Jean Ferrat, « comme une étoile au fond d’un trou » ?
Il a suffi qu’il meure pour que les médias qui l’ignoraient depuis longtemps, le ressuscitent. La disparition de Jean Ferrat, samedi 13 mars, est à la une des antennes et des journaux qui ne cessent de lui tresser les couronnes d’usage avant de bientôt l’oublier.
Or, les chansons de Jean Ferrat ne sont pas de celles qu’on oublie. Chaque fois qu’on les écoute « c’est toujours la première fois » : un texte, une mélodie, une voix et une interprétation inimitables en font un moment d’enchantement. Intimement associées aux instants particuliers d’une vie, elles ont le don de les faire revivre comme la madeleine de Proust trempée dans la tasse de thé.
« Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ? »
Ainsi reste-t-on attaché à la chanson du film de René Allio, « La vieille dame indigne » (1965) : elle figurait sur le disque 33 tours qu’on a reçu en cadeau d’une classe de seconde, la première année où l’on enseignait, en 1966. On avait étudié la nouvelle de Brecht, « La vieille dame indigne » : elle raconte le scandale suscité par cette mère qui, après la mort de son mari, perd la tête au point de s’ouvrir à la vie comme jamais elle n’avait pu le faire jusqu’ici, en compagnie d’une jeune serveuse de bar. « Faut-il pleurer, faut-il en rire ? » demandait Jean Ferrat devant ces femmes dont « toute (la) vie se résume / En millions de pas dérisoires / Prise comme marteau et enclume / Entre une table et une armoire » ? « Je n’ai pas le cœur à le dire / On ne voit pas le temps passer, » se contentait-il de répondre. Ferrat était venu dans l’année chanter au cinéma « les Variétés », à Angers, avec Anne Sylvestre en première partie.
« Je ne chante pas pour passer le temps »
C’est à la même époque qu’on avait rencontré par hasard Léo Ferré après un récital et qu’on avait parlé avec lui toute une nuit. On se souvient qu’il maugréait contre Ferrat, non pour leur quasi homonymie mais contre la chanson que Ferrat venait d’écrire : « Je ne chante pas pour passer le temps ». Léo Ferré l’avait prise comme une gifle, car il venait, lui, de publier « Je chante pour passer le temps / Petit qui me reste de vivre / Comme on dessine sur le givre / Comme on se fait le cœur content / À lancer cailloux sur étang / Je chante pour passer le temps. » C’était un poème d’Aragon. Ferré comme Ferrat puisaient ensemble dans « Le roman inachevé » du poète et c’était à qui allait habiller ses vers ciselés des plus ravissantes mélodies. Qui serait assez insensé pour les départager ? Les œuvres de l’esprit n’ont pas de prix, on finit par l’oublier avec tous ces concours à la noix, palme, césar et oscar imbéciles qui ne servent que d’argument d’autorité pour les vendre à de plus imbéciles encore.
« Féderico Garcia Lorca » et « Un jour, un jour »
C’est aussi une chanson de Ferrat qu’on a aux lèvres quand, pour la première fois, au détour d’un virage en venant de Guadix, apparaissent bruns et massifs les remparts de l’Alhambra et de l’Alcazaba de Grenade sur fond de sommets enneigés de la Sierra Nevada et ciel d’azur. Cela faisait une bonne dizaine d’années qu’on entendait « les guitares (jouer) leur sérénades / Dont les voix se brisent au matin. / Non jamais, je n’atteindrai Grenade / Bien que j’en sache le chemin. » Cet hymne à Federico Garcia Lorca assassiné par la Guardia Civil de Franco n’a cessé d’accompagner les promenades qu’on a faites, deux ans après la mort de Franco, dans les jardins du Generalife et de l’Alhambra, ou dans le lacis de ruelles de l’Albaicin, le quartier de maison blanches en face de la forteresse qu’on contemplait de la terrasse de Saint Nicolas.
On se prenait à y mêler une autre chanson « Un jour, un jour » qui évoque aussi Grenade et « Lorca qui s’est tu / Emplissant tout à coup l’univers de silence / Contre les violents tourne la violence / Dieu le fracas que fait un poète qu’on tue, » s’écrie Ferrat, avant de promettre dans son refrain qu’ « un jour pourtant, un jour viendra couleur d’orange / Un jour de palme, de feuillages au front / Un jour d’épaules nues / Où les gens s’aimeront. / Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche. »
« Nuit et brouillard »
On partageait alors cet optimisme : la sauvagerie humaine, du moins le croyait-on, n’était pas inéluctable pourvu qu’on sût en percevoir les racines pour les extirper. « Nuit et brouillard » rappelait sur un rythme saccadé de train sautant de rails en rails le génocide nazi dont Ferrat vivait dans sa chair les séquelles puisque son père en est mort alors qu’il était encore enfant. L’époque paraissait vouloir l’oublier : un vent de frivolité soufflait alors sur une certaine chanson française : les Yéyés régnaient et les ondes baignaient dans un pastiche de sous-culture américaine. Ferrat était prêt, disait-il, « (à twister) les mots s’il fallait les twister / Pour qu’un jour les enfants sachent qui (étaient ceux que les Nazis avaient assassinés) ».
