveau que dans mon esprit il s’agit d’une formulation maladroite et pas d’un appel au meurtre).
                      Persécutés en tout temps et en tout lieu, les juifs avaient somme toute bien le droit d’avoir un petit territoire pelé, pauvre, désertique, avec 3 chèvres qui se battaient en duel ! Après tout, les Chrétiens, les Musulmans, les Bouddhistes, les Hindouistes, etc. ont bien les leurs !
                      La communauté internationale a décidé, on s’y tient, et pis c’est tout. Bien évidemment, il faudrait en faire de même avec les décisions en faveur des Palestiniens ou au détriment d’Israël, et là, le bât blesse, c’est le cas de le dire. 

                      N’en déplaise à certains intolérants va-t’en guerre qui peuvent se trouver parmi les partisans de chacune de ces entités, l’Etat d’Israël tout autant que le peuple Palestinien et les Etats Arbales environnants existent, ils en ont le droit. Qu’il soient fondés sur tel ou tel projet, telle ou telle religion, telle ou telle colline, tel ou tel acte d’amour avec des chèvres ou des dromadaires, ou telle ou telle connerie dans laquelle on perçoit le reflet de ses propres fantasmes n’y change absolument rien ! Ces deux entités sont des paramètres du problème, et pas des variables dont on peut changer la valeur à l’envie !

                      Un autre paramètre très embêtant - mais espérons-le temporaire - est la représentation politique de ces 2 Etats, dont ne peut faire autre chose que d’accepter la légitimité, puisqu’ils ont été élus, sans que l’ONU ne trouve rien à redire sur les conditions des élections : à ma gauche, le Hamas, qui dans sa charte fondamentale nie à Israël le droit d’exister et qui a mis en pratique cette funeste négation, et à ma droite, des paranoïaques psychopathes et misanthropes. Et on voudrait que ces gens s’entendent !?! Autant apprendre à des chèvres à jouer de la darbouka (oui je sais ça fait beaucoup de chèvres dans tout ça, à commencer par moi smiley )

                      • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 4 juin 2010 15:33

                        Staline avait créé en 1934 la République juive du Birobidjan sur un territoire non peuplé. Dommage pour la paix que cette solution n’ait pas rencontré de succès.


                      • Radis Call 5 juin 2010 08:58

                        @ Ethers : formidable comme les décisions de l’ONU sont respectées...

                        Gaza , c’est aussi territoire israélien sur décision de l’ONU ?


                      • Nicolas 4 juin 2010 19:06

                        J’ai du mal avec cet article, dont je trouve certains passages 

                        L’idée d’un état juif en Palestine est apparue à la fin du 19ème siècle, mais à cette époque, il n’y avait pas de conception d’un état multireligieux, ni multiculturel. Les seules puissances multiethniques étaient les empires austro-hongrois et russes, qui n’ont pas tenu historiquement. Est-il utile de rappeler qu’aujourd’hui encore, les états vraiment multiethniques sont très peu nombreux, et que l’on ne voit pas au nom de quoi on chercherait des poux dans la tête d’Israël pour un cas qui était général, alors que tous les pays de cette époque avaient des religions d’état ?

                        L’association du terme d« ’anomalie » à Israël est au mieux maladroite, au pire franchement douteuse. Si l’anomalie est d’être un état multireligieux (partagé avec le Liban), d’avoir une égalité des droits entre citoyens (les arabes israéliens ont les mêmes droits légaux), d’avoir une égalité de droits entre hommes et femmes, il est peut-être préférable d’être en anomalie. 

                        « L’ extrême souffrance et l’entretien de la mémoire du génocide expliqueraient la persistance d’une angoisse commune aux juifs d’Israël quant à leur survie »

                        Le droit à la survie leur est on ne peut plus clairement nié par le Hamas et par la Syrie. Il n’y a pas de projections du passé là dedans, seulement un fait, quelque chose de réel et non de l’ordre de la représentation.

                        • Rodolphe 4 juin 2010 21:15

                          « ont les mêmes droits légaux ». Inexact, on a refusé aux arabes israéliens d’acheter des appartements dans les colonies. De même, ils n’ont pas le droit de servir dans l’armée.

                          Sur le dernier paragraphe : les bombes du Hamas ne menacent ni la viabilité d’Israël en tant qu’Etat ni la survie des juifs d’Israël même si les premiers aimeraient sans doute pouvoir le faire.


                        • marc 5 juin 2010 19:03

                          Le droit à la survie leur est on ne peut plus clairement nié par le Hamas et par la Syrie.

                          Totalement faux en ce qui concerne la Syrie ! Ce qui est nié ( et encore, avec beaucoup de nuances ces derniers temps) par le Hamas, c’est le droit à l’existence du REGIME SIONISTE, pas celui des individus juifs d’Israel.

                          Je pense d’ailleurs qu’ Israel a déja fait en sorte qu’il n’y aura jamais d’état palestinien sur cette terre ; trop de colons à reloger où ? par conséquent nous allons tout droit à un régime d’apartheid , dans un pays unique , qui finira comme l’Afrique du sud par un boycot généralisé, d’ailleurs déja commencé ( le BDS) et la disparition d’Israel en tant qu’anachronique état juif.



                          • tvargentine.com lerma 4 juin 2010 22:22

                            Permettez moi de vous dire que l’anomalie ce sont les dictatures qui entour ISRAEL

                            Si vous considérez légitime ses régimes de tyrans qui gouvernent pas le sang et pour l’argent,alors,votre conception de la démocratie n’existe pas

                            ISRAEL a su créér et développer un pays alors que tous autour,le chaos s’est installé par la terreur

                            Quand à vos « amis » intégristes ,permettez moi de ne pas être d’accord avec vous,car ces gens ne représente pas les palestiniens mais un mouvement intégriste et je souhaite savoir qui sont ces « français » qui ont les « moyens » dans un pays en crise économique de ce payer des vacances pour aller faire de ’l’humanitaire"

                            http://www.tvargentine.com/page11.html


                            • moebius 4 juin 2010 23:54

                              Je m’interrogerais aussi pour faire bonne mesure sur la nature du Hamas et aussi un peu sur celle du gouvernement actuel de la Turquie au point d’ailleurs de me poser la question de son entrée éventuel dans notre Europe


                              • Leila Leila 5 juin 2010 08:39

                                Quand j’ai entendu à la radio ce matin que le Rachel Corrie est encadré par trois navires de guerre israéliens, l’idée m’est venue que les eaux internationales au large de Gaza appartiennent autant à la France qu’à Israël. Alors pourquoi ne voit-on jamais dans ces parages la marine de guerre française ? Sa présence serait d’autant plus justifiée que le Rachel Corrie navigue sous pavillon irlandais, donc un pavillon de l’Union Européenne. 

                                Mais il vaut mieux ne pas se frotter à la marine de guerre israélienne. En 1967 un navire de guerre des Etats-Unis a été torpillé en Méditerranée par un navire de guerre israélien, faisant 34 morts et une centaine de blessés. Le ministre israélien s’est excusé en disant que c’était une erreur, et les Américains se sont écrasés.

                                • Radis Call 5 juin 2010 08:54

                                  Leila : quelle fraicheur le matin ! Vous êtes « charmante ».

                                  Plaisanterie à part , il me semble que c’est à travers les faits et non le verbiage que l’on voit où se situent nos dirigeants et quels intérêts ils représentent...Mais cela mérite t’il le sacrifice de dix ou vingt existences humaines ? (je pense à ce journaliste qui s’est pris une balle dans la tête à bout portant , lourdement armé de son appareil photo !)

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