« Potemkine »
« Potemkine », du nom du cuirassé dont les marins se révoltent en 1905 pour être contraints de manger de la nourriture avariée quand les officiers se gobergent, célèbre sans doute sur des roulements de tambours guerriers le rêve d’une société alternative. Mais on ne pouvait s’empêcher en l’écoutant de penser aussi à d’autres marins, ceux de Cronstadt qui, en mars 1921, se sont dressés contre le nouveau pouvoir soviétique : les bolcheviques ont écrasé leur révolte dans le sang. Une révolution présentée comme une nouvelle aube de l’humanité pouvait donc dès son commencement laisser craindre le pire par ses méthodes.
« J’entends, j’entends »
Jean Ferrat n’était pas naïf. Il met très tôt en musique le poème d’Aragon « J’entends, j’entends ». C’est un cri de désespoir devant l’indifférence de ceux à qui ses mots s’adressent. Il se sent si semblable à eux pourtant, leur « enfer », dit-il, est le sien. Mais tous ces hommes et femmes, « pierres tendres tôt usées » qui « (voudraient) au ciel bleu croire / Comme l’alouette au miroir », n’entendent rien : « Tout se perd et rien ne vous touche, se plaint-il. Ni mes paroles ni mes mains / Et vous passez votre chemin / Sans savoir ce que dit ma bouche » « Avoir été peut-être utile (devient) un rêve modeste et fou / Il aurait mieux valu le taire, finit-il par convenir. / Vous me mettrez avec en terre / Comme une étoile au fond d’un trou. » Jean Ferrat ne se fait pas trop d’illusion : il a les yeux ouverts non seulement sur la violence des hommes mais sur l’indifférence qu’on peut rencontrer y compris chez ceux qui la subissent, quand on veut la combattre.
« Ma môme » et « Que serais-je sans toi ? »
Que reste-t-il alors pour tenir et survivre ? L’amour qu’un homme et une femme peuvent se porter l’un à l’autre et qui les soulève au-dessus d’eux-mêmes. Ils y puisent la force de leur résistance. Ferrat n’a cessé de solliciter les poètes connus ou inconnus qui l’entourent pour mettre leurs chants d’amour en musique. Même dans la grisaille d’une vie ouvrière de banlieue, chante-t-il dans « Ma môme », il peut y avoir du « soleil qui s’attarde » quand deux amants, retirés dans leur mansarde à Saint-Ouen, « (se disent) toutes le choses qui (leur viennent) / C’est beau comme du Verlaine / On dirait », avant de « (faire) l’amour en secret ».
Mais c’est encore à Aragon qu’il emprunte les plus beaux poèmes pour les revêtir de mélodies aussi somptueuses qu’on ne se lasse pas d’entendre : « C’est si peu dire que je t’aime », « C’est toujours la première fois », « Aimer à perdre la raison / À ne savoir que dire / À n’avoir que toi d’horizon ». Il faut avouer qu’Aragon est une mine de poêmes d’amour. Ferré a pris « Elsa » à qui il suffit de paraître en « rattachant ses cheveux » pour qu’à « ce geste touchant (son amant) renaisse et reconnaisse un monde habité par le chant ». Ferrat, lui, s’est emparé de « Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ? » Une femme peut-elle entendre d’un amant paroles d’amour plus sublimes ? L’union de deux êtres reste, envers et contre tout et tous, la seule promesse du bonheur accessible « Ailleurs que dans les rêves / Ailleurs que dans les nues ». Qui n’a pas entendu à la vue de l’être aimé qu’il retrouve après une absence, crier en soi comme une vigie après des jours d’errance sur le désert des mers : « Terre, terre, voici / Ces rades inconnues. » ?
C’est fou, on ne s’en était pas rendu compte à ce point, comme les chansons de Jean Ferrat ont pu non seulement accompagner toute une vie, mais en ont imprégné des instants précieux sans le savoir. Il faut qu’il disparaisse pour s’en apercevoir.
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Bel hommage à un grand auteur-compositeur et chanteur, qui a accompagné et marqué à jamais nos vies.
Pour l’éternel refrain du "communisme", il faut savoir que Ferrat a échappé à la mort des camps (où son père fut assassiné), sauvé par des militants communistes ; il leur gardera une légitime gratitude.
En revanche, jamais d’adhésion au PC, ni à l’idéologie communiste, qu’il dénonce, déjà, en 68 dans "Camarade". Il est, en effet, LE SEUL auteur-compositeur français à dénoncer l’invasion de Prague par les chars soviétiques :
"C’est un joli nom Camarade
C’est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années Camarade
Pendant des années tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s’épanouissaient
Camarade Camarade
C’est un nom terrible Camarade
C’est un nom terrible à dire
Quand, le temps d’une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d’août s’obscurcit
Camarade Camarade..."
Il réitérera plus tard, en 79, dans "Le bilan" : Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en oeuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d’Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l’histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Ah ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués des dénonciations
Des traîtres démasqués des procès sans bavures
Des bagnes mérités des justes pendaisons
Ah comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes
Aux calmniateurs de la révolution
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Ah ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d’appeler des erreurs
Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d’un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé des ombres sont restées
J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche à jamais le soif de vérité
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Mais quand j’entends parler de "bilan" positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis
N’exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Un artiste engagé, donc, oui, mais lucide, sans fausse "naïveté" ; engagé dans les luttes sociales, sans aveuglement, pour la justice.
Un homme digne, un homme droit, debout, un homme de paix, de justice et d’amour.
Un homme qui nous accompagnera toujours, auquel nous n’en aurons jamais fini de rendre l’hommage qui lui est dû.
Salut, Jean ; Tu aurais pu vivre encore un peu., merde ; ça fout un sacré blues, ta disparition..
Lucide, donc, et bien loin de l’idiot utile décrit plus haut par un grincheux...
J’ai été "élevée" au Ferrat, et c’est une partie de mon enfance qui s’en va. La discothèque de mes parents ne devait rien au hasard, et à 10 ans je savais déjà pourquoi "Potemkine" ou "Camarade".
@ Pasou D’accord il en faut pour tous les goûts, mais là l’idiot (in)utile c’est vous ! Je crois qu’on ne peut pas dissocier Ferrat de son engagement, et si ces chansons sont si particulières c’est bien qu’elles étaient engagées et sincères, et que Ferrat chantait ce qu’il était, et qu’il était ce qu’il chantait ! Je crois aussi qu’il était loin d’un être un idiot...
Ce n’est pas toujours le cas, François Béranger est mort dans l’indifférence médiatique totale (1 seule émission dans "là-ba si j’y suis" de Danel Mermet). Depuis 1981, où il avait chanté "Le vrai changement c’est quand ?" il était boycotté par les médias, pourtant quel merveilleux poête, son disque "2002" est un des plus beaux disques jamais réalisé (parole et musique).
"les chansons de Jean Ferrat ont pu non seulement accompagner toute une vie, mais en ont imprégné des instants précieux sans le savoir. Il faut qu’il disparaisse pour s’en apercevoir." (PV)
Hé oui, quand on meurt, c’est toujours la première fois ! Si c’est un poète, alors évidemment, ça se remarque.
Ce n’est pas toujours le cas, François Béranger est mort dans l’indifférence médiatique totale (1 seule émission dans "là-ba si j’y suis" de Danel Mermet). Depuis 1981, où il avait chanté "Le vrai changement c’est quand ?" il était boycotté par les médias, pourtant quel merveilleux poête, son disque "2002" est un des plus beaux disques jamais réalisé (parole et musique).
Vos références à Jean Ferrat semblent un peu poussièreuses. Un peu comme si Jean Ferrat s’était arrêté dans les années 60. Un aspect méconnu de Jean Ferrat, ce sont ses chansons "légères", en 1966, il chantait déjà "la liberté est en voyage" un épouventail pour les coincés du cul. Puis il y a eu "mis à part" "vipères lubriques" "la bourrée des 3 célibataires" "chambre d’un moment" "les filles longues", évidemment des titres qui ne passaient jamais sur les ondes, car c’est bien connu, les gens de Pouvoir sont souvent coincés du cul, ce sont souvent des clients du sado-maso.
@ Pasou D’accord il en faut pour tous les goûts, mais là l’idiot (in)utile c’est vous ! Je crois qu’on ne peut pas dissocier Ferrat de son engagement, et si ces chansons sont si particulières c’est bien qu’elles étaient engagées et sincères, et que Ferrat chantait ce qu’il était, et qu’il était ce qu’il chantait ! Je crois aussi qu’il était loin d’un être un idiot...
Pasou, Jean Ferrat n’était pas ce genre de communiste. Mais vous ignorez sans doute pourquoi il l’ était, communiste. On ne crache pas sur un homme mort, surtout si on ne connait rien ou presque de lui. VF
Aujourd’hui nous savons que les communistes ont assassiné au minimum
120 millions d’’individus hors faits de guerre (le nazisme c’est 25
millions). Nous savons que ces régimes ne se maintenaient que par la
terreur, les exactions, les enfermements dans des camps de
concentration et des exécutions.
On sait tout ça hélas , vieille rengaine refaisant surface pour l’occasion ....... on serait curieux de connaitre le nombre de victimes du capitalisme.... On devrait multiplier par 10 ces chiffres..... !! et l’histoire n’est pas encore finie...
@Pasou : le Capitalisme assassine 3000 enfants par jour (statistique officielle de l’ONU) et pourtant ça ne semble pas vous émouvoir. Il s’agit bien d’un assassinat, puisque c’est fait avec préméditation : en consacrant seulement une partie de ce que gagne la spéculation financière, on pourrait sauver tous les enfants. En tous les cas, bravo pour le chiffre de 120 millions, vous disposez d’une calculette spéciale pour cela ? Je ne sais pas si Jean Ferrat n’avait pas été engagé à gauche, il aurait fini par travailler dans un mac-do. Vous, en tous les cas, avec votre verbiage, si vous faites des chansons vous terminerez nulle part. Pour ces bien-pensants qui lui reprochaient de gagner de l’argent et d’être à gauche, il avait fait une chanson : "Si j’étais peintre ou maçon".
Pauvre pasou ! "Jean Ferrat était probablement un brave type !!" Tout le contraire de vous pauvre tâche ! Si Jean Ferrat dont vous n’avez jamais entendu la moindre chanson à n’en point douter, si jean était communiste profondément dans l’âme, c’est parceque ce type était un fidèle, un type bien. Et si Ferrat est resté fidèle aux communistes c’est tout simplement parcequ’il doit la vie à des communistes qui l’ont arraché des mains de ces fumiers de fachos qui emmenaient les gens pour les exterminer. Vous, vous êtes du côté de ces ordures de nazis et de leurs fidèles et zélés collaborateurs "français". On respecte votre choix ! mais de grâce évitez de donner votre avis "puant" et plein de haine sur une personne qui vient de mourir et qui était elle une personne bien contraire à vous.
@Pasou "Jean Ferrat était probablement un brâve type. J’écris probablement
parce que je ne le connaissais pas personnellement et je ne peux donc
que supposer. Sa carrière reflète parfaitement l’erreur fondamentale
que commettent de nombreux artistes et/ou du poêtes engagés qui, avec
la plus profonde sincérité et la plus naïve des certitudes, sont
capables de soutenir l’une des pires idéologies dont ait eu à souffrir
le Monde : le communisme."
Comme vous savez tout, donnez nous le nombre de victimes du capitalisme, de ses massacres sournois et le nombre de gens inutiles comme vous...
Ferrat était pour moi déjà hors du temps, chantant façon rive gauche d’après guerre alors que ma génération était rock : jamais accroché. Mais je serais ravi que mon gamin apprenne un de ces textes en poésie. En gros, c’est l’interprétation et les arrangements lourdingues qui m’ont bloqué.
dire que "Jean Ferrat était probablement un brâve type" est en revanche une ignominie : la renommée mondiale, c’est pas Pasou qui pourra l’avoir un jour et ce n’est pas un homme droit comme l’était Ferrat.
Quand j’ai lu ceci " Il a suffi qu’il meure pour que les médias qui l’ignoraient depuis
longtemps, le ressuscitent.", je savais que cela allait dérapé. C’est complètement faux. Si Ferrat avait voulu, il serait encore bien présent chez les médias. Non, Ferrat a tourné la page. 200 chansons engagées, il avait tout dit, tout vécu. Sa montagne, une partie de carte entre amis avaient bien plus d’importance pour lui. Sa simplicité, son humilité faisaient l’homme. En effet, PV pour l’hommage, c’est un flop monumental. J’aurais préféré un véritable artiste comme Voris. Je vais lui demandé sa version.
Bonjour Guy, "On" s’encense, "On" est content. Je me demande pour qui est cette oraison ? Il est mort, je parle de Jean Ferrat, parcequ ’il serait tombé de son lit d’ hôpital !, J’ai été peinée d’ apprendre son décès. Je déplorais aussi sa disparition de la scène mais c’était son choix. Un grand artiste est mort, et c’est bien dommage. Une minute de silence pour l’accompagner dans son autre vie. VF
Voilà la question à se poser. En extrapolant dans d’autres domaines d’investigation, "à qui profite le crime". Les hommages font échos sur ceux qui les formulent. Il faut savoir cela et ne pas être dupe. Je n’ai fait cela que pour très peu de personnes. Brialy et Bourvil pour un anniversaire.
"Apprenez que tout
flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute" est-il dans la fable du Corbeau et du Renard.
difficile d’emettre son sentiment véritable á l’égard d’un chanteur disparu,qui est aux yeux de beaucoup une icône, tant on sent peser le poids de le révérence obligée,consensuelle. Je rejoins autant l’avis de Morice,qui dit simplement qu’il était de la génération rock et qu’il n’a jamais accroché á Ferrat, que la votre qui le trouvait ringard. Une musique pas inventive plaquée sur d’aussi beaux textes que ce soit, n’ont pas fait pour autant naître de l’èmotion chez moi. Respect autant á ceux qui se seront retrouvés dans sa musique mais liberté également de donner son sentiment pour les autres.
Brel était absolument unique sur scène. J’ai montré à des amis anglais la vidéo d’Amsterdam à l’Olympia, et ils ont été complètement bouleversés, et cela sans comprendre un mot de français. Mais Ferrat, c’est peut-être une question de sensibilité. J’étais de la génération rock, mais cela ne m’a jamais accroché, sauf maintenant à cause de mes enfants. Mais j’aime le parcours de Ferrat et toutes ses contradictions. En fait ce sont elles qui le rendent attachant . Et puis son talent bien sûr.
@Annie. Brel sur scène, je ne l’ai vu qu’en vidéo. Mais sur scène, je suis encore plus impressionné par Bernard Bruel (pas le Benguigui, Bruel c’est son vrai non). Voilà un gars qui travaille comme vendeur d’instruments de musique dans une boutique et qui fait aussi le tour du monde en chantant Brel. Sur scène, c’est plus Brel que Brel. Il n’est jamais passé à la télé, mais il a dû faire plus de concerts que Brel, vu qu’il chante toujours actuellement. Il n’a jamais chanté d’autres chanteurs que Brel. Comme quoi reconaissance médiatique et talent sont 2 choses qui n’ont rien à voir. Enfin pourquoi comparer Brel, Brassens, Ferrat ? J’ai tout Brassens et tout Ferrat (et une bonne partie de Brel) à la maison, je ne me suis jamais amusé à faire mon hit-parade, c’est ridicule.
Bel hommage à un grand auteur-compositeur et chanteur, qui a accompagné et marqué à jamais nos vies.
Pour l’éternel refrain du "communisme", il faut savoir que Ferrat a échappé à la mort des camps (où son père fut assassiné), sauvé par des militants communistes ; il leur gardera une légitime gratitude.
En revanche, jamais d’adhésion au PC, ni à l’idéologie communiste, qu’il dénonce, déjà, en 68 dans "Camarade". Il est, en effet, LE SEUL auteur-compositeur français à dénoncer l’invasion de Prague par les chars soviétiques :
"C’est un joli nom Camarade
C’est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années Camarade
Pendant des années tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s’épanouissaient
Camarade Camarade
C’est un nom terrible Camarade
C’est un nom terrible à dire
Quand, le temps d’une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d’août s’obscurcit
Camarade Camarade..."
Il réitérera plus tard, en 79, dans "Le bilan" : Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en oeuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d’Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l’histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Ah ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués des dénonciations
Des traîtres démasqués des procès sans bavures
Des bagnes mérités des justes pendaisons
Ah comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes
Aux calmniateurs de la révolution
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Ah ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d’appeler des erreurs
Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d’un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé des ombres sont restées
J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche à jamais le soif de vérité
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Mais quand j’entends parler de "bilan" positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis
N’exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel
Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui
Un artiste engagé, donc, oui, mais lucide, sans fausse "naïveté" ; engagé dans les luttes sociales, sans aveuglement, pour la justice.
Un homme digne, un homme droit, debout, un homme de paix, de justice et d’amour.
Un homme qui nous accompagnera toujours, auquel nous n’en aurons jamais fini de rendre l’hommage qui lui est dû.
Salut, Jean ; Tu aurais pu vivre encore un peu., merde ; ça fout un sacré blues, ta disparition..
Lucide, donc, et bien loin de l’idiot utile décrit plus haut par un grincheux...
J’ai été "élevée" au Ferrat, et c’est une partie de mon enfance qui s’en va. La discothèque de mes parents ne devait rien au hasard, et à 10 ans je savais déjà pourquoi "Potemkine" ou "Camarade".
sans rien enlever á Ferrat, il ne fut pas le SEUL sur l’invasion des chars soviétiques á Prague, François Béranger nous á livré,cette chanson vibrante et toujours aussi d’actualité : "UNE VILLE "
oui, tu tapes "François Béranger paroles" sur google et en tête de liste l’intégrale de ses chansons,autrement j’ai "François Beranger intégral 1974-1980" en 4 cd,un moyen de se joindre, ? je t’adresse copie de l’ensemble gracieusement bien sûr !
Ok ; mais je suis en Indonésie, avec des adresses changeantes... parce que je bouge pas mal ; je serai en France fin Avril (je raconte pas ma vie, hein... )
Bonsoir et merci Sisyphe . J’aurais pu écrire la même chose sur cet homme magnifique qu’était Jean Ferrat , qui a été mon guide depuis que j’ai compris ce qu’il voulait nous transmettre .
Ne fait pas emblant de ne pas comprendre sisyphe. JPM denonce les remises au pas du bloc communiste dès l’invasion de Budapest. A l’epoque toute la gauche française est complice par son silence.
Il n’attends pas l’operation de Mai 1968 de remise en cause de DeGaulle par des gauchos produits specifiquement par la CIA , pour remettre en cause le bloc rouge. Ces memes gauchos qui sont aujourd’hui tous dans la mouvance "Vert" pour etre le nouvel idiot utile de la mondialisation liberale.
Jean Tenenbaum, dit Jean Ferrat a fait parti de cette remise en cause du lien gauche française-URSS tout en tentant de remetttre en cause le Gaullisme qui nuisait tant aux interets des etats unis.
Mieux valait une gauche qui ne soit liée a aucune puisisance qu’une gauche infeodée à l’URSS.... Mieux valait une droite française adepte d’une infeodation qu’une droite française souverainiste derriere deGaulle.
Et ce sont les memes loustiques qui ont lancé mai 1968 qu’on retrouvent dans le soutien a l’invasion de l’Irak, en soutien de Sarkozy ou comme faux adversaire "autorisés" comme Cohn Bendit : hasard ?
Alors oui, c’etait un poete. Mais c’etait aussi un lobbyiste meme si on prefere lui donner aujourd’hui le qualificatif de chanteur "engagé"
"mais c’était un lobbyiste même si onpréfére lui donner aujourd’hui le qualificatif de chanteur "engagé" " critique lourde se sen, mais que je fais mienne et texte contre texte,musique contre musique, François Béranger était autrement plus critique, corrosif,drôle,émouvant et authentiquement poète, avec une dérision décapante. Les compositions musicales de ceux qui l’accompagnaient étaient tellement plus rock, et á côté celles de Ferrat me semblaient fossilisées. Bon je vais pas me faire des copains sur ce coup !..
dans le cas de Béranger, affilié á aucun parti, c’était tout son talent d’auteur, compositeur, interpréte, son humour aussi qui faisait de lui quelqu’un d’unique .
Il est évident (j’admire les gens qui ont des évidences, ça doit être d’un reposant !) que quand on s’affiche de droite on n’a pas le même public mais certains ont fait de belles carrières : Hallyday et Sardou entre autres.
« Leur pape était critiquable , mais pas facile sur le moment , de savoir. »
Si, les socialistes et les communistes savaient tout depuis le 24 janvier 1949 et le procès Kravchenko. Son livre « j’ai choisi la liberté » était disponible en français dès 1947 et c’est vendu à 500.000 exemplaires. Ils savaient et ils n’ont rien fait, jusqu’à Georges Marchais qui défendait Brejnev. C’est leur grande faute devant l’Histoire.
Comme d’habitude, ceux qui s’accrochent à une idéologie comme à une religion deviennent complètement aveugle à la réalité, même lorsque celle-ci leur saute à la figure. C’est pour cela que la seule politique valable est celle qui s’intéresse aux gens qui nous entourent (on appelle cela le populisme) et non pas celle qui choisi de défendre des "valeurs" abstraites.
D’abord un homme qui a vécu en adéquation avec sa philosophie de vie et de pensée ce qui reste bien rare de nos jours.
Encore un pan de l’honnèteté morale qui s’effondre.
Merci Mr FERRAT pour vos chansons qui resteront dans les mémoires de ceux qui ont vécu avec l’espoir déçu du grand soir. Vous avez rejoint les grands ,Brel,Brassens ........
S’il existe un ailleurs celà doit faire une chorale exceptionnelle.
Par fredleborgne(xxx.xxx.xxx.37)15 mars 2010 12:02
J’ai cru que vous allier parler de Jean Ferrat et des médias.
Mais non, seulement de Jean Ferrat.
Sa mort a t-elle servie la gauche en ce dimanche d’élection ?
Va t-elle sauver l’industrie du disque ?
En effet, Michel Drucker sur le journal de France 2 samedi soir rappelait que ce sacré Jean vendait encore 100 000 disques par an alors qu’il n’avait rien sorti depuis 10 ans.
Que les gens aiment Jean Ferrat, et qu’ils vont donc acheter des disques encore, et que l’industrie du disque est en lambeaux...
Bel hommage, cri du coeur... ! ou du porte-feuille au même niveau ?
"L’industrie du disque est en lambeaux..." Non, c’est la chanson française qui part en lambeaux ! Du coup, les gens achètent du Ferrat, du Brel ou du Brassens. Normal, il y a encore des gens de goût., des gens debout qui n’applaudissent pas la Star Ac et la daube des clips vidéos.
Et Jean Ferrat n’est jamais passé à l’Olympia ! Alors qu’il était encore peut connu, ll avait demandé à Bruno Cocatrix de passer, au moins en première partie à l’Olympia. Refus dédaigneux de Cocatrix. Puis vint " La Montagne" "Potemkine". Alors Cocatrix invita Ferrat à l’Olympia. Ferrat lui a répondu qu’il n’avait plus besoin de lui. C’est sûr, Ferrat en avait dans le pantalon.
Merci pour l’hommage J’ai eu l’occasion de rencontrer Jean Ferrat à Bobino en 1969 Son impresario remplaçant de l’époque , qui était un ami,m’avait fait entrer dans les coulisses Un spectacle à quelques mètres et la rencontre d’un homme simple et direct qui ne s’accrochait pas aux planches fut pour moi un événement .Son statut de vedette l’ennuyait, je crois... Une voix unique, mais une présence sur scène parfois un peu terne et figée. On se fixait d’autant mieux à ses paroles
Jean Ferrat a rejoint le "panthéon des poètes rebelles" où l’ont précédés, Brassens, Brel, Ferré et les autres.
Rebelle au système du show-business, peu conformiste, souvent censuré pour ses positions et ses chansons politiqueqment engagées, dérangeant la bien-pensance dominante. Mort, les journalistes peuvent désormais l’exhiber sans qu’il menace leurs carrières et "leurs prêt à penser "du moment.
Mais, ces poètes disparus ne s’éteindront de la mémoire collective qu’avec le dernier rebelle.
Et c’est pas demain de veille qu’on enterrera Ferrat et ses chansons.
Merci pour ce rappel á Land of Freedom de Ken Loach,un éclairage sans compromis sur les agissements des staliniens á la fin de la Guerre Civile Espagnole.
Par Le péripate(xxx.xxx.xxx.149)15 mars 2010 18:53
Moi j’aimais bien Jean Ferrat. Il m’arrive de fredonner "quand la montagne est belle" ou quelque chose d’approchant.... Mais c’est effectivement assez ringard. Comme chanson de gauche aujourd’hui, je préfère Tryo. Enfin on s’en fout....
Avant de faire le bilan en 79 comme le dit Sisyphe
ou d’avoir peut-être dit dans Camarade ce qu’il est bien le seul à
y lire.
Pauvre furtif !
Même pas capable d’entendre ou de lire...
Alors, on va l’aider un peu...
C’est un nom terrible Camarade
C’est un nom terrible à dire
Quand, le temps d’une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d’août s’obscurcit
Camarade Camarade
Besoin de lunettes, d’un sonotone, où les messieurs-dames en blanc ont trop dosé les cachets ?
Je crois que c’est le mot camarade qui donne de l’urticaire au furtif, doublement : et par haine des communistes, et parce que pour lui, l’amitié prime sur la vérité ! En cela, ses amis ici, les pieds nickelés, le lui rendent bien : sur n’importe quel sujet, le premier qui prend position publiquement sur l’Agora détermine ce que les autres vont en dire. C’est dire le niveau et la qualité de leurs convictions ! En l’occurence, et c’est une chance pour eux, je crois qu’ils sont tous de furieux anticommunistes authentiques !
Le furtif Qui n’a pas raté l’heure de quelque chose ? Il n’est pas question d’en faire un saint On parle de son talent, inégal parfois, mais réel Il ne ratera pas le souvenir que l’on gardera de ses meilleures chansons, surtout les moins engagées, à portée universelle...
ses grands succès faisaient partie d’une époque qui est d’autant plus
belle qu’elle est lointaine et qu’on lui porte l’indulgence qu’on doit
aux vieux amis.
En clair, Ferrat c’est pour les has been ?... Rien d’universel chez Ferrat ? L’article eût été parfait(?), il aurait tout de même subi le feu de la critique de notre censeur, parce que c’est l’auteur.. Comment appelle-t-on ça ?
Quand je pense que ceux qui traitent les autres de négationnistes sont les mêmes qui interdisaient le passage de "Nuit et brouillard". Enfin, eux où leurs enfants. Des fils de pute
Tous les combattants de la guerre d’Espagne ne sont pas tombés sous les
balles des fascistes...
Tout le monde sait cela... Mais la majorité quand même Une chanson ne tient pas lieu d’analyse politique Pourquoi cracher sur la tombe de quelqu’un qui fut à deux doigts de finir dans les camps de la mort ?
Faisons une expérience de pensée. Supposons que, par un bizarre caprice de la chronologie, Jean Ferrat ait eu 20 ou 25 ans en 2010 .
Quelle serait la probabilité pour qu’il trouve à notre époque un producteur acceptant d’enregistrer ses compositions ? Probablement égale à zéro, malheureusement . Les producteurs actuels ne veulent surtout pas de textes " engagés " et de chanteurs ayant de la voix !
Comme vous le soulignez , les médias ressortent momentanément Jean Ferrat pour l’enterrer définitivement.
y’ a pas de photos de Gala ou de Paris Match nous dévoilant une salope d’élevage ou une sauvage ,pas de leurre d’appel sexuel non plus ( c’est vrai que Marie Georges Buffet ou Robert Hue qui nous ont poussé leurs petites larmichettes de circonstance ne sont pas très bandants !..)
pas de méthonymie,ni d’intériconicité non plus ,que dalle...
ah si,l’auteur aurait pu nous parler de l’hommage du cireur de pompes en chef ,celui qui sévit à la téloche et à la radio,qui a une chienne et un hélicoptère ...un certain Michel D.....
Une part de mon enfance qui s’en va.... Bon, il avait toutes les excuses du monde à défendre le fascisme rouge vu son destin personnel, ses chansons sont belles et émouvantes. Je ne vois rien de mieux que nuits et brouillards sur les déportations, et dans Potemkine, j’ai toujours le sentiment de voir le cuirassé quand il chante, sur les flots je t’imagine....
Pourquoi, moi, électeur de droite, je connaît encore par cœur beaucoup de ses chansons ? Parce qu’en musique, on nous a fait apprendre "Potemkine" et "la montagne", en histoire on nous a fait écouter "commun communne" au sujet de l’anniversaire de la communne de Paris, en français on nous a fait écouter "Ma France", la femme est l’avenir de l’homme etc....
Et tous cela faisait parti de cet intense bourrage de crâne auquel nous étions exposés par des profs intensément partisans. En plus bien sur, on était noté et cela s’ajoutait à ce qui ne l’était pas, Le film d’Eisenstein au ciné club, les minutes de silence obligatoire contre franco, etc.. Pauvre ferrat, ce n’était pas sa faute, et vers la fin, lui même à compris à quoi il était associé.
Mais pas seulement, ma famille étant également de sensibilité de droite, nous chantions à la maison toute chanson mélodieuse, chants révolutionnaires, républicains, chants de la Wermacht, l’orient est rouge, psaumes et cantiques protestants catholiques, juifs, chant royalistes et chouans , de la légion étrangère, l’internationale et le temps des cerises etc...Et notamment Jean Ferrat.
Ma France ! Celle qui est capable d’aimer Jean Ferrat et de chanter jean Pax Méfret, plus réprouvé encore puisqu’interdit non seulement de télé et de radio mais aussi d’école.
Le jour ou chez des amis j’ai découvert par hasard ce chanteur, Veronika, le chanteur de l’occident, j’ai eu le sentiment de ce qui était pour l’époque, un grand vent de liberté d’esprit et un grand pied de nez à nos profs.
C’est en hommage peut être un peu paradoxal à Ferrat que je livre ici ses paroles.
Puisqu’il faut le dire en chansons,
Puisque la guitare est devenue une arme,
Je viens chanter l’espoir,
Je chante contre le Grand Soir,
Je viens chanter pour l’Occident.
Puisque l’un de vous a chanté Potemkine,
Moi je viens chanter Soljénitsyne.
Je dénonce les camps,
Les camps du temps présent,
Ignorés par les nouveaux bien-pensants.
Même si l’un de vous parle de calomnie,
Moi je chante les accords d’Helsinki.
Je chante pour Sakharov,
Et contre les tyrans
Qui lancent leurs Anthonov sur le pays afghan.
Vous n’avez pas le monopole du mot Liberté.
Vous n’avez pas le monopole du mot Vérité.
Budapest en Hongrie,
Prague en Tchéquoslovaquie,
Les Juifs en Sibérie,
Le Mur de Berlin
Et maintenant Kaboul
Sont là pour témoigner.
Puisqu’il faut choisir entre deux camps,
Puisqu’il faut s’engager en chantant,
Moi je chante l’Espoir,
Je chante contre le Grand Soir.
Je suis un chanteur d’Occident.
Alors, chante l’Espoir,
Chante contre le Grand Soir,
Chante fort, chante pour l’Occident.
Chante, chante, chante pour l’Occident.
Sans pour autant cesser de chanter nuits et brouillards....
qu’est-ce qu’il a dit, Le furtif ? Qui est le troisième ? Va comprendre, Charles.. ; Quel amalgame ! Il n’était pas question de faire un cours d’histoire Ferrat n’était pas qu’engagé, beaucoup de ses chansons sont sans ancrage historique Et il n’a pas ménagé ses critiques au stalinisme Mais il faudrait le connaître...monsieur le procureur Demain on parle de Maurice Chevalier et de la collaboration ?
Faut pas chercher, furtif a simplement voulu briller pour être agréable au plus anticommuniste de la bande, à savoir le Russe blanc nécéssairement anticommuniste, lui. Le trio fonctionne à merveille !
"Le Furtif est fat, c’est un mec puant, il sent mauvais...Il faut croire qu’il a diablement raison, pour susciter ce genre de réactions constructives..." (renève)
@ Vilista, ce n’est pas en rapport à un principe que j’estime que léon est anti-communiste, c’est parce que je le connais bien. Ceci dit, il n’y a pas pire stalinien, mais si vous préférez, je peux dire "mandarin" ou "autoritarien".
Pour ce qui est de l’étron de renève, je dirais que c’est pour moi une sorte de certificat, puisque, comme ses accolytes, il confond les mots du vocabulaire, déforme tous les propos, n’a que d’opinions qu’ad’hominem, défend les intérêts des multinationales et n’intervient ici accessoirement, que pour soigner son narcissisme blessé. Ces trois-là sont comme la Pravda : il suffit de comprendre l’inverse de ce qu’ils disent, et c’est pourquoi une insule de leur part vaut compliment.
@ Vilista, je suis un fan des ouvrages de Bakounine. Ci-après, quelques citations que j’ai relevées :
"L’absurde seul, ne se laisse jamais expliquer"
"le principe d’autorité, appliqué aux hommes qui ont dépassé ou atteint l’âge de la majorité, devient une monstruosité, une négation flagrante de l’humanité, une source d’esclavage et de dépravation intellectuelle et morale." "Si les savants ne peuvent pas faire des expériences sur le corps des hommes individuels, ils ne demanderont pas mieux que d’en faire sur le corps social, et voilà ce qu’il faut absolument empêcher"
Je dédie la première aux pieds nickelés. La seconde aux anti-démocrates. La troisième aux thuriféraires de Bigpharma.